Le premier seigneur d’Autray avait fait bâtir un manoir rustique sur son fief avant 1647 puis il a été abandonné. Ses successeurs l’ont sans doute fait reconstruire à plusieurs reprises. En 1821 Ross Cuthbert l’a remplacé par un manoir plus prestigieux. Puis il a fait construire un nouveau manoir encore plus confortable près du premier en 1846. L’histoire des manoirs de d’Autray est confuse, certaines sources disent que le manoir d’Autray existait toujours en 1950, d’autres qu’il a été incendié vers 1900. C’est une histoire à énigmes qui démontre que les archives historiques auront toujours besoin d’être revues et corrigées.
Il y a déjà eu un village nommé St-Joseph d’Autray entre Lanoraie et Berthier au bord du St-Laurent. Il n’existe plus, le nom d’Autray subsiste seulement dans le nom de la MRC de d’Autray qui va de Lavaltrie à Mandeville. La seigneurie de d’Autray était située entre celles de Lanoraie et Berthier.
Le nom de la seigneurie d’Autray a été orthographié de beaucoup de façons. Sur cette carte de 1669 on voit l’habitation du sieur Outré; on trouve aussi d’Autré, Dautré, Dautrai, Dautray, Dautraye, ce qui complique la recherche sur internet. Sur le plan suivant datant de 1857 la seigneurie est nommée Dantré. Sur la rive nord du fleuve St-Laurent la terre numérotée 8 était recensée comme le Domaine et Résidence du Seigneur et le manoir, Manor House, se trouvait près du chemin. Le moulin seigneurial avait été construit à côté sur la rivière St-Joseph.

Vers 1900 Honoré Beaugrand conteur de Lanoraie a publié La bête à grand’queue. C’est un conte très distrayant qui se déroule devant le manoir de Dautraye. Un habitant pas mal chaud croit être poursuivi par une créature diabolique une nuit sans lune; il réussit à lui couper sa grand’queue mais le lendemain son voisin lui intente un procès pour avoir coupé la queue de son taureau. Le chemin du Roy entre le manoir et le pont du moulin était autrefois bordé d’une rangée de grands sapins, la route était étroite et épeurante tellement il y faisait sombre.
Quand on cherche des informations à propos du manoir d’Autray sur internet on trouve cette photo dans la collection du musée McCord-Stewart: Manoir de Dautraye, près de Berthier-en-haut, QC, vers 1875, copie réalisée vers 1892.
Et puis en continuant à chercher on trouve sur le site des Archives Nationales du Québec la photo d’un bâtiment complètement différent intitulée: Berthier-en-Haut, Berthier – Manoir d’Autray, vue extérieure vers 1950.
Dans le livre Les manoirs du Québec de Raymonde Gauthier publié en 1976 on trouve quelques informations sur les 2 manoirs d’Autray. La première photo y est intitulée Manoir D’Autré ou Dautray, Berthierville. Ross Cuthbert hérita de la seigneurie d’Autré et se fit construire ce manoir. La construction est vaguement inspirée du néo-gothique, populaire après 1850. Les maisons dites néo-gothiques étaient en général plus basses. Ceci nous donne à penser que la structure initiale de la maison était déjà édifiée et qu’on lui a ajouté des détails néo-gothiques, tels les contreforts à pinacles, pour la mettre à la mode. Le manoir qui a subsisté jusqu’au début de ce siècle est maintenant disparu.
La seconde photo est intitulée Manoir d’Autray, Lanoraie. Ce fut donc un membre de la famille Cuthbert qui construisit ce manoir dont on ignore pour l’instant la situation exacte… On avait recouvert une structure de forme carrée d’un toit à deux eaux s’avançant vers l’avant pour former un fronton triangulaire percé d’une fenêtre cintrée. Ce fronton était soutenu par quatre colonnes d’ordre ionique auxquelles on avait accroché une ballustrade servant de parapet… En 1977 Raymonde Gauthier en critiquait l’architecture: ses colonnes ioniennes sur une maison de bois étaient une horreur. Influence pernicieuse du cours classique sur un seigneur.
On ignore où se trouvait ce deuxième manoir. J’ai eu beau chercher et interroger les responsables du patrimoine de la MRC de d’Autray, personne n’a pu me répondre. Il y a une photo datant de 1950 dans les archives que quelqu’un a identifiée un jour comme le manoir d’Autray mais il n’y a aucune source pouvant donner plus de détails sur son emplacement et son histoire.
Le poète de Lanoraie Louis-Joseph Doucet a publié un recueil en 1908 et dans une note au poème Les sapins d’Autray on lit que le manoir seigneurial n’existait plus. Près du fleuve, à quelques pas du vieux moulin à farine qui tourne encore aujourd’hui sa roue monotone et tenace, était jadis un manoir seigneurial, poétiquement ombragé de l’éternelle verdure des sapins d’Autray.
Réjean Olivier dans Légendes de Lanaudière apporte une information contradictoire. Joseph Bonin s’était retiré en 1906 au manoir d’Autray jusqu’à son décès en 1917.
Il habitait un vieux manoir sis sur les bords d’un cours d’eau qui alimentait la scierie d’Autray. Le moulin à scie d’Autray se trouvait sur la rivière St-Joseph, c’est donc bien le même manoir.
Toutes ces informations sont contradictoires et énigmatiques, j’ai essayé d’en savoir plus.
La seigneurie d’Autray sous le régime français
Sur la carte de 1669 dessinée par Nicolas Lallemant on voit l’habitation du Sr. Outré en face de celles du sieur Sorel et du fort de Richelieu. L’embouchure de la rivière des Iroquois (Richelieu) était un site stratégique au commencement de la Nouvelle-France; c’est par là que les ennemis arrivaient. Il n’y avait pas d’autre habitation sur la rive nord jusqu’à la Rivière du Loup (Louiseville); Berthier n’existait pas encore.

Le fief de Dautré a été concédé en 2 parties à Jean Bourdon en 1637 et 1647 par la Compagnie de la Nouvelle-France. Le 16 avril 1647, La Cie de la Nouvelle-France accorde une nouvelle concession d’une terre de une demi-lieue à prendre le long du fleuve Saint-Laurent du côté nord entre le Cap L’Assomption et les Trois-Rivières, à l’endroit où le dit Bourdon habite. Il y avait donc déjà fait construire un manoir rustique.
L’archiviste E. Z. Massicotte a publié en 1933 une recherche sur la seigneurie d’Autray. Dans un procès-verbal des archives judiciaires de Montréal il a trouvé une description de la maison seigneuriale d’Autray qui servait aussi de chapelle en 1675.
En 1675 la guerre contre les iroquois avait obligé l’abandon des terres exposées à leurs attaques et la seigneurie d’Autray était en plein dans leur ligne de mire: tout était à l’abandon.
Dans le logis il y avait 3 coffres avec des objets liturgiques. Le seigneur d’Autray cultivait 4 arpents de terre sur son Domaine, il avait une vache et 3 cochons.
La terre du Domaine a été louée avec le manoir en 1675, sans doute lors d’une accalmie de la guerre contre les iroquois. Dans cette recherche sur Gabriel Bérard dit Lépine, habitant de Dautray, on lit que le 6 octobre 1675 il a conclu un bail pour 6 ans avec Dame Bourdon pour louer la Metterie dite Le Manoir seigneurial d’Autray, comprenant 12 arpents de front, soit 700 mètres, sur le bord du fleuve.
Bérard tenait boutique à Montréal pour la traite mais c’est à Dautray surtout qu’il opérait, où il avait pris en main diverses propriétés. En 1689 la guerre avait repris et les iroquois massacraient tout sur leur passage; à Dautray tous les colons périrent ainsi que le seigneur.
Les guerres iroquoises ont continué jusqu’à la Grande Paix de Montréal en 1701. Les concessions de terres dans la seigneurie d’Autray ont alors pu recommencer. Il y aurait eu une église et un curé à d’Autray à cette époque. En 1727 Joseph Ambroise Gaillard a été nommé curé d’Autray; il était seigneur de l’île du Pads et il est mort à Lanoraie en 1771. Dans un récit de voyage en 1752 Louis Franquet écrivait: apperçus à la grande terre du Nord l’Eglise de la Seigneurie d’Autray, celle de la Noraye, et celle de la paroisse de la Valterie.
Jean-Baptiste Neveu avait acheté la seigneurie de Dautré en 1710, il résidait à Villemarie. Neveu exploita sagement son vaste domaine et encouragea l’établissement des colons. Il fit construire sur ses terres un fourneau à goudron, une scierie et un moulin à farine. Il a fait construire le moulin à farine dès 1711 conformément à ses obligations de seigneur.
4 mai 1711 – Marché de construction d’un moulin à eau sur la seigneurie de Dautray par Léonard Paillé dit Paillard, maître charpentier, de la ville de Villemarie, et Jean-Baptiste Neveu, marchand et seigneur propriétaire de la seigneurie de Dautray, demeurant en la ville de Villemarie. (Notaire Michel Lepailleur de Laferté)
En 1716 Jean-Baptiste Neveu a été présenter l’aveu et dénombrement du fief et seigneurie Dautré à l’intendant Michel Bégon au château St-Louis de Québec. Il avait fait bâtir une maison seigneuriale, un moulin à farine et un moulin à 2 scies.

En 1739 le seigneur de Lanoraie et Dautré a reçu en concession une augmentation de ses seigneuries nommée Derrière Dautré et Lanoraie ce qui prouve qu’il commençait à manquer de terres à concéder.
Dans un album souvenir publié en 1987 par les Corporations municipales de Lanoraie-d’Autray et de Saint-Joseph-de-Lanoraie il y a un historique de la seigneurie d’Autray qui est en grande partie faux.
Les deux Bourdon, père et fils étant disparus, c’est ainsi que la Seigneurie de Dautré passe aux mains de Jean-Baptiste Neveu. À la mort de ce dernier, la Seigneurie passe à son fils Pierre, puis à François Neveu qui la vend à James Cuthbert en 1771.
En 1771 Jean Ambroise Neveu était le seigneur principal de Dautray, pas François. La seigneurie était divisée entre les nombreux héritiers de Jean-Baptiste Neveu; James Cuthbert a dû racheter les parts de chacun d’entre eux jusqu’en 1784.
La vente de la seigneurie à James Cuthbert
En 1765 après la Conquête l’armée anglaise a dressé des plans très précis des terres conquises. 42 familles habitaient Dautray et l’église paroissiale était à La Norray.
Sur ce détail du plan de la paroisse de La Norray et Dautray on voit plusieurs bâtiments autour de la rivière St-Joseph formant un petit village. Les moulins étaient situés dans la boucle de la rivière. Le manoir seigneurial devait être une maison juste un peu plus grande que les autres, peut-être celle située près du moulin.

En 1778 un rapport d’arpentage mentionne le village St-Joseph dans le fief Dautray.
L’achat de la seigneurie d’Autray par James Cuthbert a été fait en une succession de transactions complexes avec les membres de la famille Neveu de 1771 à 1784. En 1771 Jean Ambroise Neveu était le seigneur principal de Dautray et La Norrai et il demeurait dans son manoir de Dautray.
Le 10 décembre 1771 Joseph Ambroise Neveu seigneur de Dautray et La Norrai demeurant en son manoir de Dautray a vendu à James Cuthbert un huitième de ses seigneuries faisant la moitié du quart lui appartenant avec le droit de moulin, les cens et rentes.
Le 26 août 1772 Pierre Paul Neveu Sevestre et Elisabeth Hertel ont vendu à James Cuthbert leurs droits et prétentions dans les fiefs et seigneurie de Dautray et Lanoraye soit un huitième.
Le 26 juin 1777 Jean Le Roux dit Provençal et Marie Louise Neveu de Yamaska ont vendu à James Cuthbert un huitième avec le tiers et la huitième partie d’un seizième (!!!) des rentes des seigneuries de Dautray, La Norray et dépendances ainsi que dans le corps du vieux moulin.
Joseph Ambroize Neveu seigneur de Dautrai, La Norrai et autres lieux faisait encore de nombreuses concessions de terres dans ses seigneuries.
Le 19 septembre 1778 Louis Roy Desjardins et Marguerite Antoine Neveu, Jean-Baptiste Gabriel Quelle et Marie Amable Neveu, Jean-Baptiste Marion et Marie Magdelaine Neveu héritiers chacun pour un tiers de Pierre Neveu La Norraie fondé pour un quart dans la moitié des seigneuries de Dautray et La Norrai ont vendu à James Cuthbert tous leurs droits successifs.
Le 12 octobre Joseph Ambroize Neveu a vendu sa part de 31/48ème de 1/8ème de ses droits dans les seigneuries de Dautray et La Norray à James Cuthbert avec les droits dans le moulin de Dautray au prorata.
Au mois d’octobre 1778 James Cuthbert devenu majoritaire a commencé à concéder des terres comme seigneur de Dautray et La Norrai. Le 13 janvier 1780 James Cuthbert a rédigé une annonce dans son château de Berthier; il y proclamait ses droits sur les 5/8ème des seigneuries de Dautray et La Norray et du moulin à farine banal. Il était aussi propriétaire du moulin à scie de Dautray dont il réclamait le paiement.
Le 26 mars 1781 Joseph Ambroize Neveu seigneur de 3/8ème des seigneuries et Charlotte de Niverville veuve de François Neveu ont vendu à James Cuthbert seigneur de 5/8ème le septième huitième des cens et rentes des seigneuries de Dautrai et La Norrai avec 1/8ème du moulin à farine et le tiers des terres non concédées.
Le 27 août 1784 Joseph Ambroize Neveu et Angélique Parent fondés dans un quart des seigneuries de Dautrai, La Norrai et dépendances ont cédé à James Cuthbert fondé dans les trois quart leurs droits et prétentions sur les seigneuries.
James Cuthbert était enfin devenu pleinement propriétaire des seigneuries.
Si on reprend l’historique publié dans l’album souvenir on peut constater plusieurs inexactitudes. Il n’y a pas de Jean-François Nepveu qui ait vendu une partie des seigneuries de Lanoraie et d’Autray dans les contrats de vente ci-dessus.
Ce fut le frère de Pierre Nepveu, Jean-François, petit-fils de Marie-Denyse Sevestre qui devint seigneur de Lanoraie. Il était l’époux de Charlotte-Ursule Boucher de Niverville. Jean-François Nepveu vendit la seigneurie à James Cuthbert en 1771. Jean-François Nepveu avait acheté les autres parts de ses frères et soeurs dont celle de Pierre-Paul Nepveu-Sevestre, colonel de milice et négociant à Montréal… Tous ces seigneurs étaient des descendants directs de Charles Sevestre par sa fille, Marie-Denyse Sevestre.
Le 15 août 1797 James Cuthbert a loué à Alexander, Margaret et Cuthbert Weshart, père, mère et fils, la ferme du moulin de Dautrai de 3 acres par 40, moins 3 acres appartenent au moulin du Domaine, se trouvant dans le Manoir Dautrai N°8 bordé par le fleuve St-Laurent, en arrière par Joseph Bonin, sur un côté par la veuve Bourdelais et de l’autre par Mr. Sevestre. La terre N°8 est identifiée comme le Domaine du Seigneur sur le plan de 1857.
Ross Cuthbert seigneur de Dautray et Lanoray
James Cuthbert est décédé le 17 septembre 1798. Dans son testament il avait ordonné: that my said trustees do permit and suffer the said Ross Cuthbert to use, occupy, possess and enjoy the rents, issues and profits of the seignories of Dautray and Lanoray… Il a légué à chacun de ses 3 fils une partie de ses seigneuries mais ils n’en avaient que l’usufruit avec l’interdiction de les hypothéquer. Leur pleine propriété ne devait revenir à ses descendants que 150 ans après son décès.
Le courrier de Berthierville a publié en 1934 une brève biographie de Ross Cuthbert qui contient plusieurs erreurs. Son père est décédé en 1798 pas en 1795 et Ross n’a hérité que des seigneuries de Lanoraie et Dautray. Son frère aîné Alexander a hérité de la seigneurie de New York (Dusablé), du fief Saint-Jacques ou Chenail du Nord et des parties de Maskinongé et Lornière.
On ne peut donc pas savoir si le reste de l’article est fiable; l’auteur y a écrit que le manoir d’Autray existait encore en 1934.
L’honorable Ross Cuthbert est décédé en son manoir du bois d’Autray, le 28 août 1861 âgé de 85 ans, et il fut inhumé dans le cimetière protestant de Sorel. Son gendre John Bostwick occupa son manoir qui existe encore et est en la possession de A. R. Bostwick.
Le 17 octobre 1798 George Ross Cuthbert seigneur de Lanorai et Dautrai résidant à Montréal a signé une procuration à Christophe Frederick Heynemand demeurant au manoir de Berthier pour gérer ses seigneuries et propriétés en son nom en qualité d’agent seigneurial. Il a dû emménager avec son épouse Emily Rush dans son manoir peu après puisque leur fils James serait né au manoir de Lanoraie situé au bois d’Autray en 1800.
En 1800 François Charon Ducharme et Marguerite Neveu ont donné en rente viagère à Alexander Cuthbert demeurant au manoir de Berthier leurs meubles, leurs terres et leur maison à Dautrai. Il y avait une terre de 2 arpents sur 20 et une autre de 1 et demi à 3 arpents sur 40 au nord de la rivière St-Joseph. C’est exactement l’emplacement du manoir et Marguerite Neveu en avait peut-être hérité. En 1804 Alexander Cuthbert le frère aîné de Ross habitait à d’Autray quand sa maison a été détruite par un incendie.
L’auteur d’une biographie de James Cuthbert père affirme que c’est le manoir qui a été détruit.
En somme, Alexander Cuthbert ne paraît pas avoir jeté un grand lustre sur la famille. Il vécut à Dautray, où il se trouvait en janvier 1804, quand le manoir devint la proie des flammes. Edouard Fabre-Surveyer
Dans l’album souvenir de D’Autray on lit: La maison seigneuriale brûla en 1812, durant la guerre anglo-américaine. C’est assez surprenant car je ne crois pas que les américains soient allés jusqu’à Dautray durant cette guerre.
Alexander Cuthbert est décédé en 1810 à l’âge de 42 ans sans enfant. Conformément aux dispositions testamentaires de son père ses seigneuries sont revenues à son frère Ross. Le 15 mai 1810 Suzanna Stockton veuve de Alexander a cédé à Ross Cuthbert demeurant à Québec les terres acquises à Dautrai en 1800: une terre sur la grande côte de Dautray avec ses continuations, une autre terre située au petit bois de Dautray.
En 1812 Ross Cuthbert seigneur de Lanauray, Dautray, Newyork, Maskinongé et autres lieux était représenté par son agent Christophe Frédérick Heynemand pour concéder des terres. Il était alors député à Québec. En 1800, Cuthbert est élu député du comté de Warwick à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada. Il demeure en fonction jusqu’en 1810, puis représente à nouveau sa circonscription de 1812 à 1816 et en 1820. Il appuie le Parti des bureaucrates. De 1812 à 1824, il siège comme membre honoraire du Conseil exécutif.
En 1815 l’arpenteur Joseph Bouchette a rédigé une description des seigneuries de Dautré et La Noraye mais il ne mentionne pas le manoir: Description topographique de la province du Bas Canada.
Le 10 janvier 1821 Ross Cuthbert a donné à James Cuthbert junior son fils devenu majeur l’usufruit des seigneuries de Maskinongé et Dusablé ou Newyork.
Le 11 mai 1821 l’Honorable Ross Cuthbert et Pierre Beaugrand dit Champagne maître charpentier ont notarié un marché avec devis pour des ouvrages de charpenterie du corps ou carcasse d’une maison à construire sur une terre de Dautré: 2 corps de bâtiment de 38 pieds par 14 à 2 étages de 22 pieds de haut. Le devis décrit une demeure de prestige, un manoir seigneurial.
12 mai 1826 – Échange entre Emélia Rush épouse de Ross Cuthbert et James Cuthbert junior son fils de Berthier, administrateurs des biens de Ross Cuthbert, avec Antoine Beaugrand dit Champagne; ils ont échangé une terre de Dautray au bord du St-Laurent contre une autre du même lieu sur la rivière St-Joseph attenante à la terre où résidait Emélia Rush.
Un peu avant le décès de son frère James un acte de février 1849 mentionnera que Ross Cuthbert a dû abandonner la gestion de ses biens, légalement disqualifié pour cause de maladie (mentale?). La date précise de cette maladie n’est pas indiquée mais il a laissé sa femme Emily Rush et son fils James junior gérer ses affaires à partir de 1823 car il était absent de la province et il s’est retiré de la vie publique vers 1829.
17 juin 1829 – Contrat de mariage entre Augustus David Bostwick de Trois Rivières et Georgiana Cuthbert fille de Ross cuthbert et Emily Rush; Emily sa mère, James junior son frère et Mary sa soeur étaient présents mais pas son père.
Sur la carte du district de Montréal dessinée par Joseph Bouchette en 1831 le moulin d’Autray a été dessiné mais pas le manoir; pourtant le manoir de Berthier est clairement indiqué.
En 1832 le papier terrier des fiefs et seigneuries de Lanoraie et D’Autrai a été refait, les censitaires ont dû faire notarier un titre nouvel pour leurs concessions.
Dame Emily Cuthbert, épouse de l’Honorable Ross Cuthbert, Seigneur et Propriétaire des Seigneuries Lanoraie et D’Autrai, et James Cuthbert, Junior, de la Paroisse de Lanoraie, en leur qualité de Curateurs afin d’administrer les biens et propriétés du dit Honorable Ross Cuthbert.
Le notaire Charles Alexandre Forneret était le neveu de Ross Cuthbert et il était agent des seigneuries; il signait des reçus avec l’en-tête Manoirs de Dautrai et Lanorai.

La Gazette de Québec du 7 avril 1842 a rapporté le décès à Lanoraie de James Cuthbert junior.

Plusieurs biographes ont prétendu qu’il serait mort en Crimée ce qui ne semble pas exact.
Un fils, James, naquit à Berthier, en 1800, et mourut en Crimée, d’une insolation, le 20 mars 1842, laissant un fils, Edmund Charles, seul survivant de quatre fils. James avait épousé, à Berthier, le 15 juin 1834, Jane Stephens, qui alla vivre en Angleterre. Edouard Fabre-Surveyer
En 1846 un nouveau manoir a été construit sans qu’on sache ce qui est arrivé à celui que Ross Cuthbert avait fait construire en 1821. Il s’agit bien d’une nouvelle construction, pas de l’agrandissement d’un ancien bâtiment.
Le 11 mars 1846 James Sheppard junior entrepreneur de William Henry et Emily Rush épouse de Ross Cuthbert ont conclu un marché pour construire sur une terre de Dautrai un manoir (Manor House) de brique de 2 étages. Le devis des travaux de 7 pages est annexé: un bâtiment de 46 pieds par 34, un sous-sol de 7 pieds de profondeur pour la cuisine avec des fondations en maçonnerie… Le modèle à suivre était le presbytère (anglican?) de William Henry (Sorel).
La photographie du manoir de Dautraye en 1875 correspond bien à cette description. Raymonde Gauthier dans sa description de ce manoir écrivait que le style néo-gothique a commencé en 1850. Ceci nous donne à penser que la structure initiale de la maison était déjà édifiée et qu’on lui a ajouté des détails néo-gothiques, tels les contreforts à pinacles, pour la mettre à la mode. La construction de 1846 aurait dont été mise à la mode par après.
Emily Rush née en 1779 est décédée le 27 avril 1850; elle a été enterrée au cimetière protestant de Berthierville. Elle était la fille du docteur Benjamin Rush du New-Jersey signataire de la déclaration d’indépendance des États-Unis et de Julia Stockton de Philadelphie fille d’un autre signataire. James Cuthbert le premier seigneur de Berthier avait épousé Rebecca Stockton en 3ème noce et son fils Alexander avait épousé Susannah Stockton.

Au manoir seigneurial de Lanoraie Edouard-Octave Cuthbert a épousé Mary Bostwick fille aînée de feu A. D. Bostwick. C’était un mariage entre cousins, Augustus David Bostwick avait épousé Mary la fille de Ross Cuthbert et Edward-Octavian était le fils aîné de James Cuthbert.

Dans le cadastre abrégé de la seigneurie de Lanoraie daté de 1861 produit pour calculer l’indemnité dûe aux seigneurs lors de l’abolition du régime seigneurial on voit que le Domaine du Seigneur faisait 130 arpents en superficie et le terrain du moulin Dautraie 3 arpents. Le révérend Narcisse Guérout possédait le terrain voisin du moulin.
Dans l’album souvenir publié par les Corporations municipales de Lanoraie-d’Autray et de Saint-Joseph-de-Lanoraie en 1987 on trouve une photo de l’école protestante du révérend Guérout à Dautray. Narcisse Guérout aurait été ministre de l’église anglicane à Dautray de 1852 à 1884; sa maison d’école servait peut-être aussi de chapelle anglicane.
L’énigme du second manoir de Dautray semble résolue; ce bâtiment est celui qui est documenté dans le livre des manoirs du Québec dont on ignorait l’emplacement exact. Il était situé sur la terre 11 entre le Domaine du Seigneur et le moulin sur la rive droite de la rivière St-Joseph, sans doute juste à côté du moulin.
Sur le plan de Dantré en 1857 on voit que Messire N. Guérout possédait le lot 11 moins l’emplacement du moulin; le Seigneur résidait sur le lot 8.

Mon hypothèse est que Ross Cuthbert et Emily Rush avaient fait construire un manoir en 1821 près du moulin banal et qu’en 1846 ils en ont fait construire un nouveau plus grand et plus confortable sur le lot 8. Ils auraient alors vendu leur ancien manoir à Narcisse Guérout.
Dans le cadastre de 1861 servant à calculer l’indemnité dûe aux seigneurs on voit que la valeur du manoir et du domaine était alors de $4.000. La faible valeur de $200 des terres non concédées indique que presque toutes les terres de la seigneurie étaient occupées.
En 1940 le réglement du dossier des seigneuries n’était toujours pas finalisé et une nouvelle loi a été votée. Les titres de propriété ont été revérifiés et un document établit toute la chaîne des propriétaires des seigneuries de Lanoraie et Dautraie depuis James Cuthbert père: Titres de propriété et des propriétaires de la seigneurie de Lanoraie d’Autray.
Ross Cuthbert est décédé en 1861; son fils James était décédé avant lui en 1842. Son petit-fils Edmund Charles est décédé célibataire en 1865; sa mère Jane Stephens avait renoncé en 1868 à tous ses droits sur les seigneuries de Lanoraie et Dautraie. Il ne restait alors que Georgiana et Mary filles de Ross comme ayant droit.
Les droits de rentes des seigneuries ont ensuite été divisés lors des héritages et revendus. A. J. R. Bostwick par exemple avait vendu ses parts avec droit de réméré (droit de rachat) en 1920 mais il n’a pas pu les racheter à temps et en 1940 elles appartenaient à Emma Laferrière veuve d’Édouard Hénault.
Les propriétaires en 1940 étaient 7 et ils se partageaient des indemnités divisées en fractions de 720ème et de 1440ème de seigneuries.

La famille Bostwick et le manoir d’Autray
La suite de l’histoire du manoir d’Autray est plus compliquée à documenter. En 1908 Louis-Joseph Doucet dans une note à son poème Les sapins d’Autray mentionnait que le manoir seigneurial n’existait plus. Pourtant le prêtre Joseph Bonin s’était retiré au manoir d’Autray en 1906 jusqu’à son décès en 1917 selon plusieurs autres sources. En 1934 un journaliste écrivait: John Bostwick occupa son manoir (de Ross Cuthbert) qui existe encore et est en la possession de A. R. Bostwick. Est-ce que ce serait le manoir appartenant au révérend Guérout? Sur la photo datant de 1950 il est encore en bon état.
Georgianna fille de Ross Cuthbert avait eu 3 enfants avec Augustus David Bostwick: John, Mary et Georgianna. Mary Cuthbert sa soeur ne s’était pas mariée. Mary Bostwick avait épousé son cousin Edward Octavian Cuthbert et ils avaient eu 4 enfants: James, Albert Ross, Julia Rush et Jane. John Bostwick a eu 3 enfants, August John Ross, Mary et Georgianna (Sweeny).
Les informations sur le manoir d’Autray deviennent alors introuvables dans les archives. M. et Mme A. Ross Bostwick sont maintenant installés pour l’été à leur maison de campagne au bois d’Autray – La Presse 18 juillet 1908
August John Ross Bostwick avait une maison de campagne au bois d’Autray, ce qui est différent d’un manoir seigneurial. M. Pierre Beaudoin propriétaire de l’Hôtel Manoir a vendu une de ses propriétés connue sous le nom de Seigneurie du Bois d’Autray de Lanoraie à Mme Gust. Bostwick. Est-ce que ce serait le premier manoir ?
Dans une publication sur Facebook on lit que August John Ross Bostwick aurait été le dernier seigneur de Lanoraie-D’Autray. C’est faux puisque le régime seigneurial avait été aboli en 1854 et qu’il avait vendu ses droits aux indemnités seigneuriales en 1920.
Au centre, Margaret Macdonald Dickson et August John Ross Bostwick, le dernier Seigneur de Lanoraie-D’autray (il est le fils de Georgina Cuthbert, elle même la fille de Ross Cuthbert, qui quant à lui est le fils du célèbre James Cuthbert). Le couple, qui n’a jamais eu d’enfant, serait ici photographié en compagnie de neveux et nièces. Cette photo a voyagé dans le temps grâce à tous les propriétaires qui l’ont passé au suivant depuis les années 60. Elle date probablement des années 30-40. Je ne peux affirmer avec certitude qu’il s’agit bien sur cette photo du dernier Seigneur à avoir occupé les lieux mais c’est ce qui semble probable selon l’histoire transmise de bouche à oreilles par ceux qui ont résidé au manoir par la suite.
Serge Lemieux – Facebook
John Bostwick le fils de Georgianna Cuthbert est décédé en 1907; son fils August John Ross était plutôt le petit-fils de Georgianna. Il aurait donc été le dernier seigneur de Lanoraie-D’Autray a avoir occupé les lieux. Mais quels lieux: le manoir d’Autray ou le manoir Deligny à Berthier?
Le manoir ayant été incendié au début du siècle, seule la maison des domestiques était habitée (Album souvenir). Dans les collections de la BANQ on trouve la photo de cette maison prise en 1955. Cette vieille maison a été érigée voilà plus de cent ans sur le site du Manoir du Seigneur Cuthbert dans la paroisse d’Autray. C’était peut-être la maison de campagne du bois d’Autray de A.J.R. Bostwick.
Le manoir Deligny de Berthier
James Cuthbert premier seigneur de Berthier avait construit un manoir au bord de la rivière Bayonne au nord de Berthierville qui a été démoli dans les années 1930.
La famille Cuthbert l’avait déjà abandonné car il n’était sans doute pas très confortable. Mary Cuthbert aurait habité le manoir Deligny sur la rue Frontenac au village. Pierre de Lestage (seigneur de Berthier) avait fait construire à cet emplacement une maison pièce sur pièce en 1725. Certaines parties de l’ancien manoir auraient été conservées lors de la construction de la bâtisse actuelle en 1821 par Jacques Deligny.
La bâtisse actuelle a été érigée en 1821 par les soins de Jacques Deligny, marchand et député de Warwick, aujourd’hui région Berthier-Joliette. Le manoir fut habité successivement par des Armstrong, Hénault (François-Antoine-Edouard-Norbert, seigneur de l’île Dupas et du Chicot), Cuthbert (Mary, seigneuresse de Lanoraie et d’Autray), Bostwick. En 1926 Me J. A. Lavallée en faisait l’acquisition. Me J. A. Boivin lui succédait en 1931 et accueillait dans son étude, en 1959, Marcel Sarrazin également notaire.
L’article mentionnait une famille Bostwick dans la liste des occupants du manoir mais cet autre article ne mentionne que Mary Cuthbert seigneuresse de Lanoraie et de d’Autray. C’est amusant de constater que le régime seigneurial a été aboli en 1854 mais que le titre de seigneur a persisté longtemps même si il n’avait plus aucune signification.
Le Musée McCord-Stewart présente dans sa collection de photos la vieille maison De Ligny à Berthier mais il est évident que ce n’est pas le même bâtiment que celui actuellement connu comme le manoir Deligny, à moins qu’il n’ait été complètement transformé après 1890. Une autre énigme à résoudre: est-ce qu’il y aurait eu 2 manoirs Deligny à Berthier ?
Historique des moulins de la seigneurie d’Autray
L’histoire des moulins seigneuriaux d’Autray est liée à celle du manoir, ils étaient situés à côté du manoir et du Domaine des Seigneurs. J’ai relevé les contrats les concernant dans l’historique: Les moulins des seigneuries de Berthier, Dautray et Lanauray.
Jean-Baptiste Neveu exploita sagement son vaste domaine et encouragea l’établissement des colons. Il fit construire sur ses terres un fourneau à goudron, une scierie et un moulin à farine. Il a acheté la seigneurie en 1710 et dès 1711 il a fait construire un moulin à farine sur la rivière St-Joseph selon ses obligations de seigneur. Le goudron était produit en entaillant des pins et en faisant bouillir la sève récoltée pour la faire épaissir, un peu comme le sirop d’érable; il servait à calfater les bateaux.
4 mai 1711 – Marché de construction d’un moulin à eau sur la seigneurie de Dautray; par Léonard Paillé dit Paillard, maître charpentier, de la ville de Villemarie, et Jean-Baptiste Neveu, marchand et seigneur propriétaire de la seigneurie de Dautray, demeurant en la ville de Villemarie. (Notaire Michel Lepailleur de Laferté)
Deux ans plus tard un nouveau marché a été conclu; le premier marché n’avait pas été rempli ou le moulin avait été emporté.
5 mars 1713 – Marché de construction d’un moulin à eau sur la seigneurie de Dautray entre Jean-Baptiste Neveu, marchand bourgeois et seigneur et propriétaire de la seigneurie de Dautray, demeurant en la ville de Villemarie, et Léonard Paillé, maître charpentier, de la ville de Villemarie. (Notaire Michel Lepailleur de Laferté)
Il y a ensuite eu procès entre Jean-Baptiste Neveu et Léonard Paillé dit Paillard pour réparation d’un moulin à eau dans la seigneurie d’Autray; le 10 mars 1714 le rapport des arbitres Jean Charbonneau et Jean-Baptiste Lefebvre dit Angers concernant la visite du moulin construit par Léonard Paillé a été déposé.
Le moulin à scie a été construit avant 1716 à côté du moulin à farine à une date inconnue.
9 septembre 1753 – Vente d’un moulin faisant le bois sur la rivière de Dautray; par Jean-Baptiste Neveu, seigneur de Dautray et Lanoraie et Françoise Legras, son épouse, de la ville de Montréal, rue Saint-Paul, à Pierre-Paul Neveu dit Sevestre, de la ville de Montréal, rue Saint-Paul, leur fils. (Notaire Louis-Claude Danré de Blanzy)
Le 26 août 1772 Pierre Paul Neveu Sevestre et Elisabeth Hertel ont vendu à James Cuthbert leurs droits et prétentions dans les fiefs et seigneurie de Dautray et Lanoraye; le contrat récapitule les ventes successives du moulin à scie depuis 1765.
25 mai 1779 – Bail du moulin à farine de Dautray par Charles Gervaise contre-maître des moulins des seigneuries de James Cuthbert à François Gosselin farinier.
Le 1er septembre 1782 Joseph Ambroize Neveu seigneur primitif de Dautrai La Norrai et dépendances fondé pour un quart et Alexandre Cairns et Cuthbert Grant agents de James Cuthbert fondé pour trois quarts ont baillé et affermé pour un an à titre de ferme à Augustin Gendron le moulin à farine situé sur la rivière St-Joseph à Dautrai.
Le 5 novembre 1785 Joseph St-Godard de Dautrai et Pierre Houle de Berthier se sont engagés envers James Cuthbert représenté par Pierre Martin dit Pellan capitaine de milice son agent à fournir le bois pour la chaussée du moulin de Dautrai selon le devis annexé: 98 pièces de pin et 6 poteaux font 2.038 pieds. Plus 40 pièces de bois de chêne pour les mouvements du moulin.
16 mai 1788 – Marché de moulange au moulin à farine de Dautray entre Robert Elliot, maître constructeur de moulin, de la Rivière-du-Loup, et Pellan, pour et au nom de James Cuthbert, écuyer et seigneur de Berthier, Dautray et Lanoraie.
commencer au dix juin prochain les mouvements et poser deux moulanges du moulin de Dautrai qui marcheront par la même roue et le même arbres lesdits moulanges seront dans de bonnes garnitures, et l’ouvrier fera la tremïe, l’augette et la huche tellement que tous l’ouvrage dépendants des moulanges soit accompli, et chaque paire de moulange fera six a sept minots de farine par heure pourvû qu’il ait de l’eau… par le même mouvement fera marcher un bluteau de douze a quinze piés lequel fera de quatre sortes de farine en lui fournissant les toiles nécessaaires pour blutter quarante minots de farine par vingts quatre heures… ledit sieur seigneur promet et s’oblige de fournir deux paires de moulange bien emmoulangées prises dans leur cercle a la porte du moulin…
22 juillet 1788 – Marché pour faire les ferrures et fers pour le moulin de Dautray entre Archibald Brown, forgeron, de la Rivière-du-Loup, et John Drake, au nom et comme procureur de James Cuthbert, écuyer et seigneur de Berthier, Dautray et Lanoraie.
En 1790 James Cuthbert a publié une annonce pour louer ses moulins: le moulin de Dautrai (avec tout le droit de péage de Dautrai, Lanorai et du Petit Bois) avec deux paires de meules… les bateaux et les canots peuvent monter jusqu’à la porte du moulin. Le droit de péage devait concerner le passage sur le pont de la rivière St-Joseph; il y en avait un autre sur le pont de la rivière Bayonne à Berthier.
Le 15 août 1797 James Cuthbert a loué à Alexander, Margaret et Cuthbert Weshart, père, mère et fils, la ferme du moulin de Dautrai de 3 acres par 40, moins 3 acres appartenent au moulin du Domaine, se trouvant dans le Manoir Dautrai sur la terre N°8 sur le bord du St-Laurent.
16 février 1806 – Marché de moulin par Charles des Troismaison dit Picard et Pierre Beaugrand dit Champagne maîtres-menuisiers et entrepreneurs de la paroisse de St-Joseph de Lanoraie et Ross Cuthbert seigneur de Lanoraie et de Dautraie pour rétablir le moulin de Dautraie: le bâtiment aura 50 pieds sur 28 et 13 pieds de hauteur, l’aiguille du pignon à 15 pieds, le solage sera refait à neuf en pierres avec des châssis selon le plan, dans le grenier le gargouchet, une chambre pour le blé et une autre pour le meunier, 2 cheminées, 2 grandes roues et 2 harnois pour 2 paires de meules, une chaussée d’au moins 120 pieds en 2 parties liées, etc. pour 8.000 livres.
26 décembre 1809 – Vente de la coupe de bois par Ross Cuthbert à Jean-Baptiste St-Louis pendant 5 ans de tout le bois de pin des seigneuries de Lanauray et Dautray.
24 septembre 1814 – Marché entre C. F. Heynemand agent de Ross Cuthbert et Joseph et Pierre Bidagain dits St-Martin pour faire un canal de 4 pieds de large qui prendra du bras du sud-ouest en gagnant la rivière de Dautray sur 24 arpents pour y amener plus d’eau. Ce canal est dessiné sur ce plan jusqu’à un petit lac mais en fait il se prolongeait jusqu’au bras sud-ouest de la rivière La Chaloupe comme le montre le plan de 1857.

Sur le plan des seigneuries en 1857 on voit que le canal amenant de l’eau aux moulins Dautray allait jusqu’au bras sud-ouest de la rivière La Chaloupe; une pompe (lot 578) amenait l’eau dans le canal: Canal or Feeder to the Dautray Mills.
7 mai 1822 – Agreement between Ross Cuthbert and Cuthbert Weshart acceptant tous les matériaux pour la construction d’un moulin à scie sur la rivière Dautray près du moulin appartenant à Ross Cuthbert.
3 mars 1824 – Protêt par Ross Cuthbert contre Jerohmel Cumming Pratt mill-wright de Rawdon qui s’était engagé à construire une nouvelle chaussée pour le moulin de Dautray et le canal pour conduire l’eau de la chaussée au moulin; pour qu’il la reconstuise à ses frais selon sa garantie de 18 mois.
11 septembre 1844 – Marché entre Emily Rush procuratrice de Ross Cuthbert et Flavien et Plutarque Lavallé pour la construction du moulin de Dautrai selon le devis annexé: faire la chaussée sur la vieille, une bâtisse de 50 pieds sur 30 avec un solage en pierre de la hauteur nécesaire pour le moulin et le logement du meunier, les planchers, la couverture, les ouvertures, les mouvements d’un harnois double avec 2 moulanges, un grand et un petit bluteau et un smut-mill, un canal. Madame Cuthbert fera démolir la charpente du vieux château à ses frais, etc.
Ce plan de 1857 montre l’emplacement du moulin banal à l’abolition du régime seigneurial.

En 1898, John Bostwick vendit le moulin seigneurial à Henri Bonin qui céda à son frère, Dosithé, la juste moitié indivise… En 1907, le moulin fut vendu à Anthime Bonin, fils de Dosithé. À cette époque, les meules du moulin à farine ne tournaient que quelques jours par année, soit à l’automne, pour moudre le sarrasin nouveau. Par contre, le moulin à scie connut un essor extraordinaire, Les habitants qui possédaient des terres à bois, venaient faire scier au moulin, le bois qui devait servir à la construction d’une maison, d’une grange ou tout autre bâtiment. De plus, Anthime Bonin, avec ses hommes, faisait chantier durant l’hiver et accumulait des tas de billots qui bordaient les deux côtés du Chemin du Roy en attendant d’être sciés.
Album souvenir























































