Catégorie: Histoire de Lanaudière
Site indépendant sans témoin espion

Sports d’hiver: les stations de ski de Sainte-Béatrix

De nombreux amateurs de plein-air sont venus à Ste-Béatrix pratiquer le ski alpin, le ski de fond, le vélo-ski ou la traîne sauvage. Il y a d’abord eu un remonte-pente au lac Cloutier puis en 1958 les Clercs de Saint-Viateur ont acheté des terrains sur le Mont d’Ailleboust pour y créer un centre de ski pour leurs élèves du Séminaire de Joliette. Le domaine d’Ailleboust a ensuite été vendu au docteur Hébert. Son dernier propriétaire a fait faillite en 1989 et la station de ski de Ste-Béatrix a fermé.

En faisant une recherche sur les sports d’hiver à Rawdon j’ai découvert une série d’articles rédigés par Jacques Poulin pour le site Zone Ski racontant l’histoire des stations de ski disparues du Québec, dont celle de Ste-Béatrix sur le Mont d’Ailleboust. Cette histoire m’a intéressé car je passe souvent à côté de cette montagnette en voiture et je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait déjà eu une station de ski à cet emplacement. Cette épinglette de la station vient de sa riche collection personnelle.

Ski au mont d'Ailleboust
Collection Jacques Poulin

Les stations de ski disparues de Lanaudière

Dans les années 1950 le ski était devenu très populaire et de nombreuses pistes avec remonte-pentes ont été ouvertes dans les villages de Lanaudière. À St-Jean de Matha il y a eu le Ski-Tow du Lac Noir, à St-Alphonse le Ski-Tow Thouin du Lac Long, à Ste-Béatrix le Skl-Tow du Lac Cloutier et beaucoup d’autres. Les ski-tows étaient des remonte-pentes rudimentaires, une corde tirait les skieurs jusqu’en haut de la piste. La plupart de ces pistes de ski n’ont eu qu’une existence éphémère.

L’action populaire, 31 octobre 1956
L’action populaire, 18 décembre 1957

Un article du journal Tremblant Express montre une photo d’un des premiers monte-pentes à Shawbridge dans les Laurentides. Les skieurs devaient s’accrocher à la corde et ne pas la lâcher.

Le Musée du Ski des Laurentides a publié un répertoire des stations de ski du Québec. Il y a 3 entrées pour Sainte-Béatrix: le Mont d’Ailleboust, le Ski-Tow de Ste-Béatrix au lac Cloutier, le Ski-Tow du Séminaire à la pente Sé-Jolie.

Le Centre de Ski de Sainte-Béatrix

Le 8 janvier 1956 le Centre de Ski de Ste-Béatrix a été inauguré officiellement par la bénédiction du monte-pente par le curé de la paroisse.

L’action populaire, 28 décembre 1955

Le Ski-Tow du lac Cloutier a alors ouvert ses portes pour sa première saison de ski.

Ski-Tow à Ste-Béatrix – Samedi, dans la veillée, on remarquait autant de vie au Lac Cloutier que par les beaux soirs de l’été dernier… Au Chalet des skieurs, il y avait un va-et-vient continu. C’était le grand souper d’ouverture de la saison de ski, organisé par les 35 actionnaires du Centre de ski du Lac Cloutier… Vers les deux heures p.m. (le lendemain) avait lieu la bénédiction du ski-tow et des skis

L’action populaire, 11 janvier 1956

La compagnie Centre des Loisirs du Lac Cloutier Inc. a été incorporée le 25 septembre 1956 selon la Gazette officielle du Québec.

Cette annonce de l’ouverture du monte-pente de Ste-Béatrix pour sa deuxième saison ne permet pas de le situer précisément mais c’est sans aucun doute celui du lac Cloutier. L’éxécutif du centre de ski de Ste-Béatrix était dirigé par Paul Durand, Jean Tellier et le curé Hénault.

L’Étoile du Nord, 5 décembre 1956
L’action populaire, 30 janvier 1957

Ski-Tow — On parle dans les milieux intéressés, d’une assemblée importante des quelque 50 actionnaires du Centre des Loisirs du Lac Cloutier Inc. dans un avenir proche. Il résulterait des pourparlers de cette assemblée, une réorganisation qui serait prometteuse pour la paroisse.

L’action populaire, 21 août 1957

On ne trouve plus aucune mention de ce centre de ski par la suite.

Sé-Joli le centre de ski du Séminaire de Joliette

En 1958 le Séminaire de Joliette dirigé par les Clercs de Saint-Viateur a acheté un terrain sur le mont d’Ailleboust à Ste-Béatrix pour en faire un camp été-hiver. Dans sa chronique Jacques Poulin a écrit que les documents de l’époque mentionnent un prix d’achat de 10.000 $ et une superficie de 245 arpents (207 acres).

Le Mont d’Ailleboust a une altitude de 275 mètres. Il se trouve à quelques kilomètres au sud de Sainte-Béatrix sur le chemin venant de Joliette entre le rang d’Ailleboust et le rang Saint-Paul-Ouest. Le dénivelé de la montagne est d’une centaine de mètres, ce qui semble très peu; et pourtant il a procuré du plaisir à de nombreux skieurs jusqu’à la fin des années 1980.

Le centre de ski du Séminaire a ouvert pendant l’hiver 1958-1959. Une cérémonie a eu lieu en janvier pour sa bénédiction par le supérieur du Séminaire.

Chronique du Séminaire – Bénédiction du centre de ski à Ste-Béatrix. Notre nouveau monte-pente est en opération depuis le début de janvier. Grâce à la persévérance et à l’ingéniosité du R. P. Guerrier et de M. J. Picard, nos élèves peuvent s’en donner à coeur joie sur des pentes magnifiques. Evidemment ce ne sont que des débuts très modestes; il y aura possibilité l’an prochain d’améliorer encore et encore.

L’action populaire, 28 janvier 1959

Le séminaire de Joliette à maintenant son propre domaine de ski à Ste-Béatrix. On espère y bâtir une cité étudiante… (La patrie du dimanche, 22 février 1959)

Le club de ski de Joliette Gai-Va-Nor a été fondé vers 1957 et il organisait des excursions de ski dans les centres de la région, au mont Snow à Rawdon, au lac Long à St-Alphonse, au mont Lanaudière à St-Gabriel, etc. Ses membres sont venus visiter le centre de ski du Séminaire du mont d’Ailleboust en mars.

L’action populaire, 11 mars 1959

Pour l’hiver 1959-1960 les pistes avaient été améliorées. Un service d’autobus transportait les skieurs de Joliette jusqu’au centre de ski.

L’action populaire, 6 janvier 1960

Un chalet moderne avait été construit au pied de la pente, un comptoir-restaurant devait ouvrir. Une nouvelle piste a été défrichée, piste dont vous ne pouvez nier l’avantage: vitesse, longueur et difficulté au choix! En plus, certaines améliorations furent apportées à celle qui existait l’an dernier, au nombre desquelles un élargissement de 80 pieds et un nivellement de terrain à sa base.

L’Étoile du Nord, 20 janvier 1960

Une dernière amélioration qui ne saura manquer de vous plaire sera la présence d’un SNOW sur la côte, lors des grosses tempêtes de neige. Le ski-tow, le snow, le vocabulaire du ski, comme celui de l’automobile, était anglais à cette époque au Québec. Dans cet autre article on lit qu’en 1959 une épaisse couche de neige poudreuse recouvrait les pistes et rendait le ski difficile mais que pour la nouvelle saison un rouleau permettait de tasser la neige.

L’Étoile du Nord, 27 janvier 1960

Les skieurs du club de ski Nor-Dic compatissaient avec les pauvres faibles femmes qui éprouvaient des difficultés à utiliser le ski-tow, espérant qu’elles ne se laisseraient pas décourager.

L’action populaire, 10 février 1960

Le comité de ski du Séminaire de Joliette composé d ’excellents skieurs qualifiés pour transmettre de très bons conseils, dirige les activités du centre de ski du Séminaire à Ste Beatrix. Ce comité est composé de philosophes, André St-Onge, Paul Frenette, Serge-Bernard Melançon, Jean-Marc Fortin, Jean-Louis Frenette, un réthoricien Denis Amyot, et un méthodiste, Daniel Laporte. L’aumônier du groupe est M. l’abbé Serge Perreault.

Dès le début de l’année scolaire le comité de ski avait tracé un important programme d’action, déjà en voie de réalisation. Une quatrième pente a été aménagée pour satisfaire les skieurs de tout calibre. Pour une plus grande sécurité, les pentes déjà existantes ont été nivellées, et une équipe de patrouilleurs a été mise sur pied.

L’Étoile du Nord, 4 janvier 1961

Le comité des philosophes avait trouvé un joli nom pour désigner le centre de ski, SEMIJOLIE, formé des mots Séminaire et Joliette.

L’action populaire, 18 janvier 1961

Le nom a ensuite eté raccourci à Se-Jolie ou Sé-Joli. Le nouveau restaurant a été béni.

Le Séminaire de Joliette a sa pente de ski à Ste-Béatrix. Pourvue d’un restaurant, la pente Se-Jolie a ouvert ses activités officiellement. Le Rvd Père Emile Jetté, supérieur du Séminaire, a béni le nouveau restaurant. Ce centre de ski est à l’usage des élèves du Séminaire et aussi du public qui y est invité.

L’Étoile du Nord, 25 janvier 1961

En 1961 les Clercs de Saint-Viateur ont organisé des championnats pour les skieurs du Séminaire et de la région. Le frère Bernard Chevrette des Clercs de Saint-Viateur était le responsable de l’entretien du domaine.

L’action populaire, 15 mars 1961

Louis-Philippe Hébert qui jouait le rôle du père Laloge dans la série des Belles Histoires d’en Haut avait acheté une maison sur le rang Sainte-Cécile. Il avait suggéré au réalisateur Bruno Paradis de venir tourner des scènes extérieures à Ste-Béatrix et durant les années 1960 de nombreux épisodes de la série ont été tournés dans la campagne de Ste-Béatrix. En février 1962 L.-P. Hébert a invité les membres de l’équipe de tournage à visiter le centre de ski Sé-Joli. L’équipe avait ensuite été reçue par le docteur Gérard Hébert, sans doute un parent, qui a racheté le centre de ski quand le Séminaire l’a vendu peu après.

L’action populaire, 7 février 1962

Sur les photos illustrant le reportage rédigé par Louis-Philippe Hébert on reconnaît René Caron (Todore Bouchonneau), Yvon Leroux (Bidou Laloge) et le réalisateur Bruno Paradis. Bernard Chevrette c.s.v. administrateur du domaine les avait acceuillis au chalet.

L’action populaire, 28 février 1962

Les photos ne sont pas très bonnes, on voit la pente et le monte-pente. Lucille Baril scripte-assistante était l’experte skieuse de l’équipe alors que les autres en étaient sans doute à leur première expérience à ski.

L’organisation est fantastique. Six descentes de ski, les unes plus rapides que les autres, permettent aux débutants et aux experts de s’adonner à leur sport favori selon leur capacité et leur goût. Personnellement, je suis monté sur la plus haute et, je dois l’admettre, j’avais le coeur serré, dans ma poitrine, regardant vers le bas. Trop vieux? Non peureux!

Là, c’est la piste pour traines sauvages. Elle est si rapide qu’il nous a été impossible de photographier Lucille Baril et Jean-Marie Lafleur qui la descendaient à toute allure. Je crois qu’à un moment ils ont atteint une vitesse de cinquante milles à l’heure. Encore une fois, personnellement, je préfère la piste des tout-petits. Même raison, peureux!

Louis-Philippe Hébert alias Père Laloge

En 2018 une exposition présentée au Manoir Panet de Ste-Mélanie présentait des décors de la série Les Belles histoires. On voit ici la table de Séraphin et le rouet de Donalda.

La table de Séraphin Poudrier
Manoir Panet à Ste-Mélanie 2018

À Sé-Joli de Ste-Béatrix – Notre Chamonix, refuge des passionnés de nature et de sport, Sé-Joli, se trouve situé au contrefort des Laurentides. Aménagée depuis cinq ans à peine, notre station est en voie de devenir célèbre. Elle ne sera probablement pas le site des prochains Jeux Olympiques, mais ce que nous voulons, c’est un lieu de détente, un lieu où dans l’amitié, nous pourrons venir pratiquer nos sports préférés.

L’Étoile du Nord, 21 mars 1962

Il y a un monte-pente pour les adeptes du ski, des côtes réservées pour la traîne sauvage et le traîneau; on a même mis en service une espèce de traîneau-bicyclette qu’on a baptisé Vire-Vole. Sur place on y fait la location de Ski-Doo.

L’action populaire, 23 janvier 1963

Le traîneau-bicyclette était l’ancêtre du vélo-ski qui permettait de descendre les pentes sans être un skieur expert.

En 1963 une nouvelle compétition inter-collégiale a été organisée. Des collèges de Sherbrooke, Montréal, St-Laurent et autres sont venus défier les skieurs du collège de Joliette.

L’Étoile du Nord, 6 février 1963
L’Étoile du Nord, 6 mars 1963
L’Étoile du Nord, 17 avril 1963

En février 1964 le comité de l’Aide à la Jeunesse de Joliette avait organisé une excursion au centre Sé-Joli de Ste-Béatrix pour 900 enfants transportés dans 15 autobus.

L’Étoile du Nord, 5 février 1964

Ski à Sé-Joli – Le séminaire de Joliette a remporté les honneurs de l’intercollégiale de ski qui a eu lieu à la piste Sé-Joli de Ste-Béatrix, dimanche le 15 février.

L’Étoile du Nord, 26 février 1964

L’Étoile du Nord, 26 février 1964
L’Étoile du Nord, 26 février 1964

Dans un journal de Joliette du mois d’avril 1964 on lit que la direction du Séminaire projetait de placer le Centre des Loisirs du Séminaire sous l’administration d’une Corporation. Il comprenait des installations au collège de Joliette et le terrain de Ste-Béatrix qui devait être développé en terrain de camping familial et en centre pratique pour tous les jeux d’hiver, ski, toboggan, raquette, ski-doo, etc.

Nouvelle orientation du Centre de Loisirs du Séminaire

L’Étoile du Nord, 22 avril 1964

En 1964 le centre de ski Sejoli de Ste-Béatrix a fermé. Dû à certaines circonstances incontrôlables comme le départ des élèves la fin de semaine, le centre de ski du Séminaire de Joliette ne sera plus en opération cette année, circonstances tristes.

L’action populaire, 9 décembre 1964

C’est par un beau dimanche de printemps que s’est déroulée la compétition Bernard-Chevrette. Cette compétition disputée par les années dernières au centre de ski Sé-Joly à Ste-Béatrix, centre qui n’est plus en opération, a eu lieu cette année au Mont de Lanaudière à St-Gabriel de Brandon.

L’action populaire, 3 mars 1965

Photo: UW Special Collections

Sur internet on trouve de nombreuses photos illustrant l’évolution des remonte-pentes. Celle-ci datée de 1968 montre que les ski-tows à corde étaient encore en usage. Les équipements, skis, remonte-pentes, dameuses s’amélioraient chaque année mais les centres de ski devaient faire des investissements importants pour être à jour.

Le Domaine d’Ailleboust

Le domaine a été fermé pendant 3 ans puis le docteur Jean-Gérard Hébert l’a acquis et rénové. Il voulait en faire le premier centre de vélo-ski en Amérique. Il a aussi ouvert des sentiers pour la pratique de l’auto-ski (motoneige).

L’action populaire, 27 décembre 1967

Le Dr J.-G. Hébert, de Ville Mont-Royal, vient d’ouvrir un centre sportif au Domaine d’Ailleboust autrefois Sé-Joli. Ce centre se spécialise dans le vélo-ski, sport connu en Suisse sous le nom de ski-bob. Il peut être pratiqué par tout sportif qui peut devenir expert, nous dit-on, en 24 heures. Le centre possède un magnifique monte-pente qui permet aux skieurs de s’adonner à coeur joie et avec un minimum de fatigue à leur sport favori. Avec la venue de la neige, les adeptes de l’auto-ski pourront avec agrément parcourir les pentes et sentiers du Domaine. Un chalet, avec restaurant où l’on sert d’excellents mets, a été rénové.

Photo-journal, 17 janvier 1968
L’action populaire, 8 janvier 1969

Pour l’hiver 1969-1970 l’ancien Domaine Sé-Joli du Séminaire de Joliette a été doté d’un nouveau T-Bar de 1.200 pieds pour le ski. Il offrait 5 milles de sentiers pour les auto-neiges et louait des vélos-ski pour les amateurs de ce sport nouveau. Le Comité de développement touristique de Sainte-Béatrix est responsable de la mise en chantier et de la publicité de ce nouveau Centre de sports d’hiver.

L’action populaire, 10 décembre 1969

L’installation d’un T-Bar permettait de remonter beaucoup plus de skieurs sans interruption.

T-Bar au mont Snow, Rawdon 1965 – BAnQ

Pour l’inauguration du Centre d’Ailleboust en janvier 1970 le curé de la paroisse Damien Robert a béni la piste de ski. On le voit ici entouré du député Roch Lasalle et son épouse et du docteur Hébert.

Le nouvelliste, 20 janvier 1970

Le journal annonçait cinq descentes de ski avec remontée mécanique du genre arbalète, une pente pour vélo-ski, une pente pour tobbogan, et huit sentiers numérotés pour motos-neige.

L’action populaire, 21 janvier 1970

En 1972 le journal La Presse publiait les conditions de ski dans les stations du Québec. Dans la région de Joliette il ne mentionnait que le Mont d’Ailleboust pour le ski alpin et le Domaine d’Ailleboust pour le ski de fond.

La presse, 22 février 1972
La presse, 24 février 1972

Pour la saison 1972-1973 le Centre d’hiver d’Ailleboust a investi $50.000 pour l’installation d’un deuxième monte-pente de style Arbalète (T-bar). Le centre de ski familial offrait alors 12 pistes. Un Skidozer 250S de Bombardier avait été acquis pour entretenir les pistes. Le directeur était le docteur Gérard Hébert et le gérant Jacques Léonard.

Le courrier de Berthier, 6 décembre 1972

Cette photo de l’article de J. Poulin montre les 2 monte-pentes à gauche et la dameuse en bas à droite. Plusieurs photos lui ont été données par la famille Lacasse qui fréquentait le site dans les années 1980.

Mont d’Ailleboust – Collection Jacques Poulin
Skidozer Bombardier – Photo Snow Cat Service

La brasserie Molson faisait de la publicité dans les stations de ski en organisant des concours.

Le courrier de Berthier, 21 février 1973
Le courrier de Berthier, 28 février 1973

Dans les années 1970, il y avait pour le public des courses Molstar dans un grand nombre de stations de ski. Un skieur accrédité établissait un temps de référence. Selon la différence entre notre temps et ce temps de référence, on pouvait obtenir une médaille d’or, d’argent ou de bronze. (Jacques Poulin)

Épinglette Molstar – Collection Jacques Poulin
Le courrier de Berthier, 20 février 1974

Dans cette annonce concernant le ski de fond le responsable du Mont d’Ailleboust est Jacques Léonard. Il était gérant de la station puis il semble qu’il l’ait rachetée au docteur Hébert.

L’écho de Louiseville/Berthier, 10 janvier 1979

Dans une série de photos aériennes des archives de la BAnQ prises en 1980 autour de Sainte-Béatrix par Jean-Marie Cossette j’ai remarqué ces 2 photos qui montrent une partie de la station du mont d’Ailleboust. À droite on voit les 2 remontes-pente et au pied des pistes le chalet d’accueil.

En agrandissant la première photo on voit que le chalet d’accueil est bien le même que sur les photos trouvées par Jacques Poulin. En 1957 une partie du Séminaire de Joliette avait été détruite par un incendie. J. Poulin explique que lors de la reconstruction une série de petits bâtiments avaient été construits pour loger les ouvriers. Quand les travaux ont été terminés, on les a transportés à la station de ski sur des camions. Certains de ces bâtiments ont été réunis pour créer le chalet principal.

Le chalet principal (détail) – Collection Jacques Poulin

En 1982 plusieurs autres stations avaient été ouvertes dans Lanaudière offrant plus de dénivelé. Le Mont d’Ailleboust avec ses 100 mètres faisait piètre figure. Il offrait 10 pistes, 3 remontées, du ski de soirée et de la neige artificielle, le seul à en produire.

La presse, 4 décembre 1982

En 1983 Raymond Dugas a skié pendant 87 heures 22 minutes pour établir un record Guiness.

La presse, 11 février 1983

Pendant les années 1980 les journaux annonçaient toujours les conditions de ski au Mont d’Ailleboust mais on trouve moins d’informations précises, la concurrence était forte. Les canons à neige permettaient de maximiser le potentiel de la station.

La presse, 30 novembre 1985

L’École de Ski Mont d’Ailleboust Inc. a été incorporée le 8 septembre 1986 (Gazette officielle du Québec du 1er novembre 1986).

L’artisan, 2 décembre 1986

Denis Beausoleil et la faillite de la station de ski

La station touristique Sainte-Béatrix commence sa 25e saison en grande vitesse. Centre de ski familial par excellence, cette station présente à l’échelle réduite tous les plaisirs des grands centres sans les inconvénients. Situé dans les Basses-Laurentides, à 20 minutes de Joliette, Mont-d’Ailleboust est des plus accessibles, tant géographiquement que financièrement. De plus, il vous offre un choix de 11 pistes, du ski de soirée, de la neige artificielle et trois remontées pour un débit de 2.600 skieurs à l’heure. Enfin, on nous annonce un nouveau versant avec un quadruple télésiège pour bientôt.

La presse, 28 novembre 1987

Denis Beausoleil nouveau propriétaire de la station pendant l’hiver 1987-1988 avait des projets ambitieux qu’il a annoncés dans les journaux.

Denis Beausoleil, propriétaire de la station touristique de Sainte-Béatrix, dévoilera aujourd’hui à I3h30, les détails d’un ambitieux projet de plusieurs millions de dollars au mont d’Ailleboust.

La presse, 23 janvier 1988

La presse, 27 août 1988

Pour la saison 1988-1989 le centre de ski du Mont d’Ailleboust est devenu la station touristique Ste-Béatrix: la station qui fait jazzer le monde.

L’artisan, 15 novembre 1988

Station touristique Sainte-Béatrix – Située à une vingtaine de kilomètres de Joliette
la Station touristique Sainte-Béatrix possède 11 pistes. Le laissez-passer de fin de semaine coûte $18. Le centre de ski a entrepris récemment un programme de modernisation de ses équipements et est appelé à connaître encore plus de succès.
(Le devoir, 10 novembre 1988)

L’artisan, 29 novembre 1988

Du nouveau cette année: 25 km de pistes de ski de fond réaménagées, glissades sur chambre à air, nouveau système de fabrication de neige artificielle, patinage libre, notre nouveau chalet sera opérationnel au cours de la saison.

Les projets étaient sans doute trop ambitieux, Denis Beausoleil a fait faillite dès l’été suivant. En juillet 1989 une première poursuite a été intentée contre Les Investissements d’Ailleboust Inc. pour saisir un lot de 250 paires de bottes de ski et 180 paires de ski alpin.

Le devoir, 22 juillet 1989

Le 12 octobre 1989 la Caisse Populaire de Ste-Béatrix partie demanderesse a déposé une poursuite contre Investissements d’Ailleboust Inc. et Denis Beausoleil partie défenderesse. Une partie des lots 147, 148, 149 et 150 de Ste-Béatrix ont été saisis pour être vendus à l’encan.

En novembre 1989 Daniel Arbour Enr. a demandé la saisie des biens des Investissements d’Ailleboust Inc. Le Domaine d’Ailleboust comprenait les lots 2, 3, 4, 5, 301 et 303 de la paroisse de Ste-Béatrix dont plusieurs parties avaient été vendues à des particuliers.

Gazette officielle du Québec, 11 novembre 1989

Le 7 novembre 1989 Les Investissements d’Ailleboust Inc. ont fait cession de leurs biens au syndic de faillite.

La presse, 18 novembre 1989

Le docteur Jean-Gérard Hébert qui avait acheté le domaine du Mont d’Ailleboust aux clercs de St-Viateur est décédé en 1998 à l’âge de 84 ans. Il fut un des pionniers de la chirurgie esthétique au Québec.

La presse, 7 novembre 1998

Je suis allé visiter le chemin d’Ailleboust pour essayer de photographier le site de la station de ski disparue. L’adresse 61 chemin de Ste-Béatrix correspond à l’embranchement du rang d’Ailleboust. Selon les photos anciennes le chalet d’accueil et le stationnement devaient se trouver au nord du lac Gaspard. Mais la forêt a repoussé depuis 1990 et il est impossible de prendre des photos à travers les feuilles des arbres. Et même de reconnaître le site qui a été transformé par la construction récente de maisons.

Dans son historique du Mont d’Ailleboust Jacques Poulin a publié de nombreuses photos que j’invite les lecteurs à aller voir sur son site. Merci à Jacques Poulin pour l’idée de cette chronique qui ne cherche pas à plagier son travail mais à le compléter en le documentant à l’aide des journaux anciens archivés par la BAnQ.

Carte du Québec

Laisser un commentaire