Michel Louvain produit de l’industrie

En 1976 dans le film Parlez-nous d’amour Jean-Claude Lord et Michel Tremblay décrivaient les dessous des émissions de télévision populaires. Jacques Boulanger y jouait son propre rôle, celui d’animateur du club des vieilles varices, son public en extase. C’était une critique très méchante des vedettes du canal 10 de l’époque, comme Michel Louvain.

Michel Louvain
Le chanteur de charme

Michel Louvain est mort, il était plutôt sympathique mais il ne faudrait quand même pas trop en mettre en parlant de Culture, ce n’était que du show-biz. Dans le film de Jean-Claude Lord l’animateur vedette se vante de savoir faire mouiller les vieilles madames; il est gay mais personne ne doit le dire ouvertement.

La Culture Québécoise

Quand je suis arrivé au Québec en 1975 j’ai découvert la Culture Québécoise vivante: de Félix Leclerc à Michel Louvain en passant par Raoul Duguay, l’éventail était vaste. Disons que j’ai plus trippé sur Raoul Duguay que sur Michel Louvain.

Raoul Duguay
Photo : Pierre Dury

Raoul Duguay avait un message vraiment original à transmettre, il n’y avait rien d’équivalent en France: c’était la Culture Québécoise en pleine effervescence, unique et inimitable. Et il y avait beaucoup d’autres artistes, des artistes enracinés dans leur territoire qui racontaient leur réalité unique. La Culture était beaucoup plus vivante au Québec qu’en France en 1975.

Les critères de la respectabilité culturelle

Quand la Culture est vivante les vrais artistes émergent naturellement même si ils sont dérangeants comme Raoul Duguay ou Michel Tremblay. Mais quand la Culture est moribonde on se sent obligé de célébrer haut et fort tous ceux qui ont réussi à traverser les décennies envers et contre tout en restant totalement insignifiant pour ne pas heurter personne. Le critère de la Culture n’est plus la pertinence du message mais le nombre de copies vendues.

Michel Louvain était un artiste talentueux, qui a traversé les décennies en demeurant fidèle à son public, qui lui demeurait fidèle aussi.

Mathieu Bock-Côté

Qu’il ait traversé les décennies grâce à la fidélité de son public, c’est certain mais était-il un artiste talentueux? Mathieu Bock-Côté est le nouveau défenseur auto-proclamé de la culture québécoise, son affirmation est un peu risquée. 

Mathieu Bock-Côté

Maintenant qu’il est un chroniqueur intellectuel célèbre du journal Le Figaro en France j’espère qu’il a écrit une chronique sur l’artiste populaire Michel Louvain pour faire connaître la Culture Québécoise aux français.

Rares sont ceux qui le trouvaient encore quétaine, comme on pouvait l’entendre dans les années 1990. Il était devenu un symbole estimé, celui d’un homme qui incarnait certaines vertus éternelles, que les branchés de notre temps croient passées de mode. 

Mathieu Bock-Côté

Moi en tout cas je l’ai toujours trouvé quétaine: gentil mais insignifiant. Chanter la même chanson pendant des décennies en portant un pantalon sans pli et une tenue impeccable par respect envers son public c’est très professionnel mais c’est mieux quand on chante juste.

Est-ce que les vertus éternelles passées de mode ça consiste à vivre toute sa vie caché dans le placard pour ne pas effaroucher le club des vieilles varices?

Michel Louvain
La sortie du placard

L’industrie de la Culture

Je l’ai déjà écrit, maintenant tous les villages ont leur service de la Culture et organisent des activités culturelles. Le problème est que la Culture ça ne s’achète pas. Le Québec en 1975 était en effervescence et la vie culturelle était bouillonnante; c’est passé. L’étincelle jaillit parfois dans un lieu, chez un peuple mais il n’y a pas de recette miracle qu’on pourrait reproduire pour en faire une industrie. Industrie et Culture c’est un oxymore.

L'industrie culturelle

3 réflexions au sujet de “Michel Louvain produit de l’industrie”

  1. Je n’avais pas lu le commentaire de Bock Côté. Je ne pensais pas qu’il avait si peu de goût ou il a grand peur de heurter son côté patriotique. Peut-être qu’il veut tellement faire vivre le français qu’il arrive à en être ridicule!

    Au nom de l’identité québécoise on nivèle par le bas peu importe si c’est bon: on encense. C’est québécois donc c’est toujours bon.

    Il y a un an environ j’ai un ami qui me parle d’une nouvelle artiste québécoise: une « pianiste compositrice ». Je n’ai pas retenu le nom. Il me dit que c’est vraiment bon. Je vais écouter la fille sur Utube. Plaaateee comme j’ai jamais entendu. Même pas pianiste. Encore moi compositrice. N’importe quoi. Quand je lui dis que je ne trouve pas ça bon je baisse dans son estime. C’est comme essayé de me faire dire qu’un cornet du Dairy Queen c’est bon!!! Il finit par m’avouer que ce n’est pas son style. Qu’il n’aime pas ça. Mais elle est québécoise et une femme en plus!!! Wowww. Quels critères d’évaluations.

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  2. Céline Dion ou Michel Louvain, ce sont des produits industriels, du divertissement: de la culture populaire si on veut.
    G. Vigneault, M. Leyrac, P. Julien, G. Dor, C. Léveillée et beaucoup d’autres sont de vrais artistes qui ont enrichi la Culture québécoise. Quand on met tout au même niveau ça dévalorise les vrais artistes.
    J.-S. Bach et C. Dion ce n’est pas le même niveau, dans 100 ans plus personne ne se rappellera de Céline.

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