Avant de devenir la ville de Joliette le village d’Industrie a connu plusieurs systèmes d’administration. Il a d’abord fait partie du Domaine Seigneurial de Lavaltrie. En 1842 la municipalité du district de Berthier a été créée puis en 1845 la municipalité de la paroisse de Saint-Charles-Borromée-du-Village-d’Industrie. En 1849 elle est devenue la municipalité du comté de Berthier N°2. En 1855 une loi a créé la municipalité de St-Charles-Borromée qui est devenue la Corporation de la ville de Joliette en 1863.
L’histoire de ces différentes administrations municipales reste plutôt mal documentée par les villes actuelles qui partagent le territoire du village d’Industrie: Joliette, St-Charles-Borromée et Notre-Dame-des-Prairies.
Joliette a célébré son 150ème anniversaire en 2014 mais comme la ville a été incorporée en 1863 c’était plutôt son 151ème. Sa première véritable administration municipale date de 1855 et son premier maire a été Edward Scallon. En 2023 la ville de Joliette a célébré le 200ème anniversaire du village d’Industrie pourtant en 1823 il n’y avait pas de village ni d’administration municipale, juste un moulin. On pourrait encore dire que le premier essai d’administration municipale, la municipalité de la paroisse de Saint-Charles-Borromée-du-Village-d’Industrie, date de 1845 et que Barthélémy Joliette en a été le premier maire. Ça fait beaucoup d’anniversaires à célébrer.
St-Charles-Borromée affirme que la paroisse de Saint-Charles-Borromée-du-Village-d’Industrie a été fondée par le notaire Barthélemy Joliette et qu’elle était formée des seigneuries de Lavaltrie, de Lanoraie, d’Ailleboust et du Canton-de-Kildaire. Mais cette affirmation n’a pas de sens; c’est l’évêque qui fondait les paroisses, pas un notaire. Barthélémy Joliette n’était seigneur de Lavaltrie que pour un quart avec Peter Charles Loedel (1/4) et les héritiers de Pierre Paul de Lanaudière (1/2) qui ont fondé le village avec lui. La paroisse ne comprenait qu’une petite partie des seigneuries énumérées. Et le canton de Kildare n’était pas une seigneurie mais un canton.
Notre-Dame-des-Prairies donne un historique plus exact. Le territoire du village de l’Industrie, rappelons-le, faisait partie à l’origine des seigneuries de Lavaltrie, de Lanoraie, et de d’Ailleboust jusqu’aux premiers rangs du canton de Kildare en incluant les rangs de la Chaloupe. De forme irrégulière, il s’étend sur huit milles de long et sur près de deux milles de largeur.
Quand Joliette a fêté le 200ème anniversaire du village d’Industrie en 2023 les villes de St-Charles-Borromée et Notre-Dame-des-Prairies n’ont rien fêté, c’était pourtant aussi leur histoire.
Le village d’Industrie de St-Paul
En 1823 quand le moulin a été construit sur la rivière de l’Assomption par les seigneurs de Lavaltrie il était situé dans le deuxième Domaine Seigneurial de Lavaltrie de St-Paul. Il n’y avait pas encore de système municipal et les actes notariés documentent les travaux pour construire les chemins, améliorer le drainage des cours d’eau et creuser des fossés qui étaient faits par les habitants selon une répartition de corvées. En 1835 on voit sur ce plan qu’il y avait déjà plusieurs rues bordées de maison dans le Village d’Industrie qui n’avait pas d’administration locale lui permettant de collecter des taxes. On voit aussi les 2 manoirs des seigneurs Joliette et Loedel sur la rue menant au Moulin.
Le village a d’abord été nommé Village d’Industrie de St-Paul. Le 24 octobre 1831 un procès-verbal a été notarié pour établir et règler les cours d’eaux du village d’Industrie de St-Paul. Joseph Han dit Chaussé et Antoine Vaine inspecteurs des clôtures et fossés de la paroisse de St-Paul ont déclaré qu’ils avaient été requis par Barthélémy Joliette pour établir et régler les cours d’eaux nécessaires dans le village. Ils ont donné avis public à la porte de l’église de St-Paul le 16 et le 23 octobre à l’issu du service divin aux intéressés de se trouver ce jourd’hui à 9 heure du matin pour être présents à la visite des inspecteurs.
Des syndics étaient élus par les habitants pour les représenter et répartir les tâches. Le 17 juillet 1837 une élection de syndics a eu lieu pour les cours d’eau du village d’Industrie, François Papin et Étienne Partenais ont été élus en remplacement de Benjamin Abbot et François Panneton. Ces élections se répétaient chaque année.
Le rapport Durham et les réformes municipales
Le Rapport Durham déposé après les rébellions de 1837 et 1838 a proposé de nombreuses réformes de l’administration coloniale. Il préconisait l’établissement d’institutions municipales locales pour décentraliser l’administration, briser le pouvoir de l’élite locale francophone et favoriser l’assimilation. Ces municipalités devaient inculquer des valeurs libérales britanniques en enseignant aux habitants à assumer la responsabilité de leur administration locale, agissant comme outil de civilisation de la culture canadienne-française arriérée.
Une première réforme a constitué en corporation municipale locale chaque village, paroisse ou canton comptant au moins 300 habitants, donnant ainsi une existence juridique aux territoires déjà définis à des fins religieuses ou d’arpentage qui avaient des pouvoirs limités. De 1841 à 1845 plus de 300 corporations locales ont été créées. Dans chacune une assemblée annuelle des habitants devait élire un conseiller (deux si plus de 3.000 âmes), ainsi que des officiers (greffier, inspecteurs, etc.) aux tâches non définies par la loi. Un autre changement, plus déterminant a instauré des districts régionaux avec plus de pouvoirs que les corporations locales, 24 districts régionaux ont été établis.
Ces changements ont été très mal reçus par les habitants qui n’acceptaient pas la taxation directe servant à financer ces administrations. Du fait du manque d’instruction généralisé dans les campagnes seuls quelques notables étaient qualifiés pour ces postes.
Le district municipal de Berthier

En 1842 le gouverneur Sydenham a proclamé les districts et leurs responsables. Dans celui de Berthier Barthélémy Joliette a été nommé gardien (warden).
Le 31 décembre 1841 Barthélémy Joliette a conclu un marché avec Alexis Desmarais et Médard Beaudouin maîtres menuisiers pour les travaux à faire à la maison d’Olivier Drolet dans la paroisse de Ste-Elizabeth de Dautray qui avait été louée pour y établir le siège de la municipalité du district de Berthier.
Barthélémy Joliette avait décidé d’établir le bureau du district à Ste-Elisabeth, des articles dans les journaux l’ont accusé de dilapider les deniers publics pour l’aménager: un cri universel d’indignation s’est élevé de toutes les parties du district, les membres du conseil municipal déclarant que le Syndic avait abusé de leur confiance. Barthélémy Joliette warden du district était assisté de conseillers élus qui décrivaient B. Joliette comme le syndic du conseil municipal.
Lors d’une assemblée spontanée et volontaire des Conseillers Municipaux du district de Berthier tenue le 5 décembre 1842 à Ste-Elisabeth, à laquelle assistèrent tous les conseillers excepté Barthélémy Joliette absent, son autoritarisme a été dénoncé. Il est notoirement connu qu’il ne représente pas les voeux et les désirs de ses constituants qui ont déjà désavoué ses actes. Les conseillers étaient David M. Armstrong et Alexis Mousseau députés de Berthier, Hugh Daly du canton de Kildare, Louis Parthenais et Pierre Guibord de la paroisse de St-Paul, Jean-Baptiste Forget et Jean-Baptiste Geoffroi de Ste-Elisabeth, Jean-Baptiste Massé de l’île du Pads, Louis Marion de Lanoraie, Joseph Généreux de St-Cuthbert, Charles Laporte de Ste-Mélanie, William Morison du canton de Brandon, Hyacinthe Jacques de St-Barthélémy et L. B. Hétu de Lavaltrie. Cette énumération décrit le territoire du district municipal.
Claude Martel dans son Histoire de Joliette a écrit que les conseils de districts municipaux étaient composés d’un ou deux conseillers par paroisse élus pour trois ans; cette structure régionale ne suscite aucun enthousiasme auprès de la population, certains la qualifiant de machine à taxer imposée par le conquérant. Le recensement de 1842 donne une description de la population du village à cette époque.
Lire: St-Charles du Village d’Industrie en 1842
L’administation de l’entretien des chemins était toujours assumée par les habitants du village; le 5 mai 1843 Henry Hall et Severin Ferland ont été élus syndics. En 1848 les sieurs Ambroise Gravelle, François Pelland inspecteurs de la paroisse de St-Charles-Borromée et Agapite Pelletier, Marion Lebeau, Joseph Sibert dit Bélaire, Louis Miron, Paul Marion et Antoine Ratel, sous-voyers de la dite paroisse avaient fait réparer le pont des Dalles pour la somme de 10 livres 5 chelins, somme qui devait être répartie entre les propriétaires chargés de l’entretien de ce pont selon l’ordonnance qui répartissait aussi les coûts des écoles: Acte de répartition du pont des Dalles de la paroisse St-Charles Borromée.
La municipalité de la paroisse du Village d’Industrie
Une nouvelle loi a ensuite été adoptée créant des corporations locales. Entrée en vigueur le 1er juillet 1845 pour une durée de deux ans, elle abolissait les districts régionaux pour transférer l’essentiel de leurs pouvoirs à des corporations locales formées d’un conseil de sept membres élus. Cette loi a été mieux accueillie que la précédente puisque cette forme d’administration locale s’apparentait à celle des paroisses religieuses en place.
Claude Martel dans Histoire de Joliette écrit que la reconnaissance civile du territoire de la paroisse Saint-Charles-Borromée du Village d’Industrie a eu lieu le 16 juin 1845 et que la nouvelle municipalité a été créée le 1er juillet. Le maire était Barthélémy Joliette mais il ne reste aucune documentation concernant l’élection des conseillers. Il a seulement trouvé la copie d’un règlement adopté par le conseil le 25 septembre 1845 concernant les chemins et les ponts du village. Le secrétaire de la municipalité était Edward Scallon.
La municipalité du comté de Berthier N°2
La loi de 1845 a été abrogée et remplacée par une nouvelle loi en 1847. Elle abolissait les municipalités de paroisse et de canton existantes pour transfèrer leurs pouvoirs et responsabilités à 46 nouvelles corporations de comté dont le conseil était formé de conseillers élus dans chaque ancienne municipalité de ce territoire.
Le 1er septembre 1847 la municipalité du Comté de Berthier a été érigée puis le 1er juillet 1849 elle a été divisée en deux entités, la Municipalité de Berthier numéro deux et la Municipalité de Berthier numéro un.

Le maire de la municipalité de Berthier N°2 était William Berczy époux de Louise-Amélie Panet seigneuresse d’une partie de d’Aillebout (Ste-Mélanie). Une chicane entre 2 groupes de citoyens du village d’Industrie qui voulaient construire un marché public dans le village montre les responsabilités dévolues à cette administration. Un premier emplacement pour le marché avait été choisi sur la rue St-Antoine puis le curé Manseau avait proposé de donner un terrain appartenant à l’église (place Bourget).
Lire: La construction du marché Bonsecours
Le 28 août 1851 Léandre Fréchette, Charles Guilbault, Antoine-Toussaint Voyer, Casimir Guilbault et Bernard-Henri Leprohon ont déposé une sommation avec des offres réelles au groupe dirigé par Gaspard de Lanaudière. Ils annonçaient qu’ils avaient déposé une requête le 11 mai au conseil de la municipalité de Berthier N°2 s’engageant de fournir et payer pour la construction d’un marché sur la terre de l’église.
Le 10 janvier 1852 Léandre Fréchette et autres ont déposé une sommation et notification à Alonzo French. Le notaire Magnan s’était déplacé avec 2 témoins, Louis Partenais et Louis Sylvestre, au domicile d’Alonzo French, un des syndics du premier marché. Il s’agissait de régler la dispute sur l’emplacement du marché selon la résolution du conseil de la municipalité de Berthier N°2 du 7 janvier. Que les syndics de la Halle du Marché érigée sur le terrain de l’église au village d’Industrie ne s’étant point conformés au règlement fait par ce conseil en date du 28 juin dernier…
Le 31 janvier une autre sommation a été signifiée par les syndics du marché de l’église à la municipalité de Berthier N°2. Toutes les résolutions adoptées au conseil de la municipalité de Berthier N°2 y sont récapitulées. Une séance du conseil avait eu lieu en la demeure de Isaie N. Melançon avocat du village d’Industrie et secrétaire-trésorier de la municipalité. Plus loin on trouve les noms de Hugh Daly, Antoine Desert et Pierre Ribardy membres du conseil.
Que le dit conseil de la dite municipalité de Berthier N°2 à sa séance spéciale du 12 mai 1851 aurait ordonné l’adoption de la requête de Peter Charles Loedel Ecuyer et autres, demandant l’érection d’une Halle de Marché public sur la terre de l’église…
La sommation demandait au conseil de la municipalité de déclarer le marché de la terre de l’église marché public et de le prendre sous son contrôle. Un acte de cession gratuite du terrain où était bâti le marché a été remis au secrétaire-trésorier. Le 23 juillet 1852 la Corporation Épiscopale Catholique Romaine de Montréal a fait notarier un acte de donation à la municipalité de Berthier N°2 d’un terrain de un arpent de front sur 3 arpents de profondeurs situé sur la terre de l’église et sur lequel avait été construit le marché; le maire William Berczy a reçu la donation du terrain. Le même jour Antoine T. Voyer, Bernard Henry Leprohon et autres ont cédé et abandonné la bâtisse du marché à la municipalité de Berthier N°2 pour la somme de 171 livres et 14 chelins.
Cette administration avait donc certains pouvoirs de décision mais elle n’avait toujours pas de budget pour l’entretien des chemins faute de pouvoir lever des taxes municipales. Par exemple le 4 janvier 1853 le contrat de déneigement des rues du village d’Industrie a été conclu entre Charles Gulbault inspecteur des chemins et ponts de la paroisse St-Charles-Borromée et Joseph Myé:
…entretenir toutes les rues latérales et transversales dans le village d’Industrie depuis et compris la grande rue St-Ignace jusques et compris la rue St-Antoine à continuer jusqu’au chemin de fer de Rawdon, toutes lesquelles rues tant latérales que transversales, comprises celle qui va au moulin de Ours Trudeau et celle qui conduit au pont des Dalles ainsi que la rue qui passe au côté de chez Crane jusqu’à la rivière et celle qui conduit au pont du chemin de fer; sera tenu le dit entrepreneur de faire une virée devant le grand Mouln comme afin d’entretenir de même que les autres rues, celles qui passent de chaque côté du marché Bonsecours, toutes lesquelles rues latérales et transversales seront entretenues de douze pieds de large et de manière à ce qu’il n’y ait ni pentes ni cahots, toutes les grandes rues seront entretenues jusqu’aux dernières maisons du dit village, et les rues transversales se borneront à celle qui passe à côté de la maison de Charles Botquin dit St-André et qui prend de la rue Bonsecours…
Le coût de ce contrat était réparti entre les propriétaires par l’inspecteur.
La municipalité de St-Charles-Borromée
Le régime seigneurial a été aboli en 1854 et l’Acte des municipalités et des chemins a été adopté en 1855. Les habitants des seigneuries n’étaient plus des censitaires mais des propriétaires, les municipalités ont alors pu les taxer en fonction de leur évaluation foncière. L’administration a été confiée aux municipalités au niveau local et aux comtés au niveau régional.
Le 31 août 1855 William Berczy préfet du conseil municipal du comté de Joliette a vendu au conseil municipal de la paroisse St-Charles-Borromée nouvellement créé le marché Bonsecours. Le conseiller Louis Laurier représentait la nouvelle municipalité selon une résolution adoptée au conseil le 28 août.
Le 25 mars 1856 le notaire J. O. Leblanc a loué à bail pour 99 ans au conseil municipal du Comté de Joliette représenté par son préfet William Berczy une bâtisse avec la voute qui en faisait partie aux fins d’y tenir un bureau d’enregistrement pour la conservation des titres et papiers sur la rue Notre-Dame.
Un article publié en 1946 par Omer Valois, prêtre membre de la Société Historique de Joliette, documente quelques initiatives du conseil municipal de la paroisse St-Charles-Borromée présidé par le maire Edward Scallon qui a véritablement été le premier maire élu à Joliette de 1855 à 1862. Le 1er juin 1857 le conseil avait adopté des règlements pour prévenir les accidents par le feu, pour empêcher les chevaux de courir et pour prévenir les abus contre l’intempérance et la paix publique dans les limites du Village d’Industrie.
Les règlements ont été révisés le 7 février 1859 pour prélever une taxe pour l’entretien et le fonctionnement d’une pompe à incendie offerte par les citoyens. Les incendies dans les villes et villages étaient fréquents et désastreux, un service de lutte contre les incendies a été créé. La taxe a été fixée à 3/4 de sou dans le louis d’évaluation foncière et augmentée à 1 sou en 1861.
Le 9 avril 1859 Gaspard DeLanaudière a fait don à la municipalité d’une pompe à incendie au nom des nombreux citoyens de la ville qui s’étaient cotisés pour l’acheter. Elle devait être entreposée dans la halle à foin construite à côté du marché. Edouard Scallon était maire, Louis Laurier, François Morin, Narcisse Lévesque et Francis Kelly conseillers.
Gaspard de Lanaudière a été élu second maire en 1862. Le territoire de la municipalité était alors très étendu, il comprenait le village et les campagnes alentour qui n’avaient pas les mêmes intérêts. Comme dans beaucoup d’autres municipalités il a fallu diviser le territoire entre ville et campagne.
La Corporation de la ville de Joliette
Le 2 février 1863 les conseillers du Village d’Industrie ont déposé une requête pour obtenir un acte d’incorporation érigeant le territoire urbain en municipalité de ville, séparée de la paroisse Saint-Charles-Borromée.
Le 15 octobre 1863 un acte du parlement a ratifié l’incorporation de la ville renommée Joliette en hommage à son fondateur Barthélémy Joliette.
En janvier 1864 Edward Scallon, Gaspard de Lanaudière, Georges Baby, Edouard Guilbault, Elzéar Cornellier, Joseph Rivet et Charles Panneton ont été élus sans opposition conseillers municipaux. Gaspard de Lanaudière a été nommé premier maire de la Corporation de la ville de Joliette.
Le 2 mars 1864 à une assemblée spéciale du conseil tenue à l’hôtel de ville les premiers règlements municipaux ont été adoptés. Les membres présents et formant quorum étaient G. Baby pro-maire et les conseillers Ed. Scallon, Chs. H. Panneton, Elz. Cornellier, J. Rivet et Ed. Guilbault.
Le règlement N°1 concernait le maintien, l’ordre et le décorum durant les séances du Conseil. Le règlement N°2 imposait des taxes ou licences sur les hommes de profession, marchands, commerçants, aubergistes, maisons d’entretien public, jeux de quilles, tables à roulettes, pigeon-holes, ronds pour courses de chevaux, etc, etc, dans la Ville de Joliette. Le règlement N°3 concernait les marchés de la ville. Etc.
Le 4 avril 1864 Barthélémy Vézina notaire et secrétaire-trésorier de la ville de Joliette, Louis Adolphe Panneton grand connétable du district de Joliette et Eusèbe Asselin marchand ont reconnus conjointement avoir cautionné la Corporation de la Ville de Joliette, Gaspard de Lanaudière maire acceptant la somme de 1.000 piastres pour assurer les dépenses courantes.
Le 5 février 1866 Joseph Landry a été engagé comme gardien des pompes à incendies par la Corporation de la ville de Joliette. Il devait habiter dans le logement construit dans l’Hôtel de Ville, entretenir le logement, tenir les tonnes emplies d’eau et laisser toujours une personne responsable sur place pour 12 piastres par année. Le 1er août 1868 Jean-Baptiste Lévèque gardien des pompes à incendies de la Corporation a abandonné à Jacques Crépeau tous les droits qu’il pouvait avoir de la Corporation comme gardien des pompes consistant dans le logement dans l’Hotel de Ville et le salaire de 36 piastres par année. L’Hôtel de Ville se trouvait alors dans la station des pompes sur la place Bourget; il a été déménagé dans le marché de la place Lavaltrie en 1874.
La lutte contre les incendies était une responsabilité importante des administrations municipales. Les pompes se sont vité révélées insuffisantes et les villes ont voulu se doter d’aqueducs et de bornes-fontaines. En 1871 Moïse Ritchot avait demandé et obtenu le privilège pour 10 ans de poser des tuyaux dans les rues de la ville. Déjà tout le bois de sapin devant servir à la confection des tuyaux est coupé et rendu à Joliette sur la place du marché à foin où M. Ritchot croyons-nous, fera un grand réservoir. La perforation de ces pièces de bois se fait au moyen d’une longue tarière. Le diamètre des tuyaux perforés devra être de 3 pouces.
Ce contrat n’a pas été réalisé et le 30 avril 1874 Gaspard de Lanaudière maire et Barthélémy Vézina secrétaire-trésorier autorisés par une résolution du conseil municipal ont accordé à Eugène Dupuis bourgeois de la ville le privilège exclusif de construire à ses frais un aqueduc pour procurer l’eau nécessaire à l’usage domestique des habitants et autres besoins spécifiés pour 15 ans.
Le 17 mars 1883 la Corporation de la Ville de Joliette représentée par son secrétaire-trésorier B. Vézina a fait enregistrer selon la loi du cadastre par le régistrateur du comté la vente du marché Bonsecours par William Berczy maire du conseil municipal de St-Charles-Borromée le 31 août 1855: le terrain N°298 sur la place Bourget entre les rues St-Viateur et Manseau avec une bâtisse à 2 étages servant de station des pompes, une autre bâtisse pour la pesée du beurre et une autre bâtisse pour la pesée du foin et le terrain N°299 sur la place Lavaltrie entre les rues Manseau et Notre-Dame bâti d’un marché à 2 étages en briques et couvert de ferblanc servant aussi comme hôtel de ville. Il y avait donc plusieurs bâtisses servant de marchés à cette date. L’Hôtel de Ville se trouvait alors dans le nouveau marché de la place Lavaltrie construit en 1874.
Le 27 janvier 1874 Adolphe Fontaine conseiller et Barthélémy Vézina secrétaire-trésorier ont reconnu au nom de la Corporation de la Ville de Joliette avoir emprunté 16.000 piastres au taux de 6% d’intérêt au marchand Eusèbe Asselin pour acquitter les dettes et financer les dépenses pour la construction du nouveau marché.
Le 10 août 1887 Alphonse Durand architecte et entrepreneur de bâtiments a conclu un marché avec la Corporation de la Ville de Joliette pour faire tous les ouvrages de creusage, maçonnerie, pierre de taille, brique, charpente, menuiserie, peinture, ferrure, vitrage, enduits pour la construction d’une station de pompe sur la place Bourget à l’emplacement de l’ancienne. Le bâtiment a ensuite été agrandi et la partie arrière a servi d’hôtel de ville.
Le territoire de la ville de Joliette
Le territoire de la ville de Joliette a été modifié à plusieurs reprises. Ce plan de la paroisse de St-Charles-Borromée en 1929 montre la division du territoire entre la ville et la campagne selon la loi de 1915.

La limite de la ville de Joliette est marquée par une ligne hachurée passant au nord entre les lots 127 et 128, à l’est suivant la rivière de l’Assomption, etc. Le Domaine Seigneurial est encore identifié même si le régime seigneurial a été aboli en 1854.
Aujourd’hui le territoire n’est pas exactement le même. Au nord il a été légèrement agrandi, à l’est et au sud il a beaucoup changé comprenant de grands développements immobiliers et des parcs industriels.





























