Catégorie: Histoire de Lanaudière
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Les donations des époux Joliette en 1850

Barthélémy Joliette avait épousé Charlotte Tarrieux Taillant De Lanaudière seigneuresse de Lavaltrie et ils ont fondé le village d’Industrie. En janvier 1850 quelques mois avant le décès de Barthélémy ils ont fait donation à la Paroisse et aux Clercs de St-Viateur de l’église et du Collège qu’ils avaient fait construire sur leurs terres. Ces dons comprenaient de grands lots de terres adjacentes pour permettre leur développement.

Le 4 février 1850 l’Honorable Barthélémy Joliette Membre du Conseil Législatif de la Province du Canada et Dame Charlotte Tarrieux Taillant De Lanaudière ont signé deux actes de donation devant le notaire du village d’Industrie J. O. Leblanc. Le premier enregistré à la minute 698 a été numérisé par la BANQ mais pas le second.

Ils s’étaient mariés en 1813 et leur contrat de mariage a été numérisé.

La donation aux Clercs de Saint-Viateur

Le Collège Joliette et son terrain

Le collège de Joliette
Archives des Clercs de Saint-Viateur

Le premier acte de donation est très long et détaillé, les époux Joliette savaient exactement ce qu’ils voulaient. La donation a été faite à la Corporation des Clercs Paroissiaux ou Catéchistes de Saint-Viateur. Le premier point est le don de:

  • un emplacement de 216 pieds environ de front par 187 de profondeur borné par devant au grand chemin public, par derrière au jardin du curé, tenant d’un côté à la place publique qui se trouve au-devant de l’église, d’autre côté à Louis Partenais, le reste à un étang appartenant aux seigneurs de Lavaltrie, bâti d’un collège en pierre de 2 étages, de 80 pieds de long sur 40 pieds de large et d’une cuisine et autres bâtiments en bois. Et la dite Corporation aura le droit de prendre dans le dit étang la partie nécessaire pour donner une déclivité convenable au quai du dit emplacement de manière à correspondre au côteau qui avoisine le côté sud du dit jardin; et la crête du dit côteau servira d’allée en la prolongeant vers un bocage jusqu’à la rivière de L’Assomption à l’usage du dit collège et dépendances; enfin il sera loisible à la dite Corporation d’occuper 1 arpent de terre en superficie auprès du dit bocage et de la rivière pour établir des bains et une école de natation et autres objets utiles et agréables aux élèves du dit Collège Joliette; et le dit bocage servira à l’usage des établissements religieux de la dite paroisse sans y causer aucun dommage.

Le plan des terrains qui ont été donnés par les époux Joliette en 1850 a été dessiné précisément. Le Collège Joliette de 1850 se trouvait à côté de la place publique servant de parvis à l’église et du jardin du curé.

L’étang à l’usage des seigneurs de Lavaltrie était une zone inondable servant à entreposer les billots devant être sciés au moulin. Aujourd’hui des bâtiments du CEGEP y ont été construits ainsi que la salle de spectacles. Le bocage et l’espace prévu pour les bains étaient situés dans une partie du parc Louis Querbes actuel. Un terrain près de l’église était réservé à la construction d’un couvent de filles.

Un terrain pour un futur grand Collège

Le Collège Joliette de 1850 était situé au même emplacement qu’aujourd’hui mais il n’y avait qu’un modeste bâtiment de 80 pieds par 40 sur 2 étages. La volonté des époux Joliette était qu’un nouveau bâtiment soit construit sur un plus grand terrain situé de l’autre côté du grand chemin public. Voici le deuxième point de la donation aux Clercs de Saint-Viateur:

  • un lopin de terre situé au même lieu au sud du grand chemin public et en partie vis à vis le dit emplacement du Collège contenant 675 pieds de front sur 360 de profondeur, borné par devant au dit grand chemin public, par derrière au reste du terrain appartenant à l’église de la dite paroisse, tenant d’un côté à la rue Notre-Dame ou au chemin de fer du Township de Rawdon, si le cas arrive seulement, d’autre côté à la terre ci après désignée et à l’emplacement du bedeau de la dite paroisse; lequel lopin de terre est entièrement destiné pour y bâtir un grand collège avec les ateliers nécessaires aux élèves du dit collège; duquel lopin de terre la dite Corporation prendra possession au fur et à mesure qu’elle aura la volonté et les moyens pécuniaires de faire et exécuter convenablement les améliorations susdites; et alors le Collège actuel servira de petit séminaire ou Noviciat pour la dite Corporation; mais il est entendu que le Curé de la Paroisse continuera de jouir du dit lopin de terre jusqu’à ce que la dite Corporation soit préparée à en prendre possession comme susdit.

Le plan actuel de Joliette montre que le projet des époux Joliette de construire un nouveau collège sur un terrain plus grand situé en face de l’autre n’a pas été respecté. Le Collège Joliette a plutôt été agrandi en construisant les nouveaux bâtiments vers la rivière dans une zone inondable.

Le centre-ville de Joliette

Une terre pour une ferme modèle

Le troisième point de la donation est une terre devant permettre l’établissement d’une ferme modèle.

  • une terre située en la dite Paroisse même seigneurie, de la contenance de 2 arpents et demi de front sur 27 arpents de profondeur, le tout plus ou moins bordé par la rivière de L’Assomption, par derrière aux terres du Ruisseau St-Pierre, tenant d’un côté à la terre de l’église de la dite Paroisse, d’autre côté à Prospère Champoux, bâtie d’une maison, d’une grange et autres bâtiments; laquelle terre étant principalement destinée pour en faire une ferme modèle, où l’on mettra en pratique la Théorie Agricole enseignée aux élèves du dit collège.

Les époux Joliette avaient fait dessiner sur le plan la maison École modèle ou alors elle existait déjà; ce serait la maison qui a été donnée avec la terre avec sa grange située de l’autre côté du grand chemin public.

La terre allait de la rivière L’Assomption jusqu’à à la rue Beaudry actuelle entre les rues St-Viateur et Fabre. Celle qui a été donnée le même jour à la paroisse était située au sud entre les rues Notre-Dame et St-Viateur selon Léo-Paul Hébert (Histoire socio-économique du Collège Joliette – 1992) qui a publié le plan des donations que j’ai numérisé. En fait la limite entre les 2 terres se trouvait à mi-chemin entre les rues Manseau et St-Viateur.

Les terres données en 1850

Après la mort de Barthélémy Joliette en 1850, le terrain prévu pour la future expansion du collège fut loti par le curé Antoine Manseau, ce qui donna lieu plus tard à un échange de terrain entre la cure et le collège. Le résultat fut la cour arrière actuelle du collège qui, à l’origine, ne possédait pas de terrain à l’arrière de ses édifices.

Léo-Paul Hébert

Les meubles et 4 vaches

Le quatrième point de la donation concerne les biens meubles:

  • tous les meubles de ménage, vaisselles, tables, bancs, chaises, poëles de fer et tuyaux, lits, couvertures et couchettes et tous autres articles y compris quatre vaches à l’usage du dit Collège Joliette; le tout en la possession actuelle de la dite Corporation; comme le tout ci-dessus donné.

L’histoire de Joliette racontée par la ville de Joliette

La ville de Joliette a publié un livre sur son histoire en juin 2015, Histoire de Joliette au coeur de Lanaudière par Claude Martel.

Quelques mois plus tard après de nombreuses critiques une nouvelle édition revue et corrigée par un comité de 15 personnes sous la direction d’Archives Lanaudière a dû être republiée. La ville de Joliette a dû envoyer un exemplaire gratuit de la version revue et corrigée à ceux qui l’avaient payé 42,85 $ plus taxes. Voici la seule phrase qu’on lit dans cette nouvelle version revue et corrigée à propos de la donation du Collège Joliette :

… le 4 février 1850, le seigneur Joliette et son épouse, Charlotte de Lanaudière, cèdent aux Clercs de Saint-Viateur le collège et son emplacement de 216 pieds sur 201, le noviciat, l’école modèle et une terre de 2 1/3 arpents destinée à la construction d’une ferme modèle.

Histoire de Joliette (page 93)

Le noviciat et l’école modèle n’existaient pas, c’étaient des projets futurs, la terre qui a été donnée faisait 2½ arpents par 27, c’est une surface.

Les conditions de la donation aux Clercs de St-Viateur

Les époux Joliette ont ensuite longuement décrit les conditions qu’ils mettaient pour l’acceptation de leur don par les Clercs de Saint-Viateur:

… et à la charge par la dite Corporation de remplir et exécuter et accomplir de bonne foi et à perpétuité, toutes les charges et conditions ci-après mentionnées.

  • maintenir et entretenir deux établissements principaux au dit village d’Industrie, chef-lieu de l’Association des Clercs Paroissiaux ou Cathéchistes de Saint-Viateur et résidence du directeur principal, du maître-spirituel des Postulants, de l’Éconôme et du Secrétaire et de tous les autres officiers composant spécialement le corps dirigeant de la dite Société en Canada; lesquels établissements principaux seront de deux sortes, savoir: premièrement, la maison d’Institution ou petit séminaire qui est principalement destiné à un noviciat pour les postulants, et où l’on instruira ceux qui n’ont pas les connaissances suffisantes pour être mis au nombre des Postulants; secondement, le Collège Joliette dont le but principal est de former de bonne heure à la doctrine chrétienne et aux lettres les jeunes gens et leur donner ainsi les habitudes d’une vie honnête, laborieuse et industrieuse, comme étant d’une grande utilité et d’un grand secours pour le bien de la religion, comme pour celui de la société en général…

Le contrat notarié décrit ensuite le programme d’études qui doit être enseigné au collège joliette tel qu’il avait été publié dans les journaux:

La Minerve 26 août 1847
La Minerve 26 août 1847
  • 1ère Année: Éléments de la grammaire française et de la grammaire anglaise – Arithmétique – Histoire Sainte et Cours Religieux – Histoire ancienne (en anglais)
  • 2ème Année: Syntaxe des deux langues – Histoire du Canada – Arithmétique et premières notions d’algèbre et de géométrie et de dessin linéaire – Géographie – Principes fondamentaux d’agriculture et de botanique – Style épistolaire et composition dans les deux langues – Histoire Romaine (en anglais) – Tenue de livres
  • 3ème Année: Les principes de la littérature (Belles Lettres) – Algèbre et géométrie – Rhétorique – Étude de la Constitution du pays – Histoire de France par la méthode analytique – Histoire d’Angleterre (en anglais) avec notes – Composition et discours en anglais et en français
  • 4ème Année: Physique, Chimie appliquée aux arts – Géométrie – Pratique arpentage, mécanique – Astronomie – Composition française et anglaise
  • 5ème Année: Logique, métaphysique, morale – Architecture et économie politique – Composition et discours dans les deux langues

Les élèves qui, ayant étudié ce cours, désireraient étudier le latin trouveront dans le même établissement des professeurs qui donneront des leçons à la suite du présent cours. La Musique et le Dessin seront enseignés régulièrement chaque année à tous ceux qui ayant une disposition naturelle pour les arts d’agrément voudront les apprendre. Il sera laissé à l’usage des élèves une Bibliothèque choisie sous tous les rapports; et un compte exact sera donné du profit qu’on aura fait de la lecture; des prix seront donnés aux meilleurs narrateurs. Des examens publics auront lieu à différentes époques de l’année, et une distribution solennelle des Prix précédera les vacances.

Ont signé: Rev. Ant. Thibaudier Directeur, Rev. P. T. Lahaye Sous-Directeur, M. E. Champagneur, M. A. Fayard, M. L. Chrétien Catéchiste Majeur, M. W. Shepherd Catéchiste Mineur.

La deuxième condition de la donation est d’agir en bon père de famille pour entretenir les bâtiments et réinvestir les bénéfices éventuels pour les agrandir. Les biens ne pourront pas être hypothéqués ni aliénés. Au décès du curé Manseau le directeur de la Corporation des Clercs devait devenir curé de la paroisse.

Toutes ces conditions devaient être respectées sans quoi la donation deviendrait nulle. En cas de dissolution de la Corporation la donation reviendrait à la Corporation Épiscopale Catholique Romaine, c’est-à-dire l’évêché.

Rapport du Collège de Joliette 1846-1849
Journal de l’Assemblée Législative

Les autres seigneurs de Lavaltrie étaient présents lors de la rédaction de la donation et ils ont ajouté un acte séparé pour décharger les terres données des rentes foncières seigneuriales. Ont signé: Gaspard de Lanaudière, Antoine Toussaint Voyer, Angélique de Lanaudière, Barthélémy Joliette, Charlotte de Lanaudière, Peter-Charles Loedel et Antoinette Loedel.

La donation à la Corporation Épisopale Romaine Catholique de Montréal

L’acte de donation de l’église paroissiale et d’une terre adjacente a été fait le même jour chez le notaire J. O. Leblanc mais l’acte est manquant dans son greffe numérisé par la BAnQ. On peut supposer que les conditions étaient semblables. La terre située devant l’église allait jusqu’aux terres du ruisseau St-Pierre comme celle donnée aux clercs. Elle faisait 3 arpents et 8 perches de large par 25 arpents de profondeur.

L'ancienne église de Joliette
Archives des Clercs de Saint-Viateur

Le 19 février 1850 le chapitre de l’évêché de Montréal a accepté le don fait aux clercs de St-Viateur avec une vive reconnaissance et le document a été ajouté au contrat de donation, signé par Mgr Ignace Bourget et ses chanoines.

Le lotissement de la terre de l’église

Le premier noyau d’agglomération se constitua autour du moulin. Le premier village ne dépassait pas la rue Notre-Dame. Barthélémy Joliette fit construire l’église et le collège aux limites du village (rue Saint-Charles). En plus de répondre à des services indispensables, il plantait un second pôle de peuplement, qui allait déplacer le centre du village et amener un important développement urbain. L’église, le presbytère et le Collège provoqueront un déplacement de la population vers le nord, sur la rue Saint-Charles (Chemin de Kildare).

Dans la suite, le lotissement de la terre de l’église et de la terre du Collège allait entraîner l’expansion du village vers le sud-ouest (chemin de Saint-Paul), tout en ménageant un magnifique espace rectangulaire (future place du Marché, Place Lavaltrie, puis Place Bourget), qui deviendra le coeur commercial de Joliette et à l’extrémité duquel s’édifiera bientôt le Palais de Justice en 1862.

Léo-Paul Hébert

En 1850 le Marché était situé à côté du canal du moulin, à l’emplacement du musée actuel.

La construction du marché Bonsecours en 1851 sur la terre donnée à la paroisse a entrainé le commencement du lotissement du nord du village d’Industrie.

Lire: Construction du marché Bonsecours

La donation de la terre de l’église en 1850 n’avait pas été faite dans le but de la lotir, il a d’abord fallu modifier l’acte de la donation. Le 24 octobre la dame veuve Joliette a donné son consentement à la cession de lots sur la terre de l’église. Le 27 novembre Antoine Toussaint Voyer curateur de la succession de Barthélémy Joliette a aussi donné son consentement au lotissement de la terre de l’église.

Léandre Fréchette marchand avait été nommé procureur de la Corporation Épiscopale. Le 27 décembre 1851 la première vente à charge de rente foncière par la Corporation Épiscopale Catholique Romaine de Montréal a été faite au sieur Isaï Ritchot cultivateur à L’Achigan paroisse de L’Assomption pour les lots No 6 et 7 sur la rue Notre-Dame bornés sur le côté par le terrain du marché. Le même jour François Vaggner a acheté l’emplacement No 9 borné en avant par le terrain du marché.

Le 27 mars 1852 Joseph Rousselle bourgeois de Montréal a acheté un terrain du lot No 10 au coin des rues Manseau et de l’Église et un autre du No 5 sur la rue Notre-Dame; Félix Dufault colporteur de Montréal un terrain du No 10 sur la place du Marché; le 31 mars Charles Chalut tonnelier un terrain du No 18 sur la rue Manseau; le 1er avril Pierre Rivard commerçant un terrain du No 8 sur la rue Notre-Dame; etc. Tous les lots ont peu à peu été vendus et les contrats notariés sont numérisés.

Les constructions de maisons ont alors commencé autour du marché. Le 19 juillet 1852 Léandre Frechet a conclu un marché avec Jean-Baptiste Chapdelaine marchand de St-Jude pour la construction d’une maison en briques sur le lot No 15 à 6 pieds de la rue Manseau et même distance du marché; le devis est détaillé au contrat. Le 16 septembre Louis Joseph Fernet de Berthier a été engagé pour la maçonnerie. Le 27 juillet Narcisse Lorrion a vendu à Michel Roy les bois d’une maison à construire près du marché Bonsecours; le marché de sa construction avait été conclu par Narcisse Fafare le 8 novembre 1851. Puis la spéculation sur les lots a aussicommencé. Le 2 novembre 1852 François Vaggner qui avait acheté le lot No 16 de la terre de l’église sur la rue St-Ignace l’a revendu à Léon Pharon tailleur pour 300 livres plus le paiement annuel de la rente constituée; le 27 novembre il a revendu à Charles Guilbault bourgeois le No 32 sur la rue St-Ignace pour 360 livres et la rente; etc.

Le 13 août 1853 la Corporation Épiscopale a vendu à titre de rente foncière à messire Antoine Manseau vicaire général, prêtre et curé de la paroisse un emplacement sur la rue de l’Église tenant au cimetière et à la terrasse de l’église avec une maison et un bâtiment; la rente était de 6 livres par an.

Le lotissement des terres des Clercs de St-Viateur

Le 24 novembre 1851 messire Etienne Champagneur supérieur des Clercs de St-Viateur a constitué Léandre Fréchet marchand son procureur pour vendre, céder et concéder des emplacements à titre de rente foncière non rachetable des terrains au sud du grand chemin et en partie vis à vis du collège tenant à la rue Notre-Dame et au bedeau.

Le 28 avril 1853 la Corporation des Clercs de St-Viateur a acheté de Prosper Champoux une terre de 2 arpents de front par 25 arpents sur une ligne et 26 sur l’autre en profondeur, bornée par devant par la rivière de l’Assomption, par derrière aux terres du ruisseau St-Pierre, d’un côté aux sieurs Clercs de St-Viateur et de l’autre à François Papin. Les Clercs de St-Viateur ont donc acheté une deuxième terre au nord de la première qui leur a permis de lotir une partie du centre-ville de la future cité de Joliette.

Les clercs de St-Viateur ont commencé à vendre des lots sur leur terre peu après. Le 4 juin 1853 Etienne Champagneur assisté de l’économe de la communauté, Octave Gaudreau, a baillé à titre de rente foncière non rachetable à Sophie Juneau dite Latulippe fille majeure un emplacement sur la rue St-Viateur sur lequel terrain le preneur sera tenu de construire une maison de 24 pieds par 22 avec cheminée en pierre et solage, enduite en dehors ou lambrissée, de faire et entretenir un trottoir de 6 pieds de large, d’ici à 2 ans. Le 3 juin à Gabriel Messier les No 3 et 4 sur le chemin de la Reine.

Les baux sont devenus de plus en plus nombreux sur la rue St-Viateur, aux mêmes conditions. Le 1er août Féréol Majeau charpentier a acquis le lot No 2 tenant à Prosper Champoux et Sophie Junau; le 19 août Marie Étienne Courtois fille majeure et Julie Courtois veuve Déziel le No 10; le 20 août Louis Benois dit Laforais le No ?; Joseph Robillard père le No 9; Alexis Dufault le No 15; Pierre Bérard le No 14; le 7 octobre Alexis Frappier dit Belhumeur le No 11; le 2 novembre Maxime Coutu le No 13; Pierre Robillard le No 2 sur la rue St-Joseph; Médard Perrault le No 8 rue St-Viateur; Joseph Sibert dit Bélaire le No 3 rue Ste-Anne; André Chalut le No 19 rue St-Viateur. De nombreux autres baux ont été consentis en 1854 et par la suite.

Le 19 octobre 1853 Toussaint Laporte et Sophie Guilbault son épouse ont échangé à Étienne Champagneur un terrain de la rue St-Viateur tenant à la rivière de l’Assomption contre un autre de la rue St-Viateur tenant à Louis Laforais et à une nouvelle rue en arrière (Saint-Louis ?).

Vues de la nouvelle église et du collège - Joliette
Le Monde illustré, 14 juin 1890 – BAnQ
Carte du Québec

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