En 1900 les entrepreneurs de Rawdon réclamaient la prolongation de la ligne de train jusqu’au village pour développer leurs industries. Le bois de pin exploité dans le haut de Rawdon et les cantons du nord descendait par les rivières Ouareau et Rouge vers leurs moulins à scie mais la ressource commençait à être épuisée. Une nouvelle industrie avait pris la relève depuis les années 1880, l’exploitation du bois de pulpe pour la fabrication de la pâte à papier. Le train est arrivé en 1910 mais c’était déjà trop tard pour l’industrie forestière de Rawdon qui est plutôt devenu une destination touristique.
L’histoire de l’industrie forestière et celle de l’industrie touristique sont étroitement reliées en ce début de XXème siècle à Rawdon. Les promoteurs de la création du lac Rawdon qui allait faire connaître la destination Rawdon aux villégiateurs de Montréal étaient des marchands de bois. Le barrage qui a créé le lac Pontbriand a remplacé celui d’un moulin à scie à la même époque.
En 1900 le bois de pulpe pour la fabrication du papier était en forte demande en Amérique du Nord et le village de Rawdon possédait le territoire forestier et les pouvoirs d’eau recherchés par les industriels. Le journal de Joliette annonçait en février 1900 des investissements d’au delà de 1 million de dollars et des emplois pour 400 à 500 personnes à Rawdon. Il faudrait construire des maisons dans le village pour loger tous ces travailleurs, l’avenir s’annonçait prometteur.
Jean-Baptiste Rolland important manufacturier de papier de St-Jérôme avait fait une visite à Rawdon pour étudier la possibilité d’y construire une usine de transformation de la pulpe mais le projet n’a pas abouti. Il manquait encore une ligne de chemin de fer permettant de transporter la production vers les marchés pour rendre les pouvoirs d’eau de Rawdon exploitables intensivement et elle ne sera construite qu’en 1910.

Le moulin de la chute Jones
Les journaux publiaient alors régulièrement des articles pour réclamer le prolongement de la ligne de train en vantant les richesses des cantons du nord, de Rawdon jusqu’à St-Donat.
Quand les journalistes énuméraient les pouvoirs hydrauliques de Rawdon ils commençaient évidemment par la chute Darwin (sic); puis la chute Jones était mentionnée parmi les autres chutes de Rawdon. Cette chute n’existe plus et son nom a été oublié, elle a disparu quand le lac Pontbriand a été formé et que le niveau du lac a été haussé jusqu’au site actuel du parc des Cascades. Il y avait autrefois une dénivellation de 18 pieds depuis le haut de cette chute de la rivière Ouareau.
Edward Rowan maître de poste de Rawdon et le Docteur Joseph Marie Aumont de St-Esprit ont été les premiers à vouloir exploiter le bois de pulpe à Rawdon. Ils ont acheté les droits sur la chute Jones pour y installer un moulin à pulpe; ils ont aussi acheté des terres à bois dans le haut de Rawdon. Il ne suffisait pas de construire un moulin, il fallait pouvoir l’approvisionner en bois, sapin et épinette.
Le 26 novembre 1903 William Jones a vendu à Edward Rowan et Joseph Marie Aumont le lot 9d du 10ème rang sur la rivière Ouareau avec un moulin à farine et plusieurs terrains autour sur la rivière; Thomas Tinckler leur a vendu le même jour une partie du lot 9a sur la rivière. Ce moulin existait depuis au moins 1864 quand William Jones avait vendu à William Smiley la moitié sud-est du lot 9 dans le 10ème rang sur la rive nord de la rivière Lacouareau avec le site d’un moulin, le pouvoir d’eau et son privilège qu’il avait acquis de George Tinkler en 1857. Le 2 octobre 1876 William Smiley a vendu à George Gilmour propiétaire de moulins à Joliette la moitié sud-est du lot N°9 dans le 10ème rang sur la rivière Lacouareau avec un moulin à scie.
Le moulin de Hervey Elmore Howe
Hervey Elmore Howe a été un important marchand de bois; dans les années 1920-1950 il était dirigeant de la Howe Lumber Co à Trois-Rivières. Il avait d’abord été employé de la Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Co qui exploitait déjà intensivement le bois de pulpe du bassin de la rivière Ouareau; vers 1904 il s’est installé à Rawdon et y a construit un moulin pour travailler à son compte.
En 1904 le journal annonçait que le nouveau moulin à scie de M. Henry Howe employait une quinzaine d’hommes et que les propriétaires de scieries de Rawdon faisaient des affaires d’or. Ce moulin avait été construit dans le village entre la rivière Rouge et la rue Metcalfe près de la 4ème avenue sur un terrain appartenant à l’église anglicane Christ Church de Rawdon.
Le 6 juin 1905 le révérend William Davies et les church wardens de la paroisse Christ Church ont accordé un bail de 10 ans à Hervey Elmore Howe pour une partie du lot 18o du 5ème rang de 80 pieds de large entre la rue Metcalfe et la rivière Rouge tenant au moulin à scie de Howe et à George H. Pearson et Thomas Pearson pour $9.75 par année avec une promesse de vente éventuelle pour le prix de $200. Le 21 septembre 1905 le révérend Davies et les church wardens ont accordé un autre bail de 10 ans à Hervey E. Howe marchand de bois pour un terrain tenant à la rue Metcalfe et sur 2 côtés au terrain de l’église étant la partie sud-ouest du lot 18o, de 100 pieds par 180, pour $10 par an avec une promesse de vente pour $200.
Le moulin de Hervey Elmore Howe était construit près de la rivière Rouge mais ce n’était pas un moulin fonctionnant avec une roue à eau, c’était un moulin à vapeur; la production de la vapeur nécessitait néanmoins la proximité d’une source d’eau. Le bois était encore transporté par les draveurs en flottant sur la rivière et était hissé jusqu’au moulin par des machines. Il semble que c’était une scierie classique et pas un moulin à pulpe de bois.
Sur ce plan cadastral des années 1930 fourni par la Société d’Histoire de Rawdon on voit les subdivisions du lot 18 du 5ème rang. Le premier terrain loué à H. E. Howe de 80 pieds par 100 serait une partie du lot 18o-21 situé en face de la 4ème avenue tenant à son moulin à scie situé sur le 18s179. Le deuxième terrain semble être le lot 18o-14 de 100 pieds en façade sur une longueur de 180 pieds.
Les terrains de Christ Church dans le village
Sur une carte interactive publiée par l’organisme English Community Organization of Lanaudière (ECOL) on lit qu’un des points d’intérêt de son parcours patrimonial est un terrain nommé La Glèbe: c’est l’un des espaces verts inchangés du village de Rawdon depuis plus de 200 ans! C’est curieux puisque les archives notariées montrent au contraire que ce terrain a été un site industriel où se trouvaient la scierie Howe et une manufacture sur des terrains loués par la paroisse Christ Church. Beaucoup de transactions ont eu lieu dans ce secteur du village à cette époque.
Le terrain de glèbe aurait appartenu à l’église anglicane depuis 1821 et serait resté un jardin potager pendant 200 ans servant à nourrir le pasteur de la Christ Church demeurant dans son presbytère.
Sur le site Christ Church, Anglican Parish of Rawdon on trouve un historique en anglais précisant que le terrain de Glèbe a été donné à la paroisse Christ Church en 1840 par lettres patentes.
Land was given to the Parish in 1840 by Royal Letters Patent. These same Royal Letters Patent created the Glebe Land (lands under the legal control of the Incumbent) on which land the Rectory now stands.
La localisation précise du terrain donné à la paroisse n’est pas détaillée. En 1901 l’archevêque anglican a donné l’autorisation au révérend William Davies incumbent et aux succumbent and church wardens of Christ Church, Robert Smith et Richard Boyce, pour vendre le terrain de Glèbe et le champ situé derrière en lots à construire. Une première vente a eu lieu le 29 novembre 1901: vente par Christ Church of Rawdon à William Way du lot 17-204 du 5ème rang. La procuration de l’archevêque William Bennett Bond au révérend William Davies est annexée à l’acte notarié avec la résolution adoptée lors d’une assemblée des membres tenue le 29 avril 1901. Une lettre du révérend Davies à un bureau d’avocats de Montréal précise bien qu’il s’agit de vendre the remaining lots of the Rawdon Glebe, les lots restant de la Glèbe de Rawdon.

Une série de ventes de terrains a suivi. Le 27 août 1902 vente par Christ Church à Fred Ulric Aumais du lot 17-204 tenant à la rue Metcalfe, William Way et les vendeurs, à John Lindsay, à William Walsh, à Elise Rondeau, à William Boyce, à James Barrows. Un plan annexé situe les lots qui ont été vendus entre les rues Church et Metcalfe autour de l’église Christ Church.
La paroisse Christ Church était aussi propriétaire de terrains dans le lot 18 mais ils ne sont jamais désignés comme terrain de Glèbe. Le 6 juin 1905 William Walsh et Isaac Blagrave church wardens of the Episcopial Church ont fait donation au révérend William Davies d’une partie du lot 18o du 5ème rang. Ce plan de Rawdon en 1906 situe les lots 17 et 18 du 5ème rang, séparés par la rue Metcalfe. Le terrain désigné Glèbe par la ville de Rawdon serait la partie 18c où se trouvaient un moulin et une manufacture.

The Rawdon Lumber Company Limited
L’exploitation des riches forêts situées autour du village de Rawdon dépendait de la venue du train pour transporter le produit de ses manufactures vers les marchés. Les journaux ont continué à annoncer sa construction prochaine en vantant les pouvoirs hydrauliques de Rawdon.
Il y a également à Rawdon beaucoup de bois de pulpe et de construction qui n’attend que la construction de la nouvelle voie pour être introduit sur les marchés.
La chute à Magnan sur la rivière Ouareau a été le site de plusieurs moulins à scie et à farine; son pouvoir d’eau était plus facile à exploiter que ceux des chutes Dorwin et Manchester dans le village. Déjà en 1845 Arthur Hamilton avait vendu à Jean-Louis Archambault maître-meunier un terrain avec un moulin à scie et un moulin à fouler. Le moulin à scie de Riopelle a ensuite été construit à côté. En 1896 la Corporation de la paroisse de St-Patrick de Rawdon avait conclu un marché avec Richard Boyce propriétaire du moulin à farine pour la reconstruction d’un pont sur la rivière Ouareau à la place à Magnan, au même emplacement que l’ancien.

Le 7 août 1906 Médéric Magnan maître-scieur a vendu à Amédée Bélanger ses droits sur un terrain tenant à celui de la Fabrique catholique, à la place de Magnan, au chemin du 7ème et à la rivière Ouareau avec un moulin à scie et autres bâtisses, un autre terrain et les permis de pouvoir d’eau. L’acte suivant mentionne la donation faite par Charles Magnan à Médéric en 1881.
En 1906 le journal a annoncé qu’une nouvelle compagnie avec un capital de $100.000 avait jeté à terre le vieux moulin Manual (Magnan) et se préparait à en construire un nouveau, encouragée par les promesses de l’arrivée prochaine du train (The daily witness, 10 octobre 1906). En décembre 1906 The Rawdon Lumber Company Limited a reçu ses lettres patentes pour l’exploitation et le commerce du bois; ses dirigeants étaient Théodore Bélanger président, Louis Eugène Simard et Amédée Bélanger.

Le gouvernement possédait encore des terres à bois dans le haut du canton de Rawdon et à Chertsey, en 1906 le sous-ministre des Terres et Forêts a mis en vente des limites de coupes de bois dans le 11ème rang de Rawdon et les 5 premiers rangs de Chertsey, 13½ milles carrés en tout. La prospérité des moulins à scie dépendait de leur approvisionnement en bois. Les concessions de coupes de bois sur les terres de la Couronne dans le haut du bassin de la rivière Ouareau étaient monopolisées par les grandes compagnies comme la Charlemagne & Lac Ouareau Lumber.
En 1907 le journal annonçait une activité extraordinaire dans le village de Rawdon. M. A, Bélanger & Cie y avaient terminé la construction d’un immense moulin à scie des plus modernes venant d’être mis en exploitation.
Dans L’Étoile du Nord du 21 novembre 1907 on lisait: un moulin très considérable a été construit sur la chute Magnan par The Rawdon Lumber Company au coût de $60.000 et il donne de l’ouvrage à 60 chefs de famille.
Le 25 mars 1909 un bail à rente emphythéotique de 10 ans a été notarié par la fabrique catholique de Rawdon représentée par le curé Landry en faveur de Amédée Bélanger industriel de Valleyfield pour une pointe de terre partie du lot 16c du 6ème rang tenant à la rivière Ouareau pour sa cour à bois; le bail était en vigueur depuis le 1er octobre 1907.
Il y avait encore un moulin à farine au même emplacement. Le 22 juin 1904 dans la déclaration du décès de William Boyce on lit qu’il possédait une moitié indivise des lots 28a du 7ème rang et la partie S-E du 15e du 6ème tenant à la rivière Ouareau et Charles Magnan, la partie S-E du 15a du 6ème avec un moulin à farine et quill, etc. Le 21 septembre sa veuve Melinda Lindsay a vendu à Richard Boyce la partie S-E du lot 15a avec le moulin à farine et S-E du 15e.
Les 7 moulins de Rawdon en 1907
Dans L’Étoile du Nord du 21 novembre 1907 on lisait: les moulins de Howe, de Pearson, de Barry et The Laurentian Lumber Co participent au progrès général. Tous ces moulins étaient situés sur le lot 18 du 5ème rang dans le village de Rawdon au bord de la rivière Rouge.

La Presse du 19 octobre 1908 mentionnait 7 moulins à Rawdon, ceux de Howe, Magnan, Rowan, Mason, Copping, Barry, Paradis et la manufacture de bois de M. Pearson. Les pouvoirs hydrauliques de la chute Dorwin avec une tête d’eau de 60 pieds pouvaient développer 5.000 forces de chevaux et ceux de la chute de Manchester de 40 pieds 2.500 h.p.; elles appartenaient à MM. Ross et Redford de la compagnie Charlemagne & Lac Ouareau Lumber qui les avaient acheté en 1906. La chute Magnan de 28 pieds était utilisée par le nouveau moulin Bélanger (2.500 h.p.), la chute Jones de 18 pieds avait été vendue à E. Rowan et J. M. Aumont (2.000 h.p.), la chute Mason sur la rivière Rouge appartenait à William Barrie (50 h.p.).
Le moulin Paradis
Le moulin Paradis était situé à la décharge du lac Brennan, il a changé plusieurs fois de propriétaire; il existait déjà en 1865.
5 avril 1865 – Société entre Ludger Brien dit Desrochers et Damase Desjardins pour faire le commerce de bois en utilisant le moulin à scie Desrochers pour scier des billots coupés dans le canton de Rawdon. Le 12 octobre Ludger Brien dit Desrochers a vendu à Édouard Brien, Blaise Dugas et Sévère Dugas un terrain sur le lot 15 du 9ème rang avec un moulin à scie à la décharge du lac Brennan.
Le 27 juin 1904 Joseph Venne avait vendu à Joseph Théodore Paradis le lot 15b du 9ème rang, un moulin à scie qu’il avait érigé sur le lot 15a avec la permission de Thomas et John Lane avec plusieurs terres à bois: 16a du 9ème rang, 15a et 15b, 16a et 16b du 10ème, partie du 16b du 11ème. Déjà en 1865 Ludger Brien avait vendu un moulin à scie sur la moitié sud-est du lot 15.
Le 10 février 1905 Joseph Théodore Paradis a vendu à Ludger Belisle le lot 15b avec le moulin à scie. Le 24 octobre 1907 Ludger Belisle a revendu à Joseph Théodore Paradis ses droits sur le lot 15b, sur le moulin à scie érigé sur le 15a, les lots 16a à la décharge du lac Brennan et les lots à bois avec tous les billots se trouvant sur ces terrains. Le 27 avril 1911 J.T. Paradis a vendu à Henry Smith et Thaddeus Way tous ses droits sur le lot 15b-9 et un moulin à scie érigé sur le 15a-9 avec la permission de John et Thomas Lane et ses droits sur les lots de bois.
Le moulin d’Ambrose Rowan
Le 29 novembre 1906 Ann Monahan veuve de Ambrose Rowan a donné à Thomas and Albert ses fils les lots 7c, 7b et 8c du 7ème rang avec un moulin et autres bâtiments; ce moulin était construit sur la rivière St-Esprit près de là où se trouve aujourd’hui le chemin Ambrose. La donation comprenait aussi les lots 6b, 2a, 3 et 9b du 7ème; 2a du 8ème; la coupe de bois du 9c du 8ème, des 13a et 14a du 10ème. Dans le recensement de 1861 John Rowan était déjà propriétaire d’un moulin à cet emplacement.
Le moulin Copping
La liste des 7 moulins de Rawdon mentionnait le moulin Copping que je n’ai pas pu documenter. Cette annonce d’une terre à bois à vendre en 1907 situe le moulin Copping près d’un chemin conduisant au lac des Français vers Ste-Marcelline. Il pourrait s’agir du moulin situé sur la rivière Rouge, lot 22 du 7ème rang près du village Canadiana; mais il faudrait trouver plus de documentation fiable.
Le moulin de Barrie & Neveu
Dans le recensement de 1851 Daniel Trusdelle était propriétaire de 2 moulins à scie sur le lot 18 du 5ème rang et il avait le privilège de construire des moulins sur la rivière Rouge dans les limites du village de Rawdon. En 1871 un moulin à scie et un moulin à farine ont été recensés à cet emplacement appartenant à Edward Mason; la chute où ils étaient situés a été nommée chute Mason. Les moulins de James C. Mason ont été détruits par un incendie en 1896 et reconstruits.
Le 14 avril 1908 William Barrie qui était devenu propriétaire des moulins de la chute Mason sur la rivière Rouge s’est associé à Misael Neveu commerçant de bois, propriétaire de nombreux lots de bois à Rawdon et Chertsey pour exploiter ces moulins situés dans le village. Le 29 septembre 1909 William Barrie a vendu à Misael Neveu sa part dans la société Barrie & Neveu.
Le site Histoire de Rawdon a publié une vue partielle de ce moulin situé en-haut de la chute Mason avant la construction du barrage du lac Rawdon.
The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Company
En 1909 Robert Reford et Donald-William Ross marchands de bois de Montréal ont acheté le lit de la rivière du lac Ouareau entre les lots 16A et 16B du 5ème rang et les lots 15, 16, 17 et 18 du 4ème rang de Rawdon y compris les 2 chutes de Darwin (sic) et de Manchester, les rapides ainsi que les îlots et les rochers appartenant encore à la Couronne, une superficie de 70 acres environ et 4.700 forces de chevaux pour $1.500.
Les documents de la vente ont été conservés dans le greffe de l’Arpenteur Général du Québec avec un plan. La vente comprenait toute la partie de la rivière Ouareau colorée en jaune.
Robert Reford et Donald-William Ross étaient les actionnaires principaux de la Charlemagne & Lac Ouareau Lumber Company, Alexander MacLaurin en était le vice-président.
The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber fondée en 1886 exploitait le bois du bassin de la rivière Ouareau depuis St-Donat. Elle possédait d’importants moulins à vapeur à l’embouchure de la rivière de l’Assomption à Charlemagne ainsi que des moulins et des bureaux au village Montcalm situé entre Rawdon et St-Liguori. En 1909 la compagnie avait conclu un accord avec Samuel Hamilton propriétaire des terres situées en amont du village Montcalm car le barrage des moulins inondait ses terres.
La Charlemagne & Lac Ouareau exportait son bois de pulpe par barges vers les États-Unis au début du siècle. Avec l’embargo décrété par Québec sur l’exportation du bois de pulpe en 1910 et l’obligation de transformer cette matière ligneuse dans la province, la Union Bag construit une usine à pulpe en 1910 au Cap-de-la-Madeleine. En 1916, la Charlemagne devient la Saint-Maurice Paper…
Sylvain Gaudet
Les marchands de bois de Rawdon
La coupe de bois et les transactions pour acheter les lots et les revendre se sont alors intensifiés. Le 14 juin 1905 vente par Alphonse Ricard lumberman à Hervey Elmore Howe d’une coupe de bois sur sa terre de l’augmentation de Kildare (rivière Rouge ?). Le 14 novembre 1907 William Moore Holiday a vendu à William Barrie marchand de bois une lisière de terrain sur le lot 18L du 5ème rang sur le chemin allant du village de Rawdon à la rivière Rouge; le 28 novembre il a vendu à Elmer Howe scieur le lot 24b du 10ème rang. Le 6 décembre Patrick Belisle et Alexander Daly ont vendu à Misael Neveu marchand de bois leurs droits sur les lots 23a, 23b, 24a, 24b du 11ème rang, 18a du 10ème sauf réserve en faveur de The Rawdon Lumber Company pour le lot 24. J.Théodore Paradis a vendu à Misael Neveu la partie sud-ouest du lot 19 du 11ème. Le 22 décembre M. Neveu a vendu des billots à charroyer sur la rivière Rouge à Hervey E. Howe propriétaire de moulin. Etc.
Il y avait d’autres marchands de bois exploitant le bassin de la rivière Ouareau. Le 18 novembre 1907 Robert Irwin a vendu à Samuel et George Lord propriétaires du moulin Dugas sur la rivière Rouge dans le 1er rang de Rawdon tout le bois à prendre sur le lot 24a du 5ème rang pendant 4 ans. The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber était de loin le plus gros exploitant sur la rivière Ouareau faisant descendre des dizaines de milliers de billots jusqu’à ses moulins chaque année. Edwin Crabtree avait bâti un moulin à papier en 1905 sur la rivière en aval de St-Liguori; le moulin a brûlé en 1912 et il a été aussitôt reconstruit. Le site était idéalement situé au croisement de la rivière Ouareau et de la ligne de chemin de fer permettant de transporter le produit fini. Il existe encore aujourd’hui.
Le 24 septembre 1908 à la réquisition de J. Brosseau négociant de Montréal et Fulgence Riopel de L’Épiphanie un avis a été transmis à Edward Fiske marchand de bois de Joliette que des billots appartenant à la Compagnie de bois de Rawdon Limitée et se trouvant sur les rivières Ouareau, Dufresne et Jean-Venne avaient été saisis. The Rawdon Lumber Co n’a pas pu attendre que le train soit construit jusqu’à Rawdon et en novembre 1908 ses actifs ont été mis en vente pour cause de faillite.
Edward Fiske était propriétaire d’un moulin à scie situé en amont du pont des Dalles sur la rivière Ouareau et il exploitait le bois des cantons de Chertsey, Wexford, Chilton et Lussier. En 1879 William J. Pope marchand de bois du village de Charlemagne avait protesté contre Edward Fiske car ils avaient tous les 2 un grand nombre de billots mêlés à la dérive sur la rivière Lacouareau bloqués à la chute Dorwin de Rawdon.
Le moulin de P. H. Massue & Cie
Le 24 mai 1908 Hervey E. Howe a vendu pour $8.000 son moulin à P. H Massue & Co, société formée par Paul Huet Massue de Varennes et Alexander Lawrence MacLaurin de Montréal: un emplacement sur la rivière Rouge avec un moulin à scie tenant à la rue Metcalfe et de 2 côtés à la rivière Rouge étant le lot 18s; un autre terrain attenant de 80 pieds par 100 partie du lot 18o tenant à George et Thomas Pearson et à la rivière Rouge; avec des lots et des droits de coupe de bois à Rawdon et Chertsey, les améliorations qu’il avait faites sur la rivière Rouge, des outils et animaux, etc. Alexander Lawrence MacLaurin avait certainement un lien de parenté avec le dirigeant de la compagnie Charlemagne & Lac Ouareau Lumber.
Le 18 juin 1908 le révérend William Davies et the wardens of the Christ Church ont accordé un bail à P. H. Massue & Co pour: une partie du 18o de 100 pieds par 150 bordée par les locateurs, le locataire, le terrain décrit ci-après et George Pearson; une parcelle de forme triangulaire partant du coin est du terrain précédent, longeant le haut de la rive de la rivière Rouge jusqu’au terrain loué au locataire par H. E. Howe puis une ligne de 120 pieds; une autre parcelle de 70 pieds par 140 tenant au sud-ouest et au sud-est à George Pearson et par le locataire.
2 autres parties du lot 18o ont été louées le même jour à George Pearson manufacturier: une première de 140 pieds par 70 tenant sur 3 côtés à P. H. Massue & Cie et au terrain suivant; une autre de 180 pieds par 60 sur la rue Metcalfe tenant au précédent sur 2 côtés et à P. H. Massue & Cie.
Le 28 mars 1912 Charles Tinkler a conclu un bail avec promesse de vente à P. H Massue De Grosbois mill représenté par Arthur L. MacLaurin de Lachine et P. H. Massue de Rawdon marchands de bois pour le lot 9d du 10ème rang.
The Laurentian Manufacturing Company Limited
Une manufacture de bois tourné avait été construite sur un terrain voisin du moulin Howe-Massue par Thomas et George Pearson. Le 11 mars 1909 George W. Saddler a vendu à Charles Baddely wood turner la parcelle 43 du lot 18a du 5ème rang; William Barrie lumber merchant était son procureur. Le 18 mars G. Sadler a vendu à George Pearson manufacturier la parcelle 87 du lot 18a. Le journal a annoncé en 1909 que le moulin de M. Pearson avait été détruit de fond en comble par un incendie mais il semble que c’était plutôt une manufacture.

Le 27 juillet 1911 the succumbent and church wardens of Rawdon Christ Church ont notarié le sommaire d’un bail de 10 ans devant se terminer le 9 novembre 1914, datant donc de 1904. Il avait été accordé à Thomas Pearson, Wesley Donald Davidson et George Henry Pearson pour un terrain situé en face de l’école protestante à côté de celui occupé par le moulin à scie de Hervey E. Howe de 100 pieds par 80 faisant partie du lot 18o du 5ème rang pour $7.50 par an avec la permission de construire des bâtiments pour leur commerce qui n’est pas précisé et une promesse de vente pour $200.
Le 25 mai 1912 George H. Pearson au nom de The Laurentian Manufacturing Company Limited a vendu pour $4.000 à Paul Huet Massue toutes les parts de la compagnie qui avait été incorporée en 1906: les terrains du lot 18o qui avaient été loués par Christ Church à Thomas Pearson, Wesley Donald Davidson et George Henry Pearson en 1904 et à George H. Pearson le 18 juin 1908, le lot 18b du 8ème rang. La liste des actionnaires de la compagnie est jointe à l’acte, il faut y ajouter Mrs. J.R. Copping pour une part et Percy P. Pearson une autre part.
Le 28 novembre 1914 le révérend Naylor et les church wardens de la paroisse Christ Church ont vendu à The Laurentian Manufacturing Company une partie du lot 18o du 5ème rang de 80 pieds par 180 sur la rue Metcalfe; la vente a été faite pour $200 selon la promesse de vente de 1907. L’évêque John Cragg Farthing de Montréal a approuvé la vente. Le président et principal actionnaire de la compagnie était alors l’avocat Joseph Edouard Faribault de L’Assomption.
Le chemin de fer Canadien-Nord de Québec
La ligne de train du C.N.Q. reliant Rawdon au réseau de la province a finalement été inauguré en 1910 apportant un nouvel essor au développement du village de Rawdon. Malgré tout elle est arrivée trop tard, l’industrie de la pâte à papier s’était organisée ailleurs, sur la rivière St-Maurice principalement. Le moulin Bélanger de la Chute Magnan avait fait faillite en 1909 et les autres moulins semblent avoir été des scieries classiques pour la plupart. L’industrie touristique a peu à peu remplacé l’industrie forestière.

Le village de Rawdon est maintenant relié à la métropole et autres centres importants par une voie ferrée. Si on considère le grand nombre de nouvelles bâtisses, des jolies résidences d’été, construites depuis deux ans, Rawdon sera désormais un lieu d’attraits et le rendez-vous des touristes et des citadins.
Les coupes de bois (suite)
La coupe de bois dans les derniers rangs de Rawdon et à Chertsey était intensive, les marchands de bois achetaient et vendaient des coupes ou des lots. Le 30 décembre 1909 Elmer Howe scieur de Rawdon a vendu à Ruffus et Harold Boyce les lots 20b du 10ème rang, 19a du 9ème, la moitié nord-est du 19 du 10ème sur le lac Vails. Le 21 avril 1910 Misael Neveu industriel de Rawdon a vendu à Jean-Baptiste Varette une terre de 30 arpents sur 13 tenant à James C. Mason, Edmond Morin. P. H. Massue & Cie, le 6ème rang, le vendeur et à George et Robert Irwin soit les lots 20a, 21a, 21b et la moitié nord-ouest du 22 du 5ème rang. Le 21 juillet 1911 James Hanna a vendu à Misael Neveu propriétaire de moulin les lots 22c, 21a, 22a, 21b du 6ème rang qu’il a revendus le même jour. Le 12 octobre William Sharpe lui a vendu le lot 22 du 10ème rang et ses droits sur le 22b du 11ème; le 23 novembre Amédée Bélanger lui a vendu les lots 18a et 18b du 10ème rang; le 30 novembre J.T. Paradis le lot 16 du 11ème.

Le 19 décembre 1911 Henri Gariépy a vendu à Landry & Frère une partie du lot 28-B du 10ème rang avec un moulin à scie et à farine situés sur la rivière Rouge. Ces moulins avaient été acquis de Alphonse Gariépy le 12 janvier 1910 qui les avait acquis de Gilbert Gariépy en 1902. Dans le recensement de 1851 Joseph, Louis et son fils Brien dit Desrochers avec Joseph Allard avaient déjà un moulin à farine et un moulin à scie sur le lot 28 du 10ème rang et le moulin à farine Desrochers était inscrit sur une carte d’arpentage de 1844.
Le 28 mars 1912 Charles Tinkler a vendu à P.H Massue De Grosbois mill représenté par Arthur L. MacLaurin de Lachine et P.H. Massue de Rawdon marchands de bois le lot 9d du 10ème rang. Le 4 avril 1912 Joel Jodoin et Joseph Hudon ont vendu à Thaddeus Way marchand de bois de Rawdon des terrains et des billots se trouvant dans le canton de Chilton sur la rivière Ouareau. Thaddeus Way va être très actif dans l’achat des terrains pour le lac Rawdon. Misael Neveu était propriétaire d’un autre moulin à scie situé vers le lac des Français dans Kildare vendu le 3 avril 1913 à Rufus et Harold Boyce.
L. Charpentier & Co.
Ludger et Cyrille Charpentier avaient fondé vers 1910 L. Charpentier & Cie dans le village de Rawdon, une manufacture de portes et chassis que je n’ai pas pu situer exactement. Le 14 août 1914 The Federal Lumber Company a protesté contre L. Charpentier & Cie qui devaient lui envoyer 2 chars (wagons) de bois, planches et madriers, par le Grand Nord Canadien. Le 24 janvier 1916 la compagnie a vendu à James Skelly 75.000 pieds de planche de pin qui se trouvaient dans un hangar près de la manufacture située sur une partie du lot 17d du 6ème rang. Cette partie du lot se trouvait vers le chemin du lac Morgan entre les 7ème et 10ème avenues.
Le 10 septembre 1916 les syndics de la paroisse de Ste-Julienne ont conclu un marché avec Ludger et Cyrille Charpentier manufacturiers de Rawdon pour exécuter les travaux dans la nouvelle église en construction: menuiserie, sculpture, moulure, peinture et teinture.
La compagnie a fait faillite en 1917. En 1919 une manufacture de portes et châssis avec toutes les machineries nécessaires à la fabrication, engins à vapeur, bouilloire, séchoir, etc., ainsi qu’un moulin à scie ont été offerts en vente.
Les transactions dans le lot 18 du 5ème rang
Avec le développement économique le village de Rawdon s’est agrandi, des rues ont été ouvertes et des maisons construites. Le village avait été construit sur le lot 17 du 5ème rang, le lot 18 sur la rivière Rouge appartenait en partie à la paroisse Christ Church qui en a loué et vendu des parcelles.
Le 24 août 1911 un bail de 50 ans a été accordé par Christ Church à Frank Morgan pour le lot 18p du 5ème rang situé au coin de la rue Metcalfe et 3ème avenue. À une assemblée du 17 avril il avait été proposé que Hervey Howe se voit accorder un bail de 50 ans pour un terrain de la Glèbe de 80 pieds par 180. C’est la seule fois où un terrain du lot 18 est désigné comme faisant partie de la Glèbe.
Le 15 février 1912 the succumbent and church wardens of Rawdon Christ Church ont accordé un bail de 50 ans à Hervey Howe, lumber culler, pour un emplacement de 80 pieds par 180 sur la rue Metcalfe tenant en arrière et sur un côté au terrain de Christ Church et sur l’autre à John Kirkwood partie du lot 18o pour $7.50 par an. Hervey Howe a donc continué le commerce de bois après avoir vendu son moulin à P. H. Massue en 1908. Sur ce plan datant de 1914 on voit l’église Christ Church dans le coin gauche en bas et le chemin public, aujourd’hui 3ème avenue. En haut à gauche il y a la 3ème rue qui est aujourd’hui la 4ème. Sur le terrain de l’église épiscopale on voit la manufacture (factory), au-dessus un terrain de 80 pieds de large et un autre où il est écrit sawdust bank qui étaient le site du moulin à scie Howe-Massue.
Le 7 juin 1912 William H. Barrie marchand de bois a vendu à James Hannah les parties 1 et 2 du lot 18a du 5ème rang sur l’avenue Cedar tenant au révérend William Davies, la veuve de John Hamilton, William Holiday et Mr. Sadler. Un nouveau presbytère (parsonage sur le plan) a été construit pour le desservant de la paroisse Christ Church en 1914. Le 29 octobre 1910 William Newton Smiley a vendu au révérend William Davies le lot 18k du 5ème rang avec les bâtiments qui y étaient construits.
Le 6 juin 1914 Paul Huet Massue a vendu à Alexander Lawrence MacLaurin tous ses droits dans un emplacement de Rawdon de 100 pieds par 180 sur la rue Metcalfe tenant au nord-ouest à la Laurentian Manufacturing Company, au sud-est à John Kirkwood étant la partie sud-ouest du lot 18o du 5ème rang avec une maison et une grange acheté de Hervey E. Howe avec d’autres propriétés en 1908; la vente a été faite pour $3.000 et à la condition de respecter les termes du bail conclu avec la paroisse Christ Church. Ce terrain était donc situé en-dessous de la manufacture, de la rue Rectory Garden actuelle.
Le 11 juin Paul Huet Massue et Alexander L. MacLaurin ont vendu à The Laurentian Manufacturing Company la moitié sud-est du lot 22 du 5ème rang; le 19a du 8ème; tous leurs droits sur un bail accordé par la paroisse Christ Church sur une partie du lot 18o de 100 pieds par 150 tenant à la manufacture, aux vendeurs et à Christ Church; une autre partie du lot 18o au bord de la rivière Rouge; ces terrains acquis de H. E. Howe ont été vendus pour $250 et à condition de respecter le bail.
Le 31 décembre 1914 Paul Huet Massue et Alexander Lawrence MacLaurin ont vendu à Rawdon Heights Realties Co pour $5.000 une partie du lot 18s du 5ème rang entre la rue Metcalfe et la rivière Rouge avec un moulin à scie, tous leurs droits sur une partie du lot 18o, etc.
Le 10 janvier 1916 le révérend Naylor et les church wardens de Christ Church ont vendu à Alexander Lawrence MacLaurin une partie du lot 18o du 5ème rang de 100 pieds par 180 sur la rue Metcalfe tenant à la Laurentian Manufacturing Co et John Kirkwood bâti d’une maison, une grange et autres bâtiments pour le prix de $200 convenu dans une promesse de vente faite à Hervey Howe et transférée à P. H. Massue puis à A. MacLaurin.
Le 19 octobre 1917 The Laurentian Manufacturing Co a vendu à Misael Neveu industriel de Rawdon les lots 18b et 18a du 8ème rang, la moitié sud-est du 22 dans le 5ème, le moulin à scie situé sur le 18o attenant à la manufacture avec la chaudière à vapeur, l’engin, les pompes, etc, tenant à la rue Metcalfe, Alexander MacLaurin, le haut de la côte ouest de la rivière Ouareau (sic, lire Rouge), Christ Church et Rawdon Heights Realties.
Toutes ces transactions sont compliquées à démêler mais ils signifient qu’il y avait un moulin à scie construit par H. E. Howe sur le lot 18s et un autre construit par la manufacture sur le lot 18o.
Le 22 mars 1923 John Paterson MacLaurin marchand de bois d’Outremont, fils et héritier de Alexander Lawrence MacLaurin et avec une procuration de son frère Alexander Lawrence marchand de bois de Lachine, a vendu à Alexander Rathdrum homme de chantier de Rawdon un terrain de 100 pieds par 180 sur la rue Metcalf tenant en arrière et au nord-ouest à Christ Church, à John Kirkwood, partie du lot 18o avec une maison, une grange et autres bâtiments. Les transactions entre Christ Church, H.E. Howe et P.H. Massue sont récapitulées.
La Compagnie Électrique des Laurentides
En 1905 Médéric Magnan avait vendu son moulin à The Rawdon Lumber Company des frères Bélanger. Gérard Brady raconte qu’il s’est ensuite consacré au harnachement de la chute Magnan pour y produire de l’électricité. En 1908 il fournissait l’énergie pour alimenter le nouveau moulin des Bélanger et quelques maisons du village. The Rawdon Lumber Company a fait faillite en 1909 et le site a été transformé pour la production d’électricité. Le barrage a été haussé et une usine a été construite en 1914 par la Compagnie Électrique des Laurentides.
Le bois a continué à être exploité intensivement en amont du barrage; en 1929 le barrage a été de nouveau haussé et son propriétaire la compagnie Gatineau Power avait construit une glissière permettant aux billots de passer le barrage. La drave sur la rivière Ouareau a continué jusqu’à la fin des années 1940.
Lire: La drave et ses draveurs sur la rivière Ouareau
Les scieries de Rawdon (suite)
Ces feuillets ont été insérés dans le greffe du notaire en annexe d’une vente en 1914. Ils décrivent des aménagements faits sur la rivière Rouge pour faire descendre le bois jusqu’aux scieries. À 13 milles en amont du village un barrage permettait de hausser le niveau de la rivière de 11 pieds à la décharge du lac Rouge à St-Alphonse. À la décharge du lac Morgan un autre barrage haussait le niveau de l’eau de 10 pieds.
Thaddeus Way était commerçant de bois et il a conclu de nombreuses transactions. Le 2 mai 1912 il a acheté à Henry Smith tous ses droits sur le lot 15b du 9ème rang et sa moitié indivise du moulin à scie avec ses accessoires et les lots de bois. Le 13 juin Vincent Roy alias King lui a vendu les lots 20a, 20b, N-E de 20c, partie de 21a du 6ème rang; le 12 décembre Arthur Dudley Ritchie le lot 15a du 5ème rang; le 19 décembre Joseph Payette les alentours du lac Sauvage dans Chilton. Le 16 janvier 1913 Georges Bourgeois a vendu à William Newton Smiley et Thaddeus Way une partie du lot 19b du 5ème tenant à Misael Neveu et un chemin au devant du lot. En 1915 Misael Neveu était conseiller municipal ainsi que Ludger Charpentier.
Arthur L. MacLaurin semble avoir ensuite été propriétaire du moulin de la chute Jones sur la rivière Ouareau qui n’avait donc pas encore été noyée par la construction du premier barrage à la chute Magnan en 1912. Le 17 septembre 1914 cession par Sarah Blagrave à Arthur L. MacLaurin d’un droit de passage sur le lot 11c du 9ème rang pour communiquer avec la ferme de Norman Tinckler sur les lots 10a et 10b, 9a où il a son moulin à scie. Le même jour Charles Tinckler et P. H. Massue DeGros-bois mill ont résilié un bail pour le lot 9d du 10ème bordé par la rivière Ouareau. Charles Tinckler a ensuite vendu à Arthur L. MacLaurin le lot 9a du 9ème sur la rivière Ouareau où se trouvait le moulin et loué une autre parcelle adjacente.
Le moulin situé à la décharge du lac Brennan a souvent changé de propriétaire. En 1915 Ludger Belisle a poursuivi Thaddeus Way pour le récupérer.
Le 2 novembre 1916 vente d’une coupe de bois par Euclide Lévesque à la St-Maurice Lumber Co, tout le bois de sapin et d’épinette se trouvant sur les lots 2a et moitié du 3a du 11ème rang de Rawdon pour $900; ils ont ensuite convenu un accord pour transporter ce bois jusqu’à la rivière Beauport.
Misael Neveu a continué à être un important commerçant de bois de Rawdon après avoir vendu ses moulins de la chute Mason pour la création du barrage du lac Rawdon. Le 30 septembre 1917 Edmond Perreault lui a vendu des lots à Chertsey, le 4 octobre Daniel Coderre lui en a vendu d’autres. Le 26 septembre 1918 il a encore acheté plusieurs lots du village à Mary Jane Ogrady; il projetait de construire une digue sur le lot 17-21 du 5ème rang ver la rue Albert pour élever le niveau de l’eau dans une coulée (?). Le 1er octobre William H. Mason lui a vendu la coupe de bois des lots 13b, 14b, 13a du 7ème rang.
Donald M. Campbell était l’agent de la compagnie Whyte-Campbell Lumber et il a acheté des lots de bois dans Wexford et Chertsey. Le 14 novembre 1918 John Asbell a vendu à Dougald MacDonald agent de la St-Maurice Paper Company la coupe de bois des lots 4a, 4b, 5a du 8ème rang de Rawdon. En 1921 Alexander MacLaurin était le dirigeant de la St-Maurice Paper Co.
The Miner Lumber Company Limited
Le 13 juillet 1912 The Miner Lumber Company Limited a reçu ses lettres patentes du ministère des Terres de la Couronne pour le lot 16-1 du 5ème rang de Rawdon.
Le 23 août 1917 Emma Beauregard a vendu à R. H. Miner représentant Miner Lumber Co des terrains dans le village décrits sur ce plan. Ce sont les terrains où se trouve aujourd’hui un camping entre la rue Albert et la rivière Ouareau.

Le 15 septembre 1915 Misael Neveu avait vendu à Rufus H. Miner la moitié sud-ouest des lots 18a, 18b, 22, 25a du 10ème rang, partie de 16b du 11ème et de nombreux autres lots de bois (25 articles à l’acte) pour $3.300. Le 16 septembre Ludger Belisle lui a vendu d’autres lots dans le haut du canton de Rawdon. Le 28 octobre 1918 Edouard Dupuis a vendu les lots 12j et 12k du 5ème rang. La Miner Lumber Company Limited a été incorporée en 1916.
Hector Lascard a été poursuivi par la compagnie International Mills Limited, il devait conduire des billots au moulin de la compagnie à Rawdon mais s’était enfui avec des avances d’argent. Joseph E. Quackenbass était le président de cette compagnie, il doit s’agir de Joseph Kirkpatrick Quackenboss dirigeant de la Miner Lumber Co.
Les grands moulins de la Miner Lumber Company ont été détruits par un incendie en 1918, les pertes s’élevaient à $50.000 et 50 ouvriers avaient perdu leur emploi.
En 1921 la Gazette Officielle du Québec a publié une poursuite de Hall Engineering Works contre Miner Lumber Co qui fait la liste de ses propriétés: la moitié sud-ouest des lots 18a et 18b, 22, 15b, 16a, 16b, un tiers du 15a dans le 10ème rang; partie du 16b, 19, partie de 11b dans le 11ème rang; partie de 11b, 12e dans le 5ème; partie de 11d dans le 6ème; des lots à Chertsey; et la liste se poursuit:
L’avis de la vente à l’encan de la scierie et de ses concessions forestières fait état de 15 milles carrés de forêt concédés par bail et environ 3 milles carrés de franc-fief près du village de Rawdon et dans les cantons de Rawdon et Chertsey qui n’avaient été exploités que pendant 1 an.
Un responsable de la société d’Histoire de Rawdon m’a transmis cet extrait du registre foncier documentant les transactions sur le lot 16-1 du 5ème rang. Il semble qu’il y ait eu d’autres moulins à scie par la suite au même emplacement: Omer Dupuis, Joseph Atter, Adrien Charbonneau, Ernest Holden et peut-être d’autres en auraient été propriétaires.

La création du lac artificiel sur la rivière Rouge
En 1912 un projet immobilier va transformer le village de Rawdon. Avec la nouvelle connexion du train qui pouvait transporter les touristes jusqu’à Rawdon des promoteurs ont eu l’idée de créer un lac artificiel sur la rivière Rouge pour construire autour des résidences touristiques. Le marchand de bois Thaddeus W. Way en a été le premier agent.
Le 12 avril 1912 Vincent Roy alias King a signé une promesse de vente à Thaddeus Way lumber agent pour les lots 20b, 20c, 21a du 6ème rang; James Skelly en a aussi signé une à Thaddeus Way, procureur d’une compagnie (?), pour une partie du lot 18s du 5ème partagée avec P. H. Massue & Cie, pour les parcelles 17-190 à 17-196, 17-186, 17-189, 17-156, 17-158, 17-160, 17-162, 17-164, 17-166. Ces terrains pourront ou seront inondés par les eaux d’un certain lac artificiel qui doit être fait sur la rivière Rouge.
Ce beau plateau sera bientôt doté d’un charmant lac dans les limites du village. Le terrain s’étendant en arrière du couvent en venant vers le sud du village se prête facilement, paraît-il à l’éxécution du projet.
Thaddeus Way a ensuite recueilli une série de promesses de vente: Misael Neveu pour la parcelle 18n et partie de 18a, 19b(?) près du pont de la rivière Rouge avec ses moulins de la chute Mason, le droit de passage, la chaussée, les booms, les bâtiments, etc, le pouvoir d’eau; le lot 19a du 5ème rang, les lots 17 et 19 du 11ème, 41, 44, 43 du 1er rang (Chertsey ?). Peter Skelly pour la partie avant de 18-b et partie de 19 du 6ème rang. John H. Daly pour les parcelles 17-185, 17-186, 17-188, 17-189; Jean-Baptiste Landry partie de 17-152-5; Angelina Cornellier 17-155 et partie de 17-152; Edward Cahill 17-197 et 17-198; John McCurdy partie de 17-152; Ambroise Perreault partie de 17-168; Edmond Morin 17-168.
La promesse de vente faite à James Daly pour le lot 21 du 7ème rang des 2 côtés de la rivière Rouge mentionne que ce lot situé loin en amont du village pourra ou sera inondé par le lac artificiel. Le projet initial était un lac de 3 milles de long mais il n’a pas été entièrement réalisé.
Le 14 février 1913 James Williamson Ross agent de la ville de Westmount a commencé a acheter les terrains pour lesquels Thaddeus Way avait fait signer des promesses de vente. Donald-William Ross était le dirigeant de The Charlemagne & Lac Ouareau Lumber qui avait acheté les chutes Dorwin et Manchester en 1909, encore là on peut supposer un lien de parenté.
Peter Skelly a vendu une partie du lot 19 et le 18b du 6ème rang et un chemin pour $8.000. Le même jour il a vendu la subdivision 168 du lot 17 du 5ème rang sur la rue Church pour $1 et autres considérations. Misael Neveu a vendu ses lots pour $13.440; le vendeur se réservait le droit d’utiliser le moulin érigé sur 19a et le terrain à 400 pieds alentour jusqu’à la fin juillet 1914. De nombreuses autres ventes ont ensuite été conclues. Des plans des terrains achetés sont annexés aux actes notariés.
William Newton Smiley et Thaddeus W. Way ont vendu une partie du lot 19b du 5ème rang tenant à Misael Neveu avec un chemin pour $800. Thaddeus Way a vendu les lots 20a, 20b et la moitié nord-est de 20c, partie du 21a du 6ème rang, Edmond Morin une partie de 17-168 pour $5, Honoré Duquette et Joseph Collin une partie du 17-152 pour $1, William Moore Holiday une partie du 18n du 5ème rang tenant à l’église épiscopale et Misael Neveu pour $1. Ce plan montre la parcelle 18a où était situé le moulin à scie de Misael Neveu.
Ambroise Perreault a vendu une partie du 17-168 pour $35, John McCurdy une partie du 17-152 pour $50, James Skelly les lots 17-190 à 17-196, une ferme sur le lot 18S, les lots 17-186 à 17-190, 17-158, 17-160, 17-162, 17-164, 17-166 pour $3.000, etc.
Le barrage sur la rivière Rouge a été construit en 1914 par The Rawdon Heights Co Ltd qui avait publié une demande de soumissions.
The Rawdon Heights Co Ltd demandait des soumissions pour construire une chaussée sur la rivière Rouge pour hausser son niveau de 30 pieds et la faire déborder en un lac d’un mille et demi par trois; les rives de ce lac artificiel devaient être vendues à des citadins pour y bâtir des chalets et des résidences d’été.
Le 31 décembre 1914 Paul Huet Massue et Alexander Lawrence MacLaurin ont vendu à Rawdon Heights Realties Co pour $5.000 une partie du lot 18s du 5ème rang entre la rue Metcalfe et la rivière Rouge avec un moulin à scie, tous leurs droits sur une partie du lot 18o, etc.
Le 28 mai 1915 Peter Skelly a accordé un délai de paiement à James W. Ross pour aider à la réalisation du lac artificiel projeté. James Skelly et Misael Neveu ont aussi accordé un délai.
Le 10 mars le révérend Naylor et les church wardens de Christ Church ont vendu pour $450 à Rawdon Heights Realties le droit d’inonder une partie nord-est du lot 18o et une autre au nord-ouest du même lot; cette seconde partie avait été louée avec promesse de vente à H. E. Howe qui a transféré ses droits à P. H. Massue & Cie qui les a transférés à l’acheteur; les vendeurs conserveront le littoral du premier lot.
Un document datant de 1937 a été annexé à l’acte de vente, The Rawdon Land & Construction Co Inc était devenue propriétaire du lot 18o.
Les ventes se sont poursuivies en 1916, le 10 mars Wilfrid Rondeau a vendu une partie du lot 20a du 6ème rang pour $1; Peter Skelly une partie du 18b du 6ème pour $1 en échange d’un terrain sur le futur lac. Le curé et les marguilliers de la paroisse ont aussi cédé à la compagnie le droit d’inonder leur terrain du 6ème rang près du cimetière catholique. John H. Daly a vendu le reste du lot 17-185 et une partie de 17-173 pour $1; Misael Neveu une partie du lot 19a du 5ème rang pour $1.
Le 10 mars 1916 James William Ross a vendu à Rawdon Heights Realties tous les terrains qu’il avait acheté, il y a 28 descriptions de lots à l’acte notarié. La vente a été conclue pour $43.500 mais la compagnie devait payer $6.000 à Peter Skelly, $11.440 à Misael Neveu, $650 à Suzan Bloomfield veuve Roy, $2.000 à James Kelly. Misael Neveu avait le droit d’emporter son moulin et tous ses accessoires, Lewis Crowe de se choisir un terrain sur le lac, la Communauté des Filles de Ste-Anne de retirer tout le bois sur leur terrain devant être inondé; John McCurdy, Ambroise Perreault, William Moore Holiday, Honoré Duquette, Joseph Collin et Edmond Morin conservaient un droit de passage jusqu’au lac sur les terrains qu’ils avaient vendu.
Le 21 mars 1916 la Corporation de la paroisse St-Patrick de Rawdon et James William Ross ont conclu un accord pour ne pas augmenter les taxes pendant 10 ans sur les lots suivants devant être subdivisés: partie de 19a, partie de 18b avec un chemin dans le 6ème rang, partie nord-est du 17-168, partie de 18a, 19a, 19b dans le 5ème, moitié sud-ouest de 20c dans le 6ème, etc. Il y a encore 28 articles à l’acte. Le dernier mentionne les droits de J. W. Ross sur les rues Metcalf, Church, Fourth et Fifth (?).
Le 12 juillet 1917 Rawdon Height Realties a vendu au révérend Joseph Médard Landry curé de la paroisse pour $400 l’emplacement 18a-150 du 5ème rang bordé par le Rawdon Heights Lake et une rue devant être ouverte. L’acheteur n’avait pas le droit d’y construire autre chose qu’une villa. C’est la seule vente de terrain sur le lac notariée dans le greffe Archambault.
Les scieries de Rawdon après 1920
En 1923 Misael Neveu était encore propriétaire d’un moulin à scie à Rawdon qu’il avait loué à David Cameron. Le moulin avait été détruit par un incendie.
George Pearson a mis en vente un moulin à scie mu par eau en 1925. Il était situé à 7 milles du village sans plus de précision. Les moulins industriels de Rawdon ont fermé les uns après les autres et il n’est resté que quelques scieries artisanales pour les besoins locaux.
Dans un article du Nouvelliste du 20 août 1927 on apparend que Hervey Elmore Howe est devenu un important commerçant de bois avec la Howe Lumber Co. Le succès de la compagnie est pour la plus grande part dû au travail assidu et diligent de M. H. E. Howe. M Howe commença jeune à travailler au lac Oureau Lumber Company, Charlemagne, Qué. Il alla quelques années plus tard mettre en opération un moulin à scie à Rawdon, et il y séjourna plusieurs années.
L’industrie de la pâte à papier s’est transportée en Mauricie, jusque dans les années 1970 on voyait des montagnes de pitounes près des usines de transformation.
L’industrie forestière a alors perdu de son importance pour l’économie de Rawdon. L’exploitation du bois de pulpe a continué dans les forêts du nord entre Chertsey et St-Donat et les draveurs faisaient descendre les billots par la rivière Ouareau vers les scieries de Charlemagne jusque dans les années 1940. Il semble que la création du lac Rawdon sur la rivière Rouge ait interrompu l’exploitation intensive de ce secteur de la forêt.
Sur cette photo du haut de la chute Dorwin datée de 1948 par la BANQ on voit encore de nombreux billots de pitoune échoués sur les rochers.
Le développement touristique de Rawdon
Le journal La Presse avait nommé le village Rawdon-sur-le-Lac en 1917, la création du lac Rawdon a été importante pour l’industrie touristique. La petite ville de Rawdon qui était à peine connue du public montréalais, il y a quelques années, est aujourd’hui devenue l’un des plus intéressants centres de villégiature du nord… c’est l’une des plus anciennes colonies militaires de la province de Québec.
La légende de cette photo mentionne un lac de 3 milles de longueur mais il me semble que le lac Rawdon est plus petit
La compagnie Rawdon Heights Realties Ltd a fait faillite à plusieurs reprises mais la création du lac artificiel a été menée à terme et le développement touristique a suivi.
Rawdon est alors devenu une destination touristique et de nombreux reportages dans les journaux ont publicisé ses attraits.
Un terrain de golf a été construit au bord du lac Rawdon vers 1925 ainsi que des résidences de prestige.
En 1939 une étude a été commandée par la Chambre de Commerce de Rawdon car après la crise économiques des années précédentes la situation économique était difficile.
Les chantiers ne sont plus ce qu’ils étaient, les bûcherons y travaillent moins longtemps et en nombre moindre, et ce qu’ils gagnent en quelques mois est loin de suffire à la subsistance d’une famille durant toute une année. Il y a bien aussi le tourisme, mais c’est une industrie saisonnière et dont ne profitent que quelques familles et pendant la belle saison seulement.
Il y avait alors environ 2.400 villégiateurs faisant passer la population du village à 4.000 personnes. L’expert préconisait le développement des pouvoirs d’eau et l’exploitation rationnelle du bois des forêts qui amènerait la construction de moulins, fabriques et usines.
Ajout après publication
Concernant les moulins de Rawdon, il y a le moulin à scie que mon père avait acheté dans les années 40 avec son frère Jean entre la rue Albert et la rivière Ouareau, entre la 2e et 5e avenue pour avoir du bois pour construire les maisons dans le domaine Pontbriand.
France Pontbriand
Une chaîne de titres est jointe: moulin rue Albert, lot 17-30, vente par Hermas Breault à Faivre, architecte Faivre vend moulin à scie et boutique de forge à Henri Pontbriand.
Hervey Elmore Howe a connu une longue carrière dans le commerce du bois. En 1946 un article qui lui est consacré raconte qu’il a commencé à travailler dans les moulins à scie de Charlemagne en 1896 à 15 ans et qu’il a acheté un moulin à scie à Rawdon en 1901; ce moulin était donc peut-être déjà existant avant 1900. Il aensuite travaillé à Chandler et Shawinigan avant de s’installer à Trois-Rivières.














































































