Les standards de la communauté Facebook

Tous les prophètes du passé ont dû être jaloux en voyant la Bonne Nouvelle Facebook se répandre sur la Terre en quelques années. Maintenant que c’est la première religion du monde et une institution il faut un Credo, des péchés capitaux et des prêtres. En novlangue ce sont les Standards de la communauté et les modérateurs.

Religion: ce qui relie

Mark Zuckerberg

J’ai déjà décrit comment la bonne nouvelle Facebook s’est propagée sur la Terre dans l’article L’Évangile selon Mark Z. À ses débuts Facebook était plutôt libertaire, la liberté d’expression était la règle. Mais quand on devient la première religion au monde on ne peut plus être anarchiste, il faut devenir responsable.

Pour l’instant les théologiens tâtonnent encore et le Credo change à tous les mois. C’est pas facile d’improviser un catéchisme aussi vite, l’Église catholique a mis des siècles.

Les standards de la communauté

Les « standards de la communauté » sont les 10 commandements de Facebook. On les trouve à la page https://www.facebook.com/communitystandards/introduction mais attention ça change souvent, il faut y revenir régulièrement.

Authenticité, sécurité, confidentialité, dignité.

Les standards de la communauté Facebook

C’est un assez long document à lire, il y a donc une belle vidéo animée pour que tout le monde puisse comprendre. Facebook permet à chacun de publier ce qu’il veut mais il y a des règles à suivre. Le contenu inapproprié est filtré par des outils automatiques et les utilisateurs peuvent signaler ce qui n’a pas été filtré. Tous ces contenus sont vérifiés par des modérateurs qui éliminent ce qui ne rencontre pas les standards de la communauté.

Malgré tout Facebook se réserve le droit de publier ce qu’il veut selon les critères de sa direction:

Îcone

Dans certains cas, nous autorisons la publication de contenu qui va à l’encontre de nos Standards de la communauté s’il est pertinent et d’intérêt public. Nous prenons cette décision en évaluant l’impact positif pour l’intérêt public par rapport à la nuisance potentielle, et nous nous appuyons sur les principes universels des droits de l’homme.

En dernier recours c’est le Pape qui tranche.

La violation de nos Standards de la communauté engendre diverses conséquences qui varient en fonction de la gravité de l’infraction et des antécédents de la personne sur la plate-forme.

Les modérateurs

Îcone

Dans un article du Monde Sarah T. Roberts analyse cette nouvelle profession: modérateur. Il y en aurait déjà plus de 100.000 mais on en parle peu. «Les géants du Web ont choisi de rendre le processus de modération invisible».

Le travail des modérateurs est particulièrement traumatisant, ils sont continuellement confrontés à l’Humanité dans ce qu’elle a de plus bas. Modérer la haine est un travail sans fin qui vous submerge. En plus leur travail n’est pas reconnu, il faut qu’ils se fassent oublier.

Îcone

Vous devez être très cultivé pour être un bon modérateur, beaucoup ont fait des études de littérature, d’économie, d’histoire, parfois dans des universités prestigieuses. Mais c’est considéré comme un travail de bas niveau, assez mal payé.

Si les utilisateurs savaient qu’il y avait des humains impliqués, ils demanderaient des explications. Et ces entreprises ne voulaient pas être responsables de ces décisions. Elles ont donc choisi de rendre ce processus invisible et croisé les doigts pour que les gens ne posent pas trop de questions.

Sarah T. Roberts
Modérateur Facebook

La censure automatique

L’utopie technologique c’est que l’Intelligence Artificielle va pouvoir remplacer ces modérateurs et que la Censure se fera automatiquement selon des critères objectifs grâce aux algorithmes. Mais c’est utopique, l’Intelligence Artificielle est encore loin de comprendre les subtilités du langage naturel. De toute façon Facebook est devenu un instrument politique trop important pour qu’on le laisse aller sans contrôle.

On essaie de nous faire croire que tout se fait objectivement alors qu’il y a une direction et des directives.

Déjà 100.000 modérateurs en 2020, c’est une profession qui promet mais les conditions de travail ne sont vraiment pas bonnes. On se demande qui va vouloir nous censurer, il vaudrait pourtant mieux que ce soient des gens un peu cultivés capables de comprendre toutes les implications de leur travail.

Le diplôme du modrateur

1 réflexion au sujet de “Les standards de la communauté Facebook”

  1. Selon le film biopic «The Social Network», avant la création de Facebook, Mark Z. aurait d’abord créé une plateforme à plus petite échelle pour propager des propos violents et haineux contre son ex-petite amie parce que son gros égo d’ado de l’époque n’acceptait pas d’avoir été largué. Facebook serait-il à l’image du profil psychologique de son principal créateur? Sur cette plateforme, on retrouve régulièrement : attaques personnelles, harcèlement, haine, racisme, sexisme, etc., et occasionnellement, des échanges constructifs.

    Savoir que de nouvelles règles d’utilisations (des centaines de pages?) ont été instaurés pour contrer les violences qui circulent sur Facebook nous rassurent à prime abord.

    Pourtant, qui se tapera toute cette lecture, sachant en plus que ces règles peuvent changer n’importe quand selon l’humeur des propriétaires? Elles passeront certainement inaperçues aux yeux des nombreux analphabètes fonctionnels friands de Facebook. Quant aux autres utilisateurs, ils arrêteront probablement leur lecture après 5-10 minutes, ayant un peu trop le sentiment de perdre leur temps avec ce qui leur semble fortement avoir été instauré surtout pour les 2 raisons suivantes :

    – protéger les propriétaires de Facebook d’éventuelles poursuites, et
    – favoriser des contrôles supplémentaires invisibles sur la vie privée des gens.

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