Les colons du Canada ont d’abord eu besoin des amérindiens et ils les ont montés les uns contre les autres pour les utiliser. Au XIXème siècle ceux-ci sont progressivement devenus un obstacle au développement et tout a été fait pour effacer leurs traces et leur mémoire. J’ai été revisiter la Chute-à-Michel è Chertsey que j’avais souvent observée de loin mais jamais de proche: ce n’est pas seulement une chute érodée par la nature, elle a été soigneusement amménagée par quelqu’un, mais qui ?
Il y avait déjà des habitants sur le territoire quand les colons sont arrivés. Et ils n’étaient pas fou, ils savaient apprécier les beaux paysages comme les 3 chutes de la rivière Jean-Venne. Quand en plus on y trouve des affleurements de roches très spéciales dont on a besoin pour confectionner des outils ou allumer le feu ça devient un site fréquenté pendant des siècles.
Selon les relevés géologiques du secteur on se trouve dans un pli où affleurent des roches volcaniques. Dans les plis des rochers on trouve des minéraux multiples dont certains étaient recherchés. La roche disposée en couches était facile à extraire.
Voici ce qu’on observe en regardant attentivement la chute:













On voit bien sur ces photos les couches de la roche et les fissures où les minéraux émergent. On voit des marques d’outils sur certains rochers et il est facile de constater que des roches ont été extraites. Les filons les plus intéressants produisent des tâches de minéraux très colorées; ce ne sont pas des lichens.
La chute a sans doute été aménagée par les bûcherons pour faire descendre leur bois, il y a même eu un moulin à scie construit. Le 19 août 1874 Michel Hémond a vendu à l’Assomption Lumber Company le droit de bâtir une dame ou chaussée sur la rivière Jean-Venne à la tête de la Chute-à-Michel près de son moulin. Mais l’exploitation des minéraux affleurant dans la chute pourrait être plus ancienne.
Au pied de la chute et dans les falaises qui l’entourent il devait y avoir beaucoup de vie. Malheureusement le site de la Chute-à-Michel a été modifié par une carrière puis par une construction mais il est encore spectaculaire. Le problème c’est qu’il faut marcher dans la rivière pour y accéder.


Les premiers colons de Chertsey ont choisi de s’installer exactement dans ce secteur pour y fonder le Village Lafontaine. Je ne peux pas croire qu’ils n’aient pas remarqué eux aussi qu’il était spécial, il y a trop de vestiges de constructions inhabituelles un peu partout. Il y avait en plus encore des amérindiens qui vivaient au bord de la rivière selon les archives historiques: Michel Nicolas et son épouse sur le lac Miche, Margaret dans la côte à Margaret, etc.
Alors quoi? Est-ce que les premiers colons de Chertsey ont voulu effacer leurs traces une fois pour toutes pour revendiquer le territoire sans partage ?
Journal d’une découverte
Le 14 juin j’ai signalé au Ministère de la Culture une découverte archéologique; voici toute la documentation que j’ai rassemblée depuis:
- Archéologie amérindienne – 14 juin
- Chertsey centre amérindien – 21 juin
- Une collection de cailloux – 25 juin
- Le parc des Cascades Rochon revisité – 27 juin
- Géologie: le faciès de Chertsey – 30 juin
- Une mine dans la rivière – 5 juillet
- Exploitation d’une mine préhistorique – 9 juillet
- Archéologie amérindienne (suite) – 13 juillet
- L’aiguisoir sous le pont Rochon – 13 juillet
- Les experts ne savent pas tout – 22 juillet
- La politique culturelle du Québec – 17 août
- L’été de l’indien – 30 septembre