Tout peut changer

Malgré le constat désastreux de l’environnement qu’elle fait Naomi Klein nous dit que « Tout peut changer ». Mais pour ça il faudrait changer de système économique, gérer la décroissance en étant solidaires puisque l’avenir de la planète nous concerne tous.

Naomi Klein est une écrivaine canadienne militante fréquentant tous les réseaux alter-mondialistes et écologistes depuis maintenant de nombreuses années. Son essai « Tout peut changer » est une vraie mine de renseignements pour quiconque voudrait comprendre les enjeux écologiques actuels. Tout le monde connaît le problème mais on a tendance à le minimiser et à se dire que c’est encore loin.

Le capitalisme en guerre contre le climat

Le principal constat qu’elle fait est que la forme de capitalisme que nous connaissons actuellement est en guerre avec la planète. Son moteur est d’exploiter toutes les ressources à court terme pour une croissance continue. Tout arrêt de la croissance signifierait sa fin et le chaos économique. Son but est donc d’abolir toute restriction et réglementation. La seule valeur reconnue est abstraite, c’est l’Argent qui doit croître indéfiniment et tout absorber. Au fur et à mesure que les ressources deviennent plus rares les moyens pour les exploiter deviennent de plus en plus polluants et le seront toujours plus. La réalité commence à nous rattraper : les alertes de smog, l’exploitation du gaz de schiste dans nos cours, les mines qui rouvrent un peu partout, le pétrole qui transite en trains, en oléoducs, la pollution se rapproche et nous touche directement.

Un exemple parmi tellement d’autres

Depuis au moins 30 ans l’exploitation du pétrole dans le delta du Niger a occasionné une guerre civile ininterrompue. Les experts estiment la Delta du Nigerpollution produite à l’équivalent d’environ 500 pétroliers comme l’Exxon Valdez qui se seraient déversés chaque année dans le delta depuis 30 ans. Peu importe les chiffres exacts, c’est un désastre écologique et social gigantesque mais tant qu’on a du pétrole pas cher chez nous on n’est pas trop regardant, on s’en fiche. Les compagnies pétrolières peuvent se comporter en prédateurs et ramener les coûts de production au strict minimum avec notre bénédiction puisque les coûts sociaux et environnementaux ne sont pas pris en compte.

Mais toute pollution finit par nous rejoindre. Par l’air, la mer, l’eau, notre nourriture. Elle s’accumule, entre dans la chaîne alimentaire, a des effets sur le développement des jeunes. Comment connaître l’effet à long terme de ce cocktail de substances chimiques dans lequel nous baignons. Et puis il ne faut pas oublier les effets sociaux, tous ces pays déstabilisés pour satisfaire nos appétits. Plus les ressources seront rares plus la lutte sera globale et brutale.

L’espoir de changer

Dans cet essai écrit en 2013 on a l’impression que N. Klein tente de se convaincre elle-même que « Tout peut encore changer » mais on sent que le cœur n’y est pas. Pour qu’on ait une maigre chance de survie il faudrait Manifestation contre Trumpchanger tout notre système économique, gérer la décroissance, ce qui est totalement incompatible avec notre système actuel qui ne peut pas ralentir sans tomber. Partout sur la planète les gens sont conscients des enjeux et voudraient changer mais le capitalisme sans limites qui prend le contrôle du monde ne laisse aucune place à la société, à la politique, à la solidarité. Plus de vision à long terme, juste une machine infernale qui aspire la vie. Pendant que les citoyens font l’effort de recycler leurs détritus, l’industrie pour être compétitive doit cacher et extérioriser sa pollution au maximum. Le gagnant sur le Marché global est le plus grand tricheur, le plus grand pollueur.

En entrevue après l’élection de Donald Trump on comprend que pour Naomi Klein aussi la bataille est terminée et perdue. Bien sûr il faut essayer de croire à la cause et être optimiste surtout quand on a des enfants comme elle. Mais comment se motiver quand des années d’efforts et de luttes difficiles s’avèrent totalement inutiles ? Difficile d’imaginer que la situation va s’améliorer à court terme en tout cas et pourtant le temps presse, la machine à polluer s’accélère toujours avec des produits toujours plus puissants.

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