Catégorie: Histoire de Lanaudière
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Les moulins de la rivière Ouareau après 1850

L’histoire des moulins de la rivière Ouareau raconte une partie de l’histoire de la région de Lanaudière mais les historiens de St-Jacques, St-Liguori, Crabtree et Rawdon ne racontent pas tout à fait la même histoire. J’ai essayé de trouver des documents fiables permettant de les situer et les documenter plus précisément.

Le premier moulin sur la rivière Ouareau à St-Liguori a été construit en 1811 par Joseph Ratelle, j’ai documenté l’histoire des moulins construits avant 1850 dans cet article: Les premiers moulins de Saint-Liguori.

Le plan du recensement de Saint-Liguori en 1861

Le recensement de 1861 de Saint-Liguori présente un plan détaillé qui permet de situer les moulins et les ponts sur la rivière Ouareau. À la limite avec le 1er rang de Rawdon on voit le pont Jeffries et les moulins Breault. Devant l’église de St-Liguori il y avait ensuite les moulins des seigneurs et un autre pont dans le village. En aval il y avait la brasserie de Morin puis les moulins Bourgeois. Sur la rivière Rouge on voit les moulins de Dugas et plusieurs autres ponts. En fait les moulins n’ont pas tous été dessinés sur ce plan comme nous allons le voir.

Les moulins Breault

La rivière s’appelait alors Lacouareau. En descendant la rivière il y avait d’abord les Breault Mills à la limite du canton de Rawdon. En 1861 Théophile, Jules, et Gerard Brault ont été recensés comme meuniers, Joseph comme scieur. Le moulin à farine valait $2.000 et le moulin à scies $1.500. Dans le recensement de 1851 Joseph Bro était inscrit comme scieur au moulin à scie et Théophile Bro meunier au moulin à avoine; voici la description des moulins en 1851:

Recensement de 1851

Le moulin à farine a été construit avant 1843. Le 8 mai 1843 Augustin Brault de Rawdon a vendu à Théophile Brault de St-Jacques son fils le moulin à scie qu’il aurait acquis de John Jefferies extrait du lot 12 du 1er rang de Rawdon pour le démolir, enlever ou vendre. Le 28 août John Jeffries de Rawdon a déposé 3 protêts contre Augustin Bro, Joseph Ratelle et Théophile Bro; la digue qu’ils avaient construit pour leur moulin inondait ses terres en amont. Le 25 janvier 1845 Théophile Brault avait obtenu des Sulpiciens un bail pour construire un moulin à scie à la limite nord de la paroisse. Yves Forest en a fait une transcription complète.

Bien entendu toutefois et c’est une condition expresse des présentes, sans laquelle cette permission n’eut pas été accordée, que le dit Théophile Brault, ne pourra en aucune manière nuire à la navigation sur la dite rivière du Lac Ouareau qui devra toujours être parfaitement libre et débarrassée de tous obstacles, non plus que le dit Théophile Brault ne pourra inonder les terres voisines, ni causer aucun dommage aux dits voisins de quelque nature qu’il soit; desquels dommages il sera entièrement responsables envers eux, sous les peines de droit.

Le 22 août 1845 Théophile Brault a vendu à son frère Joseph Brault la moitié d’un terrain sur la rivière Lacwaro tenant à John Jeffries avec un moulin à scie garni de ses meubles tournant et travaillant et de ses accessoires.

Le 1er septembre 1847 dépôt de 3 nouveaux protêts par John Jeffries fils contre la digue du moulin Brault qui inonde ses terres. Le 17 mars 1848 Charles Veine a fait donation à Joseph Bro scieur d’un terrain à prendre un demi arpent plus bas que la chaussée du moulin à scie du donataire en remontant la rivière jusqu’au terrain de John Jefferies tenant au donateur.

Le 21 septembre 1849 Théophile Brault a échangé sa moitié du moulin à scie à Joseph Brault contre sa moitié du moulin à farine d’avoine. Le 6 novembre 1850 Joseph Brault scieur a fait donation à Théophile Brault meunier de sa moitié d’un terrain indivis situé à un demi arpent en aval de la digue du moulin à scie. Le 17 décembre 1850 Théophile Brault a vendu à Julien Brouillet un terrain de 3 arpents par 5 avec le moulin à scie et le moulin à farine d’avoine; il semble en garder la jouissance pour 4 ans(?). Le 27 mars 1851 John Jeffries a conclu un accord avec Théophile et Joseph Brault en leur cédant le terrain en amont des moulins; il leur donnait l’autorisation d’inonder ses terres jusqu’au 2ème rang de Rawdon.

Le 8 août 1861 Joseph Brault commerçant de bois a vendu des billots à Robert Dalrymple meunier de la paroisse de L’Épiphanie à prendre tant dans le «boome» du capitaine Perreault au Haut de la rivière de l’Assomption [au confluent des rivières Ouareau et L’Assomption], que dans la rivière de l’Assomption, jusqu’au Bout de l’Île et marqués des lettres de T. J. B., J. B. L. et marqués aux marques de Messieurs Dorwin et Compagnie. J. Brault a conclu ce marché en association avec Théophile J. Beauregard boulanger et commerçant de bois de St-Liguori.

Le 15 octobre 1862 Narcisse Goulet menuisier a signé un reçu à Joseph Brault scieur pour le paiement de la location de son moulin à scie érigé sur la rivière Lacouareau dans le village de St-Liguori. Joseph Brault était sans doute devenu propriétaire d’un autre moulin à scie dans le village de St-Liguori.

Le 28 mars 1863 Joseph Brault a transporté à ses fils mineurs Joseph et Urgel le bail qu’il détenait pour 99 ans à partir de 1858. Le 4 février 1864 Théophile Brault a transféré le bail du moulin à avoine et du moulin à scier à ses fils Élie et Israël Brault. Un autre bail a été signé le 3 août 1864 entre Théophile Brault meunier et Élie Brault meunier et scieur pour les 2 mêmes moulins. Le 4 février 1865 Théophile Brault maître meunier maintenant rentier à Chertsey a renouvelé le bail jusqu’au temps de la vente des moulins par le sherif à Élie Brault.

Jean Gagnon dans Sous le clocher de St-Liguori a fait un historique des moulins, voici ce qu’il a écrit: Ces moulins étaient délaissés dans les années 1865 et mis en vente en 1866 après la mort de M. Joseph Breault. Ils étaient achetés par M. Nazaire Gagnon puis par Firmin Dugas et Louis Dugas par succession en 1889… Louis Dugas vendait aussitôt à la compagnie L’Assomption & Lac Ouareau Lumber en 1890. La compagnie Assomption & Lac Ouareau Lumber n’a jamais existé; l’Assomption Lumber Co avait fait faillite et en 1886 la Charlemagne & Lac Ouareau Lumber avait racheté ses actifs, ces informations sont donc en partie fausses. Bien sûr Jean Gagnon n’avait pas à son époque un accès aussi facile aux archives que nous d’où l’intérêt de consulter son historique tout en le critiquant.

France Desmarais a aussi publié un historique des moulins dans Les neuf églises et chapelles de Saint-Liguori en recopiant beaucoup d’informations de Jean Gagnon sans les vérifier ce qui est nettement moins intéressant. À la page 218 elle écrit que les moulins de la compagnie Assomption & Lac Ouareau Lumber s’appelaient moulins McLauren; elle voulait sans doute parler de Alexander McLaurin gérant de la compagnie Charlemagne & Lac Ouareau Lumber.

Le moulin à farine appartenant à Joseph Brault et Arméline Piquette a été mis en vente par autorité de justice en 1866; il y avait aussi une maison pour chauffer l’avoine.

La Gazette de Joliette, 13 août 1866

Le 15 mai 1868 dans un acte notarié Firmin Dugas a donné en garantie premièrement un moulin à scie et un moulin à farine dans le 1er rang de Rawdon (sur la rivière Rouge) et deuxièmement un terrain de St-Liguori sur la rivière Ouareau, tenant à Narcisse Goulet, Joseph Jarret dit Beauregard et autres, avec un moulin à farine et une chaufferie. Il avait donc racheté le moulin à farine de J. Brault.

Le 30 janvier 1870 Thomas Tellier dit Lafortune a loué à bail à l’Assomption Lumber Company représentée par John Copping le droit d’arrêter un bôme (boom) devant sa terre de St-Liguori tenant à la ligne seigneuriale à l’endroit où Louis Marion avait un bôme autrefois et où on aperçoit aux eaux basses une ancienne chaussée. Alexander Kirkland a loué à la compagnie un terrain attenant dans Ste-Julienne pour la construction du bôme.

Firmin Dugas était donc devenu propriétaire du moulin vendu par Joseph Brault avec sa maison pour chauffer l’avoine (quille ou kiln) et Nazaire Gagnon avait acheté en 1869 le moulin à scie situé à côté construit par les frères Brault. L’emplacement s’appelait alors village Montcalm.

Le 19 février 1875 Nazaire Gagnon a vendu à John C. Woodman millman de L’Assomption des terrains à St-Liguori avec un moulin à scie sur la rivière Lacouareau tenant au terrain de Firmin Dugas et autres. Le même jour John Woodman a revendu le tout à William J. Pope commerçant de bois de St-Paul l’Ermite pour la compagnie Assomption Lumber Co qui a installé des bureaux près du moulin au village Montcalm.

En 1876 le moulin à scie de Nazaire Gagnon et celui de Daniel Trusdell à Chertsey appartenaient à William J. Pope un des propriétaires de l’Assomption Lumber Co.

La Gazette de Joliette, 22 février 1876

Le 18 février 1880 Narcisse Goulet ci-devant propriétaire de moulin à St-Liguori demeurant aux États-Unis a vendu à John Coulillard Woodman marchand de bois une langue de terre tenant à un chemin commun entre William Pope et Firmin Dugas, à W. Pope et au cordon du canton de Rawdon ou tout le terrain que le vendeur peut avoir sur les propriétés de W. Pope et F. Dugas.

Le 1er mai 1881 Firmin Dugas a loué à bail à Gédéon Beauquin (Botquin) dit St-André un moulin à farine sur la rivière Lacouareau attenant au terrain de William J. Pope; les mouture seront mises dans les quarrés faits au troisième étage du dit moulin et là seront partagées au minot tous les mois. Firmin Dugas est décédé en 1889 et en 1890 son fils aîné Louis a vendu à l’encan le moulin à farine du village Montcalm qui a été acheté par The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Company représentée par Alexander McLaurin; la vente comprenait les droits sur la chaussée, les droits de passage et 2 terrains.

Le 11 octobre 1870 Claude Piotte avait vendu à Edmond Copping ses droits de péage sur le pont Jefferies sur la rivère Lacouareau à la limite entre Rawdon et St-Sulpice; la barrière de péage existait encore en 1890 quand la Corporation du comté de Montcalm a cédé les droits à The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Co représentée par Alexander McLaurin.

Les moulins de Manchester place ou Oldham Farm

Sur le plan du Township de Rawdon dessiné par J. Bouchette en 1821 il y avait 2 ensembles de moulins situés sur la rive nord de la rivière. Le moulin des Sulpiciens était dans le village actuel de St-Liguori. Les moulins de Manchester Place ne sont pas dessinés sur le plan du recensement de 1861. Jacob Oldham les avait exploités avec le marchand de bois David Manchester puis Jedediah H. Dorwin et Peter McGill en sont devenus propriétaires. Ils exploitaient ces moulins et d’autres à Rawdon qui ont brûlé en 1859; il semble qu’ils aient alors cessé leur commerce de bois ce qui expliquerait que les moulins n’aient pas été recensés en 1861.

Le 15 avril 1848 Jedediah-Hubbell Dorwin commerçant de bois de Rawdon a vendu une partie des lots 643 et 644 du livre terrier de St-Sulpice entre la rivière Ouareau et la rivière Rouge avec la procuration de Peter McGill qui l’avait acquis de la succession de Jacob Oldham le 23 février 1847; la terre avait été commuée en 1847 et était libre de droits de lots et ventes. Le 11 juin 1852 Peter McGill a ratifié la vente.

En 1867 les scies et les mécanismes du moulin étaient encore fonctionnels, ils ont été rachetés et installés dans un moulin situé près du pont des Dalles en aval. Le 3 juin 1867 Jedediah Hubbell Dorwin commerçant de Montréal a vendu à François Auguste Médéric Foucher marchand de St-Jacques des mécanismes d’un moulin à scie situé à Oldham Farm sur le côté nord de la rivière Ouareau appartenant au vendeur comprenant les scies pour couper le bois (cutting saws), une échasse avec une seule scie, un monte-billots, une échasse servant pour plusieurs scies et généralement tout le mécanisme attaché au moulin à scie.

France Desmarais dans son historique des moulins de St-Liguori mentionne les moulins à scie et à farine de Rodrigue McKenzie à Old Hamfarm. Elle voulait sans doute parler de Roderick McKenzie seigneur de Terrebonne mais c’est plutôt son frère Henry McKenzie qui était associé à Jacob Oldham. Je n’ai trouvé aucun document mentionnant un moulin à farine à cet emplacement. Jean Gagnon a écrit que Louis Marion aurait acquis l’emplacement en 1865 des héritiers de Peter McGill et l’aurait ensuite vendu à Bazile Jetté; pourtant en 1867 le moulin et ses mécanismes appartenaient à J.-H. Dorwin.

Le moulin des seigneurs de St-Sulpice

Le prochain moulin dessiné sur la rivière Ouareau était le moulin des seigneurs de St-Sulpice. En 1861 les meuniers étaient Narcisse et Joseph Goulet, le moulin valait $8.000 et employait 3 personnes. Il a été construit en 1819 et son histoire est bien documentée: Le moulin des seigneurs de Saint-Sulpice. France Desmarais a publié cette image dans son historique.

Le moulin de St-Liguori

Jean Gagnon a écrit: En 1846 Joseph Jarret dit Beauregard fils, meunier des seigneurs, leur a racheté le moulin avec Narcisse Goulet et J.-B. Demers de Chambly; celui-ci a quitté la paroisse vers 1851 après avoir fait d’importantes améliorations à l’immeuble. Quelques années plus tard J. Beauregard allait bâtir le moulin de pierres des Dalles et N. Goulet demeurait le seul propriétaire du moulin banal. Mais ces informations semblent elles aussi en partie fausses. Comme on va le voir plus bas les seigneurs de St-Sulpice ont vendu en 1845 à Jean-Baptiste Demers tous leurs droits sur leurs moulins et privilèges d’eau situés sur la rivière Ouareau mais il a été obligé de tout rendre en 1849 car il n’a pas pu payer.

Le 24 avril 1852 Moise Personne Lafond a vendu à Narcisse Goulet et Joseph Jarret dit Beauregard meuniers de St-Jacques la coupe du bois de sa terre du Lacouaro. Le 26 novembre 1852 Alexis Bourgeois meunier a accepté un acte de vente par les seigneurs de St-Sulpice à Narcisse Goulet et Joseph Jarret dit Beauregard du 27 mars 1852 de plusieurs terrains et des revenus de baux; il a promis de leur payer la dixième partie des produits de son moulin à farine d’avoine situé dans une île de la rivière Lacouareau. George Gilmour propriétaire du moulin à carder voisin a promis de leur payer 300 livres de rente annuelle selon le bail consenti par Jean-Baptiste Demers à Samuel Anderson en 1847.

Le 21 décembre 1852 Sifroid Hébert a vendu à messire Joseph Comte procureur des seigneurs représenté par Joseph Jarret dit Beauregard fis, meunier, 4.000 perches de cèdre à livrer au moulin à scie de Jarret.

Le 2 juin 1853 Narcisse Goulet et Joseph Jarret ont procédé au partage du terrain où était situé le moulin à farine; la partie sud-ouest est revenue à J. Jarret, le moulin est resté en commun.

Narcisse Goulet était locataire du moulin en 1858. Le 29 novembre 1858 Alexis Bourgeois meunier avait notarié un protest contre Narcisse Goulet maître-meunier et représentant légal de Messieurs les écclésiastiques du Séminaire de Montréal quant aux droits de banalité et privilèges d’eau sur la rivière du Lacouareau pour les charges et obligations que ces derniers avaient contractés avec A. Bourgeois et Antoine Leblanc par un bail pour les autoriser à faire de la farine d’avoine dans un moulin situé dans une petite île près du moulin banal. A. Bourgeois prévoyait abandonner ce moulin à N. Goulet à l’expiration de son bail mais N. Goulet était déjà en train de construire un moulin pour cet usage qui ne servirait à rien.

Plusieurs moulins ont été construits à côté du moulin seigneurial et leur histoire est difficile à démêler précisément. Narcisse Goulet en aurait acheté les droits puis le cardeur George Gilmour en est devenu propriétaire en 1865 avec son beau-frère G.H. Anderson. Le 31 janvier 1872 Thomas Tellier dit Lafortune a vendu une coupe de bois à George Henry Anderson meunier de St-Liguori. En 1882 le moulin des seigneurs a été mis en vente et il fallait s’adresser à G. H. Anderson propriétaire à St-Liguori ou à George Gilmour à Joliette.

La Gazette de Joliette, 14 novembre 1882

Le 7 mai 1883 George Gilmour a vendu à Simon Richard préfet du comté de Montcalm le terrain 590 du terrier à St-Liguori avec un moulin à farine à 5 paires de moulanges, 3 bluteaux, une machine à nettoyer le grain, une pompe, des machines à carder la laine, la fouler, la presser, etc. Plusieurs autres terrains des 2 côtés de la rivière Ouareau ont été vendus dont une partie du lot 589 où était le canal du moulin et les empellements. L’acte de vente comprend des terrains loués à Urgel Brault, des islets à Alexis Bourgeois et Antoine Leblanc, à Samuel Anderson et Stephen S. Andres avec un moulin à cardes, les terrains 643 et 644 appartenant à feu Peter McGill représentant de Jacob Holdam (Oldham) autrefois occupé par J.-H. Dorwin où il y avait un moulin à scie et une digue; les privilèges de pouvoir d’eau accordés par les seigneurs à Goulet et Beauregard depuis la ligne de McGill et Dorwin jusqu’à celle de Jean-Baptiste Paquette; etc. Le contrat est long et difficile à comprendre mais il semble concerner tous les droits ayant appartenu aux seigneurs de St-Sulpice qui avaient été vendus à Jean-Baptiste Demers autrefois. Narcisse Goulet avait vendu ces terrains et ces droits à George Gilmour le 23 mai 1865. Le greffe du notaire François-Placide Renaud n’a pas été numérisé, on ne trouve que son index montrant une série de transactions en 1865.

George Henry Anderson est intervenu pour renoncer à ses droits et annuler un acte de vente entre lui et Gilmour daté de 1873. Le 8 mars 1884 Simon Richard a avisé le meunier Alfred Chamberland de libérer le moulin à farine puis le 30 septembre il l’a loué à bail à Gédéon Botquin dit St-André; le contrat enumère toutes les conditions du bail, la répartition des moutures, l’entretien du moulin à farine, des cardes, de la chaussée, des empellements, etc.

Le 15 août 1892 Simon Richard a fait notarier un avis au régistrateur du comté de Montcalm. Il a déclaré posséder un terrain sur la rive nord de la rivière Ouaro numéro 659 du terrier (198 de la paroisse) avec un moulin à scie appartenant par bail emphytéotique à Edward Fisk et Simon Bourgeois. Un autre terrain partie des 643 et 644 (150 et 151) appartenant à feu Peter McGill représentant Jacob Oldham sur la devanture de la rivière.

Alcide Richard a hérité du moulin des seigneurs en 1911, le 30 décembre 1915 Alcide Richard propriétaire de moulin a consenti une servitude sur un de ses terrain au conseil municipal de St-Liguori pour passer un tuyau servant à alimenter une pompe à incendie.

Les moulins Bourgeois

Sur le plan du recensement de 1861 les moulins Bourgeois sont dessinés en aval du village vers la limite de la paroisse. Dans le recensement de 1851 on lit que Alexis Bourgeois, Jean-Baptiste Demers et Joachim Cabana étaient meuniers mais leur moulin à farine d’avoine se trouvait sur la rivière L’Achigan (peut-être une erreur du recenseur).

Moulins Bourgeois, St-Liguori

Selon Jean Gagnon, Alexis Bourgeois et Antoine Leblanc possédaient aussi un moulin en vertu d’un droit acheté des seigneurs vers 1836; ce moulin était situé à quelques pas à l’est du moulin banal de l’autre côté de la rivière. Il a été en opération jusque vers 1861 puis leur bail de 25 ans n’avait pas été renouvelé.

Le bail pour ce moulin à farine d’avoine a été renouvelé par les seigneurs au nom de Antoine Leblanc et Alexis Bourgeois le 26 janvier 1841; il était exploité par A. Bourgeois. Le 9 octobre 1841 Antoine Leblanc avait fait bail à loyer à Alexis Bourgeois de la moitié d’un moulin à farine d’avoine et de sa chaufferie. Le 5 août 1844 Antoine Leblanc a vendu à Alexis Bourgeois sa moitié du moulin à avoine. Le 20 septembre 1845 Alexis Bourgeois a décrit son moulin pour garantir une obligation à Bénoni Dalpé.

Je n’ai pas trouvé dans le recensement de 1861 de meunier ou scieur correspondant aux moulins Bourgeois dessinés sur le plan (j’en ai sûrement manqué).

Le moulin à carder Andres-Anderson-Gilmour

Samuel Anderson et George Gilmour, cardeurs, possédaient un moulin à carder et à fouler sur la rivière Lacouareau en 1851.

Moulins Anderson, St-Liguori

Ce moulin était situé à côté du moulin des seigneurs de St-Sulpice, il n’est pas détaillé sur le plan du recensement de 1861. En 1861 George Gilmour a été recensé comme cardeur, son moulin à carder et à fouler valait $3.500. Le moulin à carder de Samuel Anderson a été construit en 1831 pour le compte de 2 industriels de Chambly, les frères Andres: Les moulins de St-Liguori en 1831.

Le 28 juin 1843 Samuel Anderson, Antoine Leblanc et Alexis Bourgeois s’étaient mis d’accord pour construire la digue de leurs moulins à partir de leur île jusqu’à un moulin à scie situé à côté du moulin seigneurial. Le 3 mars 1848 J.-B. Demers et S. Anderson se sont donné des garanties mutuelles. S. Anderson a donné en garantie un terrain d’un arpent et demi sur trente tenant à Siméon Lesage, aux représentant de feu Joseph Jarret dit Beauregard et Russell Twiss; J.-B. Demers un terrain de 4 arpents en superficie au même endroit avec un moulin à farine. Le contrat rapporte que Peter McGill et J.-H. Dorwin avaient aussi obtenu un bail des seigneurs de St-Sulpice pour exploiter un moulin sur la rivière Ouareau et qu’il leur sera interdit d’y installer des machines à carder.

Le 12 juin 1848 la succession Samuel Andres a vendu à Samuel Anderson tous ses terrains à l’encan. Samuel Anderson était marié à Sarah Andres.

Le 24 juillet 1850 Moise Bourgeois a cédé à Samuel Anderson maître-cardeur une voie de passage sur sa terre à prendre au terminus de chemin de fer; S. Anderson était un des promoteurs du train entre L’Industrie et Rawdon (village Montcalm).

Le 12 mars 1851 Samuel Anderson a vendu son moulin à carder à George Gilmour, les machineries sont décrites dans le contrat. George Gilmour a épousé Sara Eliza Anderson et en 1871 il a racheté les moulins seigneuriaux de Joliette où il a déménagé.

Le 5 juillet 1865 Samuel Anderson résidant dans l’état de New-York a donné quittance à George Gilmour maître-cardeur pour un acte d’achat datant de 1860. Le 13 juin 1866 S. Anderson a donné une quittance finale à G. Gilmour cardeur et meunier pour la vente du moulin en 1851.

Le moulin à scie Demers

Le 25 mars 1845 Messieurs les seigneurs de Montréal ont vendu à Jean-Baptiste Demers meunier et cultivateur de la paroisse St-Mathias, comté de Rouville leurs droits sur les moulins de la rivière Ouareau et leur privilège de moudre les grains pour les censitaires de la seigneurie. La vente comprenait:

  • un lopin de 4 arpents de front situé sur les concessions N° 589 et 590 sur la rive sud de la rivière Ouareau sur lequel sont construits un moulin à scie et un moulin à farine et diverses bâtisses dépendant des moulins;
  • un islet situé à côté sur la rivière Ouareau où un bail pour ériger un moulin à carder, à filer et à fouler a été accordé en 1830 à Samuel Andres et Stephen Reddington Andres;
  • un autre islet situé à côté où se trouve un moulin à farine d’avoine construit par Alexis Bourgeois et Antoine Leblanc;
  • un terrain situé sur la rive nord de la rivière Ouareau dans les concessions N°643 et 644 appartenant à la succession de feu Jacob Oldham; un moulin à scie est bâti sur le dit terrain occupé actuellement par l’Honorable Peter McGill et Jedediah-Hubbell Dorwin;
  • les droits sur un bail consenti à Cyrille Morin et Narcisse Dugas en 1841 de leurs droits de bâtir un moulin pour moudre et écaler de l’avoine (la date a été rectifiée à 1844 dans un avenant ajouté à la fin) lequel a été bâti et est en opération;
  • les droits sur un bail consenti à Théophile Breault en 1845 de leurs droits de bâtir un moulin à scie;
  • tous les privilèges, prises d’eau et autres droits que les dits sieurs seigneurs peuvent avoir sur la rivière Ouareau.

Le 6 février 1846 Louis Lanoux maître-tanneur a vendu à J.-B. Demers meunier de St-Mathias un emplacement sur le terrain 659 avec un bail consenti par les seigneurs pour une tannerie pour le réunir à ses acquisitions. J.-B. Demers a ensuite signé plusieurs contrats au greffe du notaire Joseph Eugène Écrément qui n’est pas accessible en ligne. 20 février 1847: Bail JB Demers à Samuel Anderson minute 179; 14 décembre 1848: Vente JB Demers à Samuel Anderson minute 620; 14 juin 1848: Échange JB Demers et Joseph Jarret minute 714; 17 juin 1849: Quittance JB Demers à Joseph Jarret minute 716. Devant le notaire Patrice Lacombe le 16 octobre 1849: Signification de rétrocession aux sulpiciens par JB Demers et à la même date, significations à d’autres propriétaires sur la Ouareau. Il semblerait que les Sulpiciens aient dû reprendre leurs propriétés car Demers ne pouvait pas les payer.

Le récit fait par Jean Gagnon dans son Histoire de St-Liguori est très différent; comme il ne donne pas de référence à ses affirmations elles sont difficilement vérifiables mais en partie fausses.

Pendant qu’il était au Lac Ouareau, M. Jean-Baptiste Demers s’était fait bâtir un moulin à bois entre le moulin banal et le moulin à cardes; vers 1850 il était déménagé sur le canal, derrière le moulin à cardes, puis enfin fixé de l’autre côté de la rivière, sur l’emplacement même où se trouvait celui de MM. Alexis Bourgeois et Antoine Leblanc. M. Joseph Bro l’achetait en 1867, puis M. Luc Arpin et enfin Edouard Fisk de Joliette qui en transportait tout le mécanisme aux Dalles sur la rivière Ouareau (Jean Gagnon).

Le moulin à scie de Luc Arpin

Selon les archives notariées le moulin à scie construit par J.-B. Demers aurait été acquis par Luc Arpin commerçant de bois après 1867. Il l’avait acheté de Urgel Brault. Le bail de ce moulin avait été acheté par Narcisse Goulet et Joseph Brault avant 1858. Le 4 avril 1863 Joseph et Urgel Brault ont conclu un marché avec Alphonse Leblanc et Urgel Ratelle pour leur scier leurs billots en priorité à leur moulin à scie.

Le 17 septembre 1864 Ulric Brien Desrochers, Claude Melançon et Narcisse Gaudet commerçants de bois sous le nom de Melançon, Desrochers & Gaudet ont conclu un marché avec Urgel Brault de St-Liguori pour leur couper 1.500 toises de billots de 12 pieds mis sur des rouloirs pour être mesurés puis charroyés à la rivière Ouareau pour être dravés jusqu’au boom de la compagnie à leur moulin à scie de St-Liguori et être sciés en madriers de 3 pouces. Les billots devront être étampés des lettres M D G.

Le 2 octobre 1865 James Payton marchand de bois de Rawdon et Luc Arpin cultivateur ont formé une société pour exploiter le bois sur les réserves de Payton sur la rivière Ouareau à Chertsey, Wexford, etc. Le 14 avril 1866 Luc Arpin a conclu un marché avec Urgel Brault commerçant de bois pour qu’il drave le bois qu’il avait bûché à Chertsey jusqu’au moulin à scie de Louis Marion à St-Liguori entre la limite de Rawdon et St-Sulpice (moulin Breault ?). Luc Arpin a pris un accord avec Louis Marion pour faire scier son bois. Le 17 septembre 1866 James Payton et Luc Arpin ont prolongé leur association pour 3 ans.

Le 23 mars 1869 Luc Arpin a protesté contre James Baily pour une coupe de billots dans le canton de Wexford, le 25 juin il a vendu à Pierre Rivard du bois à livrer au dépôt de chemin de fer de Joliette, le 20 décembre il s’est engagé à Charles Arpin pour travailler à son chantier de bois pendant l’hiver. Le 2 juin 1870 Luc Arpin commerçant de bois et scieur et Charles Arpin son fils ont conclu un marché; le moulin à scie et le boom de Luc Arpin devant être saisis il les a abandonnés à son fils jusqu’à la vente par le shérif.

La Gazette de Joliette, 28 septembre 1870

Cet avis donne le détail des propriétés de Luc Arpin dont ses droits sur un moulin à scie situé dans le village attenant au moulin à carder acquis de Urgel Brault en 1867. Le bail de ce moulin avait été vendu par Narcisse Goulet à Joseph Brault en 1858.

Gazette officielle du Québec, 11 mars 1871

La brasserie de Placide Octave Morin

En aval du village la brasserie de Placide Morin a été dessinée sur le plan de 1861; en 1851 il avait été recensé comme brasseur, il avait fabriqué 35 tonnes(?) de bière.

Brasserie Placide Morin

Le 21 février 1846 Cyrille Morin a vendu un terrain à Magloire Melançon situé à côté de la brasserie; le contrat décrit aussi un four à chaux appartenant à C. Morin. Le 29 mars 1847 Magloire Melançon maître-brasseur et Placide-Octave Morin instituteur et étudiant en droit ont formé une société pour exploiter la brasserie. Le 3 avril 1847 Cyrille Morin a vendu à Magloire Melançon un autre lopin de terre situé à côté. Le 12 février 1848 Magloire Melançon a vendu la brasserie à Placide-Octave Morin.

La Minerve, 10 février 1848

Le 21 août 1849 Placide-Octave Morin a engagé Eusèbe Dupuis pour aller en Californie pour trouver de l’or; il était convenu que les bénéfices seraient partagés à son retour.

Le 25 mai 1867 Placide Octave Morin brasseur de St-Jacques a vendu à François Foucher et Louis Piquette un terrain sur la rivière Lacouareau tenant à Narcisse Dugas et Joseph Laurion avec une brasserie et tout son outillage avec 2 autres terrain attenants. Le 12 juillet François Foucher, François Auguste Médéric Foucher et Louis Piquette ont formé une société pour faire le commerce de bois et de bière sous le nom de Foucher, Foucher & Piquette en cédant à la société la brasserie et le moulin à scie situé à côté acquis de J.-B. Paquette par F.A.M. Foucher et L. Piquette le 16 avril. Le 7 septembre 1868 ils ont vendu la brasserie à Ulric Dupuis.

Le 7 juillet 1870 Ulric Dupuis et Flavien Labossière brasseurs de St-Jacques, François Foucher, Ulric Foucher, Pierre-Edouard McConville, Joseph Norbert Alfred McConville, Edouard Leblanc, Georges Baby et Michel Séraphin Boulet se sont associés pour brasser la bière et la vendre sous le nom de Compagnie de la Brasserie de St-Jacques. Le 11 octobre Ulric Dupuis a vendu sa part, un septième, à Adolphe Fontaine avocat de Joliette. Le 25 août 1872 les actionnaires de la compagnie ont vendu des terrains situés autour de la brasserie à Edmond Caisse.

Les moulins Morin-Dugas

Un descendant de Cyrille Morin, premier maire de Chertsey en 1856, m’a envoyé la copie d’un contrat où Cyrille Morin et Narcisse Dugas propriétaires d’un moulin à scie ont fait bâtir un moulin à avoine en 1832 sur la rivière Ouareau. Leur terre (111 de la seigneurie) se trouvait près du domaine Fisk, un peu en amont (Les Dalles). Selon l’histoire de Crabtree et celle de St-Liguori le moulin le plus ancien construit à cet emplacement daterait de 1854, ce qui n’est certainement pas vrai.

Le moulin de C. Morin, Crabtree

J’ai trouvé ensuite que ce moulin existait avant 1826 et qu’il appartenait aux seigneurs de Saint-Sulpice.

2 octobre 1826 – Bail emphytéotique du moulin à scie de Saint-Jacques de l’Achigan, passé entre les seigneurs de l’île de Montréal, et de Saint-Sulpice, et Jean-Baptiste Morin et François Dugas.

le moulin à scie les chemins et autres droits que les dits preneurs auroient acquis de Paul et Etienne Mercier… si les dits messieurs exclésiastiques de Montreal désirent batir, au dit lieu un moulin à farine, et ce à l expiration du present bail, au dit cas, ils auront le droit de reprendre ce que dessus baille avec le dit moulin

Notaire François Allard, (BAnQ / CN605,S1 / M-349.5)

Le 10 décembre 1846 Cyrille Morin et Narcisse Dugas ont conclu un bail avec Joseph Chevaudier de St-Alphonse d’un moulin à avoine sur la rivière Ouareau. Le 2 mars 1848 Jean-Baptiste Demers, Cyrille Morin, Narcisse Dugas et Samuel Anderson ont conclu des accords pour aménager une nouvelle chaussée près du moulin à scie de Morin et Dugas, Samuel Anderson prévoyait construire un moulin à carder et J.-B. Demers un moulin à farine.

Les moulins à scie et à farine de Dugas et Morin ont été détruits par le feu en 1849.

L’avenir, 13 novembre 1849

Le 14 novembre 1849 Cyrille Morin et Narcisse Dugas meuniers ont loué un pouvoir d’eau à Gédéon Brien dit Desrochers de même force à peu près que celui qu’il louait dans leur moulin qui a brûlé, suffisant pour faire marcher une scie ronde avec le droit de construire un bâtiment. Le 22 novembre 1851 Antoine Parent maître-menuisier de St-Jacques a cédé à Narcisse Dugas une terre tenant à la rivière Ouareau où se trouvait un moulin à scie appartenant à Alexandre Dugas.

Le 17 décembre 1851 Cyrille Morin et Narcisse Dugas ont racheté à réméré le moulin à scie de G. Brien qu’il avait bâti sur leur terre. Le 12 novembre 1855 Narcisse Dugas a accordé un bail à John Crean et Marc Graham meubliers de St-Charles-Borromée (Joliette) pour un bâtiment situé à côté du moulin à scie du vendeur avec droit de jouir des pouvoirs d’eau pour actionner leurs outils. Le 13 juillet 1857 Cyrille Morin qui avait déménagé à Chertsey a vendu au notaire Marcel Poirier de l’Assomption une terre de 3½ arpents par 40 tenant à la rivière du Lac Ouareau, à Narcisse Dugas et à Octave Morin et tous ses droits sur un terrain de 6 arpents en superficie avec un moulin à scie avec ses droits sur le pouvoir d’eau.

Ces moulins étaient construit juste en amont du pont des Dalles mais Jean Gagnon et les autres historiens de St-Liguori et Crabtree ne les ont pas documentés.

Les moulins du pont des Dalles

Jean Gagnon raconte à propos de l’histoire des moulins construits en amont du pont des Dalles: Le moulin à farine de Joseph Beauregard a été construit près des Dalles vers 1854 et il a fonctionné jusqu’en 1952. De l’autre côté de la rivière Antoine Gaudette a construit un moulin à scie vers 1875 vendu à Edouard Fisk en 1883. France Desmarais a recopié la même histoire. Joseph Beauregard n’a pas construit de moulin, il en a acheté un déjà existant. Et celui d’Antoine Gaudette a une histoire nettement plus compliquée.

Le 7 novembre 1857 Marcel Poirier et Narcisse Dugas ont vendu à Joseph Jarret dit Beauregard maître-meunier de St-Paul un terrain bâti d’un moulin à scie et de quilles (kiln=four?) pour sécher l’avoine avec tous les privilèges que les seigneurs de Saint-Sulpice avaient accordés à Jean-Baptiste Morin et François Dugas transmis à Cyrille Morin et Narcisse Dugas. Joseph Beauregard a donné en garantie son moulin à farine situé à St-Paul.

La Gazette de Joliette rapporte qu’en 1869 François Foucher avait fait construire une scierie à cet emplacement près du moulin à moudre le grain de J. Beauregard qui avait fait poser une machine à carder, à fouler et presser l’étoffe dans son établissement. M. Paquet construisait un moulin à avoine sur le même pouvoir d’eau. Plus haut se trouvait la brasserie de Ulric Dupuis.

La Gazette de Joliette, 9 janvier 1869

Le 16 avril 1867 Jean-Baptiste Paquette meunier de St-Jacques a vendu à François Auguste Médéric Foucher et Louis Piquette commerçants de St-Jacques un terrain sur la rivière Lacouareau avec un moulin à scie; le moulin était voisin de celui de Joseph Jarret dit Beauregard.

Le 8 octobre 1868 François Foucher, François Auguste Médéric Foucher et Louis Piquette faisant affaires sous le nom de Foucher, Foucher & Piquette ont vendu à Louis Piquette et Antoine Gaudette un terrain tenant à celui de Jean-Baptiste Paquette, Marcel Poirier et Narcisse Dugas avec un moulin à scie et un boom sur la rivière Lacouareau avec des lots de bois situés dans le canton de Rawdon. Le 6 décembre Louis Piquette et Antoine Gaudette ont formé une société pour le commerce du bois sous le nom de Piquette & Gaudette. Le 11 avril 1869 Cléophas Dupuis et Joseph Eucher Cloutier leur ont vendu du bois coupé dans le canton de Chertsey sur la rivière Jean-Venne. Le 23 juin 1870 Narcisse Dugas a vendu à L. Piquette et A. Gaudette 2 terrains attenants au moulin.

Le 1er juillet 1870 Ulric Foucher marchand de Joliette a vendu à Ulric Dupuis brasseur un terrain sur la rivière Lacouareau tenant à Alexis Rivest, à Piquette & Gaudette et à Maxime Mireau avec un moulin à farine d’avoine acquis de Jean-Baptiste Paquette.

Le 7 septembre 1870 Louis Piquette a vendu à Antoine Gaudette sa moitié indivise de leur moulin à scie et des terrains leur appartenant. Le 27 mai 1871 François Foucher a vendu à Antoine Gaudette une terre de St-Liguori sur la rivière Lacouareau avec un moulin à scie et un boom.

Le 24 juin 1875 l’Assomption Lumber a protesté contre Antoine Gaudette propriétaire d’un moulin à scie sur la rivière Ouareau dont le boom obstruait la rivière empêchant la descente des billots. Le 5 février 1876 Antoine Gaudette a signé une reconnaissance de dette à François Foucher de 2.491 piastres et il a donné en garantie un terrain de 6 arpents en superficie tenant à la rivière du Lacouareau, Maxime Mireau, Ulric Dupuis et la Brasserie de St-Jacques avec 2 maisons, un moulin à scie, un boom et autres dépendances ainsi que toutes les limites de bois qu’il avait dans le township de Chertsey.

Le 15 juin 1877 Pierre Laporte, Antoine Dusablé, Adolphe Paquin et Joseph Lachapelle de Chertsey avaient fait des billots pour Antoine Gaudette de St-Liguori qui a fait faillite. Le 22 juillet 1877 Edward Fisk marchand de Joliette a acheté le moulin à scie d’Antoine Gaudette en faillite situé sur la rivière Lacouareau près du pont des Dalles. Curieusement un autre acte notarié mentionne que c’est François Foucher qui aurait acheté ce moulin le 23 juillet 1877; ses héritiers l’ont vendu à E. Fisk en 1883. Il y avait peut-être 2 moulins distincts appartenant à A. Gaudette.

Le 28 août Edward Fisk a déposé le brevet original d’une demande faite par Antoine Gaudette en 1872 au ministre de l’agriculture à Ottawa pour l’enregistrement de sa marque apposée sur les billots lui appartenant: FGIII.

Le 9 janvier 1878 Nazaire Piché a conclu un marché avec les maires des municipalité de St-Liguori et St-Jacques pour faire un pont sur la rivière Lac Ouaro qui sera nommé pont des Dalles selon le devis joint.

Le 8 avril 1881 Antoine Gaudette scieur demeurant à St-Jacques s’est engagé à scier au moulin appartenant à la succession Foucher et loué par Gaudette sur la rivière Lacouareau tout le bois que Edward Fisk doit descendre jusqu’au 1er mai au boom du moulin.

Le 26 mai 1883 Stéphanie Foucher épouse de Adolphe Fontaine, Eugénie Foucher épouse de Joseph Odilon Dupuis, Joseph Ulric Foucher et Auguste Achile Foucher légataires de feu François Foucher ont vendu à Edward Fisk une terre de 6 arpents de la paroisse St-Jacques sur la rivière Lacouareau avec 2 maisons, 1 moulin à scie, une estacade, booms, chaînes et autres dépendances tenant à Maxime Mireau et la brasserie d’Ulric Dupuis pour 3.000 piastres; ils avaient acquis le terrain par héritage de leur père François Foucher qui l’avait acheté à Edouard Guilbault syndic de la faillite de Antoine Gaudette le 23 juillet 1877.

Histoire du moulin Fisk – Archives du Canada

Autres moulins

D’autres moulins sur la rivière Ouareau sont plus difficiles à situer. Le 12 juin 1841 Isaac Dugas a donné son moulin à scie à ses fils Nazaire et Wilfrid; le moulin était situé sur la rivière Ouareau entre les terres de François Landry fils, Antoine Lanoue et Paul Sourdif, ce qui semble être proche du village. Le 21 février 1844 Nazaire Dugas a vendu le moulin à scie à Joseph Beauchamp maître-menuisier. Le 19 juin 1845 Wilfrid Dugas a vendu à Médard Marion sa moitié indivise d’un moulin à scie.

Le 22 novembre 1851 un acte de vente entre Antoine Parent et Narcisse Leblanc précise qu’un moulin à scie appartenant à Alexandre Dugas est érigé sur la rivière Ouareau entre les terres de Jean Parent et Alexis Brien. Le 6 mai 1854 Édouard Dugas a vendu à Narcisse Leblanc un moulin à scie situé sur la terre de David Trembler sur la rivière Ouareau. Le 29 septembre 1854 Narcisse Leblanc a revendu le moulin à scie à David Trembler. Le reçu signé par Pierre Brien dit Desrochers le même jour précise que David Trembler a acquis le moulin de Narcisse Leblanc qui l’avait acquis de Antoine Parent.

Il y avait encore un autre gros moulin à farine appartenant à Gaspard De Lanaudière en aval du pont des Dalles de la rivière Ouareau (Crabtree). Le 12 décembre 1853 Gaspard DeLanaudière a conclu un marché avec Médard Desmarais pour le devis du bois de construction de l’écluse de son moulin sur la rivière Lacouareau.

Le 23 novembre 1857 Gaspard DeLanaudière avait mis son moulin à farine construit sur la rivière Ouareau en garantie hypothécaire dans une obligation envers Edward Scallon: un moulin à farine à deux étages sur le derrière et à un seul étage sur le devant avec cinq moulanges pour moudre le grain et écaler l’avoine avec une chaufferie

Le 2 septembre 1879 Onézime Brouillet menuisier de St-Liguori et Médard Dufresne meunier de St-Paul ont formé une société pour exploiter un moulin farine et un moulin à carder sur la rivière Ouareau dont le terrain allait jusqu’à la rivière Rouge.

Le 13 janvier 1884 Onézime Brouillet et Médard Dufresne ont vendu à Narcisse Forest de St-Jacques les terrains sur la rivière Lacouareau paroisse de St-Paul avec un moulin à farine contenant 5 paires de moulanges, 3 bluteaux, un smut mills ou machine à nettoyer le grain, etc.

Plans terriers de la seigneurie de St-Sulpice

Un plan de la seigneurie de St-Sulpice permet de connaître les propriétaires des lots (censitaires) en 1840.

St-Liguori 1840
St-Liguori 1840

La limite entre Rawdon et St-Liguori a varié avec le temps, en 1840 ce plan montre une partie de la seigneurie de St-Sulpice qui allait jusqu’au Township. Le plan du recensement de 1861 montre la paroisse de St-Liguori comprenant une partie des 3 premiers rangs de Rawdon.

François Lanoue dans Une nouvelle Acadie a publié la liste des censitaires de St-Jacques en 1861 selon le livre terrier de la seigneurie de St-Sulpice. Peter McGill et J.-H. Dorwin avaient des terres en amont sur la rivière Ouareau, les lots 574, 643, 644 et 645. Ce plan montre les occupants des lots vers 1800 ce qui permet d’en connaître le propriétaire dans la liste de 1861 dressée par François Lanoue:

Plan terrier 1800
Plan terrier 1800
Saint-Sulpice secteur St-Liguori
Plan terrier 1861

En 1861 Peter McGill avait les lots 643 et 644 (commué). Joseph Jarret dit Beauregard avait une partie du 643 avec un moulin ce qui semble correspondre au moulin de Manchester Place. J.H. Dorwin avait le lot 645 et le 574 (commué) situé en face sur la rivière. Samuel Anderson, Russell Twiss et George Gilmour avaient les lots 590 et 591 (commué), sur la rive sud-ouest de la rivière. Russell Twiss avait aussi des parties des lots 594 et 595 (commué) vers le village. Messire Barette, prêtre, était sur le lot 593 (commué). Plus bas sur la rivière, près du moulin de Morin et Dugas, Joseph Beauregard était sur une partie du lot 617 (commué).

Il semble y avoir un léger décalage dans le numérotage des cartes de 1840 et 1861, il faudrait donc contrevérifier.

Ces lots commués après l’abolition du régime seigneurial en 1854 sont les seuls dans ce secteur de la seigneurie, il fallait du capital pour payer les droits. Le chemin de fer de Rawdon avait un droit de passage sur tous les lots situés sur la rive gauche depuis le moulin de Philemon Dugas jusqu’au pont sur la rivière Rouge menant au village d’Industrie.

La succession de Peter McGill a mis sa propriété d’Oldham Farm à vendre en 1861 et un plan en a été fait.

Montreal Herald 9 mai 1864
Montreal Herald 9 mai 1864

Les moulins de Rawdon

Le recensement de Rawdon en 1851 est intéressant car le recenseur a localisé les moulins et ajouté quelques détails.

Moulins Dorwin

Il n’y avait aucun moulin sur la rivière Ouareau dans les premiers rangs de Rawdon jusqu’au village où se situaient ceux de Jedediah-Hubbell et George Dorwin: un moulin à scie et un moulin à farine (oates?). Ils étaient situés sur le lot 15 du 5ème rang en amont des chutes Dorwin. J.-H. Dorwin et son fils sont enregistrés comme américains.

Moulins Dorwin, Rawdon

Le 22 décembre 1852 J.-H. Dorwin s’est associé avec Edward Scallon le principal marchand de bois de la région demeurant au village d’Industrie (Joliette). Le greffe du notaire Denis-Émery Papineau n’a pas été numérisé, seulement l’index:

Le 26 décembre 1853 il a déposé un protêt pour dissoudre la société Edward Scallon & Company puisque E. Scallon ne s’était pas bien occupé de la gestion de son moulin:

Ces moulins ont été détruits par un incendie en 1859 et ils ne sont plus recensés par la suite.

Les moulins de la chute Magnan

En amont du village à la Chute-à-Magnan, Médard et Louis Archambault sont enregistrés en 1851 comme meuniers sur le lot 15 du 6ème rang. Ils avaient des moulins à farine et à grist.

Moulin Archambault, Rawdon

Un acte notarié de 1846 montre qu’il y avait un moulin à scie en aval du moulin Archambault appartenant à Pierre-Laurent Riopelle et Joseph Charbonneau. Il n’a pas été recensé en 1851.

Le 1er avril 1846 Jean-Louis et Médard Archambault ont déposé un protêt contre Laurent Riopelle, le moulin à scie était en amont et dérangeait les activités du moulin à farine situé en aval. Le 31 juillet 1847 ils ont déposé un autre protêt contre Hypolite Morneau pour la reconstruction de leur moulin endommagé.

Le 1er avril 1851 Thomas Hewitte ancien marchand de Rawdon a vendu à Jean-Louis Archambault meunier de Rawdon une maison en bois occupée par le vendeur et la moitié d’un caveau (root house) avec la moitié nord-ouest du lot 15 dans le 6ème rang de Rawdon avec une maison; le vendeur réservait 2 arpents de terrain pour les emplacements de William Bagnall et Joseph Clerkson ainsi qu’un emplacement où Pierre-Laurent Riopel avait construit un four à chaux et encore les approches du pont de Médard Archambault. T. Hewitt avait acheté la maison le 21 mai 1849 de J.-L. Archambault.

Le 2 avril 1859 Louis Morache père a donné à Louis Morache fils un terrain situé sur le lot 15 du 6ème rang de Rawdon bâti d’un moulin à scie et d’un moulin à farine. Dans le recensement de 1871 on ne trouve qu’un moulin à farine appartenant à William Smith à cet emplacement. Le moulin à farine de Wm Smith situé à 1 mile du village de Rawdon a été mis en vente en 1880 et acheté par William Boyce et son fils Richard Boyce l’a racheté en 1904.

Moulin à construire

Une entrée dans le recensement mentionne un moulin à scie à construire mais il n’est pas localisé et je ne suis pas sûr du propriétaire, il n’y a pas de miller ou de millwright sur la page correspondante.

Moulin Robinson

Il pourrait s’agir de ce moulin: le 12 octobre 1865 Ludger Brien dit Desrochers a vendu à Édouard Brien, Blaise Dugas et Sévère Dugas un terrain sur le lot 15 du rang 9 avec un moulin à scie à la décharge du lac Brennan.

Les moulins Dugas

Le plan dessiné pour la construction du train Industrie village and Rawdon railway en 1852 montre le terminus au village Montcalm; les moulins Dugas étaient situés à côté sur la montée du 5ème rang sur la rivière Rouge. La ligne en pointillé montre la dernière section du tracé de la ligne jusqu’au village de Rawdon qui n’a jamais été construite.

La description des moulins de Philemon Dugas est: grist mill 4 run of stones, 2 saw mills 5 run of saws; un moulin à farine et deux moulins à scie. Il avait un privilège sur la rivière Rouge à partir de son lot 24 du premier rang jusqu’aux lots 19 et 18 du 5ème rang, personne d’autre que lui n’avait le droit d’y construire d’autre moulin.

Philemon Dugas 1851
Philemon Dugas 1851

Dans le recensement de 1861 il ne restait plus qu’un moulin à farine valant $4.000 et employant 3 personnes, le propriétaire était Firmin fils Dugas.

Recensement de 1861 – St-Liguori

Le 8 août 1862 obligation par Firmin Dugas fils et John Copping, meuniers; F. Dugas met en garantie un moulin à farine et un moulin à scie sur le lot 24 du 1er rang et un privilège de pouvoir d’eau dans le lot 23 sur la rivière Rouge. Dans une autre obligation du 21 juillet 1865 F. Dugas ne donne plus en garantie qu’un moulin à farine sur le lot 24; J. Copping a aussi donné en garantie sa moitié de la propiété de moulins à scie et à farine dans le lot 18 du 5ème rang (chute Mason). Le 26 septembre 1867 Firmin Dugas et John Copping maîtres meuniers ont signé une obligation envers François Normand maître tanneur de St-Jacques. F. Dugas a donné en garantie le lot 24 du 1er rang de Rawdon avec un moulin à faire la farine et à scies, quille et dépendances; J. Copping a donné en garantie des terrains mais il n’avait plus de moulins à la chute Mason. Le 15 mai 1868 John Copping maître-meunier et dame Hannah Dugas veuve de William Lord mécanicien ont transporté à François Normand une somme de 2.400 dollars que le meunier de Rawdon John Rowan leur devait. Ils ont hypothéqué leurs propriétés pour garantie. Firmin Dugas, membre du Parlement, et William Copping ont dû aussi les cautionner en mettant leurs propriétés en garantie: un moulin à farine et un moulin à scie sur le lot 24 rang 1, un moulin à farine avec une chaufferie situés sur la rivière Ouareau à St-Liguori pour Firmin Dugas.

En 1871 le moulin à farine fonctionnait 12 mois par année, il employait 3 personnes, valait $8.000 et rapportait $25.000; le moulin à scie fonctionnait 6 mois, il employait 1 personne, valait $600 et rapportait $7.500 en sciant 10.000 planches.

Recensement de 1871

Le tableau du recensement des produits des forêts indique que Firmin Dugas a négocié 12.055 billots et 445 cordes de bois en 1871. Comme il n’a scié que 500 billots à son moulin le reste a dû être vendu à des compagnies de bois; il avait des chantiers sur le rivière Ouareau.

3 janvier 1872 – Avis de décès de Mary Ann Reinhart sa seconde femme par Firmin Dugas qui possédait en communauté de bien avec lui le lot 24 du 1er rang avec un moulin à farine et un moulin à scie sous réserve de terrains appartenant à Hannah Dugas épouse de William Lord, Jean-Baptiste Leblanc, John Copping et autres; aussi un terrain sur la rivière Lacouareau à St-Liguori bâti de moulin à farine et chaufferie pour l’avoine; etc.

Le chroniqueur des Rawdon news rapportait en octobre 1883 que les moulins à scie et à farine de Dugas & Copping étaient abandonnés depuis que la rivière avait emporté la chaussée en amont du pont sur la rivière Rouge (The daily witness, 25 octobre 1883). Le 27 août 1884 la municipalité de St-Liguori a fait marché pour reconstruire le pont sur la rivière Rouge près des anciens moulins de F. Dugas.

Firmin alias Philémon Dugas résidant au village Montcalm est décédé en 1889 et le 29 mars son inventaire après décès a été fait. Il s’était marié 3 fois, avec Julie Adeline Pominville, Mary Ann Reinhart et Anastasia Quinn. Son père Philémon lui avait fait donation en 1852 de 2 terrains, le lot 24 du 1er rang de Rawdon avec un moulin à farine et une pointe de terre du lot 23 avec un pouvoir d’eau. Il avait aussi acheté un moulin à farine sur la rivière Ouareau. Il possédait des terres dans les lots 17 et 18 du 6ème rang, 18 du 8ème, etc. Ses héritiers étaient Louis cultivateur issu de son second mariage, François 12 ans, Emma 10 ans et Anastasia 7 ans issus de son troisième mariage.

Ont suivi de nombreuses transactions et ventes de terrains. Le 30 avril Louis Dugas a vendu au nom des 4 héritiers à l’encan à William Lord les terrains des lot 24 et 25 du 1er rang et du lot 23 avec son pouvoir d’eau sur la rivière Rouge et 2 terrains à St-Liguori. Le 7 juin William Lord a rétrocédé à Louis Dugas le terrain du lot 24 et ceux de St-Liguori. Le 30 janvier 1890 Louis Dugas a vendu le moulin à farine situé sur la rivière Ouareau à The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Co.

Le 4 avril 1893 Louis Dugas a vendu à Samuel Lord un terrain sur la rivière Rouge partie du lot 342 de St-Liguori avec réserve pour le vendeur d’un pouvoir d’eau pour y bâtir des manufactures et des moulins.

Jean Gagnon a écrit: Firmin Dugas fils est décédé le 16 mars 1889. Ses moulins ont été délaissés puis vers 1900 Louis Dugas son fils, député provincial, a vendu le pouvoir d’eau à Sam, Georges et William Lord ses cousins qui ont rebâti au complet les 2 moulins et creusé un canal de 7 arpents (400 mètres environ), les moulins étaient en opération en septembre 1902… Le moulin à farine de blé d’Inde et sarrazin était progressivement abandonné mais le moulin à scie tournait. Il était vendu à un dénommé Chicoine dans le temps de la crise lequel, faute de paiement devait le rendre. M. Alcide Lévesque, le propriétaire actuel des lieux, l’achetait de M. Georges Lord en 1938. M. Lévesque, jusqu’à l’incendie de 1976, le tenait en marche, sciant en moyenne un million de pieds de bois par année, ce moulin était encore mu par eau dans les années 50…

Les moulins de la chute Mason

En 1851 Philemon Dugas avait son privilège sur la rivière Rouge jusqu’au village, le moulin de Daniel Trusdelle (Truesdell) se trouvait à cette limite sur le lot 18 du 5ème rang (chute Mason) et il avait le privilège dans le village pour ses 2 moulins à scie. Sur le plan qui accompagne le recensement de 1861 il est écrit Lord’s mills; William Lord était le gendre de Philemon Dugas et il aurait acquis les moulins. Le 21 juillet 1865 dans une obligation John Copping fils adoptif de P. Dugas a déclaré être propriétaire pour moitié d’un moulin à farine et d’un moulin à scie sur le lot 18 du 5ème rang.

Moulin de D. Trusdelle, Rawdon

Dans le recensement de Rawdon en 1871 les moulins à farine ($1.200) et à scie ($1.200) de la chute Mason sur la rivière Rouge appartenaient à Edward Mason. Le 14 avril 1908 William Barrie qui était devenu propriétaire des moulins de la chute Mason sur la rivière Rouge s’est associé à Misael Neveu commerçant de bois, propriétaire de nombreux lots de bois à Rawdon et Chertsey pour exploiter ces moulins situés dans le village. Le 29 septembre 1909 William Barrie a vendu à Misael Neveu sa part dans la société Barrie & Neveu. En 1913 M. Neveu a vendu l’emplacement des moulins pour la construction du barrage formant le lac Rawdon, il a démonté les mécanismes pour les déménager.

Les moulins Hobbs-Munroe

Sur le lot 22 du 7ème rang George Munroe avait 1 moulin à scie sur la rivière Rouge près du village Canadiana actuel.

Moulin de George Munroe, Rawdon

Des moulins, construits avant 1831 par George ou Martin Hobbs avaient été répertoriés au recensement de 1831 (un moulin à scie et un moulin pour la fabrique des huiles). Le 17 avril 1865 Robert Bagnall de Toronto a vendu à George Munro charpentier de Montréal le quart nord-est du lot 22 du 7ème rang avec un site de moulin et privilège d’eau connu comme le moulin Hobbs qu’il avait acquis le 12 juillet 1841. Ce moulin n’a pas été recensé en 1871.

Les moulins Desrochers

Joseph, Louis et son fils Brien dit Desrochers avec Joseph Allard avaient un moulin à farine et un moulin à scie sur le lot 28 du 10ème rang.

Moulin Brien, Rawdon

Sur cette carte de 1844 le Desrochers Grist Mill était déjà dessiné.

Le 5 mars 1862 Louis André Bryen dit Desrochers a vendu à Narcisse Cornellier de St-Ambroise un emplacement à Rawdon tenant à Samuel By, à la veuve O’Calagan(?), John Shields et Samuel Cultry avec le pouvoir d’eau qui le traverse, 2 maisons, 2 moulins et une étable; cet emplacement n’est pas précisément situé mais le suivant concernant le même emplacement le situe sur le 10ème rang de Rawdon. Le 18 juillet 1864 Narcisse Cornellier a vendu à Edward Mason millwright de Chertsey un emplacement du 10ème rang de Rawdon tenant à James Boyce, la veuve Cunningham, John Sheils et Samuel Coltra avec le pouvoir d’eau et privilège, une maison, 2 moulins, une étable, etc.

Le moulin du lac Ricard

Le dernier moulin recensé en 1851 se trouvait à la décharge du lac Ricard (lac Beaulac actuel) sur le lot 5 du 10ème rang et il appartenait à la famille Varin. Il y avait un moulin à farine et 1 moulin à scie.

Moulin Varin, Rawdon

En 1872 il y avait encore un moulin à scie au même emplacement: Deed of sale by John Nulty to John Kinchella farmers of Rawdon de la moitié de la moitié nord-ouest du lot N°4 dans le 10ème rang de Rawdon avec un moulin à scie et 2 parties du lot N°5 bordées par William Gray.

Le moulin Rowan de la rivière St-Esprit

Le 29 novembre 1906 Ann Monahan veuve de Ambrose Rowan a donné à Thomas and Albert ses fils les lots 7c, 7b et 8c du 7ème rang avec un moulin et autres bâtiments; ce moulin était construit sur la rivière St-Esprit près de là où se trouve aujourd’hui le chemin Ambrose. La donation comprenait aussi les lots 6b, 2a, 3 et 9b du 7ème; 2a du 8ème; la coupe de bois du 9c du 8ème, des 13a et 14a du 10ème. Dans le recensement de 1861 John Rowan était déjà propriétaire d’un moulin, sans doute celui-ci mais le moulin n’a pas été recensé en 1851.

Moulins qui ne sont pas recensés

Plusieurs moulins n’ont pas été recensés en 1851 et 1861 et pourtant les archives des notaires les documentent.

Le 8 juillet 1843 Noël Robichaud a vendu un moulin à scie à Charles Dupuis situé sur le lot 10 du rang 4 de Rawdon ce qui correspond à peu près au lac Quinn sur la route 125 au nord de Ste-Julienne. Dans la Gazette officielle du Québec du 3 décembre 1887 Thomas Blair poursuivait Thomas H. Kite pour un lopin de terre du 4ème rang borné par les terres d’Archibald Burns bâti de 2 maisons, une étable et un moulin à scie.

À la décharge du lac Brennan un moulin à scie a changé plusieurs fois de propriétaire; il existait déjà en 1865. 5 avril 1865 – Société entre Ludger Brien dit Desrochers et Damase Desjardins pour faire le commerce de bois en utilisant le moulin à scie Desrochers pour scier des billots coupés dans le canton de Rawdon. Le 12 octobre Ludger Brien dit Desrochers a vendu à Édouard Brien, Blaise Dugas et Sévère Dugas un terrain sur le lot 15 du 9ème rang avec un moulin à scie. Le 27 juin 1904 Joseph Venne avait vendu à Joseph Théodore Paradis le lot 15b du 9ème rang, un moulin à scie qu’il avait érigé sur le lot 15a avec la permission de Thomas et John Lane avec plusieurs terres à bois: 16a du 9ème rang, 15a et 15b, 16a et 16b du 10ème, partie du 16b du 11ème.

Un moulin important avait été construit à l’emplacement du parc des Cascades actuel sur la rivière Ouareau. Le 26 novembre 1903 William Jones a vendu à Edward Rowan et Joseph Marie Aumont le lot 9d du 10ème rang sur la rivière Ouareau avec un moulin à farine et plusieurs terrains autour sur la rivière; Thomas Tinckler leur a vendu le même jour une partie du lot 9a sur la rivière. Ce moulin existait depuis au moins 1864 quand William Jones avait vendu à William Smiley la moitié sud-est du lot 9 dans le 10ème rang sur la rive nord de la rivière Lacouareau avec le site d’un moulin, le pouvoir d’eau et son privilège qu’il avait acquis de George Tinkler en 1857. Le 2 octobre 1876 William Smiley a vendu à George Gilmour propiétaire de moulins à Joliette la moitié sud-est du lot N°9 dans le 10ème rang sur la rivière Lacouareau avec un moulin à scie.

Le recensement de Rawdon en 1871

Dans le recensement de 1871 on retrouve les moulins à farine ($1.200) et à scie ($1.200) de la chute Mason sur la rivière Rouge appartenant à Edward Mason. Thomas Rowan avait un moulin à farine ($2.400) sur la rivière St-Esprit lot 7 du 7ème rang. John Rowan avait un moulin à scie ($200) sur le lot 15 du 9ème rang (?). William Smith avait un moulin à farine ($2.400) sur la chute Magnan; William Whitaker un moulin à scie ($200) à un lieu inconnu; Onézime Bordeleau un moulin à scie ($600) sur le lot 20 du 4ème rang sur la rivière Rouge près du chemin Kildare.

25 août 1874 – Vente par Onézime Bodeleau scieur et commerçant de bois à Denis Desrosiers menuisier de St-Paul de Lavaltrie d’un emplacement partie du lot 20 dans le 4ème rang au côté nord-est de la rivière Rouge bâti d’un moulin à scie avec ses tournants et travaillants, maison, etc.

La rivière Ouareau en amont de Rawdon

Il n’y avait pas d’autre moulin en amont de Rawdon jusqu’à St-Donat, selon les cartes. Une carte de 1843 montre le chemin de chantier Dorwin qui longeait la rivière jusque près de St-Donat pour se rendre aux chantiers forestiers de Dorwin, Dugas et Leblanc.

Une carte de 1865 montre qu’il y avait déjà beaucoup d’activité forestière dans ce secteur. Sur la carte on voit 2 barrages appartenant à Parker agent de l’Hunterstown Lumber Co puis de l’Assomption Lumber Co, son chantier, celui de Dorwin, 3 campements indiens et d’autres annotations intéressantes.

Sur le site de la Société Historique de St-Donat Claude Lambert parle d’un moulin relié à une mine d’or sur la rivière Ouareau à Chertsey mais il ne précise pas où:

Dans le rang 5 sur le lot 15 vers 1866, une nouvelle concession est exploitée. On y dépense environ 11,000$ sur une période de trois ans. Les principaux travaux consistent en un puits de 35 pieds de profondeur. Le minerai est transporté à un moulin sur le bord de la rivière Ouareau. Lorsque Adams le visite, il est presque en ruine. Dans sa description il rapporte que ce moulin contient 5 bocards (machine à broyer) ainsi que 10 bassins d’amalgation (servant à extraire l’or ou l’argent au moyen du mercure !)

Les frères Coutu fondateurs de St-Donat avaient bâti un moulin à la décharge du lac Archambault (lac Tire). Des moulins à scie moins importants avaient été construits sur les tributaires de la rivière Ouareau, rivières Burton, Jean-Venne, Dufresne, etc.

Lire: L’exploitation industrielle du bois sur la rivière Ouareau

Une recherche à compléter

J’ai soigneusement regardé toutes les feuilles des recensements de 1851, 1861 et 1871 et documenté les greffes de plusieurs notaires mais il y en a d’autres. C’est un travail à compléter pour faire un portrait complet de tous ces moulins.

Par exemple un avis légal datant de 1840 montre qu’il y avait un moulin à scie sur le lot 16 du 4ème rang de Rawdon appartenant à James Whipple Brace. Il était donc un peu en aval de celui des Dorwin situé sur le 5ème rang mais c’est la seule mention de ce moulin dans les archives connues.

Gazette de québec 28 mai 1840
Gazette de Québec 28 mai 1840

J’ai essayé de trouver des photos anciennes des moulins de la rivière Ouareau pour illustrer cet article. Il y en a quelques unes du moulin de la Chute-à-Magnan mais elles ne sont pas de très bonne qualité. Je crois que ces 2 photos des moulins de la rivière Burton à Chertsey permettent de bien illustrer le genre de moulins qu’on retrouvait sur les petites rivières du Québec en 1850-1900. Le moulin des Sulpiciens et peut-être ceux de Dorwin/McGill étaient des installations plus importantes, la rivière Ouareau est beaucoup plus large que la rivière Burton, mais le principe est le même.

Moulins sur la rivière Burton 1902
Sur la rivière Burton, le moulin à scie et à farine de Joseph Varin vers 1902 (col. M. Fournier)
Moulin de la rivière Burton en face du village
Le moulin à scie à l’avant-plan a été détruit par le courant ou un incendie
Carte du Québec

4 réflexions au sujet de “Les moulins de la rivière Ouareau après 1850”

    • Gérard Brady a écrit sur l’histoire plus récente de Rawdon, à partir de 1900 environ. Il ne parle pas des moulins anciens dans son livre. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de son livre. Pour connaître l’histoire ancienne de Rawdon je conseillerais plutôt le livre de Marcel Fournier pour les francophones. Il y en a d’autres en anglais.

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  1. Pour le texte que tu reproduis sous mon commentaire …

    Avant de dénigrer les écrits de M. Jean Gagnon, comme toujours tu interprètes à ta façon les écrits de cet historien qui a écrit le livre de Saint-Liguori en collaboration de Mme Fernande Desmarais-Richard, la plus grande historienne de renom à Saint-Liguori, car ils ont été propriétaire du Moulin des Sulpiciens jusqu’à tout dernièrement, et donné à la Municipalité de Saint-Liguori. Mme Richard qui est ma tante a tous les documents et l’histoire de ces moulins car, jusqu’à tout dernièrement avant la donation, ça leur appartenait ainsi que toutes les archives. N’oublie pas que les écrits d’autrefois ne renferment pas toujours toutes les informations de ce qui c’est vraiment passé « autrefois ». Tu as fait la même chose avec le tracé du premier chemin de fer à Saint-Liguori … tu fausses l’histoire en te limitant aux écrits seulement.

    Quand tu dis que je recopie des faussetés, informe-toi, à savoir ce qu’il y avait sur ce terrain avant de supposer que M. Joseph Beauregard n’a pas construit le moulin que l’on voit sur les photos que j’ai publiées, et qui proviennent du plus grand historien de Crabtree, ainsi que ses écrits. Je crois que tu te limites à quelques informations que tu découvres dans tes recherches pour faire des fausses affirmations … précédant ces documents, il y a eu une vie avant … qui n’est pas racontée dans tous les documents. Alors avant de dire qu’il y a plein d’erreurs dans mon livre et les écrits de M. Jean Gagnon, soit certain que tu as bien les documents mais aussi, l’histoire des gens qui ont vécu à cette époque et ce qui s’est vraiment passé … Je pense que tu devrais lire entre les lignes car le moulin près du pont des Dalles a vraiment été construit par M. Joseph Beauregard, père, et si tu as une photo du moulin qu’il y avait avant, montre-la car le moulin sur la photo que je publie a bel et bien été construit par ce dernier nommé. Dans ce que j’ai écrit dans mon livre, je ne dis pas qu’il n’y en avait pas, je dis simplement que celui des photos a été construit par M. Joseph Beauregard et que l’histoire dit que ce monsieur est allé construire un moulin, point. Et pour le moulin de M. Gaudette (Fisk), mis à part le fait d’en faire mention, je n’ai pas intérêt à raconter toute son histoire car mon livre est basé sur l’histoire de Saint-Liguori seulement. Que tu connaisses toute son histoire, n’a pas lieu d’être dans mon livre … alors que vaut ton commentaire ? … Voilà …

    « Les moulins du pont des Dalles …Jean Gagnon raconte à propos de l’histoire des moulins construits en amont du pont des Dalles: Le moulin à farine de Joseph Beauregard a été construit près des Dalles vers 1854 et il a fonctionné jusqu’en 1952. De l’autre côté de la rivière Antoine Gaudette a construit un moulin à scie vers 1875 vendu à Edouard Fisk en 1883. France Desmarais a recopié la même histoire. Joseph Beauregard n’a pas construit de moulin, il en a acheté un déjà existant. Et celui d’Antoine Gaudette a une histoire nettement plus compliquée.

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  2. J’ai fait plusieurs critiques du livre de Jean Gagnon concernant son histoire des moulins de St-Liguori mais je suis bien conscient qu’à l’époque où il a écrit son livre il n’avait pas un accès aussi facile aux archives notariées qu’aujourd’hui. Mais si on recopie des informations historiques dans un livre sans les vérifier ce n’est pas très utile et en plus on risque de recopier ses erreurs comme vous l’avez fait. J’ai réuni de très nombreuses archives provenant des greffes des notaires qui sont parfois imprécises et contradictoires mais qui permettent de dresser peu à peu en les accumulant un historique plus précis que ce qu’ont écrit les anciens d’après la légende orale.
    Vous m’avez déjà dit que vous connaissiez toute l’histoire de St-Liguori, que vous aviez consulté toutes les archives et que tout ce que vous écrivez était vrai; et que comme je ne suis pas né à St-Liguori je ne pouvais évidemment pas savoir. J’avais trouvé ça bien drôle. Et ce n’est pas l’impression que j’ai eue en lisant votre histoire des moulins et du premier train de St-Liguori.
    Si on écrit un livre d’histoire il faut s’attendre à ce qu’il soit critiqué. Quand on se contente de recopier ce que les anciens ont écrit on ne fait pas de l’histoire, on perpétue des légendes. Il y a eu aussi un curé Dugas qui avait écrit un historique des moulins de St-Liguori autrefois, vous vous êtes permis de le corriger car il avait omis de documenter le premier moulin à scie de St-Liguori, le plus important avec celui des seigneurs. Mais votre documentation est un peu farfelue: Rodrigue McKenzie n’a pas existé et n’a pas été propriétaire de ce moulin qui ne s’est pas appelé Old Hamfarm mais Oldham farm du nom de son propriétaire Jacob Oldham. En plus vous dites que c’était un moulin à scie et à farine mais il n’y a aucune information documentant un moulin à farine; les seigneurs avaient le privilège de moudre le grain et leur moulin banal était situé à côté.
    Comme vous habitez St-Liguori vous pourriez suggérer à la municipalité de corriger l’historique de ses moulins affiché sur son site internet qui est presque entièrement faux puisque c’est un résumé de l’historique fait par Jean Gagnon jadis.

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