Catégorie: Histoire de Lanaudière
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La construction du marché Bonsecours de L’Industrie

En 1851 les commerçants de L’Industrie ont formé un syndic pour la construction d’un nouveau marché. Le premier marché construit en 1837 se trouvait près du moulin dans un lieu souvent inondé, il fallait le déménager. Les syndics se sont mis d’accord et ont choisi un nouveau site. Mais le curé Manseau avait d’autres intérêts, il a réussi à faire construire un autre marché sur la terre qu’il venait de recevoir en donation. La municipalité de Berthier N°2 a dû régler la chicane.

La construction de ces 2 nouveaux marchés en 1851 et 1852 a occasionné la rédaction de très nombreux contrats notariés qui permettent de documenter la vie commerciale dans le village d’Industrie et ses alentours. En 1851 l’administration municipale s’appelait municipalité de Berthier N°2 et elle a dû choisir lequel des 2 marchés serait le marché municipal, le marché des syndics ou celui du curé.

Acte de société entre divers habitants du village d’Industrie

Le 21 mars 1851 le notaire J. O. Leblanc a enregistré dans son greffe un acte de société pour la construction d’un nouveau marché. La démarche a été entreprise par les citoyens du village d’Industrie. 300 parts du marché ont été réparties entre les habitants du village. Voici la répartition des parts de la société suivant l’ordre du contrat notarié:

  • Charles-Gaspard de Lanaudière, écuyer, 40 parts
  • Antoine Manseau, prêtre, 2
  • Louis Laurier, écuyer, 3
  • J. (?) Melançon, étudiant en droit, 2
  • Joseph B. Twiss, bourgeois, 12
  • Louis Thomas Groulx, écuyer, 2
  • François Papin, écuyer, 10
  • François Bonin dit Dufresne, marchand, 10
  • Alonzo French, commerçant, 12
  • François Morin, boucher, 15
  • Médard Vézina, cordonnier, 5
  • Léandre Lafrenière, sellier, 3
  • Joseph Bouché dit Desroche, menuisier, 3
  • Salomon Miron, boulanger, 3
  • Joseph Myer(?) père, menuisier, 8
  • Stanislas Berthelotte, maçon, 4
  • Stanislas Bélaire, forgeron, 6
  • Alexis Desmarais père, menuisier, 5
  • Alexis Desmarais fils, menuisier, 5
  • Pierre Himblau, fondeur, 5
  • Ours Trudeau, meunier, 5
  • François Chaput, cordonnier, 3
  • Narcisse Bro, boulanger, 5
  • Joachim Flamand, commerçant, 3
  • François Beaudouin père, chaumier, 5
  • Jean-Baptiste Flamand fils, menuisier, 3
  • Joseph Desmarais, rentier, 3 parts (rayé)
  • Médard Beaudouin, menuisier, 3
  • Jean-Baptiste Prudhomme, forgeron, 6
  • Pierre St-Jean, cordonnier, 5
  • François Vézina, ferblantier, 3
  • Louis Parant, forgeron, 5
  • François-Xavier Payette, bedeau, 3
  • B. H. Leprohon, écuyer, 3
  • Mard Guilbault, cultivateur, 3
  • François-Xavier Vadnais, cultivateur, 3
  • Louis Partenais, bourgeois, 3
  • Médard Desmarais, cultivateur, 4
  • Olivier Augé, chauffeur, 5
  • Michel Gravelle, cultivateur, 3
  • Antoine Fleury, cultivateur 6
  • Louis P. H. Turgeon, écuyer, 5
  • Joseph Deschamps, bourgeois, 3
  • Henry Hall, écuyer, 3
  • Pierre Laforais, forgeron, 3
  • Léon Mondor, cardeur, 3
  • A. Magnan, écuyer, 2

Tous ces sociétaires demeuraient dans le village d’Industrie. quelques autres venaient des alentours:

  • Pierre Gariépy, tanneur de L’Assomption, 5
  • Marc Granger, boucher de St-Jacques, 3
  • Joseph Forget, boucher de Ste-Élisabeth, 3
  • Louis Cloutier, boucher de Ste-Élisabeth, 3
  • Joseph Dalbeck père, rentier de St-Paul, 3
  • Urgel Bruguière, commerçant de St-Paul, 3
  • Joseph Forais, cultivateur de St-Paul, 3
  • Jean-Baptiste Desmarais, huissier de la paroisse St-Charles-Borromée, 3
  • Elzéard Cornellier, cultivateur de la paroisse St-Charles-Borromée, 3
  • Joseph Vessot, cultivateur de la paroisse St-Charles-Borromée, 3
  • Joseph Dubeau, cultivateur de Ste-Mélanie, 3
  • Gaspard Beaudouin, 3
  • Michel Gravelle, 3
  • Thomas Corriveau, 6
  • François Normant(?), 3
  • George McGowan, 3

Ceux qui savaient signer l’ont fait, les autres ont inscrit une croix près de leur nom.

La Société du Marché neuf de l’Industrie comportait 300 parts à 10 chelins chacune pour un capital de 150 livres, elles ont été prises par 47 habitants du village d’Industrie et 16 des alentours. Le marché devait être construit sur les terrains de Alonzo French, Joseph B. Twiss, François Morin, Joseph Myer père, Jean-Baptiste Flamand père, Joseph Peltier maçon de la paroisse L’Assomption et Médard Vézina au coin des rues St-Antoine et St-Pierre (Lajoie aujourd’hui). Les directeurs étaient Gaspard de Lanaudière, J. B. Twiss, A. French, F. Papin, F. Morin et F. Bonin dit Dufresne. La société s’engageait à déplacer la maison et d’autres bâtiment de J.-B. Flamand plus loin sur son terrain. Et le curé Manseau était sociétaire avec 2 parts, il approuvait donc le projet au départ.

Dans les livres sur l’histoire de Joliette ce marché est nommé le marché des américains ou le marché d’Alonzo French. La société du Marché neuf comprenait de très nombreux sociétaires dont 2 américains. Alonzo French était tanneur et on en parle beaucoup dans l’histoire de Joliette. Joseph Burr Twiss était un horloger très célèbre, les horloges aux mécanismes de bois qu’il fabriquait avec son frère Russell de St-Liguori sont toujours collectionnées; le livre Histoire de Joliette dit simplement que Joseph B. Twiss était aubergiste!

La construction du premier marché

Le 24 mars les directeurs de la Société du Marché ont conclu un marché avec Antoine Lacombe père pour la fourniture du bois pour sa construction. Le contrat détaille le bois commandé: des billots de pin et des morceaux d’épinette rouge et blanche pour un montant de 540 livres.

Le même jour les directeurs du marché ont reçu en don les portions des terrains nécessaires à sa construction de Joseph Pelletier, maître-maçon de L’Assomption, Joseph B. Twiss, commerçant, François Morin, boucher, Médard Vézina, cordonnier, Joseph Myé père, menuisier et Alonzo French, tanneur.

Le 29 avril le contrat de construction du marché a été crié sur le perron de l’église et le 5 mai il a été accordé à Médard Beaudouin père, menuisier, pour la somme 40 livres 10 chelins. Le marché aura 80 pieds de long sur 20 de large de carré et 30 pieds de couverture… sur lequel marché il y aura une bâtisse de 48 pieds de long sur 30 de large… Suivent tous les détails de la construction du bâtiment et des étals. Un délai de 4 mois a été accordé pour la construction. Une réserve a été ajoutée en marge du contrat au cas où le marché devrait être construit ailleurs.

C’est le premier signe de la chicane qui s’en vient. En 1850 Barthélémy Joliette et son épouse avaient donné 2 grandes terres à la paroisse et aux clercs de St-Viateur. La terre de l’église se trouvait entre les rues Notre-Dame et St-Viateur d’aujourd’hui, c’était des champs ou de la forêt. Le curé Manseau a soudain eu l’idée de lotir la terre reçue en donation et il a décidé que le marché serait le noyau de ce nouveau lotissement, malgré les engagements déjà pris.

La chicane des 2 marchés

Le 16 août Alonzo French et Gaspard de Lanaudière ont signé une convention pour le règlement du prix du bois livré pour la construction du marché, 450 madriers et 200 planches. Il est bien entendu entre les dites parties que si le conseil accorde que le marché soit fixé au lieu où il est maintenant levé alors le dit bois se trouvera sur les parts que le dit sieur de Lanaudière a pris sur le dit marché, mais si le dit marché est changé du lieu où il est maintenant… le dit sieur French s’oblige de payer la valeur des dits bois le premier de novembre prochain.

Le 28 août Léandre Fréchette, Charles Guilbault, Antoine-Toussaint Voyer, Casimir Guilbault et Bernard-Henri Leprohon ont déposé une sommation avec des offres réelles au groupe dirigé par Gaspard de Lanaudière. Ils annonçaient qu’ils avaient déposé une requête le 11 mai au conseil de la municipalité de Berthier N°2 s’engageant de fournir et payer pour la construction d’un marché sur la terre de l’église. Ils proposaient de racheter les matériaux commandés pour l’autre marché estimés à 52 livres et 17 chelins.

Pour montrer leur bonne volonté ils avaient fait des offres réelles en espèces sonnantes et trébuchantes. Voici comment on réglait la somme de 52 livres et 17 chelins en 1851: 2 vingt piastres en or, 6 dix piastres en or, 60 huit piastres en écu américain et français, 1 vingt piastre argent mexicain, 15 piastres argent français, 3 chelins argent anglais, 14?

Le lotissement de la terre de l’église

Le curé Manseau et d’autres avaient un plan mais la donation de la terre de l’église en 1850 n’avait pas été faite dans le but de la lotir, il a fallu modifier le contrat de la donation. Le 24 octobre la dame veuve Joliette a donné son consentement à la cession des lots sur la terre de l’église.

Le 27 novembre Antoine Toussaint Voyer curateur de la succession de Barthélémy Joliette a aussi donné son consentement au lotissement de la terre de l’église de 3 arpents et 8 perches de front par 25 arpents de profondeur.

Le 27 décembre 1851 la première vente à charge de rente foncière par la Corporation Épiscopale Catholique Romaine de Montréal a été faite au sieur Isaï Ritchot cultivateur à L’Achigan paroisse de L’Assomption d’un lot sur la rue Notre-Dame. Tous les lots ont peu à peu été vendus et les contrats notariés sont numérisés. Léandre Fréchette, marchand, était le procureur de la Corporation Épiscopale.

Le marché Bonsecours en 1852

Le 10 janvier 1852 Léandre Fréchette et autres ont déposé une sommation et notification à Alonzo French. Le notaire Magnan s’était déplacé avec 2 témoins, Louis Partenais et Louis Sylvestre, au domicile d’Alonzo French, un des syndics du premier marché. Il s’agissait de régler les affaires du marché érigé sur le terrain de l’église selon la résolution du conseil de la municipalité de Berthier N°2 du 7 janvier:

que les syndics de la Hall du Marché érigée sur le terrain de l’église au village d’Industrie ne s’étant point conformés au règlement fait par ce conseil en date du 28 juin dernier, par lequel ils devaient payer les avances, prendre les matériaux et accepter les engagements faits par les syndics du marché de French, Twiss et autres pour terminer les difficultés qui s’en sont ensuivies…

Les propriétaires du marché French lèveront et transporteront sous un délai de quinze jours à l’endroit dans le village d’Industrie qui leur sera indiqué par les syndics du marché de l’église tous les matériaux…

Les deux parties ont convenu de nommer deux arbitres pour régler le litige, celui choisi par les propriétaires du marché French était un constructeur de moulin de Rawdon, William Lord. Les syndics du marché de l’église ont choisi Charles Gougé, charpentier constructeur de moulin de la paroisse St-Charles-Borromée.

Le 21 janvier une nouvelle sommation a été signifiée par les syndics du marché de l’église au syndic du marché French pour que les arbitres se rencontrent. Le 23 janvier Charles Gougé a voulu aller rencontrer William Lord pour faire l’expertise mais A. French n’a pas voulu ouvrir les portes de son marché. Quand bien même le Conseil de la dite municipalité de Berthier numéro deux leur ordonnerait de le livrer ils ne consentiraient jamais à le donner…

Le 31 janvier une autre sommation a été signifiée par les syndics du marché de l’église à la municipalité de Berthier N°2. Toutes les résolutions adoptées au conseil de la municipalité de Berthier N°2 sont récapitulées. Le maire était alors William Berczy et les séances du conseil avaient lieu chez des particuliers du village d’Industrie. On apprend que le marché du terrain de l’église avait déjà été construit et que ses syndics demandaient au conseil de municipalité de Berthier N°2 de le choisir comme marché municipal. Il avaient présenté une offre de cession du bâtiment et du terrain où il a été construit.

Les locataires du marché Bonsecours en 1852

La cession a été immédiatement acceptée puisque le 24 avril 1852 la municipalité de Berthier N°2 a commencé à louer les emplacements du marché Bonsecours. Le premier contrat a été signé avec François George Waggner, cultivateur et commerçant, qui a loué les emplacements 24 et 26 pour la somme de 1 livre 1 chelin et 6 deniers par année. 22 baux ont été signés jusqu’au 12 juin chez le notaire Magnan. Voici la liste des autres locataires:

  • Louis Guillemet, commerçant 2 étals, 20 et 22
  • Marc Guilbault, boucher, 1 étal, 4
  • Fabien Michaud, commerçant, 2 étals, 7 et 30
  • Marc Granger, boucher de St-Jacques, 1 étal, 2
  • Ours Trudeau, meunier et commerçant, 2 étals, 32 et 34
  • François Normand, tanneur de St-Jacques, 1 étal, 13
  • Médard (?)ebroux dit Latendresse, boucher, 1 étal, 5
  • George McGowan, boucher de St-Ambroise, 1 étal, 9
  • Isaac Mondor, boucher de St-Thomas, 1 étal, 3
  • Jean-Baptiste Robert, commerçant de St-Thomas, e étals, 28 et 29
  • Abraham Lauzon, commerçant de St-Paul,2 étals, 19 et 21
  • Michel Gravel, cultivateur et boucher, 1 étal, 7
  • John Bryan, commerçant, 2 étals, 31 et 33
  • Louis Beaudouin, boucher de St-Paul, 1 étal, 12
  • Joseph Levi Martel, boucher de St-Antoine-de-Lavaltrie, 1 étal, 10
  • Jérôme Chaput, boucher de St-Paul, 1 étal, 14
  • Prospère C. Gareau, tanneur de St-Ambroise, 1 étal, 17
  • Joseph Forget, cultivateur et boucher de Ste-Élisabeth, 1 étal, 1
  • Pierre Gariépy, tanneur de L’Assomption, 1 étal, 15
  • Charles Botquin dit St-André, commerçant, 1 étal, 23
  • Théophile Dugas, cultivateur et boucher de St-Jacques, 1 étal, 11

Le 10 juillet 1852 un rapport a été fait pour évaluer la valeur du marché construit sur le terrain de l’église qui est pour la première fois nommé Marché Bonsecours. Les experts l’ont évalué à 171 livres 14 chelins, il ont été très précis.

Le 23 juillet la Corporation Épiscopale a signé un acte de donation à la municipalité de Berthier N°2 d’un terrain de un arpent de front sur 3 arpents de profondeurs situé sur la terre de l’église et sur lequel se trouvait construit le marché. Le même jour Antoine T. Voyer, Bernard Henry Leprohon et autres ont cédé et abandonné la bâtisse du marché à la municipalité de Berthier N°2 pour la somme de 171 livres et 14 chelins.

Le 31 août 1855 la Municipalité de Berthier N°2 représentée par son maire William Berczy a vendu au conseil municipal de la paroisse St-Charles-Borromée le marché Bonsecours pour la somme de 175 livres moins 22 déjà payées grâce aux profits du marché. Le 19 décembre les conseillers de la Paroisse St-Charles-Borromée ont conclu un marché avec Antoine Lacombe père pour la reconstruction du marché à deux étages, 80 pieds de long par 20 de large.

Le 12 septembre 1857 la Corporation Épiscopale a vendu au conseil municipal du Comté de Joliette un terrain de 1 arpent de front par 1½ de profondeur bordé par la rue Manseau et la rue St-Viateur pour y bâtir la cour et la prison. Le 14 décembre les Clercs de St-Viateur ont aussi vendu un terrain au conseil à condition qu’il serve pour la Cour de Justice. Le même jour Joseph Langlois dit Lachapelle a donné un terrain. Le 20 novembre 1858 les Clercs de St-Viateur ont vendu un autre terrain. Le 23 novembre Gaspard DeLanaudière a encore fait don d’un terrain.

Ces terrains ont permis de construire la partie nord de la place Bourget et le palais de Justice.

La vente du marché French & Morin

Le 10 octobre 1859 la bâtisse du marché French a été vendue, les 2 marchés avaient donc bien été construits. François Morin boucher et Alexis Desmarais fils menuisier avaient reçu une procuration pour vendre la bâtisse du marché French & Morin. La vente a été faite à l’encan au marché et c’est François Morin qui l’a achetée pour 36 livres, à l’exception de 20 pieds réservés au tanneur Sewel Clements. Le 17 octobre François Morin l’a revendu au fondeur Pierre Hambleau. La fonderie était située au bord de la rivière L’Assomption et le marché French & Morin était situé à côté.

La station des pompes

Le 9 avril 1859 Gaspard DeLanaudière a fait don d’une pompe à incendie au nom de nombreux citoyens de la ville qui a été entreposée dans la halle à foin construite à côté du marché. Le 30 juillet 1862 Louis-Antoine Derome avec Alexis Rivet forgeron du village d’Industrie pour la construction d’un logement pour une pompe et ses accessoires, celui d’un gardien de la dite pompe et d’un bureau pour le clerc du marché le tout dans la Halle du marché à foin du dit village d’Industrie. Le plan et le devis des travaux sont annexés au contrat:

Histoire de Joliette racontée par la ville de Joliette

En 2015 à l’occasion de son 150ème anniversaire la Ville de Joliette a commandité un livre sur son histoire. Dans sa 2ème version revue et corrigée on trouve ces informations:

En 1851, le village d’Industrie ne compte qu’un petit groupe de commerçants, dont quatre marchands et deux aubergistes. Le vieux marché fermé en 1850, est rapidement remplacé par deux nouveaux marchés qui se disputent la clientèle locale et supralocale. Profitant du vide laissé par la fermeture du vieux marché, le tanneur Alonzo French cède une partie de son emplacement situé à l’angle des rues St-Antoine et St-Pierre (aujourd’hui Lajoie), pour la construction du nouveau marché public en 1851. Étant trop éloigné du coeur commercial du village, le marché French ferme après deux ou trois années d’activité.

Le principal marché du village est l’initiative du curé Antoine Manseau qui pilote le dossier au nom des Syndics du Marché… Les travaux se déroulent au cours de l’été 1851, si bien que l’on procède à l’ouverture du marché Bonsecours en septembre 1851.

Histoire de Joliette- Claude Martel (page 133)

L’information est tellement résumée qu’elle en devient fausse. Il y avait plus que 4 marchands à L’Industrie en 1851 sinon on n’aurait pas eu besoin d’un marché. Le Marché Bonsecours semble être la première propriété de la ville de Joliette, les premières réunions du conseil se tenaient chez des particuliers, c’est donc une étape importante de l’histoire municipale qui mériterait d’être racontée correctement.

16 marchands de marchandises sèches en 1851

Le 29 octobre 1851 les marchands du village d’Industrie se sont réunis chez le notaire Leblanc pour signer une convention pour vendre les marchandises sèches à la verge seulement et non pas à l’aune par des motifs honnêtes pour rétablir l’ordre. Voici la liste des marchands qui ont signé: Edouard Scallon, James Crane, Léandre Frechet, Fabien Michaux, Charles-Héliodore Panneton, Pierre Boisseau, Pierre Rivard, Joseph Myé, François Bonin dit Dufresne, Joachim Deguire dit Flamand, Martin Gravelle, Charles Botquin dit St-André, Antoine Langlois dit Lachapelle, Jérôme Mireau, John Bryan et Théodore Pataille.

Il y avait 16 marchands de marchandises sèches au village d’Industrie en 1851 et il y avait d’autres marchands, des boulangers, des bouchers… Raconter dans un livre d’histoire qu’il n’y avait que 4 marchands et 2 aubergistes à L’Industrie en 1851 c’est de la fausse information.

Histoire de Joliette (page 120)

Joseph Burr Twiss tenait peut-être une maison de pension mais c’était surtout un horloger qui construisait des horloges qui sont encore collectionnées dans la région et se vendent très cher sur internet. Le livre publié par la ville de Joliette sur son histoire est très amusant à lire. On lit qu’en 1842 il y avait 0 agriculteur vivant dans le village d’Industrie.

Histoire de Joliette (page 109)

J’ai trouvé ça tellement étonnant qu’il n’y ait pas d’agriculteur à la campagne en 1842 que j’ai été vérifier sur internet dans le recensement de 1842. J’ai compté 75 familles de cultivateurs dans le village d’Industrie pour un total de 177 familles, soit presque la moitié de la population.

Recensement du village d’Industrie 1842: page 1p. 2p. 3p. 4p. 5p. 6

L’auteur écrit que sa source est Histoire de Lanaudière. J’ai été vérifier dans ce livre page 207 et j’ai trouvé le même tableau sauf que pour Agriculture 1842 il y a un blanc (la donnée n’a pas été compilée) que l’auteur a interprété comme un 0 en recopiant le tableau.

Comme il n’y avait pas d’agriculteur au village d’Industrie, dans le chapitre consacré à la fondation du village on lit en gros titre Une société de « canailles » – les premiers habitants. Le village d’Industrie aurait été fondé par le ramassis de toutes les canailles de la région de Lanaudière, c’est une histoire édifiante.

Histoire de Joliette (page 104)

Le village d’Industrie en 1858

Le 2 octobre 1858 dans un contrat notarié concernant l’entretien des cours d’eau du village on trouve une liste des habitants des nouvelles rues qui ont été loties autour du marché Bonsecours dans le village d’Industrie.

Rue Notre-Dame

Rues Notre-Dame et Manseau

Rues Manseau et St-Viateur

Rue St-Viateur

Rues St-Viateur et St-Louis

Terres de St-Charles-Borromée et St-Paul

Illustrations du Marché Bonsecours

Je n’ai pas trouvé de représentation du marché French ni du marché Bonsecours en 1851. La photo la plus ancienne du Marché de Joliette date de 1893 et elle montre le nouveau marché construit en 1874. Il rend de grands services au commerce; il est le rendez-vous de tous les cultivateurs du district de Joliette qui viennent y vendre leurs produits.

Marché de Joliette - Joliette Illustré 1893 (BANQ)
Joliette Illustré 1893 (BANQ)

Les cartes postales suivantes datées de 19?? et 192? par la BANQ montrent qu’il est longtemps resté le centre des activités commerciales de la région.

Le marché Joliiette 19??
Le marché Joliiette 19?? (BANQ)
Le marché public en 192? (BANQ)
Le marché public en 192? (BANQ)
La place du Marché - Ville de Joliette
La place du Marché – Ville de Joliette 2023

Le panneau historique posé par la Ville de Joliette ne peut pas raconter toute l’histoire du Marché Bonsecours et du marché French c’est normal. Il pourrait quand même rappeler que le marché a été construit sur la terre donnée par les époux Joliette à la paroisse pour servir de noyau au lotissement du village et donc de la ville que nous connaissons aujourd’hui. Le Marché Bonsecours semble être le premier bâtiment ayant appartenu à la municipalité.

Dans l’Histoire de St-Charles-Borromée on lit que les réunions du conseil municipal se sont tenues au marché French de 1855 à 1857 puis au marché Bonsecours à partir de 1857.

Carte du Québec

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