Catégorie: Histoire de Lanaudière
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Le camp militaire de Joliette – 1940 à 1946

En 1940 un camp d’entraînement militaire a été construit à Joliette. Une loi adoptée en juin obligeait les jeunes canadiens à suivre une période d’entraînement de base de 30 jours pour pouvoir défendre le pays en cas d’invasion. Des baraques en bois avaient été construites à la hâte sur un terrain du sud de la ville pour loger les recrues. En 1942 le camp a été nommé Casernes de Lanaudière, il a été démantelé en 1946. Le parc Saint-Jean-Baptiste occupe aujourd’hui une partie de ce terrain.

En septembre 1939 au commencement de la guerre le Canada n’avait qu’une petite armée de métier. Le gouvernement a rappelé la force de réserve, dont le régiment de Joliette, pour grossir les effectifs mais ce n’était pas suffisant.

La Loi sur la mobilisation des ressources nationales a été adoptée par le parlement le 21 juin 1940, elle imposait une période d’entraînement militaire obligatoire pour la défense du territoire national. En octobre les jeunes canadiens de 21 à 24 ans célibataires et veufs sans enfant ont été appelés par contingents pour une période d’entraînement de 30 jours.

Le centre d’entraînement militaire No 42

Le centre d’entraînement militaire de Joliette a été construit en août et septembre pour recevoir des recrues francophones du district militaire de Montréal. Des baraques en bois avaient été rapidement construites pour les loger. La Ville de Joliette a posé un panneau historique devant le bureau de la Société d’Histoire de Joliette pour raconter cette histoire mais ses informations ne sont pas exactes. La photo montre des recrues alignées devant des baraques du camp.

Panneau historique posé devant l’Arsenal – Ville de Joliette

En septembre 1940, 200 soldats arrivent à Joliette par train pour y recevoir un entraînement militaire. On construit les 67 baraques du camp militaire, appelées « casernes de Lanaudière », autour de ce qui est aujourd’hui le parc Saint-Jean-Baptiste.

En 1940 ce n’étaient pas des soldats mais des jeunes de la région qui sont arrivés. Ils étaient 700 en tout pour le premier contingent, les premières recrues sont arrivées le 9 octobre. Le camp comprenait alors une vingtaine de baraques, pas 67.

Le journal de Joliette L’Étoile du Nord a annoncé le 15 août 1940 la construction d’une vingtaine de bâtisses pour un camp d’entraînement militaire sur un terrain borné par la Joliette Steel Limited, la rue Marguerite Bourgeois, la rue Laval et la ligne du Canadien Pacifique.

L’Étoile du Nord, 15 août 1940

Le quadrilatère décrit comprenait les lots 145, 146, 147, 151, 152, 154, 155 et 156 parc du bois de Verchères de ce plan. Ces lots n’avaient pas encore été bâtis en 1940.

Plan Goad de Joliette 1925 (détail) – SHJL

Ce secteur a été complètement transformé après la fermeture du camp en 1946, environ le quart du terrain est aujourd’hui occupé par le parc Saint-Jean-Baptiste.

Au cours du mois de septembre (1940), les activités du centre furent consacrées à la préparation physique des lieux et à la formation du personnel issu du régiment de Joliette et du second bataillon du régiment de chars de Trois-Rivières. L’instruction du personnel, d’ailleurs effectuée dans cette même ville, fut complétée par plusieurs activités connexes, conférences obligatoires, films et fêtes.

Les centres d’instruction militaire de Joliette et Huntingdon – Jean-Vincent Roy

Le personnel d’encadrement du camp venait de la région immédiate de Joliette et était francophone. Le dirigeant du camp le lieutenant-colonel de Bellefeuille du régiment de Joliette connaissait bien les autorités civiles et religieuses de la ville.

L’arrivée du premier contingent le 9 octobre 1940

Aussi les hommes commandés par le lieutenant-colonel Gustave de Bellefeuille furent bien accueillis lorsqu’ils descendirent du train du Canadien Pacifique. Un représentant de l’évêché, le maire et ses conseillers ainsi qu’un bon nombre de citoyens étaient à la gare. L’Harmonie de Joliette dirigée par M. Emile Prévost et les troupes paradèrent par les principales rues de la cité.

L’Étoile du Nord, 17 février 1944 (rétrospective)

Les premières recrues de la milice active non permanente étaient des jeunes de 21 et 22 ans du district d’entraînement militaire de Joliette. 250 sont arrivés en train le 9 octobre pour leur entraînement de 30 jours, les autres les jours suivants. Le premier contingent comprenait environ 700 jeunes hommes.

L’action populaire, 10 octobre 1940

Ici le service actif est resté volontaire et l’entrainement obligatoire de trente jours ne vise qu’à initier nos citoyens au maniement des armes modernes advenant le cas, incertain mais possible, d’une invasion ennemie sur notre territoire national.

L’Étoile du Nord, 10 octobre 1940

Les habitants de Joliette ont essayé de rendre la vie plus agréable aux recrues, en temps de crise on se sert les coudes. Un journal d’abord baptisé Le Pétard, puis La Hutte, publié par les Chevaliers de Colomb de Joliette paraissait irrégulièrement, il comptait huit pages imprimées sur les presses de l’Action Populaire.

Dans La Hutte, journal du centre de Joliette, des responsables des Chevaliers de Colomb soulignent les réalisations de leur organisation par l’entremise de la cantine: dès le début du mois d’octobre 1940, les Chevaliers de Colomb se sont mis à l’œuvre. Ils ont doté la Hutte (servant de cantine) d’un piano, d’un orgue pour la Chapelle et de toutes sortes de jeux, qui sont à la disposition des soldats… à tous les soirs c’est un feu roulant de musique, chansons et autres divertissements… depuis décembre, des représentations cinématographiques sont données à toutes les semaines; des tables de ping-pong ne cessent de fonctionner. Combien de jeux de cartes sont mis à la disposition des soldats tous les soirs.

Les centres d’instruction militaire de Joliette et Huntingdon – Jean-Vincent Roy

L’Étoile du Nord, 10 octobre 1940

La jeunesse a accepté avec fierté cette obligation militaire; elle y a vu une nécessité de l’heure et c’est pour la défense du pays qu’elle y a consenti. 30.000 jeunes gens avaient rejoint les 30 camps militaires érigés à travers le Canada pour une période de 30 jours se terminant le 9 novembre. Vers le 20 novembre un deuxième groupe de 30.000 jeunes devait les remplacer.

L’entraînement au camp de Joliette

Les journaux ont documenté l’entraînement des jeunes en publiant des photos prises dans les camps. Bien sûr ces articles sont tous positifs, la censure veillait. Le 13 octobre le journal La Patrie annonçait à Joliette il y a près de sept cents hommes à l’entraînement.

La patrie, 13 octobre 1940

L’entraînement des mobilisés était basique, en 30 jours ils n’avaient pas le temps de devenir des soldats expérimentés. L’instruction était constituée de marches, d’exercices physiques, du maniement d’armes, et de formation sur la cartographie, l’hygiène et le déploiement en campagne, entre autres. (Jean-Vincent Roy)

Les baraques du camp, nommées huttes, étaient rudimentaires, sans fondations et pas isolées. On peut imaginer que les appelés avaient hâte de finir leur période de 30 jours.

La patrie, 16 octobre 1940

La bénédiction des huttes, terrains et salles d’exercices du camp d’entraînement No 42 par l’évêque de Joliette Mgr Papineau a eu lieu le 8 décembre 1940. Le gouverneur général du Canada, le comte d’Athlone, est venu inspecter le camp en mai 1941.

La presse, 2 mai 1941

Des soldats belges se sont aussi entraînés au camp, ils étaient volontaires pour rejoindre l’armée active contrairement aux jeunes canadiens-français. Sur ces photos on voit le camp et quelques unes de ses huttes pendant une revue militaire; il y avait alors 700 recrues belges au camp.

La presse, 2 mai 1941

La propagande de l’armée canadienne

En janvier 1941 la durée du service a été allongée à 4 mois et l’âge minimal est passé de 21 à 18 ans. Puis en avril comme la guerre s’intensifiait au lieu de se terminer le service a été porté à une durée indéterminée, soit la durée de la guerre. L’enthousiasme des premiers mois a alors disparu. En juillet 1941 une campagne intensive de recrutement a été organisée par l’armée pour que des volontaires acceptent de partir servir outre-mer renforcer l’armée. À Joliette il y a eu un défilé et une grande assemblée le 15 juillet.

La patrie, 16 juillet 1941

Groupées en face de l’hôtel de ville les compagnies complètes du centre d’entraînement de Joliette ont présenté les armes à la descente du drapeau, en présence des autorités civiles de Joliette. M. le maire J.-A. Boisvert était accompagné de l’hon. juge F.-X. Lajoie, du Rév. Codling et du Major Tanguay. Des vétérans de la guerre 1914-18 occupaient une place d’honneur et paradèrent à la suite de l’Union Musicale au parc Renaud après la parade.

L’action populaire, 17 juillet 1941

La patrie, 29 août 1941

Fin juillet 1941 une colonne militaire motorisée de près de 50 véhicules présentée comme un spectacle pour promouvoir le recrutement volontaire a parcouru la région. Le convoi repartira aujourd’hui, vers midi, pour s’arrêter à St-Paul l’Ermite, L’Assomption, L’Epiphanie et St-Jacques. Le soir, grand déploiement militaire à Joliette. Mercredi, la colonne s’arrêtera à St-Félix-de-Valois, St-Jean de Matha, St-Gabriel de Brandon, Berthier. (Le Canada, 29 juillet 1941)

Ce spectacle n’a pas eu le résultat escompté. Les québécois étaient réfractaires à partir à la guerre, le mauvais souvenir de la conscription forcée en 1917 était encore douloureux. Quelques recrues du camp de Joliette ont choisi de s’enrôler dans l’armée active mais ce n’était qu’une petite minorité, une vingtaine d’hommes sur plusieurs centaines.

L’Avenir du Nord, 22 août 1941

Pourtant la pression était forte de la part des recruteurs pour en inciter d’autres à les suivre. Les recruteurs étaient anglophones et un sous-officier du camp devait servir d’interprète. Afin de les préparer à leur entrée dans les cadres militaires britanniques les officiers du camp de Joliette donnent les commandements en langue anglaise. (Montréal-matin, 17 septembre 1941)

Au fur et à mesure que la guerre s’est intensifiée et que l’armée canadienne s’est mieux organisée, la pression pour recruter des volontaires est devenue de plus en plus forte. Des visites étaient organisées au camp pour montrer le matériel moderne et les méthodes d’entraînement aux civils et aux autorités de la Ville.

La patrie, 28 novembre 1941

La photo des archives du journal La Presse est de meilleure qualité, elle montre un véhicule à chenilles transportant des notables sous le regard du curé encadré par 2 officiers.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

En 1941, la milice active du Canada désignait la force de réserve de l’armée servant à la défense du territoire canadien; ses membres ne servaient pas outre-mer. En décembre 55% des recrues du camp de Joliette avaient signé leur engagement dans la milice active.

Le petit journal, 14 décembre 1941

L’armée canadienne diffusait des reportages pour montrer la vie enrichissante offerte dans ses camps d’entraînement. À Joliette les recrues pouvaient apprendre l’anglais.

Le samedi, 1er avril 1942

Fiers de leur insigne Canada – Voici un groupe de recrues du camp de Joliette qui ont offert ces jours derniers leurs services à l’armée active. Les journalistes employaient parfois le terme de milice active et d’autres fois d’armée active mais seuls les volontaires étaient envoyés se battre outre-mer.

Le samedi, 1er avril 1942

Les responsables du camp cherchaient à distraire leurs hommes que la routine abrutissait. Pour la Saint-Jean-Baptiste 1942 les soldats ont eu le droit de s’amuser.

Le nouvelliste, 26 juin 1942

La plupart des récits publiés mentionnaient l’atmosphère chaleureuse et enrichissante du camp où on pouvait s’instruire en se faisant des amis mais ce n’était pas un sentiment unanime.

L’un [des conscrits] résume ainsi l’atmosphère qui existait dans leur camp: «Le découragement est grand et le moral très bas. La boisson fait son ravage, le vice est à l’honneur et la débauche règne». En outre, les conscrits font l’objet de pressions directes pour qu’ils acceptent d’aller combattre outre-mer. La campagne de recrutement des militaires est une véritable machine à faire des volontaires.

Jean-Yves Gravel, Le Québec et la guerre

La loi de conscription de 1942

En raison de la forte opposition des québécois à la conscription en 1917 le premier ministre Mackenzie King avait promis en 1939 qu’il n’y aurait pas de conscription obligatoire. Mais les alliés anglais, américains, français et autres insistaient pour que le Canada envoie plus de troupes. Le gouvernement fédéral a organisé un plébiscite à travers le pays le 27 avril 1942 en posant la question: êtes-vous disposé à relever le gouvernement des obligations résultant des engagements passés restreignant les méthodes de mobilisation pour le service militaire.

L’Étoile du Nord, 12 mars 1942

Les 2 journaux de Joliette ont soutenu le camp du NON. Ne faites pas du plébiscite une question de rouge ni de bleu! Gardons nos jeunes gens pour le Canada.

L’action populaire, 19 mars 1942

Le Québec a voté à 72 % non; l’Ontario a voté à 84 % oui et le reste du Canada a largement voté oui. Étant donné la division du pays le premier ministre a préféré ne pas faire entrer en vigueur la conscription immédiatement, il a tempéré. Le conseil municipal de la Cité de Joliette a déposé une résolution unanime contre la conscription pour le service outre-mer.

L’action populaire, 4 juin 1942

Mais ce n’était pas assez pour certains citoyens du Canada anglais, d’où venait la plupart des volontaires des forces armées. Ils utilisaient un nom peu flatteur pour désigner les conscrits de la LMRN (Loi sur la mobilisation des ressources nationales), les «zombies», les morts-vivants, seulement à demi-humains, qui sévissaient dans les films d’horreur. On exerça de plus en plus de pressions sur les «zombies» pour qu’ils se portent volontaires pour le service outre-mer… La LMRN fut modifiée pour permettre la conscription pour le service outre-mer, mais King n’eut pas à aller plus loin, car il y avait encore assez de volontaires à ce moment.

Musée canadien de la guerre

Le Musée canadien de la guerre entretient encore l’illusion que la plupart de volontaires venaient du Canada anglais mais cette affirmation semble très exagérée, une proportion presque égale de canadiens-français se sont aussi portés volontaires, venant du Québec et des autres provinces.

Un centre d’enseignement élémentaire

En 1942 le camp militaire de Joliette a été nommé Casernes de Lanaudière par la ville de Joliette. Le 21 septembre un centre éducationnel élémentaire pour les canadiens-français y a été ouvert en complément de l’entraînement militaire. Les autorités militaires avaient constaté qu’un trop grand nombre d’hommes, par ailleurs intelligents, entraient dans nos cadres presque ou tout à fait illetrés. La légende de cette photo prise au camp de Joliette est: quelques recrues ayant quelque peu oublié l’alphabet, recommencent à tracer leurs premiers mots sous la direction d’un de leurs professeurs ou officiers éducationnel, le lieutenant E.-J. Gervais.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

Sur le tableau noir on constate que l’enseignement était vraiment élémentaire.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ
Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ
Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

Les recrues ayant signé pour le service actif pouvaient suivre un enseignement professionnel technique qui leur assurait un meilleur avenir à la fin de la guerre; c’était une façon d’encourager les recrues à signer un engagement. Sur cette photo le capitaine J.-A. DeGrâce orienteur de l’armée questionne l’élève-soldat Émile Jourdain de L’Islet-Caribou devant le colonel W. Line directeur de la sélection du personnel.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

L’historien Yves Tremblay dans un article intitulé Les Québécois et les centres d’instruction militaire, 1939-1945 a écrit: on pourrait d’ailleurs poser l’hypothèse que l’un des germes de la révolution en éducation des années 1960 se trouve dans l’effort d’instruction militaire de la Seconde Guerre mondiale.

Le camp militaire et les civils

Lors de la semaine de l’armée de l’été 1942, une grande réception fut organisée au camp. De deux à quatre mille personnes, incluant le maire, les membres du conseil de ville, et les représentants du clergé, de la chambre de commerce et des Chevaliers de Colomb, ont assisté à la réception. Le camp militaire a apporté une activité économique importante à Joliette, les officiers du camp venaient pour la plupart de la région et ils collaboraient étroitement avec les autorités civiles et religieuses qu’ils connaissaient.

L’Étoile du Nord, 1er juillet 1943 – Depuis trois ans, nos militaires du camp de Joliette ont largement contribué à la propérité de notre ville… Au point de vue affaires, il est certain que certains commerces sont très favorisés, tels que les restaurants, les hôtels, les épiceries. Les militaires sont une source de revenus pour nos marchands le fait est épatant.

L’Étoile du Nord, 15 juillet 1943

De nombreuses fêtes et défilés ont été organisés, 5.000 personnes avaient participé à la démonstration de tribut d’hommage aux militaires du camp de Joliette. Pour distraire les recrues, des artistes organisaient des tournées dans les camps militaires de la province retransmises à la radio.

L’Avenir du Nord, 18 juillet 1941 – Cette semaine la “Revue militaire de CKAC » s’est transportée au centre d’instruction de Joliette. Gratien Gétinas, le Fridolin de la radio et de la scène, faisait partie de la distribution.

Radiomonde, 18 septembre 1943
Radiomonde, 13 novembre 1943

Les équipes de hockey et de base-ball du camp disputaient des tournois contre des civils de la région; ici une équipe de hockey du camp de Joliette.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

Les joliettains ont largement contribué à l’Emprunt de la Victoire servant à financer les opérations militaires. Cet article raconte les démonstrations mobilisant les militaires et les habitants de la ville pour promouvoir le 5ème emprunt en 1943: simulacre de prise d’assaut de l’hôtel de ville par un détachement de soldats du camp militaire déguisés en ennemi, échange de coups de feu, capture de citoyens et de soldats… à la salle académique du Séminaire un millier de personnes au moins virent des films intéressants se rapportant à des scènes de guerre.

L’action populaire, 28 octobre 1943

Scène qui se déroula hier soir sur la place du marché à Joliette, lors de la cérémonie de la descente du drapeau qui précéda le défilé de l’emprunt de la Victoire.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ
Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

Joliette fait sa part – Les citoyens industrieux de Joliette se font un devoir personnel de payer leur part du coût élevé de la guerre. Jusqu’à date $2.157.250 de leur argent durement gagné ont été placés dans les emprunts de la victoire. Une grande profession de foi en l’avenir du Canada…

Le devoir, 22 août 1944

La guerre se prolongeait et la pression pour que les jeunes s’enrôlent les a incités à se rebeller. À la campagne ils se cachaient dans le bois pour ne pas être conscrits, en ville ils provoquaient les militaires par leur tenue vestimentaire.

L’Étoile du Nord, 29 juin 1944 – Le commandant du camp de Joliette demande à la ville de faire surveiller par la police les jeunes gens qui portent des « zoot-suits », pour éviter certaines scènes désagréables comme Montréal en a eu.

L’action populaire, 8 juin 1944
Zoot-suiters

La conscription obligatoire en novembre 1944

Même si les conscrits n’étaient pas envoyés à la guerre, la durée du service qui avait été allongée indéfiniment était très impopulaire. Le film Le déserteur raconte l’histoire de Georges Guénette fils unique qui avait déserté son camp car il était le seul soutien de ses parents pauvres. Convoqué pour un entraînement de 4 mois il s’était retrouvé conscrit pour une période indéterminée. Il avait été tué par les policiers fédéraux qui le recherchaient. Le journaliste André Laurendeau avait dénoncé cette mort absurde dans Le Devoir.

Le devoir, 23 mai 1944

Durant la campagne d’Italie en 1943 et le débarquement de Normandie en 1944 le Canada a subi de lourdes pertes et les volontaires n’étaient plus suffisants pour les remplacer. À la fin novembre 1944 la conscription obligatoire a été décrétée. Les autorités militaires multipliaient les incitations à se porter volontaire pour le service actif outre-mer depuis déjà plusieurs mois.

Le centre d’instruction militaire de Joliette a célébré son 4ème anniversaire le 27 août 1944. Au cours des manifestations un peloton de recrues ayant signé dans l’armée active ces jours derniers furent présentés au major-général E.J. Renaud…

La Presse 28 août 1944

On voit à la tribune d’honneur plusieurs officiers supérieurs, le maire de Joliette J.A. Boisvert et son épouse assis à côté de Monseigneur J.A. Papineau évêque de Joliette, le commandant du camp le lieutenant-colonel E.D. Lévesque et son épouse, etc.

La Presse 28 août 1944

Pour la seconde fois en quelques semaines, les autorités du centre d’infanterie de Joliette ont réussi une campagne de recrutement pour l’active, destinée à alimenter les renforts des régiments canadiens-français à l’action. Un premier groupe de recrues avait déjà signé, au nombre de 62.

La presse, 3 novembre 1944
La presse, 3 novembre 1944

À Joliette il y a des concours de recrutement entre les pelotons des différentes compagnies. Le soldat H. St-Pierre de Montréal dans l’armée active montre ici au soldat R. Tanguay également de Montréal le tableau qui, sur le boulevard de la Victoire au camp de Joliette, indique les résultats et progrès de la campagne et incite nos recrues à se joindre à leurs compatriotes dans l’Armée active.

L’autorité, 2 décembre 1944

En novembre 1944 la guerre était presque gagnée, le premier ministre King avait réussi à retarder le plus possible la conscription obligatoire des canadiens qu’il savait être une mesure très impopulaire.

12.908 hommes ont été envoyés à l’étranger. La plupart proviennent des conscrits pour le service domestique recrutés sous la Loi sur la mobilisation des ressources nationales, et non dans la population en général. Peu participent aux combats en Europe: seuls 2.463 hommes atteignent les unités en première ligne. De ceux-ci, 69 conscrits perdent la vie. Politiquement, il s’agit d’un pari réussi pour King, qui évite de s’embourber dans une crise politique et demeure au pouvoir jusqu’à sa retraite en 1948.

Crise de la conscription (1944) – Wikipedia

La conscription obligatoire a quand même été très mal reçue au Québec, la Sûreté du Québec refusait de se mêler de la traque des déserteurs. Plus de 1.300 conscrits sont activement recherchés dans la région pour avoir indûment dépassé leur terme de congé des Fêtes et ne pas s’être encore rapportés à leurs unités militaires respectives. Les deux camps les plus affectés par ces absences inexpliquées sont ceux de Sorel et de Joliette.

Le petit journal, 21 janvier 1945

L’Étoile du Nord, 1 février 1945 – Les autorités de la Sûreté provinciale à Québec ont déclaré qu’elles ne se sont jamais occupées et qu’elles ne s’occuperont pas présentement de rechercher les déserteurs de l’armée.

La fin du camp militaire de Joliette

En attendant la fin prochaine de la guerre l’entraînement des recrues se poursuivait. Au camp de Joliette – Le lieutenant P.-G. Blais explique le plan de la ville de Joliette.

La presse, 4 novembre 1944

Le lieut.-col. E.-J. Lévesque, commandant du camp de Joliette, fait l’inspection des carabines des recrues d’un peloton à l’instruction militaire depuis seulement trois semaines.

La presse, 4 novembre 1944

L’Étoile du Nord, 17 février 1944 – Grâce à l’initiative du Capitaine Judes Riopel, notre « padre », une chapelle des plus jolies fut érigée. Dans la même construction se trouvent les appartements du chapelain. Nos soldats ne manquent pas de visiter souvent ce lieu de prière et consulter le « padre » toujours à son poste. La chapelle du camp a été bénie le 27 août par l’évêque de Joliette Mgr Papineau.

L'action populaire, 31 août 1944
L’action populaire, 31 août 1944

En décembre 1944 le régiment canadien-français des Fusiliers de Sherbrooke cantonné sur la côte du Pacifique a été tranféré au camp de Joliette pour être envoyé en Europe. Les soldats ont été accueillis à leur arrivée en train par les autorités miitaires et civiles.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ
La patrie, 5 décembre 1944

Dans L’action Populaire du 7 décembre un appel a été fait aux habitants de Joliette pour aider à loger une centaine d’épouses des fusiliers débarquées du train en même temps que leurs maris. Les fusiliers de Sherbrooke ont défilé en fanfare dans la ville jusqu’au camp militaire. On les voit alors qu’ils viennent de pénétrer dans la rue d’entrée du camp, entre les huttes revêtues d’aigrettes glacées.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

Le devoir, 24 janvier 1945 – Le 9 janvier dernier, aux petites heures du matin, les gars du régiment de Châteauguay et des Fusiliers de Sherbrooke quittaient respectivement les camps de Sorel et de Joliette à destination de l’Europe. Le Petit journal avait annoncé le 21 janvier que les deux camps les plus affectés par des absences inexpliquées étaient ceux de Sorel et de Joliette, beaucoup de conscrits ne voulaient pas partir.

Le devoir, 7 mars 1945 – Un officier de l ’armée qui avait obtenu son congé de Noël le 22 décembre 1944 et qui n’est pas retourné au camp militaire, ayant eté repris par les autorités militaires le 13 février, a subi son procès en cour martiale, hier, aux casernes de Longueuil. C’est le quatrième cas du genre du district militaire no 4. L’accusé se nomme Gérard Fontaine, et fait partie du corps des Fusiliers de Sherbrooke... Le lieutenant Fontaine ne s’est pas rapporté au camp de Joliette où se trouvait cantonner son unité, après avoir passé son congé, de Noël dans sa famille.

Le camp militaire de Joliette dans les archives

J’ai cité plusieurs extraits de la recherche publiée par Jean-Vincent Roy pour sa maîtrise en histoire, Les centres d’instruction militaire de Joliette et Huntingdon. Pour la documenter il a consulté les journaux de camp conservés aux archives du Canada qui donnent des détails sur la vie quotidienne des conscrits. Sur le site internet des archives du Québec un dossier intitulé Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne contient de nombreuses photos parues dans le journal La Presse numérisées en grand format; elles sont de meilleure qualité que les photos publiées dans les journaux. En voici quelques autres qui ne sont pas datées.

Cette photo montrant des jeunes recrues passées volontairement au service de l’armée active canadienne doit dater de 1944 avant la conscription obligatoire. Elle a été prise devant les 2 colonnes de pierres érigées à l’entrée du camp de Joliette.

Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ
Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ
Camp militaire de Joliette de l’armée canadienne – La Presse/BAnQ

La Société d’Histoire de Joliette de Lanaudière a publié quelques informations sur le camp militaire sans documenter son histoire précisément. Ici la Société d’Histoire écrit qu’il y avait 67 baraques dans le camp militaire mais ce chiffre paraît très exagéré, c’est celui que l’on trouve sur le panneau historique se trouvant devant l’Arsenal de Joliette.

Le messager SHJL, septembre 2015

En 2023 dans une nouvelle publication la Société d’Histoire n’en comptait plus que 30.

Le messager SHJL, mai 2023

L’auteur cite un article paru dans L’Étoile du Nord du 15 août 1940 signalant que 240 hommes travaillent dans le parc Madeleine de Verchères au nivellement du camp d’entraînement. Pourtant ce n’est pas du tout ce qui est écrit dans l’article en question, c’est ce qu’on appelle avoir l’imagination fertile.

L’Étoile du Nord, 15 août 1940

En 2014 la SHJL a annoncé une exposition sur le Régiment de Joliette et son camp militaire. Mais le Régiment de Joliette ne semble pas avoir été cantonné au camp militaire de Joliette pendant la guerre selon toutes les informations documentées ci-dessus.

Nous préparons une exposition sur le Régiment de Joliette et de son camp militaire qui était situé dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste. Cette exposition aura lieu à l’Arsenal, sur la rue Archambault dès le 10 mai et pour une durée d’un mois.

Le Messager SHJL, mars 2014

Le camp militaire après la guerre

Le Centre d’entraînement No 42 portant le nom de Casernes de Lanaudière, situé aux abords sud-est de notre ville et qui a abrité jusqu’à 1.200 militaires à la fois, fermera ses portes à la fin du présent mois. Telle est la décision prise récemment par les autorités du district militaire No 4 à la suite de certains ajustements opérés dans les cadres de la discipline d’entraînement. Qu’adviendra-t-il des huttes nombreuses et spacieuses, du manège, des mess et cantines ? Seront-ils transportés ailleurs, vendus, démolis ? D’après le contrat la ville redeviendrait propriétaire du terrain.

L’action populaire, 18 janvier 1945

L’action populaire, 8 février 1945

L’Étoile du Nord, 8 février 1945 – Le Maire soumet de nouveau devant le Conseil que la ville devrait s’enquérir au plus tôt, auprès du gouvernement fédéral sur la manière dont il entend disposer du centre d’entraînement No 42, de Joliette. Il expose également que si le gouvernement remettait ce terrain ainsi que les bâtisses du camp à la ville, celle-ci pourrait assez facilement en disposer par l’entremise d’une Coopérative de logements qui projette de construire plusieurs logements sous peu.

Malgré l’annonce de sa fermeture en janvier il y avait encore près d’un millier de soldats au camp de Joliette en novembre. Des soldats attendant leur démobilisation y arrivaient chaque jour.

L’Étoile du Nord, 22 novembre 1945

En 1946 la Ville de Joliette est devenue propriétaire du terrain du camp après son démantellement. La spéculation pour l’attribution des lots a commencé. La Cie d’Expansion Industrielle a demandé de pouvoir acheter des lots (16) au prix de $25 chacun pour être mis à la disposition d’industries nouvelles. D’autres industriels ont acquis des lots, Louis Paradis a accusé la ville d’en favoriser certains. 60 lots avaient été réservés par l’Imperial Tobacco et quelques autres pour la Joliette Machine Works.

L’action populaire, 7 mars 1946

L’Étoile du Nord, 4 avril 1946 – Le secrétaire informe le conseil que le « War Assets” lui a retourné dûment signé le contrat en rapport avec la vente de propriétés au Camp Militaire.

Les baraques qui avaient été construites pour loger les recrues étaient rudimentaires et la plupart ont été démolies pour libérer le terrain. Le bois de démolition était offert gratuitement à condition de venir le chercher.

L’action populaire, 9 mai 1946

Quelques unes des baraques ou huttes ont été achetées et déplacées. D’autres ont abrité de nouvelles manufactures.

L’action populaire, 16 mai 1946 – M. R. Brisson, au nom de la Buanderie Joliette, obtient la permission de déplacer une hutte achetée au camp militaire et de passer par la rue Marguerite-Bourgeois, à condition toutefois de ne pas entraver trop longtemps la circulation sur cette rue.

Hutte militaire, rue Marguerite-Bourgeois – Photo Guillaume Petit
Hutte militaire, rue Marguerite-Bourgeois – Photo Guillaume Petit

La manufacture de robes Joliette Dress de Mlle Dubeau a acquis la hutte qui servait d’hôpital.

L’Étoile du Nord, 23 mai 1946

L’action populaire, 13 juin 1946 – M. Bérubé, ex-militaire, demande à acheter un terrain dans le camp militaire pour y opérer une fabrique de tuyaux et de blocs de ciment. Le Conseil donne son consentement puisque la Cie d’Expension industrielle n’y voit aucune objection. Le terrain acheté par M. Bérubé a été revendu à la compagnie de poterie Vandesca en avril 1947.

L’Action Populaire, 11 juillet 1946 – M. Geo. Lalonde obtient la permission de déplacer une hutte qu’il a achetée au camp militaire, en passant par la rue Laval pour se rendre à la rue de Salaberry…

2 huttes militaires au coin des rues Alice et de Salaberry – Photo Guillaume Petit

L’Action Populaire, 11 juillet 1946 – … la très grosse majorité de la population ayant conservé son bon sens, a été profondément insulté récemment d’apprendre qu’on avait mis la hache, ou le couteau, dans des milliers d’imperméables, de collerettes, de bérets, voire de chaussures qui restaient en dépôt au camp militaire. On avait d’abord orienté le tout vers le moulin à papier, drôle de manière d’utiliser du bon linge, mais, passe encore. Malheureusement, ces étoffes furent jugées inutilisables à la fabrication du papier. On les a donc abandonnées à un marchand de guénilles après avoir mis la hache dans les uniformes.

L’Étoile du Nord, 5 septembre 1946 – M. Maurice Desrochers, de l’établissement Desrochers & Woden, au nom d’un groupe de citoyens de Joliette ayant l’intention d’établir ici une usine de poterie, demande à acheter le terrain communément appelé Bois de Verchères en arrière du camp militaire.

La construction de l’usine Imperial Tobacco a été menée rondement, elle a été inaugurée le 23 juin 1947 par le premier ministre Maurice Duplessis.

L’Étoile du Nord, 13 juin 1946
L’Étoile du Nord, 26 septembre 1946
L’action populaire, 8 mai 1947

La paroisse Saint-Jean-Baptiste

Le terrain occupé par le camp militaire est devenu le centre de la paroisse Saint-Jean-Baptiste. La hutte No 7 du camp avait été transformée en chapelle en 1944 mais elle a sans doute été démolie puisque c’est la hutte No 1 qui a été transformée en église en 1946. Un clocher avait été ajouté sur le côté.

L’action populaire, 23 juin 1965

La paroisse Saint-Jean-Baptiste a été créée le 17 août 1946. La première messe a été célébrée le 8 septembre 1946 dans l’église Saint-Jean-Baptiste installée dans la hutte No 1 du camp située à l’angle des rues Laval et Marguerite-Bourgeois. Une autre hutte servait de presbytère au curé Wilfrid Gervais, une troisième a servi de salle paroissiale.

…les gens du quartier s’intéressent beaucoup à l’organisation de leur paroisse. Ils ont l’avantage de profiter des huttes construites sur le terrain que la Corporation épiscopale a remis à la fabrique de St-Jean-Baptiste. Situés entre les rues Marguerite Bourgeois, de Salaberry et Laval, ces lots sont très bien choisis pour être le centre de la nouvelle paroisse, et les bâtisses qui y sont déjà érigées seront utilisées sans exiger beaucoup de frais et de temps.

L’action populaire, 5 septembre 1946

Le 8 septembre 1946 a eu lieu l’inauguration des offices religieux à la paroisse St-Jean-Baptiste dans la hutte No 1 de l’ancien camp militaire convertie en chapelle-église pouvant contenir 250 personnes. Le conseil de ville avait fait faire tous les travaux de terrassement et de nettoyage aux alentours de la chapelle.

L’action populaire, 12 septembre 1946

La hutte No 3 devait être la salle paroissiale, une épluchette de blé d’inde au profit de la nouvelle paroisse y a été organisée.

L’Étoile du Nord, 19 septembre 1946

La hutte No 1 a servi au culte jusqu’à ce qu’une nouvelle église moderne soit construite en 1968.

L’action populaire, 11 septembre 1968

La hutte militaire des Casernes de Lanaudière qui servait d’église aux paroissiens de St-Jean-Baptiste de Joliette depuis la fondation de la paroisse par M. l’abbé Wilfrid Gervais il y a 12 ans, cédera sa place à un temple moderne qui sera construit presque sur le même emplacement… C’est l’architecte André Ritchot qui a conçu la nouvelle église de facture toute moderne et fort simple. La Société Saint-Vincent de Paul de Joliette est devenue propriétaire du bâtiment en 2016.

L’église Saint-Jean-Baptiste et une hutte militaire – Photo Guillaume Petit
L’église Saint-Jean-Baptiste et une hutte militaire – Photo Guillaume Petit
L’église Saint-Jean-Baptiste – Photo Guillaume Petit

Le parc Saint-Jean-Baptiste

En mai 1947 le curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste a demandé au conseil municipal de Joliette de pouvoir utiliser l’ancien terrain de parade du camp militaire comme terrain de jeux.

L’action populaire, 2 octobre 1947 – Le secrétaire a lu une lettre signée par plusieurs citoyens de la paroisse St-Jean-Baptiste, réclamant un espace pour y faire un parc qui servirait de terrain de jeux pour les enfants de la paroisse. Le Conseil avait réservé un terrain en face de l’église mais on demande un autre terrain situé sur l’ancien terrain de parade du camp militaire.

Le parc a d’abord occupé le quadrilatère entre les rues Laval, Dugas, Alice et de Salaberry. Il a ensuite été agrandi vers l’est jusqu’à la rue Cartier.

L’action populaire, 17 juin 1954

À partir de 1954 on retrouve chaque année début mai l’annonce de la bénédiction des automobiles dans le parc Saint-Jean-Baptiste de Joliette. La cérémonie était organisée par l’Association professionnelle et catholique des voyageurs de commerce.

L’action populaire, 14 avril 1955
La presse, 26 avril 1958
Carte du Québec

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