Luce Pelland a laissé aux archives de la BAnQ des albums contenant 505 photos prises à Sainte-Émélie-de-l’Énergie et ses environs entre 1924 et 1936 date de son mariage avec Paul Sauvé futur premier ministre du Québec. Après une guerre absurde c’étaient les années folles. Ces photos font penser à la série télévisée Le temps d’une paix montrant le contraste entre les habitants de la ville et ceux des rangs à la campagne.
Les albums photographiques familiaux aussi riches sont rares, la photographie coûtait cher à cette époque. Luce Pelland avait fait des études et elle travaillait à Montréal. Comme dans la série Le temps d’une paix, elle venait visiter ses parents à la ferme régulièrement.
Il semble y avoir surtout des filles dans la famille Pelland; on trouve dans ces albums beaucoup de portraits de femmes, des femmes des années folles en train de se libérer.
Luce Pelland
C’est à Ste-Émilie-de-l’Énergie (sic), joli petit village situé un peu au nord de Joliette que naquit celle qui, par son mariage, devait être la charmante hôtesse du premier parlement vraiment national du Canada français. Fille de Zéphirin Pelland et d’Hermine Laferrière, Luce Pelland après de fortes études, fut pendant quelques années, secrétaire des Juges de la Cour de Circuit à Montréal. Il y a moins d’un an, elle épousait Me Paul Sauvé, le talentueux et jeune député des Deux-Montagnes.
Luce Pelland-Sauvé
Selon les informations de la BAnQ cette sous-sous-série comprend 4 albums photographiques de la famille et des amies de Luce Pelland… On peut voir les 505 photos sur le site de la BAnQ.
J’ai fait une sélection de photos se situant, je crois, à Ste-Émélie-de-L’Énergie et St-Gabriel-de-Brandon. Il y a des indications sur quelques photos qui permettent de les dater à partir de 1924. Paul Sauvé apparaît sur les photos en 1928, Luce Pelland l’aurait donc fréquenté plusieurs années avant son mariage en 1936.
La ferme à Ste-Émélie et les parents Pelland
En lisant le livre Sainte-Émélie-de-l’Énergie à travers le temps de Richard Belleville j’ai pu situer la ferme de la famile Pelland sur le rang de la Feuille d’Érable.




Les amies et les sœurs de Luce
Il semble y avoir beaucoup de filles dans la famille Pelland, on voit peu de garçons sur les photos. La plupart sont des photos de jeunes femmes qui semblent plutôt libres et actives. Le contraste avec leur mère qu’on voyait plus haut est frappant.
















Faire les foins








La baignade
On a du mal à se représenter la réalité du passé; se baigner dans la rivière est une activité vieille comme le monde. Les gens étaient plus libres qu’on ne l’imagine si on se fie à ces photos.
















Sports d’hiver





Excursion à St-Gabriel de Brandon
Les photos sont difficiles à situer je ne suis certain de rien. Le tramway sur ce chemin de campagne est assez exotique!









Chasse et pêche





Paysages










En agrandissant certaines photos on peut voir à quoi ressemblait le village de Sainte-Émélie à cette époque:




En auto






Paul Sauvé futur premier ministre du Québec


Le rang perdu de mon enfance
J’avais rédigé cette chronique en 2021 et puis en 2026 j’ai trouvé un livre à la bibliothèque de Joliette intitulé Oser le Nord, le rang perdu de mon enfance de Hubert Coutu qui raconte l’histoire du rang de la Feuille d’Érable.
Qui aurait pu prédire en 1950 que vingt ans plus tard l’agriculture aurait complètement disparue du Rang de La Feuille d’Érable ainsi que les familles qui l’ont habité? Témoin de cette période marquante, l’auteur relate en détail les tenants et aboutissants de ce grand chambardement. Pourquoi l’agriculture centenaire disparait-elle si rapidement? Comment celle-ci amène-elle l’exil de ses occupants? Plus généralement, valait-il la peine d’ouvrir à bout de bras un territoire refermé si tôt? L’auteur essaie de répondre à ces questions complexes en racontant Le Rang Perdu de mon Enfance.
Éditions Mots en toile
Ce petit livre raconte une page essentielle de l’histoire du nord de Lanaudière et des Laurentides. Quand j’habitais Chertsey j’avais essayé de documenter le fait que la forêt où j’habitais avait été autrefois un paysage ouvert, cultivé puis abandonné, aussi étonnant que ça paraisse.
Hubert Coutu raconte très bien cette histoire qu’il a vécu. La ferme Pelland, la plus grosse du rang, a appartenu au frère de Luce, Omer. En 1956 il a fait encan de ses biens et Paul Sauvé mari de Luce a racheté la terre et les bâtiments. La famille Pelland habite la maison encore quelques années et descend au village. Les jeunes Arbour, petits-fils, y feront un peu d’élevage de boeufs quelques saisons. La magnifique maison est abandonnée et la terre fut au repos, en attendant que la forêt y reprenne ses droits.
Dans les années 1970 un médecin de Montréal a racheté plusieurs terres du rang et incendié ou laissé à l’abandon les bâtiments. La forêt a disparu aussi vite qu’elle avait été défrichée 100 ans plus tôt et il est bien difficile d’imaginer qu’il y avait autrefois des champs et des prairies tout le long du rang de la Feuille d’Érable.
Sur la page Facebook Ste-Émélie de l’Énergie a 150 ans j’ai trouvé cette photo:
Visite de Madame Luce Pelland-Sauvé à ses anciens voisins de rang. De gauche à droite: Hubert Coutu, sa mère Exerina (Bélanger), Madame Pelland-Sauvé et William Coutu. Luce (Lucienne) Pelland est la fille de Zéphirin Pelland et Hermina Laferrière. La terre de Zéphirin était voisine celle des Coutu (vers Sainte-Émélie).





Très intéressant. Une photo vaut bien mille mots et permet de découvrir et aussi d’imaginer la vie quotidienne de cette époque.
Merci
Très intéressant, on peut remarquer qu’à cette époque, les femmes ne portaient pas de pantalon.
Il me semble qu’au contraire, elles portent le pantalon sur plusieurs photos