Catégorie: Histoire de Lanaudière
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Historique des moulins de Joliette

Depuis 1770 de nombreux moulins ont été construits sur la rivière L’Assomption et ses affluents. Sans ces moulins Joliette serait resté un village agricole. Leur histoire a été en partie racontée mais en cherchant dans les journaux anciens et les archives des notaires on trouve des détails et des anecdotes permettant de compléter ou corriger cette histoire.

La première source d’information que j’ai consultée est le livre Histoire de Joliette publié en 2015 pour le 150ème anniversaire de l’incorporation de la ville de Joliette. Claude Martel a documenté l’histoire des moulins mais il ne pouvait pas tout documenter et il s’est fié aux publications antérieures. J’ai trouvé d’autres informations en cherchant dans les archives ce qui m’a permis de rectifier beaucoup d’erreurs. Les résultats de ces recherches sont aléatoires, cet historique sera donc enrichi avec le temps.

Sommaire:

Les moulins de la seigneurie de Lavaltrie

Le site du vieux moulin de St-Paul
Site du Vieux Moulin

Le premier moulin construit dans le secteur de la ville de Joliette actuelle date de 1770 environ, c’était un moulin à scie. Il a été documenté par Jean Hétu dans ses livres sur l’histoire de Lavaltrie.

Le 9 octobre 1769 Pierre-Paul Margane de Lavaltrie et sa sœur accordaient à Antoine Beaudry fils le droit de construire un moulin à scie «moyennant le nombre et quantité de mille morceaux de bois de sciage»… Antoine s’empressa de construire ce moulin au pied d’une cascade de la rivière l’Assomption à environ quatre kilomètres de l’endroit où Barthélémy Joliette viendra plus tard fixer ses premiers chantiers de L’Industrie.

Georges Estu(r) dit Lafleur

Dans Histoire de Joliette on lit qu’avant 1798 les seigneurs de Lavaltrie ont fait construire un moulin à farine banal à l’emplacement du lieu qui s’appelle aujourd’hui Le Vieux Moulin. D’après les traces archéologiques qu’on peut encore observer, il semble qu’il ait été construit au même emplacement que le moulin à scie. Ce moulin à farine a fonctionné jusque vers 1824 quand le nouveau moulin à farine du village de L’Industrie a été mis en opération et que son mécanisme a été transporté. Il n’y a jamais eu d’autre moulin à cet emplacement.

Joliette Illustré 1893
Joliette Illustré 1893

Lire: Les deux moulins de Saint-Paul

Les seigneurs de Saint-Sulpice propriétaires de la seigneurie voisine avaient fait construire un moulin à scie sur le ruisseau Vacher (Ste-Marie-Salomé aujourd’hui) vers 1770 pour développer le nord de leur seigneurie mais sa documentation reste à faire.

Les moulins au temps de Barthélémy Joliette

Barthélémy Joliette n’est pas arrivé en 1823 dans un territoire vierge comme on le lit dans les livres sur l’histoire de Joliette. Entre 1816 et 1819 Marie-Anne Cerré veuve de Pierre-Louis Panet seigneur de Daillebout et Ramezay avait fait construire un moulin à scie et un moulin à farine pour ses censitaires sur la rivière l’Assomption à la Pointe Ennuyante près de Ste-Mélanie, loin au nord de Joliette. Référence: Jules Guérard – Actes notariés transcrits sur les moulins du Québec (pages 2889 et 6011)

Le canton de Kildare a été créé au nord de la seigneurie de Lavaltrie à partir de 1792. Sur un diagramme du canton de Kildare de la BANQ daté de 1802 il y a des annotations qui ont été ajoutées. Les noms de Joliette et Loedel ont été inscrits sur des lots situés au nord du canton dans les montagnes des Laurentides; ils n’avaient pas acquis ces lots pour les cultiver mais pour y couper le bois, sans doute vers 1820.

Lire: La création du canton de Kildare de 1792 à 1824

Le Grand Moulin

En 1823 les seigneurs de Lavaltrie P. P. de Lanaudière, B. Joliette et P.C. Loedel ont fait construire le Grand Moulin. C’était un très gros bâtiment construit sur une presqu’île au bord d’une chute naturelle de la rivière L’Assomption. Le pouvoir d’eau y était beaucoup plus fort. Le bâtiment a été construit en travers du chenal pour capter la force de l’eau, le canal a été élargi pour évacuer l’eau à la sortie en creusant le roc.

Le Grand Moulin comprenait tout un ensemble de mécanismes dans un même bâtiment ce qui en faisait un ensemble industriel très moderne.

Les moulins de Joliette
Juin 1824 dans les journaux

Les constructeurs du Grand Moulin ont été François Poitras maître-charpentier, David Cleveland maître mécanicien et Antoine Peltier maître-maçon.

La Bibliothèque Canadienne mai 1829
La Bibliothèque Canadienne mai 1829

Dans cet endroit embelli par l’industrie et romantique de sa nature, la rivière L’Assomption offre la singularité d’un bassin d’une immense profondeur immédiatement au-dessus du galet à peine couvert d’eau, qui forme la chute du moulin.

Il faut croire que ce n’était pas idéal car le grand moulin a été transformé et d’autres moulins ont été construits pour rationaliser les activités. Dans une brochure sur les moulins de Terrebonne on trouve une reconstitution qui montre à quoi pouvait ressembler le Grand Moulin de Joliette sur son île.

Les moulins de Terrebonne

Lire: Construction du grand moulin de Joliette – 1823

En même temps qu’ils faisaient construire ce grand moulin Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel ont acheté une portion d’une terre du canton de Kildare sur le bord de la rivière Rouge pour y construire un ou plusieurs moulins à scie. 14 septembre 1823 Vente par Joseph Mongin à Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel du lot 2 rang 2 du township de Kildare sur la rivière Rouge. Le 13 mars 1823 David Cleveland constructeur du Grand Moulin de L’Industrie avait déjà fait un marché avec Jean-Baptiste Corbeille de St-Paul pour lui construire un moulin à farine et à scie; l’emplacement exact n’est pas précisé, je suppose que c’était dans le village de St-Paul.

Dans le recensement du village d’Industrie paroisse de St-Paul en 1831 Barthélémy Joliette, notaire, et Peter-Charles Loedel, médecin possédaient 1 moulin à farine, 1 moulin à scie, 1 moulin à foulons et 1 moulin à carder, il n’y en a pas d’autre recensé dans le haut de la seigneurie de Lavaltrie. Joliette et Loedel étaient recensés sur la Grande Rue du village d’Industrie établi depuis 1824. P. Delanaudière, seigneur, était recensé dans la paroisse de Lavaltrie où il possédait 1 moulin à farine et 1 moulin à scie.

Il a rapidement fallu remonter le cours de la rivière L’Assomption pour trouver des billots de pin. Le 30 novembre 1835 Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel ont conclu un marché de 1.000 billots à couper dans la seigneurie Daillebout.

Le moulin à avoine

À cette époque la culture du blé a périclité et a été remplacé par celle de l’avoine. En 1835 un moulin à avoine a donc été construit à l’emplacement actuel de l’usine de filtration en aval du pont Chevalier. Le canal a été prolongé pour faire fonctionner le moulin installé dans un bâtiment de 2 étages, en pierre au premier et en bois au second (66 pieds X 24).

Le moulin à carder

Les habitants de cette époque élevaient des moutons pour produire de la laine servant à confectionner leurs vêtements. Entre 1835 et 1837 un moulin à carder a été construit près du grand moulin sur l’île. Je suppose qu’il captait l’eau dans un canal au niveau du barrage pour actionner ses mécanismes. C’était un bâtiment en bois de 2 étages (45 X 24) avec 2 jeux de cardes pour la laine et des foulons.

Le boom du moulin à scie

Le 14 mai 1825 Joliette, Loedel et DeLanaudière ont acheté un lopin de terre à Pierre Beaudry fils situé en amont du moulin pour y construire un boom, un barrage pour retenir les billots de bois et un débarcadère pour manoeuvrer.

Le deuxième moulin à scie

L’exploitation du bois était la principale raison de la fondation du village d’Industrie sur la rivière L’Assomption. En 1832 toute la plaine avait été déboisée et les coupes de bois se faisaient en amont vers St-Alphonse puis St-Côme et au-delà. Les seigneurs d’Ailleboust et Ramezay avaient vendu leur droits de coupe à ceux de Lavaltrie.

Vers 1837 un second moulin à scie a été construit en face du Grand Moulin de l’autre côté de la rivière par les seigneurs, un bâtiment en bois de 2 étages (40 X 40) connu comme le moulin Peltier du nom de son gérant. Je n’ai trouvé aucun document concernant sa construction. Dans une publication historique de la ville de Joliette (2023) on lit que Edward Scallon se serait associé à B. Joliette et P.-C. Loedel pour le bâtir mais E. Scallon ne semble être arrivé au village d’Industrie qu’en 1839 (voire plus bas).

Un contrat notarié de 1838 montre que Joliette et Loedel avaient alors des chantiers de bois vers Brandon, les chantiers de John Hebbard, Charles Dunn, Charles Armstrong, Samuel Armstrong, Pierre Bargeron, Bernard Monday, François Leblanc, Jean-Baptiste Leblanc, Félix Leblanc, Pierre Leblanc, Joseph Corbin, François Morin et Antoine Morin. Il n’y est pas fait mention d’un associé nommé Scallon.

Les autres commerçants de bois

Les seigneurs de Lavaltrie n’étaient pas les seuls à exploiter le bois du bassin de la rivière L’Assomption. Depuis 1811 il y avait aussi des moulins sur la rivière Ouareau et ailleurs. Le 11 juin 1838 Michel Boisvert propriétaire d’un moulin à scie sur la rivière Blanche à St-Ambroise a conclu un marché pour faire descendre son bois par la rivière Rouge jusqu’au bout de l’Île de Montréal. Un second contrat concerne le bois de P. C. Loedel qui doit descendre par la rivière Ouareau.

Le bois était transporté en cages ou sur des chalands. Le 29 janvier 1838 François Beaudry fils de Joseph, navigateur à St-Paul, a vendu un chaland de 65 pieds de long avec toutes les rames, cordes, voiles et autres agrès à Louis Parant.

Avant que le charbon ne le remplace le bois était essentiel pour se chauffer et cuisiner, son commerce était une importante source de revenus pour les habitants. Par exemple le 7 février 1839 François Dufresne de Montréal a conclu 4 contrats notariés pour l’achat de centaines de cordes de bois d’épinette rouge et de bois franc à livrer en amont du moulin des seigneurs de Lavaltrie. On trouve de nombreux contrats semblables.

Le bois des forêts servait aussi à produire du bois de charpente, des tonneaux, des bardeaux, du sucre d’érable et autres. Le 7 décembre 1843 Louis Pelletier scieur au second moulin à scie de L’Industrie s’est engagé auprès de Antoine Derome marchand de St-Paul à livrer à Urgel Bruguière marchand de L’Industrie 1.500 perches de cèdre et 500 piquets pour les clôtures. Le 23 janvier 1844 James Stansfeld marchand de l’Industrie a acheté tous les billots que Louis Galère dit Léveillée pourrait couper pendant l’hiver; J. Stansfeld s’engageait à descendre le bois aux marchands de Québec en louant un bâtiment pour le touer sur la rivière Ouareau.

Avant que le train ne soit construit le transport du bois jusqu’au marché de Québec était difficile et coûteux. Le 24 février 1846 John McConville instituteur à Ste-Geneviève de Berthier a conclu un contrat pour faire descendre au bout de l’Île de Montréal du bois d’épinette rouge et de pruche: lesquels bois les dits entrepreneurs seront tenus d’encager solidement avec bonnes flottes, traverses et les rames nécessaires.

Edward Scallon marchand de bois

Le premier contrat notarié mentionnant E. Scallon que j’ai trouvé date de 1839, B. Joliette et P.-C. Loedel avaient engagé un procureur à Québec pour les représenter, dans le contrat il est nommé Edouard Scallen. Il a commencé à faire le commerce du bois à L’Industrie vers 1841 quand il a signé un contrat pour 300 madriers à livrer au boom de M. Joliette sur la rivière L’Assomption. Le 1er avril 1843 E. Scallon a conclu un marché avec Michel Boisvert pour 350 madriers de la première qualité à scier à son moulin de St-Ambroise sur la rivière Blanche et à livrer à Québec; on peut supposer qu’il descendait par la rivière Ouareau dans des cages. Le 12 avril John Mac Gowan scieur au moulin à scie Lefebre (voire plus bas) a conclu un important marché avec les marchands de bois de Québec Ryan brothers; E. Scallon, lumber merchant, a servi de caution. Le 2 décembre E. Scallon a conclu un marché avec Alexis Coutu pour qu’il lui scie à son moulin de St-Félix tous les billots qu’il y amènerait pendant l’hiver.

E. Scallon menait ses affaires mais il était associé à B. Joliette et P. C. Loedel pour la fourniture des provisions à leur chantier de bois. En 1844 il a encore acheté à Robert Winters tout le bois à prendre sur le 4ème lot du 9ème rand du canton de Kildare. Le 21 août 1844 il a conclu un marché avec Ryan brothers pour leur livrer à Québec toutes les planches qui seraient sciées au moulin de Michel Boisvert dans le 8ème rang de Kildare. Le 31 août dans une obligation consentie par E. Scallon à M. Boisvert il est précisé que le moulin à scie construit par Michel Collins se trouvait sur le 6ème lot du 8ème rang.

Une autre obligation de 1848 montre que Scallon faisait toujours affaire au moulin de Boisvert. Le 3 mars Antoine Lacombe a acheté 200 billots à Michel Boisvert; le contrat stipule que Lacombe paiera les billots en achetant toutes ses marchandises au magasin d’Edward Scallon.

Dans sa publication de 2023 la ville de Joliette décrit Édouard Scallon comme un distillateur de whisky puisqu’il a géré une distillerie pendant quelques mois. Sa photo prise au studio Notman de Montréal appartient au Musée McCord.

La compagnie Joliette, Loedel & Scallon

Le 15 janvier 1842 Peter-Charles Loedel et Barthélémy Joliette ont obtenu des droits de coupe pour exploiter le bois de pin du bassin de la rivière L’Assomption sur les terres de la couronne. Pour 125 livres ils avaient le droit de couper 6.000 billots le long de la rivière sur 15 miles au nord des seigneuries de Ramzay et Daillebout sur une largeur de 2 miles sur chaque rive. Le document est signé Peter Charles Loedel et les témoins étaient E. Scallon et Charles H. Panneton.

Le 22 août 1845 l’Honorable Barthélémy Joliette, notaire, Peter-Charles Loedel écuyer chirurgien et Edward Scallon marchand, tous trois du village d’Industrie ont obtenu de nouveaux droits de coupe en tant que marchands de bois faisant affaire sous le nom de Joliette, Loedel & Scallon. La concession avait été agrandie à 26 miles par 10 miles de large pour récolter le même nombre de billots de pin blanc qu’en 1842 soit 6.000 pour 125 livres.

Lire: Joliette, Loedel & Scallon marchands de bois

Le deuxième moulin à farine

Vers 1840 un second moulin à farine a été construit en aval du moulin à avoine, un bâtiment de 2 étages (48 X 29), le premier en pierre et le second en bois contenant 3 paires de moulanges.

Les moulins de Joliette - Luc Richard
Les moulins de Joliette – Luc Richard
Le Journal de Québec, 16 février 1847
16 février 1847

Le train de l’Industrie

Les journaux étaient encore rares entre 1823 et 1850 et ils n’ont pas tous été conservés. À partir de 1847 quand le projet du train entre L’Industrie et Lanoraie pour acheminer le bois au fleuve a pris forme on trouve plus d’informations.

Lire: Le premier P’tit Train du Nord

À Rawdon et St-Liguori d’autres marchands de bois comme J.-H. Dorwin et son associé Peter McGill exploitaient la rivière Ouareau et ils ont prolongé la ligne vers Rawdon.

Lire: Jedediah Hubbell Dorwin 1792-1883

Le Journal de Québec a fait une longue description du village d’Industrie et de ses moulins: 6 moulins dont 2 à farine, l’un contenant 6 et l’autre 4 moulanges; 2 moulins à scie; 1 moulin pour moudre l’avoine de 3 moulanges; 1 moulin à carder.

Les journaux donnent des détails qui ne sont pas toujours exacts mais qui aident à documenter l’histoire des moulins. La Minerve du 13 novembre 1848 parle du moulin à farine (banal) qui a été complètement réparé. L’Avenir du 2 juillet 1851 parle de 3 moulins à scier le bois appartenant à la succession Joliette, décédé en 1850. Il semble qu’un troisième moulin a été construit à l’emplacement de la future manufacture de papier mais je n’ai pas trouvé à quelle date.

L'Avenir 2 juillet 1851

Dans la récapitulation, par districts et comtés, des retours du dénombrement des habitants du Bas-Canada de 1844 il y a 2 moulins à farine, 2 à avoine, 4 à scie, 1 à foulon et 1 à battre recensés à St-Charles-Borromée. Plus en amont dans Kildare il y avait 1 moulin à farine, 1 à avoine et 1 à scie. Il y avait aussi une distillerie.

Les autres industries dépendant des pouvoirs d’eau

Plusieurs industries dépendaient des pouvoirs d’eau fournis par la rivière L’Assomption. La fonderie Imbleau aurait été établie à la fin des années 1840 selon l’Histoire de Joliette. Un bail été conclu le 26 décembre 1846 entre Charles Héliodore Panneton, marchand, et John Hambleau, fondeur, demeurant au village d’Industrie.

En 1852 des industriels américains, Horatio Admiral Nelson, Isaac Butters et Ira(?) Allen Paddock, avaient construit une manufacture de seaux à côté du second moulin à farine et de la fonderie Imbleau. Dans le contat notarié conclu avec les seigneurs de Lavaltrie on trouve ce plan localisant le moulin, la fonderie et la facterie de seaux

Le 18 juillet 1855 messieurs Joseph Migué père et fils ont racheté le bail des associés américains. Le 23 novembre 1858 Joseph Migué père et fils devaient 758 livres à la compagnie Nelson & Butters qui a repris leurs biens pour se faire payer. Le représentant de la compagnie était Joseph B. Twiss célèbre horloger du village d’Industrie dont les horloges sont collectionées dans les musées; il achetait le bois de Lanaudière pour fabriquer les coffres et certains mécanismes de ses horloges.

Les moulins de L’Industrie 1850-1864

Barthélémy Joliette est décédé en 1850 et le règlement de sa succession a été difficile. Il s’était endetté pour construire le train et les seigneurs de Lavaltrie ont perdu leur place dominante dans le commerce du bois, Edward Scallon a pris leur place. Beaucoup de bois destiné à l’exportation était équarri sur 2 côtés et n’avait pas besoin de passer par un moulin à scie. Les moulins à scie du village d’Industrie servaient donc avant tout aux besoins locaux.

Le 29 octobre 1851 P. C. Loedel et G. DeLanaudière ont conclu un marché avec Henry et Edouard Burstall(?) marchands de bois à Québec pour 1.000 billots, soit tous les billots arrêtés à leur boom. Le 23 décembre G. DeLanaudière, la veuve Joliette et B. H. Leprohon ont conclu un autre marché avec Ryan brothers de Québec pour la livraison de billots; les frères Ryan devaient leur avancer des fonds pour leurs opérations et ils mettaient leurs propriétés en garantie. Le contrat a été modifié en 1852, la commission de Ryan était de 7,5%. Le 11 décembre 1852 un contrat montre que DeLanaudière, Scallon et Leprohon avaient formé une société. Le contrat avec les frères Ryan a été renouvelé le 23 décembre. Le 15 juillet 1853 une nouvelle société a été formée entre Scallon, Leprohon, DeLanaudière et la veuve Joliette, Scallon était le premier nommé.

Le 13 mai 1854 E. Scallon a conclu un marché avec Joseph et Élie Breault propriétaires d’un moulin à St-Alphonse pour la livraison de 1.200 madriers de pin blanc au port de Lanoraie, donc par le train.

Le 5 novembre 1853 E. Scallon a conclu un marché pour des billots d’épinette rouge équarris de 20 pieds de long pour le marché de Québec. Les billots devaient lui être livrés à la Chute Mont Appel sur la rivière l’Assomption (Monte-à-Peine aujourd’hui).

Les moulins du village d’Industrie pouvaient expédier leur bois par le train mais le transport en cages a continué. Le 2 octobre 1853 Antoine T. Voyer époux d’une des seigneuresses de Lavaltrie et Casimir Guilbaut marchand ont conclu un marché avec Joseph Faust dit Frederick pour qu’il descende au bout de l’Île de Montréal puis à Québec leur bois bien encagé. Ils en ont conclu un autre le 9 février 1854 où il est précisé que les billots devaient être amenés au boom du capitaine Benoni Perreault de St-Paul pour être mis en cages. Le 23 avril 1853 Médard Desmarais de L’Industrie a créé une société avec Patrick White de Laprairie pour descendre des traverses de chemin de fer en épinette rouge et en pruche à Québec.

Le moulin Lefebre

En 1838 Joseph Lefebvre a fait construire 2 ponts sur la rivière L’Assomption mais l’emplacement n’est pas précisé dans le contrat. En 1843 John Mac Gowan était scieur au moulin Lefebre qui a donc été construit avant cette date. Mais il ne devait pas être bon administrateur puisque le 6 juillet il a nommé un procureur quand son bois a été saisi par Benjamin Abbott et autres; il y avait 500 billots appartenant à E. Scallon dans le lot.

En 1853 une carte de la rivière L’Assomption a été dessinée pour tracer la limite entre la seigneurie de Lanoraie et le canton de Kildare. Sur cette carte l’île qui s’appelle aujourd’hui Bordeleau à St-Charles-Borromée est dessinée en jaune. La légende dit que les îles colorées en jaune ont été accordées par le Département des Terres de la Couronne il y a quelques années à feu Joseph Lefebre.

Moulin Lefevre
Moulin Lefebre (BANQ)

Le 8 juillet 1853 Léandre Fréchette commerçant de la paroisse St-Charles-Borromée a loué à la veuve Lefebre un de ses moulins, celui construit sur la rive nord de la rivière; il est précisé que Joseph Lefebre était un marchand de Berthier. Le 15 juillet 1853 Léandre Fréchette marchand de L’Industrie a fondé la Société en Commandite de la Manufacture Canadienne de la Paroisse de St-Charles-Borromée.

Dans la liste des actionnaires on trouve Gaspard DeLanaudière et A. T. Voyer, seigneurs de Lavaltrie, et des marchands de Québec. Le but de la société était d’établir une manufacture de sceaux et aussi fabriquer des roues, faire des couchettes, tourner des pieds de table et scier du bois de proportions pour faire des portes, châssis et jalousies, laquelle manufacture devra être mûe par l’eau dans l’endroit communément appelé les moulins de Lefevre.

50 actions à 5 livres chacune ont été émises, Léandre Fréchette en a pris 35, les autres actionnaires 1 ou 2. Le 24 janvier 1854 Léandre Fréchette concluait un marché avec Charles Hénault et le 14 février un autre avec Louis Durand pour approvisionner la manufacture en bois.

Le 20 février Léandre Fréchette est retourné chez le notaire pour modifier la société. Les moulins ont été sous-loués à 2 autres industriels et L. Fréchette s’est associé avec Jean-Baptiste Leclaire.

Le 2 mai 1854 A. T. Voyer a revendu sa part de la Manufacture Canadienne à Léandre Fréchette qui s’était engagé à les racheter au même prix (5 livres), le 2 août Isaïe Nazaire Melançon a revendu ses 2 parts et Gaspard DeLanaudière aussi.

Les moulins de l’île des soeurs

Les îles d'Edward Scallon
Île des soeurs (BANQ)

Sur la même carte un peu en aval les îles d’Edward Scallon, Mr. Scallon’s point, étaient aussi à la limite du canton, il y a fait construire un moulin à farine et un moulin à avoine. Il y avait déjà un moulin à scie, E. Scallon était commerçant de bois. Dans l’histoire de Notre-Dame-des-Prairies les auteurs écrivent que ce moulin en pierre a appartenu à B. Joliette mais rien ne semble le démontrer.

Le 17 novembre 1853 Edouard Scallon avait conclu un accord avec les dames Cuthbert, seigneuresses de Lanoraie, pour pouvoir construire la chaussée du moulin.

Le 15 juillet 1853 Edouard Scallon, Bernard Henri Leprohon, Gaspard DeLanaudière et la veuve Joliette avaient formé une société sous le nom de Scallon, Leprohon & DeLanaudière pour faire commerce de bois. La société était divisée en 4 parts égales. E. Scallon devait diriger les affaires, B. H. Leprohon ne payait pas de commission mais il était tenu de donner tout son temps aux affaires de la société, la veuve Joliette et G. DeLanaudière fournissaient leurs moulins. Le 2 décembre 1856 la société pour le commerce de bois a été prolongée pour une année, B.-H. Leprohon indisposé se faisait représenter par son fils Charles.

Le 22 décembre 1852 E. Scallon s’est associé avec J.-H. Dorwin marchand de bois du village de Rawdon. Le greffe du notaire Denis-Émery Papineau n’a pas été numérisé, seulement l’index:

Le 26 décembre 1853 Dorwin a déposé un protêt pour dissoudre la société Edward Scallon & Company puisque E. Scallon ne s’était pas bien occupé de la gestion de son moulin:

E. Scallon gérait son moulin et il aurait voulu fonder le village d’Entreprise au nord du village d’Industrie. Le 3 février 1855 il a conclu un marché avec Pierre Nadeau père et André Parant pour le bois du pont de L’Entreprise sur la rivière L’Assomption. Le marché pour sa construction a été conclu le 4 juin avec Michel Ladouceur.

La Minerve 20 février 1855
La Minerve 20 février 1855

Edward Scallon était le principal marchand de bois du village d’Industrie et il a conclu beaucoup de contrats chez les notaires.

Lire: Edward Scallon et le Village d’Entreprise

Le moulin à farine de Gaspard DeLanaudière sur la Ouareau

Le 12 décembre 1853 Gaspard DeLanaudière a conclu un marché avec Médard Desmarais pour le devis du bois de construction de l’écluse de son moulin sur la rivière Lacouareau.

Le 23 novembre 1857 Gaspard DeLanaudière avait mis son moulin à farine construit sur la rivière Ouareau en garantie hypothécaire dans une obligation envers Edouard Scallon: un moulin à farine à deux étages sur le derrière et à un seul étage sur le devant avec cinq moulanges pour moudre le grain et écaler l’avoine avec une chaufferie

Description des moulins de L’Industrie en 1855

En 1855 Antoine Toussaint Voyer époux de Angélique DeLanaudière est décédé et dans l’inventaire de ses biens qui a été fait les moulins de L’Industrie sont précisément décrits dans le contrat notarié:

  • le moulin à scie de Peltier construit rive gauche aurait été reconstruit à neuf en 1852 ainsi que le tiers de la chaussée, il contenait 2 échasses(?) et une scie ronde et était estimé à 500 louis; il est aussi nommé moulin Flamand dans l’acte notarié
  • les mouvements du grand moulin à farine ont été refaits à neuf, ceux du moulin à scie aussi et une rallonge a été ajoutée; il a été estimé à 1.000 louis
  • le moulin à cardes contenait 2 jeux de cardes, le bâtiment de 45 pieds par 24 était en mauvais ordre, il était évalué à 100 louis
  • le moulin à l’avoine faisait 50 pieds par 25 avec une chaufferie de 66 pieds de long contenait 2 paires de moulanges pour l’avoine et 1 pour les autres grains, le tout estimé à 375 louis
  • le moulin de Louis est le second moulin à farine construit en aval, un bâtiment de 48 pieds par 29 estimé à 1.250 louis; c’est donc ce moulin qui avait le plus de valeur en 1855

Un article du Journal de Québec de 1854 décrit 2 moulins à scie, 3 moulins à farine, 2 moulins à avoine, 1 moulin à fouler, presser et carder dans le village d’Industrie.

Le Journal de Québec, 11 avril 1854
11 avril 1854

La compagnie Scallon & Leprohon

Le 19 mai 1855 E. Scallon et B.-H. Leprohon ont conclu un marché qui décrit le moulin d’E. Scallon en amont (île des soeurs) et celui des seigneurs géré par Leprohon. Ils étaient associés sous le nom de Scallon & Leprohon. Le 23 juin E. Scallon a acheté une grosse quantité de bois à Joseph et Élie Brault qui avaient un moulin à St-Alphonse (peut-être St-Ambroise-de-Kildare); il y a 2 contrats le même jour. Le 26 novembre il concluait un contrat pour l’achat de billots au lac Noir à St-Jean-de-Matha.

Il y avait d’autres commerçants de bois au village d’Industrie. Le 17 novembre 1856 Thomas Corriveau a conclu un marché avec John O’Brian marchand à Québec pour lui livrer 50.000 pieds (et plus si possible) de bois de pin blanc et jaune bien encagé au bout de l’Île de Montréal à l’embouchure de la rivière L’Assomption.

Le 15 août 1857 Charlotte DeLanaudière veuve de B. Joliette a contacté une obligation de 1.000 livres auprès de la Compagnie de Prêt du Haut Canada. Elle a dû mettre ses propriétés en garantie, elle devait déjà 750 livres à E. Scallon qui a fait cession de sa garantie hypothécaire le même jour.

Le 4 décembre 1857 G. DeLanaudière, B.-H. Leprohon, la veuve Joliette et E. Scallon ont mis fin à leur association et les propriétés de leur compagnie de commerce de bois ont été mis en vente à l’encan au marché de L’Industrie. Edouard Scallon a racheté les 120 miles de limites de bois et la ferme qui sont décrits en détail dans ce contrat.

Claude Lambert – Explorateurs et arpenteurs…

Un avis avait été publié dans Montreal Herald pour annoncer la vente. E. Scallon est décédé en 1864 et il avait commencé à vendre ses propriétés en 1858. Les limites de bois ont été achetées par des américains, L. Flout, A. B. Hallowell, Bergeman et D. Peck, associés dans la compagnie Flout, Hallowell & Co.

Le 9 octobre 1858 E. Scallon a vendu le moulin à cardes de L’Entreprise à Zail Chaput, époux en 2ème noces d’Angélique de Lanaudière. Les mécanismes devaient être démontés et l’emplacement loué à André Ducheny cardeur de St-Charles-Borromée.

Le 2 décembre 1858 Charles E. Scallon a conclu un achat de billots sur la rivière David dans le comté de Joliette pour Messieurs Cushing, c’est la première mention de ce deuxième membre de la famille Scallon. Le 11 décembre Edouard Scallon en concluait un sur la rivière Noire, le 8 janvier 1859 il achetait d’autres billots sur la rivière Noire et le 12 janvier sur la rivière L’Assomption. Le 14 janvier il a signé une convention avec Louis Dalpé dit Pariseau et une autre avec Alexis Manseau de St-Gabriel de Brandon à propos d’un marché de bois avec Joshua Scholefield & Sons de Birmingham Angleterre. Le 22 janvier nouvel achat de billots à François-Xavier Gaboury sur la rivière Noire. Il a aussi réclamé de l’argent à Joseph Brissette, Antoine Beauchamps, Louis Lanoix, Olivier Asselin, Jean-Louis Granger et de nombreux autres habitants de St-Gabriel au nom de William Scholefield et John Dent Goodman.

Gaspard DeLanaudière s’était endetté auprès d’E. Scallon qui avait pris ses propriétés en garantie hypothécaire; le Grand Moulin à farine et le moulin à scie qui en faisaient partie sont décrits dans cette obligation de G. DeLanaudière du 4 février 1859. Le 12 février la veuve de Barthélémy Joliette a vendu à E. Scallon ses derniers droits dans le commerce du bois. La ferme pour ravitailler les chantiers de bois se trouvait à la limite nord du township de Cathcart sur la rivière L’Assomption.

La ferme est dessinée sur un plan de Cathcart de 1857: Mr. Scallon’s clearance. Elle était située au nord de St-Côme vers la ZEC Lavigne.

Sur la même carte le chemin menant jusqu’à la ferme est tracé depuis la seigneurie Daillebout; une traverse à gué menait au chemin du gouvernement tracé par Hugh Daly et un embranchement partait vers la ferme au nord.

Certains contrats sont signés Charles E. Scallon et j’ai fini par comprendre qu’il y avait un autre Scallon à Joliette, il n’en est pas fait mention dans l’histoire de Joliette. Il est devenu le représentant de T. Cushing à L’Industrie quand E. Scallon a vendu son commerce de bois à cette compagnie de Repentigny. C’est dans le testament d’Edward Scallon qu’on apprend que Charles-Edward était son cousin.

Sur ce tableau des limites de bois en 1918 on voit que Scallon & Leprohon avaient acquis les droits de coupe sur la rivière L’Assomption avant 1856. Ces droits ont ensuite été acquis par Wm. Copping et la St-Maurice Paper Co Ld.

Le 7 juillet 1859 E. Scallon a conclu un marché pour le foin qui devait être coupé à sa ferme sur la rivière L’Assomption dans le township de Cathcart pour ravitailler ses chantiers.

À partir du 5 octobre 1859 jusqu’à la fin décembre Charles Edward Scallon a signé plus d’une centaine d’engagements pour les chantiers de bois en tant qu’agent de Theophilus Cushing. Le salaire des engagés était de 10 piastres par mois et il pouvait être réduit si ils ne respectaient pas les règlements stipulés dans le contrat. Il avait fait construire un boom pour arrêter les billots à Ste-Béatrix et il a dû conclure un marché avec ses voisins. Il a aussi conclu des marchés avec des entrepreneurs pour couper et charroyer des billots dans le comté de Joliette, un autre sur les rivières Noire et David, un sur la rivière Boule dans le 10ème rang de Cathcart et un sur le 5ème rang de Cathcart. Il a finalement engagé Joseph Peltier de L’Industrie comme boulanger pour livrer le pain dans ses chantiers de la rivière L’Assomption.

Le 7 décembre 1860 C. E. Scallon a conclu un marché pour des billots à couper dans les 6ème, 7ème et 8ème rang de Cathcart précisant les qualité demandées, la dimension des noeuds entre autres, et la manière de les corder en roalway à l’embouchure de la rivière Boule (Bull’s river).

Lire: Edward et Charles-Edward Scallon marchands de bois

Le moulin d’Edouard Scallon

Le 19 juin 1860 E. Scallon a vendu à Prosper Lavoie, meunier de Sorel, ses moulins de L’Entreprise: un terrain bâti d’un moulin à farine, un moulin à scie, un hangar, une maison et autres dépendances pour 2.000 livres.

Le 5 mars 1861 Edward Scallon a vendu à Charles Chaput le 13ème lot du 2ème rang de Kildare moins une portion déjà vendue à Charles Edward Scallon et une autre à Benjamin Peck. Les moulins restaient la propriété de Prosper Lavoie et E. Scallon conservait un lopin de terre en aval du pont. Un plan accompagne le contrat, il est en 2 parties que j’ai recolées et montre que le moulin d’E. Scallon n’était pas sur l’île des Soeurs mais en amont.

Le commerce du bois en 1860-1864

Le 1er décembre 1860 Charles Edward Scallon a conclu un marché avec François Lefebre et Régiste Bourret cultivateurs de Ste-Elisabeth pour couper, charroyer et mettre sur la glace de la rivière L’Asomption dans le 11ème rang de Cathcart 1.000 billots de pin. Le 3 il en a conclu un autre avec Jean-Baptiste Duperrault de St-Gabriel pour 5.000 billots sur la rivière de Boule, le 12 avec Jean-Baptiste Peltier de Ste-Mélanie pour 400 billots sur la rivière L’Assomption et avec Féréol Majeau, charpentier et conducteur de chantier, de L’Industrie pour 400 billots, le 13 avec André Rivet, aubergiste de L’Industrie, pour 400 autres billots sur la rivière de Boule. Le 8 il a aussi acheté de James Canon de Rawdon 30.000 douves à tonnes de chêne (pour fabriquer les tonneaux) à livrer à la gare du village d’Industrie. Il n’est jamais fait mention de T. Cushing dans ces contrats et il n’a pas signé de contrat d’engagement pour les chantiers cet hiver là.

Le 12 mai 1862 Edouard Scalon a conclu un accord avec MM. Leavitt, Smith et Weston de Bangor, Maine et Theophilus Cushing de Winterport, Maine, de la Ottawa Lumber Co. Cette compagnie de Repentigny avait empiété sur ses limites de bois sur la rivière L’Assomption et ses tributaires, rivière Noire et Ducharme. Après un procès un accord à l’amiable a été conclu. Le 27 mai Charles E. Scallon a conclu un accord avec Firmin Cornellier de Ste Mélanie en tant que représentant de la Ottawa Lumber Co pour un billot estampillé T. C. (Cushing) qui aurait été scié au moulin de William Berczy exploité par Ovide Pelletier. F. Cornellier aurait affirmé que c’était un billot à la dérive mais il a dû payer $20.

En 1862 Charlotte DeLanaudière veuve de B. Joliette était encore fortement endettée et dans une obligation que Edouard Scallon lui a consentie cette fois elle a dû mettre toutes ses propriétés en garantie qui sont décrites. Le 26 juillet E. Scallon a conclu un marché avec Narcisse Desrosiers de Ste-Elisabeth pour récolter le foin de la ferme des chantiers d’en-haut. Le 4 août il a dû trouver un accord avec son voisin Jean-Baptiste Chaput car la chaussée de son moulin avait inondé son terrain. Le 25 octobre Charles Edward Scallon a vendu à Charles Chaput son emplacement près du moulin. Le 27 décembre un autre un marché a été conclu avec Israel Gaudet et Maxime Robichaud de St-Alphonse-Rodriguez pour la livraison de billots au moulin de Dixon sur la rivière L’Assomption dans le township de Cathcart; E. Scallon en voyage en Europe était représenté par son commis Joseph Brouillet.

Le 21 août 1863 E. Scallon a conclu un bail de location du moulin à scie appartenant à Charlotte et Gaspard DeLanaudière pour 6 ans; le moulin attenant au Grand Moulin à farine est décrit, les scies rondes devaient être changées. Le 26 septembre il leur a présenté un devis des travaux à faire au moulin.

Le 28 avril 1864 C. E. Scallon a conclu un marché de billots de bois avec James Payton de Rawdon. Charles Edouard Scallon ci-devant marchand et actuellement geôlier de la Prison du district de Joliette, résidant en la ville de Joliette.

Le contrat montre un exemple d’octroi de coupe de bois sur les terres de la couronne dans le township de Wexford, 2½ square miles sur les rangs 2, 3 et 7. Le même jour les 200 morceaux d’épinette rouge flottant sur la Ouareau entre Chertsey et Rawdon ont été vendus par Payton à T. C. Cushing, C. E. Scallon agissant comme leur représentant.

Le 11 juin Joseph Brouillet a conclu une transaction avec Theophilus Cushing en tant qu’exécuteur testamentaire d’E. Scallon. Le 30 septembre Mgr Bourget autre exécuteur testamentaire avait nommé Pierre Edouard McConville comme son représentant pour régler le litige avec Cushing et ses associés. Le 3 janvier 1865 dans une procuration de T. Cushing à François B. Godin on lit que le moulin à scie en pierre du village d’Entreprise a été vendu par Scallon en même temps que ses limites de bois.

Le 24 février 1865 Charles Edward Scallon a déposé une procuration que lui avait donnée Clotilde Scallon, épouse de Pierre Pelissier forgeron de Wakefield et soeur d’Edouard Scallon, pour avoir sa part de la succession.

On trouve des informations dans les journaux quand il y a des inondations, des incendies ou des accidents. Dans Le Courrier du Canada on lit que le moulin à farine de M. de Lanaudière a été endommagé et un magnifique pont emporté par la débâcle.

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 27 avril 1863
27 avril 1863

Le 21 octobre 1863 Charlotte DeLanaudière veuve Joliette a vendu à Edouard Harboure la terre du vieux moulin de St-Paul et les 2 îles situées à côté (île Vessot). En novembre le moulin à farine appartenant à Mme Joliette a été complètement détruit par un incendie; il s’agit du moulin à avoine qui n’a pas été reconstruit (L’Ordre).

L'Ordre: union catholique, 6 novembre 1863
6 novembre 1863

Je ne peux pas m’empêcher de me moquer encore de la ville de Joliette qui a publié un nouveau guide toponymique en 2023 où elle raconte n’importe quoi à propos d’Edward Scallon le plus gros commerçant de bois de son histoire:

Il s’appelait Edward, il n’a pas fondé de distillerie mais géré pendant quelques mois celle que B. Joliette avait fondée, il n’a jamais habité la maison Antoine Lacombe, un moulin à lin ça n’existe pas (le rédacteur voulait sans doute dire un moulin à carder et à fouler la laine).

Les moulins de Joliette 1864-1885

Cette photo semble être la plus ancienne des moulins du centre-ville. Elle est sur le panneau historique de la Place des Moulins.

Les moulins de Joliette - Collection privée
Les moulins de Joliette – Collection privée

On trouve des informations partielles au hasard des recherches. Dans La Minerve du 5 juillet 1865 la Compagnie Épiscopale Catholique Romaine de Montréal poursuit D. Richer qui possède 1 moulin à scie à St-Charles-Borromée, sans précision. C’est peut-être un des moulins d’E. Scallon au village d’Entreprise. Mais dans l’histoire de Notre-Dame-des-Prairies il est écrit que les soeurs de la Providence ont acheté leurs moulins de M. Scallon en 1858.

Le 4 février 1867 les superbes moulins de Mr. H. Cornellier connus sous le nom de moulin Lefebvre ont brûlé, ce sont les moulins situés sur l’île Bordeleau.

Moulin Cornellier 1867

En 1869 une poursuite a été déposée par David Young et Maurice Cuvillier contre Charles Barthélémy-Gaspard DeLanaudière. Il était propriétaire d’un moulin à farine de 2 étages en pierre (le Grand Moulin) et de la moitié indivise d’un moulin à scie en pierre et bois attenant. On peut en conclure qu’un bâtiment séparé du grand moulin à farine avait été construit pour le moulin à scie. Dans d’autres poursuites en 1870 on apprend qu’il avait aussi le tiers de la chaussée en propriété indivise et qu’il avait l’obligation de fournir assez d’eau pour actionner le moulin à avoine situé sur le même canal en aval.

Gazette officielle du Québec, 31 juillet 1869
Gazette officielle du Québec, 31 juillet 1869

L’année suivante la Compagnie à bois de Joliette a été formée pour acheter des billots pour les faire descendre par la rivière et approvisionner les moulins de la ville. À cette époque de grosses compagnies exploitaient le bois par les rivières L’Assomption et Ouareau pour le faire scier à Charlemagne et Repentigny.

L’Assomption Lumber Co. exploitait le bassin de la rivière Ouareau alors que le bois du bassin de la rivière L’Assomption appartenait à la compagnie Cushing de Repentigny. Le moulin à scie Cushing fonctionnant à la vapeur a été construit en 1857 en bordure du fleuve face à l’île Lebel à Repentigny. Le moulin à scie construit en 1869 par l’Assomption Lumber Co. à Charlemagne fonctionnait aussi à la vapeur. On comprend facilement pourquoi les moulins de Joliette dépendant de la force hydraulique ont décliné à partir de cette époque.

Lire: L’exploitation industrielle du bois sur la rivière Ouareau

L'Ordre: union catholique, 29 septembre 1870
L’Ordre – 29 septembre 1870

Bernard-Henri Leprohon (médecin et shérif de Joliette) et Gaspard de Lanaudière (neveu de Barthélemy Joliette) opèrent toujours leurs ­moulins à scie. Ils emploient 25 ouvriers gagnant environ 15 $ par mois. Dans les ­années 1870 le nombre d’employés double et trois moulins sont en activités: celui de Bernard-Henri Leprohon, de Georges Gilmour et de la Compagnie de Joliette, administré par les héritiers de Barthélemy Joliette et ensuite par la Société du Moulin à bois de Joliette dirigée par Edouard McConville (époux d’Hermine Scallon).

Association forestière de Lanaudière

La Gazette de Joliette rapporte la vie des moulins. Le 20 avril 1871 G. Gilmour fait des réparations au grand moulin à scie, celui de la rive droite. Le 18 avril 1872 elle annonce que la Cie à bois de Joliette doit faire descendre 20.000 billots. La moitié sera scié par MM. de Lanaudière et Gilmour; l’autre moitié sera scié au moulin de M. B. H. Leprohon et de dame Z. Chaput qui ont loué leur scierie aux MM. Cushing qui devraient y faire de grandes améliorations (c’est le deuxième moulin à scie).

Le recensement de 1871

Le recensement canadien de 1871 présente des tableaux des établissements industriels avec des données précises permettant d’évaluer leur importance. Voici la liste des moulins recensés à Joliette:

  • George Gilmour – 1 moulin à farine ($8.000) c’est le grand moulin
  • P. C. Loedel – 1 moulin à farine ($1.666) c’est le second moulin à farine situé devant son manoir
  • B.-H. Leprohon et dame Chaput – 1 moulin à scie ($4.000) situé rive gauche en face de la fonderie
  • George Gilmour – 1 moulin à scie ($4.000) situé rive gauche en face du grand moulin
  • La Compagnie à bois de Joliette – sans précision ($3.000) la scierie était à côté du grand moulin?
  • Pierre Imbeau – 1 fonderie ($8.900) c’était le plus gros capital investi à Joliette

Dans le recensement de Saint-Charles-Borromée les seuls moulins recensés sont ceux de Cornellier et Baby sur l’île Bordeleau, un moulin à farine d’avoine et de blé ($4.800) et un moulin à scie ($600).

Moulin Cornellier et Baby 1871

Dans celui de Saint-Ambroise il y a 1 moulin à scie ($1.000) appartenant à Joseph Cornellier dans la première partie. Dans la seconde qui semble concerner le nord du canton il y a 1 moulin à scie ($1.000) à Robert Stafford, 1 moulin à farine ($1.100) et un à scie ($500) à Russell(?) Woods, 1 moulin à farine ($2.000) à Leon Bourgard et un moulin à carder ($1.600) à Didace Ques(?).

Le 6 juin 1872 MM. de Lanaudière et Gilmour ont fait placer la turbine qu’ils ont importé de Montréal pour remplacer celle qui s’était brisée il y a un mois. L’ancien système de roues à aubes a été remplacé par un système à turbine plus efficace. Le 13 juillet 1872 la Cie à bois Cushing et Frère fait descendre une grande quantité de bois dans les townships. La plupart descend à Repentigny, ils en scient un peu au moulin de M. Leprohon et dame Chaput.

La Gazette de Joliette, 19 mai 1873
La Gazette de Joliette, 19 mai 1873

Cushing Brothers et MM. Pope ont formé la Assomption Lumber Company à Repentigny.

La Gazette de Joliette, 26 mai 1873
26 mai 1873

En 1875 John Crilly a fait construire une manufacture de papier en face de la fonderie, où se trouve aujourd’hui le second barrage. Elle était actionnée par 2 turbines hydrauliques (Histoire de Joliette). C’était une grosse manufacture moderne pour l’époque.

La Gazette de Joliette, 3 août 1875
La Gazette de Joliette, 3 août 1875

La manufacture a commencé ses opérations vers avril 1876 non sans difficultés. La Gazette de Joliette du 19 octobre 1875 écrit: L’eau gonflée par la pluie à démoli une partie de la chaussée de M. Crilly et fait des trouées considérables dans le chenal de La Fonderie.

Le 2 juin 1876: La chaussée de M. Crilly a été emportée sur un espace de près de 40 pieds. On pense qu’elle sera placée un peu plus haut afin de diminuer le poids de l’eau.

En 1876 la Gazette officielle du Québec a publié une poursuite de George Baby contre Peter-Charles Loedel. Ses propriétés comprenaient le moulin rive gauche nommé moulin Flamand qui appartenait auparavant à B.H. Leprohon et dame Chaput.

Gazette officielle du Québec,  24 juin 1876
Gazette officielle du Québec, 24 juin 1876

La Gazette de Joliette nous apprend que George Gilmour est devenu le propriétaire d’un des moulins à farine, son meunier s’appelait Marcil (22 mai 1877). Dans le recensement de St-Liguori en 1871 George Gilmour était propriétaire d’un moulin à farine (blé, avoine) et d’un moulin à fouler et à carder la laine dans le village sur la rivière Ouareau.

La Gazette de Joliette, 13 août 1878
13 août 1878

Le journal La Patrie était imprimé sur du papier fabriqué à Joliette par John Crilly & Cie.

La patrie, 27 juin 1879
La Patrie, 27 juin 1879

La compagnie Cushing de Repentigny avait loué le moulin à scie de la rive gauche vers 1871. Le 6 novembre 1877 toutes les propriétés de T. H. Cushing était mises en vente par le shérif de Joliette (Gazette de Joliette).

La Gazette de Joliette, 25 novembre 1879
25 novembre 1879

En 1884 un nouveau journal est publié à Joliette L’Étoile du Nord. Le 5 juin il a publié une description des moulins de la ville. Le moulin à scie rive droite appartient à la Cie à bois de Joliette et l’autre à W. Copping. La manufacture de papier de Mr. Crilly est en opération.

L'Étoile du Nord, 5 juin 1884
L’Étoile du Nord, 5 juin 1884

Le grand moulin à farine est devenu la propriété de M. Fontaine et il ne semble pas y en avoir d’autre. M. Gilmour est propriétaire du moulin à cardes. Le 16 août le même journal annonce que Mrs. Landry, Joly et Guilbault se sont associés en compagnie pour faire un chantier de bois de cordes qui sera descendu des cantons du nord par la rivière L’Assomption.

Joliette en 1881

La débâcle de 1885

Inondations à Joliette en 1885

Les inondations du printemps 1885 ont été dévastatrices, le 2 mai L’Étoile du nord faisait le bilan des dégâts. Tous les moulins sont décrits car ils ont tous été endommagés. L’image de Joliette vue à vol d’oiseau en 1881 permet de voir les moulins du centre-ville avant les inondations.

Joliette 1881 - Les moulins et le bois sur la rive

Lire: La débâcle de la rivière L’Assomption en 1885

Gazette de Joliette - 13 mai 1885
Gazette de Joliette – 13 mai 1885
Joliette en 1881
La manufacture de papier Crilly (17) et la fonderie (16)

Le déclin des moulins de Joliette

Cette industrie déclinera rapidement à Joliette, en raison des pertes de droits de coupe dans le nord de Lanaudière, de l’effondrement de la demande de bois d’œuvre sur le marché du Royaume-Uni et de la vente des droits de coupe d’Édouard Scallon aux frères Cushing de Repentigny.

Association forestière de Lanaudière
La Gazette de Joliette, 23 février 1886,
La Gazette de Joliette, 23 février 1886,

En 1886 les investisseurs qui vont fonder la Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Co. semblent avoir fait une bonne affaire, ils ont payé $30.000 pour les actifs de l’Assomption Lumber Co. évalués à $700.000.

L'Union des Cantons de l'est 24 juillet 1886
L’Union des Cantons de l’est 24 juillet 1886
Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Co
Gazette de Québec 21 août 1886

Dans la Gazette officielle du Québec (page 23) du 30 janvier 1886 on trouve une information surprenante. Les héritiers McGill étaient poursuivis pour ne pas avoir payé les taxes sur des terrains leur appartenant rue St-Antoine à Joliette. Peter McGill avait des terres et des moulins entre St-Liguori et Rawdon et il possédait les concessions de bois sur la rivière Ouareau.

McGill à Joliette

Le 30 mars 1888 la Gazette de Joliette annonce que MM. Kelly & frère construisent un nouveau moulin à scie devant marcher par le feu. Le 1er mars L’Étoile du Nord avait annoncé que MM. Kelly commençaient la construction d’un moulin à scie marchant par le feu à quelques arpents plus haut que celui en activité. Ils ont reconstruit le moulin à scie qu’on voit sur les photos anciennes un peu en amont.

La Gazette de Joliette, 30 mars 1888

L’Étoile du Nord, 2 août 1888 – Mme Veuve George Gilmour offre en vente un moulin à farine et un moulin à carder à St-Thomas; elle offre aussi son moulin à carder, fouler, presser et teindre situé dans la ville de Joliette qu’elle exploite actuellement.

L'Étoile du Nord 2 août 1888
La Gazette de Joliette, 20 décembre 1888
La Gazette de Joliette, 20 décembre 1888

En 1885 Samuel Vessot a fondé une manufacture où il fabriquait des outils aratoires de son invention. Peu après il a construit un premier moulin sur la rivière, en aval du pont des Dalles, pour électrifier son usine, avant même que la ville de Joliette ne construise ses installations. Le moulin servait aussi à scier le bois et moudre le grain.

Samuel Vessot
S. Vessot et ses ouvriers devant le moulin (SHJL)

Lire: Les moulins de Samuel Vessot

En 1889 les frères Kelly sont en faillite, ils ne se sont pas remis de la débâcle de 1885. Dans une poursuite contre Samuel T. Kelly on apprend qu’il était propriétaire du moulin à scie connu sous le nom de moulin de L’Entreprise en plus de la manufacture de papier. Ses réserves de bois dans les cantons de Cathcart et Cartier sont détaillées (Histoire de Joliette).

Gazette officielle du Québec décembre 1889
Gazette officielle du Québec décembre 1889

La Gazette de Joliette du 12 décembre 1889 annonce la vente d’un moulin à feu et de deux moulins sur pouvoir d’eau.

La Gazette de Joliette, 12 décembre 1889

En 1890 Eugène Bordeleau a trouvé du minerai de fer autour de son moulin et il a vendu des parts de la Compagnie Minière de Bordeleau.

Gazette de Joliette, 30 janvier 1890
Gazette de Joliette, 30 janvier 1890

L’Étoile du Nord du 28 août 1890 annonce une maison à vendre et précise qu’elle possède un droit de grève qui rapporte un bon bénéfice. Le bois amassé sur la rivière en amont des moulins était encombrant.

L'Étoile du Nord 28 août 1890

Le 18 septembre le journal publie une liste des manufactures en activité à Joliette. M. McArthur est le nouveau propriétaire de la manufacture de papier. Il y a 2 moulins à scie dont l’un à vapeur présentement fermé, l’autre propriété de la Cie à bois de Joliette et le moulin à farine de M. A. Fontaine.

L'Étoile du Nord, 18 septembre 1890

Gazette de Joliette, 16 octobre 1890 – M. Eugène Bordeleau propriétaire d’un moulin à scie est parti avec le nombre d’hommes et tout l’outillage nécessaire pour faire son chantier de bois.

Gazette du Québec, 22 novembre 1890 – Edouard Migné poursuit Francis Kelly pour le reste des propriétés Kelly & Frère.

Pendant que l’industrie du bois déclinait à Joliette la scierie de Charlemagne était en plein essor.

Les moulins de Charlemagne
Les moulins de Charlemagne en 1891 (Dominion Illustrated)

Gazette de Joliette, 28 janvier 1892 – M. W. Copping a pris possession du moulin de MM. Kelly sur la rive sud de la rivière et l’a mis sous la direction de M. Xavier Flamand scieur. Il s’agit du second moulin à scie nommé moulin Peltier.

La Gazette de Joliette, 28 janvier 1892

En 1892 le grand moulin de Joliette a été mis en vente et on a des détails sur son histoire. Il a été réparé en 1840 par B. Joliette, les Trudeau y ont été meuniers jusqu’en 1890. G. Gilmour l’a acheté en février 1871 et y fit exécuter de grandes améliorations en installant des turbines à la place des roues en bois. En novembre 1882 il l’a vendu à Dame A. Fontaine qui l’a laissé à ses héritiers. M. A. Fontaine vient de faire de nouvelles réparations.

L'Étoile du Nord, 15 septembre 1892
L’Étoile du Nord, 15 septembre 1892
Gazette de Joliette, 3 novembre 1892
Joliette autrefois
Joliette Illustré 1893
Les moulins de Joliette en 1893 (détail)
Les moulins de Joliette en 1893 (détail)
Moulins de la compagnie à bois de Joliette et de M. W. Copping - Joliette illustré 1893
Moulins de la compagnie à bois de Joliette et de M. W. Copping

Dans l’Histoire de Joliette on lit qu’en 1893 la Cie à bois de Joliette, sous la direction de Pierre-Édouard McConville était la seule entreprise à exercer ses activités dans le secteur du bois à Joliette, il me semble que c’est inexact, le Joliette Illustré de 1893 montre les photos de 3 gros moulins à bois.

Manufacture de papier MacArthur - Joliette Illustré 1893
Manufacture de papier de M. Alex McArthur

L’Étoile du Nord, 28 février 1895 – Les pouvoirs d’eau donnaient de la valeur aux propriétés; Alexis Côté en possédait un, peut-être celui du Vieux Moulin.

L'Étoile du Nord 28 février 1895

L’Étoile du Nord, 2 mai 1895 – Le moulin à carder de feu M. Gilmour va être converti en une manufacture de laine, G. M. Anderson sera le gérant.

L'Étoile du Nord 2 mai 1895
L'Étoile du Nord 23 avril 1896
23 avril 1896

Chaque année la période de la débâcle était dangereuse. En 1896 elle a encore fait de gros dégâts, les moulins d’Eugène Bordeleau ont été endommagés une nouvelle fois. Au mois d’août La Presse rapporte que la rivière L’Assomption est à son plus bas depuis 10 ans et que les moulins doivent fermer.

L'Étoile du Nord 23 avril 1896
L’Étoile du Nord 2 mai 1895

L’Étoile du Nord, 27 juillet 1897 – M. Napoléon Gratton veut vendre le moulin à farine et à carde qu’il acheté il y a un an des Révérendes Soeurs de la Providence.

L'Étoile du Nord 27 juillet 1897

L’Étoile du Nord, 12 août 1897 – La digue du moulin de M. Fontaine dont une partie avait été emportée a été solidement réparée; la scierie et la minoterie sont en pleine opération.

L’Étoile du Nord, 16 décembre 1897- Les propriétaires de la Compagnie à bois ont vendu leur moulin et accessoires à M. W. Copping qui devient propriétaire des deux scieries de chaque côté de la rivière. C’est sans doute peu après que le moulin de la rive droite a cessé ses opérations.

L'Étoile du Nord, 16 décembre 1897

L’Étoile du Nord, 14 juillet 1897 – Les scieries de la Mastigouche Lumber Co. de St-Gabriel ont été détruites par un incendie, ses propriétaires sont MM. Laroque et Renaud de Joliette.

L’Étoile du Nord, 7 septembre 1899 – Le propriétaire du site très fréquenté du Vieux Moulin est M. O. Arbour, légère rémunération appréciée pour la visite.

L'Étoile du Nord, 7 septembre 1899

L’Étoile du Nord, 17 août 1899 – M. Fontaine propriétaire de moulin à scie et à farine a terminé la réparation de la digue endommagée en avril.

La fin des moulins de Joliette

Sur cette photo le moulin à scie a été agrandi, les bâtiments sont plus imposants; à gauche le moulin à carder est toujours au bord de la rivière. La photo doit dater de vers 1910.

Le moulin à scie - Musée McCord
Les moulins de Joliette – Musée McCord

Avec l’arrivée des machines à vapeur puis des moteurs à essence l’énergie hydraulique a perdu de son importance. Les moulins à farine et à bois n’avaient plus besoin d’être à côté d’un pouvoir d’eau.

L’Étoile du Nord, 13 décembre 1900 – M. Napoléon Gratton vend le moulin à scie et le moulin à cardes, ancien moulin des soeurs.

L'Étoile du Nord, 13 décembre 1900

L’Étoile du Nord, 26 septembre 1901 – M. Eug. Bordeleau vend un moulin à scie et un bon moulin à farine avec deux meules en pierre et une moulange Vessot.

L'Étoile du Nord, 26 septembre 1901

L’Étoile du Nord, 28 novembre 1901 – N. M. Carswell & Fils ont acheté le moulin à scie d’E. Bordeleau.

L'Étoile du Nord, 28 novembre 1901

L’Étoile du Nord, 9 mai 1902 – M. Chs. Napoléon Flamand de retour de Lowell, Mass., aura la direction du moulin à scie de M. Carswell.

Moulin Carswell 1902
9 mai 1902
Moulin Carswell 1903
23 juillet 1902

L’Étoile du Nord, 26 mars 1903 – M. C E. Rivet, de St-Liguori, est à construire une beurrerie perfectionnée dans la paroisse St-Charles-Borromée de Joliette, près du moulin à farine de M. Aimé Riopel, ancien moulin des soeurs. Déjà 305 propriétaires de vaches laitières ont promis de patroniser cette nouvelle fabrique… On a commencé, ces jours derniers, la construction d’un nouveau pont sur la rivière l’Assomption, près du moulin à farine de M. Aimé Riopel. Le pont aura 216 pieds de longueur sur 12 pieds de largeur et rendra de grands services aux cultivateurs.

Le moulin à papier McArthur vers 19??
Le moulin à papier McArthur vers 19?? (BANQ)

La Presse, 23 janvier 1906 – Le grand moulin construit en 1823 par les seigneurs de Lavaltrie disparaît, détruit par un incendie. M. O. A. Dostaler en était propriétaire depuis un an.

La Presse, 23 janvier 1906

Pour le 200ème anniversaire de Joliette la Société d’Histoire a exposé cette photo du moulin incendié avant sa démolition à l’automne 1914.

Le Grand Moulin de Joliette incendié avant sa démolition - 1912 (SHJL)

L’Étoile du Nord, 17 octobre 1907 – Aimé Riopel vend les moulins des soeurs, un moulin à carder et un moulin à farine comptant 6 roues turbines dont deux Leiffell.

L'Étoile du Nord 17 octobre 1907

L’Étoile du Nord, 30 avril 1908 – Le moulin à scie Bordeleau est à vendre.

L'Étoile du Nord, 30 avril 1908
Moulin McArthur, Joliette, QC, 1909 - Musée McCord
Moulin McArthur, Joliette, QC, 1909 – Musée McCord

Le bâtiment de la manufacture de papier d’Alex. McArthur était très imposant, je ne sais pas quand il a disparu.

L’Étoile du Nord, 15 septembre 1910 – M. Sinai Beausoleil vend un moulin à farine et un moulin à cardes situés sur la rivière L’Assomption à 3 milles de Joliette. Il s’agit sans doute du moulin des soeurs qui est revendu.

L'Étoile du Nord, 15 septembre 1910

L’Étoile du Nord, 6 juillet 1911 – Le pont du moulin des soeurs sera fermé pour cause de mauvais état.

L'Étoile du Nord, 6 juillet 1911
Les moulins des usines Vessot
Les moulins des usines Vessot, date inconnue (Musée McCord)

Petit à petit tous les moulins de Joliette ont fermé, les bâtiments ont brûlé ou ont été démolis. Il reste de belles ruines sur l’île Bordeleau et au moulin des soeurs. Le dernier moulin à avoir fonctionné est celui des usines Vessot en aval de Joliette. Il avait été construit pour produire de l’électricité, une usine pour manufacturer la laine a ensuite été construite en aval; une passerelle permettait de traverser la rivière.

L'Étoile du Nord 28 septembre 1911
L’Étoile du Nord, 28 septembre 1911

En 1912 le témoignage de Samuel Vessot, S.E. Copping et William Copping à la Commission du Régime des Eaux Courantes de Québec pour améliorer le débit de la rivière L’Assomption est le dernier effort des industriels de Joliette pour utiliser la force motrice de la rivière L’Assomption dont le cours est devenu de plus en plus irrégulier. Les moulins vont ensuite tous fermer.

Commission des Eaux Courantes de Québec 1912

Lire: Les pouvoirs d’eau de la rivière L’Assomption – 1912

Les plans Goad de Joliette conservés à la Société d’histoire de Joliette permettent de voir les plans détaillés des usines du centre-ville en 1908 et 1925.

Le moulin à scie - Plan Goad 1908 - SHJL
Le moulin à scie Copping – Plan Goad 1908 – SHJL

Dans une publication intitulée La ville de Joliette, P.Q., Canada, 1913 le moulin à scie de William Copping est décrit comme une des industries les plus importantes de la ville de Joliette employant une centaine d’hommes en été et 150 en hiver. Il est écrit qu’après avoir été associé pendant 20 ans à la famille Kelly il serait devenu propriétaire. C’est curieux car ça ne correspond pas aux informations que j’ai trouvées.

La ville de Joliette, P.Q., Canada, 1913

On trouve quelques autres photos anciennes des moulins dans le livre Histoire de Joliette. En 1925 la scierie Copping représentée sur le plan Goad a entièrement été détruite par un incendie qui a dévasté le village Flamand situé à côté. Les incendies étaient très fréquents dans les moulins, il y en a eu beaucoup que je n’ai pas rapportés.

Histoire de Joliette
Histoire de Joliette

Les vestiges des moulins aujourd’hui

Je n’ai pas trouvé la date où chaque moulin a disparu. Le moulin à avoine a brûlé en 1863, le grand moulin à farine en 1906, le moulin à scie a dû brûler en même temps. Le moulin à carder situé à côté du grand moulin est encore là sur les photos vers 1915. Les moulins à farine et à carder ont été les premiers à fermer faute de rentabilité. Les moulins à scie ont continué à profiter de la rivière pour transporter le bois mais l’énergie hydraulique avait été remplacée par une source d’énergie plus puissante et surtout plus régulière, le cours de la rivière étant souvent trop fort ou trop faible.

Le moulin à scie de la rive gauche de la William Copping Ltd a continué à fonctionner, l’usine a brûlé 4 fois en tout ou en partie mais elle a été chaque fois reconstruite. En 1937 par manque d’approvisionnement en bois il a été vendu à la compagnie Édouard Gohier de Ville St-Laurent (Histoire de Joliette).

Edouard Gohier
L’Étoile du Nord 7 septembre 1944
Archives de la Société d'Histoire de Joliette de Lanaudière
Les moulins Vessot en 1945 (SHJL)

L’usine de papier d’Alex McArthur a été vendue en 1920 à la compagnie Allied Chemical afin de produire du feutre, du papier de construction et du carton (Histoire de Joliette).

Dans le centre-ville les anciens bâtiments ont tous disparus, il ne reste que les deux barrages sur la rivière. En-dehors de la ville il reste des vestiges des bâtiments en pierre des moulins Bordeleau, des moulins des soeurs et des moulins Vessot le long de la rivière L’Assomption qui témoignent de l’histoire des moulins de Joliette.

Vestiges des moulins Bordeleau
Vestiges du moulin Bordeleau (Photo: Elowan Rousse)

Carte interactive des moulins de Lanaudière

La carte interactive qui accompagne ce site permet de localiser les moulins de la région de Lanaudière. En activant les autres calques beaucoup d’autres informations peuvent être localisées.

Carte du Québec

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