La réputation de l’enseignement et de la diffusion de la musique à Joliette est solidement établie, Raymond Locat l’avait documentée en 1993 en détails. Le Choeur du Musée d’Art de Joliette a publié en juin 2026 Lanaudière et la musique 150 ans d’histoire, une version résumée de cette recherche. J’ai essayé de compléter ces informations à propos des origines de la tradition musicale à Joliette jusque vers 1900.
Le livre de 148 pages Lanaudière et la musique 150 ans d’histoire, racontés par Raymond Locat c.s.v. et revisités par Bernard Houle reprend en les résumant les informations du livre publié par Raymond Locat en 1993 intitulé La tradition musicale à Joliette 150 ans d’histoire comportant 475 pages. En cherchant sur internet on trouve un autre court résumé publié en 2014 par Maurice Rhéaume, 150 ans de grande musique à Joliette, inspiré lui aussi du livre de Raymond Locat. La tradition avait 150 ans en 1993, elle en avait toujours 150 en 2014 et encore en 2026: elle a arrêté de vieillir.
En lisant le titre de ce nouveau livre on croit comprendre qu’il s’agit d’une documentation de l’histoire de la musique dans la région de Lanaudière à partir de 1876. Raymond Locat avait plutôt documenté l’histoire de la musique à Joliette depuis 1843, date de fondation de la paroisse St-Charles-Borromée. Ce nouveau livre n’apporte aucune information justifiant ce changement de cadre.
Une adaptation résumée du livre de Raymond Locat a été publiée sur le site des archives du Canada au tout début d’internet. La mise en page a vieilli mais avec une mise à jour et l’ajout d’illustrations ce texte serait un outil pédagogique pratique à consulter.
Raymond Locat était un clerc de Saint-Viateur il a pu documenter en détails l’histoire de l’enseignement de la musique par sa communauté au collège de Joliette. Il a aussi documenté la musique pratiquée par les habitants de Joliette, les fanfares, les orchestres, les concerts et les salles de spectacles.
La musique dans Lanaudière avant Joliette
Le premier chapitre des livres publiés par Raymond Locat et le Choeur du Musée d’Art de Joliette est consacré à Antoine Manseau premier curé de la paroisse Saint-Charles-Boromée en 1843 et Louis Vadeboncoeur un des premiers professeurs de musique au collège Joliette en 1847.
Pour raconter l’histoire de la musique à Joliette c’était pertinent mais pour raconter celle de la région de Lanaudière il aurait fallu remonter dans le temps et élargir le champ de recherche.
Le juge Baby a publié sous le nom De Ranville un portrait de Louise-Amélie Panet qui a vécu dans le manoir de Daillebout (Sainte-Mélanie) depuis 1832 jusqu’en 1862. Il raconte qu’elle charmait ses visiteurs avec son clavecin par son jeu toujours gracieux ou les touchait par le chant d’une douce romance.

Ellle était aussi une peintre talentueuse comme le montre cette aquarelle datée de 1827 représentant sa soeur Marie-Anne Panet à la guitare probablement à l’intérieur du manoir.
Il y avait certainement des clavecins ou des pianos dans les manoirs seigneuriaux construits par Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel dans le village d’Industrie, dans les manoirs Cuthbert de Berthier et Dautray et dans la plupart des maisons des riches bourgeois de Lanaudière. Il y avait aussi des violons et autres instruments de musique chez les habitants moins riches.
Le collège de L’Assomption a été fondé en 1832 avant celui de Joliette et la musique y était enseignée. Le violon était un instrument moins dispendieux que le piano ou le calvecin, c’était sans doute le plus répandu dans les foyers à la campagne avec les instruments à vent en cuivre.
Pierre Martel demeura à L’Assomption où il exerça le métier de menuisier. Bien que ne sachant pas écrire, mais fort doué en musique, il enseigna le violon au collège de L’Assomption de 1837 à 1842. Il forma et dirigea le premier corps de musique de cet établissement en 1837 et, pendant plusieurs années, il joua en compagnie de ses enfants aux grandes fêtes organisées par le collège. Ses talents musicaux joints à son habileté manuelle amenèrent Martel à fabriquer des instruments de musique… En 1878, il exposa deux violons sortis de son atelier à l’Exposition universelle de Paris.
Pierre Martel a été l’un des plus célèbres luthiers de notre pays, il a fabriqué des centaines de violons et violoncelles… Son petit-fils Oscar Martel a été un violoniste virtuose qui a donné plusieurs concerts à Joliette comme on le verra.
Il y avait toujours eu de la musique populaire dans les campagnes de Lanaudière et de la musique savante chez les élites bien avant 1843.
Le curé Antoine Manseau
Raymond Locat a donc commencé son historique par un paragraphe consacré à Antoine Manseau (1787-1866). Il avait été nommé curé du village d’Industrie en 1843 pour la fondation de la paroisse et c’est la date choisie comme l’origine de la tradition musicale à Joliette. Dès son arrivée le curé Manseau a enseigné à l’école située dans la sacristie de la nouvelle église le chant sacré.
Claude Martel dans Histoire de Joliette écrivait du curé Manseau: mélomane, il copie la musique pour les besoins de l’église. Il se met à enseigner le chant aux élèves du collège et forme une chorale. Raymond Locat a documenté les lettres échangées entre le curé Manseau et Mgr Bourget au sujet de l’enseignement de la musique au collège dont les commencements ont été difficiles.
Dans Gerbes de souvenirs A.-C. Dugas a retranscrit le prospectus publié par le collège pour son ouverture en 1846 alors que le curé Manseau en était directeur: dans le cours de l’année, on sera en mesure de donner aussi des leçons de musique aux élèves pour le piano et l’orgue dans le but de former des organistes pour les campagnes. La première difficulté a été de trouver des professeurs compétents. Un article publié lors de l’inauguration mentionnait qu’on ne commencerait l’enseignement de la musique qu’au printemps.
En août 1847 le programme des 5 années d’études précisait: la musique et le dessin seront enseignés régulièrement, chaque année, à tous ceux qui ayant une disposition naturelle pour ces arts d’agrément, voudront les apprendre. Et l’acte de donation du collège aux Clercs de St-Viateur par les époux Joliette en 1850 reprenait exactement la même formulation comme condition à la donation.
Les clercs de St-Viateur arrivés en 1847 avaient pris la direction du collège. Dans la publicité publiée pour la rentrée 1850 on lit encore que la musique et le dessin étaient enseignés à ceux qui le désireraient mais les tarifs étaient élevés, 3 livres pour le piano, 1 livre et demie pour les autres instruments; l’enseignement et le logement ne coûtaient que 2 livres.
Louis Vadeboncoeur
Le deuxième fondateur de la tradition musicale à Joliette a été Louis-Lévi-Marie Vadeboncoeur c.s.v. (1831-1896). Entré comme novice au Collège à l’arrivée des Clercs de St-Viateur en 1847, à l’âge de 16 ans il a été nommé professeur de chant, musique, cérémonies, organiste et professeur à l’école St-Viateur.
Louis Vadeboncoeur fut l’auteur de nombreux chants liturgiques, d’antiennes, de motets et de cantates. Nous lui devons la Cantate à Barthélemy Joliette, inspirée de Lucrezia Borgia, oeuvre du compositeur italien Gaetano Donizetti, d’après les vers composés par le Frère Joseph Séguin, c.s.v. Il écrivit également la musique d’un cantique à saint Viateur sur des paroles d’Étienne Champagneur. Possédant une admirable voix de basse, il dirigea le chant, entouré de ses élèves aux offices de l’église paroissiale.
Luc Richard – Archives des Clercs de St-Viateur
Les premiers professeurs de musique du Collège
Charles-Gaspard Beaudoin, né à Lavaltrie le 29 février 1826, termina ses études au collège Joliette (1847-49) et enseigna la musique à son Alma Mater de 1849 à 1852. De longues années il fut organiste a l’église paroissiale, à la grande satisfaction du clergé et des fidèles. Il communiqua à ses enfants le goût de la musique et plusieurs sont devenus des artistes distingués.
Damis Paul a été professeur de piano au Collège en 1851-1852 avant de devenir organiste à la cathédrale de Montréal. Son frère F. Louis-Camille Paul a aussi été professeur de musique au Collège pendant de nombreuses années. Alfred-Ulric Martel fils du luthier Pierre Martel de L’Assomption a été professeur en 1854-1855.
Plusieurs élèves du Collège Joliette sont devenus des musiciens reconnus: Placide Renaud, Ernest et Gustave Gagnon, Charles-Marie Panneton et plusieurs autres. C. Panneton était le fils de l’agent seigneurial de madame Joliette, Charles Héliodore Panneton, et de sa fille adoptive Zoé Ducondu. Il a été un pianiste virtuose qui a eu la chance d’aller étudier à Leipzig, la ville de J.-S. Bach.
Raymond Locat avait longuement documenté l’histoire de la formation musicale au collège de Joliette, il ne sert à rien de la répéter. J’ai plutôt essayé de trouver ou compléter des informations à propos de la vie musicale dans le village d’Industrie devenu en 1864 la ville de Joliette.
Les premières bandes de musique
Depuis la fondation du Collège il y avait une fanfare des étudiants qui animait les cérémonies et les promenades des étudiants. En 1850 pour l’arrivée du premier train au village d’Industrie la bande du Collège était de la fête.
La bande du collège se rendit à l’arrivée du premier train à l’Industrie en 1850. M. D’Orsay écrit qu’il était tout fier de jouer du trombone en avant de la bande qui précédait le groupe des collégiens. Le rapport de l’économe mentionne pour 1848-49 l’achat, par exemple, d’un bugle et d’un trombone…
L’Harmonie du Collège – Raymond Locat
En 1851 un voyage de plaisir avait été organisé en train et bateau à vapeur. Le Jacques-Cartier parti de Montréal était passé par St-Sulpice et Lanoraie où les passagers avaient pris le train pour L’Industrie pour un pic-nic dans le bocage situé près de la gare d’Industrie animé par une bande de musique.
Ces voyages de plaisir étaient égayés par des fanfares mais les musiciens étaient engagés sans qu’on puisse savoir précisément qui ils étaient.
La première mention de messieurs les musiciens de L’Industrie date de 1855. À bord du Cultivateur arrivé à Trois-Rivières deux sociétés harmoniques avaient donné des airs de musique mais pas les musiciens de L’Industrie.
L’ère nouvelle, 4 août 1856 – Lors d’un autre voyage de Trois-Rivières au village d’Industrie par le vapeur le Cultivateur et le train: Notre arrivée à L’Industrie fut accueillie d’abord par la belle bande de musique de l’Industrie, qui exécute avec un ensemble et un goût qui lui font honneur et par une foule de citoyens réunis. M. le maire Scallon, dans une adresse pleine de sentiments bienveillants nous souhaita, au nom de la population, la plus cordiale bienvenue.
Emma Lajeunesse à L’Industrie
Le 17 octobre 1857 la cantatrice Emma Lajeunesse qui ne s’appelait pas encore Albani avait donné un concert à L’Industrie; elle n’était âgée que de 10 ans. C’est le premier événement musical important documenté.
Le récital de deux heures et demie s’était conclu par la Marseillaise. R. Locat s’est interrogé sur la salle où a eu lieu ce concert. L’Institut des artisans a été inauguré le 24 juin 1858 alors que l’édifice n’était pas complètement terminé mais qu’il était habité depuis quelques mois. Les membres de l’Institut avaient utilisé la salle du marché French pour leurs réunions auparavant. Il n’y avait pas de salle adaptée pour les concerts avant la construction de l’Institut.
La Société philharmonique du Village d’Industrie
Raymond Locat n’en a pas fait mention. La Société philharmonique du Village d’Industrie a été fondée par un acte notarié le 9 avril 1862. Louis Pierre Hubert Turgeon écuyer du Village d’Industrie en était le président, Thomas Sheppard ingénieur, Mosé Viau fondeur, Médard Vézina cordonnier, George Leprohon étudiant en médecine, Clément Desmarais boulanger, Élie Thériault ferblantier, Léon Terrien menuisier, Jean-Baptiste Ethier menuisier, Jean Noel menuisier et Joseph Ouimet confiseur, tous du village d’Industrie, les membres. L’acte décrit les règlements de la société.
Louis Pierre Hubert Turgeon demeurant à L’Industrie était seigneur de Beaumont; il s’obligeait de fournir les instruments qu’il a et qui lui appartiennent à ceux des membres qui n’en ont pas.
Les dits associés déclarent que les instruments de cette société sont des instruments en cuivre et se sont divisé les dits instruments comme suit, savoir: cornet Mosé Viau, supprano Georges Leprohon, supprano Élie Therriault, supprano Clément Desmarais, premier alto Jean Noel, second alto (_), premier tenor (_), second tenor Joseph Ouimet, baritonne Thomas Sheppard, première basse J.-Bte Ethier, seconde basse Leon Terrien, contre basse Médard Vesina, tambour (_).
Du premier jour de décembre au trente de mars durant la durée de cette société, il y aura trois leçons et réunions par semaine, savoir lundi, mercredi et vendredi; du premier avril au trente de novembre deux par semaine savoir le mardi et vendredi. Les heures de réunions, leçons et pratiques seront de sept heures à neuf heures pour celles de trois fois par semaine, et de huit heures à dix heures pour celles de deux fois par semaine... Le Président aura droit de louer un local pour la société, de pourvoir pour le chauffage et le luminaire. Ce local n’est pas précisé.
La vie musicale à Joliette 1862-1866

Hermine Scallon était la fille adoptive du maire Edward Scallon et Mathilde Ducondu. Dans l’inventaire après décès d’Edward Scallon décédé en 1864 on lit qu’il possédait un piano évalué à $100 qui était prêté au couvent des soeurs de la Providence; un autre piano qui se trouvait dans son salon avait été acheté pour sa fille adoptive Hermine.
A.-C. Dugas dans ses souvenirs raconte qu’une fanfare donnait des concerts sur la place du marché à foin place Bourget dès 1855. Amédée Derome racontait qu’elle comptait 6 ou 8 instruments et que son père Antoine et son frère Gustave en faisaient partie. Le 29 mai 1864 Bernard Henri Leprohon sheriff, Gaspard de Lanaudière seigneur et Joseph Brouillet commerçant de bois ont fait un prêt à Louis Antoine Derome, Adolphe Delisle et Pierre Rivard pour encourager la bande de musique de Joliette et acheter des instruments de cuivre: une basse, un alto, deux tenors et deux sopranos. Le 26 juin Louis Antoine Derome, Adolphe Delisle et Pierre Rivard ont prêté à la Société de Bienfaisance et de Secours Mutuel de l’Industrie les 6 instruments. Le 27 octobre l’Institut des Artisans et Association de Bibliothèque du village d’Industrie a loué la grande salle située à l’étage supérieur de son local à la Société de Bienfaisance pour y pratiquer la musique.
Au Collège lors des examens, de la remise des prix ou d’événements spéciaux il y avait des séances où étaient présentées des pièces dramatiques et des pièces musicales. Ces séances étaient rapportées dans les journaux, Raymond Locat les a aussi documentées dans les archives du collège.
La bande de musique de Joliette était sollicitée par les villages des alentours pour animer des fêtes, ici pour celle du major Benoni Perrault de St-Paul, un des plus anciens capitaines de milice du pays. Il s’agissait de la bande de la ville plutôt que celle du Collège.
Les dames de charité de Joliette organisaient des spectacles pour ramasser des fonds. Un Grand Concert Nègre par la Troupe Ethiopienne a été donné à l’Institut des artisans. La salle située à l’étage du bâtiment de l’Institut d’Artisans et Association de bibliothèque du village d’Industrie a été la principale salle de spectacles à Joliette pendant ces années.
La Gazette de Joliette en 1866
Le premier numéro de la Gazette de Joliette est paru le 11 avril 1866 et c’est la principale source d’information disponible dans les archives publiques pour documenter l’histoire de Joliette à cette époque. Dans la parution du 20 avril on trouve un compte-rendu d’une soirée au collège en l’honneur du père Cyrille Beaudry directeur du collège. M. Vadeboncoeur professeur de musique avait dirigé une cantate qu’il avait composée.
11 mai 1866 – Jusqu’à nouvel ordre la bande de musique de cette ville jouera sur la Place Bourget tous les dimanches à 7 heures P.M.
22 mai 1866 – Soirée au couvent de la Providence en l’honneur du curé Paschal Lajoie, le chant et la musique furent bien goutés et méritaient de chaleureux applaudissements.
La Bande de musique avait rencontré des difficultés avec les organisateurs de la fête de la St-Jean-Baptiste. Dans la Gazette du 16 août Louis Antoine Derome a appelé les volontaires intéressés à fonder une bande de musique indépendante à se réunir à l’Institut, signe d’une certaine discorde entre les musiciens.
5 juillet 1866 – Les examens des classes étaient gaiement entremêlés de pièces dramatiques, de musique et de chant, qui ont admirablement réussi… Au piano nous avons remarqué M. P. Renaud qui a remporté le prix, et M. Laurier et Turgeon qui tous ont de rares dispositions musicales. Le chant dirigé par M. Vadeboncœur fut chaleureusement applaudi.
Le violoniste Oscar Martel petit-fils du facteur de violons de L’Assomption est venu donner un concert à Joliette avec S. Mazurette et M. Valois pianistes. Alphonse Christin a chanté ses chansons comiques.
Le journal a commenté le concert et publié le programme de la soirée. Les pièces de musique qui ont été jouées sont passées de mode, elles étaient entrecoupées de chansons comiques et d’un mélodrame joué par les Amateurs de Joliette.
23 août 1866 – Depuis trois jours notre ville est égayée et charmée par la famille Boulay, famille dont il est inutile de faire voir l’éloge, car ses succès sont là pour prouver ses grands talents. À la soirée de lundi, on à admiré les divers morceaux de musique qui ont été exécuté avec beaucoup de goût… Il y a cinq ans cette jeune famille avait aussi attiré les applaudissements des respectables habitants de Joliette.
10 septembre 1866 – M. Placide Renaud qui, sous l‘habile direction de M. l’abbé Vadeboncœur du collège de Joliette, a fait preuve d’un talent musical trés remarquable, remplacera M. Viau, comme professeur de musique, au collège de Ste-Thérèse… À peine agé de 16 ans, il posséde un talent d’exécution remarquable. Il n’a qu’à suivre l’exemple et les leçons des grands maîtres pour s’assurer la place que l’avenir lui destine parmi les artistes que compte déjà notre jeune Canada.
25 octobre 1866 – La Société Philharmonique de cette ville, dont M. L. A. Derome est président, nous donne jusqu’à trois fois par semaine de magnifiques sérénades, de brillantes exécutions musicales. Encore! Encore!!!!!
Soirée dramatique et musicale – Les Amateurs de Joliette et une troupe de pantomimes ont présenté une soirée dramatique et musicale à l’Institut: en 4ème partie Chanson (le maudit).
8 août 1867 – Soirée musicale à l’Institut au profit de la bande de musique. Le chant était sous la direction de M. Placide Renaud, professeur de musique… Le club s’était aussi assuré, pour cette partie du programme, du concours de MM. L. L. Maillet et H. Desjardins.
20 avril 1868 – Le notaire Charles Gaspard Beaudoin était organiste de la paroisse et organisateur de choeur et de talent. Il n’exécute pas seulement des actes de notaires, il sait exécuter admirablement de la belle musique.
26 juin 1868 – M. Oscar Martel dont la réputation comme violoniste est assurée, et M. Salomon Mazurette qui excelle à toucher le piano nous donnaient samedi dernier, un concert, aidés de Madame Beaty – À la soirée amateur mercredi soir, pendant la représentation nous avons eu le plaisir d’entendre un ravissant orchestre, composé de MM. G. Beaudoin, Désilet, A. Laporte et Panneton.
9 juillet 1868 – Séance au couvent de la Providence, Messire Lajoie remercia tout l’auditoire de son empressement à venir applaudir aux succès des jeunes élèves, et il annonça que dés l’automne prochain, on commencerait d’enseigner la musique au couvent de cette ville. Jusqu’à présent cette permission n’avait pas été accordé aux sœurs de la Providence qui dirigent cette institution. Mais enfin, Mgr. de Montréal a accédé aux pressantes sollicitations du pasteur de cette ville.
20 juillet 1868 – M. Huret Levassor artiste de la compagnie française se propose de donner une petite séance demain soir à l’Institut. Il est revenu le 12 août pour une autre séance.
C. P. P. Renaud (Placide) ex-professeur de musique du Séminaire Ste-Thérèse donnait des leçons de piano à son domicile de la rue St-Charles-Borromée; il accordait et réparait les pianos.
26 octobre 1868 – Soirée dramatique à l’occasion de l’exposition agricole du comté. Il sera chanté des chansons comiques par M. Huret Levassor et M. Delisle, l’orchestre de la ville exécutera quelques morceaux de musique. Les revenus de la soirée seront consacrés à l’embellissement de la salle de représentation de l’Institut. L’architecte Joseph Michaud c.s.v. avait dessiné les plans de la façade de style dorique de l’Institut dont la construction a été terminée en 1868.
L’Ordre, 17 avril 1869 – Lors d’une séance au Collège la musique était sous la direction de M. Vadeboncœur. C’est dire que tout alla à merveille. Avec un choeur de 12 voix M. Vadeboncœur charma l’auditoire et mérita d’être rappelé. Il serait injuste de ne pas féliciter les MM. de l’orchestre qui ont puissamment contribué par leurs airs joyeux à l’intérêt de la soirée.
17 juin 1869 – Collège de L’Assomption – Une branche d’enseignement avait été négligée jusqu’à l’an dernier; c’était la musique. Le collège s’est acquis les connaissances et les talents de M. P. Renaud qui a mis la partie musicale dans cette maison sur le même pied que les autres sciences et branches d’enseignement.
Pour le défilé de la St-Jean-Baptiste en 1869 la bande de musique était associée à la société de Bienfaisance. Le soir a eu lieu à l’Institut une représentation dramatique au profit des Zouaves Pontificaux.
8 juillet 1869 – Mardi ont eu lieu dans la grande salle de l’Hôpital de la Providence les séances qui ont terminées l’année au Couvent de la Ville. Les élèves ont joué plusieurs jolies pièces, pleines de moralité et de précieuses leçons pour les jeunes pensionnaires. La musique y est bien enseignée.
Une autre soirée musicale et dramatique a eu lieu en octobre dans la salle de l’Hôpital des soeurs de la Providence sur la rue Notre-Dame.
Le théâtre des Amateurs de Joliette produisait régulièrement des drames et des comédies dans les salles(?) de l’Institut: l’aimable musique de l’orchestre sera donnée.
9 juillet 1870 – Pour la distribution des prix au collège de L’Assomption un spectacle a été donné. La musique sous la direction de M. Placide Renaud démontra des progrès, le chant fut bien exécuté. Au couvent de St-Jacques l’examen des matières était entremélé de morceaux de chants, de musique, de fables récitées par de jeunes élèves. Le premier prix de musique avait été partagé entre les demoiselles E. Foucher, Edwige Riopelle et M. de Lanaudière.
Il y avait des écoles pour les garçons et les filles à Berthier, L’Assomption, St-Jacques, St-Liguori, Rawdon, etc. qui toutes enseignaient la musique et organisaient des séances. Il y avait aussi des bandes de musique ou fanfares dans les villages.
22 août 1870 – Academie de Demoiselles – Madame Cherrier ouvrira à Joliette une Académie, où l’Anglais, le Français et la Musique seront enseignés.
29 décembre 1870 – Le violoncelliste Gustave Jacquard, premier prix du Conservatoire de Paris, a donné un concert à Joliette. Il n’y avait pas foule cependant il peut se flatter d’avoir eu un auditoire d’élite et plus nombreux qu’aucun étranger n’en a jamais réuni à Joliette. Il avait aussi joué une pièce pendant la messe de minuit.
20 mars 1871 – La société éthiopienne avait donné une soirée au profit des dames de charité et en annonçait une autre au profit de l’Orchestre; Modeste Mailhot le géant canadien avait présenté des tours de force.
7 décembre 1871 – M. le professeur de musique C. P. P. Renaud, notre co-paroissien et ami, vient de s’embarquer pour Syracuse, E. U. Placide Renaud est entré à seize ans dans la carrière si brillante de l’harmonie, il a d’abord fait ses preuves au petit séminaire de Ste-Thérèse. De là, il est passé au Collège de l’Assomption.
8 janvier 1872 – Soirée au Collège Joliette dans la grande salle du collège. La bande du collège n’existait que depuis l’ouverture des classes de 1871. Elle comptait 21 (ou 24?) instruments de qualité supérieure et était dirigée par M. Vadeboncoeur. N’ayant pratiqué que depuis 4 mois l’exécution n’était pas encore parfaite.
Pendant quelques années la fanfare du collège avait donc cessé d’exister. Elle a été reformée en 1871 sous la direction de Louis Vadeboncoeur et a animé les séances et cérémonies présentées au Collège, le journal les signale régulièrement par la suite. J’ai recopié cette photo dans Lanaudière et la musique.
12 décembre 1872 – Mardi dernier les élèves du collège de L’Assomption célébraient la fête de
St François Xavier, patron de L’Académie. La séance s’ouvrit par un joli morceau de musique exécuté avec succès sous la direction de M. Victor Delfosse qui a pleinement réussi dans la réorganisation de la bande dont tout le monde regrettait l’absence depuis quelques années.
En 1873 la salle du théâtre de l’Institut a été rendue plus confortable sous le rapport de la température grâce à quelques aménagements.
27 février 1873 – Deux soirées dramatiques et musicales ont été présentées à L’Assomption dans la salle du palais de justice. En juin il y avait grand concert à l’Académie de Berthier.
26 juin 1873 – Selon les autorités ecclésiastiques l’enseignement de la musique convenait aux filles des riches mais les évêques et archevêques mettaient en garde les parents des cultivateurs et des ouvriers dans une lettre pastorale. Le luxe se montre trop souvent dans nos campagnes par l’insistance avec laquelle des parents aveugles exigent que leurs filles apprennent la musique, le dessin, la broderie et autres choses qui ne doivent être absolument d’aucune utilité pour elles.
19 mars 1874 – Pour la Saint Patrick il y eut une jolie petite soirée au Collège. Tout s’y fit en anglais, discours, pantomine, etc. Les airs de musique étaient empruntés aux répertoires irlandais et anglais. La bande de musique a obtenu le plus grand succès et nous sommes forcé de dire qu’elle fait des progrès marqués sous l’habile direction de M. Vadeboncœur. Erin go Bragh.
Edward Fisk marchand de Joliette avait fait construire un immeuble, le bloc Fisk, sur la rue Notre-Dame près du marché. Les Amateurs de Joliette ont présenté plusieurs concerts dans la salle Fisk.
10 août 1875 – Il y aura jeudi soir, à la salle Fisk, un concert donné par la famille Miner. Ce soir, à la salle Fisk, il y aura concert nègre, magie et gymnastique.
Joseph Ulric Foucher a été le premier a annoncer dans le journal la vente d’instruments de musique en 1875. Il vendait des pianos Calemberg & Vaupel, Weber, Grovestine & Fuller, l’harmonium Estey, des violons manufacturés en Italie et en Allemagne.
5 janvier 1876 – Premier opéra à Joliette avec J. Delfausse et le violoniste canadien J.-A. Foucher. On y joue Le départ du régiment, Le mariage forcé et un opéra-comique Le royal Dindon.
Le bataillon de Joliette fondé en 1871 avait aussi sa bande militaire. La musique de la marche de la 5ème brigade avait été composée par un des Révérends Messieurs du Collège de Joliette.
Le grand concert donné par Frantz Jehin-Prume violoniste belge, sa femme Rosita Del Vecchio soprano, Calixa Lavallée pianiste et Guillaume Couture baryton en 1876 a été le premier concert prestigieux à Joliette.
Le spectacle avait été annoncé dans la salle de l’Hôtel de Ville mais à la dernière minute il a été déplacé à la salle de l’Institut.
Il y avait alors une salle dans la Halle du Marché à foin, servant aussi de station des pompes et d’Hôtel de Ville, située à côté du marché Bonsecours place Bourget.
Raymond Locat a documenté une grande combinaison composée d’acteurs, de gymnastes, etc. lors de l’inauguration de l’Hôtel de Ville les 5 et 6 septembre 1877 mais malgré une recherche poussée je n’ai rien trouvé dans les journaux. Le marché Bonsecours a été fini de reconstruire en mai 1875 et les locaux de l’hôtel de ville y ont été provisoirement transférés. La Station des Pompes a été reconstruite en 1887-1888 et l’Hôtel de Ville y a été déménagé. Il y a peut-être une erreur de date.

Le 25 avril 1877 Constant Israël Gervais a protesté contre Joseph Ulric Foucher marchand de pianos et harmoniums qui lui avait vendu en décembre un piano National garanti de qualité qui était défectueux. Dans sa publicité J. U. Foucher annonçait qu’il prenait les vieux pianos en échange ou les réparait. On peut imaginer qu’il y avait déjà des pianos dans de nombreux foyers de la ville.
En 1877 le prix des leçons et usage du piano au Collège Joliette était de $20 par an.

Pour la fête de la Reine en 1877 la bande de musique du Collège et la bande militaire de la ville ont défilé dans le cortège avec les pompiers.
La bande de musique de la ville avait animé la première excursion en amont de la ville sur la rivière l’Assomption du bateau Le Joliette avec 100 personnes à bord.
La plupart des spectacles continuaient à être présentés dans la salle de l’Institut des artisans.
8 octobre 1878 – Nous apprenons que Melle Charbonneau, charmante cantatrice, de Sorel, donnera, demain, à Joliette, un concert à la salle de l’Institut.
25 octobre 1878 – Le Cercle Champlain donnera, dimanche prochain sous le patronage des Dames de charité de cette ville, une soirée dramatique, dans la salle de l’Institut. Le programme de la soirée est très varié et comprend un drame, une comédie, chansons, danse et musique.
24 janvier 1879 – À une des séances du Collège le jeune violoniste Alfred De Sève a offert une belle performance. Hector et Antonio Beaudoin l’accompagnaient au piano.
12 août 1879 – Nous offrons nos plus sincères remerciements à M. Antonio Beaudoin qui consacre beaucoup de temps pour diriger la Bande de Musique de la ville de Joliette qui fait honneur non seulement à notre localité mais qui est une des meilleurs que nous puissions rencontrer. Nous ne demandons qu’une chose de MM. les Bandistes: c’est qu’ils se montrent plus souvent en public.
6 février 1880 – Nous apprenons qu’un Club d’Amateurs donnera, lundi à la salle de l’Institut de Joliette une soirée dramatique au profit de la Bande de Musique du 83ème Bataillon d’infanterie de Joliette.
Le grand incendie à Joliette en juillet 1881 avait détruit le centre-ville dont la salle de spectacle du bloc Fisk.
3 février 1882 – À la soirée théâtrale du 1er février 1882 la grande salle du théâtre du collège pouvant contenir 800 personnes était littéralement remplie. La recette de $301 était destinée à la construction d’une chapelle dédiée au Sacré Coeur de Jésus. Quelques jours avant les Dames de la ville avaient organisé un concert à l’Institut pour la reconstruction de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours. Il y eut danses de nègres et chœurs de Menestrels; la recette a été de $59.
4 juillet 1882 – Le Bazar en faveur de la reconstruction de la chapelle de Bonsecours, à lieu aujourd’hui et demain dans la salle du marché. Il y avait bien une salle à l’étage du marché Bonsecours mais elle n’était sans doute pas adaptée à la présentation de spectacles; elle a été réaménagée vers 1894.
La réunion annuelle des Zouaves Pontificaux a eu lieu à Joliette en 1883 avec concert et musique en plein air. La musique de la cité accompagnera les Zouaves.
Depuis 1882 Mde veuve A. L. O. Daoust qui est une pianiste distinguée annonçait qu’elle enseignait la musique et logeait des pensionnaires à sa résidence de la rue St-Viateur. Les leçons de musique seront données gratis aux pensionnaires.
À la salle de l’Institut de Joliette, grande soirée dramatique et musicale sous la direction de M. Adolphe Van Hoevell de Paris. Ouverture par l’orchestre.
L’Étoile du Nord en 1884
Un nouveau journal, L’Étoile du Nord, a commencé à paraître en juin 1884 qui a aussi documenté l’histoire de la musique à Joliette. Dans un concert spectacle le Cercle Labiche avait donné un vaudeville, madame Filiatreault dans la Chanson Lorraine avait fait vibrer la fibre patriotique de tous les coeurs canadiens…
L’étoile du Nord, 6 septembre 1884 – Au grand pique-nique des typographes messieurs A. H. Gervais, B. Panneton, H. Beaudoin et A. Beaudoin, ont fait résonner les échos du rivage des mélodieux accords d’une musique entraînante joyeuse et variée; petit concert qui a donné beaucoup d’éclat à la fête.
Pour les noces d’argent de la Société de Bienfaisance de Joliette une fête a eu lieu à la salle de l’institut des Artisans. M. M. B. Panneton, Antonio et Engelbert Beaudoin ont assuré la partie musicale.
L’Étoile du Nord qui a rapporté le même concert quelques jours plus tard mentionne la salle de l’Hôtel de Ville. Les articles de journaux ne sont pas toujours exacts.
L’étoile du Nord, 6 février 1886 – Au banquet de la Société de Bienfaisance dans la salle de l’Hôtel de Ville la musique était donnée par MM. Bruno Panneton violoniste, Antonio Beaudoin pianiste et Angalbert Beaudoin comme joueur de piccolo. Ces trois messieurs du reste avaient, à divers intervalles durant le banquet charmé les oreilles des convives par une musique douce et harmonieuse.
1er juillet 1887 – Mr. Antonio Beaudoin, travaille actuellement à l’organisation d’un corps de musique parmi les amateurs de cette ville. Il a aussi annoncé qu’il donnait des leçons de musique pour les pianistes et organistes, un cours complet d’harmonie, destiné aussi aux élèves de Collège et de couvent.
En 1888 le journal L’Étoile du Nord rappelait les sacrifices faits pour l’acquisition d’intruments de cuivre pour l’organisation d’une bande de musique et l’activité musicale qui avait suivie.
Toute la ville prenait part à ces joyeux concerts en plein air et semblait toujours en un jour de fête; maintenant tout est monotone et tranquille. Tous ces instruments de cuivre dorment d’un paisible sommeil n’attendant qu’un effort des citoyens pour secouer la poussière de leur pavillon et la rouille de leurs pistons.
Le téléphone a commencé à être installé en 1888 à Joliette et les premiers abonnés pouvaient entendre jouer des morceaux de musique fort bien exécutés. On entendait aussi bien que si on avait été sur les lieux du concert.
Une longue chronique déplorait en 1889 qu’il n’y ait plus de fanfare dans la ville à part celle du Collège. L’auteur décrit les instruments composants une fanfare de cette époque: premier cornet, première clarinette, basse ou contre-basse et petit tambour pour la base. L’euphonium pour le maître, la grosse caisse, des cornets et clarinettes, une grande perce, les triangles, les cymbales, le picolo, la flûte, etc.
Et en outre de cette fanfare l’on peut aussi avec une partie des mêmes musiciens, et des plus habiles, former un orchestre pour l’accompagnement du chœur de chant dans les circonstances solennelles. Cet orchestre peut aussi se composer comme suit, savoir: deux violons, deux clarinettes Bb et deux flûtes pour la première partie, accompagnés de trois autres violons, de
deux autre clarinettes Bb, d’un euphonium, d’un cornet, de deux guitares avec une mandoline, d’un guitar-banjo, d’une couple de banjos, de deux violoncelles ou violons-barytons, de un ou deux violons-basses, d’un piano à triple corde et enfin d’un orgue (le philharmonie à
basse de 16 pieds)…
2 janvier 1890 – Une partie des grands élèves s’amuseront dans le pavillon récemment construit, la tabagie. On y a transporté un piano.
La séance du mercredi soir au Collège avait eu lieu dans le nouvel Amphithéâtre, le jeudi matin l’inauguration de l’orgue de la chapelle du Sacré-Coeur du Collège construite en 1886 a été faite par M. Béique organiste à Notre-Dame de Montréal.
Le devis de l’orgue Casavant du Collège Joliette a été publié dans le journal L’Étudiant. La chapelle a été démolie avec son orgue après l’incendie du Collège en 1957.
Raymond Locat a consacré tout un chapitre à l’enseignement de la musique par les soeurs de la Congrégation Notre-Dame installées dans l’ancien manoir Joliette en 1875. Selon la tradition les soeurs de la Providence enseignaient à des pensionnaires orphelines mal élevées et dissipées alors que les pensionnaires des soeurs de Notre-Dame étaient des jeunes filles de bonne famille. Comme au Collège une revue musicale y était donnée chaque année par les élèves.
La gazette de Joliette, 25 mai 1891 – M. Joseph Rivard est actuellement à faire subir des améliorations à son Hôtel populaire où il vient de placer un piano de haut prix dont il a tout récemment fait l’acquisition pour le plaisir de ses clients. Il y avait des pianos dans les hôtels et les tavernes et il y avait certainement des petits spectacles présésentés aux clients.
800 personnes avaient assisté à une séance dramatique et musicale organisée par le club des Amateurs au profit d’un autel à ériger au Sacré-Coeur dans notre église neuve. La nouvelle église paroissiale de Joliette, aujourd’hui cathédrale, a été construite entre 1887 et 1892.
Raymond Locat a aussi consacré un chapitre à la patronne des musiciens, des chorales et des luthiers Sainte Cécile. Le 22 novembre pour sa fête il y avait toujours des concerts au Collège. En 1892 la Société Philharmonique de Ste-Cécile a été fondée pour la formation d’un choeur de chant devant rehausser l’éclat des cérémonies religieuses.
Les dirigeants de cette Société Philharmonique étaient: président M. H. Leprohon, trésorier J. H Proteau, secrétaire Ald. Chartrand, conseillers Georges Dubeau et Pierre Buron, modérateur du chant J. H. Renaud, directeur C. G. H. Beaudoin.
Lors d’une grande séance musicale au Collège Joliette l’ode symphonique Christophe Colomb de Félicien David créée en 1847 à Paris a été jouée par un grand choeur de 160 voix et le grand orchestre de la célèbre harmonie de Montréal.
La formation et le maintien d’un corps de musique ou fanfare était encore réclamés en 1893.
Le 11 décembre 1893 Joliette a célébré le cinquantenaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée par une messe et un grand banquet dans la salle du Marché; la fanfare des élèves du collège a mené la procession dans la ville. Dans Lanaudière et la musique on lit: les célébrations entourant le 50ème de la fondation de Joliette en 1893 sont l’occasion d’imposantes festivités. Les habitants de Joliette ont célébré le 100ème de sa fondation en 1923 pas en 1943!
Le grand concert donné par Melle Célinie Marier soprano en 1894 semble avoir été un des premiers présentés dans la Salle du Marché qui avait été réaménagée en salle de spectacle. Dans le livre Lanaudière et la musique on lit encore: à compter de 1894, le marché Bonsecours offrira une magnifique salle qui sera utilisée jusqu’à la démolition du vieux marché public en 1960. Il aurait fallu écrire en 1963.
Delibes, Gounod, Saint-Saëns, Meyerbeer, Fauré, Chopin, Offenbach, le répertoire nous est plus familier; la musique française était privilégiée.
L’an dernier (donc en 1893) la fanfare l’Harmonie de Joliette avait inauguré la vaste salle de théâtre dont nous sommes maintenant gratifiés. Deux belles séances y avaient été données par le Cercle des amateurs laissant présager qu’enfin Joliette sortirait de sa monotonie. Mais en novembre 1894 le journaliste déplorait que depuis la St-Jean il n’y avait eu qu’un seul spectacle de présenté.
L’étoile du Nord, 17 janvier 1895 – Les membres de l’Harmonie de Joliette ont définitivement décidé de faire l’acquisition de nouveaux instruments de musique. Ces instruments proviendront directement de la célèbre maison Emile Mennesson Rheims France. Parmi ces instruments se trouvent ceux de l’Orchestre projetée.
L’étoile du Nord, 30 mai 1895 – Nous sommes aussi enchantés d’apprendre qu’à l’avenir, comme la chose s’est faite dimanche dernier, la fanfare du Collège va donner tous les dimanches soir, un concert en plein air dans le joli bocage qui encadre si bien son Alma Mater.
Les musiciens de Joliette étaient dévoués et zèlés avant Pâques 1896: Harmonie de Joliette, chant harmonisé avec orchestre, choeur Ste-Cécile, Orchestre.
Dernière soirée de la saison 1896, l’Harmonie de Joliette a donné une sérénade en pleine place du marché. Elle comptait 18 membres plus le comité organisateur.
L’étoile du Nord, 26 novembre 1896 – Pour la fête de Ste-Cécile l’Orchestre du Collège se composant d’au moins 30 instruments sous la direction du professeur de musique a remporté un succès éclatant.
L’orgue de la cathédrale (de Joliette) trouve ses origines au XIXe siècle (vers 1850). Installé en 1897, cet instrument, qui constitue l’opus 80 de Casavant Frères, réutilise la tuyauterie, la majorité des sommiers et les réservoirs de l’ancien orgue Warren de l’église anglicane St. George’s, de Montréal, alors remplacé par un orgue neuf fabriqué par Casavant. L’action est mécanique avec assistance pneumatique (leviers Barker) pour le Grand-Orgue et le Récit. Le contrat indique que l’action mécanique des claviers et en partie celle du pédalier sera neuve, que la console en fenêtre sera neuve et que la majorité des jeux « seront réharmonisés de manière à les rendre plus conformes à l’acoustique de l’église ». Les jeux de Voix céleste 8′ et de Voix humaine 8′ du Récit sont neufs. Casavant fabrique un buffet neuf, en un seul corps, installé au centre de la tribune arrière.
L’orgue de la cathédrale a été reconstruit en 1905, opus 255 de Casavant. Il avait sans doute été endommagé quand le clocher de l’église s’était effondré dans la nef à la suite d’un ouragan en 1901.
Tom Nulty qui avait assassiné son frère et ses 3 soeurs à Rawdon attendait sa pendaison à la prison de Joliette. Il s’était procuré un violon et avait exécuté les morceaux les plus enlevants, faisant danser les autres prisonniers dans la salle de récréation de la prison.
En mai le Quatuor Massenet composé de W. A. Dansereau, H. P. Bruyère, D. Poliquin et Hélène LeBouthillier avec M. Lavallée-Smith comme pianiste accompagnateur a présenté un concert à la salle publique (du marché?). Le répertoire des pièces jouées a été décrit dans L’Étoile du Nord: Gounod, Fauré, Offenbach, Delibes, etc.
La troupe de cirque Cyr & Barré présentait un grand concert vocal et instrumental lors de sa tournée dans Lanaudière: fanfare et orchestre de premier ordre.
L’étoile du Nord, 8 juin 1899 – Il y aura dans la grande salle du marché, sous le patronage de Son Honneur le maire de Joliette, Mr. J. Ad. Renaud, un grand concert donné par Melle Hélène LeBouthillier avant son départ pour le Conservatoire de Paris.
Un document de la Société d’Histoire de Joliette montre les membres de l’Harmonie de Joliette en 1901. Il a été publié par Lysandre St-Pierre dans l’article intitulé Le temps est au concert, l’élite laïque et la vie musicale à Joliette, 1860-1910.

Les salles et lieux de spectacle de Joliette après 1900
Raymond Locat a abondamment documenté la vie musicale à Joliette de plus en plus foisonnante au XXème siècle. Pour conclure cette chronique je me suis intéressé aux salles et lieux présentant des spectacles à Joliette.
La Salle du Marché était devenue la principale salle de spectacle de Joliette. On y présentait des pièces de théâtre, des concerts de fanfare et des séances musicales savantes: Grieg, Massenet, Saint-Saëns, Mendelssohn(?), Bizet, Fauré, etc.
Le premier parc public de la ville de Joliette a été construit vers 1900 entre la place Bourget et le palais de justice. Un kiosque à musique éclairé par 16 lumières électriques y avait été construit.
Le premier spectacle de vues animées a été présenté à Joliette en 1899 par L’Historiographe dans la salle du marché. Un bonimenteur commentait les images, accompagné par un pianiste.
Cette photo de l’Orchestre du Séminaire dans la salle de musique de l’aile Michaud du Collège parue dans Lanaudière et la musique est datée de 1902. Le Collège n’est devenu le Séminaire qu’en 1904 quand le diocèse de Joliette a été érigé. C’était encore l’Orchestre du Collège en 1902.
En 1903 l’éminent pianiste-compositeur Frédéric Ben Tayoux a donné une soirée musicale dans la salle de l’Institut en offrant de partager les bénéfices avec l’Institut de Joliette. C’est sans doute un des derniers concerts à avoir eu lieu dans cette salle. Le 12 mai 1909 l’Institut a été vendu à Amanda Dauphin, épouse de Joseph Pierre Léon Ducharme avocat, qui était déjà en possession de l’immeuble.
L’Étoile du Nord, 13 juillet 1905 – Nos édiles sont à faire réparer notre salle de spectacle située au dessus du marché public. Le contrat pour la décoration est confié à M. Georges Desaulniers.
Un autre kiosque à musique avait été construit dans le parc Renaud vers 1903 après l’inauguration du monument à Barthélémy Joliette puis un autre dans le parc Lajoie en 1919.
L’Étoile du Nord, 30 juillet 1908 – Jeudi prochain le 6 août la Cie du Laviolettoscope de Trois Rivières donnera une grande representation de vues animées et chansons illustrées dans la salle du marché, Joliette.
La soirée de gala du Cinemato ouvert à la fin de l’année 1908 a eu lieu en présence de l’Orchestre Symphonique de Joliette, une partie des recettes de cette soirée devait aller dans la caisse de la Symphonie.
Le 27 février 1909 Jules Coffin et Marius Neville se sont associés sous la raison sociale Le Cinemato pour l’exploitation d’une salle de vues animées. M. Neville fournissait un piano, une machine à projection lumineuse pour vues animées, une machine à transformer le courant électrique et des chaises.
L’Étoile du Nord du 25 février 1909 annonçait que les propriétaires du Cinemato allaient fermer leur salle pour en faire construire une nouvelle de 1.000 places sur la rue St-Paul; la salle était auparavant située au 58 rue Ste-Anne.
La Croix, 27 novembre 1909 – Mgr Archambeault a interdit le théâtre Cinémato, de Joliette. En même temps, Sa Grandeur a démontré les dangers auxquels s’exposaient les fidèles en allant aux théâtres dits modernes.
L’évêque de Joliette avait du pouvoir, la salle du Cinemato devenu l’Opéra Biograph Théâtre a été mise en location pendant l’hiver et n’a été réouverte au printemps qu’après son approbation de sa nouvelle direction.
Le premier concert symphonique qui a eu lieu au théâtre de l’Opéra a été un succès artistique extraordinaire. L’orchestre comprenait près de 40 musiciens.
En 1913 le théâtre Opéra Biographe de 1.300 places appartenait au propriétaire de l’Hôtel Windsor, J.-D. Dorion.
La Symphonie de Joliette y a présenté de nombreux concerts documentés par Raymond Locat. On trouve dans les archives de plus en plus de photographies des formations musicales de Joliette.
En 1918 André Généreux était propriétaire du théâtre Passe-Temps sur la rue St-Paul, c’était le nouveau nom du Cinemato et de l’Opéra Biographe. Des concerts y étaient encore présentés.
L’action populaire, 14 mai 1920 – M. Joseph Saucier, l’éminent baryton canadien-français, et Mlle Annette Lasalle, virtuose violoniste, tous deux accompagnés de Mme Saucier ont donné un concert dans la salle de L’Académie Saint-Viateur rue Notre-Dame. Le 16 février 1922 le barde breton Théodore Botrel s’y est aussi produit, le 17 octobre Jean Riddez de l’Opéra de Paris accompagné de Pamphile Langlois, etc.
Pour le centenaire de Joliette en 1923 il y a eu des défilés, des discours, illumination générale de la ville. La fête s’est terminée au parc Renaud par un concert de l’Union Musicale de Joliette réunissant 3 fanfares: celles de la Cité, du Séminaire et des Zouaves. La cantate à Barthélémy Joliette a été chantée.
D’après les renseignements qu’on m’a donnés, dans le temps, cette cantate, qui a toujours remporté un si beau succès, est l’oeuvre du R. P. G. Paul, c.s.v., quant aux paroles, et du Frère Vadeboncoeur quant à la musique, qu’il a extraite de l’oeuvre d’un grand maître et adoptée aux mots de la poésie.
Raymond Locat a publié quelques photos dans son livre mais il ne précise pas leur provenance.
En mai 1926 Mgr Papineau a béni la nouvelle salle académique du Séminaire de 1.200 places inaugurée par la représentation du Britannicus. La salle s’est ensuite appelé Rolland-Brunelle puis Centre Culturel Desjardins aujourd’hui.
L’Union Musicale de Joliette dirigée par Emile Prevost a donné en 1930 un premier concert à la radio de CKAC. Les artistes invités pour le deuxième concert étaient Lucien Dugas baryton et la Symphonie de Joliette.
Cette photo de l’Association des Fanfares Amateurs a été prise dans le parc situé au nord de la ville. On aperçoit Joliette au loin avec sa gare et l’Hôtel du Nord au centre.

La mezzo-soprano Hélène Andrevey a donné un récital au studio de Thérèse Gadoury, professeur de piano, rue Notre-Dame. Il devait être assez vaste pour accueillir le public.
La Salle Académique du Séminaire présentait de la musique classique et de la chanson traditionnelle. En 1932 Les Toubadours de L’Industrie formés de Euclide et Julien Beausoleil, René Beauséjour, Roland Brunelle, Émile Jetté, Robert Naud et Paul Clermont sous la direction de l’abbé Edouard Jetté y ont présenté leur spectacle avec le concours de Lucien Dugas baryton. Ils se sont aussi produits dans la région, à St-Jacques, Crabtree, St-Félix, Rawdon, St-Alexis, St-Barthélémy, Berthier, Lanoraie et Mascouche.
La région de Lanaudière est aujourd’hui connue pour la diffusion de la musique traditionnelle au Québec avec le Centre régional d’animation du patrimoine oral (CRAPO). Le Cégep de Joliette est le seul établissement collégial au Québec à offrir un profil spécialisé en musique traditionnelle au sein de son programme de musique. On voit ici les Troubadours de l’Industrie présentant Évangéline, chant harmonisé et national des Acadiens pour le 160ème anniversaire de St-Jacques.
L’Arena de Joliette a été inauguré en décembre 1932 avec le concours de l’Union Musicale dirigée par Emile Prévost. L’Aréna de Joliette peut contenir facilement deux mille personnes assises ou plus de douze mille debout.
La convention annuelle des Zouaves 1938 a eu lieu à l’Arena de Joliette. La fanfare des zouaves de Joliette sous la direction de J. Albert Contant y a donné un concert et celle de Saint-Baptiste de Québec au parc Lajoie: des centaines de personnes remplissaient les automobiles qui entouraient la jardin.
Le monument J. Albert Contant musicien, organiste, maître de chapelle, compositeur et professeur, fondateur et directeur de fanfares installé dans le parc Lajoie est, je crois, le seul commémorant un musicien de Joliette.
Une grande commémoration a été organisée pour le centenaire de l’arrivée des Clercs de Saint-Viateur à Joliette en 1847.
Le Pageant commémoratif de 1947 est la culmination de plus de cent ans de formation et de création artistique au collège. Une estrade imposante pouvant accueillir 10.000 personnes est installée sur le terrain de la cour. Les activités incluent une procession aux flambeaux, un grand défilé de 5.000 personnes dans les rues de la ville et le grand Pageant historique présenté aux 10.000 jeunes venus de tous les coins de la province (grand théâtre en plein air, 500 figurants, chœur de 300 voix, orchestre de 75 musiciens, 25 tableaux historiques avec costumes et ballets). Une cérémonie liturgique empreinte de solennité clôture les activités. À cette occasion, le père Lucien Bellemare dirige plus de 500 choristes qu’accompagne un grand orchestre symphonique.
150 ans de grande musique à Joliette – Maurice Rhéaume
En 1948 la salle de spectacle du marché Bonsecours avait été fermée par la ville car elle avait été jugée dangereuse, il fallait y apporter des modifications pour assurer la sécurité du public. Elle a été réouverte vers 1950 mais il y avait alors des salles plus modernes à Joliette et elle était beaucoup moins utilisée. Le marché a été démoli en 1963.
En 1970 une nouvelle salle de concert pour la musique de chambre a été inaugurée dans l’édifice de l’ancien Scolasticat au 455 boulevard Base de Roc.
En 1968 le Séminaire était devenu le CEGEP de Lanaudière. Ce concert était annoncé dans la chapelle du CEGEP. Le prix d’admission était encore très abordable, $1.50, il a fortement augmenté par la suite.
Le Festival d’été de Lanaudière a débuté en 1978. En 1986 pour sa 9ème saison la construction d’un amphithéâtre pour abriter les spectacles a été anoncée.
Il aura fallu plusieurs années pour réaliser le projet mais l’ouverture de l’Amphithéâtre de Lanaudière a été faite par Joseph Rouleau le 17 juillet 1989. L’Orchestre du Festival était dirigé par Semyon Vekshtein, il y avait aussi le Choeur de Lanaudière.
J’ai répertorié quelques salles de spectacle mais il y en a certainement eu d’autres, la boîte à chansons Le Cabastran (1963-1968) sur le boulevard Base-de-Roc par exemple.
Raymond Locat est né le 31 août 1923 à Saint-Alexis, il est décédé à Joliette le 29 septembre 2023 à l’âge de 100 ans, après une longue vie consacrée à la religion et à l’enseignement.









































































































































