C’est étonnant mais je crois qu’il pourrait y avoir un immense site amérindien en grande partie préservé à Chertsey. J’étudie l’histoire et le territoire de l’ancien village Lafontaine depuis plusieurs années et j’observais beaucoup de constructions étranges. Je cherchais à les expliquer par la présence des colons. Je crois avoir trouvé la preuve que beaucoup de ces constructions datent d’avant leur arrivée et que tout le territoire entre la Chute-à-Michel, le lac Chantelle et les Cascades Rochon a été habité et aménagé par les amérindiens.
Sur une île
Quand les colons ont construit les moulins sur la rivière Jean-Venne devant chez moi vers 1855 ils ont abaissé le niveau de la chute située sous le pont Grégoire pour capter tout le courant de la rivière. Avant il y avait un lac en amont du pont et devant ma maison, un bras de la rivière coulait par le chemin Michel actuel pour rejoindre la rivière au bout de mon terrain dans une autre chute qui devait être très spectaculaire. On peut facilement suivre l’ancien cours de la rivière dans la forêt.
Il y avait donc une île et c’était certainement un endroit magique comme la Chute-à-Michel et les Cascades Rochon. Les amérindiens savaient apprécier les beaux paysages eux aussi.
D’après ce que j’observe il y a des vestiges partout; toute la rive de la rivière a été pavée depuis le pont Rochon jusqu’à la Chute-à-Michel: toutes les pierres ou presque sont taillées et placées la pointe vers la rivière. Je me demandais à quoi ça pouvait servir, c’est un travail colossal.
En trouvant le même aménagement sur les rives du lac disparu et du cours asséché de la rivière je crois avoir maintenant la preuve que ces aménagements datent d’avant l’arrivée des colons. Ce n’est pas facile à illustrer avec des photos mais je vais essayer:
Tout le long de la rivière sur la rive droite, depuis la Chute-à-Michel, il y a un sentier pavé de pierres toutes orientées la pointe vers la rivière, ça ne peut pas être naturel. C’est ce qui m’avait tout de suite intrigué en visitant les lieux.
Le même pavage se retrouve dans la forêt là où la rivière s’écoulait autrefois.
Un immense site préhistorique
Je suis reparti visiter tout le territoire avec ma nouvelle paire de lunettes: si tout le secteur a été très habité depuis très longtemps, les amérindiens ont pu aménager tout le site, parfois haut dans le bois. Les tas de pierres qu’on voit sur une colline semblaient étranges pour des vestiges de colons; et si c’étaient des tombes.
En amont du pont Rochon dans la rivière il y a une immense terrasse faite de pierres plates qu’on voit mieux quand la rivière est basse. Comme il y avait le moulin de Cyrille Morin à cet emplacement je me disais qu’il avait fait de bien curieux travaux pour son moulin. En fait il y avait le même genre de terrasse au pied de ma chute; ce sont des pierres plates taillées, pas des cailloux de la rivière.

Une autre énigme était la plateforme de pierre que j’ai dégagée en pensant que c’était un bâtiment du moulin. Je ne voyais pas son utilité pour un moulin mais je voyais qu’elle est faite de matériaux très étranges, des pierres qui ne viennent pas toutes de la rivière.

J’ai complètement repensé le site en imaginant une rivière moins large puisqu’elle se divisait avant la chute et là encore les énigmes s’éclairent: la plateforme est orientée vers le soleil levant et il y en a 2 autres dans le bois en amont sur le bord de l’ancien lac asséché avec la même orientation.
On voit des traces de travail humain au bord de la rivière Jean-Venne depuis la Chute-à-Michel jusqu’aux Cascades Rochon, il y en a sûrement d’autres en aval, en amont et au lac Chantelle.
Les travaux du moulin
L’endroit où la roue du moulin a été installée sur mon terrain est très spécial. Je comprends maintenant que les constructeurs ont ouvert une tranchée en déplaçant des pierres qui étaient déjà là; ils les ont tassées sur les bords et utilisées dans les murs du canal et du moulin. Ils ont ouvert leur tranchée jusque devant la plateforme. Il reste un endroit où une couche de sol n’a pas été perturbée qui semble très spéciale. Lors des travaux pour dégager les vestiges des moulins je m’étais aussitôt arrêté de creuser en y arrivant.
Une tombe amérindienne ?
Un peu avant d’arriver à la plateforme de pierres il y avait une accumulation de petites pierres très bizarres liées par du plâtre blanc qui m’a fortement intrigué. Mon intuition a été qu’il s’agissait d’une sorte de monument funéraire et je n’ai pas osé le déranger en l’ouvrant, je ne suis pas archéologue.
La terrasse au pied de la chute
La rivière était plus basse car elle se divisait en amont de la chute. La terrasse au pied de la chute a été défaite lors de la construction des moulins pour faire un canal. Les très étranges blocs qui ressemblent à du mortier sont en fait une roche sédimentaire; on voit des fossiles de coquillage. Toutes les pierres ont été taillées et je crois que les très beaux murs du pont Grégoire ont été faits avec ces pierres: ça allait bien elles étaient déjà taillées.
Le cap de roche
Ma maison est construite sur le cap de roche juste au-dessus de la plateforme de pierre; pour faire mon jardin j’ai dégagé une partie du cap de roche et je le trouvais lui aussi bien étrange. Je comprends maintenant que les énormes blocs de pierre taillée qui se trouvent au bord de la rivière ont été détachés de la falaise et qu’en réalité le cap de roche est une énorme sculpture avec des formes géométriques bien précises, toujours les mêmes pointes.
Journal d’une découverte
Le 14 juin j’ai signalé au Ministère de la Culture ce qui me paraissait être une découverte archéologique; voici toute la documentation que j’ai rassemblée depuis:
- Archéologie amérindienne – 14 juin
- Une collection de cailloux – 25 juin
- Le parc des Cascades Rochon revisité – 27 juin
- Géologie: le faciès de Chertsey – 30 juin
- Les vrais fondateurs de Chertsey – 2 juillet
- Une mine dans la rivière – 5 juillet
- Exploitation d’une mine préhistorique – 9 juillet
- Archéologie amérindienne (suite) – 13 juillet
- L’aiguisoir sous le pont Rochon – 13 juillet
- Les experts ne savent pas tout – 22 juillet
- La politique culturelle du Québec – 17 août
- L’été de l’indien – 30 septembre































