La rivière Blanche qui descend du lac des Français en passant par le village de Sainte-Marcelline serpente ensuite dans la plaine de Saint-Ambroise de Kildare. Cette rivière ne semble pas assez puissante pour actionner des moulins à eau et pourtant il y en a eu plusieurs autrefois. Dans son historique la municipalité de Sainte-Marcelline écrit qu’il y avait autrefois cinq moulins à scie, trois moulins à farine et un moulin à cardes sur son territoire. À Saint-Ambroise il y en avait d’autres sur le Grand Ruisseau près du village et sur la rivière de l’Assomption jusqu’à St-Alphonse.
Création du canton de Kildare
J’ai déjà documenté l’histoire de la création du canton de Kildare qui est très particulière puisque les premières terres y ont été concédées selon le système féodal comme si il faisait partie de la seigneurie de Lavaltrie. Lors de sa création les six premiers rangs du township de Kildare ont été acquis grâce à un système de prête-noms par le seigneur de Lavaltrie et l’arpenteur William Vondenvelden qui en ont concédé les lots en échange d’une rente foncière perpétuelle. Les lots situés au nord du 6ème rang ont été concédés conformément à la loi des cantons en franc et commun soccage.
Lire: La création du canton de Kildare

En 1822 les lots situés dans la plaine étaient pour la plupart occupés et les lots situés dans les collines des Laurentides ont commencé à se peupler. En 1830 le gouvernement a agrandi le canton de Kildare en lui ajoutant trois rangs et demi au nord du lac des Français: l’augmentation de Kildare. Vers 1845 le canton de Cathcart a à son tour été ouvert à la colonisation.

Le magnifique Lac-des-Français est indissociable de l’histoire de Ste-Marcelline-de-Kildare. Bien que les pionniers riverains furent des anglophones comme l’étaient la majorité des colons alors établis à Ste-Marcelline au début du 19e siècle, ce lac tire son nom de la présence de francophones à cet endroit. Dès 1837, des gens de St-Jacques-de-Montcalm viennent s’y établir pour y faire fonctionner des moulins à scie et à farine. Pour le sciage et la mouture, on disait alors qu’on allait chez les français, d’où le nom Lac-des-Français.
Le commerce du bois dans le canton de Kildare
Les seigneurs de Lavaltrie ont construit des moulins dans la future ville de Joliette sur la rivière de l’Assomption à la limite nord de leur seigneurie en 1823. Leur projet était d’exploiter les riches forêts de pins situées le long de la rivière dans Kildare et dans les terres de la Couronne pas encore délimitées. Ce détail d’un diagramme du canton montre les 3 derniers rangs de Kildare avec des annotations ajoutées à une date inconnue. On y voit les noms des seigneurs Joliette et Loedel. Les seigneurs de Lavaltrie n’avaient pas acheté ces lots situés dans les montagnes pour y faire de l’agriculture mais pour en exploiter le bois. Le lot 9 du 10ème rang attribué à B. Joliette correspond à la décharge du lac des Français appelée rivière Blanche.

Les terres du canton de Kildare très boisées ont été exploitées pour leurs belles forêts de pin mature; au fur et à mesure de leur exploitation les marchands de bois ont dû aller chercher la ressource de plus en plus loin vers le nord. Dès les années 1830 les archives des notaires documentent de nombreux marchés de vente de bois et la construction de moulins dans le canton de Kildare.
Le 29 décembre 1829 Antoine Beaudry de St-Paul a été engagé par François Archambault marchand pour lui couper et charroyer 125 billots de pin à prendre sur les lots 5 des 10ème et 11ème rang de Kildare. Le 16 août 1830 François Gaudron dit Larochelle de St-Jacques s’est engagé à lui livrer à son moulin à scie 100 billots à prendre sur les lots 5, 6 et 7 du 11ème rang; il a conclu un autre marché le 16 octobre avec Ambroise Laporte sur les mêmes lots.
J. Claude Lapierre a écrit dans son histoire de Saint-Ambroise (page 331) que le premier moulin pour scier le bois a été construit en 1828 ou 1829 par Francis Fitzpatrick dans le 9ème rang sur un terrain voisin de l’église de Ste-Marcelline dont il reste la digue. Un peu plus bas en aval, un moulin à farine fut construit en 1833 (par M. Archambault). Il existe encore dans la rivière une chaussée… Au pied de la montagne, toujours alimenté par le même cours d’eau, un moulin à cardes complétait cet ensemble…
Il n’y a pas de référence permettant de vérifier ces affirmations, je n’ai pas retrouvé de documentation concernant la construction d’un moulin à scie par Francis Fitzpatrick à cette date. François Archambault a été un important commerçant de bois il aurait plutôt construit un moulin à scie qu’un moulin à farine; son moulin à scie est déjà mentionné en 1830. La municipalité de Ste-Marcelline écrit sur son site internet qu’il y avait autrefois cinq moulins à scie, trois moulins à farine et un moulin à cardes à cet emplacement ce qui semble très exagéré. J’ai essayé de mieux documenter l’histoire de ces moulins grâce aux archives notariées.
Le 19 juin 1833 Ovide Peltier menuisier de St-Paul s’est engagé à Antoine Dyone de Daillebout pour lui construire un moulin à scie à un emplacement non précisé dans le township de Kildare. Le droit de construire des moulins dans les seigneuries était réservé aux seigneurs mais dans les cantons tout le monde avait le droit d’en construire sur son lot.
Le 21 octobre 1835 Barthélémy Joliette et Peter-Charles Loedel ont conclu un marché avec Amable Marchand cultivateur de Kildare pour couper 5.000 billots de pin de 12 pieds et demi à mettre sur la glace de la rivière de l’Assomption et les faire descendre à leur moulin au printemps. Les acquéreurs devaient payer les droits de coupe au Gouvernement dans les terres de la Couronne. Le 30 novembre ils ont conclu un marché avec William Gass cultivateur de Kildare pour 1.000 billots à couper dans la seigneurie Daillebout. Le 23 décembre Amable Marchand a sous-traité une partie de son marché: 500 billots à Joseph Réjasse dit Laprade de Kildare, 1.000 à Jean-Baptiste Roy de Kildare, 200 à Joseph Charon dit Ducharme et Joseph Lemire de Kildare, etc.
Le 25 avril 1837 François Archambault écuyer de Saint-Paul a conclu un marché pour construire un moulin à scie avec Jean Riopelle cordonnier de St-Philippe de Kildare sur le lot 9 du 11ème rang de Kildare à la décharge du lac des Français sur la rivière Blanche. Cet emplacement est en amont de Ste-Marcelline, il a peut-être fait construire un deuxième moulin en amont du premier.
Le 7 décembre 1837 William, Gordon et John Huston cultivateurs du 8ème rang de Kildare ont vendu à Michel Collins constructeur de moulins du village d’Industrie une partie du lot 6 du 8ème rang de Kildare sur la rivière Blanche pour y construire un moulin; il s’engagait à leur moudre leur grain et à leur scier 5 billots par an.
J. Claude Lapierre a écrit: dès 1837 un moulin fut construit sur la rivière Blanche, à peu près au milieu du rang de Kildare, juste à côté du pont… Construit par Michel Collin… il fut acheté tout de suite par Monsieur Michel Boisvert en 1838. Il n’a pas mentionné le moulin construit pat Antoine Dyonne dont l’emplacement reste inconnu.
Le 21 janvier 1837 Joseph Burr Twiss et Russell Twiss horlogers demeurant en la paroisse de St-Paul ont commandé 5.000 pieds de planche de pin à Michel Boisvert marchand aubergiste de Kildare. Le même jour ils ont conclu un autre marché avec Antoine Dyonne pour qu’il leur scie 800 planches de pin de 1 pied de large par 8 pieds de long à son moulin de Kildare.
Le 3 mars 1838 David Bruneau a cédé tous les pins se trouvant sur sa terre du 4ème rang de Kildare à François Archambault. Le 11 juin 1838 Michel Boisvert propriétaire d’un moulin à scie sur la rivière Blanche à St-Ambroise a conclu un marché pour faire descendre son bois par les rivières Ouareau et l’Assomption jusqu’au bout de l’Île de Montréal. Le bois de pin une fois scié en madriers et planches ne devait plus entrer en contact direct avec l’eau, il devait être transporté à la partie navigable de la rivière, au confluent des rivières Ouareau et l’Assomption, pour être chargé sur des cages ou des chalands.
Le 22 mars 1839 Elie Olivier et Ross Cuthbert seigneur de Lanoraie, représenté par son épouse Emily Rush et son fils James Cuthbert junior ses curateurs, ont conclu un marché pour la construction d’un moulin à farine sur la rivière de l’Assomption dans la seigneurie; le moulin devait être construit vis à vis du moulin à scie de Joseph Lefebvre situé de l’autre côté de la rivière dans le 3ème rang de Kildare qui semble avoir été construit un peu avant. Le 29 décembre 1841 Augustin Gravelle et André Marion avaient conclu un marché avec Benoni Énouille dit Lanoix de St-Ambroise pour lui livrer 16 billots de pin au moulin de Mr. Lefebvre sur la rivière de l’Assomption.
Le 18 mai 1839 Michel Collins maître-scieur de St-Paul a engagé Médard Beaudouin pour lui faire la charpente d’un moulin à scie et le coffre pour recevoir la roue et les fondations d’un moulin à farine de 30 pieds sur 36 et autres travaux. Ces moulins ne sont pas situés dans le contrat, il s’agit peut-être de ceux construits sur le lot 6 du 8ème rang qui auraient été agrandis mais ce n’est pas certain.
Les premiers villages de Kildare
Les canadiens français s’étaient regroupés dans les canadian settlements entre les 5ème et 6ème rangs du canton de Kildare où ils ont fondé le village actuel de St-Ambroise. En 1830 à la suite de nombreuses démarches pour la création d’une paroisse François Désilets et Louis Lanoix ont cédé des terrains sur le lot 8 du 6ème rang pour y ériger une église et un presbytère. William Vondenvelden se déclarant seigneur du lieu a déchargé les terres des rentes seigneuriales en demandant qu’un banc seigneurial lui soit réservé. Selon la commission de toponymie du Québec la paroisse a été fondée en 1832 sous le nom de Saint-Jacques-de-Kildare, puis modifiée en Saint-Philippe-de-Kildare (1833-1839) et a reçu sa dénomination actuelle en 1839.
Vers 1830 les colons anglophones du nord du canton ont aussi voulu fonder un village dans le 8ème rang au pied des montagnes, au niveau du chemin de Kildare actuel. Il y avait alors une importante communauté de militaires retraités dans les seigneuries de D’Aillebout et Ramsay et dans les cantons de Rawdon et Kilkenny. Ce village aurait pu devenir leur centre puisque le village de Rawdon n’existait pas encore mais c’est le village de Sainte-Marcelline qui s’est développé un peu au nord en haut de la première montagne où des moulins avaient été construits.
En 1843 le gouverneur Charles Theophilus Metcalfe a proclamé les limites de la paroisse civile de Saint-Ambroise de Kildare selon la loi du Canada Uni.
Sur une carte dessinée par Joseph Bouchette en 1858 on voit le village de Saint-Ambroise sur le chemin entre les 5ème et 6ème rangs et un hameau nommé Dixon’s Corner entre les 8ème et 9ème rangs (il y a une erreur de numérotage) sur le chemin menant au lac des Français. La famille Dixon a joué un rôle important dans la fondation du village du 8ème rang puis dans la fondation de Ste-Marcelline quand le site de ce village a été abandonné.
Vers 1840 les terres situées au nord ont commencé à se peupler et le canton de Cathcart a été arpenté. Sur ce plan de 1855 on voit la première chapelle qui avait été construite au bord du lac Long dans l’augmentation de Kildare avant d’être abandonnée pour être reconstruite plus au nord dans le canton de Cathcart. La paroisse était parfois nommée Saint-Alphonse de Kildare.

L’activité économique des habitants de Kildare
Dans les années 1840 les contrats notariés donnent un aperçu de l’activité économique qui se développait peu à peu dans le canton. La plupart des habitants étaient cultivateurs mais il y avait aussi des marchands et des artisans.
En 1841 Etienne Provencher marchand aubergiste de St-Ambroise de Kildare a vendu à François Foucher marchand de St-Jacques un terrain. Le 2 mars Narcisse Cornellier dit Grandchamps cultivateur a vendu à Henry Varrin dit Lapistole maître-cordonnier un terrain à St-Ambroise, le 6 avril Joseph Charest maître-menuisier a vendu à Angus McPhee maître-charpentier un terrain du 5ème rang de Kildare; A. McPhee s’engageait à le payer en bois de sciage livré au moulin de Daly.
Le commerce de la potasse a été une industrie complémentaire de la colonisation des terres; les cendres des défrichements étaient vendues à des négociants. Le 15 novembre 1842 Louis Guilbault de St-Alphonse de Kildare a conclu un marché avec Basille Chevallier pour lui charroyer 200 minots de cendres à la potasserie de John Purcell et le bois pour la fonte de la cendre; aussi d’aller lui chercher une barrique de chaux à St-Paul et de transporter un quart de potasse à Montréal par terre ou par le steamboat à Lavaltrie. Le 8 novembre 1843 Joseph Guinard dit Chaussé a vendu sa potasserie du 11ème rang de Kildare avec une chaudière et 7 cuves.
L’administration municipale a commencé à s’organiser, le 2 mars 1846 John Dixon commerçant de bois a cautionné Christopher Purcell secrétaire-trésorier du conseil municipal de la paroisse de St-Ambroise de Kildare conformément à l’acte du Parlement.
Le 12 août 1848 Patrick Purcell cultivateur et instituteur a vendu à George Dixon le lot 12 du 11ème rang avec une maison et une potasserie garnie de 6 cuves, 3 chaudrons et autres accessoires. Le 30 mars 1849 George Dixon a revendu à Patrick Kelly le terrain et la potasserie. Le 19 février 1851 Patrick Kelly a revendu le terrain et la potasserie à Jean-Baptiste Sullière de Rawdon. Le 24 mai 1850 Benjamin Brien dit Desrochers forgeron a vendu à François-Xavier Dupérault commerçant un terrain du 5ème rang avec une potasserie. Le 6 novembre 1854 François-Xavier Dupérault et Élie Brault voulant faire chacun séparément le commerce de potasse ont convenu de ne pas payer la cendre plus de 15 sous par minot.
Lire: Potasse, potasserie, pot
Le village de St-Ambroise s’est développé, de nombreux commerçants et artisans s’y sont installés pour servir les agriculteurs habitant les alentours.
En 1851 St-Alphonse était décrit comme un petit village où se trouvaient les moulins de James Benny, Urgèle Bruyère et Langlois dit Lachapelle; le curé était le révérend Maréchal. St-Ambroise de Kildare comptait environ 1.200 habitants, il y avait deux magasins, un médecin, un notaire et le curé Giroux. Les directoires publiés à cette époque étaient souvent approximatifs, il est surprenant qu’aucun moulin ne soit mentionné à St-Ambroise à cette date. Henry Daly et Narcisse Grandchamps étaient commssaires des petites causes mais un article de La Minerve du 8 août 1850 mentionne plutôt les nomminations de Hugh Daly, Narcisse Corneillier, George Dixon, Antoine Dessert et Benjamin Geoffroy.
Quelques actes notariés des années 1858 et 1859 pris au hasard montrent la diversité des commerçants et artisans du canton. Le 18 janvier 1858 Prosper Gareau tanneur et corroyeur a vendu à Charles Geeraerts argenteur et mécanicien un terrain du 6ème rang avec une maison en bois. Le 24 mai Eusèbe Bertrand négociant a vendu au curé Laporte un emplacement du 5ème rang. Le 24 juin Joseph Généreux marchand a vendu un emplacement du 6ème, le 6 juillet Edouard Boucher voiturier a acheté plusieurs terrains dans le village, le 19 juillet John Woods entrepreneur et contracteur de travaux publics a cédé à son fils Russell une partie du lot 9 du 8ème rang, le 4 octobre Hugh Daly écuyer a vendu à à Ephrem Fleury menuisier un emplacement du 6ème rang, le 21 octobre James Dixon a vendu à Russell Woods un terrain du lot 8 du 8ème rang où était érigée une maison d’école qui doit être extraite de la vente, George Dixon a vendu à James Dixon son frère un emplacement dans le village du 8ème rang, Joseph Allard meunier a acheté un emplacement du lot 11 du 11ème rang, Paul Melançon marchand a acheté un emplacement du lot 8 du 7ème rang, Narcisse Sévigny huissier a vendu un emplacement dans le village à côté de l’école. En 1859 Prosper Gareau tanneur et corroyeur a vendu à Pascal Geoffroy forgeron un emplacement dans le 6ème rang. Alexis Désilets était forgeron, Gabriel Lenoir alias Rolland sellier, Jean-Baptiste Lamothe fabricant de chaises, Jean-Baptiste Mireau cordonnier, Jean-Baptiste Riopelle boulanger, Joseph Robillard boulanger, Jean-Baptiste Sullière tonnelier, Toussaint Boucher commerçant, etc.
Le commerce du bois et les moulins (suite)
Les terres des premiers rangs du canton étaient propices à l’agriculture alors que celles situées dans les montagnes l’étaient beaucoup moins; elles ont continué à être exploitées pour leur bois. Les billots de pin étaient transformés en madriers et planches pour l’exportation, le bois d’oeuvre servait aux agriculteurs à construire leurs maisons et bâtiments de ferme, le bois de chauffage était vendu par les habitants aux villageois, les érables étaient exploités pour la fabrication du sirop…
Le 25 novembre 1841 Michel Boisvert confectionneur de bois de Rawdon et son fils Prospère Boisvert confectionneur de bois de Kildare ont conclu un marché avec Benjamin Beaupré marchand de l’Assomption pour préparer et confectionner autant de billots, madriers et planches qu’ils pourront pendant l’hiver, à livrer au printemps au Bout de l’Île à Repentigny où M. Beaupré les inspectera avant de les mener à Québec pour les vendre. Le même jour André Marion et Augustin Gravelle de St-Ambroise de Kildare se sont engagés à livrer à Benjamin Beaupré 400 madriers de pin jaune au bout de l’île à Repentigny pour être embarqués sur une goëlette.
Le 20 décembre 1841 Angélique Beaudry épouse de Pierre Chennevert dit Lemerle manufacturier de bois absent de la province a loué à bail à François et Louis Chennevert dits Lemerle manufacturiers de bois un moulin à scie et une chaudière à potasse emmuraillée sur le 5ème lot du 1er rang de l’augmentation de Kildare. Plusieurs petits moulins à scie ont eu une existence éphémère et ne sont cités qu’une seule fois dans cette recherche.
Le 20 janvier 1842 Narcisse Corneillier dit Grandchamps tuteur de ses neveux mineurs a loué à Angus McPhee maître-charpentier avec un bail emphytéotique de 10 ans le terrain nécessaire pour construire un moulin sur un ruisseau dans le 5ème rang de Kildare.
En 1842 le marchand épicier Amable Marchand a acheté des coupes de bois dans les derniers rangs du canton de Kildare à Darby Cannon, à Morgan Tuffery et Thomas Hantson, à John Connor, à Jerome Hannon, à Gilbert Connor, à Henry et William Smith. Toutes ces coupes de bois ont été cédées à John Dixon en 1843 au décès de A. Marchand.
Le 28 septembre 1842 Michel Boisvert de Rawdon a loué le moulin à scie de Hugh et Patrick Daly situé sur un ruisseau du 8ème rang de Kildare. Le 1er avril 1843 Edward Scallon a conclu un marché avec Michel Boisvert pour 350 madriers de la première qualité à scier à son moulin de St-Ambroise sur la rivière Blanche et à livrer à Québec.
Tout juste arrivé au village d’Industrie (Joliette) Edward Scallon est devenu le principal marchand de bois sur la rivière de l’Assomption, rachetant peu à peu les droits de coupe des seigneurs de Lavaltrie. Le bois était alors exploité jusqu’au nord du canton de Cathcart, vers St-Côme et Ste-Émélie; il fallait aller le chercher toujours plus loin.
Le 12 avril 1843 John McGowan, lumberman s’est engagé à livrer à Québec aux marchands de bois Edward Ryan de Québec et Thomas Ryan de Dublin toute la production de planches et de madriers du moulin à scie Lefebvre; Edward Scallon s’est porté garant conjointement avec J. McGowan. Il y avait 1.300 billots de pin marqués E. S. au moulin Lefebvre. Les planches et madriers étaient transportés par des chartiers à la partie navigable de la rivière de l’Assomption pour être expédiés à Québec sur des barges ou des cages.
Le 30 août 1843 Narcisse Goulet et Théophile Jarret alias Beauregard scieurs propriétaires d’un moulin à scie dans le 11ème rang de Kildare à la décharge du lac des Français se sont engagés à scier tous les billots de John Dixon. Le 13 novembre 1843 Simon Tessier a vendu au profit de François Archambault marchand de bois tous les pins de sa terre de la 9ème concession de D’Aillebout; il s’engageait aussi à lui livrer des billots à la décharge du lac des Français; Joseph Prudhomme lui a aussi vendu tous les pins de sa terre de la 9ème concession à la limite de Kildare; Etienne Beaudry a vendu les pins du lot 10 du 3ème rang de l’augmentation de Kildare.
Le 4 janvier 1844 Edward Scallon a acheté à Robert Winters cultivateur tout le bois à prendre sur le 4ème lot du 9ème rang du canton de Kildare. Le 21 août 1844 il a conclu un marché avec Ryan brothers pour leur livrer à Québec toutes les planches qui seraient sciées au moulin de Michel Boisvert dans le 8ème rang de Kildare. Le 31 août dans une obligation consentie par E. Scallon à Michel Boisvert il est précisé que le moulin à scie se trouvait sur le 6ème lot du 8ème rang.
Le 23 août 1844 Joseph Ducharme de St-Ambroise s’est engagé à livrer dans les chantiers de bois de B. Joliette, P.-C. Loedel et E. Scallon 500 bottes de foin, 450 minots d’avoine, 1.500 livres de lard (les cochons ne pesant pas moins de 250 livres chaque), 88 quintaux de fleur d’avoine et 4 quartiers de boeuf… En 1842 Peter-Charles Loedel et Barthélémy Joliette avaient obtenu des droits de coupe pour exploiter le bois du bassin de la rivière L’Assomption sur les terres de la couronne sur 15 milles au nord des seigneuries de Ramzay et Daillebout sur une largeur de 2 milles sur chaque rive. En 1845 ils se sont associés à Edward Scallon et ont obtenu de nouveaux droits de coupe; la concession avait été agrandie à 26 milles par 10 milles de large.
En plus de la production industrielle de bois pour l’exportation la demande de bois de construction par les habitants du canton a augmentée, ils avaient besoin de maisons, de granges, d’écuries. Ils avaient aussi besoin de moudre leur grain sur place au moulin à farine car les transports étaient encore difficiles et coûteux.
Le 8 février 1845 Bryan Markee a vendu à Narcisse Goulet meunier un terrain sur le lot 9 du 11ème rang de Kildare bâti d’un moulin à scie et un moulin à farine. Sur ce plan de Kildare daté de 1845 (Greffe de l’Arpenteur Général du Québec) on voit le lac des Français qui se décharge dans la rivière Blanche où se trouvent les moulins de Goulet (grist and saw mills) dans le 11ème rang et ceux d’Archambault (grist and saw mills) dans le 9ème.
Le 25 novembre 1845 Francis William Heather a vendu à Louis Archambault la coupe de bois de pin du lot 6 du 11ème rang. Le 6 février 1846 Angus McPhee maître-charpentier a loué le moulin à scie qu’il a construit sur le 5ème rang dans le terrain de Narcisse Corneillier à François et Hercule Fleury en leur cédant son bail. Le 17 août François et Hercule Fleury maître-menuisiers ont loué à bail à Léon Dugas marchand leur moulin à scie érigé sur le Grand Ruisseau dans le 5ème rang. Le 15 octobre 1847 Léon Dugas a cédé le bail du moulin à François-Xavier Racette; on ne trouve plus d’autre mention de ce moulin.
Le 2 mars 1846 Joseph et Stanislas Rivet cultivateurs ønt vendu à Urgel Bruguière commerçant de Kildare 300 billots de pin à prendre dans le 3ème rang de St-Alphonse. Le 7 avril William et Hugh Stinson cultivateurs ont loué à bail à Pierre Chênevert dit Lemarbre père et fils un emplacement du lot 11 du 3ème rang de St-Alphonse à la décharge du lac Long pour y construire un moulin à scie.
Le 1 octobre 1846 Narcisse Goulet maître-meunier a cédé à Joseph Jarret dit Beauregard son beau-frère maître-meunier un terrain du 11ème rang autour du moulin à farine de 2 étages et 2 moulanges qu’ils avaient construit ensemble à la décharge du lac des Français et qui leur appartenait ensemble et pour l’exploitation duquel ils se sont associés.
Le 12 février 1847 Edward Barry cultivateur a vendu à Urgel Bruguière marchand de bois la coupe des pins de son terrain du 10ème rang tenant à Thomas Kelly et aux lots de dame Pastorius. Le 6 octobre vente par Timothée Kelly cultivateur à Ambroise Boisvert marchand de bois de la coupe des pins et épinettes blanches des lots 3 et 4 du 11ème rang.
Le canton de Cathcart au nord de l’augmentation de Kildare a été arpenté en 1846 et les cartes montrent la présence de 2 moulins à scie et à farine sur la rivière l’Assomption dans le 3ème rang (Benny et Lachapelle) et un moulin à scie entre les lacs Rouge et Vert dans le 2ème rang. Le 14 mars 1842 James Benny et Francis Ftizpatrick avaient créé une société pour exploiter un moulin à scie qu’ils ont dissoute en 1844.

Le 3 mars 1848 Antoine Lacombe a acheté 200 billots à Michel Boisvert; le contrat stipule que Lacombe paierait les billots en achetant toutes ses marchandises au magasin d’Edward Scallon. Le 20 mars Félix Boisvert a mis en vente un moulin à scie à St-Ambroise; le moulin a assez d’eau pour être mis en mouvement tout le long de l’année.
Le 20 octobre 1849 Urgel Bruguière a vendu à Joseph Fitzpatrick consructeur de moulins un terrain du lot 9 du 9ème rang sur la rivière Blanche avec le droit d’y construire un moulin à cardes et à fouler et de poser un tour ou machine à tourner et de faire une chaussée de 9 pieds de hauteur; il lui a aussi cédé un chemin pour descendre au moulin à farine situé à côté.
Le 5 mars 1850 Joseph Lescarbeau alias Crow marchand de bois de Rawdon a vendu à Philemon Dugar (Dugas) aussi commerçant de bois de Rawdon les billots de pin faits et à faire dans ses chantiers de Cathcart dont le transport et charroyage devait se faire par le canton de Rawdon, avec 2 chevaux, 2 sleighs, etc. Le 17 août Luke Corcoran de St-Alphonse a vendu à Charles Magnan et Louis Archambault de St-Jacques un moulin à scie sur le lot N°6 du premier rang des augmentations de Kildare.
Dans le recensement de Saint-Ambroise de Kildare en 1851 un moulin à scies (100 livres) et un moulin à farine (800) dans le 9ème rang correspondent à l’inscription de Narcisse Morin meunier et Joseph Fitzpatrick mécanicien.
Ludger Beauregard et Narcisse Goulet avaient un moulin à farine (450) et un moulin à scie (175) dans le 11ème rang. Narcisse Goulet était aussi propriétaire de moulins à St-Liguori.
Ce recensement des moulins est certainement incomplet selon les actes notariés des transactions faites à cette époque. C’étaient les plus importants et ceux qui vont perdurer dans le temps.
Le 24 janvier 1851 Venant Héroux a vendu à Bénoni Botquin la coupe de bois de son terrain du 2ème rang. Le 1er mai Narcisse Goulet meunier et son épouse Henriette Jarret dite Beauregard ont cédé à Théophile Jarret dit Beauregard la juste moitié indivise d’un terrain du 11ème rang à la décharge du lac des Français bâti d’un moulin à farine de 3 étages avec 3 moulanges, une quille, une chaussée et ont fait société pour exploiter ce moulin de moitié; les cédants se réservaien le droit de bâtir un moulin à scie en aval.
Le 7 avril 1852 John et Benjamin Dixon propriétaires d’un moulin à farine et un moulin à scie dans le 9ème rang sur la rivière Blanche ont signifié un protêt à Narcisse Goulet et Théophile Jarret dit Beauregard. Leurs moulins avaient été les premiers érigés dans Kildare, bâtis par François Archambault qui les avait vendus à Urgel Bruguière qui les leur avait vendus. Ils se plaignaient de la nouvelle chaussée bâtie à la décharge du lac des Français par Goulet et Jarret qui arrêtait le cours de la rivière et empêchait leurs moulins de fonctionner. Le 8 avril les propriétaires des terres autour du lac des Français John Purcell, James Cooke, Edward Heather, John Dignan, John Connor, John Knox, Jean-Baptiste Laurin et Joseph Etu (pas beaucoup de français) se sont plaints que la chaussée construite par Goulet et Jarret inondait leurs terres. Dans les jours suivants Joseph Hétu et John Connor se sont désistés de la plainte puis le 22 avril Goulet et Jarret ont signifié aux autres plaignants que la chaussée avait été construite par Urgel Bruguière 5 ou 6 ans plus tôt sans que personne ne se plaigne et que John et Benjamin Dixon cherchaient juste à leur nuire. Ils offraient de faire appel à des arbitres pour régler les dommages éventuels.
J. Claude Lapierre a continué son historique des moulins de Kildare en écrivant que Francis Fitzpatrick et François Archambault qui avaient construit un moulin à scie et un moulin à farine dans le village actuel de Ste-Marcelline se sont associés et que F. Archambault est devenu le seul propriétaire des moulins en 1843. En 1846 il a cédé les deux moulins à monsieur Brugière qui les a vendus en 1852 à John et Benjamin Dixon. Le protêt des frères Dixon ne mentionne pas F. Fitzpatrick mais sinon il est bien conforme.
Le 6 mai 1852 cession par Norbert Boisvert tanneur à Charles Bruneau tanneur d’un terrain dans le 8ème rang avec un moulin à scie et une tannerie. Le 5 janvier 1854 Charles Bruneau et Angèle Boisvert ont cédé à Ambroise Boisvert un terrain du 8ème rang sur la rivière Blanche bâti d’une maison et un moulin à scie.
Le 31 mars 1853 Edouard Scallon a signifié une sommation et protêt à Geneviève Lavallée veuve de Joseph Lefebvre car elle lui avait offert en janvier de lui vendre tous ses moulins, pouvoirs d’eau, terrains, îles et ponts appelés moulins de Lefebvre pour 1.500 livres. Le 25 février elle lui aurait vendu verbalement un moulin à farine, un autre à avoine, un autre à scie, une maison en bois à 2 étages avec les chaussées, les îles, les ponts, etc. mais elle a refusé de conclure la vente. Sur le plan de la seigneurie de Lanoraie en 1857 les moulins de Lefebvre et les 2 ponts sur la rivière de l’Assomption sont dessinés vis à vis le 3ème rang de Kildare.

Un peu en aval des îles de Joseph Lefebvre Edward Scallon a alors acheté un site sur la rivière de l’Assomption entre le 1er et le 2ème rang de Kildare, Mr. Scallon’s point.
Il y a fait construire un moulin à farine et un moulin à avoine puis un moulin à scie et un moulin à carder. Le 17 novembre 1853 Edouard Scallon avait conclu un accord avec Georgiana et Mary Cuthbert représentant Ross Cuthbert seigneur de Lanoraie propriétaire de l’autre rive de la rivière pour pouvoir construire une chaussée pour ses moulins. Edward Scallon a lui aussi voulu fonder un village dans le canton de Kildare qu’il avait nommé Village d’Entreprise.
M. Scallon a jeté là dans un site charmant et avantageux, les fondements d’un village nouveau auquel il a donné le nom de Village d’Entreprise… L’on nous informe aussi que M. Scallon ne s’arrêtera pas là: sous peu de temps il fera construire des moulins en tous genres, moulins à scie, à foulons, etc., etc. – La Minerve 20 février 1855.
Le plan de Lanoraie en 1857 montre que les moulins ont été construits en amont des îles ainsi que le pont sur l’Assomption; il y a encore aujourd’hui une passerelle près de cet emplacement (avenue des Clercs).

Les moulins de Joseph Lefebvre ne sont pas documentés dans l’historique de J. Claude Lapierre et ceux d’Edward Scallon le sont très superficiellement. Les 2 sites ont pourtant été très importants et ont eu de nombreux propriétaires, je leur ai consacré une chronique complète.
Lire: Histoire des moulins de Saint-Charles-Borromée
Le 23 janvier 1854 Thomas Lynn et Brigit Greere de la paroisse du Bienheureux Alphonse ont vendu à F.-X. Duperrault marchand 500 madriers de pin à prendre au moulin de Joseph Brault dans Cathcart. Le 31 mars Joseph et Élie Brault marchands associés de St-Alphonse ont partagé les lots qu’ils possédaient en indivision dont une partie du lot 8 du 3ème rang de Cathcart sur la rivière Rouge avec un moulin à scie. Le même jour ils ont vendu à Joseph Personne dit Lafond cultivateur de la paroisse du Bienheureux Alphonse le lot 10 du 10ème rang de Cathcart avec une potasserie.
Le 29 avril 1856 Antoine Dessert et Cate & Cie marchands de bois du Wisconsin sont venus engager Charles Garceau fils, Delphis Neveux, Joseph et Ulric Lamothe, Sulpice Chevallier cultivateurs, Antoine Marié père et fils, Nazaire Gareau menuisiers, tous de St-Ambroise de Kildare, pour aller travailler aux États-Unis pour 1 an. Antoine Dessert était un des juges des petites causes en 1850, un notable de St-Ambroise.
Le 6 mai 1856 un protêt de Romain St-Jean contre F.-X. Du Perrault marchand de St-Ambroise mentionne 500 billots de pin appartenant à E. Scallon se trouvant au moulin de Joseph et Élie Brault à St-Alphonse pour être manufacturés en planches et madriers.
Le 5 août 1857 Jean-Baptiste Jarret dit Beauregard meunier et son épouse ont cédé à leur fils Léandre meunier une partie du lot 9 du 11ème rang avec un moulin à scie et à farine; Théophile Jarret était propriétaire d’une moitié indivise du moulin à farine et John Dixon avait un terrain avec le droit d’y construire une machine à tourner mais aucun moulin.
Le 21 janvier 1858 Hyppolite Corneillier dit Grandchamps de St-Charles-Borromée a vendu aux frères Louis André Brien dit Desrochers de Rawdon et Joseph Brien dit Desrochers de Montréal un moulin à eau faisant le blé et l’avoine sur la rivière de l’Assomption avec les dépendances construites sur l’île Victoire; vend aussi un moulin à scie érigé sur la rive sud-ouest de la rivière vis à vis le moulin à farine sur le 13ème lot du 3ème rang de Kildare avec 2 ponts et un terrain dans Ste-Elisabeth. Il les avait acquis le même jour de dame veuve Joseph Lefebvre.
Le 6 novembre 1858 Narcisse Thibodeau de Cathcart a vendu à John Dixon un terrain des lots 24 et 25 du 2ème rang de Cathcart sur la rivière de l’Assomption avec un moulin à scie érigé sur la rive opposée au moulin à farine de Dixon acheté de James Benny. Le 8 janvier 1859 James Benny a vendu à John Dixon des terrains des lots 25 et 26 du 3ème rang de Cathcart sur la rivière de l’Assomption avec un moulin à scie à 2 paires de moulanges (?).
Le 1er mars 1859 Joseph Crépeau de Cathcart a vendu à vendu à son fils Alphonse le lot 1 du 1er rang de Cathcart avec un moulin à scie. En 1859 I. Ritchot et Fils ont mis en vente un moulin à scie situé à St-Alphonse de Kildare à la tête de la rivière Rouge acquis de Joseph Élie Brault; on pourrait facilement y construire un moulin à farine.
Le 4 avril 1862 Ambroise Boisvert a abandonné à son père Michel Boisvert commerçant de bois une partie du lot 6 du 8ème rang sur la rivière Blanche avec un moulin à scie acquis de Charles Bruneau en 1854. Le même jour Michel Boisvert a vendu à François-Xavier Duperrault marchand le terrain avec le moulin à scie; le contrat précise que l’acheteur devra payer les charges consenties par William Huston et autres à Michel Collins en 1837.
Le 11 octobre 1862 Joseph Fitzpatrick mécanicien et entrepreneur de bâtisses publiques a loué à bail à Gédéon St-André maître-cardeur un moulin à carder, à fouler, à presser et à teindre sur le lot 9 du 9ème rang sur la rivière Blanche enclavé dans la propriété de John et Benjamin Dixon.
Le 13 juillet 1863 Léandre Jarret dit Beauregard meunier a rétrocédé à son père Jean-Baptiste meunier la moitié du lot 9 du 11ème rang avec un moulin à farine et à scie et d’autres terrains que ses parents lui avaient donnés en 1857; il a reçu une terre à St-Liguori en échange. Le 17 octobre 1865 Jean-Baptiste Jaret dit Beauregard et Ursule Bélanger ont fait donation gratuite à leur fils Jules de 2 terrains du lot 9 du 11ème rang à la décharge du lac des Français (rivière Blanche) avec un moulin à scie. Le 2 octobre 1867 Jean-Baptiste Jarret dit Beauregard et Ursule Bélanger ont vendu à Léandre leur fils une partie du lot 9 du 11ème rang près du pont érigé à la décharge du lac des Français avec un moulin à farine et une chaufferie.
Le 24 avril 1865 John Dixon de St-Ambroise a vendu 1 terrain à Moses Job partie des lots 8 et 9 du 10ème rang du canton de Kildare duquel il fallait extraire le privilège de moulin sur la rivière Blanche appartenant à un nommé Tremblay. Le 3 juin John Dixon a donné en garantie pour une obligation un terrain partie du lot N°25 du 3ème rang de Cathcart avec un moulin à scie et un autre du lot N°25 du 2ème rang avec un moulin à farine à 4 moulanges situés sur la rivière de l’Assomption. En 1868 dans la faillite de John et Benjamin Dixon les moulins à farine et à scie du lot 9 du 9ème rang sur la rivière Blanche et ceux de la rivière l’Assomption à St-Alphonse de Cathcart ont été mis en vente à l’encan.

Le 20 juillet 1869 John et Samuel Dixon ont conclu un marché avec Russell Woods pour réparer un moulin à scie sur la rivière Blanche dans le lot 9 du 9ème rang appartenant pour 2 tiers à R. Woods et 1 tiers aux Dixon qui n’avaient pas tout perdu. Le 13 juillet 1870 William McConnell marchand de Berthier a vendu à Russell Woods le tiers indivis d’une partie du lot 9 du 9ème rang acquis du shérif en 1869 et le quart indivis d’une autre partie de ce lot avec un moulin à farine à 4 moulanges, un crible, un moulin à scie.
Le 5 mars 1869 le curé Jean Damien Laporte et Joseph André Laporte ont vendu à Robert Stafford la coupe de bois d’une partie du lot 8 du 2ème rang de l’augmentation de Kildare. Le 22 novembre Ambroise Boisvert a conclu un marché avec Robert Stafford pour livrer 200 toises de bois de pin sur la terre de David Tremblay dans le 10ème rang près de la résidance de John Knox fabricant de rouets. Le 1er octobre 1870 Jules Jarret dit Beauregard a vendu à Robert Stafford une partie du lot 9 du 11ème rang avec un moulin à scie
En 1870 l’ancien moulin de Boisvert avait aussi été acquis par Robert Stafford. Le 14 avril 1871 Ambroise Boisvert s’est engagé à R. Stafford de lui charroyer 100 toises de billots de pin chez John Knox ou 120 toises à la décharge du lac des Français.
Le 2 mai 1871 Russell Woods a vendu à demoiselle Marie Arpin de St-Liguori 2 terres faisant partie du lot 9 du 9ème rang avec un moulin à farine à 4 moulanges, un crible, un moulin à scies avec tous ses mécanismes, une maison, etc. avec réserve des terrains appartenant à Joseph Fitzpatrick et autres. Marie Arpin a donné procuration à son père Luc Arpin pour gérer ses biens; il venait de faire faillite avec son moulin à scie de St-Liguori. Le 4 mars 1872 Marie Arpin a revendu les terrains et les moulins à Luc Arpin et celui-ci a emprunté à Henry H. Burton en les donnant en garantie.
Le 19 septembre 1871 Thomas Dixon, Russell Woods, Thomas Stafford, Magloire Chaput, Benjamin Dixon, Marie Arpin, Joseph Fitzpatrick, Joseph Marion et Benjamin Gass tous propriétaires dans le 8ème et le 9ème rangs ont déclaré qu’il était devenu nécessaire de reconstruire le pont sur la rivière Blanche se trouvant sur la terre de Marie Arpin en répartissant ses coûts. Le village de Sainte-Marcelline prenait forme autour des moulins.
Dans le recensement de Saint-Ambroise en 1871 il y a 1 moulin à scie ($1.000) appartenant à Joseph Cornellier dans la première partie. Dans la seconde qui semble concerner le nord du canton il y a 1 moulin à scie ($1.000) à Robert Stafford, 1 moulin à farine ($1.100) et un à scie ($500) à Russell Woods, 1 moulin à farine ($2.000) à Leon Bourgard et un moulin à carder ($1.600) à Didace Ques (Caisse ?).
Le 10 juillet 1873 Henry Hamilton Burton et George Dixon meunier ont loué à bail à Alfred Dufresne meunier de Montréal un moulin è farine à 4 moulanges sur le rivière de l’Assomption sur le lot 25 du 2ème rang de Cathcart.
Le 16 août 1873 Robert Stafford propriétaire de moulin à St-Ambroise de Kildare s’est engagé à livrer à Edward Fisk à Joliette tout le bois pour la construction d’une maison de 3 étages. Le 27 août Joseph John O’Connor a vendu à Luc Arpin la coupe de bois du lot 5 du 11ème rang; le 11 octobre Hugh Stevens lui a vendu le bois du lot 10 du 2ème rang de l’augmentation de Kildare. Le 20 novembre 1874 François Rivet s’est engagé à livrer à Robert Stafford 165 toises au lac des Français.
Le 8 août 1874 Hypolite Cornellier de Ste-Elisabeth et Georges Baby avocat de Joliette ont vendu à Eugène Bordeleau forgeron de St-Félix et Onésime Bordeleau commerçant de bois de Rawdon un moulin à scie sur le côté sud-ouest de la rivière de l’Assomption presque vis à vis de leur moulin à farine sur le lot N°13 du 3ème rang de Kildare avec un terrain faisant partie de l’isle Victoria près d’un pont. Le 28 septembre 1875 Hypolite Cornellier leur a vendu sa moitié indivise du moulin à farine et de l’autre partie de l’isle Victoria et la moitié d’une autre isle vis à vis le moulin à scie et la moitié indivise d’un terrain de la rive gauche vis à vis du moulin à farine.
Le 18 décembre 1874 Henry Hamilton Burton a fait une promesse de vente à Léon Gardner meunier de St-Liguori pour le moulin à farine ayant appartenu à John Dixon dans le 3ème rang de Cathcart. Le 27 janvier 1875 Benjamin Dixon tuteur des enfants minieurs de John Dixon a vendu par adjudication à George Dixon un terrain sur le lot 26 du 3ème rang de Cathcart avec un moulin à scie sur la rivière de l’Assomption et des parts dans le lot 25 avec un moulin à farine. Le même jour George Dixon a revendu à Henry H. Burton ses parts du lot 25 et du moulin à farine; celui-ci a alors vendu à Léon Gardner (Garnier) le moulin à farine à 4 paires de moulanges et les pouvoirs d’eau. Le 19 juin 1876 Henry H. Burton a vendu à Francis Jehosophat Thomas Dixon des terrains sur les lots 25 et 26 avec le moulin à scie. Le 19 mars 1879 Francis J. T. Dixon a vendu à son frère George William Dixon des terrains des lots 25 et 26 avec le moulin à scie. Le 20 juillet 1880 George W. Dixon a vendu à Léon Garnier les terrains et le moulin à scie.
En octobre 1874 Luc Arpin de St-Ambroise a mis en vente 1 moulin à farine réparé à neuf, 1 moulin à scie et 1 moulin à faire le bardeau situés à une lieue (4km environ) de St-Ambroise de Kildare.
Le 8 juin 1876 Robert Stafford et Luc Arpin commerçants de bois de St-Ambroise ont notifié et protesté à Denis Desrosiers propriétaire d’un moulin à scie dans le 4ème rang de Rawdon sur la rivière Rouge de leur livrer immédiatement 2.616 traverses restant d’un contrat de 5.000 à la chute de la rivière Rouge à Rawdon.
Le 22 janvier 1880 Narcisse Goulet meunier et scieur de St-Ambroise de Kildare demeurant maintenant aux États-Unis a reconnu avoir vendu à Jean-Baptiste Jarret dit Beauregard en 1856 une partie du lot N°9 du 11ème rang de Kildare avec un moulin à scie et à farine acheté de Bryan Markee et John Dixon en 1845 et il confirme l’acte de vente en faveur de Aurélie Jarret.
En août 1882 Luc Arpin a fait venir par le train une roue gigantesque pour son moulin de St-Ambroise pesant 5.000 livres.
En 1890 Luc Arpin a encore mis en vente son moulin à farine à St-Ambroise rang Radstock.
J. Claude Lapierre a écrit que Luc Arpin avait acheté les moulins de la faillite de John et Benjamin Dixon en 1869 et qu’il les avait exploités pendant 18 ans avant de les céder à son fils Charles qui les a aussi exploités pendant 18 ans. En 1906 Eugène Bourgeois a acheté le moulin à grain et 5 ans plus tard Wilbrod Perrault le moulin à scie; E. Bourgeois a ensuite acquis les moulins y compris celui à cardes situé à côté. Le moulin a scie a continué à fonctionner jusqu’en 1960.
Les moulins Goulet-Beauregard à la décharge du lac des Français sont moins bien documentés; en 1891 Léandre a mis en vente le moulin à farine.
À St-Alphonse M. Léon Gardner a mis en vente un moulin à scies rondes, un moulin à bardeau et un moulin à farine contenant 4 paires de moulanges en 1892.
M. Charles Arpin, propriétaire d’un moulin à bois, à Radstock, Kildare, annonce qu’il a en mains toutes sortes de bois de sciage, qu’il vendra à très bonnes conditions – L’Étoile du Nord, 11 juin 1896.
Le moulin à carde appartenait à Ulric Gauthier en 1926, puis en 1945 Lucien Fitzpatrick annonçait des machineries ayant servi aux opérations de carderie.
Les moulins à eau ont été remplacés par des moulins à vapeur qui étaient plus petits et plus nombreux. Il y a déjà eu à Ste-Marcelline cinq moulins à scie, trois moulins à farine et un moulin à cardes selon la municipalité, il y en avait aussi plusieurs à St-Ambroise et St-Alphonse.





















