En 1960 le diable est apparu dans un hôtel de Ste-Julienne qui présentait des spectacles de variétés populaires. Le Québec était alors en train de basculer d’une société hyper-religieuse à une société complètement laïque. Avant les curés contrôlaient toute la vie sociale et rien ne se faisait sans leur assentiment, après les églises étaient vides et les curés défroquaient. Le Diable apparaissait de préférence dans les salles de danse que le curé du village voulait faire fermer pendant la Grande Noirceur.
L’apparition du diable à l’hôtel Royal de Ste-Julienne
En 1960 le diable a été vu à l’Hôtel Royal de Ste-Julienne. En tout cas une rumeur avait circulé dans le village et Charles Auguste Beaudoin l’hôtelier a dû publier un démenti dans les journaux locaux pour préserver la réputation de son établissement. Depuis 1950 il présentait des spectacles de variétés, son hôtel était connu dans toute la région de Lanaudière.
Il s’agit de tuer un canard d’une taille démesurée qui se promène dans le ciel de notre région et qui fait peur aux enfants, aux jeunes filles superstitieuses et aux bonnes gens éprises de merveilleux. On l’aurait vu dans les cours d’école, sur la place du marché, aux portes des restaurants mais monsieur Beaudoin était catégorique, il ne l’avait jamais vu dans son hôtel et il ne lui avait jamais serré la main.
En 1960 lorsque les québécois ont commencé à rejeter l’emprise de l’Église Catholique qui les étouffait les évêques étaient persuadés que c’était la voix du diable qui détournait leurs ouailles du droit chemin. L’évêque de Chicoutimi invoquait le diable comme responsable du non respect du dimanche: La voix du diable et celle des passions humaines sont en passe de transformer en un enfer un monde outillé pour être heureux. Satan attise les passions humaines, pousse l’homme à l’orgueil, l’incite à désobéir à Dieu.
Le journal L’Action Populaire était publié par l’évêché de Joliette et reflétait ses valeurs. Le journal a bien voulu publier le démenti du propriétaire de l’hôtel de Ste-Julienne mais il en a profité pour ajouter une note précisant que cet établissement ne respectait pas la loi des liqueurs, que ce n’était pas un lieu recommandable. Le directeur du journal espérait que l’avertissement serait entendu et que le propriétaire s’amenderait.
Le Petit Journal a publié ensuite un récit plus complet de l’apparition du diable à Ste-Julienne de Montcalm. L’hôtelier faisait ses comptes dans la nuit lorsque les tables et les chaises se sont mises à danser. Un grincement de chaînes s’est fait entendre et en levant les yeux il a aperçu un inconnu habillé de noir. S’étant approché de lui le diable a posé sa main palmée sur son épaule: l’enfer a laissé sa marque, une brûlure intolérable et invisible. À son cri le barman qui était dans la pièce voisine est accouru mais le visiteur avait disparu, les tables et les chaises s’étaient calmées, il ne restait qu’une odeur de brûlé.
Déformation de mots et de faits ou vérité ? L’article était illustré d’une photo de l’hôtel que Lucifer avait visité à une heure tardive de la nuit faisant danser le rock’n roll aux meubles.
Le ton de l’article est subtilement moqueur. Cette apparition de Lucifer a déclenché une hystérie collective. Dans le comté de Montcalm tous en parlent. On a même organisé des excursions au lieu de cette manifestation diabolique… Dans les écoles, pour exciter la piété des élèves et leur inculquer la crainte du mal, on a cru bon de leur raconter cette histoire d’épouvante et de terreur… Et maintenant les enfants ont peur de se coucher le soir.
Il semble que ce soit Marcel Hamel directeur du journal Le Portage de l’Assomption qui avait lancé l’histoire et que le directeur de l’hôtel Royal envisageait de le poursuivre pour libelle diffamatoire. Charles Auguste Beaudoin s’est défendu en affirmant qu’il était un bon chrétien, que toutes les semaines il remettait 1% des profits de son hôtel à l’Oratoire St-Joseph pour la construction de la basilique. Il avoue quand même avoir été en chicane avec le curé de Ste-Julienne depuis un an. Il a encore fait publier un démenti dans le journal de Berthier, sa clientèle venait de toute la région Lanaudière.
L’hôtel Royal lieu de perdition pour la jeunesse
L’hôtel Royal se trouvait sur la rue Cartier à St-Julienne. La légende de la photo du calendrier dit que dans les années 70 il a reçu de grands noms de la scène artistique québécoise comme Gilles Latulipe et Fernand Gignac. En fait des spectacles y étaient présentés depuis 1950.
Le chanteur de Chertsey Roger Miron y avait chanté au tout début de sa carrière en 1950. Il semble que ce soit durant l’année 1950 que l’hôtel a commencé à présenter des spectacles après des travaux de modernisation importants. Il y avait un orchestre et des chanteurs, la jeunesse de Lanaudière venait y danser et s’y distraire sagement comme disait sa publicité.

Jusque dans les années 70 l’hôtel a présenté de nombreux spectacles avec des vedettes nationales et internationales: Rina Ketty en 1956, Muriel Millard et Luis Bertrand (le Luis Mariano canadien) en 1957. Il y avait aussi de la danse et des sets carrés au programme.
L’hôtel présentait des spectacles même le dimanche ce qui ne devait pas enchanter le curé de Ste-Julienne, pas plus que l’élection de la Reine du Travail d’ailleurs.
En 1960 le Diable était apparu à l’hôtel et la nouvelle avait été publiée dans les journaux. En 1968 il avait gagné tous les esprits et personne ne contestait sa victoire. Même le journal de l’évêché de Joliette annonçait que les waitress de l’Hôtel Royal étaient des danseuses à GO-GO. C’était l’endroit idéal des gens à la page.
En 1970 M. & Mme Charles Auguste Beaudoin étaient toujours propriétaires de l’Hôtel Royal qui continuait à présenter des spectacles de variétés: le fameux Serge Mondor et autres vedettes surprises.
L’hôtel Royal a été mis en vente en 1974 et le calendrier du 175ème anniversaire de Ste-Julienne dit qu’il a été détruit par un incendie sans que la date en soit précisée.
Pendant 25 ans il avait été le lieu de perdition de la jeunesse de Lanaudière, l’antre du Diable.
La légende de Sainte Julienne et du Diable
En 1960 le Diable était encore un être qui terrorisait les bons chrétiens et Sainte Julienne avait une étroite relation avec lui. Sainte Julienne était réputée pour avoir fait peur au Diable. La Légende dorée rédigée par Jacques de Voragine en 1261 pour raconter la vie des saints a fait un récit de son martyr. C’est un récit très violent à ne pas raconter aux enfants.
Julienne était fiancée à Euloge, préfet de Nicomédie; mais elle refusait d’entrer dans le lit d’Euloge avant qu’il eût reçu la foi du Christ. Alors son père, furieux de sa désobéissance, la fit mettre à nu, rouer de coups, et la livra ensuite au préfet.
Mais elle avait foi en Dieu et ne voulait pas céder ni à son père ni à son mari.
Alors le préfet la fit battre de verges, puis, pendant une demi-journée, il la fit suspendre par les cheveux et lui fit verser sur la tête du plomb fondu. Et comme, de tout cela, elle n’avait aucun mal, il lui fit mettre des chaînes et l’enferma dans une prison. Là un diable vint la voir, sous l’apparence d’un ange, et lui dit: «Julienne, je suis un ange du Seigneur, et mon maître m’envoie vers toi pour t’engager à sacrifier aux dieux: car le Seigneur à pitié de toi, et veut t’épargner un affreux supplice suivi d’une mort affreuse.» Alors Julienne fondit en larmes et s’écria: «Jésus mon Seigneur, sauve-moi du péril de mon âme en me faisant connaître, qui est celui qui me donne un tel conseil». Et une Voix d’en haut lui dit de saisir son visiteur et de le contraindre à avouer lui-même qui il était. Julienne ayant donc saisi le faux ange, et lui ayant demandé qui il était, il répondit qu’il était un démon…
Alors Julienne lui lia les mains derrière le dos, et, l’ayant jeté à terre, elle le battit rudement avec la chaîne dont on l’avait liée; et le diable la suppliait avec de grands cris, lui disant: «Bonne Julienne, ayez pitié de moi»…
Le préfet fit étendre sainte Julienne sur une roue qui lui broya tous les os jusqu’à en faire jaillir la moelle; mais un ange détruisit la roue et guérit la sainte. Ce que voyant, tous les assistants crurent au Christ, et subirent aussitôt le martyre. Cinq cents hommes et cent trente femmes eurent la tête tranchée. Le préfet fit ensuite plonger la sainte dans une chaudière de plomb fondu; mais le plomb se refroidit soudain au point de devenir comme un bain tiède... Puis il ordonna qu’elle eût la tête tranchée. Et comme on la conduisait à l’échafaud, voici que le démon qu’elle avait battu se montra de nouveau, cette fois sous l’apparence d’un jeune homme; et il criait aux bourreaux: « Ne ménagez pas cette coquine, car elle a dit les pires choses de vos dieux, et m’a moi-même battu cette nuit. Rendez-lui ce qu’elle mérite» Mais comme Julienne qui avait les yeux fermés, les entrouvrait pour voir celui qui parlait ainsi, le démon s’enfuit en criant: «Malheur à moi, elle va encore me prendre et me lier». Et la sainte subit son supplice; et, quelques jours après, le préfet, qui voyageait sur mer, périt dans une tempête avec trente-quatre hommes. Leurs corps, que la mer avait vomis sur le rivage, furent dévorés par les bêtes et les oiseaux de proie.
Le diable danse au bal musette de St-Ambroise-de-Chicoutimi
Autrefois le Diable apparaissait souvent quand les paroissiens s’adonnaient à des passions condamnées par leurs curés, comme les bals où ils se laissaient aller à des danses lascives. L’histoire du Bal-Musette de St-Ambroise-de-Chicoutimi a été racontée dans un article du journal Le Soleil par Stéphane Bouchard. Les curés refusaient de donner la communion à ceux qui allaient danser au Bal-Musette de St-Ambroise le samedi soir.
C’est arrivé au début des années 1960. Selon la légende, le Diable en personne est sorti d’un nuage de fumée au Bal-Musette, à Saint-Ambroise. Vêtu de noir et de blanc, il aurait dansé avec une jeune femme et lui aurait marqué le dos avec ses griffes.
L’ancien maire de ce village de la rive nord du Saguenay, Marcel Claveau, qui a aussi écrit un ouvrage sur l’histoire de la municipalité, rappelle que cette salle de danse remportait autrefois un vif succès. Le week-end, elle accueillait les plus grands noms du divertissement. Les Baronets, Michèle Richard, Jenny Rock, Paolo Noël, Dominique Michel et Denise Filiatrault, entre autres, ont visité la localité d’environ 3000 personnes, en 1960, et se sont produits sur les planches du Bal-Musette. Selon M. Claveau, une partie de la population et de la paroisse n’approuvait pas un tel lieu. «L’Église ne voulait pas que le monde danse», précise-t-il.
L’histoire du diable de St-Ambroise est donc très semblable à l’histoire de l’apparition du diable à Ste-Julienne et s’est passée à la même date.
La propriétaire du Bal-Musette, Gisèle Vandal, a affirmé à M. Bergeron que rien ne s’était produit le soir où le Diable est apparu. Tout au plus, un ventilateur aurait fait de la fumée. Mais la rumeur a dépassé les frontières de la région et, loin de faire peur à la population, elle attirait une faune nocturne avide de sensations fortes et de divertissement. «Gisèle Vandal me racontait que lors de ses voyages en Floride, le Bal-Musette et Saint-Ambroise-de-Chicoutimi étaient associés à la visite du Diable», se souvient Bertand Bergeron. La légende est toujours bien vivante aujourd’hui. S’ils sont plus rares, on retrouve encore des témoins de l’événement, qui croient «dur comme fer», pour reprendre l’expression de M. Bergeron, avoir vu le Diable à Saint-Ambroise.
Satan le beau danseur et Rose Latulipe
Le Diable et la danse sont un thème ancien de légendes. La légende de Rose Latulipe, aussi connue sous le nom de légende du Diable à la danse ou légende du beau danseur, est une légende canadienne-française, québécoise et acadienne, se déroulant au XVIIIe siècle. Elle compte plus de 200 versions différentes.
Alors que les Latulipe festoient, un jeune homme à la beauté extraordinaire s’invite à la fête. Sous le charme du bel étranger, Rose se laisse entraîner dans une danse effrénée. Inconsciente du temps qui passe, la jeune fille continue de danser au-delà des douze coups de minuit, et ce malgré les mises en garde de son père. C’est à ce moment que l’inconnu dévoile sa véritable nature: il est le Diable. Rose ayant dansé le jour du Carême a commis un péché, et le Diable compte bien la punir en l’entraînant avec lui en enfer.
En 1952 le journal Le Canada rapportait lui aussi des apparitions du diable danseur à Routhierville, Québec, et à Campbleton, Nouveau-Brunswick. Le monsieur se serait présenté à une soirée de danse, à Routhierville, récemment, portant l’habit de soirée et les gants blancs. Il aurait dansé avec une jeune fille et aurait quitté les lieux. Puis la jeune fille se serait affaissée, sous l’effet de brûlures et autre marques étranges.
Le Musée National d’Ottawa qui devait être dirigé par des hérétiques protestants se moquait des superstitions des catholiques canadiens-français. En général, c’est que le curé du village a interdit la danse chez ses ouailles, mais qu’on danse quand même ici et là. L’élégant visiteur s’amène et l’on suppose que c’est le démon en personne.
Satan dans le monde moderne: la Révolution Tranquille
Monseigneur Léon Cristiani était un théologien français. En 1954 il avait publié Actualité de Satan et en 1959 il a approfondi le sujet avec Présence de Satan dans le monde moderne. Le chroniqueur de L’Action Catholique qui diffusait ses livres était tout à fait d’accord que la présence de Satan dans le monde moderne ne faisait aucun doute. Il cite les camps d’extermination nazis, le rideau de fer et le rideau de bambou. La dernière campagne électorale au Québec en était la preuve la plus évidente puisque en 1960 l’Union Nationale avait été défaite pour laisser place à la Révolution Tranquille. Il est sûr que la pagaille actuelle fait son affaire car Charlot adore pêcher en eaux troubles et semer partout le désespoir. Il a certainement favorisé l’édition de tel nouveau programme… Satan avait un surnom chez les pieux catholiques, Charlot. Et c’était lui qui avait écrit le programme du gouvernement libéral de Jean Lesage évidemment.
Présence du Diable dans les journaux du Québec en 1960
En 1960 le Diable était encore très présent dans le vocabulaire courant et dans l’actualité. En faisant la recherche du mot diable dans les journaux sur le site des archives du Québec pour l’année 1960 j’ai été surpris par le nombre de résultats que j’ai trouvés.
Il y avait d’abord toutes les occurences du mot diable dans des expressions courantes qui étaient encore très employées. La plupart de ces expressions le sont beaucoup moins aujourd’hui.
Vendre son âme au Diable, ce diable d’homme, un pauvre diable, un sacré bon diable, le diable au corps, pourquoi diable, que diable, tenter le diable, aller au diable, parler au diable, se battre (ou se démener) comme un bon diable, l’instrument du diable, l’avocat du diable, la part du diable, tirer le diable par la queue, un diable dans l’eau bénite, téméraire en diable, le diable l’emporte, le diable est aux vaches, sympathique (ou séduisant) en diable, avoir l’air du diable, possédé par le diable, suppôt du diable, un bruit de tous les diables, diablement, coiffé ou habillé à la diable, au diable vauvert, la beauté du diable, un bon petit diable, le diable à ses trousses.
Quand un bateau coulait la légende de la photo disait: Du diable si l’on sait comment il en est arrivé là.
Quand les politiciens négociaient avec l’URSS ils signaient un pacte avec le diable, les révolutionnaires cubains étaient des diables rouges, les chinois des diables jaunes. Avant d’être assassiné Patrice Lumumba affirmait qu’il était prêt à signer un pacte avec le diable pour la libération du Congo. Le journaliste écrivait: Dans ce sens on peut dire que tous les pays nouvellement et vraiment indépendants marchent la main dans la main avec le diable et s’en portent très bien. Si seulement Jean Lesage avait osé signer un pacte avec le Diable en 1960…
Il y avait de nombreux noms de lieux faisant référence au diable. La montagne du Diable, la rivière du Diable, la vallée de la Diable, la Chute du Diable, le Trou du Diable, Cap-au-Diable, le Lac-au-Diable, les Rapides du Diable. À Beauceville il y avait aussi le Rocher du Diable qui provoquait des inondations récurrentes dans la ville et qui a été dynamité en 1960.
Le cinéma était le domaine de prédilection du Diable. Les films ayant pour titre ou pour sujet le Diable étaient particulièrement nombreux en 1960, c’était une personnalité vraiment tendance.

Il y avait aussi Les diables du désert avec John Gregson et Richard Attenborough, Le Pilote du Diable avec Humphrey Bogart, Jardin du Diable avec Gary Cooper et Susan Hayward, L’oeil du Diable de Ingmar Bergman, La Passe du Diable d’après Joseph Kessel, Les diables des autos de course (Road racers) de Arthur Swerdloff, Les Diables de l’Oklahama de John H. Auer, Les Dents du Diable de Nicholas Ray.
Au Music-Hall le groupe Le Diable à Quatre était formé de Paul Berval, Denis Drouin, Olivier Guimond, Janine Fluet, Christiane Breton et Roger Joubert. À la radio Le Grand Duc racontait l’histoire de Gélin qui avait vendu son âme au diable.
Dans la chanson il y avait La Java du Diable de Charles Trenet, Le Diable de Jacques Brel. En littérature La femme du Diable de Colin Robertson, Les chevaux du diable de Caroline Gayet, Une nuit pour le diable de Jeanine Delpech, etc.
Un jour le diable fit une java Qu'avait tout l'air d'une mazurka Valse à trois temps, il n'savait pas Ce qu'il venait d'composer là Aussitôt la terre entière Par cet air fut enchantée Des dancings aux cimetières Tout l'monde la chantait
En gastronomie les recettes à la diable étaient à la mode: salade aux oeufs à la diable, crème de blé d’inde à la diable, asperges à la diable, Ritz à la diable, boulettes du diable…
Il y avait encore le jambon à la diable, le homard grillé à la diable, l’aiglefin à la diable, le gâteau à la diable, etc.
Il y avait le club de raquettes les Diables Bleus d’Ottawa, la troupe de danse folklorique de Montréal les Diables Rouges, les orchestres les Diables Noirs à Contrecoeur, les Diables Rouges de Joliette, les Démons de l’équipe de quilles de Chute-du-Diable les Diables Verts. Il y en avait certainement de nombreux autres.
Le juron très populaire des héros de bandes dessinées était Diable (pas un bruit).
Dans l’horoscope on conseillait aux gémeaux de ne pas écouter la voix du diable. Pas étonnant qu’il survienne tant de calamités et de choses répréhenslbles quand l’on voit tant de jeunes se vouer au diable plutôt qu’à la vertu.
Lauréat Bélanger de Coaticook défendait les réunions des alcooliques anonymes le dimanche soir: c’est pourtant cette journée-là que le diable a choisi pour enfermer vos jeunesses dans les salles de danses, dans les automobiles, pour les saouler, c’est pourtant cette journée-là, celle réservée au Seigneur qu’on lui réserve le plus d’injures.
Le diable danseur en Bretagne et ailleurs
L’Église Catholique a toujours et partout assimilé la danse à la sorcellerie, aux rites païens qu’elle voulait éradiquer. La légende du diable danseur a ses variantes dans tous les pays catholiques et peut-être aussi chez les protestants.
Un jour, dans une noce de campagne, une jeune fille qui, depuis longtemps, était «au hâle», c’est-à-dire que personne n’avait invitée à danser, s’écria: Toutes les autres ont trouvé des danseurs; j’en veux un aussi, moi, serait-ce le diable!
On raconte un peu partout, en Haute-Bretagne, des histoires analogues qui ont vraisemblablement leur origine dans la persécution que le clergé a dirigée contre les danses.









































la chanson de Mes aieux,le yâbe est dans cabane, est inspiré de ces légendes.
merci pour cette belle chronique anachronique