L’histoire de Chertsey commence au début du XIXème siècle au fur et à mesure que les basses terres de la plaine du Saint-Laurent devenaient trop peuplées. Terrain de chasse et pêche pour les algonquins et les attikameks, le paysage s’est modifié quand les premiers arrivants ont coupé les forêts de pin blanc et rouge caractéristiques de la région pour le transformer en terres de culture et en prairies.
Le territoire amérindien
On a très peu d’informations sur les amérindiens qui vivaient dans la région avant l’arrivée des européens. Dans une lettre écrite en 1870, J. H. Dorwin raconte qu’en 1762 le responsable des affaires indiennes pour l’Amérique du Nord britannique sir William Johnson aurait concédé le territoire au nord de la jonction des rivières Ouareau et L’Assomption à un chef indien comme territoire de chasse.
Dans les archives on remarque une présence amérindienne ancienne dans le secteur des 3 chutes de la rivière Jean-Venne et je crois en avoir trouvé des traces sur mon terrain:
Lire: Archéologie amérindienne
En 1842 un groupe d’Indiens a déposé une pétition pour obtenir du gouvernement des terres dans les Townships de Rawdon et Chertsey. La liste des noms de ces 48 Indiens et leurs pétitions ont été conservées aux Archives du Canada. C’était un groupe de Malécites (Wolastoqiyik) de la rivière St-Jean au Nouveau-Brunswick qui s’était d’abord installés à St-Joseph de Maskinongé vers 1820. Michel Nicolas qui semble avoir dirigé ce groupe a donné son nom à la Chute-à-Michel de la rivière Jean-Venne et au chemin Michel.
Lire: Les Indiens Wolastoqiyik de Rawdon et Chertsey
Le Québec en 1850
L’histoire de Chertsey ressemble à celle des villages des Laurentides colonisés au XIXème siècle. Autour des années 1840 une crise agricole et politique a frappé le Bas-Canada. Dans la plaine du Saint-Laurent toutes les terres des seigneuries avaient été concédées et redivisées pendant plusieurs générations. En plus il semble que de nombreuses terres à blé s’épuisaient, particulièrement dans la plaine au nord de Montréal. Les jeunes devaient trouver de nouvelles terres où s’établir.
Les premiers squatters
Depuis le début du siècle l’industrie du bois s’était organisée en profitant du commerce mondialisé qui se mettait en place: le pin équarri et le bois de charpente étaient les produits exportables. Le gouvernement a tenté de contrôler ce commerce pour en tirer sa part de profit en établissant un système de concession mais la situation était anarchique, quelques squatters s’étaient déjà installés dans la région et ont commencé à exploiter le bois le plus facilement accessible.
Le canton de Rawdon au sud a été colonisé à partir de 1820 et s’est peuplé assez rapidement, au recensement de 1844 il comptait déjà plus de 2600 habitants. Joseph Bouchette en 1832 mentionne des squatters dans le canton de Chertsey qui s’y étaient installés dès 1821 en venant de St-Sulpice. Ils faisaient du foin et du sucre d’érable.
L’histoire de Chertsey a donc du commencer vers 1820 par la coupe intensive des arbres matures qui constituaient la forêt originelle de pins blanc et rouge. On peut imaginer que des squatters ont d’abord survécu en exploitant les plus beaux arbres au bord des rivières. Des familles se sont établies dans les clairières fournissant aux bûcherons des chevaux et du foin. En été ils faisaient un peu d’agriculture. Puis les compagnies comme celle du marchand de bois de Rawdon J.H. Dorwin sont arrivées et les ont embauchés comme travailleurs saisonniers pour vider le reste de la forêt. Comme c’est une industrie qui demande une grosse main d’œuvre et beaucoup de chevaux, le nombre de squatters a du augmenter rapidement. C’étaient des canadiens et des irlandais, beaucoup de jeunes célibataires très mobiles cherchant à s’établir sans avoir le capital nécessaire. En 1848 lors du premier arpentage du canton de Chersey il y avait déjà de nombreux chemins forestiers existant.
Dans le livre « L’activité économique de Barthélémy Joliette et la fondation du Village d’Industrie » de J. C. Robert on trouve la mention d’un contrat passé en 1835 entre B. Joliette et un cultivateur de Kildare pour la fourniture de 5.000 billots de pin équarri à prendre dans le canton de Chertsey.
La colonisation
Lors de l’arpentage des 3 derniers rangs du canton de Rawdon en 1844 James Dignan a dessiné sur son plan plusieurs chemins de squatters montant vers Chertsey.
Après le passage des spéculateurs la forêt avait été bûchée et était jonchée des rebuts de bois de l’exploitation du pin, il y avait de fréquents feux de forêt. Les premiers colons vivaient très pauvrement sur des terres à dessoucher qui ne produisaient presque rien et devaient multiplier les métiers pour survivre. Sur cette photo datant des années 1900 on voit un moulin à scie détruit par la débâcle ou un incendie en premier plan et un moulin à farine au loin sur la rivière Burton près du village de Chertsey. Les moulins étaient la première nécessité pour les colons, pour scier le bois pour construire leurs maisons et moudre le grain pour se nourrir et nourrir leurs animaux.
La forêt était la principale ressource pour les familles qui s’installaient. Travail aux chantiers l’hiver, exploitation du bois sur la ferme à temps perdu, fabrication de potasse à partir des cendres, écorce de pruche pour le tanin, sucre d’érable au printemps, tout était bon pour survivre. Toute la famille participait au travail et vivait presque en autarcie avec les maigres produits de la ferme, la chasse et la pêche.
L’exploitation du bois se faisait par les rivières. Elles devaient être aménagées pour la drave, les arbres sur les rives étaient coupés, des rochers déplacés. La forêt a été modifiée, le peuplier, le tremble, le bouleau blanc remplaçant le pin, l’épinette et le sapin. Quand les premiers arpentages ont été faits par le gouvernement le canton de Chertsey n’était donc plus un territoire vierge ou inconnu.
L’arpentage du canton de Chertsey a débuté en 1847 alors que le canton de Rawdon était déjà habité. Les arpenteurs ont relevé de nombreuses traces de l’exploitation du bois par les compagnies forestières et les bûcherons de Rawdon. Par exemple sur la rivière Jean-Venne J.-H. Dorwin avait plusieurs chantiers jusqu’au lac Patrick, il avait construit des chemins, des barrages et aménagé le cours de la rivière pour faire descendre son bois. Le lac Grenier s’appelait lac Dorwin. Selon la documentation des noms de lieux faite par l’historien Marcel Fournier en 1973 le lac Dorwin (1849) est devenu le lac Drouin puis le lac Grenier.
Lire: Arpentage du canton de Chertsey
Le plus ancien contrat notarié concernant Chertsey que j’ai trouvé date de 1848. Le 4 janvier Vente par Clément et François Daviaux de Chertsey à Jules Roy aubergiste de St-Jacques du lot 12 du 2ème rang bâti d’une petite maison.
La Société des Défricheurs
En 1848 le curé de St-Jacques de l’Achigan Jean-Romuald Paré a fondé la Société des Défricheurs avec les notables du comté et les autorités gouvernementales. Son objectif était d’encadrer et de soutenir le mouvement de colonisation dans les comtés de Chertsey, Cathcart (St-Alphonse) et Wexford (Entrelacs). Cyrille Morin premier maire de Chertsey, Magloire Granger propriétaire du premier magasin général, Alexander Daly, agent des terres de la couronne à Rawdon et Francis Quinn arpenteur du gouvernement en faisaient partie. Des familles de canadiens français venant de St-Jacques sont venus s’installer, principalement dans la partie sud-ouest du canton. Des familles de Rawdon ont aussi remonté le long de la rivière Ouareau par le chemin Gratten et à l’est par un chemin partant du lac Morgan; il y avait une forte proportion d’anglophones lors de la fondation de Chertsey.
Organisation du territoire
Le canton (township) de Chertsey avait été délimité en 1792 par le gouvernement, il fait 100 milles carrés, 10 milles par 10. L’arpentage et la subdivision des 4 premiers rangs a été faite en 1847 par J. Dignam. En 1849 F. Quinn a subdivisé les lots des rangs 5 à 8. Le premier recensement de Chertsey a été fait en 1851, il a dénombré 413 habitants pour 74 maisons. La municipalité de Chertsey a été fondée en 1856 mais il y avait de nombreux habitants déjà.
Sur la 2ème page du recensement on voit la famille de Charles Landreville, fermier. Il avait bâti un moulin à scie sur la rivière Burton dans le 1er rang. John Laprairie, aussi nommé Jean-Baptiste Bastien dit Laprairie, avait bâti le sien sur le lot 7 du 3ème rang aussi sur la rivière Burton.
L’habitat était très dispersé. Chaque famille s’installait sur son lot et il n’y avait pas de centre. Des chemins forestiers suivaient les rangs pour desservir les lots au fur et à mesure des défrichements, chacun faisant son bout de chemin. Un chemin de chantier longeait la rivière Oareau jusque vers le lac Ouareau depuis au moins 1840. Une première chapelle, Notre-Dame-de-Bon-Secours, a été construite en 1850-51 dans le futur village; la bénédiction des cloches a eu lieu en 1853. Selon Marcel Fournier elle desservait 400 paroissiens venant de loin aux alentours.
Un lot de 100 acres dans les cantons pouvait être acheté à la couronne au coût de $30 dont 1/5 était payable à l’achat et le reste en 4 ans. Le propriétaire devait y construire une maison dans les 6 mois suivants et en défricher 10 acres dans les 4 années à venir, conditions qui étaient rarement respectées. En 1857 la municipalité a enregistré 250 lots occupés. En 1863 seulement 10 avaient leurs lettres patentes. En 1861 la population avait doublé: 919 habitants.
Pour faciliter la colonisation et la vente des lots le gouvernement a dû créer des routes carrossables. Un chemin partait de Sainte-Sophie vers Saint-Calixte et rejoignait Rawdon et Chertsey par le sud dès 1852. Un autre chemin gouvernemental a été commencé en 1854. Il arrivait de Rawdon par le chemin du lac Gratten actuel, traversait la rivière Ouareau au Pont du Gouvernement, passait au sud du lac Daly, croisait le Chemin Rochon (qui n’existait pas encore) et rejoignait le chemin Michel près du chemin Irène. Il traversait ensuite la rivière Jean-Venne au pont Grégoire et continuait vers le lac Michel (Chantelle). Le gouvernement projetait de le continuer ensuite vers le nord, pour ouvrir de nouveaux territoires.
Ces travaux ne se sont pas fait sans difficultés. J’ai retrouvé sur internet le rapport d’une commission d’enquête du Parlement du Canada à Toronto à propos de la construction du chemin du Pont du Gouvernement par l’agent des terres de la Couronne Alexander Daly à la suite d’une pétition de 190 citoyens de Chertsey et Rawdon. C’est un long document de 70 pages (en anglais) qui donne un portrait très fidèle des tensions politiques et économiques à la fondation du village.
Sur la carte suivante on voit le tracé des anciennes routes du canton dessiné par Magloire Granger, premier secrétaire-trésorier de la municipalité du canton de Chertsey quand il a fait le recensement de 1861 pour le gouvernement.
Le village Lafontaine
Dès 1849 l’arpenteur F. Quinn a proposé au gouvernement d’établir le village au centre du canton sur les lots 18, 19 et 20 du 5ème rang. Ce sont les autorités qui déterminaient l’emplacement des villages dans les cantons inhabités. En le situant au centre du canton, on favorisait ainsi l’occupation maximale du territoire. Il y avait en plus une rivière assez puissante pour actionner des moulins, la rivière Jean-Venne ou Lafontaine et ses 3 chutes successives. Marcel Fournier dans son histoire de Chertsey a localisé les bâtiments du village Lafontaine: l’école sur le 6ème rang, la Chute-à-Michel, le magasin général à côté de l’église, les bâtiments le long du chemin du gouvernement, le chemin de ligne du 5ème rang et le moulin à scie en amont du pont Rochon actuel. Il a oublié les moulins à farine et à scie situés en face de l’église en aval du pont et de la 2ème chute.
L’arpenteur Francis Quinn avait dessiné le plan du futur Village Lafontaine (du nom du premier ministre de l’époque) en 1852. 18 lots de 100 pieds par 150 environ ont été délimités, des emplacements réservés pour l’église, le cimetière, l’école, la cour de justice et le marché. La rue North correspond au chemin du lac Paré actuel et la rue South au chemin du 5ème rang. La Chute-à-Michel est au niveau de la rue Centre, le pont Grégoire où se trouve la 2ème chute sur la 1ère rue; une annotation a été ajoutée pour y signaler un moulin (mill site). Dans son carnet d’arpentage F. Quinn avait noté qu’un barrage y avait été érigé par M. Dorwin pour faire flotter ses billots et que le site était propice à la construction d’un moulin. Un moulin à farine et un moulin à scie ont été construits vers 1851 par François Mercier à cet emplacement et j’en avais dégagé les vestiges encore visibles quand j’y ai habité.
Avec la construction du chemin du gouvernement à partir de 1853 quelques colons se sont établis au village Lafontaine et en 1856 lors de la création officielle de la municipalité ils étaient assez influents pour forcer la décision qui a été très controversée de la construction de l’église paroissiale à cet emplacement en 1859. Pour de nombreux paroissiens, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours était plus pratique, desservant aussi les colons du nord de Saint-Calixte, d’Entrelacs et de Notre-Dame-de-la-Merci.
Saint-Théodore de Chertsey
En 1856 la municipalité du canton de Chertsey a été incorporée et le premier maire élu a été Cyrille Morin qui avait construit un autre moulin à scie au Village Lafontaine en amont du pont Rochon actuel. En 1859 l’église et le presbytère ont été construits par François Mercier propriétaire des moulins situés en face au coût de $750; Théodore Plamondon chanoine de Montréal a donné son nom à la paroisse. Les premiers marguilliers ont été François Dupuis, Joseph Poudrier et Marc Granger, la bénédiction des cloches de l’église a eu lieu le 3 novembre 1859.
Magloire Granger, propriétaire du magasin général, s’est installé sur le lot 19 près de l’église en 1856. Le 31 mars 1856 Magloire Granger commerçant de St-Jacques a vendu ses propriétés pour déménager son commerce à Chertsey. François Mercier opèrait les moulins à farine et à bois situés en face de l’église sur le lot 18, sa maison a servi de première école. Cyrille Morin était juge de paix à St-Jacques, c’était un homme instruit; il s’est installé en 1854. Damien, Delphin et Adrien Morin, Michel Hémond, Bélony Sylvestre et Gilbert Barette, agriculteurs étaient les autres habitants du village. L’église, le magasin général, l’école, le bureau de poste, la forge, les moulins étaient établis, un village s’organisait.
Le 30 août 1863 François Mercier maître-entrepreneur a conclu un accord avec Cyrille Morin, Daniel Trusdel, Clément Daviau et François Dupuis. En mai 1851 par acte sous seing privé François Mercier s’était engagé envers eux à construire une église en bois et un presbytère pour 800 piastres mais il n’a jamais été complètement payé car l’ouvrage n’avait pas été terminé selon le devis.
C’est sans doute pourquoi la grogne grondait parmi les habitants. L’église était difficile d’accès pour la majorité des habitants; jamais vraiment terminée elle était en mauvais état. Des pétitions ont été adressées en 1857 et 1863 (plus de 150 signataires) à l’évêque pour en construire une nouvelle sur le 3ème rang, sans résultat.
La situation a changé quand l’évêché a érigé le territoire de la paroisse Saint-Théodore de Chertsey en 1866. La paroisse devait desservir Chertsey mais aussi une partie de Kilkenny (Saint-Calixte) et Wexford (Entrelacs). Le territoire de la municipalité et celui de la paroisse ne coïncidaient plus et le centre du village a été déplacé au bénéfice des habitants du 3ème rang qui obtenaient finalement gain de cause. Une nouvelle église a été construite en 1869 près de l’emplacement de l’ancienne chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours et le village a trouvé son centre définitif. Les défrichements et la colonisation du canton se feront surtout au sud du territoire par la suite.

Des débuts difficiles
La vie de ces premiers colons n’était pas facile. Leur survie dépendait de la marche de l’industrie du bois qui était très irrégulière. Quand un hiver il n’y avait pas de travail aux chantiers c’était la famine comme pour la famille Brien en 1856.
« En 1863 survient une crise sans précédent dans l’histoire de la paroisse. La misère règne dans nos quartiers, écrit M. Maréchal. Les cultivateurs n’ont pas de foin, ils nourrissent leurs animaux avec les grains de semence et la paille des toits de chaume… Il est question de recourir aux Chambres pour obtenir du secours, spécialement pour les habitants de Chertsey et des townships… Aux prises avec ces difficultés morales et les problèmes économiques de la misère, le zélé pasteur aidé en particulier d’Aimé Dugas, de Magloire Granger, de Médéric Foucher, etc., se montra à la hauteur de sa tâche en livrant une guerre sans merci à l’intempérance, en favorisant l’éducation… »
« Une nouvelle Acadie, Saint-Jacques de l’Achigan » Guy Courteau p. 116-117
Plan de 186? dessinée par l’arpenteur Francis Quinn
Ce plan du canton de Chertsey n’est pas précisément daté mais il est particulièrement intéressant car il montre le territoire occupé vers 1860 avec les noms des propriétaires des lots. Le village Lafontaine est tracé en rouge au milieu du canton mais l’emplacement actuel du village est aussi tracé et la mention R.C. Chapel semble montrer l’ancienne Chapelle Bon-Secours plutôt que l’église construite en 1869.
On remarque qu’au sud-ouest la majorité des noms sont francophones alors qu’au centre et à l’est on retrouve beaucoup de noms des familles anglophones de Rawdon. Ls seuls chemins qui ont été dessinés sont le chemin du gouvernement passant par le village Lafontaine pour aller vers Wexford et le chemin de chantier qui longeait la rive est de la rivière Ouareau jusque vers le lac Ouareau.
Documents d’archives
À partir de plusieurs documents d’archives j’ai construit une carte historique interactive expliquant les noms de lieux et localisant les bâtiments et sites patrimoniaux de Chertsey.
Répertoire Lovell 1857-1858 – Population 800, courrier hebdomadaire. Magloire Granger est marchand général, maître de poste et conseiller. J. Morin est maire (Cyrille en réalité), Thomas Holtby, O. Leblanc et James Mason sont conseillers. Il y a ensuite les propriétaires de moulins, signe de leur importance, Jean Laprairie et Daniel Truesdel.
Les informations des répertoires Lovell sont souvent incomplètes et parfois erronées mais ce sont des sources utiles.
Répertoire Lovell 1871 – Population 100 (? une erreur), courrier hebdomadaire. Thomas Holtby est maire, Elie Brault, John Copping, Clément Daviault, Delphin Morin, Pierre Morin et Louis Riopel sont conseillers. De nouveaux artisans sont recensés, peintre, forgeron, cordonnier; des services offerts, bailli, maître de poste, commissaire d’école, contremaître des routes de colonisation, Pierre Giguère moulin à scie, François Mercier à farine et à scie, Cyrille Morin à scie, Daniel Truesdell junior à scie. Alexis-Henri Coutu est curé, la vie s’organise.
La démolition de l’église du village Lafontaine
Les séances du conseil de la fabrique de la paroisse ont du être passablement orageuses pendant ces années de fondation. En 1866 l’église du village Lafontaine était endommagée et la Fabrique a décidé de la démolir ainsi que le presbytère pour en construire une nouvelle au village actuel. Plusieurs citoyens du village Lafontaine ont tenté d’empêcher ce sacrilège en se barricadant dans l’église avec des armes. Ils avaient financé et construit cette église et ils se sentaient trahis par les autorités. Ils se sont rendus sans effusion de sang mais plusieurs ont abjuré leur foi pour devenir protestants, une décision rarissime à l’époque.
Lire: Des missionnaires protestants à Chertsey en 1867
La légende a un peu transformé la réalité puisqu’on trouve 2 versions de cette histoire:
Marcel Fournier dans son livre consacré à Chertsey rapporte le témoignage d’un certain Louis Dupras:
Le matin qu’on a démoli la vieille église, le curé Thibodeau était présent sur les lieux. Il y avait deux ou trois prêtres avec lui. Il donna ordre aux ouvriers de défoncer la porte. Pierre Béland (en face de Louis Tremblay, lot d’Olivier Rivest) enfonça la porte cadenassée par les gens du village Lafontaine. Isaïe Bourgeois, père d’Ulric, resta toujours de mauvaise humeur ; il portait, ce matin-là, un couteau à boucherie en gaine. Il vint à l’église ici. Un autre portait un fusil. Le petit groupe de militants borna là sa résistance. David Granger, Romuald (Magloire) Granger et Cyrille Morin se firent protestants. David est parti pour Saint-Alphonse, sa femme était maîtresse d’école. A part ces trois, tous les autres vinrent à la nouvelle église.
Dans une lettre trouvée à la Société d’Histoire de Joliette une personne non identifiée raconte sa version des événements:
L’affaire fut certainement sérieuse, surtout lorsqu’il s’agit de transporter à la nouvelle église les ornements et le mobilier de l’ancienne. Les charretiers qui se rendirent pour en faire le transport trouvèrent les familles susnommées en armes sur le perron de leur église. On leur fit défense sous peine de mort de toucher à quoi que ce soit. Forcément ils revinrent bredouilles et ce ne fut qu’à force de pourparlers et surtout par l’acte courageux de quelques citoyens qui forcèrent le blocus qu’on put transporter les objets en litige. Longtemps les gens n’allèrent pas à la messe du dimanche matin. Le père Dulong qui avait trois de ses fils dans son voisinage alla les trouver et leur dit: « Ce matin on va à la messe, je m’ennuie du bon Dieu. Suivez moi on fait une bêtise ». Les fils écoutèrent et et les voisins revinrent, à part Damien Lussier.
En lisant le document au complet on se rend compte que la famille Morin qui possédait le moulin à scie et les terres au sud du village Lafontaine était particulièrement enragée. Le père Cyrille avait été le premier maire de Chertsey en 1856 et c’était leur village. Damien Morin déménagea et rejoignit l’église protestante très controversée du père Chiniquy.





Le journal protestant Montreal witness n’a pas manqué de rapporter l’histoire. Le prêtre de Chertsey avec le curé de Rawdon aidés d’une foule avaient démoli une église sur le 5ème rang. 4 personnes avaient récupéré du bois de construction destiné à cette église qu’ils ne voulaient pas voir employé ailleurs et le prêtre les avait fait arrêter pour vol. La cause s’était retrouvée devant le Grand Jury à Joliette et le juge Loranger les avait fait aussitôt relâcher.
L’exploitation du bois à Chertsey
L’exploitation du bois a été très importante dans les premières années de la fondation du village. Les habitants vendaient des coupes de bois sur leur terrain aux marchands de bois et ils travaillaient comme bûcherons dans les chantiers pendant l’hiver ou comme draveurs au printemps. Dans une recherche sur l’exploitation industrielle du bois de la rivière Ouareau j’ai documenté de très nombreux actes notariés concernant le commerce de bois dans le canton de Chertsey qui montrent à quel point les habitants du village étaient dépendants des marchands de bois.
Lire: L’exploitation industrielle du bois sur la rivière Ouareau
Comme je l’ai déjà dit les marchands de bois de Rawdon et St-Jacques ont commencé à exploiter les forêts de Chertsey vers 1820 mais on trouve peu de documents d’archives pour le démontrer; le constat des arpenteurs en est pourtant la preuve.
Le 28 novembre 1859 Louis Piquette de St-Jacques a conclu un marché avec William Lord constructeur de moulins de St-Liguori pour lui faire le charriage et transport de 60.000 pieds de bois de sciage à prendre au moulin de Daniel Truesdell à Chertsey et à livrer à L’Assomption. Le contrat précise que le bois scié était transporté en voitures.
Les marchands de bois construction de St-Jacques
Les marchands ont acheté des petites quantités de bois de sciage pour la construction de maisons autour de St-Jacques et St-Liguori en concluant des contrats notariés à partir de 1864 selon les documents que j’ai recueillis. Il y en a sans doute eu avant.
Le 4 décembre 1864 Daniel Trusdell (il signait Truesdell) a conclu un marché avec François Foucher, François Auguste Médéric Foucher et Louis Piquette de St-Jacques pour leur livrer à son moulin à scie de Chertsey situé à la décharge du lac Jaune, 150.000 pieds de bois de sciage ou plus si possible; il ne pourra pas scier pour d’autres. Le 9 décembre 1865 Daniel et Firmin Trusdell ont conclu un nouveau marché avec F.A.M. Foucher et L. Piquette pour la même quantité.
Le 20 juillet 1867 Edouard Perrault a vendu à Cléophas Dupuis et Joseph Eucher Cloutier marchands de bois de St-Jacques la coupe de bois pendant 7 ans du lot 11 du 7ème rang et du lot 12 du 8ème. Le 24 septembre Hercule Silvestre et Louis Bastien dit Laprairie ont fait un marché avec C. Dupuis et J.E. Cloutier pour leur couper tout le bois du lot 11 du 7ème, épinette, cèdre et pin qui devra être charroyé sur la rivière Jean-Venne et livré sur la glace d’ici au 15 avril.
Le 1er octobre 1878 Pierre Guière (Giguère) propriétaire de moulin à Chertsey (rivière Burton) a conclu un marché avec Joseph Majeau marchand de St-Jacques pour lui couper en billots de 12 pieds et 3 pouces tout le bois se trouvant sur son lot 57 du 4ème rang de Wexford puis les scier en planches et madriers.
Lire: Les moulins de Chertsey – historique
Les marchands de bois de Charlemagne et Repentigny
À la fin des années 1860 des industriels américains ont construit de gros moulins à scie fonctionnant à la vapeur à l’embouchure de la rivière l’Assomption; pour approvisionner leurs moulins ils ont acheté de grandes quantités de coupes de bois sur les rivières de l’Assomption et Ouareau sur des terres de la Couronne. Ils en ont aussi acheté beaucoup à des habitants à Chertsey et ailleurs.
Le 13 mars 1869 James Payton de Rawdon a vendu à Theophilus Cushing, Theophilus H. Cushing et Charles B. Cushing propriétaires de moulins à Repentigny ses limites de coupes de bois dans les cantons de Chertsey et Wexford sur les terres de la Couronne.
La compagnie Cushing Bros. exploitait surtout le bassin de l’Assomption alors que l’Assomption Lumber exploitait celui de la rivière Ouareau.
Le 3 septembre 1870 Firmin et Daniel Trusdell de Chertsey ont conclu 2 marchés avec l’Assomption Lumber Company propriétaire de moulin à scie de St-Paul l’Ermite (Charlemagne) pour lui livrer les billots à prendre aux lacs Jaune et Brûlé de Chertsey. Le 26 juin 1874 William Pope de l’Assomption Lumber Company a rétrocédé à Clément Daviau de Chertsey la coupe de bois des lots N°1, 2 et 3 du 7ème rang de Chertsey pour le paiement de ce que la compagnie lui devait.
Le 19 août 1874 Michel Hémond a vendu à l’Assomption Lumber Company le droit de bâtir une dame ou chaussée sur la rivière Jean-Venne à la tête de la Chute-à-Michel près de son moulin; la compagnie devra construire une pelle pouvant ouvrir et fermer pour donner l’eau nécessaire au moulin.
Le 30 avril 1874 Daniel et Philemon Truesdell commerçants de bois ont loué à bail pour 9 ans à leur frère Joseph Edmond agent d’affaires les lots 30 à 36 du 1er rang (700 acres), 31, 32 et 33 du 2ème rang (300 acres), avec le droit d’y faire la coupe de bois.
En 1876 le moulin de Gagnon au village Montcalm et le moulin Trusdell à Chertsey avaient été acquis par William Pope qui y vendait du bois de sciage.
En 1878 et 1879 la coupe de bois à Chertsey et Wexford par la compagnie Assomption Lumber s’est intensifiée, ses agents ont acheté de nombreuses coupes aux habitants en plus des lots achetés aux agents des Terres de la Couronne.
Le 19 février 1878 Joseph Edsaire alias Dessert de la paroisse St-Théodore dans le canton de Wexford a cédé à William J. Pope marchand de bois de Charlemagne le bois du lot 58 du 8ème rang avec le droit de construire une chaussée à la décharge du lac St-Patrick. Le 21 février Joseph Daviau de St-Théodore lui a cédé les droits de coupe sur les lots 53 et 54 du 9ème rang de Wexford avec le droit de construire une chaussée à la décharge du lac des Iles sans être tenu de payer les dommages que pourraient causer les hautes eaux. Le 4 mars 1879 James Montgomery agent de Pope à Rawdon a vendu à Alexandre Guière de Chertsey le lot 7 du 8ème rang en se réservant le droit d’enlever tout le bois de pin, épinette et cèdre; il a vendu à Dieudonné Dusablée dit Lévesque le lot 3 du 8ème, à Joseph Poudrier le lot 6 du 6ème avec la même réserve. Le 26 mars 1878 Edouard Guilbault, syndic de faillite, a cédé à William J. Pope tous les droits acquis par Antoine Gaudette de l’agence des terres de la couronne pour la license N°39 sur 2 miles carrés dans les lots N°11 et 18 du 8ème rang, les lots N°12, 13 et 14 du 9ème rang de Chertsey.
Le 25 janvier 1879 William Jones Pope a acheté à Médéric Gaudet scieur de St-Liguori le lot 4 du 8ème rang de Chertsey; à Jules Gaudet le lot 5 du 8ème rang. Le 29 janvier il a revendu ces 2 lots à James Montgomery commis de Rawdon en se réservant le droit d’y prendre tout le bois. Le 1er février J. Montgomery a revendu le lot 4 à Antoine Dusablé en réservant le bois et le droit de construire une dame ou digue et la monter aussi haut qu’il lui plaira; ce lot se trouvait sur la rivière Jean-Venne au lac Lafontaine. Le 6 février Honoré Bonenfant capitaine de steamer de Charlemagne a vendu à J. Montgomery tout le bois se trouvant sur le lot 7 du 8ème rang. Le 4 mars 1879 James Montgomery a vendu à Alexandre Guière de Chertsey le lot 7 du 8ème rang en se réservant le droit d’enlever tout le bois de pin, épinette et cèdre; il a vendu à Dieudonné Dusablée dit Lévesque le lot 3 du 8ème, à Joseph Poudrier le lot 6 du 6ème avec la même réserve.
Le 5 mars Jules Neveu a donné la permission à William J. Pope de construire une dame (chaussée) pour arrêter l’eau à la décharge du 9ème lac de Chertsey dans les lots 46 et 47 du 4ème rang et d’y bâtir des moulins et le droit de passer sur le lot 45; le même jour J. Neveu lui a vendu tout le bois d’épinette du lot 45.
À partir du 8 avril James Montgomery a acheté de nombreuses coupes de bois sur des lots appartenant à des habitants de Chertsey pour l’Assomption Lumber Co: à Joseph Guilbault sur les lots 44 et moitié du 43 du 3ème; Alexis Thoin 45 et moitié du 46 du 3ème, moitié sud du 46 et 47 du 4ème; Antoine Sirard partie des 46 et 47 du 3ème rang; Jules Bourgeois 45 du 5ème; Onézime Payette 51 et 52 du 5ème; Fabien Perrault 51 et 52 du 6ème; Joseph Prudhomme 46 et moitié du 53 du 5ème; François Laporte 54 du 5ème; Joseph Miron 54 et 55 du 6ème; Calixte Miron 53 du 6ème; Fabien Perrault et Adélard Bois-Joli 50 du 5ème; Narcisse Bois-Joli la moitié du 53 du 5ème; Nicolas Sirard 48 du 3ème; Joseph Rivais 30 du 8ème; Urgel Rivais 28 du 8ème; Delphis Duprat 16 du 6ème; Louis Duprat 15 du 6ème; Adolphe Paquin 16 et 17 du 9ème; Joseph Mousseau 47 du 6ème; Séraphin Mousseau 46 du 6ème; Charles Mousseau 48 du 6ème; Jean-Baptiste Morin 58 et 59 du 7ème; Séraphin Vincent 55 du 7ème; Jean-Baptiste Morin 3 et 4 du 12ème rang (Chilton); Joseph Paquin 1 du 11ème; Octave Beauchamp 4 et 5 du 1er (Chilton); Arthur Pagé 3 et 4 du 10ème; Michel Desmarais 2 du 10ème; Joseph Silvestre 3 du 2ème (Chilton); Nastasse Daviau 55 du 8ème (Wexford); Jules Provost 7 du 7ème; Cléophas Piète dit Trempe 13 du 8ème.
Les ventes ont continué en 1880: Charles Charbonneau 52 du 11ème (Wexford); Alfred Peltier 11 du 8ème; Edward Gratton (Gratten) 23 du 1er. James Montgomery a revendu à Séraphin Mousseau le lot 45 du 6ème en se réservant la coupe de tout le bois. William J. Pope est décédé peu après et le 8 février 1883 J. Montgomery demeurant à St-Alphonse de Liguori a revendu à Thomas Craig directeur de la Banque d’Échange du Canada de nombreuses coupes de bois à Chertsey.
Edward Fisk commerçant de bois de Joliette
Edward Fisk était commerçant à Joliette et à partir de 1879 il a aussi acheté des coupes de bois aux habitants de Chertsey.
Le 30 juin il a acheté une coupe de bois de Éléonore Bressin veuve de Louis Dupras dans le lot N°21 du 3ème rang; le 2 octobre à Jules Bourgeois de St-Liguori le lot N°49 du 5ème rang de Chertsey; le 28 octobre à Ferdinand Robinette de Chertsey 500 billots d’épinette blanche et 2.000 billots de cèdre, 4.000 bûches de cédre et épinette de 12½ pieds, 400 bûches d’épinette de 25 pieds, 200 bûches de cèdre de 20 à 25 pieds à livrer en bas du moulin de Delphin Morin sur la rivière Jean-Venne; le 25 novembre à Louis Laperche dit St-Jean de Chertsey sur le lot N°29 du 8ème; le 6 janvier 1880 à Delphis(?) Brault dans le lot N°15 du 7ème; le 31 janvier à Ferdinand Robinette le lot N°19 du 8ème; le 24 mars à Stanislas Désilets dans le lot N°21 du 7ème; le 27 mars à Joseph Grégoire dans le lot N°26 du 7ème; le 9 novembre à Joseph Euclide Crépeau dans le lot N°22 du 8ème; le 18 octobre Joseph Euclide Crépeau a vendu à E. Fisk tous ses droits dans le lot N°22 du 8ème. Le 17 décembre 1881 Edward Fisk a acheté à Stanislas Désilets tout le bois coupé dans le lot N°21 du 8ème rang qui sera récolté par son foreman Alexis Bonin. Le 24 avril 1882 il a acheté à Trefflé Côté commis marchand de Joliette le lot N°23 du 9ème et le lot N°25 du 8ème.
Edward Fisk a acheté un moulin à scie sur la rivière Ouareau (en amont du pont des Dalles) en 1883.
Le 21 octobre 1884 Joseph Brisson au nom de Olivier Provost lui a vendu la coupe de bois sauf le bois d’érable des lots N°22, 23 et 24 du 7ème pour chauffer ses chantiers de bois pour les 3 prochaines années. Le 9 juillet 1887 Edouard Grenier de Chertsey a vendu à Edouard Fisk la coupe de bois des lots N°50 et 51 du 9ème (Wexford); le 19 juillet Charles Granger celle des lots N°15 et 16 du 5ème. Le 27 septembre Moïse Daw s’est engagé à livrer 5.000(?) billots sur la rivière Jean-Venne entre la dam de E. Fisk et le lac Long; le 19 octobre James Beauchamps lui a vendu la coupe du lot N°59 du 10ème (Wexford). Le 27 juin 1889 François-Xavier Bourgeois de Chertsey a conclu un marché pour lui couper le bois de cèdre et les billots d’épinette du lot N°20 du 8ème livrables les billots sur la rivière Jean-Venne et le cèdre sur la rivière Lacouareau.
Le 7 novembre 1891 il a conclu un marché avec Alcide Magneron dit Lajeunesse marchand de Chertsey pour couper le bois des lots N°5 et 6 des 8ème et 9ème (Chilton) à livrer sur les lots N°38 et 39 du 9ème rang de Chertsey sur la rivière Lacouareau, 5 à 10.000 bûches au printemps. Le 2 juin 1892 il a acheté à Jules Gaudette scieur de St-Jacques ses droits sur les lots N°51 et 52 du 6ème. Le 4 juin il a revendu ces 2 lots à Fabien Perrault et il a conclu un marché avec lui pour y couper le bois, au moins 5.000 bûches la première année, à livrer partie à la décharge du 9ème lac en bas de la dam de Fisk et partie à l’Otter Crick; cette partie devait être dravée jusqu’à la rivière Lacouareau.
Le 19 août 1893 Edward Fisk a conclu un marché avec Jules Provost propriétaire de moulin à scie à St-Émile (Entrelacs) pour mettre à l’eau, driver et descendre tous les billots, bûches de cèdre et grands bois qu’il a à divers endroits sur les petites rivières et dans les lacs qui se déchargent dans la rivière Jean Vaine dans les townships de Wexford et Chertsey pour les conduire dans la rivière du Lac Ouareau avec le nombre d’hommes nécessaires pour $300.
Le Joliette Illustré paru en 1893 rapportait que le moulin d’Edward Fisk (Crabtree) employait plus de 70 personnes travaillant 600.000 billots par an venant de Chertsey et St-Donat.
Charlemagne & Lac Ouareau Lumber
L’Assomption Lumber a fait faillite en 1885, ses moulins de Charlemagne et ses droits de coupe ont été rachetés par une nouvelle compagnie.
Le 4 septembre 1886 James Montgomery commerçant de bois de Rawdon a vendu à Alexander MacLaurin (Charlemagne & Lacouareau Lumber Co) de nombreuses coupes de bois pour 200 piastres: à Chertsey (lots N°44 et moitié du 43 du 3ème rang, lots N°11, 13, 28 et 30 du 8ème rang, lots N°16 et 17 du 9ème rang, lots N°2, 3 et 4 du 10ème rang, N°1 du 11ème rang), à Chilton (lots N°4 et 5 du 1er rang), à Wexford (lots N°58 et 59 du 7ème rang, N°55 du 7ème rang, N°55 du 8ème rang, N°52 du 11ème rang).
Le 11 avril 1888 la Charlemagne Lacouareau Lumber Company a notifié Gilbert Foucher meunier et scieur propriétaire de moulins à Chertsey que pendant l’hiver 1887-1888 elle avait fait couper un grand nombre de billots sur les limites qu’elle possédait dans le canton de Chertsey sur différents tributaires de la rivière Lacouareau et notamment sur la rivière Jean-Venne où se trouvait une grande quantité de billots prêts à descendre à la dérive dès la fonte de la glace. La compagnie demandait que G. Foucher ouvre un passage dans la chaussée de ses moulins à farine et à scie des lots N°18 et 19 du 5ème rang de Chertsey pour laisser descendre ces billots et éviter de lui causer des dommages.
Etc.



























Un gros merci pour ces renseignements et photos…
J’aimerais aller sur place pour voir de mes yeux car j’adore l’histoire de Chertsey, puisque j’y reside depuis 1987.