Cultiver son jardin

Le projet Chertsey, Village nourricier, encourage les chertsois(es) à cultiver leur jardin pour une meilleure santé mais surtout pour se préparer à un avenir qui s’annonce difficile. Les villages des Laurentides comme Chertsey auront connu un destin curieux: la forêt a été défrichée, les terres cultivées, puis les cultures ont été abandonnées et la forêt est revenue; pour en refaire des terres nourricières il faut tout recommencer.

Chertsey au temps de l’agriculture

Paysage de culture autour de la rivière Jean-Venne
Rivière Jean-Venne (Photo: famille Rochon)

D’après le recensement de 1871 il y avait à Chertsey 202 chevaux, 19 poulains, 30 bœufs de travail, 432 vaches laitières, 346 génisses, 1.098 moutons, 259 cochons… Il y avait environ 10.000 arpents de terres cultivées produisant du blé, de l’orge, de l’avoine, du seigle, des pois, des fèves, du blé d’Inde et surtout du foin.

Jusque dans les années 1950 Chertsey était un village agricole comme en témoigne cette photo de 1942. J’ai essayé de prendre une photo à peu près du même point aujourd’hui voilà ce que ça donne:

Chemin Michel coin Rochon, Chertsey
Chemin Michel coin Rochon,

Un Village Nourricier

Pris du lot 22 rang 5
Pris du haut du chemin Rochon (Photo: G. Miron)

Il faut se préparer à un effondrement de notre civilisation puisque les problèmes s’amplifient exponentiellement chaque année sans qu’aucune action concrète ne soit jamais faite. Apprendre à cultiver son jardin va donc peut-être devenir une question de survie. Il s’agit évidemment d’un geste dérisoire face aux menaces à venir mais c’est bien le seul qu’il nous soit encore possible de faire.

Après tout les anciens de Chertsey ont été capables de survivre presque en autarcie totale, pourquoi pas nous!

Je cultive donc mon jardin et l’agrandis peu à peu mais je suis encore loin de l’auto-suffisance. Je rêve du jour où je produirai le blé que je pourrai moudre à mon moulin à farine pour faire le pain que j’irai ensuite faire cuire au four à pain communautaire du village. On peut rêver!

St-Théodore de l’Énergie

Mais tant qu’à rêver je me dis que les anciens ont réussi à utiliser l’énergie des rivières Jean-Venne et Burton pour actionner des machines industrielles plutôt écologiques. Toute cette énergie n’a jamais cessé de couler dans les rivières et les moyens de la capter sans trop les perturber se sont beaucoup améliorés.

Plan d'un moulin à farine
Plan d’un moulin à farine

Je n’ai pas de terres pour cultiver du blé mais j’habite un endroit que les premiers arpenteurs de Chertsey ont signalé comme idéal pour la construction de moulins. L’emplacement où se trouvait une des roues à eau d’un des moulins pourrait facilement être aménagé avec une turbine électrique moderne; c’est la source d’énergie renouvelable la plus efficace.

Turbine électrique moderne
Turbine électrique (Wikipedia)

Il y a beaucoup d’autres emplacements comme le mien à Chertsey et donc beaucoup d’énergie renouvelable potentielle. Le problème c’est que rien n’est fait pour faciliter la production et l’utilisation de cette énergie par les citoyens.

Pour vivre en autarcie nous aurons aussi besoin d’énergie produite localement. Si notre Village Nourricier dépend des cultures en serre il ne faudrait pas que l’électricité arrête de fonctionner.

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