Catégorie: Histoire de Lanaudière
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La manufacture de biscuits et sucreries DuSault

Pour son bicentenaire en 2023 la Ville de Joliette a publié un historique de ses principales industries qui débute par un chapitre intitulé Biscuiterie, boulangerie et confiserie. La production industrielle de pain, de biscuits et de sucreries occupe, dès la fin du XIXe siècle, une place de choix dans l’économie de la Ville de Joliette. L’histoire de la manufacture de biscuits et sucreries DuSault fondée en 1900 par Damase Riopel est brièvement racontée. Elle a fermé en 1911 et a eu une courte existence mouvementée: faillites, fraude, attaque à main armée.

Les moulins à farine du village d’Industrie

La ville de Joliette s’est d’abord appelée Village d’Industrie et pour le bicentenaire son passé industriel a été mis à l’honneur. La publication Village d’Industrie 1823-2023 commence par l’histoire de la production industrielle de pain, biscuits et sucrerie. Il est curieux que cette documentation ne commence qu’en 1875 alors que le Village d’Industrie a été fondé en 1823 avec la construction d’un complexe industriel de moulins à farine, à scie, à cardes et à cloux sur la rivière de l’Assomption par les seigneurs de Lavaltrie. Un deuxième moulin à farine et un moulin à avoine ont ensuite été construits. C’étaient des établissements industriels très importants pour la fondation d’un village: pas de moulin pas de pain. En anglais le village était nommé Industry Mills.

Le droit de mouture de la farine était le privilège exclusif des seigneurs de Lavaltrie. Pour faire du pain et des biscuits il fallait de la farine. Dans la publication du bicentenaire les moulins à scie et le moulin à cardes sont documentés mais pas les deux moulins à farine et le moulin à avoine.

La boulangerie de Barthélémy Joliette

Après la construction des moulins en 1823 Barthélémy Joliette a fait construire en 1824 un magasin. Le 11 novembre il a conclu un marché avec François Panneton pour la maçonnerie, le devis mentionne faire un four en briques pour cuire cinquante pains. Ce n’était pas un four à pain pour ses besoins domestiques mais la première boulangerie du village.

Le 7 décembre un autre marché a été conclu pour la menuiserie. Le devis montre qu’il s’agissait d’un magasin et d’un bureau pour la gestion de la seigneurie. Le magasin devait être pareil à celui d’Amable Archambault marchand à L’Assomption.

La biscuiterie des clercs de St-Viateur

La première biscuiterie industrielle de Joliette documentée dans la publication de la ville a été fondée par les clercs de St-Viateur.

En 1876, la communauté des Clercs de Saint-Viateur se dote d’un four extérieur pour cuire le pain destiné à l’approvisionnement du collège et du noviciat. Dès la fin de juin 1877, en plus de la fabrication du pain, le frère Alexandre Boisvert entreprend la confection de biscuits: son succès est instantané. L’année suivante, on érige une bâtisse de deux étages à combles français, surnommée la « boutique », pour loger cette nouvelle entreprise.

Biscuiterie des clercs de St-Viateur vers 1890 – Archives des Clercs de Saint-Viateur

Les clercs ont été accusés de concurence déloyale par les boulangers de la ville puisque leur main d’oeuvre gratuite leur permettait de casser les prix. Ils ont cédé la gérance de leur manufacture à Louis-Zéphirin Magnan en 1880 puis à Jos Dufresne en 1907. L. Z. Magnan s’annonçait en 1900 comme épicier en gros, confiseur et manufacturier de biscuits de toutes sortes.

La Manufacture de biscuits et sucreries de Joliette

La deuxième biscuiterie documentée dans l’historique du bicentenaire de la ville est la biscuiterie DuSault située sur la rue St-Louis au coin de Ste-Anne à l’emplacement actuel de la maison des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie. Son histoire est résumée en quelques phrases, je l’ai documentée plus en détail.

Village d’Industrie 1823-2023 – Ville de Joliette

En 1900, Damase-Pierre Riopel (1868-1938) achète l’ancienne école Saint-Charles, située à l’angle des rues Saint-Louis et Sainte-Anne, et fonde la «Manufacture de biscuits et de sucreries de Joliette».

Le 15 janvier 1900 les commissaires d’école de Joliette avec l’autorisation du lieutenant-gouverneur de la Province ont vendu à l’enchère publique la maison d’école St-Charles à Damase Pierre Riopel et Stanislas Prosper Champoux. Le lot 73-20 contenait 156 pieds sur 173 borné au sud-est par la rue St-Louis, au nord-ouest par la rue Fabre, au sud-ouest par le numéro 72 et au nord-est par la rue Ste-Anne. Il était bâti d’une maison en briques de 2 étages couverte en fer blanc et autres dépendances. La propriété avait été acquise des Clercs de St-Viateur le 20 mai 1896. L’école a été vendue pour une rente perpétuelle de 24 piastres représentant un capital de 500 piastres payable aux clercs de St-Viateur plus une somme de 1.601 piastres payable aux commissaires d’école, prix de l’adjudication.

Stanislas Prosper Champoux était épicier en face du marché de Joliette en 1890; en 1900 son épicerie en gros était au 20-22 place Lavaltrie. Il était conseiller municipal de la ville de Joliette depuis 1898. Il semble avoir ensuite cédé sa part de la propriété de l’école St-Charles à Damase Riopel.

La Gazette de Joliette, 17 juillet 1890

Damase Riopel a fait agrandir le bâtiment qu’il avait acheté pour établir sa manufacture. Vu les nombreuses commandes que reçoit M. D. R. Riopel, Manufacturier de biscuits et sucreries de Joliette, M. Riopel est à faire construire une nouvelle bâtisse de 48 X 36 à 3 étages avec un four d’une grandeur de 21 X 30 et avec toutes les améliorations récentes, afin de répondre au besoin de sa pratique. Déjà il emploie 37 personnes, chaque jour lui apporte de nombreuses commandes.

L’Étoile du Nord, 8 novembre 1900

Les bonbons Klondyke de la nouvelle Manufacture de Biscuits de M. D. P. Riopel étaient publicisés dans le journal local, c’était sans doute son produit vedette.

L’Étoile du Nord, 7 février 1901

Damase Riopel avait peut-être acheté le droit de fabriquer les bonbons Klondyke de L. Martineau & Cie de Montréal créateurs du fameux bonbon. Ou alors il fabriquait des imitations de bonbons Klondyke.

Le Prix courant, 20 avril 1900

… à peine deux ans après l’ouverture de sa biscuiterie, éprouvant de sérieuses difficultés financières, M. Riopel cède les actifs de l’entreprise à son épouse, qui se voit rapidement contrainte à liquider l’ensemble des biens qui seront mis à l’encan. L’historique de la Ville de Joliette mentionne la cession de l’entreprise par Riopel à son épouse en 1902.

Gazette officielle du Québec, 5 janvier 1901

En décembre 1900 Exilda Tessier dit Lavigne avait institué une action en séparation de biens contre son mari Damase Pierre Riopel puis en mars 1902 Eugène Tessier dit Lavigne commerçant de Montréal faisant affaires en la ville de Joliette sous la raison de La Manufacture de biscuits et sucreries de Joliette a fait un abandon judiciaire pour le bénéfice de ses créanciers. La propriété de la manufacture semble avoir changé de mains lors de la séparation entre Riopel et son épouse.

Gazette officielle du Québec, 29 mars 1902

Les biens du failli Eugène Tessier dit Lavigne ont été mis en vente par le shérif: les lots 73-20, 2-61, 2-62 et 2-63 du cadastre de Joliette.

Ces immeubles étaient les terrains possédés par la Manufacture de biscuits et sucreries de Joliette et ils devaient être vendus avec les machineries et l’outillage.

L’Étoile du Nord, 24 juillet 1902,
La patrie, 14 juin 1902

Damase Pierre Riopel était échevin de la ville de Joliette en 1902 et il a été accusé d’avoir tiré traites sur traites sur des clients qui ne devaient pas un sou à la manufacture de biscuits dont il était le gérant. Il a subi son procès en septembre 1902. La Banque Nationale et son gérant à Joliette J. H. DuSault l’ont accusé d’avoir voulu frauder pour un montant de $1.200. Il a été condamné à 18 mois de travaux forcés.

La Gazette de Berthier, 26 septembre 1902

La manufacture de biscuits de J. H. DuSault

Le 29 juillet 1902 la Banque Nationale a vendu à Joseph-Henri DuSault gérant de sa succursale de Joliette les biens de la compagnie: le lot 73-20 du cadastre de Joliette de 146 pieds par 173 bâti de manufacture et autres bâtisses avec les machineries, engins, bouilloires pour la fabrication de biscuits et sucreries ainsi que les lots de terre 2-61, 2-62 et 2-63 sur la rue Ste-Anne. Le tout lui a été vendu pour 7.000 piastres. L’inventaire des bâtisses, machineries et accessoires a été dressé par le sherif, il était estimé à 24.107 piastres, 10.000 pour les immeubles et le reste pour le matériel. L’inventaire de 5 pages fait la liste des équipements d’une manufacture de biscuits et sucreries.

Dans la boulangerie la bouilloire, un engin automatique Léonard et le four valaient $5.500.

Il y avait des moules à Zoulous, à Cup cake, à pain de savoie, des scoops, des straps, etc. Le vocabulaire de la boulangerie-confiserie était plein d’anglicismes. Les 17 couteaux pour la machine à couper valaient $1.270, l’élévateur $400.

Il y avait un magasin meublé d’une armoire à cigar, une autre armoire divers, un stand pour la gomme, une armoire à sucreries, etc.

La machinerie dans le département des sucreries est ensuite répertoriée. La machine à Klondyke valait $15, la mix candy machine $450. L’inventaire répertorie finalement les 2ème et 3ème étages de la vieille bâtisse, le back store et la cave.

La société commerciale DuSault & Cie

Le 20 décembre 1902 Joseph-Henri DuSault fabricant de biscuits et de sucreries a vendu pour 7.000 piastres à la société commerciale DuSault & Cie représentée par une des associés, dame Joséphine Boulet, épouse contractuellement séparée de biens de M. J. Adolphe Renaud avocat, le lot 73-20 avec les immeubles et les outils de la manufacure et les lots 2-61, 2-62 et 2-63. Cette vente comprend également tous les biens mobiliers achetés au nom personnel du vendeur le 29 juillet dernier… des biens de Eugène Tessier dit Lavigne failli.

La photographie de la manufacture DuSault & Cie publiée dans l’historique de la Ville de Joliette est une carte postale qui a été numérisée par la BANQ mais la photo est inversée. Je ne sais pas laquelle des 2 photos est dans le bon sens. Il semble que la partie de droite est l’ancienne école St-Charles et celle de gauche l’agrandissement fait par D.P. Riopel. Le bâtiment faisait vraisemblablement face à la rue Ste-Anne entre les rues Fabre et St-Louis.

La photo semble avoir été prise après 1911 quand la manufacture était redevenue une école.

L’historique de la ville mentionne qu’en juillet 1902 Joseph-Henri DuSault et Joseph-Adolphe Renaud ont acheté la biscuiterie. Ce n’est pas exact. En juillet Dusault l’a achetée et en décembre il l’a vendue à la société DuSault & Cie qu’il avait formée avec l’épouse du maire Renaud. Riopel et Champoux étaient conseillers municipaux, Joséphine Boulet était la femme du maire, la politique et le commerce étaient étroitement reliés à cette époque.

Village d’Industrie 1823 – Ville de Joliette

Joseph Henri DuSault était le gérant de la Banque Nationale à Joliette depuis son établissement en 1898.

Guide des adresses de Joliette – 1900

Joseph-Adolphe Renaud, avocat, a été maire de Joliette jusqu’en 1902. L’avocat ouvre un bureau à Joliette avec J. Alexandre Guibault, à l’emplacement de l’actuel Hôtel Victoria. Intéressé par la politique, il est conseiller municipal dès 1891, puis élu maire de Joliette de 1897 à 1902. Aussi impliqué au niveau fédéral, il est défait lors de trois élections dans les comtés de Joliette et de Montcalm, entre 1900 et 1908, à titre de candidat conservateur. Le parc Renaud, près de la résidence, honore aujourd’hui sa mémoire. (Ville de Joliette)

DuSault & Cie manufacturiers de biscuits et sucreries de Joliette ont publié des annonces dans les journaux locaux pour vendre leurs produits. Le biscuit Village était mis en vedette. La liste des biscuits manufacturés par cette maison se chiffre par une centaine de noms. Les bonbons étaient nommés Chocolat, Tire Klondyke ou Satin blanc.

L’Étoile du Nord, 30 avril 1903

Le 9 avril 1904 la Banque Nationale représentée par le gérant de la succursale de Joliette E. E. Lépine, a autorisé la mainlevée partielle de l’hypothèque accordée à la compagnie de biscuits Dusault & Cie pour permette la vente des lots 2-61, 2-62 et 2-63.

Le 11 avril Joseph-Henri DuSault et Joséphine Boulet faisant affaires ensemble comme manufacturiers de biscuits et sucreries ont vendu à Ernestine Roberge le lot 2-63 et partie du 2-62 avec les bâtisses pour 650 piastres et à Delia Clermont le lot 2-61 et l’autre partie du 2-62 pour 350 piastres sans bâtisse.

Le journal du commerce Le prix courant a fait l’éloge de la maison DuSault & Cie successeurs de la Manufacture de Biscuits et Sucreries de Joliette dont on retrouvait les produits dans les grandes maisons d’épicerie en gros.

Le Prix courant, 21 octobre 1904

Une publicité faisait la liste des biscuits manufacturés, presque tous avaient des noms anglais.

Le Prix courant, 21 octobre 1904

En juin 1905 le même journal a annoncé la cessation du commerce DuSault & Cie et a publié une nouvelle publicité avec d’autres produits. Il s’agit bien d’un journal de commerce francophone mais tous les noms des produits sont en anglais à quelques exceptions près.

Le Prix courant, 9 juin 1905

Vente par J.H. Dusault et J. Boulet à Dusault & Cie Limited

Le 14 juillet 1905 J. Henri DuSault et dame Joséphine Boulet épouse séparée en biens de J. Ad. Renaud ont vendu le terrain, la bâtisse et les équipements de la manufacture à une nouvelle compagnie d’actionnaires nommée DuSault & Cie Limited pour la somme de $20.000. La vente comprenait le lot de terre 73-20 du cadastre de la ville de Joliette et toutes les machineries selon l’inventaire fait en 1902 par le sherif avec quelques ajouts. Le prix de vente devait être acquité ainsi: $4.500 piastres devaient être payées à la Banque Nationale pour le paiement de l’hypothèque, une somme de $5.500 payée en argent aux vendeurs le 1er août et 20 actions de $500 piastres chacune leur seraient attribuées. C’était une très bonne affaire pour les vendeurs.

Les actionnaires de la nouvelle compagnie étaient: J. Alex. Guibault, C. Auguste Goulet, André Trudeau, J. Osias Guibault, J. Trefflé Gaudet, Joseph E. Rivest, Joseph P. Laporte, J. Ad. Magnan, E. G. Piché, William Copping de Joliette et Joseph E. Lalonde de Montréal.

L’Étoile du Nord, 20 juillet 1905

L’ancienne manufacture de biscuits de M. DuSault a recommencé ses opérations en août. J. H. DuSault était président, J. E. Lalonde gérant, C. A. Goulet vice-président, etc. 60 personnes y trouveront de l’emploi.

L’Étoile du Nord, 27 juillet 1905

En 1907 un cambriolage à la manufacture DuSault & Cie Ltée a fait sensation. De bonne heure les cambrioleurs se sont introduits dans la manufacture masqués et sont emparé du gardien de nuit en lui mettant le revolver sur la tempe. Ils ont fait sauter le coffre-fort dans le bureau pour s’emparer de $75 à 80 en argent et de documents. Quelques jours plus tard un habitant de St-Thomas a retrouvé les documents dans sa grange mais pas l’argent. Il n’y a pas eu d’arrestation immédiate, peut-être plus tard.

Le Canada, 14 novembre 1907

Le nom de Du Sault signifie: des biscuits et des sucreries de haute classe… La qualité et le prix ont valu aux 400 variétés de Du Sault d’être placées à la tête du marché. La compagnie avait alors des agents à Ottawa, Québec, Sherbrooke et Toronto.

Le Prix courant, 6 novembre 1908

La compagnie fabriquait 400 variétés de produits ce qui semble indiquer une gestion aventureuse mal encadrée.

Un plan accompagnant un acte notarié en 1910 montre le terrain de J.H. DuSault au coin des rues St-Charles-Borromée et Notre-Dame.

Le 7 novembre 1912 Marie Amanda Hélène Renaud veuve de J,H. DuSault a vendu à Pierre Laporte médecin le lot 300 du cadastre de Joliette avec des lisières sur le 301 sans bâtisse.

The Merchants Biscuit Company

L’historique de la ville de Joliette raconte ensuite qu’en 1910 à la suite du décès de J.H. DuSault l’entreprise est passée aux mains de la Merchants Biscuit Company. Mais DuSault n’était qu’un des actionnaires de la compagnie, il devait y avoir une autre raison pour qu’elle ait été vendue.

Adélard Marchand de St-Tite semble avoir été le président d’une compagnie à actions nommée The Merchants Biscuit Company Limited. La Banque d’Hochelaga a poursuivi A. Marchand et la compagnie en juin 1911 à la cour du circuit de Joliette.

L’Étoile du Nord, 15 juin 1911

Le 9 octobre 1911 le notaire Siméon Alfred Lavallée liquidateur de The Merchants Biscuits Co Limited a vendu à la Congrégation des Soeurs des Saints Coeurs de Jésus et Marie le lot 73-20 borné par les rues St-Louis et Ste-Anne avec le matériel, outillage, machineries et stock se trouvant dans les bâtisses pour $13.000 plus les frais.

En septembre 1912 dans la poursuite déposée par J. E. Lalonde contre The Merchants Biscuit Company Limited insolvable un avis aux actionnaires et créanciers a été publié.

L’Étoile du Nord, 19 septembre 1912

Dans un article de 1914 titré Pourquoi tant d’industries ont-elles failli à Joliette le maire Guibault mentionne la manufacture de biscuit Dussault dont les dirigeants ne connaissaient pas leur métier. Ils n’avaient pas l’expérience ni le sens des affaires qui leur aurait enseigné l’économie…

L’action populaire, 19 mars 1914

L’école des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie

L’historique de la biscuiterie se termine par la vente de la manufacture en 1911 à la communauté des soeurs des Saints-Coeurs de Jésus et de Marie.

L’histoire de la congrégation a été racontée pour son cinquantenaire à Joliette par Robert Valois c.s.v.: Les soeurs des Saints Coeurs de Jésus et de Marie – 1903-1953. Le 15 mai 1905 la congrégation a acheté une maison sur la rue St-Louis au coin de St-Joseph à Joséphine Derome veuve Leprohon qui allait devenir leur maison provinciale. Toutes ces œuvres tinrent bon dans la Maison Leprohon jusqu’en 1908, époque où Mgr Archambeault autorisa l’agrandissement que l’ on peut voir encore sur la rue Saint-Louis. Il faut dire ici qu’ en 1906-1907, l’école des petites filles se fit dans une maison de la rue Saint-Viateur, à l’endroit où s’élève aujourd’hui la salle de cinéma Vénus.

Le 18 juin 1908 la Corporation Épiscopale de Joliette a vendu aux soeurs le lot 72 de Joliette avec les bâtisses érigées acquis de Avila Charland en 1907 pour 3.250 piastres payées comptant.

La maison provinciale a été inaugurée en 1909 et l’aile de la chapelle a été commencée en 1918. Le 7 octobre 1911 pour $13.700 les Soeurs des Saints Coeurs achetèrent la manufacture de biscuits, voisine de leur maison, la réunirent à leur couvent par une passerelle et en firent l’École Ste-Anne où se transportèrent les enfants.

Aujourd’hui le lot 73-20 où se trouvait la manufacture est en partie occupée par un stationnement et la maison provinciale des soeurs située à côté abrite les logements sociaux de la Corporation du Carré Saint-Louis dont la mission est de lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Il semble que la manufacture ait été démolie après 1938, un bâtiment occupe le nord du lot sur la rue Fabre mais il a l’air plus récent.

Il y a eu 3 écoles nommées successivement St-Charles à Joliette, ce qui est un peu mélangeant. Dans le répertoire du patrimoine bâti de Joliette l’école Saint-Charles se trouve au coin des rues St-Barthélémy et St-Antoine au bord de la rivière de l’Assomption et c’est l’ancienne école protestante.

Carte du Québec

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