Catégorie: Histoire de Lanaudière
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Les hôtels du village d’Industrie et de Joliette

Il ne reste plus que 2 hôtels à Joliette, le Château Joliette construit en 1990 et l’Hôtel Victoria datant des années 1850. Il y a déjà eu jusqu’à 11 hôtels, la plupart localisés autour du marché qui attirait les commerçants et les agriculteurs de toute la région. La diligence amenait les voyageurs depuis le bateau à vapeur de Lanoraie ou de Lavaltrie à l’Hôtel de L’Industrie devenu l’Hôtel Joliette, puis en 1850 le train a amené encore plus de visiteurs et d’autres hôtels ont été construits. L’hôtellerie a été une industrie essentielle de l’essor de la ville.

Hotel Joliette en 1900

Les premiers hôtels du village d’Industrie

Autrefois les diligences transportaient les voyageurs en faisant relais dans des auberges ou des hôtels pour changer de chevaux. Joseph Deschamps a annoncé son service de diligence entre le village d’Industrie et Lavaltrie en 1846 mais il ne mentionne pas d’hôtel. Il allait chercher les voyageurs à l’arrivée du bateau à vapeur à Lavaltrie.

La Minerve, 24 septembre 1846

Il a ensuite ouvert une nouvelle ligne vers Montréal passant par L’Assomption. Il ne mentionne toujours pas d’hôtel au village d’Industrie. Joseph Deschamps est par la suite devenu un important hôtelier du village de L’Industrie puis de Joliette.

L’aurore des Canadas, 22 février 1848

La mise en service de la ligne de train entre L’Industrie et Lanoraie en 1850 et la construction du marché en 1851-1852 ont entraîné la construction de plusieurs hôtels dans le village. En 1850 l’assemblée générale des actionnaires du Chemin à Rails du St-Laurent et du Village d’Industrie a été tenue à l’Hôtel de Jean-Baptiste Prud’homme. En 1851 l’assemblée a eu lieu à l’Hôtel de L’Industrie.

La Minerve, 29 juillet 1850

Dans le directoire du Canada publié par J. Lovell en 1851 deux boarding houses ont été répertoriées au nom de Jean Baptiste Prudhomme et Jean Baptiste Twiss.

Le directoire Lovell est souvent imprécis et on peut présumer que Jean Baptiste Twiss s’appelait plutôt Joseph Burr Twiss, c’était un horloger qui est bien connu encore aujourd’hui par les collectionneurs d’horloges antiques. Jean-Baptiste Prudhomme a été recensé comme forgeron en 1842.

La première publicité pour un hôtel que j’ai trouvée dans les journaux anciens date de 1852: Hotel Industrie à L’Industrie. Pierre Rivard son propriétaire vantait une des plus belles campagnes du Canada, un lieu propre pour la santé et les promenades.

La Minerve, 11 mai 1852

Pierre Rivard a mis en vente son hôtel en 1855, une belle maison à deux étages avec les meubles de ménage, chevaux et omnibus.

La Minerve, 7 juillet 1855

On trouve beaucoup plus de noms de professionnels inscrits dans le directoire Lovell de 1857. Il y avait alors 3 hôteliers: Laurent Aubertin (hotelkeeper), George McGown (butcher and hotelkeeper) et James Stansfeld (hotel). George McGowan a été recensé sur la rue Manseau dans un acte notarié.

Canada directory (page 77) – 1857

James Stansfeld avait obtenu une concession dans le village en 1837, il était marchand et faisait le commerce du bois. En 1847 il avait mis en vente des terrains à L’Industrie dont un emplacement sur la grande rue du Moulin (de Lanaudière) avec magasin, maison de pierre et autres bâtiments, situé dans la partie la plus florissante du village d’Industrie, contigu au chemin de fer en projet et très convenable pour un hôtel considérable. Il a fait construire l’Hôtel Victoria au début des années 1850 sur la rue Notre-Dame au coin de la rue St-Pierre (rue Lajoie aujourd’hui).

La Minerve, 19 juillet 1847

L’Hôtel de L’Industrie appartenant à Pierre Rivard semble alors avoir été l’hôtel le plus important du village, Laurent Aubertin l’a loué en 1856. Hôtel de l’Industrie M. L. Aubertin a le plaisir d’annoncer au public voyageur qu’il a loué l’Hôtel, ci-devant occupé par P. Rivard. Après y avoir fait des améliorations considérables il a annoncé ses services dans les journaux.

L’ère nouvelle, 23 octobre 1856

Cet hôtel était situé rue Notre-Dame à l’est du marché. Il s’est ensuite appelé Hôtel Joliette et a été détruit par un incendie en 1972. L’assemblée générale des actionnaires du chemin de fer du St-Laurent et du village d’Industrie a été tenue à l’Hôtel Aubertin en 1857.

La Minerve, 13 janvier 1858

En 1860 George McGowan aubergiste du village d’Industrie a été saisi, sans doute pour dettes.

Le pays, 24 avril 1860

En 1862 Pierre Rivard qui avait repris la direction de son hôtel l’a remis en vente: maison spacieuse finie et en bon ordre, écuries spacieuses de 32 places, une très bonne glacière, 2 hangars et 2 remises.

Le pays, 8 janvier 1862

En 1862 les licences pour hôtel ou auberge ont été émises pour le village d’Industrie à Joseph Bourdon, Marguerite Stansfeld, Denis Laforais, André Rivet, Antoine Deschamps et Théodore Rivard. Il y avait donc 6 établissements au village d’Industrie en 1862.

La Minerve, 18 octobre 1862

Les articles rédigés par les journalistes ne sont pas très rigoureux et les noms ne sont pas toujours exacts mais par recoupement on peut affiner l’information. Les hôtels changeaient souvent de propriétaires.

Publicités d’hôtels dans la Gazette de Joliette

En 1864 le village d’Industrie est devenu la ville de Joliette. La Gazette de Joliette a commencé à être publiée en 1866 et la plupart de ses numéros ont été numérisés par la BAnQ; j’ai cherché les publicités publiées par les hôteliers.

Le 11 avril une première annonce pour un hôtel a été publiée: Hôtel du Canada tenu par Joseph Bourdon sur la rue Notre-Dame en face du Marché.

Hôtel du Canada Joliette
Hôtel du Canada – 1866

La même année l’Hôtel de première classe tenu par Joseph Deschamps successeur de P. Rivard sur la rue Notre-Dame a aussi publié des annonces. La table sera toujours bien servie, les meilleures boissons seront offertes. Une voiture attendait les voyageurs à l’arrivée des Chars. Joseph Deschamps qui offrait le service de diligence vers Lavaltrie et Montréal est devenu propriétaire de l’Hôtel de L’Industrie.

Hôtel Joseph Deschamps – 1866

En 1867 d’autres hôtels ont publié des annonces dans le journal: Eusèbe Villeneuve hotelier situé au coin des rues Manseau et Place Bourget. M. Villeneuve occupe actuellement 3 appartements de la maison de M. Lafontaine; ce qui lui permettra de recevoir un très grand nombre de personnes d’une manière convenable.

Eusèbe Villeneuve hôtelier – 1867

Hôtel du Peuple tenu par Adolphe Perrault au coin des rues St-Paul et Notre-Dame presque en face du Marché à Joliette.

Hôtel du Peuple à Joliette – 1867

L’Hôtel Deschamps était alors le plus prestigieux de Joliette. En 1868 il annonçait que ceux qui voudront visiter les mines de St-Alphonse y trouveraient de bonnes voitures couvertes pour les y mener.

Hôtel Deschamps – Le pays 1868

En 1867 Eugène Dupuis voyageur demeurant à St-Alphonse avait acheté le droit de faire des fouilles pour chercher de l’or dans le lot 6 du 4ème rang de l’augmentation de Kildare. La fièvre de l’or s’était emparée de St-Alphonse.

La Gazette de Joliette, 1 juin 1868
La Gazette de Joliette, 1 juin 1868

Les hôtels accueillaient les agriculteurs et les marchands les jours de marché. Ils louaient aussi des salles de réunion pour les assemblées et des salles d’échantillons aux commis voyageurs pour recevoir leurs clients et présenter leur marchandise. L’association médico-chirurgicale du district de Joliette a tenu son assemblée annuelle 1869 à l’hôtel de M. Jos. Deschamps. Les journaux annonçaient régulièrement ce type d’événements.

Hôtel Jos. Deschamps – 14 janvier 1869

Un nouvel hôtel a annoncé ses services en 1869: Hôtel Richelieu tenu par C. J. Goulet rue St-Charles-Borromée en face de la rue Notre-Dame à Joliette. Les gens de la campagne y trouveront de bonnes écuries pour leurs chevaux, cour spacieuse, remise, etc., etc.

Hôtel Richelieu – 1869

Diligence Joseph Deschamp hôtelier de Joliette et François Vallière hôtelier de L’Assomption se sont associés pour offrir un service de diligence entre Joliette, L’Assomption et Montréal. La diligence s’arrêtait à l’hôtel Robert de St-Paul l’Ermite, à l’hôtel Bonenfant au Bout-de-l’Isle pour arriver à l’hôtel Etier vis à vis le marché Bonsecours à Montréal. Elle partait de Joliette à 4h30 le matin, arrêtait à L’Assomption à 7h et arrivait à Montréal vers midi.

Diligence J. Deschamps – 1869

Il y avait une forte demande pour un service rapide entre Joliette et le marché Bonsecours de Montréal, la concurrence a aussitôt réagi. Ligne d’opposition – Diligence ou ligne d’opposition à la compagnie Deschamps et Vallière entre Joliette et L’Assomption et Montréal et les postes intermédiaires: Hôtel Bourdon (Hôtel du Canada) à Joliette, Hôtel du Peuple à L’Assomption, Hôtel Ulric Lachapelle à St-Paul Hermite, Hôtel Bonenfant au Bout-de-l’Isle, Hôtel de Fabien Villeneuve au marché Bonsecours à Montréal.

Diligence, ligne d’opposition – 1869

L’Hôtel Victoria de Joliette ne publiait pas d’annonce dans les journaux mais il était actif. En 1870 la Compagnie du chemin à Rails du St-Laurent et du Village d’Industrie y a tenu son assemblée générale.

Hôtel Victoria – 1870

Hôtel Jacques Cartier tenu par Joseph Goulet au coin des rues Manseau et place Bourget en face de Euzèbe Asselin marchand à Joliette. Eusèbe Villeneuve avait ouvert un hôtel au même emplacement en 1867, il s’agit peut-être du même bâtiment.

Hôtel Jacques Cartier – 1871

Dans le directoire Lovell de 1871 (page 78) 9 hôtels ou auberges et 2 pensions ont été répertoriés. David Beaudry aubergiste (pas d’adresse), Joseph Bourdon aubergiste rue Notre-Dame, Joseph Deschamps aubergiste et bureau de la diligence rue Notre-Dame, Côme Goulet aubergiste rue St-Charles-Borromée, Théophile Grenier contremaître de chantier et hôtelier rue St-Paul, Jérôme Mirault agent et aubergiste rue de Lanaudière, Médard Parent aubergiste place Lavaltrie, André Rivet aubergiste place Lavaltrie, Margaret veuve Stansfeld Hôtel Victoria au coin des rues Notre-Dame et St-Pierre. Philomène Masse rue St-Viateur et Julie Robert rue St-Viateur tenaient des pensions.

Les voyageurs pouvaient aussi aller en diligence jusqu’à L’Assomption pour prendre le bateau à vapeur vers Montréal. Hôtel Terrebonne tenu par Mme Joseph Archambault à L’Assomption en face le quai du vapeur rue St-Etienne.

Hôtel Terrebonne à L’Assomption – 1871

D’autres hôtels ont encore ouvert leurs portes, on trouve de plus en plus d’annonces dans le journal même si les plus petits hôtels n’avaient pas les moyens de payer ces annonces. Hôtel de l’Union tenu par G. Leblanc place Bourget en face de l’Hôtel de Ville à Joliette.

Hôtel de l’Union – 1872

Hôtel Québec tenu par Joseph Beaudry rue St-Pierre (en arrière de l’Hôtel de Madame Stansfeld) à Joliette.

Hôtel Québec – 1872

Hôtel du Canada par M. Louis Chevalier place Bourget (coté sud) Joliette – voisine du Dominion Telegraph.

Hôtel du Canada – 1873

D’après le rôle d’évaluation de la propriété foncière à Joliette en 1873 il y avait 11 hôtels.

10 mars 1873

En 1874 le Conseil de Ville a accordé 10 licenses d’hôtels: Geo. Leblanc, Abel Dugas, Joseph Beaudry, Joseph Goulet, Joseph Deschamps, Théophile Grenier, Louis Chevalier, Jérôme Mirault, François Rivet, André Rivet. Deux certificats n’avaient pas été confirmés.

15 avril 1874

Hôtel Joliette tenu par Pierre Chevalier (Successeur de Théophile Grenier); il y a donc eu un premier Hôtel Joliette sur la rue St-Paul avant celui de la rue Notre-Dame,

Hôtel Joliette – 1874

À vendre le Victoria Hôtel autrefois occupé par Marguerite McCullen veuve Stanfild situé au coin des rues Notre-Dame et St-Pierre visité par un grand nombre de personnes tant du Canada que des Etats Unis d’Amérique. En 1865 Margaret Maklam veuve de James Stansfeld avait vendu un terrain de Kildare à la Church Society of the Diocese of Montreal.

Victoria Hôtel – 1874

Le marché de Joliette a été reconstruit en 1874. Il est le rendez-vous de tous les cultivateurs du district de Joliette qui viennent y vendre leurs produits.

Marché de Joliette – Joliette Illustré en 1893

En 1875 il n’y avait plus que l’Hôtel Joliette et l’Hôtel de l’Union qui annoncaient leurs services dans la Gazette de Joliette. Puis au mois de mai Abel Dugas a ouvert un nouvel hôtel dans une des maisons de M. Jos. Coutu. Hôtel Dugas en face du Marché Joliette porte voisine du Bureau du Télégraphe.

Hôtel Dugas – 1875

Des maisons de pension privées annonçaient aussi leurs services, George Gagnon sur la rue St-Barthélémy en arrière de l’église protestante et dame veuve Joseph Froment sur la rue Manseau.

Pension privée – 1875

Eusèbe Beaudry qui tenait l’Hôtel Américain à L’Assomption en a ouvert un nouveau à Montréal rue St-Paul près de l’église Bonsecours nommé Hôtel Joliette.

Hôtel Joliette à Montréal – 1875

Au printemps 1876 le conseil de ville n’a accordé que 5 certificats pour licences d’auberge à G. Leblanc (Hôtel de l’Union), J. Deschamps (rue Notre-Dame), J. Beaudry (Hôtel Québec), P. Chevalier (Hôtel Joliette) et J. Goulet (Hôtel Jacques Cartier).

28 avril 1876

Le directoire de Joliette en 1877 n’a répertorié que 3 hôtels, ceux de Ulric Dupuis Hôtel de Québec rue St-Pierre, Hôtel de l’Union place des Marchés et Joseph Déchamps rue Notre-Dame.

Directoire de Joliette – 1877

Joseph Coutu a offert en location 4 magasins en face du marché neuf rue Notre-Dame; un de ces magasins pouvait être converti aisément en un hôtel confortable et commode. Le marché neuf attirait de plus en plus de clients.

Hôtels à louer – 1877

Peu après Joseph Goulet a annoncé un superbe hôtel à vendre en face du marché de Joliette avec une écurie pouvant loger 40 chevaux et dépendances, l’Hôtel Jacques Cartier.

Hôtel à vendre – 1877

En avril Pierre Chevalier a fait l’acquisition de l’hôtel Deschamps ci-devant tenu par Pierre Rivard.

6 avril 1877

Joseph Deschamps cessant de tenir hôtel a vendu à l’encan public tout son ameublement, ses chevaux, voitures, etc.

10 avril 1877

Pierre Chevalier a donc racheté l’Hôtel de L’Industrie ou Hôtel Rivard devenu l’Hôtel Deschamps sur la rue Notre-Dame près du Marché et il l’a renommé Hôtel Joliette.

Hôtel Joliette – 1877

La Gazette de Joliette a alors commencé à publier la liste des clients arrivés à l’Hôtel Joliette et dans d’autres hôtels de la ville. Elle a aussi annoncé que M. Alexis Tremblay propriétaire de l’Hôtel du Canada avait ouvert un nouvel hôtel de première classe dans le bloc de M. Charles Leblanc sur la place du Marché.

10 juillet 1877

Pour le comfort du chez soi et la modicité des prix choisissez l’Hôtel du Canada place du Marché Joliette. Alexis Tremblay en était le propriétaire et J.T.A. Paré le gérant.

Hôtel du Canada – 1877

Alexis Tremblay hôtellier de Joliette a aussitôt fait faillite et ses biens ont été mis en vente par encan.

Faillite d’Alexis Tremblay – 1878

Charles Leblanc a remis à louer le bâtiment, un magnifique hôtel à 3 étages situé en face du Marché avec 23 appartements.

Hôtel à louer- 1878

Peu après Joseph Goulet propriétaire de l’Hôtel Goulet situé en face du Marché Bonsecours a déclaré faillite lui aussi.

Faillite de Joseph Goulet – 1878

Madame veuve Geo. Leblanc ci-devant de l’Hôtel de l’Union est devenue propriétaire de l’Hôtel du Canada situé dans la maison en brique de Charles Leblanc en face du Marché.

Hôtel du Canada – 1878

Entre 1879 et 1882 il n’y avait plus que 2 hôtels à Joliette publiant des annonces dans le journal, l’Hôtel Joliette de Pierre Chevalier et l’Hôtel du Canada de madame veuve Georges Leblanc.

Hôtels de Joliette en 1879

En 1881 un incendie a dévasté le centre de Joliette; parmi les bâtiments détruits répertoriés par les journaux il y avait l’Hôtel Joliette de Pierre Chevalier sur la rue Notre-Dame.

Les ruines de l'incendie - Joliette Illustré 1893
Les ruines de l’incendie – Joliette Illustré en 1893

L’Hôtel Joliette a cessé de publier des annonces pendant l’hiver 1881-1882 puis en mars 1882 Pierre Chevalier a annoncé sa réouverture. Le nouvel établissement est chauffé par un appareil à eau chaude; il y a 25 chambres à coucher, 6 salons, 4 salles meublées pour les commis voyageurs, 100 places d’écurie. Les hôtels devaient accomoder les agriculteurs venant au marché avec leurs charrettes, il fallait beaucoup d’espace.

Hôtel Joliette – 1882

En 1883 un nouvel hôtel a annoncé ses services dans le journal: Hôtel Riopel rue Notre-Dame tenu par Maxime Riopel. Il existait depuis quelques années déjà puisque son propriétaire avait fait des réparations pour en faire un hôtel confortable et accueillir plus de voyageurs.

Hôtel Riopel – 1883

L’Étoile du Nord et la Gazette de Joliette

En 1884 un nouveau journal a été publié à Joliette, L’Étoile du Nord. Il y avait peu de publicités dans ses premiers numéros, on en trouve une pour un hôtel de Montréal.

Grand Pacific Hotel à Montréal – 1884

Pendant encore quelques années les hôteliers de Joliette ont préféré continuer à annoncer leurs services dans la Gazette de Joliette. L’Hôtel Riopel a été le premier a illustrer sa publicité d’une gravure.

Hôtel Riopel – 1885

Pierre Chevalier vu le mauvais état de sa santé a mis l’Hôtel Joliette à vendre en février 1885. Il comprenait 42 appartements chauffés avec un beau parterre décoré de 2 jets d’eau sur la rue Notre-Dame et une écurie de 100 places.

Hôtel Joliette à vendre – 1885

Charles Leblanc a remis l’Hôtel du Canada à louer ou à vendre sur la place du Marché près de la Banque d’Hochelaga.

Hôtel du Canada à louer – 1885

L’Hôtel du Canada a été acheté par Jules Désormiers de la veuve Bourdon. Son hôtel sera constamment pourvu de bons lits, sa table de mets les plus exquis et sa barre de liqueurs les plus recommandables.

Hôtel du Canada – 1886
Hôtel Joliette – Almanach commercial 1886

En 1887 le percepteur du revenu provincial pour le district de Joliette a émis des licences à Pierre Chevalier, Jules Desormier, Joseph Rivard, Jacques E. Dupuis et Maxime Riopelle à Joliette.

Licences d’hôtels – 1887

Pour simplifier j’ai ensuite abrégé GJ pour Gazette de Joliette et EN pour Étoile du Nord.

L’alcoolisme était devenu un grave problème social, le Canada Temperance Act de 1878 a autorisé les gouvernements municipaux à interdire la vente d’alcool sur leur territoire. En 1888 la ville de Joliette a pris une mesure importanteUne licence d’Hôtel sera accordée à chacun des hôteliers que nous avons aujourd’hui mais à condition qu’ils ne vendent qu’au verre sans pouvoir comme par le passé détailler de boissons à la mesure.

GJ – 2 mars 1888

4 licences d’hôtels ont été accordées en 1888 et 2 autres pour des débits de liqueurs spiritueuses; 7 débits ont été fermés.

EN – 15 mars 1888

Le journal L’Étoile du Nord a mis plusieurs années pour attirer les annonceurs de la région de Joliette, la première publicité d’hôtel date du 15 mars 1888, quatre ans après la fondation du journal. L’hôtel Désormiers est pouvu de toutes les améliorations modernes, salles d’échantillons, etc. Les commis voyageurs étaient de plus en plus nombreux et les hôtels mettaient des salles à leur disposition pour présenter leurs produits et revevoir leurs clients.

EN Hôtel Desormiers – 1888

En 1888 parmi les 39 premiers souscripteurs au téléphone à Joliette il y avait: No 1 Hôtel Rivard et No 13 Hôtel Chevalier. En 1889 c’est l’électricité qui est arrivée à Joliette, l’Hôtel Chevalier et l’Hôtel Rivard ont aussi été parmi les premiers abonnés.

EN – 31 janvier 1889
Joseph Rivard né en 1853 – Collection SHJL

Le 2 mai 1889 L’Étoile du Nord a annoncé que Pierre Chevalier avait vendu l’Hôtel Joliette à Aimé Riopel pour $13.500. A. Riopel a alors loué une propriété à Pierre Chevalier.

Hôtel Joliette tenu par Aimé Riopel – Joliette Illustré en 1893

Pierre Chevalier a déménagé à St-Gabriel de Brandon où il a acheté l’hôtel bâti par Severin Marion.

10 avril 1890

Au printemps 1890 les 4 hôtels de la ville ont régulièrement publié leurs annonces dans la Gazette de Joliette alors qu’ils ne l’avaient plus fait depuis plusieurs mois.

24 avril 1890

Les licences d’hôtelliers avaient été émises à Jos. Rivard, Aimé Riopel, Jules Désormiers, Nazaire Leblanc.

1 mai 1890
Aimé Riopel hôtelier – Archives SHJL
Clotilde Ethier hôtelière – Archives SHJL

Les licences d’hôtels en 1891 ont été émises à Clotilde Ethier (épouse de A. Riopel), Jules Désormiers, Nazaire Leblanc et Joseph Rivard.

12 mai – M. Amédée Manseau ayant succédé à M. Nazaire Leblanc comme hôtelier a fait subir ces jours-ci de grandes améliorations à l’établissement que ce dernier occupait rue Notre-Dame en face de l’hôtel Rivard à deux pas du marché.

25 mai – M. J. Rivard est actuellement à faire subir des améliorations à son Hôtel populaire où il vient de placer un piano de haut prix dont il a tout récemment fait l’acquisition pour le plaisir de ses clients.

Hôtel Rivard tenu par Jos. Rivard – Joliette Illustré en 1893
EN Hôtel Rivard – 1893

Au Pacific Hotel tenu par Amédée Manseau; dans L’Étoile du Nord il était nommé Hôtel du Pacifique. Il accueillait des pensionnaires à la semaine et au mois. Des publicités ultérieures précisent qu’il se trouvait au 48-50 rue Notre-Dame (entre la place Bourget et la rue Lajoie).

GJ Pacific Hotel – 1892
EN Hôtel du Pacifique – 1892

1er février 1893 – M. Pierre Chevalier fait terminer un splendide hôtel qu’il a fait construire à l’encoignure des rues de Lanaudière et St-Paul. L’établissement est muni du meilleur système de chauffage, [eau chaucle]; il sera éclairé par la lumière électrique et offrira aux visiteurs tout le confort possible. L’hôtel compte 21 chambres à coucher, outre les appartements de la famille, la buvette, une salle de lecture, salles à diner et un salon et deux salles d’étalages pour les voyageurs.

Hôtel Joliette de Pierre Chevalier
Hôtel Royal tenu par Pierre Chevalier – Joliette Illustré en 1893

Pierre Chevalier avait vendu l’Hôtel Joliette à Aimé Riopel en 1889 et celui-ci n’a pas apprécié qu’il ouvre un nouvel hôtel prestigieux juste à côté du sien. Pierre Chevalier a d’abord essayé de vendre ou louer ce nouvel hôtel puis à la suite d’une poursuite légale d’A. Riopel ils semblent avoir trouvé un accommodement.

EN – 6 avril 1893

8 juin 1893 – M. Aimé Riopel, hôtelier, vient d’intenter par le ministère de son avocat, M. C. A. Cornellier, une action par laquelle il prétend avoir droit de réclamer et réclame de M. Pierre Chevalier, une indemnisation au montant de $1000.00 par année pendant six ans, si celui-ci
continue à tenir hôtel en cette ville pendant ce laps de temps.

GJ Hôtel Royale – 1893
EN Hôtel Royal – 1893

Amédée Manseau propriétaire de l’Hôtel du Pacifique recevait 3 fois par semaine du homard frais et des huitres fraiches. En novembre 1893 Pete Lafrance a racheté l’Hôtel du Pacifique à Amédée Manseau.

EN Hôtel du Pacifique – 1893

Albert Gervais propriétaire du journal L’Étoile du Nord a fait publier un livret illustré de photographies, Joliette Illustré, en 1893. Son journal a alors commencé à publier quelques publicités illustrées de photos.

EN Hôtel Royal – 1894

La reproduction de photographies était coûteuse, l’Hôtel du Pacifique s’est contenté d’une illustration gravée.

EN Hôtel du Pacifique – 1894

Dans la liste des abonnés au téléphone Bell en 1895 il y avait 4 hôtels à Joliette, Hôtel Joliette d’Aimé Riopel, Hôtel Rivard de Joseph Rivard, Hôtel Royal de Pierre Chevalier et Hôtel Pacifique de J.H. Pete Lafrance.

EN Abonnés au téléphone – 1895

Le journal La Gazette de Joliette a cessé sa publication en 1895. Il n’y a plus que les exemplaires de L’Étoile du Nord qui aient été numérisés par la BAnQ jusqu’en 1913 et la fondation de L’Action Populaire. La qualité des publicités s’était nettement améliorée.

EN Hôtel du Pacifique – 1896
EN Hôtel Royal – 1896

8 mars 1900 – Le conseil a accordé des licences d’Hôtel A MM. Joseph Rivard, Aimé Rlopel, Pierre Chevalier; à une séance précédente, MM. Jules Désormlers et Médard Dufresne avalent obtenu la leur.

Pierre Chevalier a mis son hôtel en vente en 1900 pour raison de santé. Cette maison splendide, spacieuse, élégante et solide a été construite il y a 5 ans seulement, et a reçu des augmentations considérables l’année dernière encore… Le premier étage contient 11 appartements avec Water Closet et chambre de bain… Il y en avait 9 au 2ème et 13 au 3ème; 5 dans l’addition. Il y avait 2 écuries, 2 remises, une cave avec fournaise et appareil de chauffage. Il était libre de constitut et la rente seigneuriale avait été commuée.

Hôtel Royal à vendre – 1900

Jules Désormiers avait aussi fait de grandes améliorations à son hôtel de la rue Notre-Dame. Il avait reculé la maison de quelques pieds, fait poser une galerie et faisait renouveler l’intérieur. Son hôtel était situé au 37-41 rue Notre-Dame près de la place du Marché.

Hôtel Désormier – 1900

Guide des adresses de Joliette 1900

Dans le Guide des adresses de Joliette en 1900 les principaux hôteliers ont publié leurs annonces.

Hôtel Joliette
Hôtel Joliette
Hôtel Royal Joliette
Hôtel Royal
Jules Désormiers hotelier

L’Hôtel du Pacifique était alors tenu par M. Médard Dufresne: vins, liqueurs et cigars de choix.

Hôtel du Pacifique

L’Hôtel Rivard n’a pas publé d’annonce, il se trouvait au 57-59 rue Notre-Dame.

10 janvier 1901 – M. Aimé Riopel, pour des raisons de santé, a vendu l’Hôtel Joliette à M. Joseph Lavoie, marchand, de Ste-Mélanie. Le prix de vente est de $23,000. M. Lavoie en prendra possession le 1er février prochain.

Hôtel Joliette – La patrie 1901

Pierre Chevalier s’est rétabli de sa maladie, il n’avait pas vendu son hôtel. En 1901 il y a fait de nouvelles rénovations ajoutant plusieur salles d’échantillons. Il avait fait venir de Montréal un cuisinier expérimenté.

Hôtel Royal – 1901
Hôtel Royal – 1901

Dans le journal La Presse un nouvel hotelier de Joliette s’annonçait, Atchez Pelland, successeur de Joseph Rivard.

Atchez Pelland et Hôtel Royal – 1901

L’Étoile du Nord a annoncé les nouveaux abonnés du téléphone le 5 septembre dont l’Hôtel Victoria et l’Hôtel du Grand Nord.

Mardi dernier M. Désiré Gravel a ouvert à son compte un hôtel de première classe à l’encoignure des rues Notre-Dame et St-Pierre. M. Gravel est avantageusement connu. L’Hôtel Victoria qu’il a ouvert existe toujours, c’est le seul qui ait continué ses opérations jusqu’à aujourd’hui. Il a été construit sur le même coin de rues que l’Hôtel de James Stansfeld qui s’appelait aussi Hôtel Victoria.

3 octobre – M. J 0 A Guilbault, propriétaire bien connu de l’importante maison N. A. Guilbault & Cie, vient de faire l’acquisition du superbe hôtel de M. Chevalier, et connu sous le nom de l’Hôtel Royal. Il l’avait fait rénover et pour l’inauguration du Chateau Guilbault il avait invité 160 convives.

14 novembre 1901
Hôtel Château Guilbault (1905) – BAnQ

En 1905 des licences ont été émises à l’Hôtel du Grand Nord, au Chateau Guilbault, à l’Hôtel du Peuple, à l’Hôtel Commercial, à l’Hôtel Victoria et à l’Hôtel du Canada. L’Hôtel Joliette et le St-James avaient vu leurs demandes rejetées mais elles devaient être réexaminées. Je n’ai rien trouvé dans les archives concernant un Hôtel St-James.

La presse, 8 avril 1905
EN Hôtel Commercial – 1905

EN 18 mai 1905 – M. Abel Tremblay, propriétaire de l’Hôtel du Peuple, a vendu son hôtel la semaine dernière à M. Stevens Cloutier, de St Jacques de l’Achigan, et ce dernier en prendra possession le 1er Juin prochain.

EN 18 mai 1905 – M. Louis Cyr sera, le lundi, 22 Mai, à Joliette, à l’Hôtel Commercial. Il aura besoin de 25 chevaux de trait pour l’organisation de son cirque, et il donne avis aux personnes qui en auraient à vendre, de venir le voir ce jour-là.

EN 7 juin 1906 – M. Louis Bourgeois, hôtelier ci-devant de Sorel et maintenant propriétaire de l’Hôtel Royal a fait à cet établissement des réparations considérables que les étrangers sauront apprécier.

Dans le directoire Lovell de 1910-1911 (page 10) il y a 7 hôtels recensés: Hôtel du Grand Nord, Hôtel du Peuple, Hôtel Commercial, Hôtel Joliette, Hôtel du Canada, Hôtel Windsor et Hôtel Victoria.

Désiré Gravel est inscrit comme propriétaire de l’Hôtel du Canada mais c’est plutôt l’Hôtel Victoria.

La ville de Joliette, P.Q., Canada, 1913

Dans un livret publié par la chambre de commerce de Joliette en 1913 on trouve la description des 2 principaux hôtels de la ville à cette époque. L’Hôtel Windsor avait 4 étages, 48 chambres dont un certain nombre avec bains, de spacieuses salles d’échantillons pour les voyageurs de commerce. Son propriétaire depuis 5 ans J. D. Dorion possédait aussi le théâtre voisin Opéra Biographe de 1.300 places.

Sous le rapport du site, du confort et de l’excellence de la table l’Hôtel Commercial propriété de M. Audet était sans rival. Sur 3 étages il offrait 42 chambres à coucher, 7 salles d’échantillons, un café, une salle de lecture et un salon de toilette. L’un des attraits principaux était une magnifique rotonde.

Dans le directoire Lovell de 1915 (page 26) Art. Audet était propriétaire de l’Hôtel Commercial au 75 rue Notre-Dame (plutôt le 57) et co-propriétaire de l’Hôtel du Grand Nord avec M. Lavigne au 96 rue Ste-Anne, Henri Cloutier de l’Hôtel du Peuple au 58 rue Notre-Dame, Charles Desormiers de l’Hôtel Joliette au 30 rue Notre-Dame, Georges Desormiers de l’Hôtel Royal George 53 rue Notre-Dame, Napoléon Garceau de l’Hôtel Victoria 60 rue Notre-Dame et J.D. Dorion de l’Hôtel Windsor au 46 rue de Lanaudière.

Les adresses permettent de localiser ces hôtels approximativement. Le 30 rue Notre-Dame se trouvait du côté nord de la rue à l’est du Marché, il y avait ensuite des hôtels au 53 (à l’ouest du Marché), au 57, au 58 et au 60 (coins de la rue Lajoie).

Le journal L’Action Populaire fondé en 1913 se présentait comme l’organe du parti libéral du district de Joliette. Pendant la guerre il a joint la campagne de prohibition qui a abouti à des lois interdisant la vente d’alcool dans plusieurs provinces et aux États-Unis mais pas au Québec qui est au contraire devenu le fournisseur de l’Amérique.

L’action populaire, 22 mars 1917
L’action populaire, 12 avril 1917

EN 12 avril 1917 – L’ancien hôtel Royal George situé sur la rue Notre-Dame en arrière de la Banque Royale est offert en vente ou à louer. S’adresser A M. Pierre Laforest de l’aqueduc, Jollette. L’Hôtel Joliette a aussi été offert en vente par Charles Desormiers en 1918.

EN Hôtel Joliette – 1918

EN 9 novembre 1922 – On a commencé ces jours derniers la construction d’une annexe à l’hôtel Joliette, annexe qui devra être de 30 par 36 et en brique solide.

Dans un guide touristique de 1927 l’Hôtel Joliette annonçait 60 chambres, le Windsor 50, le Grand Nord et le Victoria 30 et le Commercial 20 ce qui permet de se rendre compte de leur importance relative.

Guide touristique de 1927 – BAnQ

De l’Hôtel de L’Industrie à l’Hôtel Joliette

L’Hôtel Joliette s’est d’abord appelé Hôtel de l’Industrie puis Hôtel Rivard puis Hôtel Deschamps. C’est Pierre Chevalier qui l’a nommé Hôtel Joliette en 1877. Il a ensuite appartenu à Aimé Riopel puis à Barthélémy Sylvestre et en 1907 à Charles Désormiers.

7 novembre 1907 – M. Barthélemy Sylvestre, propriétaire de l’Hôtel Joliette, a vendu la semaine dernière son hôtel à M. Chs Désormiers au prix de $20 000. Ce dernier en a pris possession jeudi dernier.

Le plan Goad de Joliette en 1925 permet de situer exactement l’Hôtel Joliette au 30 rue Notre-Dame. Il était construit en retrait de la rue avec une galerie. Les écuries étaient dans le grand bâtiment au fond de la cour. C’est l’emplacement actuel du restaurant Le lapin qui tousse.

Centre-ville - Plan Goad 1925 - SHJL
Hôtel Joliette – Plan Goad (SHJL)

En 1926 Joseph-Conrad Perrault, Joseph-Asellus Chaput et Joseph-Mongin Léveillé ont formé une corporation avec un capital de $99.900 divisé en 999 actions nommée Hôtel Joliette Limitée pour exploiter des hôtels licenciés à Joliette et ailleurs, s’associer et financer d’autres hôtels, etc.

Gazette officielle du Québec, 20 mars 1926
La Presse, 13 avril 1925
L’Étoile du Nord, 12 juillet 1928

André Généreux en a été le gérant puis la famille Chaput l’a dirigé, le notaire J.E. Chaput puis son neveu Simon. Le bâtiment avait été modifié au cours des années. En 1959 Simon Chaput en était devenu propriétaire.

L’Étoile du Nord, 28 novembre 1959

Dans la revue de la Société d’Histoire de Joliette Le Messager Marc Laporte a publié une entrevue de Simon Chaput né en 1927. Il était le neveu du notaire J. E. Chaput propriétaire de l’hôtel par qui il a été élevé. Ses souvenirs racontent la fin de l’époque du marché et des hôtels de Joliette.

Tout jeune, on lui demanda tout d’abord de s’occuper des chevaux que les cultivateurs laissaient dans la cour arrière de l’hôtel pendant qu’ils s’installaient au marché public du centre-ville pour vendre leurs produits. Il leur en coûtait à l’époque, soit dans les années quarante, 0.15$ par jour pour les soins dispensés aux chevaux, soit pour l’avoine et l’eau. Pour coucher, les cultivateurs avaient un dollar à débourser et 0.65$ pour un bon repas avec viande. Pour les voyageurs c’était un peu plus dispendieux, confessera Simon. On leur demandait en fait 2.50$ ou 3.00$ pour une nuit. C’était le prix partout dans les autres hôtels.

Parlant d’hôtels, Simon m’a confié que s’il y en avait autant à l’époque (5) c’était justement à cause du marché qui était très fréquenté, tant par le grand public que par les cultivateurs qui venaient d’un peu partout, Sainte-Elisabeth, Saint-Félix, Saint-Esprit et autres, pour offrir divers produits aux Joliettains.

En février 1972 un incendie sur la rue Notre-Dame a détruit l’Hôtel Joliette. Un incendie a complètement dévasté deux édifices, abritant l’hôtel de Joliette, et la Librairie René Martin, causant pour près de $1 million de dommages. Les flammes ont pris naissance vers une heure trente, samedi matin dans la salle de chaufferie de l’hôtel de Joliette, pour rapidement se propager dans tout l’édifice.

Le nouvelliste, 14 février 1972

De l’Hôtel Royal au Château

L’Hôtel Royal construit par Pierre Chevalier en 1893 a connu de nombreux propriétaires et de nombreuses transformations. En 1901 il est devenu le Château Guilbault, il s’est ensuite appelé Château Bernier, puis Château Dion en 1907…

Chateau Dion – 1907

Aussitôt acheté il a été revendu à Joseph Dovila Dorion qui l’a renommé Hôtel Windsor.

Hôtel Windsor – 1907
Hôtel Windsor – 1907
La Patrie, 29 juillet 1911

Son propriétaire venant de St-Eustache était le fils de Joseph Dorion vétéran de la guerre civile de 1837. Il était aussi propriétaire du théâtre Opéra Biograph.

Windsor Hotel – BAnQ

Les habitants de Joliette avaient l’habitude de nommer l’hôtel le Château et quand J. E. Champagne l’a acheté en 1920 il l’a nommé Château Windsor.

Hôtel Château Windsor – BAnQ
La Presse, 13 avril 1925
L’Étoile du Nord, 7 septembre 1944

J. Eugène Champagne propriétaire a ensuite annoncé Le Château et le Club Château Gai Inc., 60 chambres, bain et douche. Dans une édition souvenir de L’Étoile du Nord en 1959 on voit une photo du château qui avait perdu le haut de sa tour.

L’Étoile du Nord, 28 novembre 1959

Dans cet historique on lit que l’emplacement avait été vendu en 1889 à Édouard Migué qui l’avait revendu en 1892 à Pierre Chevalier hôtelier de St-Gabriel de Brandon qui y avait ouvert l’hôtel Royal. En 1901 il l’avait vendu à J.O.A. Guilbault qui l’avait vendu à Joseph Gadoury qui l’avait vendu à Joseph Dovila Dorion en 1907. En 1920 l’hôtel devenu Château Windsor a été vendu à J. Eugène Champagne. Gaston Gagnon en était le propriétaire depuis 1953.

En février 1972 le Château Windsor a été détruit par un incendie quelques jours après l’Hôtel de Joliette, faisant craindre une vague d’incendies criminels.

Le nouvelliste, 18 février 1972
Château Windsor – La Presse/BAnQ
Château Windsor – La Presse/BAnQ

Hôtel Commercial

20 octobre 1904 – Monsieur D. Riopel vient de se porter acquéreur de l’Hôtel Commercial dont il était l’occupant. Cet hôtel était situé sur le côté sud de la rue Notre-Dame à peu près en face de l’hôtel Victoria à l’emplacement de l’Hôtel de Joseph Rivard (53 rue Notre-Dame).

Hôtel Rivard tenu par Jos. Rivard – Joliette Illustré en 1893
Hôtel Commercial – BAnQ

Les 2 cartes postales de la BAnQ semblent montrer des bâtiments différents, l’hôtel a sans doute été transformé vers 1910-1920.

Hôtel Commercial rue Notre-Dame – BAnQ
L’action populaire, 8 juillet 1926

En 1926 l’Hôtel Commercial appartenait à J.-O. Malo qui louait des chambres avec pension au mois ou à la semaine. Dans les années 1930 on ne trouve plus de trace de l’hôtel dans les journaux.

Hôtel du Grand Nord

Le guide toponymique de Joliette mentionne qu’à l’arrivée de la ligne de chemin de fer de l’actuel Canadien National, Isaïe Boucher construit en 1899 l’hôtel Grand-Nord près de la gare avec son beau-frère Joseph Bordeleau. J’ai trouvé très peu d’informations à propos de cet hôtel et aucune publicité. Dans les archives de la BAnQ il y a une très belle carte postale qui le montre.

Hôtel du Grand Nord - BANQ
Hôtel du Grand Nord – BAnQ

Sur cette autre carte postale on aperçoit le toit de l’hôtel derrière la gare du Canadian Northern Quebec Railway.

Gare du Canadian Northern Quebec, Joliette - BANQ
Gare du Canadian Northern Quebec – BAnQ

En 1931 Gaston Laurion était propriétaire de l’hôtel. En 1934 Wilfred Desilets annonce qu’il est de nouveau propriétaire de l’Hôtel du Grand Nord, et invite ses amis et le public en général. Hôtel licencié pour bière et vins, bonnes chambres, repas a toute heure. Bon service assuré. En 1944 le propriétaire était Laurent Desilets.

L’Hôtel du Grand Nord était situé au bout de la rue Ste-Anne devant la gare. Le bâtiment désaffecté a été détruit par un incendie en 2022.

Gare de Joliette CNQ - Plan Goad 1908 - SHJL
Hôtel du Grand Nord – Plan Goad (SHJL)

Hôtel Victoria

L’Hôtel Victoria semble être un des plus anciens de Joliette et le seul à être toujours en opération. James Stansfeld l’avait construit vers 1850 et sa veuve Margaret Maklam l’avait tenu jusque vers 1874. On en perd la trace pendant quelques années puis en 1901 Désiré Gravel a ouvert un nouvel hôtel portant le même nom au même emplacement. Il l’a mis en vente en 1913: M. Désiré Gravel, propriétaire de l’Hôtel Victoria, Joliette offre en vente, pour cause de santé, son hôtel situé aux coins des rues St-Pierre et Notre-Dame.

En 1914 Caroline Dalphond épouse de Désiré Gravel a vendu l’hôtel à Napoléon Gareau; en 1915 Napoléon Gareau et Émile Goulet ont formé la société Gareau & Goulet pour faire le commerce d’hôtelier et particulièrement exploiter l’Hôtel Victoria au coin des rues Notre-Dame et St-Pierre (Lajoie). En 1916 leur société a fait faillite et ses biens ont été vendus; Caroline Dalphond épouse de Désiré Gravel a repris son hôtel. Sur cette carte postale le nom du propriétaire est D. Gravel.

Hôtel Victoria, Joliette – BAnQ

Sur la carte postale suivante on voit la voiture de l’Hôtel Victoria attendant les clients à la gare.

La Station du Grand Nord, Joliette – BAnQ

Le site Centre Ville de Joliette a publié un historique de la famille Thibault propriétaire actuel de l’Hôtel Victoria. Il avait été construite en 1901 par Désiré Gravel et Hernest Caumartin. Gédéon Thibault l’a acquis en 1922 et il appartenait toujours à ses descendants en 2022.

La Presse, 13 avril 1925
L’Étoile du Nord, 7 septembre 1944
L’Étoile du Nord, 28 novembre 1959

Hôtel St-Louis

L’Hôtel St-Louis est moins bien documenté dans les archives. On en trouve une première mention dans un guide touristique des années 1920. L’adresse 521 rue Notre-Dame se trouve presque en face de l’Hôtel Victoria, c’est peut-être au même emplacement que l’Hôtel Commercial mais sur la photo plus bas le bâtiment est beaucoup plus petit. Je n’ai pas trouvé d’information à propos de l’Hôtel Queens.

Hôtels de Joliette en 192? – BAnQ

EN 4 septembre 1930 – M. Joseph Archambault de Montréal a fait l’acquisition cette semaine de l’Hôtel St-Louls.

EN 21 avril 1938 – M. Albini Bolduc de St-Jacques se porte acquéreur de l’hôtel St-Louis à Joliette. Il l’a acheté de Hermas Giroux. En 1944 Albany Bolduc à l’âge de 32 ans était le plus jeune hôtelier de Joliette; quand il a acheté l’hôtel en 1938 il en avait donc 26.

L’Étoile du Nord, 7 septembre 1944

Le Château Joliette

Le Château Joliette a été inauguré en juillet 1990. Il a été construit à l’emplacement du moulin à scie construit par les seigneurs de Lavaltrie vers 1837 sur la rive gauche de la rivière de l’Assomption.

Les affaires, 28 avril 1990
Château Joliette – Photo G. Petit
Carte du Québec

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