La nouvelle fracture numérique

Il y avait une fracture numérique entre ceux qui ont accès à un ordinateur et les autres. Aujourd’hui il y a une nouvelle fracture numérique entre ceux qui apprennent à utiliser leur ordinateur pour être créatif et ceux qui subissent passivement les produits que des compagnies multinationales leurs proposent.

Quand je me suis installé à Chertsey j’ai proposé à la bibliothèque de faire du bénévolat en informatique. On m’a expliqué que la seule demande était d’aider les gens à paramétrer leur compte Facebook pour être en sécurité. C’est absurde, Facebook est une compagnie qui triche et qui ment, elle a été condamnée à payer des amendes partout dans le monde: on ne peut pas être en sécurité avec une compagnie qui fait commerce des données personnelles.

Je voulais faire de l’initiation à l’informatique créative, expliquer le fonctionnement d’un site internet, la sécurité, l’utilisation des logiciels, le traitement des photos. Mais il n’y avait pas de demande.

Fablab

La fracture numérique est de plus en plus profonde car la plupart des gens ne font que subir passivement les mauvais côtés de l’informatique car ils ne savent pas faire autrement. Mais l’informatique est aussi un outil avec lequel on peut réaliser des projets concrets si on apprend à s’en servir. Voici par exemple 2 articles récents:

Oui la technologie peut être utile, elle pourrait permettre à l’économie locale de se développer de beaucoup de façons. Mais on ne peut pas se contenter d’avoir sa page Facebook.

À cause du confinement beaucoup de gens ont du se mettre au télétravail sans préparation en utilisant des services non sécurisés; une aubaine pour les hackers. Le gouvernement veut encourager le commerce en ligne et il a raison. Mais si on suit la logique Facebook, Über, AirBnB, etc… ça signifie que c’est Amazon qui va s’occuper de notre commerce: c’est plus facile d’utiliser ce service que d’apprendre à construire et gérer sa boutique en ligne.

Un reportage de Radio-Canada nous apprend que chaque emploi créé par Amazon équivaut à 2 emplois perdus dans le commerce de détail.

Faire de l’éducation informatique

Utiliser un ordinateur sans savoir ce qu’on fait c’est dangereux et angoissant. C’est pourtant ce que font beaucoup de gens. Et c’est particulièrement vrai dans notre région.

La fracture numérique

Le site internet de Chertsey a été construit en 2016 mais il faut déjà le refaire car les responsables du site n’ont pas su le gérer au quotidien par manque de compétence. À la dernière séance du conseil des experts ont été embauchés pour faire des études afin d’améliorer les communications numériques: $125 de l’heure pour un conseiller en informatique senior.

Ce sont aussi des experts qui ont construit le site actuel, il faut espérer que les nouveaux experts seront meilleurs. Mais on pourrait aussi apprendre à se prendre en main localement en étudiant sérieusement le fonctionnement des outils informatiques que nous utilisons tous les jours. Le site de Chertsey est représentatif de ce qui se fait dans notre région, j’ai analysé pas mal de sites par curiosité.

Il y a beaucoup de travail à faire pour prendre le virage numérique sans se faire exploiter par les multinationales. Les PME et les associations ne peuvent pas se payer des consultants à $125 de l’heure. Avec 20 ans d’expérience comme webmaster je ne suis pas un expert mais un senior qui pourrait aider sa communauté, encore faudrait-il que ça intéresse quelqu’un.

Sur le site des Fab Labs du Québec on peut trouver des informations sur leur utilité et les projets en cours au Québec. Il y a de nombreux groupes actifs mais aucun dans notre région. Ce sont des ateliers d’initiation à l’informatique disposant d’outils numériques permettant de réaliser des projets concrets.

Fablabs Québec

Depuis plusieurs années la Caisse Populaire de Chertsey est fermée et la compagnie Desjardins ne semble pas savoir quoi faire avec le bâtiment qu’elle venait de construire. Situé sur la rue Principale qu’il faudrait réhabiliter, il serait important de lui trouver une nouvelle vocation plutôt que de le laisser à l’abandon. C’est un grand bâtiment moderne pas spécialement beau mais qui pourrait être adaptable à des projets communautaires. Pourquoi pas un genre de Fablab?

Les banques ont dit qu’elles allaient nous aider à passer à travers la crise. Desjardins est un peu plus qu’une banque, elle a une mission sociale particulière au Québec. Le bâtiment va être encore plus difficile à vendre si il y a une crise économique.

La Caisse Desjardins de Chertsey à vendre

Mais il faudrait aussi qu’il y ait une volonté de la population de se prendre en main en arrêtant de subir passivement le monde numérique qu’on lui impose. Amazon a pu vendre des livres à rabais pendant des années, financée par Wall Street; maintenant que presque tous les libraires ont fait faillite c’est Amazon qui décide du choix des produits, de leur positionnement et de sa marge de profit. Jeff Bezos veut monopoliser le commerce en ligne, c’est l’homme le plus riche du monde.

2 réflexions au sujet de “La nouvelle fracture numérique”

  1. Beaucoup de gens ont de la difficulté à sortir des sentiers battus. Il y a aussi des municipalités, comme Chertsey, qui se contentent seulement à immiter les municipalités voisines. De vrais voisins gonflabes!

    La dernière séance de conseil de Chersey à été fait par vidéoconférence avec Zoom et a été publié sur Youtube. La qualité du rendu est médiocre. De plus, Zoom est une compagnie privé, situé en Californie, qui est dans la controverse par rapport à des failles de sécurité. Il y a même eu des échanges de données entre Zoom et Facebook. On se contente de médiocrité par facilité.

    Les élus de la municipalité auraient pu se réunir comme d’habitude (avec une distanciation de 2 mêtres) et à être filmé par un appareil de qualité. Un citoyen vidéaste est même prêt à le faire. Elle devrait aussi déposer les vidéos directement sur leur site web. Ainsi, la municipalité serait en contrôle total de ses vidéos qui sont des archives importantes.

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    • La stratégie du choc décrite par Naomi Klein consiste à profiter des crises et des catastrophes pour empiéter un peu plus chaque fois sur les droit sociaux et les libertés. En état de crise on peut faire adopter des lois dans l’urgence. Dans l’urgence les citoyens sont prêts à adopter des technologies sans réfléchir. Les multinationales proposent des produits simplistes que tout le monde peut utiliser mais elles ne le font pas par charité. Il faudrait que tout le monde le comprenne et réagisse en s’éduquant à l’informatique. Il vaudrait mieux ne pas l’utiliser que l’utiliser sans savoir ce qu’on fait.
      Ce n’est plus du divertissement, ce sont la politique et l’économie qui sont en jeu.

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