Le 18 janvier 1912 Samuel Vessot, S.E. Copping et William Copping, industriels de Joliette, ont comparu devant la commission du Régime des Eaux Courantes de Québec pour proposer un plan d’aménagement de la rivière L’Assomption. Ils décrivent les industries présentes sur la rivière en 1912 et la répartition des pouvoirs d’eau qui les font fonctionner.
Témoignage de Samuel Vessot
Le rapport de la commission commence par le témoignage de Samuel Vessot interrogé par J.M. Tellier député de Joliette. Il décrit les pouvoirs d’eau dont il est propriétaire puis les autres installations sur la rivière L’Assomption autour de Joliette.


S. Vessot possède un pouvoir d’eau devant son moulin situé en aval de Joliette au village Vessot. Il y produit de l’électricité pour ses usines et l’utilise pour scier du bois et moudre du grain. Il en a un autre à la Fonderie de Joliette (située devant l’arena de Joliette actuel). Il est aussi propriétaire du pouvoir d’eau du vieux moulin seigneurial situé en aval de Joliette près de l’île Vessot.
Lire: Le village Vessot et ses industries
Les autres propriétaires de pouvoir d’eau sont Alex. McArthur & Co manufacturiers de papier et la corporation de la ville de Joliette qui a une usine électrique en aval de la ville, l’aqueduc et un autre moulin qu’elle a acheté en prévision de ses besoins. La corporation de la ville de Joliette a racheté les droits de l’ancien moulin à farine construit en 1823 par les seigneurs de Lavaltrie, le grand moulin.



En amont de Joliette il y avait deux autres moulins, le premier à la hauteur de la maison Antoine Lacombe; Horace Poitras y moût encore le grain. Le second, l’ancien moulin Bordeleau, était un peu plus en amont; William Copping était propriétaire du droit sur ce pouvoir d’eau.
Lire: Histoire des moulins de Saint-Charles-Borromée

Le projet proposé à la commission consistait à construire des barrages sur certains lacs en amont de Joliette pour réguler le débit de la rivière en assurant un débit constant. Celà permettrait de rationaliser l’utilisation de la pleine force des pouvoirs d’eau tout au long de l’année et ça faciliterait le flottage du bois qui était difficile.

Une assemblée des industriels de Joliette a eu lieu qui a endossé ce projet.


Le moulin de W. Copping partage le pouvoir d’eau situé devant le musée de Joliette actuel avec la corporation de la ville. Ce barrage a 8 pieds de tête. Le second barrage situé devant l’école des Mélèzes actuelle appartient à Alex. McArthur & Co et il a 16 pieds de tête.

Samuel Vessot explique le fonctionnement des différentes installations de Joliette et les problèmes que le cours irrégulier de la rivière occasionne.

Selon lui les industriels de la région de Joliette seraient prêts à financer ces travaux qu’il estime à 20 ou 25.000$. Le déboisement qui modifiait le cours de la rivière était déjà bien connu.
Il termine son témoignage en avouant qu’il ne connaît pas le cours de la rivière L’Assomption en amont de Joliette et il laisse la parole à S. E. Copping.

Le témoignage de S. E. Copping
Le moulin à scie Copping occupait un grand secteur de la ville où se trouve aujourd’hui le Château Joliette. Un grand incendie au moulin à bois a détruit ce secteur en 1925.

S. E. Copping explique les travaux à faire en amont pour régulariser le cours de la rivière. Les lacs Clair ou Deux-Montagnes, Croche, Canard, Long, Broneau, Double, Swaggin, Assomption, Lavigne devront être modifiés, c’est un projet ambitieux.

Un barrage a déjà été construit par la compagnie Copping au lac Long pour le remonter de 12 pieds. Il a coûté environ 1.100$. Il explique les travaux à faire aux autres lacs.
Sur Wikipedia il y a une liste des lacs du bassin de la rivière L’Assomption mais c’est compliqué de retrouver ces lacs, certains noms ont changé.

Témoignage de William Copping et fin du rapport
William, le frère de Eloy Copping donne son opinion. Les dalles Ste-Béatrice seraient le meilleur endroit pour retenir l’eau et les billots.

S. Vessot explique que la Fonderie de Joliette ne paye aucun droit sur son pouvoir d’eau en vertu d’un droit seigneurial. M. Tellier, M. Parent et le président de la commission posent quelques dernières questions.

M. Tellier député de Joliette déclare que tous les intéressés sont près à payer les intérêts pour payer les travaux que le gouvernement devra financer.
Le rapport de la commission se termine par cette page. Il serait intéressant de savoir si certaines de ses recommandations ont été mises en pratique.

Il semble plutôt que rien n’a été fait, le cours de la rivière a continué à devenir de plus en plus irrégulier à cause du déboisement en amont dans les Laurentides et les moulins ont fermé les uns après les autres. D’autres sources d’énergie plus fiables et meilleur marché ont pris la relève.
Source: Sessional papers – Volume 46,Numéro 3 – Page 35 (chercher moulin Joliette).





