Une chapelle en bois a été construite dans le township de Kildare en 1831 pour desservir la mission de Saint-Jacques de Kildare. La mission a ensuite été nommée Saint-Philippe puis en 1842 la paroisse de Saint-Ambroise de Kildare a été érigée canoniquement. En 1851 une église en pierre a été construite pour remplacer la chapelle. L’église entourée de son presbyère et d’un cimetière est située sur la rue Principale du village où se trouvent plusieurs maisons ancestrales.
Le township de Kildare
Le canton ou township de Kildare a été arpenté en 1802 pour en délimiter les lots et le diagramme du canton a été adopté officiellement par le gouvernement le 24 juin 1803. Le même jour Pierre-Paul Marganne de Lavaltrie et William Vondenvelden ont acquis les lots des six premiers rangs, sauf ceux réservés au clergé et à la couronne, grâce à un système de prête-noms. Ils les ont transformés en terres seigneuriales, les lots ont été concédés à des censitaires plutôt que d’être vendus en franc et commun soccage comme dans les autres cantons.
Les archives du Canada ont publié la liste officielle de l’attribution des lots dans le canton de Kildare le 24 juin 1803. Le lot 8 du 6ème rang où l’église sera bâtie avait été attribué à Joseph Angers fils de Pierre qui l’a aussitôt revendu à William Vondenvelden.

Lire: La création du canton de Kildare de 1792 à 1830
En 1821 sur le plan du township de Kildare qu’il a dessiné l’arpenteur Joseph Bouchette fils avait noté des établissements canadiens sur les lots 9 à 13 des 5ème et 6ème rangs sur le Grand Ruisseau et des chemins. Des hachures ont été ajoutées pour montrer les défrichements.

Le canton s’est progressivement peuplé et en 1830 ses habitants ont adressé des requêtes aux autorités religieuses pour avoir l’autorisation de bâtir une chapelle et avoir un curé pour la desservir. Ils se plaignaient de devoir parcourir de longues distances pour assister à la messe à Ste-Elisabeth ou St-Paul.
Les requêtes pour bâtir une chapelle
Dans un historique publié en 1932 par l’abbé Eugène Martin de la Société Historique de Joliette on lit que Barthélémy Joliette avait présenté à Mgr Lartigue le 19 janvier 1828 une requête des habitants de Kildare desservis par la paroisse de Ste-Elisabeth pour faire partie de la future paroisse de St-Paul qui n’avait pas encore été érigée canoniquement.
Le même jour les habitants des 4ème, 5ème et 6ème rangs de Kildare se sont plaints que le curé Brunet de St-Paul ne les desservait pas malgré leur demande et qu’ils devaient avoir recours au curé Keller de Ste-Elisabeth. Il était plus facile pour eux d’aller à St-Paul car il fallait traverser la rivière de l’Assomption pour se rendre à Ste-Elisabeth. La liste des signataires de la requête énumère les premiers habitants de Saint-Ambroise.
Les seigneurs de Lavaltrie avaient fondé en 1823 un nouveau Domaine Seigneurial au nord de Saint-Paul, le Village d’Industrie (Joliette), et ils demandaient qu’une paroisse soit érigée à St-Paul. Le 22 août 1830 les habitants du haut de la seigneurie de Lavaltrie et des 3 premiers rangs du township de Kildare ont adressé une requête à Mgr Bernard Claude Panet évêque de Québec pour ériger une paroisse à St-Paul.
Une longue liste de signataires est consignée à la page suivante. L’érection canonique de la paroisse Saint-Paul de Lavaltrie a eu lieu le 4 juillet 1831. Eugène Martin ajoute qu’en 1830 les habitants de Kildare avaient adressé une requête pour ériger une chapelle dans leur township mais que les habitants des 3 premiers rangs de Kildare qui étaient des censitaires des seigneurs de Lavaltrie s’y seraient opposés, préférant se joindre à la paroisse de St-Paul.
Le 5 juin 1830 les irlandais catholiques habitant au nord du 6ème rang de Kildare ont adressé une autre requête demandant que la chapelle soit construite dans le 7ème rang près du Village of Kildare qu’ils voulaient établir sur le chemin Kildare actuel.
C’est pour informer votre révérence qu’il y a dans le township de Kildare treize rangs tous établis et dont les gens sont tous d’accord que le septième rang est la place la plus convenable pour bâtir une église pour la commodité de Kildare et du Grand Ruisseau. Votre révérence apprendra aussi avec plaisir que monsieur Morrisson et monsieur Boucher son beau-frère offrent chacun cent piastres en argent et cinq arpents de terre… Mr. Fitzpatrick qui a un moulin à scie sur le 9ème rang offre de scier tout le bois pour l’église…
Toutes ces requêtes démontrent que la population catholique du canton de Kildare réclamait une chapelle pour ne plus avoir à parcourir de longues distances. Les habitants du sud du canton étaient prêts à se joindre à la paroisse de St-Paul mais pas ceux des rangs plus au nord qui ont reçu l’autorisation de leur évêque de construire leur chapelle en juillet 1830.
Sur ce détail de la carte dessinée par Joseph Bouchette en 1831 on voit qu’un chemin avait été construit dans le 6ème rang bordé par quelques maisons, les terres étaient cultivées des 2 côtés. C’est aujourd’hui la rue Principale de St-Ambroise. En-haut à droite dans le 8ème rang le Village of Kildare avait commencé à se bâtir dans les irish settlements au coin des chemin de Kildare et de Ste-Béatrix actuels.

La première chapelle de Kildare en 1831
La paroisse de Saint-Ambroise-de-Kildare fut érigée en mission vers 1831, le premier curé desservant a été Louis Moïse Brassard, curé de Ste-Elisabeth. À l’origine elle s’appelait Saint-Jacques de Kildare (registre 1833) puis Saint-Philippe de Kildare (registre 1838). Jean-Claude Lapierre dans Un village au Québec, St-Ambroise de Kildare donne d’autres dates, Saint-Philippe en 1832 et Saint-Ambroise en 1839.
Le 2 juillet 1830 le curé Louis Lamothe de Berthier avait convoqué les habitants de Kildare à une assemblée pour le 5 juillet au lieu le plus central du township. Le 29 juillet ils se sont mis d’accord et ils ont planté une croix sur les terrains donnés par François Desilets et Louis Emonville Lanoix sur le lot 8 du 6ème rang pour y ériger une chapelle en bois de 70 pieds sur 40, une sacristie en bois de 25 pieds sur 24, un presbytère de 36 pieds sur 28, un jardin et une cour à l’usage du curé, la place pour bâtir une salle publique, maison d’école et maison pour le bedeau, un terrain de 2 arpents pour le cimetière.
L’acte de cession des terrains a été passé le 3 août, William Vondenvelden se déclarant seigneur du lieu a déchargé les terres des rentes seigneuriales à condition qu’un banc seigneurial lui soit réservé ce qui est spécial puisque les townships n’étaient en principe pas des seigneuries.
Le 25 janvier 1831 les tenanciers du township de Kildare ont fait notarier un acte d’accord pour l’érection d’une chapelle dans le 6ème rang. On remarque que le 24 janvier chez le même notaire les censitaires des seigneuries de Daillebout et Ramsay (Ste-Mélanie) avaient conclu un accord semblable pour la construction de leur chapelle.
Les tenanciers et propriétaires de terres dans le township de Kildare désirant construire un édifice en bois sur le lot No 8 du 6ème rang pour y célébrer l’office divin se sont assemblés dans la maison de Philippe Corneillier pour nommer 11 syndics, lesquels ont reçu le mandat de faire construire un édifice de 70 pieds sur 40 avec une sacristie en arrière de 25 pieds sur 24. Il y aura un cimetière de 2 arpents en superficie adjacent. Les tenanciers et propriétaires se sont engagés en hypothéquant leurs biens à payer leur quote-part des matériaux et à fournir des journées de corvée. François Désilait capitaine de milice a été nommé pour surveiller les travaux. Seuls ceux qui auront contribué auront droit de jouir de la chapelle. Tous les tenanciers et propriétaires ont signé, d’une croix pour la plupart.
Dans un avenant daté du 1er mars 1831 les syndics ont nommé Joseph Lefebvre, capitaine de milice de Berthier, responsable de la direction des travaux avec François Désilait. Joseph Lefebvre était un marchand de Berthier qui a construit des moulins dans le 3ème rang de Kildare sur la rivière de l’Assomption avant 1838. Le 27 mai un marché a été conclu entre Joseph Lefebvre et les syndics et François-Xavier Brissette entrepreneur de Ste-Elisabeth pour la construction de la chapelle et de la sacristie selon le devis détaillé au contrat pour 2.000 livres. Les syndics devaient fournir les matériaux et des corvées d’hommes pour équarrir, tailler et lever les bâtiments.
Il n’existe pas d’illustration de cette chapelle à ma connaissance; une photo de la chapelle de Ste-Béatrix construite en 1857 peut donner une idée de ce à quoi elle pouvait ressembler.
La construction a été terminée en 1832, le 1er février le curé L.M. Brossard desservant y a officié des funérailles. Les deux cures voisines de St-Jacques de Kildare et de Ste-Mélanie ont été détachées de la paroisse de Ste-Elisabeth en 1832 pour être desservies par le curé Joseph Grenier; en novembre 1833 l’abbé Ginguet arrivé de France en a pris possession.
Le 22 septembre 1832 Suzanne Voyer veuve de William Vondenvelden et son fils William avocat de Québec, seigneurs de la Seigneurie du township de Kildare, ont vendu à Louis Marie Raphaël Barbier médecin de Berthier les lots N°1, 2, 4, 5, 6, 8, 9, 11, 12 et 13 du 4ème rang et les lots N°2, 3, 5, 6, 7, 9, 10, 12 et 13 du 5ème rang, les lots N°1, 3, 4, 5, 7, 8, 10, 11 et 12 du 6ème rang et le lot N°1 du 7ème rang. Le lot 8 du 6ème rang où était construite la chapelle en faisait partie mais son terrain avait été déchargé du payement des rentes.
Dans le Rapport de l’Archiviste de la province de Québec de 1946 on trouve quelques informations sur les débuts de la paroisse. En 1840 le curé desservant demeurait à Ste-Mélanie et Mgr Bourget, nouvel évêque de Montréal en 1840, demandait la reconstruction du presbytère pour pouvoir désigner un curé résidant.
Mgr Bourget à M. Rémi Robert, curé de Ste-Mélanie (Montréal, 10 septembre 1840). Il le charge de la desserte de St-Ambrolse-de-Kildare, avec résidence habituelle à Ste-Mélanie, jusqu’à ce que le presbytère de St-Ambrolse soit reconstruit ou suffisamment réparé.
Mgr Bourget à M. Rémi Robert, curé de Ste-Mélanie (Montréal, 7 novembre 1840). Il lui prescrit d’aller faire l’office du dimanche à St-Ambroise-de-Kildare et d’annoncer aux gens qu’ils auront un curé dès que leur presbytère sera fini, car il ne faut pas que pour cinq ou six mauvais sujets toute la paroisse soit en souffrance. Il lui demande de rester le plus longtemps possible à Klldare et de l’informer de ce qui s’y passe.
M. Hyacinthe Hudon, établit a perpétuité dans l’église paroissiale de St-Ambroise de Kildare, la dévotion de la voie de la Croix (Montréal 17 septembre 1841).
Autour de 1840, la dévotion de la voie de la Croix (ou Chemin de croix) s’inscrit au cœur d’un grand mouvement de renouveau et de piété populaire souvent qualifié de réveil religieux, fortement encouragé au Québec par l’action de l’évêque Ignace Bourget et l’arrivée de nouveaux ordres religieux.
La paroisse de Saint-Ambroise-de-Kildare a obtenu son érection canonique le 26 février 1842 et son érection civile le 10 juillet 1843.
Reconstruction du presbytère en 1846
J.-C. Lapierre a écrit que le curé Dennis McReavy a été nommé curé de St-Philippe de Kildare et de Rawdon en 1837 et qu’il habitait le presbytère de Kildare. En 1840 Mgr Bourget affirmait que le curé Rémi Robert habitait à Ste-Mélanie car le presbytère de Kildare devait être réparé. En 1845 un prêtre résidant, messire Guyon, avait été nommé qui habitait dans le vieux presbytère réparé. Le 3 octobre 1847 le curé Guyon se plaignait à son évêque de devoir habiter dans une misérable hutte qui n’est rien de moins qu’un bâtiment de basse-cour converti en presbytère en attendant que le nouveau soit fini de construire.
Le 22 août 1846 François et Hercule Fleury maître-menuisiers de St-Ambroise avaient conclu un marché avec les syndics de la paroisse pour la construction d’un nouveau presbytère en pierre de 40 pieds sur 36 et 17 de hauteur sur la terre de la Fabrique: maçonnerie, charpente, couverture, menuiserie, serrurerie, vitrerie et autres ouvrages. Les Fleury étaient locataires du moulin à scie situé sur le Grand Ruisseau près du village.
Le devis détaillé des travaux de construction du presbytère a été notarié:
Les entrepreneurs ont engagé Louis Mandeville cultivateur pour fournir la pierre de maçonnerie et Ambroise Brisson maître-maçon de St-Jacques pour la construction du presbytère.
Le 14 septembre 1846 Narcisse Corneillier cultivateur et bourgeois s’est engagé à payer 100 livres à Monseigneur Ignace Bourget ou à tout prêtre pour venir desservir la paroisse de St-Ambroise de manière permanente. Messire Louis Ignace Guyon curé desservant la paroisse St-Ambroise a reçu la promesse de donation. Cet acte notarié montre que le curé ne résidait pas encore en permanence à Kildare.
La construction de l’église à partir de 1851
En 1850 un nouveau curé, Jean Olivier Giroux, a été nommé et il a constaté que la chapelle en bois menaçait de tomber en ruines. Des requêtes ont été adressées à l’évêché et aux commissaires civils pour avoir l’autorisation de construire une église en pierre.
Le 18 mars 1851 les syndics élus pour la construction de la nouvelle église ont conclu un marché avec Dominique Charon dit Ducharme entrepreneur et architecte de Ste-Geneviève de Berthier pour construire une église de 57 pieds de largeur par 120 de profondeur et une sacristie de 25 pieds par 30. Le devis détaillé des travaux a été conclu devant le notaire Joseph-François-Gilbert Coutu dont le greffe n’est pas numérisé, J.-C. Lapierre l’a retranscrit. Les plans de l’église avaient été dressés par l’architecte Victor Bourgeau.
L’architecte Victor Bourgeau avait dessiné les plans d’une église de style gothique inspirée de l’église des irlandais de Montréal, St-Patrick. Le devis des travaux montre que le plan initial a été simplifié, sans doute par manque de fonds. Une tour a été retranchée ainsi que les contre-forts des longs pans de l’arrière de l’église, point de cordons, point de moulures ni de contre-forts en pierre de taille ni de châssis sur la flèche qui sera unie.
Les contre-forts du devant seront en bois et le Fronton de la grand’porte; les coins du devant de l’église seront en pierre de taille ou à contre-forts en bois à la disposition des syndics, le Vitreau de la grand’porte du milieu fait suivant le plan des deux petites portes, soit l’une soit l’autre, et le tour de tous les portes, châssis et Oeils de boeuf auront une pierre de taille, taillée de bavelle suivant le plan d’un des châssis de l’Église St-Patrick à Montréal. Les châssis adoptés sont ceux qui se terminent par un trèfle par le haut et le tour des châssis de la sacristie seront taillés carrés à la manière ordinaire.
Transcription J.-C. Lapierre
Le devis se poursuit avec les détails de l’excavation, de la charpente, etc. J.-C. Lapierre a publié le plan de Victor Bourgeau pour la façade avant les modifications qui ont été demandées par les syndics.
La photo suivante montre les modifications par rapport au plan initial. Le portail principal a été modifié, les contre-forts des coins et ceux qui montaient jusqu’au clocher sont moins ornés. Le clocher a été endommagé par la foudre en 1871, la photo le montre tel qu’il a été reconstruit.
Les travaux ont commencé en 1851. Le 23 octobre Jean-Baptiste Déhait a conclu un marché avec François-Xavier Duperrault commerçant pour fournir et livrer 50 toises de pierre de la meilleure qualité à l’endroit où devaient être construites la nouvelle église et sacristie de St-Ambroise. Le même jour François-Xavier Duperrault a conclu un marché avec Narcisse Corneillier alias Grandchamp pour fournir toute la pierre pour la maçonnerie qu’est tenu de faire Dominique Charon alias Ducharme menuisier et architecte de Berthier engagé par les syndics pour la contruction. Quant à la qualité de la pierre elle devra être de la meilleure qu’on peut avoir et exploiter des mines ou rochers de la paroisse de St-Ambroise de Kildare.
Encore le même jour F.-X. Duperrault s’est aussi engagé envers Narcisse Corneillier dit Grandchamp à fournir la chaux et le sable nécessaires, livrés sur le chantier. Le 24 octobre Narcisse Corneillier a conclu un marché avec Dominique Charon Ducharme architecte pour lui fournir toute la pierre quelconque, chaux et sable nécessaires pour tous les ouvrages de maçonnerie. La pierre de taille devait être fournie par Charon.
Le 31 octobre Jean-Baptiste Durand menuisier s’est engagé à livrer à F.-X. Duperrault 50 toises de la pierre de la meilleure qualité qu’on peut obtenir des rochers de St-Ambroise. Le 6 décembre Basile Beaudry cultivateur s’est engagé à fournir toute la chaux nécessaire pour la construction de l’église, 250 barriques avant le 15 mars 1852 et le reste jusqu’au 15 mars 1853.
Le 5 janvier 1852 les syndics nommés pour la construction, Hugh Daly, Narcisse Corneillier, Benjamin Geoffroy, Alexis Marion, Louis Langlois, Pierre Laneville et Joseph Forest ont accepté le cautionnement offert par Louis Marie Raphael Barbier, chirurgien (et seigneur du township de Kildare), et Pierre Eustache Dostaler, cultivateur, de Ste-Geneviève de Berthier en faveur de Dominique Charon dit Ducharme, architecte menuisier et entrepreneur.
Le 4 février N. Corneillier et F.-X. Duperrault ont annulé 2 marchés conclus le 23 octobre 1851 sans préciser la raison: pour certaines raisons à eux connues. Les marchés conclus par F.-X. Duperrault avec J.-B. Déhait et J.-B. Durand ont aussi été révoqués.
Le 5 mars Narcisse Corneillier s’est engagé à livrer à D. Charon Ducharme tout le bois de charpente mentionné au devis de construction de l’église et de la sacristie selon le contrat passé avec les syndics. Il s’engageait de plus à lui livrer les bois quelconques pour les échafaudages et harts nécessaires qu’il faudra pour travailler sûrement à la maçonnerie et le bardeau nécessaire pour la couverture et le poser à ses frais. Michel Boisvert marchand de bois a fait marché avec D. Charon Ducharme pour lui livrer 760 madriers de seconde qualité de 2 pouces sur 10, 450 de première qualité, 200 planches, etc. Le 12 mars Nazaire Gareau menuisier a été engagé par N. Corneillier pour équarrir tout le bois qu’il s’était engagé à livrer.
Le 16 août Alexis Desroches maître-maçon de Ste-Elisabeth a été engagé par François Charon dit Ducharme cultivateur de St-Ambroise pour faire 4 contre-forts en pierre à la grosse boucharde au devant de l’église selon le plan déposé chez Pierre-Louis Caisse instituteur de la paroisse. Il n’y aura point de moulures à ces contre-forts; faire les fondations de ceux-ci sur le roc vif. Le 15 octobre Jean-Baptiste Déhait s’est engagé à livrer à N. Corneillier toute la pierre requise pour terminer la maçonnerie de l’église et sacristie.
Le 30 mars 1853 Stanislas Beaudry s’est engagé à livrer à N. Corneillier la chaux dont il aura besoin pour terminer la maçonnerie et Basile Beaudry s’est engagé à fournir son fourneau à chaux. Le 31 mai 1854 Isidore Latour dit Dufour maître menuisier et charpentier de St-Ambroise a été engagé par D. Charon Ducharme pour couvrir le clocher de l’église en planche et en fer blanc.
Le 18 septembre 1854 D. Charon Ducharme s’est engagé à messire Damien Laporte curé et aux marguilliers pour la construction des bancs de l’église dans le style gothique pour la nef et le jubé. Le 21 septembre Ambroise Boisvert manufacturier de bois de St-Ambroise s’est engagé à livrer à D. Charon Ducharme des madriers et des planches; le 8 février 1855 ils se sont donné une quittance mutuelle.
Le 9 octobre 1854 les experts nommés par les syndics pour examiner les travaux faits par Dominique Charon Ducharme pour la construction de l’église ont estimé qu’ils étaient conformes aux devis et marchés et ils les ont acceptés. Les experts et les syndics ont signé:
Le 27 mars 1855 messire Jean Damien Laporte curé et les marguilliers de la Fabrique ont protesté contre D. Charon Ducharme qui avait été engagé pour faire les bancs de l’église car il avait utilisé du bois de mauvaise qualité. Le 15 mai les experts arbitres nommés pour trancher le litige ont unanimement déclaré que les bancs n’étaient pas conformes au marché présentant de nombreux défauts de fabrication. Le 30 juin Dominique Charon alias Ducharme a offert au curé et aux marguilliers de baisser son prix en reconnaissant ne pas avoir pleinement rempli son marché. Le maître-menuisier, charpentier et entrepreneur a signé tous les contrats D. Ducharme.
Le 26 septembre 1855 Sa Grandeur Mgr l’évêque de Cydonia (Joseph La Rocque) coadjutateur et administrateur du diocèse en l’absence de Mgr Bourget a béni l’église ainsi que quatre cloches, dont trois pour le nouveau temple et l’autre pour le couvent dirigé par les Soeurs de Sainte-Anne.
Cette brochure indique que des travaux à l’intérieur de l’église ont été entrepris en 1861 et qu’elle a encore été consacrée par Mgr Fabre en 1894. Le presbytère avait été reconstruit en 1893 à l’initiative du curé Jean-Damien Laporte. Des réparations faites à la sacristie en 1899 en faisaient une des plus belles églises du diocèse.
Le plan dessiné par Joseph Bouchette fils en 1858 montre le village de Saint-Ambroise, le hameau de Dixon’s Corner et les chemins.
En 1848 une église protestante avait été construite sur le terrain de M. Dixon dans le rang Kildare avec un cimetière. Le cimetière existe encore mais l’église St-John a été démontée en 1957 et reconstruite en dimension réduite dans le quartier Masonville de Rawdon par M. Earle Moore du village Canadiana.
Réparations au presbytère en 1860
Le 5 juillet 1858 Amable Archambault et Alexis Desroches maître-maçons ont inspecté la maçonnerie du presbytère et ont remis un rapport d’expertise alarmant conseillant de le reconstruire. Le 19 mars 1860 le marché et devis pour le réparer et le consolider a été conclu entre Narcisse Cornellier dit Grandchamp, cautionné par Joseph Fitzpatrick, et les syndics. Un plan du presbytère est joint à l’acte.
Une nouvelle expertise a été réclamée et faite le 5 juin 1860. Le pignon nord-est du presbytère n’était pas assis sur le roc, le coin était crevassé et fendu. Les experts ont recommandé de faire une nouvelle maçonnerie pour le soutenir et de refaire le pilier du coin, estimant que le presbytère était assez solide pour valoir la peine d’être réparé.
Construction de la voûte et décoration de l’église
Lors d’une assemblée publique le 2 décembre 1860 les paroissiens ont résolu de faire confectionner des voûtes pour l’église. Qu’il est notoire que presque toutes les personnes qui ont assisté à la messe dans l’église telle qu’elle est aujourd’hui y ont souffert du froid dans la saison de l’hiver.
Le 17 mai 1861 messire Jean Damien Laporte curé, Hugh Daly, Benjamin Geoffroy et Jean-Baptiste Morin ont conclu un marché avec Joseph Fitzpatrick pour la construction de la voûte et du jubé de l’église; le devis annexé a été fait selon les plans de Victor Bourgeau.
Un deuxième marché a été conclu le lendemain entre Joseph Fitzpatrick et le curé Laporte et les syndics de l’oeuvre de la fabrique pour préciser les travaux à faire.
En 1934 lors du centenaire de la paroisse un article de journal récapitulait les travaux faits à l’église. En 1861 la chaire de vérité fut installée; les voûtes et les enduits de l’église posés, et le second jubé construit pour y recevoir les Soeurs et leurs élèves.
En 1871 la foudre avait endommagé l’église et occasionné d’importantes réparations. En 1882 une porte a été percée sur le côté donnant sur le presbytère, on construisit le perron en pierre, on bâtit le chemin couvert et le hangar de la fabrique. En 1883 on reconstruisit le clocher et en 1893 le presbytère. En 1894 on prolongea le premier jubé pour y installer les Soeurs et leurs élèves, les chantres occupèrent dès lors le second jubé.
La foudre – À St-Ambroise de Kildare, aussitôt après le sermon, le tonnerre est tombé sur l’une des colonnes sur lesquelles est appuyé le clocher, qu’il a fendu presque jusqu’en bas, et a brisé la boisure dont une partie a été lancée, par morceaux, dans la nef. La porte de l’église a été aussi grandement endommagée. Le feu prit entre les deux voûtes, mais il fut immédiatement éteint. L’église était alors remplie de monde…
Les travaux du renouvèlement des autels et de la décoration intérieure, la construction du nouveau clocher et les réparations de la façade ont été réalisés par Joseph Fitzpatrick en 1884.
En 1883 on fait des réparations majeures tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le clocher est reconstruit, les corniches refaites; on ajoute un chemin couvert, un hangar et des perrons. À l’intérieur on lave et repeint les murs de l’église et de la sacristie, et on s’attaque à la décoration. On commande un Maître autel et deux autels pour les petites nefs et un autre pour la chapelle d’hiver. On refait la chaire. Les oeils-de-bouc (oeils-de-boeuf ?) dans le choeur sont vitrés avec des carreaux de couleur. Toutes ces rénovations sont faites selon des plans signés par les architectes Messieurs Bourgeau et Leprohon.
J.-C. Lapierre
Le nouveau presbytère a été construit en 1893, il existe toujours à droite de l’église.
Saint Ambroise de Kildare, la suite
En 1886 la population était de 1786 habitants. Le couvent des Soeurs de Ste-Anne accueillait 67 élèves pour 5 professeurs. Il y avait aussi une école pour les garçons et une école dissidente (protestante), des boutiques de menuiserie, une forge, deux magasins, etc. Les six écoles catholiques mentionnées devaient être des écoles de rang pour l’enseignement primaire. Le couvent des Soeurs de Ste-Anne se trouvait à gauche de l’église et du cimetière, il a été détruit par un incendie en 1926.
L’église avait régulièrement besoin d’entretien ou de réparations, on en trouve quelques mentions dans les journaux.
La presse, 12 septembre 1901 – Les travaux de réparation à l’église de St-Ambroise de Kildare viennent d’être terminés et ce temple peut maintenant compter parmi les plus élégants de notre diocèse.
En 1902 un orgue Casavant, opus 170, a été installé dans l’église. Il serait consédéré parmi les meilleurs instruments en usage dans la province de Québec selon J.-C. Lapierre.
En 1900 les résidants du village de Radstock (Sainte-Marcelline) ont obtenu la permission de construire une chapelle au moyen de souscriptions et contributions volontaires.
Le centenaire de St-Ambroise de Kildare en 1934
Les 23, 24 et 25 juin 1934 la paroisse de Saint-Ambroise de Kildare a fêté le centenaire de sa fondation. Le programme des fêtes a été publié dans les journaux.
Les fêtes ont été filmées par Roger Bonin photographe de Joliette. Afin de permettre la réussite parfaite de ces vues, ceux qui y assisteront sont priés de ne pas trop déranger le photographe au cours de l’exécution des différents points du programme. Il serait intéressant de savoir si le film a été conservé.
L’église a été rénovée en 1954 sous la supervision du curé Gariépy. On combla la cave, installant un système de chauffage radiant dans le plancher. De nouveaux bancs installés à la place des anciens et les portes de bois de la façade furent remplacées par celles que nous lui connaissons. La toiture fut étanchée. Le cimetière près de l’église fut comblé et réaménagé. (J.-C. Lapierre)
Le village où se situe Terre humaine
Le réalisateur Yvon Trudel avait tourné de nombreuses scènes de la série Les belles histoires des pays d’en-haut à Ste-Béatrix. Pour le tournage de la série Terre humaine il a choisi le village de Saint-Ambroise pour filmer le village fictif de Ste-Marie-des-Anges,
L’église de Saint-Ambroise aujourd’hui
Dans les historiques publiés sur l’église de St-Ambroise-de-Kildare on lit que l’équilibre architectural de l’église ainsi que plusieurs éléments qui la composent rappellent le chiffre 7 qui symbolise la plénitude. Cet aspect serait intéressant à documenter. L’église permet à plus de 620 personnes d’assister aux offices religieux. Elle possède une nef à trois vaisseaux et deux jubés ce qui serait rare dans la région.
Au Québec, un jubé désigne principalement la tribune ou la galerie en retrait située à l’arrière de la nef d’une église, qui accueille traditionnellement le grand orgue et la chorale, contrairement au sens européen médiéval d’une cloison fermée séparant le chœur de la nef.
L’église de Saint-Ambroise se trouve sur la rue Principale où on retrouve plusieurs maisons patrimoniales bien entretenues. On remarque d’abord les portes de la façade changées en 1954 par le curé Gariépy pour des portes modernes qui enlaidissent ce bâtiment patrimonial. Sinon l’église et le cimetière ont beaucoup de cachet, il faut espérer que la paroisse aura les moyens de bien les entretenir pour les générations futures.
C’est toujours amusant de jouer avec les filtres et les cadrages quand les photos ne sont pas très bonnes à cause d’une lumière imparfaite.
Située dans la municipalité du même nom, l’église de Saint-Ambroise-de-Kildare mise sur une programmation variée qui se marie à merveille avec la vocation première du lieu. En plus d’accueillir divers événements du Festival de Lanaudière, elle organise également ses propres soirées, notamment pour assurer l’autofinancement de l’église ainsi qu’une continuité dans ses opérations. Une idée novatrice qui permet d’offrir une pérennité à cet emplacement historique et grandement apprécié de la communauté.
La municipalité de Saint-Ambroise a acquis le presbytère en 2007 pour en faire un bien communautaire. Il a été nommé Maison Jean-Damien Laporte en souvenir de ce curé de Saint-Ambroise de 1852 à 1897. Il a perdu de sa splendeur d’antan mais au moins il n’a pas été démoli comme d’autres bâtiments patrimoniaux.
Lire: Maison à donner – St-Ambroise de Kildare
En 2016 la Société d’Histoire de Joliette rapportait que le Comité du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare voulait faire connaître son patrimoine architectural en publiant La mémoire des rangs.








































































Je fus très intéressé par cette chronique. D’abord l’église fait partie des réalisations de Victor Bourgeau originaire de Lavaltrie qui a dessiné les plans d’autres églises de la région de Lanaudière dont Lavaltrie. On trouve d’ailleurs une statue de Bourgeau devant l’église. Puis je suis allé à la messe de minuit à St-Ambroise de Kildare pendant quelques décennies alors que je célébrais Noël chez un ami du 4e rang. Je comprends que l’église fut sauvegardée. Enfin je suis toujours agréablement surpris de constater l’érudition de l’auteur de l’article. On ne souhaiter que ces chroniques fassent l’objet d’un ouvrage.