Catégorie: Histoire de Lanaudière
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Les deux manoirs du village d’Industrie

Le village d’Industrie venait tout juste de naître autour du moulin construit par les seigneurs de Lavaltrie en 1823. Pour montrer à tous que leur projet était sérieux et durable les seigneurs Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel ont décidé de se faire construire chacun un manoir au bord de la rivière L’Assomption à côté des cabanes de leurs bûcherons.

Le manoir de Barthélémy Joliette

Le 13 janvier 1826 Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel ont signé un devis avec Antoine Peltier maître-maçon pour la construction de 2 maisons en pierres et chaux. Antoine Peltier avait déjà fait la maçonnerie du moulin de l’Industrie en 1823 et j’ai pu documenter les 3 devis de sla construction du moulin, charpente, mécanismes et maçonnerie. Je n’ai trouvé que le devis de maçonnerie pour la construction des manoirs, il permet quand même de comprendre comment on construisait un manoir en pierres et chaux en 1826.

Archives de la ville de Joliette

La Société d’Histoire de Joliette a dans ses collections un dessin daté de 1846 représentant les 2 manoirs du village d’Industrie vus de la rivière L’Assomption.

L'Industrie en 1846 - Collection SHJL
Les 2 manoirs de L’Industrie en 1846 – Collection SHJL

Sur un plan daté de 1835 on voit les 2 manoirs construits dans le Domaine Seigneurial près du moulin au bord de la rivière de l’Assomption et les maisons du village d’Industrie.

En 1964 la ville de Joliette a publié un livre historique pour commémorer le centenaire de son incorporation. On y lit que M. Joliette commença la construction de son manoir en 1828 (?) et que celui-ci fut la proie des flammes pendant la messe de minuit à Noël. Il aurait été refait sur les mêmes fondations en 1829 et inauguré le 1er janvier 1830. Le fait qu’il y ait eu 2 seigneurs et 2 manoirs n’a pas semblé être une information pertinente pour le rédacteur de ce texte.

Le manoir de B. Joliette

Dans le livre Histoire de Joliette de Claude Martel publié en 2015 pour le 150ème anniversaire de la Ville on lit que les deux manoirs ont été construits en 1826 par B. Joliette et P.-C. Loedel, l’erreur de date a été corrigée. Dans la nuit de Noël 1827 le manoir de Joliette a pris feu; il a été reconstruit sur les mêmes fondations en 1829 et inauguré le 1er janvier 1830. L’édifice a été définitivement détruit par un incendie majeur en 1935. Il avait été agrandi et transformé en couvent puis en école à partir de 1875, cette photo ne représente donc pas le bâtiment original. Le manoir a été rehaussé de 2 étages et un premier bâtiment d’école a été ajouté sur la gauche.

Manoir de B. Joliette
Couvent de la Congrégation de Notre-Dame (autrefois manoir de M. B. Joliette) – BAnQ

Dans le chapitre consacré aux trains de Joliette on trouve une belle illustration du pont du train allant vers Rawdon et à droite on peut voir les 2 manoirs de B. Joliette et P.-C. Loedel vus d’aval du bord de la rivière de L’Assomption. Les 2 clochetons qui les coiffent ne correspondent pas au dessin du manoir ci-dessus mais il semblent avoir existé puisqu’on les voit aussi sur le dessin de 1846.

Le pont du chemin de fer du Village de L'Industrie à Rawdon (Coll. Baby)
Le pont du chemin de fer du Village de L’Industrie à Rawdon – Collection Baby

Dans ce livre racontant l’histoire de Joliette on ne trouve aucune information sur le manoir de P.-C. Loedel qui ne semble pas intéresser les historiens de Joliette. La seule information que j’aie trouvé à son sujet vient d’un livre trouvé à la bibliothèque, Gerbes de souvenirs, de A.-C. Dugas publié en 1914:

Près de la maison seigneuriale de M. Joliette, on voyait encore à cette époque, l’aile droite du manoir du docteur Léodel, ou comme tout le monde disait: le docteur Lel. Les anciens nous racontaient que cette demeure était en tout semblable à celle du fondateur et qu’on l’avait démolie pour en reconstruire une plus belle ; mais une fortune ennemie s’y est opposée.

Devis de construction de deux manoirs en pierres et chaux

1- Faire deux maisons en pierres et chaux

Faire deux maisons en pierres et chaux dont chacune aura 62 pieds de longueur sur 27 pieds de largeur avec 2 ailes à chaque maison qui auront chacune 37 pieds de longueur sur 22 de largeur, le tout de dehors en dehors; et les dites maisons et ailes auront environ 33 pieds de hauteur d’une pierre à l’autre en sus des frontons qui seront d’une proportion convenable et suivant le plan qui en sera donné, le tout mesure anglaise; et dans chacune des dites maisons il y aura un mur de refente sur la longueur d’icelles pour recevoir les lambourdes et dans une des ailes de chaque maison il y sera maçonné un puits et fait un mur de refente pour faire une cendrière et le fond d’icelle sera pavé en pierre; et sera fait les soupiraux nécessaires.

2- Fondations, murs et cheminées

Les murs dans les terres auront 3½ pieds d’épaisseur jusqu’aux lambourdes et là seront réduits à 2½ pieds d’épaisseur et continués ainsi jusqu’aux soliveaux de la première étage; et rendu là les murs n’auront plus que 2 pieds d’épaisseur et seront ainsi continués jusqu’aux sablières; chaque étage aura 11 ou 12 pieds de hauteur entre les 2 planchers; et il y aura 6 bonnes cheminées à chacune des dites maisons et ailes; avec les trous de tuyaux nécessaires, le tout suivant le plan.

3- Portes, fenêtres, armoires

Dans lesquelles maisons et ailes sera fait toutes les ouvertures nécessaires pour les portes, châssis et ailes en ovale dans les frontons, le tout de la dimension portée au plan; et toutes les dites ouvertures seront régulièrement placées suivant le plan et au goût des dits bourgeois; comme aussi sera placé dans la maçonne toutes les boîtes d’armoire que ces derniers demanderont; et l’entrepreneur sera tenu de placer régulièrement dans la maçonne toutes pièces de bois qui seront nécessaires pour clouer la menuiserie des dites maisons et ailes; et remplira et arrasera les lambourdes et sablières convenablement comme aussi fera les piliers nécessaires pour supporter les deux galeries de chacune des dites maisons.

4- Maçonnerie des façades

La façade de chacune des dites maisons et ailes sera de la forme désignée au plan et sera toute en pierres de la même épaisseur que l’entrepreneur choisira et préparera avec soins et précautions afin que les joints soient aussi petits que possible et que la face de la pierre soit bien unie; et chaque rang de pierres d’épaisseur sera de niveau sur toute la longueur de chaque rang et les joints bien coupés; et tous les joints de la façade seront tirés en mortier de la couleur de la pierre; et bien carrotés en peinture blanche afin d’imiter la pierre de taille; et les cheminées qui paraîtront dans la façade seront faites pareilles à la façade des dites maisons et ailes. Il y aura deux cordons en pierre de taille qui sépareront les deux étages dans la façade des dites maisons et ailes; et les coins de la dite façade seront en pierre de taille, tous les chapeaux et cordons de cheminées ainsi que leurs jambages, plates-bandes et trous de tuyaux seront en pierre de taille; tous les cadres et ouvertures seront en bois pour toutes les dites maisons et ailes susdites.

5- Parement des maisons et ailes

Tout le reste du dehors des dites maisons et ailes sera bien parementé en choisissant toujours la pierre et l’ébauchant proprement; et chaque rang de pierres sera arasé et tous les joints du dehors seront bien tirés à joints plats et pierres découvertes; tous les murs de l’intérieur des dites maisons et ailes seront gobetés et redressés à la règle et préparés à recevoir les enduits.

6- Le trécarré

L’entrepreneur tirera le trèsquarré des dites maisons et ailes et tous les dits ouvrages seront faits et exécutés solidement et dans le meilleur goût et pour ce l’entrepreneur n’emploiera que de bons maçons qu’il surveillera lui-même jusqu’à la perfection des dits ouvrages qu’il complétera fait et parfait suivant l’art, à l’exception des enduits et foyers seulement. Toutes les fouilles seront maçonnées entre 2 cordeaux, montées en glacis et les joints bien tirés pour ensuite recevoir les terres.

Autres conditions

Les ouvrages de maçonnerie doivent commencer le 15 de mai, le tout fait et parfait pour le premier de septembre. Les dites maisons et ailes seront montées alternativement afin de laisser reposer la maçonne à chaque étage jusqu’à leur perfection. B. Joliette et P.-C. Loedel s’engagent à livrer à pied d’oeuvre toute la pierre de maçonne, toute la pierre de taille, le mortier, les bois d’échafaudage et échelles et généralement tous les matériaux qui seront nécessaires pour faire les dits ouvrages, et nourrir le dit entrepreneur ainsi que ses maçons et manoeuvres jusqu’à la fin des dits ouvrages. Et pour le prix et somme de six milles six cents livres ancien cours.

Et le dit entrepreneur promet de prendre et acheter au magasin de Mr. J.-O. Leblanc (le notaire qui a rédigé l’acte) les marchandises et provisions dont il aura besoin… au même prix qu’ailleurs.

Archives complémentaires trouvées à la BAnQ

Le 27 novembre 1827 B. Joliette et P.C. Loedel ont conclu un nouveau marché avec Joseph Guyon dit Lemoine qui s’est engagé à faire, selon le devis annexé, les volets ouvrant en 6 pour 16 fenêtres dans les 2 maisons et de finir les fenêtres comme celles de Jean Roch Rolland avocat à Montréal, faire les volets ouvrant en 2 pour 44 autres fenêtres avec toutes les finitions et la peinture des fenêtres.

C’est entre le 27 novembre et le 31 décembre 1827 que le manoir de B. Joliette a brûlé puisque le 31 décembre 1827 il a engagé Antoine Peltier maître maçon de L’Assomption pour le reconstruire.

Le 11 janvier 1828 il a rédigé un devis pour les travaux de menuiserie confiés à Joseph Guyon dit Lemoine maître menuisier de L’Assomption. Le 26 février 1829 B. Joliette et P.C. Loedel ont conclu un marché avec Paul Desjardins maître-maçon et plasteur de Pointe-aux-Trembles pour faire les enduits des 2 maisons en pierres situées au village d’Industrie pour qu’ils soient semblables à ceux de la maison de Mr. Rolland de Montréal, bien polis pour recevoir la peinture sans aucune craque; il a reçu sa quittance le 4 novembre.

J. Hermas Charland a fait une description et un historique du manoir dans la Revue Canadienne en 1887. La description cite des articles datant du temps de Barthélémy Joliette:

C’est un édifice de cent pieds de longueur, sur une largeur de quarante. Deux ailes de vingt-cinq pieds de largeur sur une cinquantaine de profondeur, laissent saillir de cinq à six pieds le corps principal orné d’un fronton semblable à celui des ailes; ses ouvertures sont larges et les portes à double battant ainsi que les larges fenêtres placés au-dessus se terminent par une ellipse à leur partie supérieure.

Un dôme immense couronne la structure qui est en pierre de taille et les toits miroitent de fer blanc et de tôle galvanisée. L’extérieur a l’apparence d’une maison vraiment princière, modelée paraît-il sur la résidence du comte Bonaparte à Philadelphie…

La Revue Canadienne 1887
La Revue Canadienne 1887

À la mort de madame Joliette en 1871 le manoir avait été abandonné puis en 1875 il a abrité le couvent de la Congrégation de Notre-Dame après avoir été restauré. Cette photo publiée dans le Joliette Illustré en 1893 semble avoir été prise après sa restauration en 1875.

Le manoir seigneurial de l'Hon. Barthélémy Joliette
Le manoir seigneurial de l’Hon. B. Joliette, Joliette Illustré – BAnQ

En 1925 le bâtiment avait été complètement transformé après plusieurs agrandissements.

L’Étoile du Nord, 4 juin 1925

La Société Historique de Joliette avait publié ses recherches à propos du manoir de Barthélémi Joliette en 1940. L’histoire du manoir de Peter-Charles Loedel n’est pas évoquée.

L'Action Populaire 26 septembre 1940
L’Action Populaire 26 septembre 1940

Ce document donne néanmoins des informations précises. Le 1er mars 1869 madame Joliette a donné le manoir par testament à sa fille adoptive Zoé Ducondu épouse de Charles Héliodore Panneton en conservant l’usufruit. Zoé Ducondu étant décédée en 1869 et madame Joliette en 1871 Héliodore Panneton tuteur de ses 6 enfants en a hérité. La succession Joliette était criblée de dettes, le 5 septembre 1873 les héritiers ont cédé le manoir au juge Loranger de Sorel qui, selon un arrangement, l’a revendu le 4 septembre 1874 à Charles Barthélémy Gaspard de Lanaudière qui l’a revendu le même jour à la congrégation de Notre-Dame.

La vente du manoir à la Congrégation de Notre-Dame

Charlotte Tarrieu Taillant de Lanaudière veuve de Barthélémy Joliette est décédée dans son manoir le 28 janvier 1871 et l’inventaire de ses biens a été fait pour être vendus à l’encan. Le procès-verbal de la vente permet de connaître les pièces du manoir et les bâtiments attenants:

Dans la cuisine, dans la cave, dans la petite salle d’entrée, dans la grande salle-à-dîner, dans le salon, dans la chambre voisine de l’office, dans l’office, dans la chambre soufre(?), dans la chambre bleue, dans la dépense, dans le passage, dans la chambre à coucher de la défunte, dans la chambre à coucher voisine, dans la chambre infirmerie, dans le grenier, dans la boulangerie, dans la remise à voitures, dans le hangard N°1, dans le hangard N°2, dans la grange, dans l’étable.

La seigneuresse était décédé en laissant une situation financière déficitaire qui a donné lieu à des transactions compliquées. Le 5 septembre 1873 Charles Héliodore Panneton époux de Zoé Ducondu fille adoptive de madame Joliette et tuteur de ses enfants mineurs agissant aussi au nom de Charles Horace Panneton artiste actuellement en France, Charlotte Zoé, Charles Edouard et Marie Mathilde Léa Panneton ses enfants majeurs ont fait cession, transport et dation à l’Honorable Thomas Jean Jacques Loranger juge de la Cour Supérieure demeurant à Sorel annulant le don qui leur avait été fait par madame Joliette du manoir et de son terrain pour éviter des poursuites judiciaires. Il avait acquis les droits sur le manoir de dame Marguerite Destimauville épouse du juge Jean Rock Rolland. Il garantissait de les indemniser contre les réclamations que la succession d’Edward Scallon, Gaspard de Lanaudière, Bernard Henri Leprohon, Eusèbe Asselin et tous autres pourraient exercer.

Lors de la construction des 2 manoirs il est plusieurs fois fait mention dans les devis du juge Rolland: les enduits et les fenêtres devaient être semblables à ceux de sa maison.

Le 6 septembre 1873 l’Honorable Thomas Jean Jacques Loranger a fait une promesse de vente à Charles Barthélémy Gaspard de Lanaudière d’un terrain situé en la ville de Joliette (ancien manoir seigneurial de feue madame veuve Joliette) de 224 pieds sur 2 arpents entre la rue de Lanaudière, la rivière de l’Assomption, la rue des Jardins et M. et Mme Loedel avec maison en pierres à 2 étages, hangards à grains et à bois, remise, écurie, étable, laiterie et autres bâtiments. La condition était de décharger le vendeur de toutes les garanties données à Charles Marie Horace Panneton et ses frères et soeurs qui lui avaient vendu le manoir et de lui payer 1.086 piastres.

Le 1er septembre 1874 Mélitide Mathilde Ducondu veuve de Edward Scallon a déclaré que madame Joliette devait 1.222 louis à la succession de son mari et qu’il restait une somme de 2.000 piastres à lui revenir; que si les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame de Montréal faisaient l’acquisition de l’ancien manoir seigneurial elle s’obligeait à ne pas exiger le paiement de cette somme de 2.000 piastres. De plus elle renonçait à poursuivre la famille Panneton.

Le 4 septembre 1874 le juge Loranger a vendu le manoir à Gaspard de Lanaudière déclarant l’avoir acquis de Charles Marie Horace Panneton et Charles Héliodore Panneton tuteur de ses enfants mineurs pour 1.162 piastres. Gaspard de Lanaudière a déclaré renoncer à toute action ou réclamation contre la famille Panneton.

Le même jour Gaspard de Lanaudière a vendu aux Soeurs de la Congrégation Notre-Dame de Montréal le manoir et son terrain pour 5.500 piastres. Cette somme devait servir à payer le juge Loranger, Bernard Henri Leprohon et son épouse Caroline Loedel, Eusèbe Asselin, Mathilde Ducondu veuve Scallon, la Congrégation Episcopale Catholique Romaine de Montréal héritière de E. Scallon et il restait $124.39 au vendeur. La supérieure de la congrégation, Théotiste-Aurélie Chénier (Soeur Saint-Victor), a ratifié le contrat.

Archives de la Congrégation Notre-Dame

Le 10 septembre 1875 les Soeurs de la Congrégation ont reconnu devoir à madame Ducondu la somme de 2.000 piastres par une obligation qu’elles devaient rembourser avec intérêt dans un an en donnant en garantie hypothécaire le manoir et son terrain.

Le manoir Joliette a été vendu à la Congrégation Notre-Dame pour le transformer en couvent puis en école; le bâtiment a été transformé et agrandi. Les dernières traces du manoir construit en 1826 ont disparu dans un incendie tragique en 1935. L’école des Mélèzes occupe aujourd’hui le site.

Dans les archives on trouve des photos documentant les transformations faites au bâtiment du manoir jusqu’à l’incendie de 1935. Déjà sur cette photo non datée on voit que le manoir avait été transformé, sans doute après 1874.

Archives de la Congrégation Notre-Dame

Le 25 février 1899 la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Montréal a conclu un marché avec les commissaires d’école de la ville de Joliette pour lui fournir pendant 20 ans 4 religieuses ou plus si nécessaire pour enseigner aux jeunes filles de la ville dans une bâtisse que la Congrégation va construire sur son terrain du lot 405; la ville devait payer 1.300 piastres par an en salaires. Le 22 mars les Soeurs ont engagé Martin Dangeville Dostaler pour construire un couvent de 3 étages en briques; le devis détaillé des travaux est annexé au contrat.

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame – BAnQ

Le 3 août 1911 les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame ont conclu un nouveau marché avec M. D’Angeville Dostaler pour les travaux de construction et réparation d’une école normale adjacente à leur couvent à être construite sur le terrain 405. Le devis de 13 pages décrit les travaux à faire.

École normale et couvent de la congrégation Notre-Dame – BAnQ

En mai 1935 un incendie a détruit a entièrement détruit les bâtiments, 2 pompiers ont trouvé la mort quand une aile s’est effondrée.

Archives de la Congrégation Notre-Dame
Le Canada 18 mai 1935
Le Canada 18 mai 1935

Le manoir Loedel

L’histoire du manoir Joliette est très bien documentée mais personne ne semble s’être préoccupé du manoir jumeau appartenant aux époux Loedel. Il semble avoir disparu assez tôt mais quand et pourquoi ?

Le 1er septembre 1849 dans une obligation à Amable Archambault les époux Loedel déclaraient résider dans leur manoir seigneurial au village d’Industrie.

Le 22 mars 1855 Peter-Charles Loedel et son épouse Marie Antoinette Tarrieu Taillant de Lanaudière ont conclu un marché de livraison de bois; le bois devait être livré sur leur emplacement (sans précision) voisin de madame veuve Joliette.

Le 27 août 1863 dans une obligation ils ont mis leur propriété en garantie: un emplacement situé au Village d’Industrie borné par la rue du Moulin (Lanaudière aujourd’hui) et la rivière L’Assomption, d’un côté à Dame veuve Joliette (le manoir Joliette) et de l’autre côté par la rue Alfred et la ruelle conduisant au moulin à farine des Loedel avec (deux vieilles, barré) bâtisses en pierre en partie démolie

On peut présumer qu’une des bâtisses en pierre en partie démolie était l’ancien manoir. Il n’y a ensuite aucune mention de ce manoir dans les archives, il aurait donc été endommagé entre 1849 et 1863 et laissé à l’abandon ou démoli pour récupérer les pierres et le bois.

Carte du Québec

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