En 2023 la ville de Joliette a publié un historique pour son bicentenaire présentant les principales industries depuis sa fondation en 1823. Un chapitre est consacré à l’industrie de la construction: la carrière de la famille Leprohon, la Joliette Limestone and Quarry Company, la briqueterie de Pierre-Edouard McConville y sont documentées. Il y a eu plusieurs carrières autour du pont des Dalles des deux côtés de la rivière de l’Assomption depuis la fondation de la ville de Joliette mais leur histoire est compliquée à raconter, quelques paragraphes ne suffisent pas.
La publication de la ville de Joliette, Village d’Industrie 1823-2023, débute son historique de l’industrie de la construction par le rappel de la fondation du village:
Dès les premières années du Village d’Industrie, la famille de Lanaudière tire profit de la présence de dépôts calcaires sur les rives de la rivière L’Assomption. De part et d’autre du pont des Dalles, des carrières sont exploitées afin de fournir la pierre nécessaire à la construction.
Ces carrières de pierre ont servi dès la fondation du village d’Industrie pour bâtir les moulins, les manoirs des seigneurs, l’église et le collège mais on trouve peu de documentation sur leur exploitation à cette époque dans les archives historiques. Joseph Bonin dans sa Biographie de l’Honorable Barthélémi Joliette ne donne pas de détails:
Non loin de l’emplacement du moulin qu’il s’agissait de bâtir, et en descendant le cours de la rivière, s’étendent sur ses bords, de vastes carrières de pierre calcaire d’une qualité supérieure. Elles furent exploitées immédiatement et fournirent les matériaux nécessaires à la construction du moulin.
Le livre Histoire de Joliette publié en 2015 par Claude Martel ne contient qu’un tout petit paragraphe consacré à l’industrie de la construction à Joliette à la page 130. Il nous apprend que la briqueterie fondée en 1872 par Pierre McConville employait une quinzaine d’ouvriers en 1891 et que la carrière de pierres d’Edouard Lauzon comptait 25 ouvriers.
Illustrations des alentours du pont des Dalles
Une vue de Joliette à vol d’oiseau dessinée en 1881 montre une carrière au bord de la rivière de l’Assomption entre les rues St-Pierre et St-Barthélémy. Le dessin arrête en aval du pont couvert, le pont des Dalles, à la chapelle St-Joseph. Il ne semble pas y avoir d’autre carrière en aval du pont ni de l’autre côté de la rivière de l’Assomption. Mais c’est une vue artistique qui n’est peut-être pas exacte.
Un dessin non daté de la collection Baby des archives de l’Université de Montréal montre une vue de la rivière en aval du pont des Dalles. Elle représente le pont qui avait été construit pour le train allant vers Rawdon en 1852 avec l’église au centre et les 2 manoirs des seigneurs de Lavaltrie, Joliette et Loedel, à droite. Les 2 rives de la rivière ont été exploitées en carrières à cet emplacement.
Une carte postale datant de 1900-1904 montre le pont des Dalles et 2 fourneaux à chaux sur la rive gauche de la rivière; il semble y avoir une carrière en amont du pont vers la manufacture de papier.

Sur ce plan de Joliette des archives de Montréal qui n’est pas daté la rue de la Carrière se trouvait en aval du pont des Dalles sur la rive droite et allait jusque vers le pont suspendu construit vers 1890 par Samuel Vessot devant ses usines. À partir du cimetière, déplacé là en 1893, elle s’appelait chemin du Vieux Moulin.
La carrière de la famille Leprohon
La publication Village d’Industrie 1823-2023 montre une belle photo de la carrière de la famille Leprohon mais on ne peut pas savoir exactement où elle a été prise faute de point de repère. Elle est datée vers 1890, elle a été publié dans un livret publié en 1893, Joliette Illustré.
Le texte qui la documente précise: La carrière la plus importante est située en bas du pont des Dalles, sur les terres appartenant à Peter Charles Loedel, puis à son gendre Bernard-Henri Leprohon. Pendant plusieurs décennies, on y extrait la pierre utilisée dans la majorité des projets de construction à Joliette. En fait ces terres appartenaient à l’épouse de P.C. Loedel seigneuresse de Lavaltrie et elle les a léguées à son petit-fils Charles-Bernard-Henri Leprohon, pas à son gendre.
Cette carrière se trouvait en aval du Pont des Dalles à l’emplacement actuel du Parc des Dalles selon la suite du texte.
En 1938, le Séminaire revend le terrain longeant la rue Des Carrières (auj. rue Monseigneur-Forbes) à la Ville de Joliette pour l’aménagement d’un futur jardin botanique. Ce projet n’est jamais réalisé et l’ancienne carrière sert longtemps de dépotoir pour la Ville de Joliette qui vient y déverser des résidus de démolition. À la fin des années 1990, cet espace est converti en parc (Parc des Dalles) et un imposant réservoir d’eau potable (Réservoir Roland-Rivest) y est construit en 1998 pour les besoins de la Ville.
Une recherche historique dans les archives semble démontrer que la photo de la carrière pourrait être plus tardive que vers 1890. Tout comme le livre Histoire de Joliette cet historique résume une histoire compliquée en quelques phrases; il y avait des carrières tout autour du pont des Dalles, en amont, en aval et des 2 côtés de la rivière dont une appartenait à Charles de Lanaudière.
La Joliette Limestone and Quarry Company
Sur la rive gauche de la rivière des fours à chaux avaient été construits vers 1877. La société d’histoire de Joliette – De Lanaudière a fourni pour l’historique une photo de sa collection montrant un de ces fours près du pont des Dalles avec la manufacture de papier en arrière-plan. Elle est intitulée Vue de la carrière et du fourneau à chaux de la Joliette Limestone and Quarry Company vers 1910. Mais c’est faux, la carrière de cette compagnie appartenant à Charles de Lanaudière se trouvait en amont du pont et ce four à chaux appartenait à un locataire de la la famille Leprohon.
Le musée McCord-Stewart a dans sa collection une photo très semblable qui est l’original de la carte postale montrée plus haut datant de 1900-1904. En l’agrandissant on voit un deuxième fourneau à chaux en amont du pont, celui de la Joliette Limestone and Quarry.

Il y avait certainement eu des fours à chaux artisanaux construits au bord de la rivière dès le début du village d’Industrie puisque la pierre à chaux y affleurait. Le 30 décembre 1857 François Sauvage(?) Beaudoin chaufournier de St-Charles-Borromée a donné une quittance à Louis Jetté. Le 13 novembre 1877 François Beaudouin chaufournier de Joliette a donné une quittance à Joseph Vessot pour la somme de 500 piastres dûe pour l’achat le 26 février 1864 d’un emplacement dans la ville au coin des rues St-Antoine et St-Barthélémy.
On lit dans l’historique:
Une carrière de plus petite superficie, située en amont du pont des Dalles, est la propriété de Charles-Barthélemy-Gaspard Tarieu Taillant de Lanaudière (1821-1875), puis de son épouse Julie-Arthémise Tarieu Taillant de Lanaudière. Au tournant du XXe siècle, elle est exploitée par son fils, le colonel Joseph-Charles de Lanaudière.
Plusieurs fourneaux à chaux ont été construits sur la rive gauche autour du pont des Dalles mais ils n’appartenaient pas tous à la compagnie Joliette Limestone and Quarry; l’histoire est plus compliquée. La carrière située en amont du pont appartenait à Charles de Lanaudière et sa compagnie Joliette Limestone and Quarry; celle en aval du pont appartenait à C.B.H. Leprohon. Le four à chaux situé en avant plan de la photo se trouvait dans la carrière Leprohon.
En 1903 Élie Beaudry était chaufournier à Joliette. Dans La Presse du 25 octobre 1904 on lisait: MM. Arnault et Beaudry sont à construire un nouveau four à chaux sur l’immense carrière de pierre de M. Leprohon. C’est celui que l’on voit en avant-plan des photos.
L’historique de la ville de Joliette dit: En 1923, la famille Leprohon vend la propriété de la carrière au Séminaire de Joliette pour la somme de 10 000 $. L’institution d’enseignement souhaite alors obtenir à bon prix la grande quantité de pierre nécessaire pour la construction prochaine de l’aile Bonin (du collège).
Le Devoir du 20 octobre 1922 annonçait que Mlles Leprohon avaient vendu leur carrière pour $10.000 aux Clercs de Saint-Viateur pour la construction d’une nouvelle aile au séminaire. Et un article de journal de 1934 indique que la carrière Leprohon se trouvait sur la rive gauche de la rivière: La carrière de M. Leprohon occupait l’espace compris entre la rivière l’Assomption, la rue Querbes (Base de Roc) et les usines Vessot. Ce terrain appartient aujourd’hui aux Clercs de St-Viateur sur lequel est bâti le Scolasticat St-Charles. Ce n’est donc pas la carrière où est situé le parc des Dalles actuel qui a été vendu au Séminaire mais celle située de l’autrecôté de la rivière.
Les articles de journaux ne sont pas toujours exacts et ils donnent des informations partielles. J’ai essayé de démêler cette histoire compliquée en cherchant dans les archives d’autres informations pour les compléter.
Les deux carrières du pont des Dalles en 1951
Un rapport du département des mines daté du 30 mai 1951 décrit deux carrières encore en activité près du pont des Dalles et donne quelques informations sur leur histoire.
La carrière de Pierre Beaudry qui est au nord du pont des Dalles est actuellement exploitée pour de la pierre de fondation que l’on vend 90 cents par tonne sur les lieux. On extrait la pierre de deux bancs ayant respectivement 12 pieds et 20 pieds d’épaisseur. L’ouverture mesure environ 250 pieds dans une direction parallèle à la rivière et environ 100 pieds sur la largeur, la profondeur est de 32 pieds.
Comme équipement à la carrière il y a un petit derrick ayant une capacité de 5 à 6 tonnes. Pour le concassage des gros blocs de pierres on se sert d’une masse de 3 tonnes qu’on lève à une hauteur de 20 pieds au moyen du derrick.
La description de la première carrière située au nord du pont des Dalles mentionne un petit derrick servant à soulever les pierres et à les concasser. La photo de la carrière Leprohon datée de vers 1890 montre un bloc soulevé par un engin de levage qui correspond à cette description. La carrière faisait 250 pieds le long de la rivière par 100 de large à peu près comme sur la photo. Mais l’historique de la ville dit que la carrière Leprohon de la rue des Carrières a été vendue à la ville en 1938 pour l’aménagement d’un jardin botanique.

Ce rapport de 1951 décrit une carrière encore en activité. Elle était située au nord du pont des Dalles ce qui peut signifier sur la rive droite de la rivière ou sur la rive gauche en amont du pont ce qui semble plus probable.
La deuxième carrière située immédiatement au sud était donc sur la rive gauche de la rivière en aval du pont. Elle était surtout exploitée pour la pierre à chaux et 2 fourneaux à chaux y avaient été construits en 1877. Il s’agit de la carrière Leprohon vendue aux Clercs de Saint-Viateur.
Immédiatement au sud de la carrière de Pierre Beaudry, il y a une autre carrière de calcaire qui est la propriété des Clercs de St-Viateur. Elle est exploitée actuellement par M.E.E. Lépine qui est un ancien surintendant de la Standard Lime de Joliette. Cette carrière est en exploitation depuis de nombreuses années, surtout en vue de la production de la chaux, mais une assez grande quantité de pierre à bâtir y a été extraite. Cette carrière a changé de nom plusieurs fois; au moment de la publication du rapport de Parks en 1914 M. Edouard Lauzon l’exploitait; en 1921, Mm. Arnaud et Beaudry y produisent de la chaux; en 1941 c’est Mme Eduilda Arnaud qui est opérateur et depuis quelques mois, Eduilda Arnaud étant décédée, l’exploitation est continuée par son époux M.E. Lépine.
Les deux petits fours à chaux qu’il y a sur la propriété ont été construits en 1877. Ils ont une capacité de 20 tonnes de chaux chacuns. Comme combustible, on utilise de la croute de bois mou, il faut en moyenne une corde de bois par tonne de chaux produite. Après un chauffage de 3 jours et 3 nuits, la chaux est prête à être mise en barils.
Ce document n’est pas tout à fait exact lui non plus puisque Arnaud et Beaudry avaient construit des fours à chaux en 1904, pas 1921; et Edouard Lauzon a commencé à exploiter des carrières dès 1884 comme on va le voir. Mais il donne des informations utiles.
La famille Leprohon
Bernard-Henri Leprohon a épousé en 1840 la fille unique d’un des coseigneurs de Lavaltrie, Caroline-Suzanne Loedel, âgée de 16 ans. Il était médecin. Cette photo de l’historique venant de la collection de la SHJL le montre au milieu de ses 8 fils; il a aussi eu 3 filles.
Après le décès de Barthélémy Joliette en 1850 il a dû s’impliquer dans le commerce du bois. Il s’est associé avec Charles Barthélémy Gaspard De Lanaudière et Charlotte De Lanaudière veuve Joliette puis avec Edward Scallon. Le 4 décembre 1857 G. DeLanaudière, B.-H. Leprohon, la veuve Joliette et E. Scallon ont mis fin à leur association et les propriétés de leur compagnie de commerce de bois ont été mises en vente à l’encan au marché de L’Industrie. Edward Scallon les a rachetées. Bernard-Henri Leprohon et Marie-Angélique de Lanaudière, fille de Pierre-Paul de Lanaudière, étaient devenus propriétaires de chacun la moitié indivise du moulin à scie de la rive gauche lors du partage de la seigneurie de Lavaltrie. Le 8 novembre 1883 Caroline Suzanne Antoinette Loedel veuve de Bernard Henri Leprohon a vendu à la société William Copping & Cie sa moitié indivis du moulin.
Le 17 juin 1876 Peter Charles Loedel et Marie Antoinette Tarrieu Taillant de Lanaudière ont fait donation à Charles Bernard Henri Leprohon leur petit-fils député sheriff de Joliette de leurs propriétés sous la réserve d’usufruit. Ils avaient 11 petits-enfants, ils ont choisi l’aîné.
- Un lopin de terre de Joliette N°406 au terrier borné par les rues de Lanaudière et Montcalm, la rivière de l’assomption et le manoir Joliette;
- Un terrain sur la rive droite de la rivière où était bâti leur moulin à farine, une maison pour le meunier, le canal et la chaussée et une autre chaussée pour la manufacture de papier;
- Le terrain N°459 où était bâtie la Fonderie de Joliette avec un pouvoir d’eau loué à bail;
- Les terrains N°482, 504, 533 et 535 sur la rue de la Carrière, les N°536 et 538 sur la rue Edouard;
- Etc.
Le lot 406 était le site de l’ancien manoir Loedel près de la fonderie (459). Le 482 est le terrain en aval du pont des Dalles rive droite, les 533 et 535 sont un peu plus bas entre la rue des Carrières et la rivière. Les 536 et 538 étaient en face rive gauche. Lors du partage de la seigneurie après le décès de Barthélémy Joliette la rue de l’Assomption (Base de Roc) marquait la limite entre le fief des Loedel et celui de Gaspard de Lanaudière.
C. B. H. Leprohon était donc propriétaire de carrières situées des 2 côtés de la rivière. Le 8 septembre 1880 il a vendu à la Fonderie de Joliette le terrain qu’elle occupait. Le 22 juin 1891 il a vendu à Alexander McArthur le moulin à farine situé sur le terrain N°406 en amont de la fonderie en face de la manufacture de papier avec son pouvoir d’eau et son quai. Sur cette carte postale on voit le bâtiment de l’aqueduc, un canal, le moulin à farine Loedel et la fonderie au fond.
En 1875 la Société de Construction Permanente de Joliette a été fondée pour permettre le financement de la construction de maisons et immeubles à Joliette et à la campagne. Cette société qui a pris la relève de la Société de Construction du Village d’Industrie permettait d’emprunter à un taux d’intérêt raisonnable (6%) en donnant des garanties. De nombreuses maisons ont été construites à Joliette à cette époque.
Provost, Leprohon & Co.
Le 15 février 1877 Jean Jacques Provost et Charles Bernard Henri Leprohon ont annoncé avoir formé une société pour exploiter les magnifiques carrières de Joliette mais elles ne sont pas situées exactement.
Ils avaient conclu un contrat pour fournir 2.000 verges de pierre taillée pour la construction des ponts de la ligne de chemin de fer du Nord.
Jean-Jacques Provost était marchand épicier et Charles Bernard Henri Leprohon député shérif de Joliette; Provost était seul chargé de l’administration des affaires.

M. C. H. B. Leprohon vendra aux conditions les plus faciles: Chaux, Pierre, Sable.
La construction de la chapelle Bonsecours rue Notre-Dame
En 1881 les soeurs de la Providence ont fait reconstruire la chapelle Bonsecours sur la rue Notre-Dame derrière l’hôpital Saint-Eusèbe qui datait de 1847. La pierre de construction provenant des carrières de Joliette a été donnée par C.B.H. Leprohon.
Le 2 juillet 1881 Alphonse Thomas tailleur de pierre de Joliette a conclu un marché avec Messire Prosper Beaudry curé de la paroisse St-Charles-Borromée, Jean-Baptiste Chapdelaine bourgeois et Charles Bernard Henri Leprohon député sheriff de Joliette pour tailler sur la carrière Leprohon toute la pierre à bosse pour faire le 1er étage de la chapelle de Notre-Dame de Bonsecours suivant les plans de Messire Joseph Michaud. Le même jour Norbert Généreux carrier s’est engagé à livrer toute la pierre à bosse nécessaire que C.B.H. Leprohon donnait aux Soeurs de la Providence. Le 16 août 1881 Antoine Thibodeau tailleur de pierre de Joliette a conclu un marché pour livrer sur le terrain des Soeurs de la Providence près de l’endroit où était construite la chapelle Bonsecours 180 verges cubes de maçonnerie pour la construction d’une nouvelle chapelle.
Les carrières de Pierre Cusson et Edouard Lauzon
Le 14 mai 1884 Alphonse Durand a conclu un marché avec Pierre Cusson tailleur de pierre de Joliette pour lui livrer sur le terrain N°523 rue des Carrières toute la pierre pour une maison d’Industrie qu’il construit pour la Corporation Episcopale Catholique Romaine de Montréal. Toute la pierre de grosse et de petite course (pierre à bosse), pierre pour les ouvertures (pierre de taille bouchardée en fin) et la pierre des coins…
Ce bâtiment a été modifié mais il existe toujours près de la chapelle St-Joseph sur l’ancienne rue des Carrières.

Le 3 juin 1884 Charles Bernard Henri Leprohon député sheriff de Joliette a loué à Pierre Cusson maître-tailleur de pierre le droit et pouvoir de creuser, travailler, extraire et enfin exploiter généralement les carrières de pierre situées sur les N°533 (rive droite) et 538 (rive gauche) du cadastre de Joliette pour 1 piastre pour chaque toise de pierre de maçonne et 3 centins par pied cube de pierre de taille; il ne devra exploiter la carrière située sur le N°538 qu’après que celle du N°533 sera épuisée. Le 17 octobre Pierre Cusson a formé une société avec Edouard Lauzon tailleur de pierre de Joliette pour exploiter la carrière et entreprendre des travaux de construction.
Le 13 mars 1886 C.B.H. Leprohon a loué à Bazile Beaudry cultivateur et chaufournier pour un bail de 5 ans un terrain faisant partie du 536 de 900 pieds environ pour l’usage d’un fourneau à chaux. Le preneur sera tenu d’entretenir une barrière à ses frais pour communiquer de la rue de l’Assomption (Base de Roc) au terrain susloué... Le preneur aura le droit de prendre au prix et conditions ordinaires dans les carrières du dit bailleur toute la pierre dont il aura besoin pour faire sa chaux.
Cet article de la Gazette de Joliette annonce que Messieurs Cusson et Lauzon fournissaient de la pierre de taille pour le pont de Vaudreuil et Ste-Anne. Leur carrière employait alors 30 journaliers et 50 tailleurs de pierre.
Le 20 septembre 1886 Pierre Cusson tailleur de pierre incapable de payer la somme de 208 piastres à Charles Bernard Henri Leprohon pour la pierre qu’il a extraite de sa carrière lui a vendu ses outils: 2 grues (derrick) avec leur gréement, 18 drilles, 10 crow-bars, 2 jumpers, 2 barres à mine, 1 barre à pétard, 2 petits John Bull, 3 cabanes en planches, 1 masse, 3 marteaux (sledges), 1 voiture à 4 roues pour charroyer la pierre, 2 chaînes avec les chiens(?), le tout évalué à 146 piastres.
Le 30 septembre 1886 Alphonse Thomas tailleur de pierre de Joliette seul associé de la compagnie Cusson & Cie (?) a constitué pour ses procureurs Pierre Cusson et Georges Desroches tailleurs de pierre concernant les carrières de pierre qu’ils veulent mettre en exploitation à Joliette comme de bons contremaîtres. Le 29 novembre 1886 Georges Desroches a constitué Pierre Cusson son procureur pour les marchés qu’il pourrait faire pour la construction d’une église et d’une sacristie à Joliette, fournir, tailler et préparer la pierre.
La pierre de construction de la cathédrale de Joliette aurait été extraite de cette carrière.
Le 3 décembre 1886 Julie Artémise Taché veuve de Charles Gaspard de Lanaudière a loué à Edouard Lauzon tailleur de pierre pour 5 ans un terrain partie du N°544 (rive gauche en amont du pont des Dalles) exploitée en carrière en excluant le terrain et le fourneau à chaux occupé par George Manseau pour 75 cents pour chaque toise de pierre de maçonne, 6 cents pour chaque verge carrée de pierre à bosse et 1 cent par pied cube de pierre de taille.
Les briqueteries: L. Fréchette et P.-E. McConville
L’historique du bicentenaire raconte aussi l’histoire des 2 briqueteries de Joliette.
En 1852, le marchand Léandre Fréchette (1824-1896) se voit octroyer le droit d’établir une briqueterie et de recueillir la glaise nécessaire à la fabrication de briques sur les berges de la rivière L’Assomption. L’emplacement de cette entreprise primitive est situé sur le site actuellement occupé par la piscine municipale, en aval de l’actuel pont Baby.
Le 2 avril 1852 Prosper Champoux a loué à bail pour 2 ans à Léandre Fréchette marchand un lopin de terre de 6 arpents en superficie borné par le chemin de la Reine, la rivière de l’Assomption, Toussaint Laporte et les Clercs de St-Viateur. Il avait le droit de prendre la glaise et le sable pour faire de la brique sur une largeur de 30 pieds sur la grève de la rivière.
Léandre Fréchette était un marchand important du village d’Industrie à cette époque, très impliqué dans la construction du marché Bonsecours. En 1853 il avait loué les moulins Lefebvre situés sur la rivière l’Assomption en amont de Joliette (moulins Bordeleau par la suite) pour y fonder la Société en Commandite de la Manufacture Canadienne de la Paroisse de St-Charles-Borromée.

Le 8 juillet 1872 Joseph et Samuel Vessot ont loué à titre de bail à loyer pour 10 ans à Pierre Edouard McConville arpenteur juré de la ville de Joliette un lopin de terre situé au sud-ouest du chemin public de la Baze de Roc. Le terrain devait servir à y manufacturer de la brique, le preneur aura le droit d’y ériger des bâtisses et de prendre la glaise et le sable nécessaires dans le penchant de la côte, etc. Ce terrain situé sur le lot 539 était à 500 mètres en aval du pont des Dalles juste avant les usines Vessot. Le 16 avril 1872 P.E. McConville avait engagé Charles Partenais de St-Alphonse pour fabriquer 400.000 briques.
Le 21 janvier 1874 Jean-Jacques Provost et Pierre Edouard McConville ont conclu un contrat avec la Ville de Joliette pour la construction d’un marché en brique. La brique fabriquée par la manufacture McConville a servi à la construction de nombreuses maisons et édifices de la ville.
Le 24 février 1876 Pierre Edouard McConville a donné à la Corporation Episcopale Catholique Romaine de Montréal un lopin de terre de 60 pieds sur 100 sur la rue des Carrières au coin de la rue Gaspard pour y construire une chapelle dédiée à St-Joseph. Il a aussi donné 25.000 briques.
Le 22 novembre 1888 Pierre Edouard McConville a vendu à Augustin Lesage et Nazaire Paradis briqueteurs faisant affaire sous la raison sociale Lesage & Paradis les lots N°533 et 534 (ancienne emprise du train de 1852 allant vers Rawdon) entre la rivière de l’Assomption et la rue des Carrières avec les bâtisses dessus construites et tout ce qui sert à l’exploitation de la brique. Le lot 533 avait été légué par les époux Loedel en 1876 à C.B.H. Leprohon, j’ignore comment il en est devenu propriétaire mais sa fabrique de briques était donc située sur les deux rives de la rivière. Ou alors il avait abandonné le premier site à l’expiration du bail de 10 ans avec J. et S. Vessot.
Les carrières de Joliette – documentation
En cherchant dans les archives des notaires et les journaux numérisés par la BANQ on trouve des informations diverses pour documenter la suite de l’histoire.
En 1889 le plus gros bloc de pierre jamais extrait de la carrière Leprohon sous la direction de M. P. Cusson mesurait 13 pieds et demi de longueur.
M. Chs.B.H. Leprohon a loué sa carrière à M. Ed. Lauzon qui s’est engagé à extraire par semaine assez de pierre pour charger au moins trois chars.
M. A. E. Lacroix, sculpteur de cette ville (Nicolet), vient de faire l’acquisition d’un riche carrière de pierre à Joliette. Cette pierre est une des plus belles du pays. Les connaisseurs la trouvent supérieure pour la qualité et la couleur à la pierre bien connue de Deschambeau.
Le Joliette Illustré de 1893 voulait que les carrières exploitées par M. Ed. Lauzon qui ne fournissaient que les besoins de la ville soient mieux connues au loin.
Le message semble avoir été entendu car la pierre de Joliette a été employée pour des constructions à l’extérieur de la ville jusqu’aux États-Unis.
Le Nord, journal de St-Jérôme, 6 juin 1895: La construction du presbytère marche à grands pas; les fondations sont très avancées. La pierre vient directement des carrières de Joliette.
Les directeurs de la compagnie de chemin de fer du Grand Nord ont pris en sérieuse considération les remarques faites par le maire Renaud pour induire la compagnie à utiliser la pierre des carrières de Joliette pour la construction d’un pont.
C.B.H. Leprohon est décédé le 9 novembre 1897 et son épouse Joséphine Derome a été sa seule légataire universelle héritant entre autres des lots No 482, 535, 536, 537 et 538; ce sont les terrains des carrières des 2 côtés de la rivière. À distraire du 482 une partie vendue à Xavier B. St-André, Urgel S. Bélair et Jean-Baptiste St-George et autres.
Le 24 février 1898 Joséphine Derome a résilié un bail consenti à Pierre Pépin dit Lachance cultivateur le 26 avril 1897 d’un immeuble situé sur les terrains 536, 537 et 538 de 36 arpents en superficie, soit les carrières de la rive gauche.
Johnny Dusseault avait ouvert une industrie de tailleur de pierre et sculpteur en 1895 sur la rue Notre-Dame en face du couvent de la Providence. Il exécutera toutes sortes de travaux, en pierre de Joliette, en marbre et granit.
En 1900 Théode Dussault tailleur de pierre annonçait sa boutique au coin des rues Ste-Angélique et des Carrières située en face des carrières de M. Edouard Lauzon puis en 1901 sur la rue de Lanaudière.
Le 6 octobre 1903 Théode Dussault a vendu à Gonzague Blais tailleur de pierre 2 derricks, les drills, jumpers, boutique de forge, outillages et bureaux situés sur une carrière sur le lot 136 loué par madame B.H. Leprohon mais il les a repris en février 1904 car il n’avait pas été payé.
Le 2 novembre 1901 un protêt a été signifié à Edouard Lauzon tailleur de pierre et entrepreneur de Joliette qui s’était engagé à livrer sur les chars à la station de Shawinigan Falls toute la pierre de course et la pierre taillée pour la construction du soubassement de l’église St-Pierre de Shawinigan. Urgel Lauzon son fils était aussi tailleur de pierre.
Le 28 novembre 1901 Marie Desange Alice de Lanaudière épouse Neilson et Marie Joseph Charles Gaspard de Lanaudière propriétaires chacun de moitié de très nombreux terrains de la ville hérités de leur mère Julie Arthémise Taché ont procédé à un partage; parmi tous ces terrains les lots 461 et 544 des 2 côtés de la rivière en amont du pont des Dalles ont été attribués à Charles; seul le lot 544 est désigné comme une carrière. Un plan a été annexé au contrat.
Le 18 avril 1902 Edward Fiske a conclu un marché avec Jean-Baptiste alias Johnny Dusseault tailleur de pierre pour la taille des pierres d’une clôture et des poteaux en pierre pour sa propriété sur le lot 406. Théode Dusseault s’est engagé le même jour à construire cette clôture au coin des rues de Lanaudière et Montcalm selon les plans de l’architecte Alphonse Durand.
Nous remarquons avec plaisir que la carrière de M. Charles de Lanaudière est de nouveau exploitée. Un fourneau moderne a été construit et d’autres sont en voie de construction pour la fabrication de la chaux.
À l’occasion d’une fête à l’église Saint-Jean-Baptiste de Pawtucket dans le Rhode Island un article mentionne que la pierre de sa construction en 1897 provenait des carrières de Joliette.
La présence de carrières au centre-ville était dangereuse, l’emploi de dynamite occasionnait des accidents. La combustion des fours pour cuire la pierre à chaux produisait une pollution très incommodante pour le voisinnage.

En 1904 MM. C. de Lanaudière et R. Nielson étaient propriétaires de carrières près de la rue Arthémise, sur la rive gauche de la rivière. M. Chas de Lanaudière qui possède à Joliette de magnifiques fourneaux à chaux et qui fait gros commerce à Joliette et à l’étranger, a l’intention, paraît-il, de s’adresser à la compagnie du chemin de fer Pacifique Canadien, pour obtenir la construction d’un embranchement de voie ferrée jusqu’à ses fourneaux à chaux sur le bord de la rivière L’Assomption.
Le 30 juin 1904 Marie D. Alice de Lanaudière épouse de Norman Neilson a vendu à la Corporation de la ville de Joliette une lisière de terrain faisant partie du lot 543 allant du terrain de la compagnie de chemin de fer jusqu’à la propriété de Marie Joseph Charles de Lanaudière et d’autres lisières pour prolonger la rue Arthémise(?) et en faire un chemin public. Le 16 juillet la Corporation a fait un échange avec M. J. C. de Lanaudière d’une autre lisière du lot 543 jusqu’à la rue L’Assomption (Base de Roc) contre un terrain sur les rues L’Assomption et Arthémise.
En août 1904 Théode Dussault annonçait qu’il avait loué la magnifique carrière de M. de Lanaudière située près de la Fonderie de Joliette.
La Presse 25 octobre 1904 – MM. Arnault et Beaudry sont à construire un nouveau four à chaux sur l’immense carrière de pierre de M. Leprohon.
Le 11 mars 1905 Gonzague et Clément Blais tailleurs de pierre ont formé une société sous le nom de Blais & Frère pour l’exploitation d’une carrière louée à dame veuve C.B.H. Leprohon ou de toute autre carrière qu’ils pourraient louer ultérieurement.
Le 7 août 1905 l’Honorable Georges Baby a endossé des billets de Charles G. T. de Lanaudière à la Banque d’Hochelaga et autres. Il s’engageait à l’endosser jusqu’à 6.000 piastres pour l’aider dans son entreprise de fabriction de chaux. Ce dernier a donné en garantie les lots 541, 542 et partie des 543 et 544.
Le 28 juin 1906 Clément Blais tailleur de pierre a vendu à Alphonse Durand & Cie 2 derricks, les drilles, jumpers, boutique de forge et tous les outillages servant à l’exploitation et l’extraction de la pierre sur la carrière située sur le lot 536 y compris le bureau et des bâtisses en bois. Cette vente était faite en garantie d’une avance de fonds pour 6 mois par A. Durand & Cie. La vente a été prolongée le 5 janvier et le 28 mars 1907 puis C. Blais a remboursé le 2 juillet 1907.
Le 19 juillet 1906 la Fonderie de Joliette a protesté contre Charles de Lanaudière qui exploitait une carrière de l’autre côté de la rivière en face de ses établissements situés sur les lots 458, 459 et 460. Tous les jours les ouvriers se servent de dynamite, brisent le roc pour l’extraire et le travailler… Les fragments de roc sont projetés avec violence jusque sur les bâtisses de la dite requérante. La chute de ces pierres a considérablement endommagé la toiture des dites bâtisses…
Le 5 juillet 1906 une autre compagnie, la Standard Lime & Quarry Coy Limited, a été incorporée pour exploiter une carrière située à l’ouest de la ville vers le village St-Pierre. Elle est toujours exploitée en 2025. En creusant n’importe où dans la région on peut atteindre la même strate géologique de pierre calcaire qui a été exploité au bord de la rivière près du pont des Dalles.

Le 22 mars 1906 Gilbert Lafortune , Charles Auguste Goulet, Alexandre Bouin, Elysée Thériault, Magloire Jetté et André Perrault ont accordé une servitude à la Standard Lime pour construire une ligne électrique à partir de Joliette. Le 28 septembre J. E. Thériault industriel de Joliette a vendu à E.E. Lépine représentant les actionnaires de la compagnie une partie du lot 426 de Saint-Paul de 2 arpents depuis la ligne de chemin de fer Chateauguay & Nord et les droits du vendeur sur le lot 427.
Le 1er et le 12 octobre 1906 la compagnie a donné en garantie hypothécaire ses terrains à Joseph Archambault de L’Épiphanie pour un emprunt de $5.000 à 8%; des fours à chaux avaient été construits sur le lot 426. Le 24 avril 1909 la compagnie a acheté à Joseph St-Jean une partie du lot 378 de St-Paul et une partie du 380 et Armand St-Jean une partie du 381. En 1912 André Maleau a vendu une partie du lot 375 de St-Paul et en 1914 Francis Laporte le lot 160-3 de Joliette.
L’Étoile du Nord rapportait que la Joliette Lime Stone Quarry Company a exploité des fourneaux à chaux à partir de 1901 entre la manufacture de papier et le pont des Dalles et qu’elle en a construit plusieurs autres depuis dans l’importante carrière de M. Chs T. de Lanaudière. La pierre qu’on en extrait est du calcaire gris et dur très propre à la construction et à la fabrication de la chaux. Presque tous les constructeurs de Joliette et beaucoup d’étrangers y ont pris jusqu’ici leur pierre à construction… En 1906 la ligne de train avait été construite jusqu’aux fours à chaux.
Sur le plan détaillé de ce secteur de Joliette dessiné par la compagnie Goad en 1908 on voit que la ligne du C.P.R. desservant la manufacture de papier a été prolongée vers les fours à chaux en aval; on en voit 4 dans un bloc bleu (50) nommés Lime Kilns.

Le plan général de la ville de Joliette est moins précis et on ne voit pas jusqu’où allait le prolongement de la ligne; il semble qu’elle arrêtait avant le pont des Dalles.
En 1909 des lettres patentes avaient été accordées à la Peace River Trade & Navigation Co. Ltd. pour faire le commerce des fourrures, les opérations de transport, l’exploitation de scieries et de mines à la Joliette Limestone Quarry Co. Ltd. Ses promoteurs étaient Charles T. Taillant de Lanaudière, Jules Hamel, Arthur et Henry Baby et Paul Ames. La compagnie exploitera la carrière appartenant à M. de Lanaudière.

Les statuts de la Joliette Limestone Quarry Company Limited ont été publiés le 21 mai 1909.

Le 1er mai 1911 Joséphine Derome veuve Leprohon a loué à bail à Louis Arnault et Élie Beaudry chaufourniers pour 5 ans une partie du lot 536 avec les 2 fournaux construits par les locataires et leur appartenant depuis longtemps; ils ne pourront pas y construire d’autres fourneaux. Il est convenu que les locataires auront le droit de s’approprier tous les déchets de pierre laissés par les tailleurs dans les carrières établies des 2 côtés de la rivière appartenant à la bailleuse; si ce n’était pas suffisant ils auront le droit d’extraire de la pierre pour les besoins de leurs 2 fourneaux. Le 9 novembre 1914 Joséphine Derome a renouvelé pour 5 ans le bail avec Louis Arnault et Élie Beaudry.
Dans l’annuaire Lovell de 1906 il n’y a qu’un chaufournier à Joliette, Charles de Lanaudière sur la rue Arthémise. Dans celui de 1911 il y a Louis Arnaud au 12 rue St-Angélique, Arneault & Beaudry, C. de Lanaudière, Joliette Lime Co. et E. E. Lépine. En 1915 il n’y a plus que Standard Lime Co. au 116 Manseau.
Dans la liste des principaux fabricants de chaux et exploitants de calcaire agricole, dans la province de Québec en 1921 et 1922 il y avait à Joliette Arnaud et Beaudry et la Standard Lime Co. Limited. La carrière de Eugène-Euclide Lépine située en-dehors de la ville a prospéré jusqu’à aujourd’hui contrairement aux autres situées en plein coeur de la ville. La combustion de la pierre pour fabriquer la chaux était très polluante.
Eugène-Euclide Lépine voyait loin et juste lorsqu’en 1904, ce gérant de la Banque Canadienne Nationale de Joliette, croit aux possibilités industrielles des carrières et des fours à chaux de la région. Grâce à des investisseurs et à ce visionnaire, la «Standard Lime» voit le jour.
Le 10 juin 1909 Charles de Lanaudière et Patrick Davis ont acheté des terrains à Charles Beaumier(?) gérant de banque de Joliette. Le 8 mai 1910 Charles de Lanaudière a formé une société avec Patrick Davis et Francis M. Davis nommée The Joliette Sand & Gravel Company pour l’exploitation de sable et gravier sur une terre de la concession St-Martin à St-Félix-de-Valois (136 et 138) et Ste-Elisabeth (514) desservie par le train. Le 19 mai Patrick Davis ingénieur a vendu à la compagnie un autre terrain puis il a vendu ses intérêts à Francis Davis. Le 1er juillet 1912 Francis M. Davis a vendu à Hervé de Chiré de Cournaud le sixième des actifs de la société. Le 4 août 1913 Charles de Lanaudière, Hervé de Chiré et Francis M. Davis ont procédé au partage des actifs et ces 2 derniers ont vendu à C. de Lanaudière un des terrains.
Les carrières Joliette en 2025
En 2025 il y a une autre carrière en activité entre Joliette et St-Thomas, Les Carrières Joliette Inc. Les photos de leur site internet sont très spectaculaires, elles montrent comment sont exploitées des carrières modernes.
Les dépotoirs autour du pont des Dalles
Sur le bord de la rivière L’Assomption autour du pont des Dalles on remarque que les rives ont été remblayées par toutes sortes de détritus. En aval du pont rive gauche les détritus sont mêlés à une craie blanche, résidus des fourneaux à chaux.
En fouillant ces décombres on peut facilement trouver des morceaux de métal, de porcelaine et de verre. En quelques minutes de fouilles un après-midi j’avais trouvé plusieurs bouteilles anciennes intactes et beaucoup d’autres en morceaux. En aval du pont des Dalles en observant attentivement on peut encore voir des vestiges de l’exploitation d’une carrière et des résidus de chaux sur plusieurs centaines de mètres.
L’historique de la ville de Joliette disait: l’ancienne carrière sert longtemps de dépotoir pour la Ville de Joliette qui vient y déverser des résidus de démolition. Ces photos prises en amont du pont des Dalles montrent que la rive a été rehaussée en accumulant une énorme quantité de résidus de démolition. Sur la rive gauche située en face on ne voit plus aucune trace de la carrière et des fours à chaux, le terrain a aussi été complètement remblayé en arrière du CLSC.
En descandant la rivière l’Assomption en aval de Joliette on voit de nombreux affleurements de pierre calcaire blanche sur les rives.






















































