Catégorie: Histoire de Lanaudière
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L’orphelinat St-Georges et le sanctuaire St-Isidore

À partir de 1935 l’orphelinat St-Georges fondé sur la rue de la Visitation au nord de Joliette a accueilli les orphelins du diocèse de Joliette pour leur donner un enseignement agricole; l’orphelinat était dirigé par la communauté des Clercs de Saint-Viateur. Une statue de Saint Isidore patron des agriculteurs y avait été érigée puis un sanctuaire a été édifié, des pèlerinages y étaient organisés chaque année. L’orphelinat et le sanctuaire ont disparu, la statue de St-Isidore a été déplacée dans les jardins de la maison Antoine Lacombe.

Les Clercs de Saint-Viateur dans l’enseignement

Les Clercs de St-Viateur sont venus au Canada en 1847 à la demande de Mgr Bourget et se sont d’abord installés à Joliette. Barthélémy Joliette avait demandé à son évêque de trouver des professeurs pour le collège qu’il venait de fonder. En 1929 la crise économique mondiale a durement touché le Québec et son industrie, un retour vers l’agriculture a alors semblé être une solution à la crise.

Plutôt préparés à donner un enseignement classique, les CSV (Clercs de St-Viateur) entreront tout de même à partir des années 1930 dans le champ de l’enseignement agricole. De 1932 à 1940, ils organiseront cinq écoles d’agriculture sur le territoire québécois… Les écoles d’agriculture que la congrégation ouvrira entre 1932 et 1940 serviront tout à la fois à la formation agricole, à la sauvegarde des acquis, au recrutement des novices et à l’implantation en de nouvelles régions.

Stratégies des Clercs de Saint-Viateur dans la création d’écoles d’agriculture au Québec

Bien sûr en parlant des orphelinats de cette époque on ne peut pas éviter de mentionner l’histoire des orphelins de Duplessis ni les recours collectifs qui ont été déposés contre les Clercs de St-Viateur pour abus sexuels. Mais on ne peut pas non plus résumer leurs nombreuses activités éducatives à ces événements malheureux: une des plus importantes congrégations enseignantes masculines au Québec avec la fondation, de 1847 à 1967, de 186 oeuvres dont 161 maisons d’enseignement.

Traverser le temps avec les jeunes c’est avoir raison de l’âge et s’arrêter au milieu de sa jeunesse. Traverser le temps avec les jeunes, c’est ce qu’ont fait les Clercs de Saint-Viateur pendant un siècle et demi.

La fondation de l’orphelinat Saint-Georges

L’orphelinat agricole St-Georges avait été établi sur la rue de la Visitation au nord de Joliette grâce à une généreuse donation financière de Georges Chevalier en 1935. Il était épicier grossiste et avait été maire de Joliette.

Un article de L’action populaire du 6 septembre 1967 précisait que la ferme sur laquelle l’orphelinat fut établie avait été achetée deux ans avant 1935 par le Séminaire de M. Henri Majeau. En 1936 le journal de Joliette mentionnait déjà la ferme de l’orphelinat St-Georges sur le rang de la Visitation nommé Péningue; elle était située à côté de celles de Jos. Dufresne et Henri Majeau.

L'Action Populaire 7 mai 1936
L’action populaire 7 mai 1936
La ferme Majeau à St-Charles-Borromée
La ferme Majeau à St-Charles-Borromée (SHJL)

La famille Majeau était propriétaire de terres dans ce secteur depuis 1838. Cette photo pourrait représenter le terrain de l’orphelinat ou celui de leur ferme de la pointe Guilbault un peu en amont. Edward Scallon avait construit ses moulins sur la Pointe à Guilbault à partir de 1855.

L’orphelinat St-Georges et la chapelle St-Isidore se trouvaient au sud de ces moulins dans une autre boucle de la rivière près de l’emplacement actuel de l’hôtel de ville de St-Charles-Borromée sur la rue de la Visitation. Cette carte d’arpentage de 1953 situe exactement la chapelle St-Isidore qui avait été construite près de l’orphelinat.

St-Isidore en 1953

Dans le carnet d’arpentage qui accompagne la carte la chapelle est plus précisément située. Le rang de la Petite Noraie se trouvait un peu plus au nord au point 1009 entre les 1er et 2ème rangs du canton de Kildare, les moulins Scallon et la maison Antoine-Lacombe au point 1005. L’orphelinat se trouvait près de la chapelle dans la boucle de la rivière l’Assomption. Le Club de Golf de Joliette, le parc Saint-Jean-Bosco et le parc Maria Goretti occupent aujourd’hui une grande partie de ce terrain.

La ville de St-Charles-Borromée a nommé deux rues pour perpétuer les noms de l’orphelinat St-Georges et de la chapelle St-Isidore. Une ferme de 130 arpents avait d’abord été acquise par l’évêché qui l’a vendue aux Clercs de St-Viateur en 1935 pour y établir un orphelinat. Le premier établissement a été agrandi en 1948 alors que le nombre d’orphelins était passé de 10 à 124.

Une statue de Saint Isidore patron des agriculteurs avait été érigée sur le terrain en 1937 et en 1949 lors de l’agrandissement de l’orphelinat un sanctuaire a été construit pour l’abriter.

Le premier orphelinat Saint-Georges à Péningue

Le rang de la Visitation au nord de Joliette était une terre très sablonneuse peu propice à l’agriculture et peu peuplée; en 1935 il était encore nommé Péningue. Sur le plan de Saint-Charles-Borromée en 1929 on voit que les terres situées dans la boucle de la rivière n’avaient pas été concédées par les seigneurs qui en étaient propriétaires. L’orphelinat se trouvait sur la parcelle 231. Le chemin de la Visitation semble arrêter au rang de la Petite Noraie mais un peu plus au nord, au niveau des moulins Scallon, un pont avait été construit pour traverser la rivière l’Assomption.

La terre No 231 appartenait à Charles Majeau en 1877 et la 232 à Jos. Majeau.

Dans Histoire des Clerc de Saint-Viateur par Léo-Paul Hébert on lit que la ferme Saint-Georges fit d’abord partie de l’orphelinat agricole Saint-Georges en 1935 jusqu’en 1943, date où elle jouit d’une administration autonome et prit le nom de Ferme Saint-Isidore. La ferme fut exploitée par les Clercs de Saint-Viateur jusqu’en 1952. Le terrain fut vendu alors au Golf de Joliette le 7 décembre 1951, au coût de $17.000.

L’orphelinat St-Georges a été construit en 1935, le Père Directeur et le Père Curé du Christ-Roi, clercs de St-Viateur, avaient organisé une visite de l’orphelinat et de sa ferme en 1936 pour les cultivateurs de la paroisse.

L’action populaire, 30 juillet 1936

En 1935 le R. P. Lorenzo Gauthier c.s.v. avait été nommé curé de la nouvelle paroise du Christ-Roi au nord de Joliette. Il rédigeait une chronique régulière dans le journal de l’évêché de Joliette L’Action Populaire donnant les nouvelles de sa paroisse Christ-Roi. Il se faisait appeler Père Curé et il avait pris en main la moralité de sa paroisse. À cette époque l’antisémitisme des curés catholiques était normal; dans ses chroniques il dénonçait la présence d’une communauté juive installée à Péningue autour de la maison Antoine Lacombe appartenant alors à Harry Schwartzman: nous ne voulons pas aller chercher Hitler pour les chasser… leur place est en Palestine.

L'action populaire 25 février 1937
L’action populaire, 25 février 1937

Plusieurs des nôtres sont partis pour l’Abitibi. Que Dieu les protège. Mais n’oublions pas qu’il y a ici terres à exploiter. Commençons par celles-là. Pendant la crise le gouvernement avait envoyé de nombreux citadins sans expérience cultiver les terres d’Abitibi. L’Église encourageait ce retour aux valeurs traditionnelles de l’agriculture qui éloignait les ouvriers des idées subversives de la ville: syndicalisme, communisme, laïcité, etc.

La statue de Saint Isidore patron des agriculteurs

Saint-Isidore patron des laboureurs – L’Opinion Publique, 2 mars 1882

En 1937 un grand ralliement avait été organisé pour la bénédiction d’une statue de St-Isidore patron des agriculteurs offerte par les paroissiens du Christ-Roi.

L’action populaire, 22 avril 1937

La statue a été érigée sur sa base pour sa bénédiction le 18 juillet. Nous comptons sur la présence de plusieurs dignitaires qui feront comme une couronne d’honneur à Son Excellence Mgr l’Évêque.

L’action populaire, 1 juillet 1937

Le 18 juillet 1937 Mgr Papineau a béni la statue de St-Isidore à l’orphelinat St-Georges dirigé par les Clercs de St-Viateur. M. et Mme Georges Chevalier, bienfaiteurs insignes de l’institution, et le député Antonio Barrette étaient présents avec de nombreuses personnalités. On vint en procession à l’orphelinat. Une cavalcade ouvrait la marche, suivie des Zouaves et de leur fanfare. Venaient ensuite la voiture de Son Excellence, les notables du Christ-Roi et une longue théorie d’automobiles.

L’action populaire, 22 juillet 1937

Le R. P. Gauthier curé du Christ-Roi avait prêché, montrant comment S. Isidore enfant de la terre avait aimé celle-ci, avec quel esprit surnaturel il l’avait cultivée. Le R. P. Latour supérieur provincial des Clercs de St-Viateur a fait l’historique de l’orphelinat. Georges Chevalier avait donné $30.000 à fonds perdus, une somme importante pour cette époque. Son Excellence Mgr Papineau donnait $600 par an. Le gouvernement avait accepté l’orphelinat sous la loi de l’Assistance Publique et devait le financer en partie mais l’orphelinat accusait malgré tout un déficit. Il avait accueilli 10 orphelins la première année, 20 la seconde et devait en accepter 30 en 1938.

La statue de St-Isidore bénie en 1937 existe toujours, elle a été restaurée et déménagée dans les jardins de la maison Antoine-Lacombe.

Dans les années 1990, plusieurs changements interviennent et la statue doit être retirée. M. Roger Coutu, alors président de la Maison Antoine-Lacombe s’implique pour la sauvegarde de cette œuvre. Les artistes Ginette C. Trépanier et Lucien Chabot la restaurent en 1994. En 1996, elle est installée au centre des jardins communautaires de la Maison Antoine-Lacombe.

Il y a ensuite eu un pèlerinage annuel à St-Isidore patron des laboureurs à l’orphelinat St-Georges. En 1938 le Frère Larue a remplacé le Père Sylvestre comme directeur de l’orphelinat. Il sera l’ami des agriculteurs. Le Frère Raymond Lazure diplômé de l’Institut Agricole d’Oka était professeur.

L’action populaire, 25 août 1938

En 1938 les clercs de St-Viateur enseignaient à 28 orphelins; il y avait 8 religieux pour s’occuper d’eux. Dans leurs différents établissements de Joliette les clercs avaient 1.101 élèves (et non pas 2.001).

L’action populaire, 15 septembre 1938

En 1943 il y avait 32 élèves à l’orphelinat St-Georges pour un total de 1.090 à Joliette.

L’action populaire, 9 septembre 1943

En 1945 Mgr Papineau est venu bénir une croix de chemin élevée dans le rang de la Visitation sur la propriété de l’orphelinat.

L’Étoile du Nord, 3 mai 1945

L’agrandissement de l’Orphelinat St-Georges

En 1946 l’orphelinat était devenu trop petit pour répondre à tous les besoins du diocèse de Joliette. Le 16 juillet les orphelins ont été transférés è L’Épiphanie pendant qu’un nouvel orphelinat était construit (Viateur Illustré). En juin 1948 les clercs de St-Viateur ont acheté à Gustave Guertin la ferme Saint-Louis pour $17.500; elle était située à côté de l’orphelinat, à l’emplacement de l’hôpital Saint-Charles actuel.

Dans l’histoire des Clercs de Saint-Viateur de Léo-Paul Hébert il y a une toute petite photo du nouvel orphelinat que j’ai essayé d’agrandir et d’éditer mais on ne voit pas grand chose. Je n’en ai pas trouvé d’autre de cette époque ni du premier orphelinat.

Le Ministère de la Santé grâce aux interventions de l’Honorable Antonio Barrette avait octroyé $100.000 pour financer les travaux entrepris par les Clercs de St-Viateur. C’est sans doute à la même époque que la triste histoire des orphelins de Duplessis a commencé. Une grande proportion des jeunes orphelins qui fréquentent cette institution d’enseignement agricole ressortissent par leur condition à l’Assistance Publique…

L’action populaire, 3 mars 1949

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la majorité des enfants dans les orphelinats ne sont pas de « vrais » orphelins, mais plutôt des enfants qui ne peuvent, pour une raison ou une autre, compter sur le soutien de l’un de leurs deux parents. Plusieurs sont considérés comme des enfants « illégitimes » puisqu’ils sont nés à l’extérieur les liens « sacrés » de la famille. Dans le cas d’Yves Lafleur, son placement à l’hospice, puis à l’orphelinat, est envisagé à la suite de l’hospitalisation de son père dans un asile. Sa mère, incapable de joindre les deux bouts, confie d’abord la garde de son enfant à quelques membres de la parenté, avant de se résoudre à le placer à l’Hospice Saint-Jérôme.

Grandir à l’orphelinat dans les années 1940-1950

Le nouvel orphelinat St-Georges a été inauguré le 20 novembre 1949 par Mgr Papineau.

L’action populaire, 17 novembre 1949

À l’occasion de l’agrandissement de l’orphelinat un oratoire sous le vocable de saint Isidore-le-Laboureur a été construit à l’usage des cultivateurs du diocèse en 1949.

L’Étoile du Nord, 11 août 1949

Le 28 août les pèlerins étaient invités à venir assister à la bénédiction de la chapelle. Ils pourraient visiter le nouvel orphelinat, la Ferme St-Louis et la Ferme St-Georges.

L’action populaire, 1 septembre 1949

Chaque année un pèlerinage diocésain était organisé en septembre à l’époque des récoltes. Le programme des réjouissances est typique de cette époque où l’Église Catholique était triomphante. Messes à 7h30, 8h et 8h30, confesseurs à la disposition des pèlerins, communions à toutes les messes, salut du T. S. Sarement à 2h, intentions du Saint-Père et de S. Exc. pour l’Année Sainte, et année jubilaire, l’Action catholique dans le diocèse, succès de la Croisade du Rosaire, sanctification de notre classe rurale, associations professionnelles agricoles, succès du congrès diocésain de l’U.C.C. à St-Liguori.

L’action populaire, 14 septembre 1950

Le Québec du temps de Maurice Duplessis était encore très pratiquant. En 1950 des centaines de cultivateurs, la plupart avec épouse et enfants, s’étaient réunis devant le sanctuaire en pèlerinage en l’honneur de leur saint patron. 10 ans plus tard la Révolution Tranquille allait bouleverser radicalement cette ferveur.

L’action populaire, 21 septembre 1950

Mgr Papineau évêque de Joliette était venu voir ses enfants de la campagne venus en pélerinage. Son long sermon a été retranscrit dans le journal, il valorisait le travail des agriculteurs qui pouvaient eux aussi être des saints laïcs comme leur patron Isidore. Pour que les spectres de la guerre et le communisme et les grèves disparaissent il fallait faire la prière du matin et du soir, la messe du dimanche, le chapelet en famille, que le premier vendredi du mois pour le Sacré-Coeur et le premier samedi du mois pour le Coeur Immaculé de Marie soient à l’honneur partout.

À l’occasion des fêtes de Noël le Club Richelieu de Joliette remettait régulièrement des sommes d’argent à l’orphelinat.

L’Étoile du Nord, 28 décembre 1950

En 1951 le Courrier de Berthier rapportait que pour le 3ème pèlerinage en l’honneur de Saint-Isidore 2.000 pèlerins venant de toutes les paroisses du diocèse s’étaient réunis. Le sermon du Père René Piette c.s.v. développait avec maîtrise l’idée dominante Le cultivateur homme de travail et de prière. Le Père C.-H. Lesage c.s.v. était directeur de l’Oeuvre de S. Isidore.

Le courrier de Berthier, 30 août 1951
L’Étoile du Nord, 24 décembre 1952

En 1954 au delà de 500 automobiles avaient conduit une foule venue de toutes les paroisses.

L’action populaire, 2 septembre 1954
L’action populaire, 29 août 1956
L’action populaire, 24 décembre 1958
L’Étoile du Nord, 10 juin 1959
L’Étoile du Nord, 11 septembre 1963

En 1963 et 1964 le pèlerinage au sanctuaire St-Isidore attirait encore une petite foule et le journal L’Étoile du nord a publié les seules photos du site que j’ai trouvées.

L’Étoile du Nord, 16 septembre 1964

Les pèlerinages ont donc continué jusqu’en 1964 au moins. En 1960 le nouveau gouvernement libéral de Jean Lesage a voulu moderniser la société québécoise, l’éducation et la santé ont été prises en charge par le gouvernement. Le sanctuaire et son pèlerinage ne sont plus mentionnés après 1964 dans la presse mais la date exacte de la démolition du sanctuaire est incertaine.

En 1963 alors que l’orphelinat St-Georges allait bientôt fermer ses portes L’Étoile du Nord a publié des statistiques de hockey avec les portraits de nombreux orphelins.

L’Étoile du Nord, 27 novembre 1963

La fermeture de l’orphelinat Saint-Georges

En 1964 un avis a été publié annonçant le changement d’appellation de l’Orphelinat Saint-Georges en Pensionnat Saint-Georges selon un arrêté en conseil de la Chambre du Conseil Exécutif de la Province de Québec.

L’action populaire, 22 juillet 1964

Cet arrêté n’a pas eu de suite puisque l’année suivante l’orphelinat a été mis en vente. La Révolution Tranquille avait débuté et les institutions religieuses étaient remplacées par des établissement publics. Le journal La Patrie affirmait qu’en 1964 l’orphelinat comptait 85 garçons de 9 à 16 ans, chiffre insuffisant pour qu’il soit rentable: faute d’orphelins l’orphelinat ne remplissait plus son rôle.

La patrie, 26 août 1965

La construction de l’hôpital Saint-Charles de Joliette

Les Clercs de Saint-Viateur avaient acheté la Ferme Saint-Louis en 1948 et le 12 mai 1956 ils l’ont revendue à la Corporation de l’hôpital Saint-Charles de Joliette pour $45.000 pour la construction du nouvel hôpital (Léo-Paul Hébert). L’hôpital a d’abord été un établissement psychiatrique.

La construction de l’hôpital psychiatrique Saint-Charles, en 1958, suscite le développement de secteurs résidentiels d’envergure. C’est ainsi que le caractère rural de la municipalité s’estompe pour presque disparaître et laisser place à l’urbanisation rapide. Alors que la paroisse était presque exclusivement composée d’agriculteurs, la révolution des années 1960 et 1970 laisse place à une population active, dont la majorité exerce des emplois à Joliette.

Histoire de Saint-Charles-Borromée

Les autorités religieuses étaient encore très présentes en 1959 pour inaugurer le nouvel hôpital.

L’Étoile du Nord, 28 octobre 1959

Le service de psychiatrie infantile dans l’ancien orphelinat

L’orphelinat Saint-Georges fermé en 1965 a été acheté en 1966 par le ministère de la Santé afin d’annexer un centre de psychiatrie infantile à l’Hôpital Saint-Charles de Joliette.

En 1967 le bâtiment de l’orphelinat Saint-Georges a donc été transformé en annexe de l’hôpital psychiatrique pour offrir un service spécialisé destiné aux enfants qui a été inauguré en 1967.

L’action populaire, 6 septembre 1967

L’article de L’action populaire fait un historique de l’orphelinat depuis sa fondation en 1935.

L’Orphelinat St-Georges fut établi par les Clercs de St-Viateur en 1935, avec l’appui financier de M. Georges Chevalier, aujourd’hui décédé. La ferme sur laquelle la maison fut établie avait été achetée deux ans plus tôt par le Séminaire de M. Henri Majeau. C’était l’ancienne terre de M. l’abbé J.-M. Turcotte qui l’avait exploitée pendant deux ans. Les Clercs de St-Viateur avaient abandonné l’institution il y a quelque trois ou quatre ans faute d’élèves. L’hôpital St-Charles, par l’entremise du ministère de la Santé, s’en est porté acquéreur il y a un peu plus d’un an.

Je n’ai pas trouvé de photo de l’ancien orphelinat construit en 1935; cette illustration de mauvaise qualité publiée dans le journal montre le bâtiment de l’orphelinat agrandi en 1949.

L’action populaire, 6 septembre 1967

Le docteur Dumas Maugile a été le premier directeur du service de psychiatrie infantile.

Sur cet agrandissement de la carte de Saint-Charles-Borromée en 1976 on voit les bâtiments de l’ancien orphelinat Saint-Georges dont les terres agricoles dans la boucle de la rivière l’Assomption ont été transformées en golf.

Le sanctuaire Saint-Isidore semble être le bâtiment situé entre l’orphelinat et la rivière, il a la même forme que sur les photos.

Le service de psychiatrie infantile a fonctionné jusqu’en 2004. Le virage ambulatoire décrété par le gouvernement avait alors forcé le regroupement des services régionaux.

L’écho de Maskinongé, 18 avril 2004
L’écho de Maskinongé, 8 août 2004

En 2012 l’édifice qui était abandonné a été incendié par des vandales et il a sans doute été démoli peu après. Il n’en reste aucune trace à part le nom de la rue Saint-Georges.

L’ancienne clinique de psychiatrie infantile aurait reçu la visite de vandales au cours de la nuit du 6 mars, ce qui a mené à un incendie. La porte arrière de l’édifice abandonné depuis plusieurs années aurait été forcée. Les pompiers de Saint-Charles-Borromée ont été dépêchés sur les lieux après le signalement d’une épaisse fumée s’échappant du toit. Plus d’une quinzaine de membre du service des incendies ont œuvré à disperser la fumée, ce qui a compliqué la recherche du foyer de l’incendie, qui a finalement été découvert au cœur de l’ancien gymnase.

Incendie à l’ancienne clinique de psychiatrie infantile – 2012

Le plan de la ville de Saint-Charles-Borromée en 2025 montre que la rue Roméo-Gaudreault a été construite à peu près à l’emplacement de l’orphelinat à côté de l’hôtel de ville (1). Les rues Saint-Georges et Saint-Isidore se trouvent en face. L’hôpital St-Charles (7) a été construit dans le même secteur. La boucle de la rivière est occupée par le golf de Joliette et des parcs.

Les orphelinats de Duplessis à joliette

En 2022 le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité Sociale du Québec a répondu à une demande d’information concernant le Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis (PNROOD). La liste des établissements concernés par les plaintesa été publiée, elle comprend les 3 orphelinats de Joliette: orphelinat Saint-Eusèbe rue Notre-Dame, orphelinat Saint-Georges rue de la Visitation et orphelinat Saint-Joseph au coin des rues Lavaltrie et Mgr Forbes.

Les clercs de St-Viateur dirigeaient l’orphelinat Saint-Georges depuis 1936 et ils ne pouvaient pas ignorer les abus qui y ont été commis si il y en a eu. Antonio Barrette député de Joliette pour le parti de Maurice Duplessis et ministre du travail de 1944 à 1960 non plus.

Carte du Québec

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