La fabrication des ceintures fléchées pour la Compagnie de la Baie d’Hudson a été une spécialité de la paroisse Saint-Jacque de l’Achigan à partir des années 1830 jusqu’à la fin du 19ème siècle. Joseph Dugas père et fils ont été les derniers agents autorisés de la compagnie. En 1887 Joseph Dugas père a transmis son monopole commercial à son fils Joseph en même temps que ses biens. La ceinture fléchée fait partie du patrimoine culturel québécois.
Joseph Dugas commerçant de ceintures fléchées
Le 27 mai 1887 Joseph Dugas et Adélaïde Lanoue de Saint-Jacques devenus âgés ont donné à leur fils Joseph trois terres, leurs meubles et leurs animaux en échange d’une rente en argent et en nature. Les donateurs ont joint à leur donation le droit de commerce de ceintures avec la Compagnie de la Baie d’Hudson qu’ils exerçaient depuis plusieurs années.
La donation comprenait de nombreuses clauses, deux d’entre elles concernent le commerce des ceintures fléchées avec la Compagnie de la Baie d’Hudson:
- Donner à chacun des donateurs leur vie durant une somme de 50 piastres à chaque contrat de ceintures qu’il fera avec la Compagnie de la Baie d’Hudson.
- Faire payer le coût de la confection des dites ceintures en marchandises par Euclide Dugas son frère, marchand de la paroisse St-Jacques tant qu’il tiendra une maison de commerce tel qu’il le fait déjà pour son père depuis plusieurs années.
Le 25 février 1888 les donateurs ont insisté sur les clauses de cette donation. Joseph leur fils devait jouir du droit de commercer les ceintures avec la Compagnie de la Baie d’Hudson à la mort de son père avec l’obligation expresse de faire payer le coût de la confection des ceintures en marchandises par Euclide Dugas frère de Joseph, marchand à St-Jacques, tant et aussi longtemps qu’il tiendrait sa maison de commerce.
Cette obligation sera valable tant que Euclide Dugas ne cherchera pas à enlever ce commerce à son frère Joseph par des moyens détournés auprès de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il semble donc que Joseph Dugas agent de la compagnie achetait les ceintures fléchées aux artisans spécialisés de St-Jacques qui devaient se fournir en laine et accessoires chez son fils Euclide qui tenait un magasin général au village. Les artisans étaient sans doute aussi payés en nature au magasin.
Dans l’annuaire de St-Jacques de 1871 et 1877 on trouve les noms d’Euclide Dugas marchand, capitaine de milice, et Joseph Dugas manufactureur pour la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cet Euclide était peut-être le frère de Joseph père car pour être capitaine de milice il fallait être âgé.
Dans le directoire de 1877 l’industrie de la fabrication des ceintures fléchées à St-Jacques est mise en avant; il s’agissait d’un commerce considérable:
Une industrie unique dans son genre dans toute la Province de Québec s’exerce ici, nous
voulons parler de la fabrication des ceintures, dites ceintures fléchées, dont M. Joseph Dugas, successeur de feu M. Solomon Bélanger, fait un commerce considérable. C’est lui qui fournit la Compagnie de la Baie d’Hudson de ces ceintures; et il les fabrique ici.
En 1893 Joseph Dugas et Adelaïde Lanoue ont célébré leurs noces d’or à St-Jacques. Ils avaient 3 fils prêtres, Marcel curé à Cohoes N.Y., Azarie chapelain à Montréal et Alphonse vicaire à Cohoes, une fille religieuse, Soeur Marie Alphonse du Sacré-Coeur, 2 autres fils, Joseph et Euclide et une fille Elisabeth, madame J. M. E. Perrault de St-Jacques. Joseph Dugas père est décédé en 1897.
La ceinture fléchée, patrimoine culturel du Québec
Sur le site du Répertoire du patrimoine culturel du Québec on trouve des informations sur l’histoire et la fabrication des ceintures fléchées.
Le fléché est une technique de tissage aux doigts qui relève du domaine de l’artisanat traditionnel et des métiers d’art. Ce savoir-faire textile est une forme complexe d’entrelacement de fils qui permet la formation de motifs à flèches (aussi dits flammes et éclairs) sans laisser paraître la trame, tel un tissage à effet de chaîne.
Le port de la ceinture fléchée est devenu courant à la fin du XVIIIème siècle, elle servait à fermer le capot d’hiver des habitants. Cette peinture par le capitaine Von Germann d’un habitant canadien portant un capot de couverte blanche serré à la taille par une ceinture fléchée en serait une des premières représentations.
La ceinture de laine a aussi été adopté par les voyageurs des pays d’en-haut, son port soutenait le dos des canoteurs.
Le journal intime de Louis Labadie rapporte que le voyageur Isaac Mireault de Saint-Jacques-de-L’Achigan portait un capot gris et une «jolie cinture à flesche» lorsqu’il s’est noyé en décembre 1797, peu après avoir signé un contrat d’engagement avec la Compagnie du Nord-Ouest…
En 1837, plusieurs députés du Parti Patriote dirigé par Louis-Joseph Papineau se seraient présentés à la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada vêtus d’étoffe du pays et d’une ceinture fléchée pour manifester leur opposition au pouvoir britannique et à la dépendance économique et politique du Bas-Canada à l’égard de la Grande-Bretagne. Ce geste a largement contribué à faire de la ceinture fléchée un symbole de l’affirmation du nationalisme bas-canadien.
La ceinture traditionnelle de l’Assomption avait comme motif la flèche, la flèche nette ou quelquefois les deux motifs combinés. Les couleurs étaient: rouge au cœur et en bordure, écru, gros bleu, petit bleu, jaune et vert. La majorité de la production était entre 4 et 6 pouces de large. Les bourgeois et notables en commandaient de plus larges c’est-à-dire jusqu’à 12 pouces. Elles ont 72 pouces de longueur de tressage avec des franges entre 30 et 33 pouces chacune, comprenant 1 ou 3 pouces de tresses et la différence est torsadée.
L’Association des artisans de ceinture fléchée de Lanaudière inc.
Le déclin de la traite des fourrures, la mécanisation du tissage et le changement de mode vestimentaire ont mis fin à ce commerce à la fin du XIXème siècle, Joseph Dugas fils a sans doute été le dernier commerçant de ceintures fléchées à St-Jacques.
Le commerce des ceintures fléchées
Les canadiens avaient pris l’habitude d’attacher leur manteau avec une large ceinture de laine colorée. Les marchands de fourrures de la Baie d’Hudson auraient eu l’idée vers les années 1780 de s’en servir comme monnaie d’échange avec les amérindiens pour la traite.
Élément propre au costume traditionnel des Canadiens français à partir du dernier quart du 18e siècle, la ceinture fléchée procure un soutien du dos apprécié des voyageurs-canoteurs. La ceinture dite de L’Assomption, aux motifs éclairs et flammes, est la plus populaire. Une autre porte le nom d’«Acadienne». Le marchand Laurent Leroux, celui qui a hébergé des familles acadiennes à L’Assomption, détient le monopole des ceintures utilisées par la North West Compagny pour la traite. Vers 1830, Salomon Bélanger s’établit au Ruisseau Saint-Georges et devient l’agent de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Après son décès en 1863, l’agence passe aux mains de Joseph Dugas.
Salomon Bélanger a mis sa maison en vente en 1847 ayant acquis une indépendance suffisante pour lui permettre de se retirer. Son local situé à la fourche de 4 chemins était des plus avantageusement situé pour le commerce. C’est peut-être dès cette date que Joseph Dugas père a repris son commerce de ceintures fléchées, plutôt qu’à son décès.
Salomon Bélanger est décédé en 1863 à St-Jacques à 69 ans. Il avait voyagé dans le Nord-Ouest de l’Amérique et avait fait partie de l’expédition de Francklin à la recherche du passage au Nord entre l’Atlantique et le Pacifique au cours de laquelle presque tous les membres d’équipage avaient péri de faim et de froid. Mais comme l’expédition était partie en 1846 il semble bien que ce n’était pas vrai, en 1847 il avait pris sa retraite à St-Jacques.
La paternité de la fabrication des ceintures fléchées pour le commerce des fourrures est revendiquée par plusieurs personnes et plusieurs localités. Les premières ceintures à flèches auraient été fournies par le bourgeois St-Vallier Mailloux résident de Berthier.
Le chevalier St-Vallier Mailloux était l’agent des compagnies de traite des fourrures à Berthier où il faisait signer des engagements pour le Nord-Ouest. Par exemple en 1802 l’engagement de Louis Dunord de la paroisse de Berthier à Messieurs Alexander MacKenzie et Cie représentés par le chevalier St-Vallier Mailloux comme milieu de canot pour 2 ans et 1.400 livres; de Louis Ricard de L’Assomption, de Louis Lafortune de Berthier, de Jean-Baptiste Ricard de L’Assomption, de Joseph Plante de Sorel, de Jean-Baptiste Généreux de Berthier, etc.
Laurent Leroux avait été commerçant de fourrures dans le Nord-Ouest avant de reprendre le commerce de son père Germain à L’Assomption. Il avait gardé des liens avec la compagnie du Nord-Ouest et lui fournissait des approvisionnements.
Sa réputation et ses bonnes relations avec les riches marchands de fourrures le servent bien. Il conclut de nombreux accords commerciaux avec la Compagnie du Nord-Ouest qui lui octroie notamment le monopole de la confection des ceintures fléchées…
La fille de Laurent Leroux, Angélique, avait épousé Jean-Moyse Raymond en 1815; sur ce portrait daté de vers 1800 on le voit avec sa ceinture fléchée; il avait à peu près 17 ans.
Lire: Laurent Leroux marchand de l’Assomption
Mais les historiens de l’Assomption désignent plutôt le marchand Jacques Lacombe comme le premier et principal commerçant des premières ceintures fléchées destinées aux marchands de fourrures.
La ceinture fléchée était aussi une industrie dont la localité possédait pratiquement le monopole. Ces ceintures aux couleurs vives, tissées de la plus pure laine et d’après des dessins originaux avaient plu aux anciens commis de la Compagnie du Nord-Ouest, McDougall, McBeth, Woolrich, retirés à l’Assomption; ils en assurèrent le commerce exclusif avec leur firme à Jacques Lacombe qui y fit fortune.
Celui qui recevait de la Compagnie du Nord-Ouest les commandes et les contrats pour les ceintures fléchées c’était Jacques Lacombe, riche marchand de notre village… Après la mort de M. Lacombe, d’autres reçurent successivement les contrats du Nord-Ouest. Mais cette commission finit par être donnée aux acadiens de St-Jacques-de-l’Achigan…
Christian Roy – Histoire de l’Assomption
Après la mort de M. Lacombe, d’autres reçurent successivement les contrats du N. O. Mais cette commission finit par être donnée aux Acadiens de St Jacques de l’Achigan. M.Dugas, père de Mgr Dugas, curé de Cohoes, fut un des derniers qui eut le contrat des ceintures.
La presse, 10 avril 1897
Joseph Dugas de St-Jacques fut un des derniers à exercer ce commerce.
La ceinture fléchée objet folklorique
La ceinture fléchée traditionnelle dite de L’Assomption était tissée à la main par des artisans et artisanes expérimentés. Ce savoir s’était perdu au début du 20ème siècle avec la mécanisation du tissage puis des historiens et ethnologues l’ont remis à la mode dans les années 1920.
L’historien, archiviste et journaliste Édouard-Zotique Massicote ainsi que l’ethnologue Marius Barbeau ont grandement contribué à préserver la ceinture. M. Massicote découvre la beauté de la ceinture fléchée en voyant Mme Françoise Brouillette-Venne tressant une ceinture lors d’une exposition en 1927. Dès lors, il affirme que la ceinture fléchée est un chef-d’œuvre de l’industrie domestique du Canada. Marius Barbeau, par ses écrits et ses archives, démontre l’intérêt qu’il avait pour le fléché. Ils permettront à la ceinture fléchée de pouvoir être vue et exhibée à l’occasion de manifestations culturelles.
L’Association des artisans de ceinture fléchée de Lanaudière inc.
En 1940 Marius Barbeau a publié un long article intitulé Tisseuses de ceintures fléchées qui donne de nombreux détails sur l’origine et la fabrication de ces ceintures.
Peut-on prétendre, par exemple, que le mode de tissage manuel tout élémentaire que les ceintures et les jarretières fléchées comportent est purement indigène, ou que, au contraire, il a été introduit par les blancs et s’est ensuite élaboré jusqu’au point de ne plus être reconnaissable…
La forme la plus commune du tissage manuel ici à l’étude est celle de la ceinture de laine que portaient les commerçants de fourrures de Montréal, les bourgeois de Beaver Hall, et les voyageurs du Nord-Ouest. Cette ceinture nous est connue sous les noms de ceinture fléchée, ceinture de l’Assomption, ceinture de Saint-Jacques de l’Achigan. Dans les registres de la Compagnie du Nord-Ouest, vers 1810, on la nommait encore: ceinture à flamme, worsted
sash or belt, common belt, N. W. worsted belt, scarlet do, fine scarlet do.
La ceinture fléchée fut d’abord faite pour la Compagnie du Nord-Ouest, dont le siège était Montréal, et ensuite pour la Compagnie de la Baie d ’Hudson, lesquelles se fusionnèrent en 1820… Pour réduire le coût des ceintures on en arriva bientôt à les faire tisser à la douzaine et, pour épargner du temps, à s’en tenir à quelques types familiers. Les artisanes de l’Assomption, ou plus précisément de Saint-Jacques de l’Achigan et des environs, s’adonnèrent seules à cette industrie qui, en se centralisant, ne tarda pas à devenir leur monopole.
La ceinture fléchée du type le plus connu semble ne pas remonter au delà de 1830 à 1840, et elle provient uniquement de Saint-Jacques de l’Achigan, de Sainte-Marie Salomé et des environs — ce sont là des subdivisions de l’ancienne paroisse de l’Assomption, d’où son nom déjà assez ancien de “l’Assomption sash ”, ceinture de l’Assomption...
Les plus grandes et les plus belles ceintures de l’Assomption ou de l’Achigan ont environ 15 pieds de longueur y compris les franges; celle, dite Iroquoise, du Museum of American Indian à New York, mesure 171 pouces. Leur largeur est de 8 à 10 ou 11 pouces. M. E.-Z. Massicotte en connaît une de 12 pouces. Elles pèsent 2 livres et 9 onces, rarement plus ; et elles comprennent jusqu’à 32 flèches ou flammes de couleurs. Les ceintures ordinaires du commerce sont beaucoup moins larges, étant de 6 pouces; et elles étaient souvent plus courtes.
La laine qu’employaient les faiseuses de ceintures n’était pas celle que les habitants produisent pour le tricotage ou le tissage au métier, et elle était teinte de couleurs végétales ou minérales brillantes et durables. Des marchands de Montréal, paraît-il, la fournissaient toute prête aux tisseuses; l’un d’eux a prétendu qu’elle était importée de France; elle l’était plutôt de Shetland en Ecosse…
La ceinture dite «acadienne», ainsi connue on ne sait pourquoi, consiste en quatre bandes d’environ 1 pouce de largeur chacune…
Ainsi, dans le seul cas de la Compagnie du Nord-Ouest, 98 ceintures de l’Assomption figurent dans la liste de l’« Outfit 1799 », 182 pour 1840, 110 pour 1820, et plus de 200 pour 1821. Il est cependant probable que certains sauvages ont de bonne heure appris des voyageurs de l’Assomption à tresser la jarretière ou la ceinture de laine et qu’ils ont obtenu à cette fin de la laine teinte et de la rassade…

Mais avant 1800-1803 on ne précise pas «ceintures à flèches», comme on le fait dans les factures de la Compagnie du Nord-Ouest, bien qu’on en ait probablement fait avant 1800. Ces premières ceintures de la traite étaient attribuées à F. Venance ou L. Venance peut-etre Va-
nasse — de l’Assomption…
Une vieille tisseuse de l’Achigan a entendu dire que les anciens, chez elle, avaient appris à faire la ceinture au Ruisseau-du-Nord, tout près, parmi des Algonquins. Et M. Massicotte a déjà cru que ce genre de travail avait été introduit dans la région par des Acadiens, peut-être à cause que les colons y étaient surtout de souche acadienne, ou peut-être encore parce que la vieille ceinture dite «acadienne» représente une étape préliminaire dans l’évolution graduelle de la vraie ceinture, étant faite de cinq jarretières ou rubans en partie cousus ensemble. Il est, en effet, possible que les Acadiens de l’Assomption et des environs aient appris des Indiens de la Rivière-du-Nord à faire ce tissage; mais cela ne nous renseigne pas sur les sources plus éloignées du procédé, qu’elles soient indigènes — par exemple, iroquoises ou huronnes, ou bien
canadiennes. Il est sûr, toutefois, que les sauvages ne furent pas les premiers à tisser des ceintures de laine aussi grandes et aussi complexes que celles de l’Assomption.
Edouard Zotique Massicotte pensait donc que les acadiens avaient appris à confectionner ces ceintures auprès des indiens algonquins de la rivière du Nord avant le Grand Dérangement. Plus loin Marius Barbeau écrit qu’il est plus probable que les anciens canadiens avaient appris le tissage sur les doigts de leurs voisins hurons ou iroquois et qu’uls l’avaient adapté à leurs besoins.
Le journal de Joliette L’Action Populaire avait repris en 1943 une partie de l’article de Marius Barbeau pour annoncer que l’industrie de la ceinture fléchée méritait d’être reprise, ce qui avait été fait à l’École Ménagère de St-Jacques.
Les ceintures fléchées sont une industrie tout à l’honneur de nos ancêtres acadiens. Heureusement l’Ecole Ménagère régionale de St-Jacques a saisi la mèche qui fumait encore un peu. Le secret, presqu’uniquement gardé à St-Jacques, par Mme Jules Goulet, a été confié aux élèves de cette institution. L’on y retrouve des ceintures “de l’Achigan” qui auraient bien orné l’ancien magasin de M. Dugas.
Oubliée, négligée, dévalorisée, ridiculisée, la ceinture fléchée est considérée par bien du monde comme une vieillerie… On oublie malheureusement que la ceinture fléchée authentique, confectionnée à la main, tient d’un art typiquement québécois et représente, en quelque sorte, un héritage national.
Les détails de la donation à Joseph Dugas fils
Le 27 mai 1887 Joseph Dugas et Adélaïde Lanoue ont donné à leur fils Joseph:
- Une terre dans la paroisse de St-Jacques de un arpent et demi par cinquante sur le ruisseau St-Georges aboutissant aux terres du St-Esprit avec maison, grange, étable et autres bâtisses.
- Une autre terre de un arpent et huit perches par cinquante et un arpents au même endroit sans bâtisse.
- Une autre terre de un arpent et demi par vingt six arpents sur le ruisseau St-Georges aboutissant au ruisseau Vacher sans bâtisse.
- Tous les meubles de ménage, animaux, instruments d’agriculture et effets mobiliers se trouvant sur ces terres et dans la maison.
- Joint à la présente donation le droit de commerce de ceintures avec la compagnie de la Baie d’Hudson que le donateur exerce depuis plusieurs années.
Le donataire prendra possession de la donation à la mort des donateurs qui s’en réservent la jouissance leur vie durant. Avec réserve pour Elisabeth leur fille épouse de Edmond Perrault avocat à St-Jacques du droit d’enlever tout le bois d’un lopin sur le deuxième lot pendant 15 ans ou jusqu’à son décès.
Le donataire s’engageait à payer toutes les dettes des donateurs et à travailler pour eux avec son épouse tant qu’ils conserveront la jouissance des biens donnés, de demeurer dans la maison qu’ils occupent, de prendre soin des terres et les cultiver comme un bon cultivateur. Les donateurs lui fourniront tout ce dont il aura besoin, lui et sa famille, pour son entretien et vivre convenablement. Le donataire s’engageait à:
- Donner à chacun des donateurs leur vie durant une somme de 50 piastres à chaque contrat de ceintures qu’il fera avec la Compagnie de la Baie d’Hudson.
- Faire payer le coût de la confection des dites ceintures en marchandises par Euclide Dugas son frère, marchand de la paroisse St-Jacques tant qu’il tiendra une maison de commerce tel qu’il le fait déjà pour son père depuis plusieurs années.
Quand les donateurs renonceront à la jouissance des biens donnés le donataire devra leur verser une rente viagère composée chaque année comme suit:
- 1.000 livres de bonne fleur de blé livrable moitié à la St-Michel, moitié le 1er mai.
- Un cochon gras de 300 livres, 30 livres de saindou, un quartier de boeuf de pas moins de 70 livres livrables en automne dans le temps des boucheries.
- 30 minots de bonnes patates en octobre, 60 minots d’avoine à Noël, 400 bottes de foin, 5 voyages de paille d’avoine au besoin.
- 15 douzaines d’oeufs du printemps à l’automne, une douzaine de poulets gras en décembre.
- 4 minots de pois cuisants pour la soupe, un demi minot de blé d’Inde et 4 minots de sarrazin à Noël, 25 livres de riz à la St-Michel, 40 livres de morue au commencement du carême.
- 10 gallons d’huile de charbon, 2 minots de pommes et 10 livres de raisin.
- 20 livres de savon du pays, 12 livres de laine, 12 livres de thé, un sac de gros sel de 3 minots en même temps que le cochon gras, 4 livres de poivre, une livre de maniette(?), une livre de clous de girofle, une demie livre de canelle, un gallon de whisky, 30 livres de beurre d’automne à la Toussaint, 50 livres de tabac canadien.
- 15 cordes de bois sec, moitié en érable, plaine, merisier, hêtre ou orme, et moitié en bois mou, rendu un an d’avance aux premiers chemins de neige scié, fendu et cordé dans le hangar.
Aussi à la charge du donataire:
- d’habiller, chausser, coiffer et entretenir convenablement les donateurs.
- De leur fournir une bonne fille pour les soigner, nourrie et payée par le donataire.
- De leur livrer une vache laitière ou 45 livres de beurre d’automne.
- De leur fournir un bon cheval nourri par les donateurs.
- De payer le pacage de la vache près du village.
- De payer le banc No 144 dans l’église.
- De les faire inhumer dans le cimetière de la paroisse et de payer 100 piastres pour des messes de requiem pour le repos de leur âme.
Le donataire devra donner à ses frères les révérends Marcel, Azarie et Alphonse prêtres un bon cheval âgé entre 3 et 7 ans la première année qu’ils deviendront curés de paroisse…
Au décès du survivant des donateurs la rente sera complètement éteinte et le donataire ne sera pas tenu de rendre compte des arrérages.
Joseph Dugas père est décédé le 8 novembre 1897.
Adélaïde Lanoue est décédée tragiquement à 77 ans en mai 1900.

































