La ruée sur l’or en Californie en 1848 avait donné la fièvre au monde, la découverte d’un filon permettait de devenir riche instantanément. On a alors découvert de l’or à St-Alphonse, Rawdon, Chertsey, St-Ambroise, Ste-Julienne, St-Côme, Ste-Emélie; la Compagnie des Mines d’Or de Joliette et la Compagnie des Mines d’Or de Mantawa ont été incorporées. Du minerai de cuivre, de fer, de nickel, de mica, du marbre, du charbon, du gaz ont aussi été découverts dans Lanaudière. Beaucoup d’argent et d’énergie ont été dépensés en pure perte.
Les temps changent, autrefois l’annonce de la découverte d’un filon faisait rêver à l’Eldorado, aujourd’hui elle déclenche l’inquiétude. Un projet de mine inquiète dans Lanaudière: un prospecteur aurait découvert un filon de métaux stratégiques, des traces de cuivre, nickel et cobalt dans un filon de 7 km sur 200 m aux environs de Saint-Côme, dans Lanaudière… Les résidents craignent la perte de la valeur de leurs propriétés, le trafic incessant des camions, la déforestation…
La fièvre de l’or
La découverte de l’or californien en 1848 a donné la fièvre à tous les colons de l’Amérique. Chacun s’était mis à espérer trouver le pactole dans sa cour, aujourd’hui c’est pas dans ma cour. La nouvelle avait été transmise par une nouvelle invention, le télégraphe, et elle avait fait le tour du monde en quelques jours: une véritable fièvre s’est emparée de tout le monde; on abandonne les villes et les fermes pour se porter en foule vers le nouvel Eldorado.
Le 9 octobre 1851 le Journal de Québec annonçait: Les mines d’or de l’Australie – Le rapport du géologiste du gouvernement confirme les rapports faits sur la richesse des mines d’or de l’Australie qui ne le cèdent en rien à celles de la Californie. Dès 1852 environ 370.000 immigrants sont arrivés pour tenter leur chance, quadruplant la population de l’île. Internet n’existait pas encore mais la mondialisation avait commencé.
Edouard Desmarais 16 ans, chercheur d’or de Joliette
Edouard Scallon était le plus riche marchand de bois de Lanaudière, il a lui aussi attrapé la fièvre. Le contrat étonnant qu’il a conclu le 3 septembre 1852 avec Edouard Desmarais âgé de 16 ans pour financer son voyage en Australie mérite d’être retrancrit au moins en partie.
Acte de Société entre E. Scallon et E. Desmarais
Furent présents: Edouard Scallon, écuyer marchand de la paroisse St-Charles-Borromée; d’autre part le Sieur Edouard Desmarais, commis marchand, mineur âgé de seize ans, du même lieu, lesquels voulant former une société entre eux se sont volontairement associés par les présentes pour le terme et espace de quatre années finies et révolues à compter d’aujourd’hui, dans le commerce qu’ils ont l’intention de faire et ci après mentionné, ont exposé et arrêté ce qui suit;
le dit sieur Scallon voulant seconder les vues et intentions du dit Sr. Desmarais, qui désire se rendre aux Mines d’or de l’Australie ou de la Nouvelle-Hollande, île qui se trouve dans le grand Océan Austral et dans l’Océanie une des cinq parties du monde, pour là faire commerce, soit aux Mines ou de toutes autres manières qu’il, le dit Desmarais, le jugera avantageux sans toutefois avoir en aucune façon quelconque pouvoir d’engager le crédit du Sr. Scallon, car la présente société n’est contracté par ce dernier qu’à la condition seulement, tel que ci après stipulé de partager avec le dit Sr. Desmarais les profits et bénéfices qu’il pourra faire dans le commerce qu’il croira avantageux de faire sans qu’il, le dit Sr. Scallon, soit obligé de contribuer dans les pertes que le dit sieur Desmarais pourra essuyer,
le dit Sieur Scallon a présentement en vue et présence des notaires soussignés déposé entre les mains du dit Sr. Desmarais la somme de cinquante livres cours actuel de cette province pour sa part dans la dite société ainsi que le dit Sr. Desmarais le reconnaît et déclare en être content.
Edouard Desmarais s’engageait à partager de moitié les bénéfices jusqu’à 600 livres et un quart au delà. Si il n’y avait aucun bénéfice il ne serait pas tenu de rembourser pourvu toutefois qu’il n’y ait nullement de sa faute soit par paresse, débauche ou mauvaise conduite.
Je n’ai pas trouvé d’information sur la suite de l’histoire, si il est bien parti ni si il est revenu. Si il a vraiment fait fortune il n’est peut-être pas revenu pour partager. De nombreux aventuriers comme les frères Césaire et Léandre Coutu de Ste-Elisabeth sont partis tenter leur chance.
Le gisement d’or de la rivière Gilbert
Au Québec il y a aussi eu une ruée sur l’or en 1863 sur la rivière Gilbert, un affluent de la Chaudière.
Deux des frères Poulin et leur beau-frère Rodrigue passent quelques jours dans la vallée de la Gilbert, en mai 1863, et en tirent, à l’aide de batées de fer blanc, deux kilogrammes d’or en une seule journée et cinq kilogrammes en onze jours de travail. Ces découvertes déclenchent une véritable fièvre de l’or et des centaines de personnes accourent du Canada, des États-Unis et de l’Europe sur les rives de la Gilbert, principalement sur les lots numéros 16 à 21 de la concession de Léry.
Des mines et des hommes – Marc Vallières
La population de l’endroit se dirige en foule vers cette petite californie à domicile. En 1864 les seigneurs de Léry ont fait expulser tout le monde et confié l’exploitation du gisement à une compagnie américaine, la De Lery Gold Mining Co. Deux millions de dollars d’or y ont été extraits jusqu’en 1900.
La Compagnie d’exploitation des mines de Joliette
Dans la région de Lanaudière la première compagnie incorporée pour l’exploitation de minerai était localisée dans le canton de Kildare. Maxime, Pierre, Jean-Baptiste et Pierre fils Gravelle de Saint-Ambroise de Kildare ont incorporé la Compagnie d’exploitation des mines de Joliette le 10 juin 1857 pour l’exploitation de minerais de cuivre.
Acte pour incorporer certaines personnes sous le nom de Joliette Mining Company
Ces entrepreneurs avaient commencé à extraire du minerai de cuivre dans le canton de Saint-Ambroise de Kildare. Ils avaient érigé des bâtiments et installé des machines qui se sont révélées insuffisantes. L’incorporation de la compagnie leur permettait de lever des capitaux en vendant 200 actions à 10 livres chacune. La première assemblée des actionnaires a été convoquée le 2 décembre 1857 au bureau de la Compagnie d’Exploration des Mines de Joliette au village d’Industrie. On ne trouve plus aucune mention de la compagnie par la suite.
La mine d’or de Saint-Alphonse
La mine d’or de St-Alphonse a été exploitée pendant au moins 20 ans. En 1867 Eugène Dupuis voyageur demeurant actuellement à St-Alphonse a acheté à Louis Houle cultivateur le droit de faire des fouilles et d’exploiter les mines ou minéraux sur un lopin de terre de 4 arpents en superficie faisant partie du lot 6 du 4ème rang de l’augmentation de Kildare. Il avait payé 40 piastres et s’engageait à en payer 40 autres si il construisait un moulin ou machine pour broyer ou écraser la pierre ou le quartz extrait de la mine.
La mine était située au nord-ouest du lac Long pas loin de la route 343 au sud de St-Alphonse. Quand je l’avais mentionnée dans une chronique une lectrice avait fait ce commentaire: Je l’ai dejà visitée jeune, même en été elle etait glaciale pleine de glace, elle était proche de l’ancien depotoir. Celui-ci était situé sur la rue des Érables.

En 1868 Eugène Dupuis a construit un moulin pour exploiter la mine. Les ouvriers creusent toujours le roc, extraient le quartz, et dans peu l’or brillera vif et pur aux yeux des travailleurs.
Plus de pauvres gens – En juillet les puits avaient 20 pieds de profondeur et étaient poussés à une distance de quarante pieds (des tunnels ?). Le moulin armé de cinq pilons frappant de 40 à 80 coups par minute avait été fabriqué par M. Brush. En 1869 le moulin à vapeur devait être équipé de 20 masses pour pouvoir broyer 40 tonnes par jour.
Tout indique beaucoup de richesse dans ces espèces aurifères.
La machine pour broyer le quartz avait été construite par la Eagle Foundry de Montréal. Les chimistes distingués de Montréal et des États-Unis avaient émis des certificats prédisant un rendement de 10 à 12 piastres par tonne de pierre broyée. Il y avait déjà 200 tonnes de pierre broyée prête à être soumises à l’opération d’extraction de l’or et on se proposait de former une société à fonds communs au capital de $25.000 par parts de $25.
Un tel esprit d’entreprise mérite le support et l’encouragement de chaque citoyen de Joliette qui peut disposer de $25 pour prendre une part dans la compagnie qui va bientôt s’organiser.
On parle aussi de la découverte d’une mine de plombagine (graphite) dans le township et d’une autre mine d’or à Chertsey. À l’oeuvre donc !
La compagnie des mines d’or de Joliette
La Compagnie des Mines d’Or de Joliette a été incorporée en 1869 pour exploiter la mine de St-Alphonse par George Brush propriétaire de fonderies, Eugène Dupuis explorateur et mineur, Tancrède Sauvageau courtier, Prospère Versailles boucher, Peter Henry commerçant, Louis Joseph René Giard agent et Médéric Foucher marchand. 1.000 actions à $25 chacune formaient un fonds social de $25.000.
Après l’assemblée des actionnaires à Montréal en août 1870 la compagnie a annoncé qu’elle allait commencer ses opérations sous peu de temps. On va voir plus loin qu’elle a dû cesser ses opérations faute de financement mais que Eugène Dupuis l’a relancée.
Les 4 mines d’or de Rawdon
La Gazette de Joliette, 6 août 1868 – Les mines d’or & d’argent vont remplacer les récoltes. Le Nouveau Monde en annonce une à Rawdon. M. Dumoulin qui a le premier soupçonné l’existence de la mine Dupuis est presque minéralogiste. Car il vient d’en découvrir une sur un autre lot, dans Cathcart, paroisse St. Côme. Ce n’est qu’en raison de cette mine qu’il a fait l’achat de ce terrain.
La découverte de la mine d’or de St-Alphonse a incité tout les cultivateurs à chercher le filon sur leur terre. On en a aussitôt trouvé à Rawdon, à Chertsey, à St-Côme.
À Rawdon M. George Dorwin vient d’envoyer à New-York deux tonnes remplies de quartz extraites de deux carrières différentes. L’une a rapporté $23,40 et l’autre $11,60 en or. Il avait déjà dépensé $2.000 en prospection avec ses associés. George Dorwin était le fils du marchand de bois Jedediah Hubbell Dorwin, il était secrétaire-trésorier de la municipalité de Rawdon.
Le journal annonçait que Ed. Cahill avait découvert une autre mine. Il s’appelait plutôt Bernard Cahill et il avait acquis des droits sur 2 emplacements à Rawdon.
9 novembre 1868 – Transfer and agreement between Simeon Barrette and Bernard Cahill; S. Barrette avait acquis de James Brown un terrain de 30 acres faisant partie du lot 25 du 7ème rang où se trouverait de l’or et de l’argent (gold and silver rock mines); B Cahill s’engageait à payer toutes les dépenses pour acheter la machinerie et exploiter les mines. Jusqu’à 1.200 dollars de profit S. Barrette devait en recevoir les 2/3, au-dessus les profits seraient partagés moitié moitié.
9 novembre 1868 – Transfer and agreement betwen Joseph Copping and Bernard Cahill; J. Copping propriétaire de la moitié arrière du lot 24 du 6ème rang avait lui aussi trouvé de l’or et de l’argent sur son terrain et B. Cahill a signé le même engagement avec lui.
Le géologue Frank Dawson Adams a publié en 1896 un rapport sur la géologie des Laurentides. Il y a noté que sur le lot 27 du 7ème rang de Rawdon une petite excavation avait été faite; on y aurait trouvé de l’or mais les échantillons prélevés en 1896 n’ont rien donné. Un autre échantillon prélevé sur le lot 24 du 6ème rang de Rawdon n’avait rien donné.
Les 2 mines d’or de Chertsey
F. Adams a noté que plusieurs emplacements avaient été travaillés à Chertsey et Kildare pour exploiter l’or. Pour déterminer si effectivement ils pouvaient contenir de l’or plusieurs échantillons avaient été soigneusement prélevés mais ils s’étaient tous révélés négatifs.
Dans le lot 11 du 4ème rang de Chertsey beaucoup de travail avait été fait 40 ans auparavant (1856) par une compagnie locale puis le site avait été abandonné. Deux échantillons prélevés à cet endroit ne contenaient aucune trace d’or ou d’argent.
Dans le lot 5 du rang 15 un autre filon avait été exploité environ 30 ans plus tôt pendant 3 ans. $11.000 y auraient été investis pour creuser un puits de 35 pieds et transporter la roche extraite jusqu’à la rivière Ouareau à 1 mille de là pour être broyée dans un moulin qui était en ruine lors de sa visite. Le moulin avait 5 pilons et 10 bassins d’amalgation servaient à séparer l’or et l’argent. De l’or aurait été récolté mais pas assez pour payer les dépenses selon la tradition. Les échantillons prélevés par Adams ne contenaient ni or ni argent.
En 1869 les journaux ont annoncé la découverte d’une mine d’or à Chertsey sur la terre de Michel Hémond. Du quartz de cette mine, après avoir subi l’épreuve de l’analyse, a produit un montant de $29,12 en or et $3,79 en argent par tonne. Total $32,91. Des personnes d’expérience disent que 15 pilons broyant généralement 15 tonnes par jour, le propriétaire retirerait un bénéfice de $124.800 par année. Michel Hémond avait un moulin à scie sur la rivière Jean-Venne en amont de la Chute à Michel, pas loin du lot 15 du 5ème rang décrit par F. Adams; on peut supposer que c’est lui qui avait investi $11.000 en pure perte.
On nous informe que M. Emond de Chertsey aura bientôt une machine à broyer le marbre… On parle aussi de l’existence d’une mine d’or sur la propriété de M. Dorwin dans le township de Rawdon.
En 1960 un rapport géologique rapporte que les habitants de Chertsey parlaient encore d’or, mentionnant la mine à Aumont (Emond ou Hémond), la mine à Patrick (?), etc. Tous les échantillons prélevés avaient été négatifs quant à l’or.
Trois grains d’or trouvés à Kildare
À Kildare M. H. H. Burton vient de trouver trois grains d’or, qu’il a étendus aussi minces qu’une feuille de papier. Les travailleurs sont pleins d’espoir… la Rive Nord du St-Laurent deviendra bientôt une Californie ou un Eldorado.
Le 26 mars 1868 Benjamin Gass a vendu à Henry Hamilton Burton bourgeois de St-Ambroise la permission d’exploiter une mine et des carrières dans le lot 8 du 9ème rang de Kildare. B. Gass demandait 2% du produit des mines et carrières. Si le rendement était de $25 par tonne de roche extraite il recevrait 1.000 piastres additionnelles la première année, si il était de $50 une autre somme de 1.000 piastres la seconde année, si il était de $75 un autre 1.000 piastres la troisième année et encore 1.000 piastres la quatrième année si il était de $100.
Dans son rapport F. Adams mentionne le lot 9 du 9ème rang de Kildare où un puits de 25 pieds a été noyé environ 30 ans plus tôt après qu’on y ait cherché de l’or sans succès.
Du fer et de l’or à Sainte-Julienne
On a découvert dernièrement sur l’une des propriétés de J. E. Beaupré, Ecr., Registrateur du comté de Montcalm, du minerai de fer qui annonce un gisement considérable de ce métal aujourd’hui d’un usage général.
M. Beaupré avait permis que des travaux d’exploration se fassent sur sa propriété en n’exigeant qu’une somme insignifiante. Quelques années plus tard on a aussi découvert de l’argent et de l’or à St-Julienne. Ces prétendues découvertes n’ont pas eu de suite.
L’événement, 26 août 1889 – Les principaux citoyens de Ste-Julienne ont formé une société pour l’exploitation d’une mine d’or située dans ce village. Les mineurs sont à l’œuvre depuis quelques jours et tout indique que d’ici à quelues semaines, lorsque l’on aura atteint le véritable lit de quartz qui se trouve à trente pieds de profondeur les analystes pourront donner plus d’encouragements à ceux qui se sont lancés dans cette entreprise minière.
La Mine d’Or de St-Alphonse, suite
Mines d’or près de Montréal – Cet article de 1871 rappellait que l’exploitation de la mine de St-Alphonse avait été arrêtée faut de moyens mais que la persévérance de E. Dupuis l’avait incité à poursuivre. Il en avait extrait 3 onces de pur or. De nouveaux filons avaient aussi été découverts à Chertsey sur la terre M. Emond et à Rawdon sur celle de M. Dorwin.
La Compagnie des Mines d’Or de Joliette n’avait pas su rentabiliser ses opérations. En 1878 le journal de Joliette a annoncé que M. Eugène Dupuis ancien mineur de Californie est à l’oeuvre pour continuer les travaux de la Mine d’Or de St-Alphonse, que l’ancienne compagnie a forcément abandonné faute de moyens. Il avait formé une nouvelle compagnie au capital de $25.000 divisé en actions de $1 chacune. Des analyses indépendantes indiquaient un rendement moyen de $18 par tonne de roche.
… ce qui fait espérer qu’avant peu nous aurons à nous féliciter d’avoir coopéré à l’exploitation d’une Mine d’Or dans la Province de Québec, peut-être plus riche que celle de Californie. Ce sera le temps de dire si le résultat est bon: nous avons l’âge d’or.
La mine d’or de M. Eugène Dupuis avait été visitée en 1880 par un vieux mineur de Californie qui avait examiné la pierre dans le tunnel de 53 pieds. Il pensait que la pierre pouvait encore payer de $15 à $20 par tonne avec le procédé du Rotissage. Il conseillait d’abandonner le vieux système de Mercure pour la séparation de l’or d’avec la pierre.
L’extraction de l’or par le mercure repose sur la formation d’un alliage appelé amalgame, un procédé ancien et artisanal aujourd’hui largement interdit ou restreint en raison de sa forte toxicité.
Le rôtissage (ou grillage) est un procédé pyrométallurgique thermique essentiel pour extraire l’or contenu dans les minerais réfractaires, en particulier les sulfures (comme la pyrite et l’arsénopyrite) et les minerais carbonatés. Ces minerais dits « réfractaires » emprisonnent l’or à un niveau microscopique, empêchant les agents chimiques (comme le cyanure) d’atteindre le métal précieux.
Frank Adams a situé le puits exploité par Eugène Dupuis sur le lot 5 plutôt que sur le 6. Il aurait obtenu un peu d’or mais pas suffisamment pour que l’exploitation soit rentable. En 1888 il avait cessé ses opérations qui avaient été reprises par une petite compagnie locale. F. Adams avait trouvé un puits de 25 pieds et 2 petits tunnels. Un des trois échantillons qu’il avait prélevés avait montré un rendement de $160 d’or par tonne.
Le 4 août 1888 Eugène Dupuis a fait cession à Louis Farly gentilhomme de Joliette (3/4) et Rémi Neveux cultivateur de St-Ambroise (1/4) du droit d’occuper 4 arpents du lot N°6 du 4ème rang des augmentations de Kildare pour y faire des fouilles et ses droits sur un moulin qui y était construit pour 300 livres. Le 13 août John McCabe leur a cédé le droit exclusif de mine sur le reste du lot. D’après le certificat de spécialistes de Chicago, le minerai renferme par tonne tant en or qu’en argent la valeur de $175,64.
La Gazette de Joliette, 28 mars 1889 – La propriété contient 130 arpents de terrain minier divisé en 2.000 actions de dix piastres chacune. Mille actions sont à vendre et les revenus sont employés pour faire des travaux… (signé Louis Farly)
La Gazette de Joliette, 20 juin 1889 – Nous apprenons avec plaisir que les travaux d’exploitation de la mine de St-Alphonse se continuent avec activité. Depuis le mois de mars dernier plus de deux cents tonnes de quartz ont été retirées de la veine qui parait élargir à mesure que les travaux avancent.
En mai 1890 les propriétaires de la mine ont cru découvrir une veine de galène (plomb), ils ont envoyé des échantillons à Chicago pour analyse. Puis on ne trouve plus aucune mention de la mine de St-Alphonse.
Eugène Dupuis explorateur des mines
Eugène Dupuis qui avait été prospecteur en Californie a été le principal promoteur de l’industrie minière dans Lanaudière. Il était aussi encanteur licencié à Joliette. Le 25 novembre 1878 il s’est associé à Edouard Guilbault manufacturier marchand de chaussures pour exploiter 2 terrains qu’il avait acquis dans le 6ème rang de Cathcart à St-Côme qui pourraient contenir des minerais et des minéraux.
Edouard Guilbault était maire de Joliette et avec E. Dupuis ils avaient découvert une riche carrière de marbre à St-Côme. William Burns de Rawdon s’est joint à eux pour exploiter la carrière, il projetait de faire un voyage aux États-Unis pour trouver des capitalistes américains pour former une compagnie à actions. Le marbre ressemblait au marbre italien ou à celui du Vermont. W. Burns prédisait que cet investissement serait d’une grande importance industrielle et financière pour le pays alentour.
F. Adams a localisé la carrière sur les lots 8 et 9 du 6ème rang de Cathcart; une excavation de 30 pieds par 40 avait été ouverte puis le travail avait été arrêté.
Le 20 juillet 1880 Samuel Hatt courtier de Montréal, Francis Charles Crean commerçant de Joliette et Eugène Dupuis encanteur de Joliette ont convenu de s’associer pour l’exploitation de mines de mika, phosphate et autre mines qui pourraient se trouver sur les terres de la couronne dans la vallée de la Mantawa et spécialement autour d’un lac connu sous le nom de lac Mika situé à environ 5 miles de l’église de St-Michel-des-Saints.
Eugène Dupuis prospecteur a découvert en 1881 une mine de charbon de précieuse qualité en arrière de Joliette sur le versant sud des Laurentides, de la houille grasse de première qualité. Les gisements sont très riches et il y a tout lieu d’espérer qu’ils seront exploités avantageusement. MM. Joseph Roberge, L.A. Roberge et E. Dupuis sont les propriétaires de ces terrains houilliers.
On ne trouve aucune suite à cette découverte prometteuse et F. Adams n’en parle pas dans son rapport. En 1882 MM. Dupuis, Roberge et Bombardier de Joliette avaient découvert une autre mine de charbon sur l’Ile d’Orléans. Ils avaient fait des dépenses considérables pour s’assurer de la qualité du gisement de houille. Il y a longtemps que M. Dupuis que l’on connait ici sous le nom de Dupuis le mineur fait des recherches à droite et à gauche dans nos montagnes pour y découvrir des mines. Il a réussi à trouver une mine d’or à St-Alphonse, une mine de mica à St-Michel des Saints, une mine de plombagine à St-Côme et une mine de fer à deux pas de Joliette. Il a aussi découvert du phosphate et du marbre à St-Côme.
Les capitaux lui manquaient pour exploiter toutes ces mines et il voulait se consacrer exclusivement à l’exploitation de la mine de charbon de l’Ile d’Orléans.
On trouve à l’Île d’Orléans, à Québec (Cap Diamant) et à Lévis de petites veines d’anthraxolite (un résidu de pétrole hautement altéré qui ressemble visuellement à de l’anthracite, une variété de charbon). Ce sont de minces filets de matière noire brillante qui brûlent sans flamme, mais qui n’ont aucune valeur commerciale.
À l’Exposition agricole et industrielle de Montréal en 1884 Eugène Dupuis a obtenu des prix pour des échantillons de charbon, mica, eau minérale et argile à pipes (pipe clay). En 1886 M. Eugène Dupuis a expédié des échantillons de charbon de la Nouvelle Orléans (Ile d’Orléans plutôt), du marbre de St-Côme et de la glaise à feu de la Malbaie pour l’exposition Coloniale de Londres. La glaise à feu était de l’argile réfractaire utilisée pour la poterie et pour la construction des fours.
Le 4 août 1888 Eugène Dupuis a acheté à Prudent Beauchamp fils cultivateur de la paroisse St-Emile de Chertsey (sic) les mines, minerais, métaux et autres substances minérales, spécialement une mine de fer pouvant exister ainsi que le droit de les ouvrir et de les exploiter sur les lots N°6 et 7 du 10ème rang de Chertsey. Le prix de vente de 1.000 piastres était conditionnel à ce qu’il trouve acquéreur pour les droits miniers pour 2.000 piastres; si il arrivait à les vendre plus cher il devait partager également les profits avec le vendeur.
Eugène Dupuis était employé par le gouvernement comme explorateur des mines et il avait été envoyé à Chertsey comme expert. Selon la rumeur la découverte d’une mine immense renfermant du fer d’une bien grande valeur pourrait rapporter une fortune à Prudent Beauchamp qui devait vendre sa montagne seule pour $4.500. La mine serait une source de revenus pour toutes les populations de nos montagnes. Le chemin de fer du Grand Nord prolongerait sa ligne jusqu’à Chertsey pour la desservir. On avait aussi découvert du fer à St-Alphonse.
La mine de fer n’a pas rapporté de fortune et le train n’est jamais arrivé à Chertsey.
En 1888 Eugène Dupuis a découvert sur les terres de Xavier Etu et Prosper Tourangeau à St-Côme un oxyde de fer de qualité supérieure selon les analyses. Il pouvait être employé comme peinture à l’huile ou à l’eau pour teindre les bois. Cet oxyde pourrait même imiter le noyer noir. Le Collège de Joliette et le Dr. M.S. Boulet l’utilisaient déjà pour leurs travaux.
La compagnie des mines d’or de Mantawa
Le 16 décembre 1888 Louis Forest cultivateur du canton de Courcelles a vendu à Eugène Dupuis le droit et privilège exclusif de mine sur tout le lot de terre du canton de Tracy qu’il occupait et dont il ne connaissait pas les numéros pour 50 piastres par acre occupé. Au printemps les journaux ont annoncé: Deux compagnies puissantes sont à s’organiser dans Joliette pour l’exploitation d’une mine d’or et d’argent dont on aurait trouvé des indices dans la Matawan et dans la paroisse de Ste Emélie de l’Energie.
Le 21 février 1889 la Compagnie des mines d’or de Mantawa (Matawin) représentée par Edouard Guilbault son président et Eugène Dupuis un de ses actionnaires ont convenu avec George Beaucage entrepreneur de St-Alban, Portneuf, qu’il creuserait un puits de 6 pieds carrés et 25 de profondeur dans la mine de quartz sur le terrain minier que la compagnie possède dans le canton de Tracy en suivant les directions de la veine ou le filon de la dite mine d’or en echange de 100 actions de la compagnie.
Les actionnaires de la Compagnie des Mines d’or de Mantawa (Matawin) étaient: Edouard Guilbault, Adolphe Magnan, D. Désormier, Albert Courval, Alexis Cabana, Joseph Rivard, George Guilbault, Eugène Dupuis, John H. Kennedy, J.H. Renaud et Pierre Chevalier, des notables de Joliette et Montréal, notaires, avocats, marchands.
Le 14 mars 1889 Eugène Dupuis a cédé à la Compagnie des mines d’or de la Mantawa les droits qu’il avait achetés à Louis Forest dans le canton de Tracy le 16 décembre 1888. La compagnie a été incorporée en 1891 pour exploiter des mines d’or, d’argent et autres minerais avec un capital de $24.000 divisé en 2.400 actions de $10.
Le quartz prélevé à la surface de la veine avait été analysé à New-York; le résultat était de $36,89 d’or et d’argent par tonne.
Le 13 juillet 1891 la compagnie représentée par Joseph Rivard hotellier et Joseph Henri Ostigny gérant de la Banque d’Hochelaga a engagé Elzéar Soulières et David Thérien journaliers de Joliette pour creuser un puits de 40 pieds de profondeur pour $7.50 pour chaque pied.
L’étoile du Nord, 8 octobre 1891 – Les travaux de creusage à la mine de Mantawa, sont repris et se poursuivent, avec une grande activité. Plusieurs hommes y sont employés.
Les assemblées des actionnaires ont eu lieu à Joliette en 1892 et 1893 puis plus rien. En 1894 un chroniqueur signant Espérance demandait au gouvernement d’investir dans les mines d’or de Mantawa où les travaux d’exploitation avaient cessé depuis 2 ou 3 ans. Le rédacteur de cette lettre à l’éditeur disait que les sceptiques et les incrédules seraient confondus, le rapport de l’ingénieur du gouvernement estimait le rendement du quartz de la mine à $34 par tonne en or et argent. Il dénonçait l’apathie et la crainte des actionnaires qui auraient voulu voir leur investissement doubler de valeur en quelques mois.
F. Adams a situé cette mine d’or au lieu dit La Barrière. Certains échantillons testés aux États-Unis auraient contenu $434 d’or pour 1 tonne de roche extraite, d’autres auraient contenu plusieurs onces d’argent par tonne. Les nouvelles analyses des mêmes échantillons en 1896 n’auraient révélé qu’une trace d’or et pas d’argent.
La compagnie minière de Bordeleau
En 1890 Eugène Bordeleau qui possédait des moulins sur la rivière de l’Assomption au niveau du 3ème rang de Kildare dans St-Charles-Borromée a trouvé du minerai d’or sur sa terre et il a mis en vente 2.000 parts à 10 piastres de la Compagnie Minière de Bordeleau pour l’exploiter. Louis Farly était le secrétaire-trésorier de la compagnie.
Des travaux ont commencé pendant l’été. Les apparences sont des meilleures pour une veine aurifère et argentifère.
Des actions à 2 piastres chacune ont été mises en vente chez des agents à Joliette, Ste-Elisabeth, St-Norbert, St-Barthélémy et Montréal. On n’entend plus parler de la mine après 1890.
Quelques autres mines de Lanaudière
Les travaux de la mine de mica à St-Ambroise ont été repris la semaine dernière…
Une veine de nickel a été découverte sur le terrain de la Compagnie Minière de St-Alphonse. Ce métal est semblable au métal des fameuses mines de Sudbury exploitées par les américains… le métal le plus valuable après l’argent.
La compagnie de forges de St-Maurice emploie actuellement une quinzaine d’hommes à travailler dans les mines de fonte qui se trouvent sur les terrains de St-Frédéric de la paroisse de Ste-Elisabeth près de St-Félix. Cette roche minière donne de 40 à 65 pour cent de fonte…
À St-Félix-de-Valois des mines du même genre se trouvent sur les terrains de plusieurs propriétaires… Le village de St-Félix se trouve au centre des mines de fonte, il y aura de l’ouvrage pour plusieurs années.
La Gazette de Joliette, 27 octobre 1892 – Le vent est aux mines de fer ici. De nouveaux gisements ont été découverts sur la terre d’un M. Asselin, de l’autre côté des moulins de M. Eugène Bordeleau. Le minerai qu’on y a extrait est nous dit-on le plus riche qu’on a pas encore trouvé dans le comté. M. F. Crean qui s’occupe spécialement de mines prie tous ceux qui ont des doutes sur l’existance de certains métaux sur leurs terres, de vouloir bien l’en informer.
M. Joseph Rivard hôtelier de Joliette et propriétaire de plusieurs mines, d’or, d’argent, mica, amiante, etc. annonce aux capitalistes de la puissance que pour rendre l’exploitation de ces différentes mines faites, il donnera gratuitement des terrains miniers aux personnes qui voudront et exploiteront ces terrains.
L’étoile du Nord, 2 février 1899 – Une mine de mica a été découverte l’automne dernier, dans le 8ème rang de Rawdon, sur la propriété de M. Daniel Parkinson. Ce mica a été analysé et a donné une grande satisfaction. On dit qu’une Compagnie Américaine doit acheter ce lot de terre et l’exploiter avec avantage; déjà la compagnie a offert $2.000 au propriétaire du terrain.
On a découvert une mine de fer très riche à Ste-Julienne et une couche de peinture rouge indien (ocre rouge) de huit pieds à Rawdon où on parle d’exploiter une des plus riches carrières granitiques. Un riche particulier de Rawdon a décidé de construire un vaste hôtel auprès d’une précieuse source d’eau minérale.
Le 10 octobre 1907 Thomas Boyce a vendu à Joseph Marie Aumont docteur en médecine et Albert Dumont constable de Montréal toutes les mines et minéraux se trouvant sur les lots 22b et 23b du 9ème rang de Rawdon, le droit d’exploitation et de passage, pour $10 par acre et 5% des profits. Patrick Belisle leur a vendu les mines et minéraux des lots 26b, 26c, 27b et 27c du 11ème rang et Thomas McGuire du lot 21 du 8ème rang. Les acheteurs auront le droit d’acheter au prix de 100 piastres un acre de terre en superficie près du chemin public sur le dit lot de terre pour l’érection de toutes les bâtisses qu’ils jugeront nécessaires…
Aucune découverte significative de minerai n’est documentée dans l’histoire de Rawdon à part des carrières de sable et de gravier.
La Canada Iron Furnace Co
Du minerai de fer a été trouvé sur les propriétés de MM. André Laurin et Antoine Fleury à St-Ambroise de Kildare en 1892. La Canada Iron Furnace Co de St-Maurice est venue l’exploiter. 120 chars de minerais devaient être expédiés de Joliette; cette découverte devait rapporter au moins $1.000 à André Laurin pour l’année.
6.000 tonnes de minerai ont été expédiées de 1893 à 1895 puis le filon a été épuisé. Il avait été extrait de marais situés entre le 3ème et le 4ème rangs de St-Ambroise pour approvisionner les forges du St-Maurice dont les gisements de fer étaient épuisés.
Le soleil, 16 octobre 1897 – La limonite existe en immenses quantités au nord du St-Laurent. Dans Kildare, il y a un dépôt couvrant une étendue de neuf milles en superficie et d’autres gisements considérables dans Saint-Emélie et plusieurs autres localités. Mais les dépôts les plus riches se trouvent dans la région de Trois-Rivières, où ils sont exploités depuis 1737 par les forges de Saint-Maurice et plus récemment par celles de Radnor.
Géologie économique de Lanaudière en 1896
Les géologues sont devenus plus compétents à la fin du siècle et les espoirs de trouver de l’or dans Lanaudière se sont évanouis. Frank Dawson Adams a inspecté la géologie de la région en 1896, le dernier chapitre de son rapport est consacré à la géologie économique. Pour chaque minerai il détaille les gisements et leur potentiel. Par exemple à Ste-Julienne dans le lot 2 du 2ème rang de Rawdon il signale du minerai de fer inexploité.
Il signale aussi du minerai de fer dans le lot 7 du 1er rang de Wexford, dans le lot 9 du 1er rang et dans les lots 5 et 6 du 8ème rang de Chertsey, dans le lot 11 du 10ème rang de Kildare, dans le lot 7 du 7ème rang de Kilkenny.
Il avait trouvé de l’ocre sur le chemin entre les 2ème et 3ème rangs de Kildare. Deux filons d’or avaient été exploités à Chertsey, il en a signalé 2 autres sur le lot 7 du 5ème rang et le lot 9 du 7ème avec un très faible potentiel. À Rawdon il a noté une excavation sur le lot 27 du 7ème rang de Rawdon, il avait pris un échantillon sur le lot 24 du 6ème rang et encore un autre sur le lot 8 du 5ème rang de Cathcart qui n’ont rien donné.
Il a trouvé du graphite au nord-est du village de Rawdon, Cathcart et jusqu’à la rivière de l’Assomption mais pas suffisamment pour qu’il soit économiquement exploitable. Le mica se trouvait en abondance à St-Donat autour du lac Archambault et en petite quantité sur le lot 12 du 7ème rang de Kildare. Près du lac Michel à Chertsey sur le lot 15 du 5ème rang il y avait un dépôt de terres d’infusoires ou diatomite que les fermiers utilisaient pour blanchir leurs bâtiments. C’est le même lot où la mine d’or d’Hémond a été exploitée.
Il y avait des grenats dans les lots 20 et 21 du 7ème rang de Rawdon, du calcaire cristallin à St-Donat, Rawdon, St-Côme. F. Adams a signalé deux fours à chaux dans le canton de Cathcart.
Il mentionne finalement la carrière de marbre de St-Côme exploitée par MM. Guilbault, Dupuis et Burns et abandonnée en 1896.
Joseph Adélard Dubeau député de Joliette a fait un discours en 1909 qui a été retranscrit par les journaux où il a fait la promotion de l’activité minière dans son comté mais la plupart des gisements qu’il mentionne n’étaient plus exploités.
Nous avons fait des travaux de recherches et des fouilles, et nous avons constaté qu’en maints endroits on trouve des indications de mines, et ce, notamment à la Barrière, où deux veines de minerai ont été mises a jour; à Saint-Alphonse de Joliette, nous avons découvert un autre filon; à Saint-Zénon, la paroisse est remplie de gisements de plombagine; à Saint-Michel des Saints, on voit du mica en plusieurs endroits, et, dans les « hauts » on trouve de l’or, du mercure et du charbon.
À cinquante milles environ de la gare de Saint-Félix-de-Valois, dans le canton Maisonneuve, se trouve une importante mine de mica blanc, propriété d’un syndicat français The Canadian General Mining Company. Cette compagnie emploie plusieurs ouvriers; elle a fait des installations de machines à vapeur et plusieurs constructions. De plus, elle se prépare à utiliser le pouvoir hydraulique situé à environ deux milles sur la rivière du Milieu. On a fait des prospects de surface et commencé à creuser un puits en se servant de perforateurs à vapeur.
L’étoile du Nord, 13 mai 1909
Au XXème siècle des carrières de pierre, de sable, de gravier, de calcaire ont été exploitées partout dans la région de Lanaudière, il y a eu de nombreux fours à chaux construits à St-Thomas, Joliette et ailleurs. Mais la fièvre de l’or et de l’enrichissement facile était retombée.
Lire: Les anciennes carrières de Joliette: pierre, chaux, brique
Les minerais de Lanaudière en 1927
La liste des gisements à valeur économique du Québec a été révisée en 1927. À Joliette on trouvait de la pierre calcaire et de l’eau minérale. Il y avait encore de l’or dans Tracy, des grenats, du marbre, du nickel, du cobalt, de l’apatite (phosphate), etc.
À Charlemagne et L’Épiphanie il y avait du schiste et à Mascouche du gaz naturel.
Le pétrole et le gaz
En 1943 Florian Larivière racontait que le forage des puits pour l’eau était parfois interrompu par de brusques irruptions de gaz à Lanoraie et L’Assomption. Il en est de même pour le pétrole qui gâte parfois l’eau et dont on observe des suintements, notamment sur les bords de l’Assomption, à Ste-Julie.
À partir de 1930 la compagnie Gaz & Oil Syndicate avait investi $100.000 pour forer cinq puits à gaz à environ 1 mille du village de Lanoraie. La compagnie avait acquis des droits d’exploration sur une surface de 14 milles carrés.
Le Quotidien, 28 juillet 1934 – Le département des mines annonce que l’on a découvert, mercredi, du gaz naturel à Lanoraie à une profondeur de 1.245 pieds. Depuis quelques années une compagnie fait des sondages dans cette région et il y a 2 ans elle a trouvé du gaz naturel en divers endroits, mais plus au sud que le lieu de la découverte de mercredi.
La compagnie avait essayé d’obtenir une franchise pour fournir le gaz à la ville de Joliette mais elle n’avait pas pu convaincre le conseil.
L’action populaire, 30 août 1934 – M. le Maire apprend aux échevins qu’il a été informé que la compagnie de gaz de Lanoraie qui a déjà transigé avec la ville offre en vente deux et demi millions d’actions à 25 cts l’unité. L’offre de cette compagnie stipule que la ville de Joliette lui a déjà accordé une franchise exclusive pour l’opération dans la ville. Comme ce contrat est maintenant chose du passé il est décidé d’envoyer une lettre circulaire aux principaux journaux de la Province afin d’avertir les gens que la ville de Joliette n’a rien à faire avec cette compagnie.
La compagnie semble avoir cessé ses opérations après 1934, on n’en trouve plus de trace dans les journaux.
Le rapport sur l’état des puits d’hydrocarbures inactifs publié par le gouvernement en a recensé 86 dans Lanaudière dont seulement 56 ont été localisés. La plupart ont été forés entre 1956 et 1966. On ne trouve pas de fuite active de pétrole dans cette région.
23 puits problématiques ont été relevés dans Lanaudière dont les puits No1 et No3 de la compagnie Lanoraie Oil and Gas Syndicate.
Les minerais de Lanaudière aujourd’hui
Le projet minier de Saint-Côme découle du besoin de trouver des minerais pour alimenter la filière des batteries pour les véhicules électriques. Des filons qui autrefois n’étaient pas assez rentables à exploiter ont été réévalués.
En 2023 j’avais publié une chronique sur Les titres miniers actifs (claims) autour de Chertsey avec cette carte du nord de Lanaudière. Chaque rectangle représente un titre minier actif de 60 hectares alors que les zones colorées sont plus ou moins protégées.

Dans une autre chronique de 2021 j’avais documenté la mine de graphite de Saint-Michel-des-Saints qui est en cours de réalisation. Le graphite est un autre matériau indispensable à la filière batterie.








































































