C’est curieux que personne ne le remarque puisque le site est très fréquenté: le terrain appartenant à la municipalité de Chertsey aux Cascades Rochon est un site très spectaculaire qui semble avoir été aménagé depuis très longtemps. Je crois que les amérindiens ont fréquenté ce secteur de la rivière Jean-Venne depuis des milliers d’années pour exploiter des veines de roches volcaniques qui affleurent dans le rocher des chutes et des falaises. La chute Rochon serait une immense carrière à ciel ouvert.
Les cascades Rochon
En descendant les Cascades Rochon à partir du pont, on a l’impression d’être dans une immense carrière à ciel ouvert. On peut penser que c’est peut-être le travail des premiers bûcherons qui ont aménagé la chute pour faire descendre les billots de bois plus facilement mais en observant attentivement le site l’explication n’est pas totalement convaincante. On voit de curieux affleurements chimiques et une teinte verte dans les veines là où des pierres ont été extraites.
Bien sûr ce n’est pas facile à illustrer avec des photos. Il faut examiner les rochers attentivement.
À plusieurs endroits il semble évident que des roches ont été extraites par des humains, ça ne ressemble pas à une érosion naturelle.
Des tâches vertes sont présentes sur de nombreux rochers provenant d’une réaction chimique.
Sur le bord de la chute près du pont il y a de curieuses marques dans le rocher qui ne semblent pas très naturelles elles non plus.
Le minerai recherché
Chez moi, un peu en amont de la rivière à la chute se trouvant sous le pont Grégoire, il y a une veine de ce rocher très spécial: entre 2 couches d’une pierre très dure se trouve une couche de cristal vert vitreux qui fait de curieuses réactions chimiques sous la pluie, des coulées rouges.
Dans le lit de la rivière des dépôts sédimentaires variés affleurent et on trouve des pierres étranges.
La carte géologique du secteur indique la présente d’une émergence de diabase (roche volcanique) entre la Chute à Michel et la Cascade Rochon; l’érosion naturelle de la rivière a fait affleurer les minéraux. En fait dans les couches volcaniques qui se sont infiltrées dans le granite on trouve toutes sortes de roches et de minéraux, je comprends maintenant pourquoi il y a tellement de cailloux étranges sur mon terrain.
L’île et son terrassement
En observant le terrain autour de la rivière j’ai fait quelques suppositions. L’exploitation du gisement produisait des gros blocs de granite dont il fallait disposer. En-bas de la chute une grande île semble avoir été pavée. Beaucoup de pierres ont bougé avec le temps mais si on regarde attentivement on peut voir que presque toutes ces pierres ont été taillées grossièrement et qu’elles sont alignées. Avec le temps la végétation a poussé, les visiteurs ont déplacé les pierres, il faut bien regarder. Bien sûr c’est peut-être naturel, le travail de la rivière et de la chute.
La clairière aménagée
Les observations au bord de la rivière sont plus intéressantes. L’immense terrain plat qui se trouve au bord de l’eau semble aussi avoir été aménagé avec un pavement de pierres. Partout sur le site on retrouve les mêmes pierres toutes orientées la pointe vers la rivière.
Cette pierre affleurant du sol semble être un outil préhistorique servant à aiguiser des lames.
Une partie du site a été endommagée par une carrière récente. Les très grosses roches ont été tassées sur le côté. Sur le bord on voit quand même très bien les anciens aménagements.
Le plus beau, la falaise
La falaise est particulièrement belle qu’on dirait que chaque rocher a été sculpté pour embellir le site.
Le haut de la falaise ressemble à un théâtre en gradins surplombant le site.
Il y avait une présence amérindienne documentée depuis que les colons sont arrivés dans ce secteur, il y a une légende indienne à propos de la Chute-à-Michel, Michel Nicolas qui a donné son nom à cette chute et au chemin Michel était un malécite qui vivait près du lac Michel aujourd’hui lac Chantelle. Peut-être qu’ils habitaient des lieux ancestraux, les amérindiens savaient reconnaître les lieux magiques le long des rivières qu’ils parcouraient depuis des milliers d’années.
Il y a malheureusement beaucoup de cochons qui ne respectent pas les beaux sites. Depuis que la municipalité a acheté le terrain on ne sait pas très bien si c’est un lieu public ou privé. Malgré les panneaux d’interdiction de stationner il y a beaucoup d’autos et de monde. Il faudrait soit le clôturer pour le protéger, soit assurer une surveillance et un nettoyage des lieux. Il faudrait faire attention où on marche et éviter de déplacer les pierres.
Journal d’une découverte
Le 14 juin j’ai signalé au Ministère de la Culture une découverte archéologique possible; voici toute la documentation que j’ai rassemblée depuis:
- Archéologie amérindienne – 14 juin
- Chertsey centre amérindien – 21 juin
- Une collection de cailloux – 25 juin
- Géologie: le faciès de Chertsey – 30 juin
- Les vrais fondateurs de Chertsey – 2 juillet
- Une mine dans la rivière – 5 juillet
- Exploitation d’une mine préhistorique – 9 juillet
- Archéologie amérindienne (suite) – 13 juillet
- L’aiguisoir sous le pont Rochon – 13 juillet
- Les experts ne savent pas tout – 22 juillet
- La politique culturelle du Québec – 17 août
- L’été de l’indien – 30 septembre












































