Le « Père Chopin » ou « L’oncle du Canada »

Pendant 2 semaines à partir du 26 août 1944 le village de Saint-Théodore de Chertsey servit de décor pour le tournage du film « Le père Chopin ». Ce film est historique car il est considéré comme la première production cinématographique québécoise. Le film a été présenté en France sous le titre « L’oncle du Canada ».

La première production québécoise?

En fait c’est un français d’origine russe, Charles Philipp, qui est à l’origine de cette production. Depuis le début de la guerre la production de films en France est interrompue mais la demande existe toujours au Canada Français. Philipp commence donc par recruter une équipe de professionnels aux États-Unis pour mettre en place son projet: Fédor Ozep est un réalisateur déjà renommé avec une équipe de techniciens; François Rozet et Madeleine Ozeray sont des comédiens français connus. Le scénario est confié à Jean Desprez, journaliste. Reste à donner une couleur locale en ajoutant des seconds rôles québécois.

Le père Chopin - Chertsey

Début juin 1944 les auditions ont lieu: « Les meilleurs essais sont ceux d’Ovila Légaré, Pierre Dagenais, Janine Sutto, Ginette Letondal, Mimi Jutras, Murielle Guilbault, May Talbot, Adrien Villandré, Andrée Bastien, Andrée Basilières, Jeanne Démons, Jean-Paul Kingsley”.

“L’aménagement des studios va bon train à Ville St-Laurent. On achève les travaux d’acoustique. Sous peu on entreprendra la construction des décors. Des meubles ont été achetés et l’approvisionnement de pellicule vierge est suffisant”.

Cinémathèque québécoise: Renaissance Films et le PÈRE CHOPIN.

Le tournage

Le père Chopin au chalet du Mont-Royal

Le tournage du film commence au chalet du Mont-Royal les 13 et 14 août. Il devait avoir lieu lors d’un concert-bénéfice permettant de faire connaître le film mais une grève vient perturber ces préparatifs et la scène est finalement tournée avec 220 figurants.

Gala Père Chopin

Le 20 août le concert a lieu et quelques prises sont faites. Puis le 26 tout le monde déménage à Saint-Théodore de Chertsey. Pourquoi avoir choisi ce village, on ne sait pas. Il semble que Ozep avait d’abord choisi Sainte-Agathe pour le tournage.

Une fois les scènes extérieures réalisées, la production s’installe aux studios aménagés au collège de Ville Saint-Laurent pour terminer le tournage. À la fin de l’année le montage est complété et le film prêt à être distribué.

Réception du film

Le père Chopin

La première a lieu le 19 avril 1945 au cinéma Saint-Denis. « Le public lui fait un malheur : quatre semaines au St-Denis, dans un cinéma où la règle est de ne présenter qu’un film par semaine. La direction en est venue à cette décision devant les foules qui en fin de semaine notamment, se sont pressées aux portes du théâtre pour applaudir le premier film de langue française entièrement tourné dans la province.«

Les critiques sont presque unanimes pour louanger ce film qui montre le Mont-Royal et les Laurentides et pour souligner la qualité des dialogues de Jean Desprez. Pourtant certains critiques ne manquent pas de tempérer l’enthousiasme. C’est assez amusant de constater sur le site de la cinémathèque québécoise que la principale critique vient du journaliste de la Gazette: There is simply not enough of Québec in LE PÈRE CHOPIN. The actors speak Parisian French rather than the tongue of this province. Much flavor is lost to the film this way…

Le film reste malgré tout important puisqu’il s’agit d’une des premières productions réalisée au Québec avec des artistes québécois, il y a un commencement pout tout!

Histoire de Chertsey par Marcel Fournier

Le village de Saint-Théodore-de-Chertsey est choisi comme lieu de tournage des scènes extérieures du film pour représenter le village de Saint-Valentin. Plusieurs citoyens de Chertsey participent au film comme figurants ou comme fournisseurs de services: Alphonse Bélair, Émilien Riopel, Angélico Dupuis et Étoila Guernon, épouse de Raymond Poudrier. La maison d’Émery Poudrier, alors maire du village, sert également de lieu de tournage. Elle représente la maison de Paul Dupont, le professeur de musique. C’est surtout sur la colline, à l’arrière de la maison de Gaston Perreault, que le réalisateur tourne plusieurs prises de vues du village.

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