Pourquoi J’aime pas

Ajouter un bouton J’aime à un site c’est installer un mouchard sur le site pour permettre à Facebook d’espionner les visiteurs, c’est pratique mais ça a des conséquences. Il n’y a pas de publicité sur mon site et je ne veux pas de scripts dont je n’ai pas le contrôle. Il y a d’autres façons de dire qu’on aime (ou n’aime pas), il suffit de le dire dans les commentaires.

J’aime et je partage

Les boutons J’aime ou Partager sont présents maintenant sur presque toutes les pages web qu’on visite. C’est pratique, on peut partager une page avec ses amis en appuyant sur un bouton; avant c’était compliqué, il fallait copier l’adresse du lien et la coller.

Ce que nous a dit M. Zuckerberg c’est que les boutons J’aime présents sur chaque page web sont en fait des mouchards qui envoient des informations à Facebook pour lui permettre de suivre toutes les actions des internautes (mouvement de la souris, entrées clavier, etc…). Pas besoin de cliquer sur le bouton, il suffit que le bouton soit présent sur la page qu’on affiche.

On ne sait pas trop si il faut être connecté à son compte pour que ça marche ou si Facebook obtient plus ou moins d’informations selon qu’on est connecté, déconnecté ou qu’on n’est pas membre du réseau, Mark essaie d’en dire le moins possible. Mais je sais bien que mes amis Facebook sont connectés à leur compte en permanence (c’est plus pratique) donc ils peuvent être certains que Facebook sait tout ce qu’ils font et l’enregistre.

De la servitude volontaire

Et qui voudra en suivre la trace verra que non pas six mille, mais cent mille, des millions viennent au tyran par cette filière et forment entre eux une chaîne non interrompue qui remonte jusqu’à lui… En somme, par les gains et parts de gains que l’on fait avec les tyrans, on arrive à ce point qu’enfin il se trouve presque un aussi grand nombre de ceux auxquels la tyrannie est profitable, que de ceux auxquels la liberté serait utile.

La Boétie (1548)

L’ingénierie sociale

Dans le monde moderne et complexe où nous vivons tout devient très abstrait et difficile à comprendre. L’ingénierie sociale est donc en plein essor car il est plus facile que jamais de diriger les esprits.

Cette science a pris son essor au 20ème siècle, d’abord propagande de masse elle s’est affinée peu à peu avec la publicité et le marketing. On sait maintenant manipuler les gens en douceur et ils aiment ça. Facebook en est la preuve éclatante.

Créer un nouveau besoin, en faire un must pour la planète entière et faire fortune en quelques années, on peut difficilement faire mieux !

Le dilemme du webmaster

Depuis quelques années les webmasters savent très bien que les boutons J’aime qu’ils ajoutent à leur site sont des « Chevaux de Troie », une sorte de script contrôlé par Facebook. Mais la pression sociale est tellement forte qu’il est très difficile de résister au mouvement, de se priver d’un auditoire aussi vaste. On ne peut qu’espérer qu’à force de scandales l’opinion publique s’inverse et que ces boutons soient perçus pour ce qu’ils sont réellement, des « mouchards ».

J’ai choisi de ne pas afficher ces boutons sur mes sites mais je comprends qu’un site commercial ne puisse pas éviter de le faire. Par contre les gouvernements, Radio-Canada, tous les organismes sociaux et humanitaires qui nous imposent Facebook sur leurs sites, ils devraient avoir une responsabilité morale et éducative, il me semble.

Les audiences au Congrès

Mark Zuckerberg
Crédits : Reuters/Leah Millis

L’Europe s’intéresse depuis déjà quelques années au phénomène Facebook mais elle est un peu impuissante. Le vent semble tourner, les audiences au Congrès des États-Unis ont démontré que les applications de Facebook continuaient à aspirer automatiquement le carnet d’adresse de ses abonnés pour le revendre. C’est illégal car dans ces carnets d’adresse beaucoup de gens ne sont pas membres de Facebook, le réseau avait déjà été réprimandé et avait promis de corriger la situation.

Mais comme vient de le dire Mark si tout le monde le fait on est obligé de faire pareil ou on ferme la boutique.

Pistage des internautes non-inscrits: Facebook s’explique

23 octobre 2018 – Facebook fait encore la une pour de mauvaises raisons, le Parlement européen s’interroge sur le rôle de Facebook dans la victoire du Brexit et son influence politique vendue au plus offrant (avec une liste complète d’articles sur le sujet à la fin de l’article).

La preuve

Apple vient d’annoncer qu’il allait modifier son navigateur Safari pour signaler aux internautes qu’ils sont pistés par ces boutons et leur demander leur autorisation pour les activer. C’est bien la preuve que ces boutons ne sont pas anodins.

Vie privée : Apple s’attaque aux boutons « j’aime » de Facebook

Facebook et l’art

Beaucoup d’artistes indépendants ont profité de Facebook pour se faire connaître et diffuser leurs œuvres. Dans un reportage récent à Radio-Canada certains racontaient leur expérience et décrivaient les limites de Facebook.

La constatation est que tant qu’on fait de l’art conforme tout va bien mais les algorithmes n’aiment pas l’art qui sort des sentiers battus. Si on a tout misé sur Facebook on peut se retrouver du jour au lendemain banni de diffusion par l’algorithme et c’est pas mal compliqué d’aller s’expliquer avec un algorithme.

C’est Facebook qui décide de ce qui est bien mais on ne peut pas s’expliquer avec Facebook, c’est une machine. La politique aussi est affectée, une organisation qui ne plaît plus à Facebook sera bannie immédiatement. Une autre qui lui plaît sera mise en avant par l’algorithme.

Aussi sur le site du Monde du 18 avril on nous explique pourquoi les algorithmes sont imprécis et leurs conséquences difficiles à contrôler. L’art véritable est toujours aux limites, l’algorithme préfère les moyennes, l’art conforme.

L’intelligence artificielle, la solution?

Une pensée sur “Pourquoi J’aime pas”

  1. Salut Guillaume,
    Intéressant ce topo sur les « j’aime » et autres attrape-nigauds de ce genre.
    Force est de constater il est vrai que même si beaucoup d’adepte de ces médias collecteurs d’informations personnelles savent pertinemment qu’ils-elles sont suivis à la trace, cela nes les empêche pas de se ruer sur Internet pour parler d’eux dès qu’ils-elles en ont l’opportunité.
    Le topo fait allusion à la vanité des gens, je crois qu’il faut faire le lien avec un besoin irrépréssible vicéral de flatter une estime de soi déficiente par le biais du nombre de « like » que les gens ont bien voulu témoigner.
    Salut

Commentez cet article