La réserve des sauvages

C’est ainsi qu’est identifié le territoire concédé au peuple mohawk par la couronne britannique en 1853. Ce sont nos voisins, leur territoire touche à celui de Chertsey et ils veulent le protéger des coupes forestières eux aussi. La « Réserve des Sauvages » ce serait un beau nom pour une aire de protection de la nature.


La réserve des Sauvages à Ste-Lucie-des-Laurentides

Les mohawks nos voisins

Depuis le début de la colonisation de la vallée du Saint-Laurent, les nations iroquoises se sont trouvées au centre des guerres entre la France et l’Angleterre, puis entre l’Angleterre et les insurgés américains.

Le chef mohawk Thayendanegea
Thayendanegea chef iroquois (Wikipedia)

À la suite de la victoire des insurgés, les nations iroquoises qui s’étaient alliées à l’Angleterre ont du se réfugier au Canada, chassées de leurs terres par les colons américains et le gouvernement s’est vu forcé de leur concéder des territoires de résidence et de chasse. La « Réserve des Sauvages » a été officiellement concédée au peuple mohawk en 1853. Son nom iroquois est Tioweró:ton et elle est gérée par la communauté de Kahnawá:ke.

Ce territoire occupe le quart sud-est du canton de Doncaster et touche au canton de Chertsey près du parc de la Forêt Ouareau sur la route 125. Il a été très peu habité depuis la concession et est resté plus ou moins intact, c’est un territoire de chasse. Il a quand même fallu le défendre contre les squatters et les coupes de bois illégales. Comme l’entrée dans la réserve se fait par Sainte-Lucie on ne voit aucune indication sur la route 125.

Les nouveaux sauvages

La protection de la nature devrait être aujourd’hui la priorité de tous mais beaucoup n’ont toujours pas compris malheureusement. Des coupes forestières massives sont encore pratiquées alors que nos gouvernements se vantent d’être écologistes. Les compagnies pétrolières, forestières, chimiques, tout le monde est « vert » mais rien ne change. Les nouveaux sauvages détruisent tout pour le profit à court terme. Les rôles se sont renversés, les anciens « sauvages » sont aujourd’hui très actifs dans la lutte contre les vrais sauvages, les pollueurs. Contre l’exploitation des sables bitumineux, les oléoducs, les coupes forestières, ils sont toujours présents et se battent concrètement.

Le Mont Kaikoop menacé par les coupes forestières, La Presse
Mont Kaïkoop, La Presse

Depuis 2014 le conseil de bande de Kahnawá:ke tente d’empêcher des coupes forestières au Mont Kaaïkop au nord de la réserve. C’est le même combat que celui de Chertsey contre les coupes dans la Forêt Ouareau et dans les TPI, c’est le combat de beaucoup d’autres communautés de la région.

La ceinture verte

Si on regarde la carte, notre région située très près de Montréal a la chance d’être peu habitée, de vastes portions de forêt ont été préservé des bûcherons ou ont repoussé. Les grandes métropoles essaient aujourd’hui avec beaucoup de difficultés de recréer des ceintures vertes dans leur banlieue pour pouvoir respirer. Nous en avons une déjà existante, ce serait dommage de la saccager.

Les Amis de la Forêt Ouareau s'associent à la Coalition pour la préservation du Mont KaaïkopÀ partir du Parc de la Forêt Ouareau en allant vers l’ouest au nord de Sainte-Lucie par le Parc du Mont-Tremblant et la Réserve Faunique Papineau-Labelle, la ceinture verte existe déjà presque entièrement et Chertsey en fait partie. L’association les Amis de la Forêt Ouareau vient d’annoncer qu’elle s’est unie à la Coalition pour la préservation du Mont Kaaïkop ainsi qu’à la Fédération des associations des lacs de Chertsey (FALC) et aux municipalités de Sainte-Lucie-Laurentides et Chertsey pour former ECKO, “Éco-corridor Kaaïkop-Ouareau”.

La nouvelle « Réserve des Sauvages »

La vraie nature sauvage n’existe plus, la forêt a déjà été exploitée c’était la seule richesse des colonisateurs. Aujourd’hui couper un arbre ne rapporte presque plus rien, la nouvelle richesse c’est de le conserver, de le laisser mûrir. Exploiter la forêt, peut-être, mais intelligemment.

Le mot « sauvage » vient du latin sylva, la forêt. Le sauvage c’est celui qui habite la forêt. Je propose donc que la future « ceinture verte » soit nommée « la Réserve des Sauvages ».

Ce qui était autrefois une insulte est aujourd’hui un compliment.

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