Catégorie: Histoire
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De la Province de Québec au Bas Canada (1786-1793)

En 1774 la Province de Québec avait été agrandie et couvrait un immense territoire depuis le Labrador jusqu’aux Grands Lacs. Après la défaite de l’Angleterre contre les États-Unis de nombreux Loyalistes s’y sont réfugiés et la population du Canada est soudain devenue beaucoup plus anglophone. En 1791 ces nouveaux citoyens ont obtenu du Roi la division de la Province en Haut Canada et Bas Canada avec 2 chambres d’assemblée séparées pour les représenter. Les premières élections ont été tenues en 1792.

Le traité de Paris

En 1783 le traité de Paris a mis fin à la guerre d’indépendance des États-Unis. La frontière avec le Canada traversait les Grands Lacs jusqu’au lac des Bois à l’ouest; la Grande-Bretagne avait cédé des territoires promis aux nations autochtones lors des nombreux traités de paix conclus depuis la Conquête.

Le traité entre la Grande-Bretagne et les États-Unis n’est guère mieux tenu; la Grande-Bretagne garde ses postes de l’ouest même après le traité de Jay (1794). La Grande-Bretagne refuse même aux États-Unis le droit de navigation libre sur le fleuve Saint-Laurent. Les Américains ignorent aussi la plupart des promesses faites aux loyalistes… Malgré tout, la Grande-Bretagne reprend bientôt ses liens commerciaux et ses investissements avec la nouvelle république.

Traité de Paris de 1783

Les publications du journal La Gazette de Québec permettent de documenter l’histoire de la Province de Québec, cette chronique est la quatrième partie d’une documentation commencée en 1764.

Après la conquête, la Gazette de Québec (1764-1765)

La Gazette de Québec avant la guerre (1766-1775)

La Gazette de Québec pendant la guerre (1776-1785)

1786

L’Amérique du Nord avait souffert d’une longue guerre qui avait duré de 1775 à 1783. En 1786 le commerce a repris, il fallait reconstruire le Canada et les États-Unis.

Le 24 octobre le Roi George III et son Conseil ont ordonné que le produit des États-Unis continuerait d’être exempt de tous les droits auxquels étaient soumis les produits des autres puissances qui les envoyaient en Angleterre pourvu que ce produit soit importé dans des bâtiments construits et appartenant à l’Amérique.

19 janvier 1786

Environ 40.000 loyalistes des États-Unis qui auraient dûs être protégés par le traité de paix ont préféré immigrer vers la Province de Québec alors que sa population n’était que de 90.000 habitants vers 1790. Cette vague migratoire a été un bouleversement traumatisant pour les anciens canadiens.

Le township Bay of Kentee semble être le premier des nouveaux cantons de l’ouest a avoir été ouvert aux loyalistes venant des États-Unis. La baie de Quinte se trouve à l’ouest de Kingston au nord du lac Ontario. John Collins de Lachine avait organisé leur établissement et il a reçu leurs remerciements.

19 janvier 1786

Une proclamation en faveur des loyalistes a été publiée par le lieutenant-gouverneur Henry Hope. L’acte établissait des commissaires pour s’enquérir des pertes et services de toutes personnes qui ont souffert dans leurs droits, propriétés et possessions durant les récentes malheureuses dissentions en Amérique en conséquence de leur loyauté à sa Majesté et de leur attachement au gouvernement britannique. Thomas Dundas et Jeremy Pemberton ont été nommés commissaires.

26 janvier 1786

Les townships ouverts à l’ouest faisaient partie de la Province de Québec (jusqu’en 1791). Les nouveaux colons avaient besoin de moulins pour pouvoir s’établir et les autorités ont planifié leur construction dans chaque canton.

16 février 1786

Les américains se plaignaient que la Grande-Bretagne ne respectait pas le traité conclu. Il ne fallait payer aucune dette à la Grande-Bretagne que les anglais n’eussent auparavant donné satisfaction au sujet de leurs nègres et que les postes sur les frontières ne soient livrés conformément au traité.

30 mars 1786

Dans la Province de Québec la vie civile avait repris son cours. La guerre avait occasionné des dommages importants en 1775-1776 mais c’était déjà du passé; le reste de la guerre s’était déroulé loin sur le territoire américain. Mais le commerce avait quand même été fortement perturbé jusqu’en 1783, en 1786 il reprenait son cours.

À vendre ou à louer une maison de pierre avec un jeu de plotte et un grand jardin sur la rue St-Jean à Québec.

30 mars 1786

L’imprimerie publiant La Gazette de Québec employait un esclave nommé Joe depuis au moins 1771. Le 1er mai il s’était encore enfui. Echapé de la prison de cette ville un nègre eslave nomme Joe né en Afrique âgé de 26 ans… son métier est presseur d’imprimerie. Joe, s’était déjà enfui plusieurs fois; il était alors en prison d’où il s’était encore enfui. Le Dictionnaire biographique du Canada a consacré un article à l’histoire de Joe et ses multiples évasions.

4 mai 1786

Proclamation par l’Honorable Henry Hope lieutenant-gouverneur de la Province de Québec pour la protection des acadiens établis à la Baie des Chaleurs sur des terres non concédées.

18 mai 1786

Le commandant en chef ayant trouvé à propos de rendre la communication entre Québec et la province voisine, le Nouveau Brunswick, plus commode pour les courriers employés au service de sa Majesté… des maisons de poste avaient été établies depuis la Pointe Levi jusqu’au nouveau chemin du lac Timiscouata (Témiscouata).

18 mai 1786

Le commerce des esclaves était de plus en plus dénoncé comme immoral. La législature de New-Jersey a passé un acte qui défend l’importation, autorise la manumission (affranchissement) et empêche le maltraitement des esclaves.

25 mai 1786

Le commerce d’exportation du bois vers l’Europe n’a pris son essor qu’après 1800 mais des chantiers navals ont été fondés autour de Québec et ils achetaient du bois de charpente; il en fallait aussi pour construire des bâtiments alors que la population augmentait rapidement. À vendre par encan une quantité considérable de bois de charpente carré, rond et plat, consistant en pièces de chêne, de pin, de noyer, de frêne et de cèdre. Des madriers et planches et un petit nombre de beaux mâts; le tout appartenant au gouvernement et actuellement à Wolf’s Cove, à l’anse des Mères et à St-Roc…

29 juin 1786

Les annonces de vente de terres et de maisons étaient nombreuses. Cette vente à l’encan de propriétés à Québec en montre un exemple: un bâtiment en pierre au Sault-au-Matelot, une maison et emplacement sur la grève à la Basse Ville, une pièce de terre à l’Anse des Mères, le spacieux quai avec les édifices dessus de Mr. Drummond, le quai avec les bâtiments dessus construits de Mr. Richard Dalton.

29 juin 1786

Pour faciliter le commerce les chemins de la Province devaient être améliorés ou entrepris; les voyers en étaient responsables. Les habitants de la paroisse de Charlebourg sont avertis que son Honneur le Lieutenant Gouverneur Henry Hope et son conseil procéderont à l’homologation du procès-verbal du Grand Voyer concernant le chemin et quai de la rivière St-Charles. Le 10 août un avis semblable a été publié pour le chemin de Bécancour près du rapide, le 19 octobre à Champlain pour le chemin du Roi, le 30 novembre dans la seigneurie de Lussaudière pour le chemin du moulin banal.

6 juillet 1786
30 novembre 1786

De nombreux commerçants anglais, écossais et irlandais se sont installés à Québec, Montréal et dans tous les villages importants. Ils ont développé des commerces et des industries qui n’existaient pas encore. George Stansfeld tabaquier et faiseur de tabac en poudre, de Londres, informe qu’il a pris une maison sur la rue Notre-Dame (à Montréal) où il se propose de faire une manufacture de tabac dans toutes ses branches, telle que la fabrique de tabac en carottes en fil(?), à fumer, etc. ainsi que le rappé et le tabac d’Ecosse.

6 juillet 1786

Le théâtre de Québec proposait chaque semaine un programme double annoncé dans le journal, une tragédie et une comédie, en anglais.

17 août 1786

Plusieurs imprimeurs ont commencé à publier des affiches, des pamphlets et des journaux à Québec et à Montréal. Fleury Mesplet et Valentin Jautard avaient fondé le journal intitulé la Gazette du commerce et littéraire, pour la ville et district de Montréal le 3 juin 1778; le journal a ensuite été renommé la Gazette littéraire pour la ville et district de Montréal. Ce journal unilingue français et républicain avait été saisi en 1779 pendant la guerre et ses imprimeurs avaient été emprisonnés. Le 25 août 1785, Mesplet a fondé un périodique de langue française et anglaise nommé La Gazette de Montréal / The Montreal Gazette mais on n’en trouve pas de numérisation sur internet à part cet aperçu.

À Montréal des musiciens arrivés d’Europe donnaient un concert au Vauxhall le 29 août 1786. L’imprimeur de l’annonce archivée par le site Canadiana est inconnu.

Les arrivées et les départs de tous les bateaux au port de Québec étaient notés chaque semaine; il y avait alors une soixantaine d’arrivées par saison de navigation. Le vaisseau McDonald était arrivé de Glasgow en 61 jours amenant de nombreux membres de la famille McDonald et 520 passagers, tous les habitants d’une paroisse du nord de l’Ecosse, avec leur pasteur, dans l’espoir d’une meilleure vie à Cataraqui (Kingston) et ses environs. En plus des loyalistes venus des États-Unis des immigrants des provinces pauvres de Grande-Bretagne arrivaient de plus en plus nombreux. La plupart allaient vers le lac Ontario mais pas tous.

7 septembre 1786

Le bail du Domaine du Roi ou traite de Tadoussac avait été accordé à Alexandre et Georges Davison et François Baby pour 10 ans. Ce territoire s’étendait sur le bassin versant du Saguenay–Lac-Saint-Jean et sur la Haute-Côte-Nord.

28 septembre 1786

Le marché de Montréal avait été pavé et les comptes ont été publiés; sa surface était de 18.667 pieds carré. 4.814 livres avaient été payées par des souscripteurs et il restait un montant de 547 livres à payer. Il n’y avait pas encore d’autorités municipales ni de taxes municipales, les montréalais ne voulaient pas se charger d’une dette.

28 septembre 1786

La guerre était finie mais les litiges entre les États-Unis et la Grande-Bretagne n’étaient pas tous réglés. Une rumeur venue de Philadelphie voulait que le Congrès américain voulait s’emparer des postes de l’Ouest que les anglais retenaient. Il est vraisemblable qu’une nouvelle guerre en sera la conséquence… Une des compagnies volontaires d’infanterie légère qui sont en cette ville a offert ses services à cette occasion.

19 octobre 1786

Les anglophones étaient de plus en plus nombreux à Québec qui comptait alors environ 7.000 habitants plus la garnison de 2.000 soldats qui était logée au collège des Jésuites. 2.500 habitants s’entassaient dans la Basse Ville, artisans, boutiquiers, taverniers, aubergistes, etc. Les marins du port et les soldats causaient beaucoup de désordres et il y avait plusieurs centaines de prostituées à Québec (Réjean Lemoine – Québec au fil des siècles).

Henry Cull à la Basse Ville vendait de la poudre à tirer, du plomb, du souffre en bâtons et des produits divers. Dans les chroniques précédentes j’ai déjà documenté de nombreuses annonces commerciales.

19 octobre 1786

Ces marchands s’étaient aussi installés un peu partout dans la Province. À vendre à Rivière du Loup un nombre de vaches, de jeunes bestiaux, de veaux, de moutons et cochons gras, tous de race anglaise. Aussi des chevaux et une quantité considérable d’ustensiles et outils d’agriculture. Les vaches sont toutes pleines d’un taureau anglais; s’adresser à John Moffat ou William Cleghorn.

19 octobre 1786

Guy Carleton devenu Lord Dorchester a été nommé gouverneur en chef des provinces de Québec, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick en remplacement de Frederick Haldimand. Il est arrivé le 22 octobre à Québec et a été félicité par les citoyens et les marchands.

26 octobre 1786

Le nouveau Gouverneur est arrivé de Londres avec des instructions précises. Le gouvernement avait acheté la Seigneurie de Sorel et il devait installer à ce lieu stratégique des habitants loyaux en priorité.

La liste de paye des officiers du gouvernement avait été établie à Londres. Le gouverneur était payé 2.000 livres par année, les juges 100, les sheriffs 20; des pensions devaient être versées à M. Rigauville et ses officiers pour leurs services pendant la guerre, etc.

Monseigneur Jean François Hubert prêtre canadien a été nommé co-adjuteur de l’évêque Mgr. d’Esgly trop âgé. À peine nommé coadjuteur, Hubert entreprit la visite du diocèse, qui n’avait pas été faite complètement depuis 14 ans. Dans le seul district de Montréal, il confirma, en 1787, plus de 9.000 personnes

23 novembre 1786

La franc-maçonnerie n’existait pas en Nouvelle-France, ce sont les anglais et surtout les écossais qui l’ont amenée avec eux. Les réunions des loges maçonniques étaient annoncées par le journal qui a aussi publié un manuel pratique: the free-mason’s pocket companion.

7 décembre 1786

Vers 1773 une maladie contagieuse était apparue, nommée maladie de la Baie Saint Paul. La maladie se manifeste par des petits ulcères sur les lèvres, la langue, l’intérieur de la bouche et les parties secrètes. Pendant la guerre les autorités n’avaient pas pu prendre de mesures sanitaires; en 1782 les médecins de la Province ont déposé une pétition pour y remédier.

En 1785 le chirurgien du gouvernement James Bowman a été chargé d’enrayer la contagion et il a envoyé un formulaire aux curés des paroisses pour produire des statistiques.

1787

La Grande-Bretagne avait cédé aux États-Unis les territoires autochtones qu’elle s’était engagé à protéger au-delà de la rivière Ohio. Les nations indiennes se sont soulevées pour les défendre car les colons américains voulaient les en chasser. Le colonel Logan et 850 hommes du Kentucky avaient attaqué les villes des Shawanese, brûlé cinq villages, tué dix hommes dont cinq chefs et fait prisonniers plus de trente femmes et enfants. Les anglais de Détroit avaient envoyé des émissaires pour se renseigner dont Joseph Brant qui avait pu sauver des otages blancs pris par les indiens. Ils demandent qu’on ne souffre aucun blanc traverser l’Ohio.

11 janvier 1787

Les États-Unis avaient levé 2.000 hommes pour protéger leurs frontières occidentales contre les indiens.

11 janvier 1787

Les nations indiennes de l’Amérique du Nord étaient encore très nombreuses, le gouvernement anglais en avait établi une liste.

Samuel Holland arpenteur en chef de la Province demandait aux arpenteurs des seigneuries de lui soumettre leur plans pour mettre à jour son plan général de la province.

8 février 1787

Les procès verbaux lus au bureau du Conseil étaient publiés pour informer des travaux à faire sur les chemins et les ponts. Comme sous le régime français ces travaux se faisaient par corvées car il n’y avait pas de budget pour les faire autrement, les habitants redoutaient de devoir payer des impôts.

1 mars 1787

Sous le régime français les terres en amont de Beauharnois sur le lac St-François n’avaient pas été concédées. Les officiers et miliciens des compagnies commandées par les capitaines Boucherville, Rouville et Desaunier Beaubien qui avaient combattu pendant la guerre se sont vu accorder des terres, 700 arpents pour les capitaines, 500 pour les autres officiers, 200 pour les bas officiers, 100 pour les miliciens et 50 pour chaque membre de leur famille, sans redevance pendant 10 ans.

Il s’est enfui de chez Johnston & Purss une négresse nommée Bett d’environ 18 ans parlant anglais, français et allemand.

8 mars 1787

Cette lettre circulaire de Mgr Hubert évêque d’Almire coadjutateur de Québec aux curés de campagne les avise que le gouverneur a ordonné de délivrer les licences pour vendre les liqueurs seulement à ceux ayant reçu une attestation du curé et du capitaine de milice; la lettre est signée de son secrétaire Plessis, futur évêque.

Les procès verbaux du bureau du Conseil pour les chemins étaient publiés 3 fois de suite dans le journal comme les avis légaux.

5 avril 1787

Ordonnance pour loger les troupes dans certaines occasions chez les habitants des campagnes et qui pourvoit aux transports des effets du gouvernement.

26 avril 1787

Le pont de glace de Québec s’est défait le 26 avril, il s’était formé le 27 janvier. Une ordonnance du gouverneur Dorchester a été publiée le 26 avril pour régler l’organisation des milices de la Province. Le gouverneur a renouvelé plusieurs autres ordonnances de son prédécesseur et publié un avis pour autoriser le commerce avec les États-Unis qui avait été interdit après la guerre.

3 mai 1787

Ordonnance pour l’importation du tabac et des potasses clarifiées ou non-clarifiées par le lac Champlain et Sorel. De nombreuses autres ordonnances ont été publiées pour renouveler ou corriger celles en vigueur.

10 mai 1787

Le Bureau des Prétentions Amériquaines (Office of American Claims) avait été établi par le gouvernement britannique pour examiner les pertes encourues par les loyalistes à cause de la guerre et les compenser. Les commissaires se sont déplacés à Québec et Montréal pour entendre les réclamations.

17 mai 1787

Pour construire un pont d’utilité publique sur la rivière St-Charles près de Québec les Commissaires de la Paix demandaient aux dignes citoyens de la ville de Québec de participer aux frais encourus; l’annonce en anglais mentionne the worthy citizens of Québec, les citoyens riches.

7 juin 1787

Panet, Frères vendaient des livres français importés dont les oeuvres de Voltaire qui vont ensuite être interdites par les autorités religieuses. Leur magasin était situé dans la Basse-ville de Québec d’après leurs autres publicités.

7 juin 1787
5 juillet 1787

À vendre une négresse robuste, bien portante et active d’environ 18 ans qui a eu la petite vérole. Il semble que ce soit Bett qui s’était enfuie en mars et qui parlait 3 langues, anglais, français et allemand.

5 juillet 1787

Cette annonce publiée en anglais seulement est amusante: une femme avec une bonne poitrine de lait désire être employée dans une bonne famille; son lait n’est vieux que de 3 semaines.

19 juillet 1787

À Québec et dans sa banlieue les britanniques de Québec avaient leur milice séparée de celle des canadiens. Le gouverneur a fait des nominations pour les postes d’officiers et sous-officiers.

26 juillet 1787

Le 16 août le prince William Henry jeune frère du roi George III est arrivé en visite à Québec. Des adresses ont été publiées et des festivités ont été organisées en son honneur. Le 3 septembre il était à Trois-Rivières, le 11 à Montréal et le 18 à Sorel qui a changé son nom à cette occasion pour celui de William Henry. Le prince est reparti le 10 octobre.

23 août 1787

Une classe de mathématiques a été inaugurée au Séminaire de Québec, les jeunes gens français et anglais pouvaient y assister gratis.

4 octobre 1787

La Société des Francs-maçons de Québec avaient acheté la maison de Madame Prenties pour en faire son Hôtel dédié à la Massonnerie, la Vertu, la Charité et la Bienveillance Universelle. Le gouverneur et sa femme ont participé à la cérémonie d’inauguration.

8 novembre 1787

La plupart des esclaves appartenaient à des marchands venant des États-Unis mais pas tous. Madame veuve Perrault informe le public que son nègre connu sous le nom d’Alexis s’est évadé.

8 novembre 1787

Des cours de juridiction criminelle avaient été établies dans la Province à Québec et Montréal; dans les campagnes une cour itinérante annonçait ses déplacements dans le journal. Des officiers de paix ont été nommés pour la ville de Montréal et ses faubourgs, St-Laurent, des Recolets, de Québec.

29 novembre 1787

Quant aux requêtes au sujet des terres dans la Province de Québec un Comité du Conseil ayant été nommé par son Excellence il fallait se présenter à la Chambre du Conseil à l’Évêché pour faire une demande.

13 décembre 1787

Les nouvelles de France signalaient les prémices de la révolution qui allait éclater en 1789: le Roi Louis XVI avait banni le Parlement. On pense que cet ordre absolu ainsi que le bannissement du Parlement occasionneront une révolte. Tous les officiers militaires ont eu ordre de joindre leurs corps respectifs incessamment.

20 décembre 1787

L’imprimeur de la Gazette, William Brown, publiait chaque année un recueil des ordonnances passées par le Gouverneur et le Conseil Législatif de la Province. Il publiait aussi un almanach et divers pamphlets.

1788

Le 1er janvier William Moore de l’imprimerie du Héraut à Québec a annoncé vouloir publier une gazette en français intitulée le Courier de Québec. Le projet n’a pas eu de suite mais il a publié un journal en anglais, Quebec Herald, à la fin de l’année.

Les officiers démobilisés avaient droit à une demi-paye et des compensations étaient versées à ceux qui avaient subi des pertes à cause de la guerre mais les procédures étaient complexes; plusieurs agents annonçaient leurs services pour s’en charger contre un pourcentage des sommes perçues.

10 janvier 1788

Le roi George III dans ses proclamations se disait roi de la Grande-Bretagne, de France et d’Irlande, défenseur de la Foi.

21 février 1788

Les annonces d’esclaves en fuite ou à vendre sont devenues plus nombreuses avec l’afflux des loyalistes réfugiés qui les avaient amenés avec eux. À vendre ensemble un beau et une belle négresse mariés. Le nègre âgée de 23 à 24 ans, la négresse de 22 à 23 ans; s’adresser au Sr. Pinguet à la Basse-ville de Québec.

27 mars 1788
17 avril 1788

Enfuis Caleb âgé de 26 ou 27 ans appartenant à Mathew & John Macniders, Ben âgé de 13 ans à Levy Solomons, Pascal Puro de 18 ans à John Sargent, Ishmael d’environ 35 ans à John Turner senior.

8 mai 1788
5 juin 1788
26 juin 1788

Réglements pour le Port de Québec, selon une ordonnance du 30 mai 1788, pour prévenir les incendies et accidents. Il était interdit aux navires d’accoster avec plus l’une livre de poudre à canon à bord, de jeter leur ballast dans le port, de chauffer du calfeutrage, goudron ou de l’essence de térébenthine, etc.

Les tuteurs des enfants mineurs de Charles François Tarieu de Lanaudière, vivant, membre du Conseil de sa Majesté, seigneur de St-Vallier, de la Durantaye et de St-Pierre Lesbecquets et de son épouse Catherine Lemoine de Longueuil ont donné avis de payer ce qui leur était dû. Les biens de Madame de Lanaudière ont été vendus à l’encan. Charles Louis de Lanaudière, fils du premier lit, va jouer un rôle politique important; il était proche du gouverneur Carleton et du gouvenement anglais.

24 avril 1788

Le Gouverneur Guy Carleton Lord Dorchester publiait de nombreuses ordonnances pour régler tous les aspects de la vie civile de la Province: organiser le commerce sur les grands lacs, défendre de pratiquer la médecine, la chirurgie et les accouchements sans permission, etc.

15 mai 1788

Ordonnance qui change la présente méthode de fixer les ménoires aux traines et carioles pour remédier aux inconvenients qui résultent des cahots, ou bans de neiges qui se forment sur les chemins d’hiver, et pour les améliorer.

15 mai 1788

Les officiers et soldats des 3 compagnies canadiennes des capitaines De Boucherville, De Rouville et Desaunier Beaubien avec leurs familles ont reçu des terres au lac St-François. Ceux qui avaient porté les armes au blocus de St-Jean ou à l’action de Bennington avaient aussi droit à des concessions.

22 mai 1788

Appel d’offres pour des mats, vergues et beauprés de pin blanc par la Marine Royale. Le bois de chêne était souvent réservé par le droit féodal à l’usage du Roi qui accordait des licenses pour l’exploiter.

19 juin 1788

En France ce n’était pas encore la révolution mais la Gazette rapportait que des rebellions avaient éclaté à Toulouse, en Bretagne, à Paris; l’agitation était générale en Europe. La tentative de cette révolution, et les circonstances qui l’accompagnent, lui-donnent quelque ressemblance avec ce qui arriva en Amerique au commencement des troubles. Nous pensions que la terreur des armes Britanniques ferait tout tourner en leur faveur et détruirait toute résistance. – Alnsi pense le Despote de la France, dont la volonté a toujours été une loi dans des temps antérieurs.

10 juillet 1788

L‘octroi de terres aux loyalistes était ordonné par le gouverneur: au lac St-François, sur la rivière Otawa (Outaouais), entre Elizabeth-town et Pittsbourg, à Kingston ou Toronto, au Detroit ou Niagara; et encore dans les districts de Lunenburg, Mecklenburg, Nassau ou Hesse.

17 juillet 1788

La Province de Québec comprenait alors les districts de Québec, Montréal, Luneburg, Mecklenburg, Nassau, Hesse et Gaspé. Le Gouverneur a fait publier la liste des juges de paix qu’il avait nommés dans chaque district.

31 juillet 1788

L’avis annonçant que des commissaires ont été chargés d’attribuer les licences ou certificats aux médecins, chirurgiens et accoucheurs a été publié en 3 langues, anglais, français et allemand, ce qui est très exceptionnel. Des médecins et chirurgiens des régiments allemands étaient restés après le rapatriement de leurs régiments.

31 juillet 1788

À une cour de séances générales de Quartier de la Paix tenue dans et pour la Ville et District de Montréal des réglements ont été adoptés pour les gouttières des maisons, les trappes de caves et les enseignes pendantes.

14 août 1788

La cour pour ouir et terminer et pour vider les prisons se réunissait lorsque nécessaire et publiait ses jugements. L’éxécution d’Alexander Henry Thomson a été sursise, Joseph Seguin devait être exécuté en novembre, etc. Catherine Kennedy avait empoisonné sa mère, elle devait être menée dans une charette aux 4 portes de la ville avec une inscription au-dessus de la tête et publiquement fouettée; ensuite qu’elle soit mise au pilori pendant une demie heure puis emprisonnée jusqu’à ce qu’elle paye une amende de 100 livres.

28 août 1788

À la poursuite de Jacob Jordan contre la compagnie des Distilleurs de Montréal, Thomas McCord directeur, saisie d’un grand et spacieux terrain sur les rues St-Nicolas et St-Pierre avec un grand bâtiment de pierre, une maison, des magasins et 2 alambics de cuivre. Jacob Jordan et Thomas McCord faisaient partie des marchands écossais en train de prendre le contrôle du commerce de la Province.

4 septembre 1788

Les commissaires des réclamations des loyalistes américains ont remis leur rapport provisoire à la Chambre des Communes à Londres. Il y avait déjà 1.724 réclamations pour des motifs divers mais il restait de nombreuses réclamations à examiner pour un montant évalué à plus de 454.000 livres.

25 septembre 1788

Liste de ceux qui ont produit des certificats de leur capacité à exercer la médecine, la chirurgie ou les accouchements. Certains avaient le droit d’exercer en chirurgie ou pharmacie, d’autres comme apothicaires ou arracheurs de dents, avec ou sans restrictions.

6 novembre 1788

D’autres listes ont été publiées par la suite pour les districts de Montréal et Québec au fur et à mesure des demandes. Josephe Boismenu, Marie Lavictoire et Catherine Partridge de Ste-Marie ont été certifiées comme sage-femmes.

27 novembre 1788

Le 13 octobre une pétition avait été transmise à la Chambre des Communes de la Grande-Bretagne pour réclamer une chambre d’assemblée pour la Province de Québec et l’abolition des lois et coutumes héritées du régime français. Les marchands anglophones et certains canadiens critiquaient le régime seigneurial et les lois archaïques qui entravaient la commerce.

Le débat pour le changement de constitution avait commencé en 1784, il allait durer jusqu’en 1791.

Une autre pétition signée de très nombreux noms a aussitôt été adressée au Gouverneur pour protester que ce n’était pas le souhait des canadiens. La pétition des nouveaux sujets (canadiens) pour s’y opposer était accompagnée de nombreuses signatures.

13 novembre 1788

Ceux qui voulaient une chambre d’assemblée et abolir les droits et coutumes ont répliqué avec leur petition détaillée. La première page est difficilement llisible mais la suite est très intéressante, elle donne la liste de tous les seigneurs, des seigneuries qu’ils possédaient, de leur occupation et de leur position pour ou contre la demande. La plupart des anglais étaient pour et la plupart des français contre (mais pas tous).

11 décembre 1788

Quelques seigneurs français avaient signé une pétition en 1784 demandant une Assemblée Provinciale. Cette pétition initiée par les marchands anglophones avait été soutenue par un groupe de notables canadiens mené par Jean Antoine Panet. Ils demandaient l’adoption de la loi de l’habeus corpus et la clarification des règles de droit mêlant droit anglais et anciennes coutumes françaises. 2.300 personnes avaient signé la pétition, moitié anglais moitié français. Une contre-pétition en avait réuni autant.

18 décembre 1788

En 1788 ceux qui étaient en faveur de l’Assemblée et du changement des lois ont fait des calculs pour prouver qu’ils avaient plus de poids économique que leurs opposants. La Province était divisée entre les habitants de la campagne et ceux de la ville.

18 décembre 1788

Dans un pamphlet publié en 1790 on trouve aussi une liste des opposants au changement de constitution avec les noms des principaux seigneurs canadiens.

Il est évident que les Canadiens en général s’opposent à un changement de la constitution et des lois de la province. En leur imposant ce changement de force on risque de nuire à leurs intérêts et de causer des désordres pour le profit de seulement quelques uns. Depuis 1771 le Canada avait triplé ses exportations vers l’Europe alors que ses importations n’avaient que peu augmenté.

Depuis la Conquête le clergé catholique de la Province avait diminué en raison des difficultés que mettaient les autorités britanniques à son renouvellement. Mgr Jean François Hubert est devenu évêque de Québec le 12 juin 1788 après le décès de Mgr d’Esgly et il a pris en main son diocèse en publiant un mandement. Il était le premier évêque né au Québec.

Le 24 novembre 1788 William Moore a lancé un deuxième journal à Québec, publié uniquement en anglais: The Quebec Herald and Universal Miscellany. Il avait d’abord publié un pamphlet le 25 octobre pour annoncer son imprimerie et la publication d’un almanach pour 1789: Moore’s English Sheet Almanack.

Le pamphlet annonçait les services offerts par son imprimerie et présentait des échantillons de lettrages et pictogrammes.

Certains exemplaires de ce journal ont été numérisés mais comme il est rédigé uniquement en anglais je ne les ai pas documentés.

1789

Le 15 janvier une autre pétition des nouveaux sujets de sa Majesté (les canadiens) a été envoyée au gouverneur signée de nombreux noms pour contester les chiffres de leurs opposants et encore une autre le 22 avec encore plus de signatures (plus de 4 pages). 2 autres pages de signataires ont encore été ajoutées le 12 février. Le débat sur la nouvelle constitution de la Province de Québec a clairement opposé 2 clans.

La récolte de 1788 semble avoir été désatreuse et la famine guettait de nombreuses familles pauvres. Le gouverneur a autorisé la libre importation par le lac Champlain du pain, biscuit, farine de froment et d’orge, blé d’Inde, avoine orge, etc. Les rassades (wampum dans la version anglaise) sont des petites perles de verre qui devaient servir à la traite des fourrures.

5 mars 1789

William Moore imprimeur du Quebec Herald a publié ce prospectus proposant de publier une gazette en français mais il ne semble pas qu’il y ait eu une suite.

William Brown fondateur et imprimeur de la Gazette de Québec depuis 1764 est mort subitement le 22 mars. Son neveu Samuel Neilson a continué sa profession et ses affaires; il travaillait à l’imprimerie depuis 1785.

26 mars 1789

La récolte de 1788 avait été mauvaise et les semences pour le printemps avaient été consommées pendant l’hiver. Des distributions de semences ont été organisées pour aider les pauvres à pouvoir cultiver leurs terres au printemps.

13 avril 1789

La Société d’Agriculture a été fondée sous les auspices du gouverneur, formée des notables de Québec. Le mauvais état des chemins avait empêché les gens de l’extérieur de venir à l’assemblée. Les statuts de la société ont été fixés, elle devait encourager de nouvelles méthodes de cultures, en particulier trouver les moyens de prévenir les maladies du blé noir et de l’avoine noir.

23 avril 1789

À louer ou à vendre deux grandes distilleries avec de bonnes maisons de pierres sur la rue St-Charles à Québec appartenant à la succession de feu James Grant.

9 juillet 1789

L’évêque de Québec Louis-Philippe Mariauchau d’Esgly est décédé le 12 juin 1788. Son coadjuteur Jean-François Hubert l’avait remplacé et Charles-François Bailly de Messein a été nommé son coadjuteur avec le titre honorifique d’évêque de Capse.

16 juillet 1789

Les nouvelles arrivées de France annonçaient la révolution en marche. La disette de blé avait occasionné des émeutes dont une avait fait 600 morts au faubourg St-Antoine situé à côté de la Bastille.

30 juillet 1789

Le nouvel imprimeur du journal a renouvelé le pictogramme signalant les esclaves en fuite; ici Joe ou Cuff âgé de 35 ans environ.

3 septembre 1789

Duperon Baby commissaire à paix du district de Hesse était décédé. En 1764 il avait défendu le fort de Detroit contre l’armée de Pontiac. En 1777, il fut nommé capitaine et interprète au département des Affaires indiennes. En 1789, il possédait 1.440 acres de terre en valeur, avec deux moulins à eau, sur le côté américain de la rivière Détroit, et 720 acres sur le côté britannique. Il était aussi propriétaire d’une immense réserve de bois au nord-ouest du lac Sainte-Claire, que lui avaient donnée les Sauteux.

10 septembre 1789

Le commerce des fourrures avait repris après les perturbations des guerres contre les américains et les indiens. Un canot venant de Michilimakinac avec 10 hommes avait chaviré en passant le rapide de la Roche à Capitaine sur la rivière Outaouais, tous les passagers s’étaient noyés: messieurs Fromenteau, Minguy, Louis Gigon fils, etc.

10 septembre 1789

Le pont Dorchester construit sur la rivière St-Charles à Québec faisait 701 pieds de longueur assez large pour le passage de 2 voitures de front et des gens à pied. Les propriétaires avaient reçu des lettres patentes du gouverneur pour exiger un péage: voiture à un cheval 4 pence, à 2 chevaux 6 pence, un cheval monté 2 pence, pour un piéton un demi penny, pour chaque bête à cornes 2 pence, etc.

24 septembre 1789

Les annonces de bois à vendre étaient encore très rares, le commerce du bois vers l’Europe n’avait pas encore commencé.

24 septembre 1789

Le 1er octobre le journal a annoncé le début de la guerre civile en France et la prise de la Bastille le 14 juillet. Le récit détaillé en a été fait dans les éditions suivantes du journal.

1 octobre 1789

Des courses de chevaux avaient été organisées sur les plaines d’Abraham. Le cheval de Mr. Lanaudière avait gagné, ceux de Mr. Mills, Meyrick et St-Ours avaient bien fait. Le cheval canadien de Jean Baptiste Verret avait gagné une autre course.

1 octobre 1789
1 octobre 1789

Chaque semaine les événements en France étaient commentés dans de longs articles occupant les premières pages du journal. Jean-Baptiste Target avait rédigé un projet de déclaration des droits de l’homme en société. À la page suivante le projet de déclaration des droits de l’homme et du citoyen de Jacques-Guillaume Thouret a aussi été publié.

22 octobre 1789

Des citoyens de Québec et Montréal insistaient auprès du gouverneur pour que le projet d’une nouvelle constitution soit adoptée pour la gouvernance de la Province de Québec. Les signataires canadiens étaient Pierre Guy, Dumas St-Martin, Joseph Papineau, Maurice Blondeau, Bouthillier, Jean Delisle, Pierre Foretier, Jean François Perrault, Louis Germain fils, L. Dunière, Perrault l’aîné, Charles Pinguet, Antoine Panet, Jean Baillargé, A. Cureux St-Germain, Dufau, Louis Turgeon, L. Deschenaux fils et Dénéchaud. Ils avaient envoyé un agent pour les représenter à Londres en décembre 1787, Adam Lymburner.

12 novembre 1789

Un extrait de l’exortation faite aux grands jurés à la Cour du Banc du Roi a été publié. Le Canada a été conquis mais, par la bienveillance de Dieu, à sa Liberté est greffé dans une constitution enviée par la France, qu’elle ne pourra peut-être établir qu’après avoir versé un déluge de sang. Heureux Canadien de partager le bonheur…

12 novembre 1789

Les commerçants faisant la traite des fourrures dans les pays d’en haut se faisaient voler par des voyageurs qui s’engageaient à plusieurs compagnies sous de faux noms pour obtenir de l’argent en avance. Les commerçants étaient Todd McGill & Co., Dobie & Badgley, McTavish Frobisher & Co., Robert Ellice & Co., Francis Winter, Etienne Campion & Tabeau, L. Cote, Alexander Shaw. Ils ont décidé de demander aux curés de campagne de signer des certificats pour prouver l’identité des engagés.

4 décembre 1789

Un incendie a failli détruire l’imprimerie du journal La Gazette de Québec mais les dégâts ont pu être limités. Mr. Moore imprimeur du Quebec Herald a prêté sa presse pour pouvoir publier le journal sans interruption en attendant de rétablir celle de la Gazette.

31 décembre 1789

Ce tableau des rues et faubourgs de Montréal n’a pas pu être daté avec certitude par le site Canadiana qui l’a numérisé.

1790

En 1790 l’imprimeur William Moore a publié le premier annuaire de la ville de Québec. Les habitants de la ville et leur profession sont répertoriés avec leur adresse et le numéro de la rue.

W. Moore a aussi publié en 1790 un guide pratique pour convertir les monnaies puisque chaque province du Canada et chaque état des États-Unis avaient leur monnaie. Il fallait être expert pour s’y retrouver.

À la poursuite de John Bell sindic de la succession de dame veuve Laverendry contre les possessions de la dite dame j’ai saisi un emplacement de la rue St-Joseph à Montréal et le Fief et Seigneurie de Tremblay.

14 janvier 1790

Pour mieux administrer sa Province le Gouverneur a procédé à un recensement. Il a fait parvenir un formulaire aux seigneurs et aux curés des paroisses.

Le père Glapion supérieur des Jésuites du Québec est décédé et il ne restait plus que 3 membres dans la compagnie dont les biens allaient être saisis après la mort du dernier membre en 1800. Les biens des jésuites vont occasionner par la suite bien des disputes.

25 février 1790

Les pauvres prisonniers enfermés dans la prison de cette ville au nombre de 10 implorent le secours du public.

25 février 1790

La culture du chanvre était encouragée par le gouvernement qui garantissait un prix d’achat proportionné à sa qualité. Le 4 mars le gouverneur a publié les tarifs des différentes qualités, il a ensuite fait distribuer des semences.

25 février 1790

Les procès verbaux des voyers pour la construction de chemins continuaient à être publiés: pour communiquer au moulin du fief Carufel dans le fief Maskinongé, dans la concession des Abouts à Charlebourg…, une route de descente au village des Belles Amours au Cap St-Ignace…

4 mars 1790
22 avril 1790

Parmi les ordonnances du gouverneur l’érection d’un nouveau district à Trois Rivières entre Québec et Montréal.

29 avril 1790

À la Chambre des Communes de Londres M. Fox a demandé l’examen d’un système légal pour le meilleur gouvernement du Canada et pour accorder certains pouvoirs au Gouverneur de Québec.

13 mai 1790

La frontière entre la Province de Québec et les États-Unis dans l’ouest était disputée et une rumeur affirmait qu’une armée avait été levée pour s’emparer de Fort Niagara et ouvrir le poste de traite d’Oswego sur le lac Ontario.

20 mai 1790

Pendant l’été 1789 Alexander McKenzie avait atteint l’océan arctique. Simon McTavish en avait rapporté la nouvelle en descendant du Grand Portage un an plus tard.

2 septembre 1790

Les nouvelles en provenance d’Europe ont occupé beaucoup de place dans le journal cet été là; révolution en France, en Belgique, dans les Pays-Bas autrichiens, tensions entre l’Angleterre et l’Espagne, guerre entre la Suède et la Russie, guerre en Inde, etc. La révolution française était commentée dans de longs articles presque chaque semaine.

14 octobre 1790

Monseigneur l’évêque de Caspe coadjuteur de Québec a fait publier un plan pour l’établissement d’une université pour augmenter les moyens d’éducation dans la Province.

14 octobre 1790

L’imprimerie du journal publiait et vendait de plus en plus de livres, en anglais principalement. Les publications de la Société d’Agriculture du Canada étaient nombreuses dans la Gazette et elles ont été regroupées dans un recueil; les maladies des céréales étaient ruineuses et la Société proposait des remèdes.

14 octobre 1790

Mémoire des négociants de Montréal au Gouverneur qui demandent l’établissement d’un poste de douane à Montréal pour faciliter le commerce avec l’ouest du pays en plein développement avec la traite des fourrures et l’établissement des loyalistes. La ville de Montréal commençait à supplanter Québec pour l’importance de son commerce même si Québec restait le port d’entrée de la Province.

28 octobre 1790

Les marchands de Montréal qui ont signé ce mémoire étaient en majorité des anglophones.

4 novembre 1790

Les propriétaires demandant le changement de constitution voulaient convertir la tenure féodale des terres dans la Province en celle de franc et commun soccage comme en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Dans la tenure féodale les terres étaient concédées par le seigneur contre le paiement d’une rente, le censitaire n’étant pas réellement propriétaire de sa terre.

11 novembre 1790

À vendre la Seigneurie de Ramesay et manoir appartenant aux héritiers de demoiselle Louise de Ramesay. L’annonce a été publiée en 1791 et elle a été modifiée; les Seigneuries de Ramesay et de Maunoir étaient alors à vendre. Il s’agissait peut-être d’une faute d’impression; il s’agirait de la seigneurie de Monnoir en fait.

23 décembre 1790

1791

Les débats de l’Assemblée Nationale en France étaient publiés dans de longs articles en français et en anglais et suscitaient de nombreux commentaires: destruction du monstre féodal en France.

20 janvier 1791

Pendant ce temps à Québec on critiquait la présentation de pièces de théâtre (le malade imaginaire et l’avare de Molière) par quelques jeunes messieurs canadiens qui étaient dangereuses pour la jeunesse. Les amériquains eux faisaient la guerre aux indiens.

20 janvier 1791

Certains appréciaient quand même de pouvoir être divertis pendant les soirées d’hiver. Les Messieurs Canadiens qui ont cet hiver si généreusement contribué au divertissement du public ont conclu leurs représentations théatrales par la comédie Le barbier de Séville. Ces représentations étaient données gratuitement.

10 mars 1791

Les colons américains dans l’ouest empiétaient de plus en plus sur les territoires indiens et toutes les nations leur faisaient la guerre. Les dépêches en provenance des États-Unis disaient: on espère qu’il sera envoyé dans le pays des Sauvages de bon printemps des forces suffisantes pour donner à ces Barbares des idées de la puissance des États-Unis…

17 mars 1791

L’imprimerie possédait de plus en plus de pictogrammes pour illustrer les annonces commerciales; ils étaient surtout utilisés dans la colonne de gauche pour les annonces en anglais. On constate que les rues de Québec étaient numérotées depuis 1790.

17 mars 1791

Une dépêche de Londres du 4 décembre 1790 annonçait que le plan d’une nouvelle constitution serait discuté par le Parlement à sa prochaine session. L’ébauche du projet prévoyait la division de la Province de Québec en 2 gouvernements avec chacun une assemblée. Le rédacteur de l’article s’étonne que les canadiens désirent conserver la tenure féodale des terres avec la distinction odieuse de Seigneur et de Vassal. Comme si il n’y avait pas de nobles au dessus des manants en Angleterre.

24 mars 1791

Mémoire et pétition des Seigneurs, Citoyens et Habitants de la Province de Québec à propos du projet de changement des présentes tenures de terres en franc et commun soccage. Ces coutumes ayant été confirmées lors de la capitulation nous nous opposons à tout changement.

24 mars 1791

Alors que le changement de constitution allait être débattu au Parlement de Londres les pétitions pour ou contre ce changement ont repris de plus belle.

Charles de Lanaudière a fait publier sa pétition personnelle. Que votre Seigneurie voudra prendre en considération la dure situation dans laquelle les intérêts de ma famille se trouvent, et que pour m’en relever , Votre Excellence voudra bien reprendre les titres de mes seigneuries avec tous les privilèges et honneurs qui y sont attachés, et de bien vouloir me les reconcéder en commun soccage pour que par ce changement je puisse trouver des moyens à donner de l’encouragement à prendre et concéder mes terres. Le 28 avril Charles de Lanaudière a encore publié une très longue lettre de 4 pages pour répondre è Mr. Bédard supérieur du Séminaire de Québec qui défendait la tenure féodale.

24 mars 1791

Ce placet au Roi daté de 1786 a aussi été publié. Depuis la conquête il n’avait été fait aucune demande légale pour le paiement des lots et ventes dûs à la Couronne et les sous-signés avaient acheté des terres et maisons en pensant que ces droits ne leurs seraient jamais exigés.

28 avril 1791

Les sujets britanniques étaient mécontents des ordonnances réglementant l’organisation de la milice dans la Province. L’imprimeur Fleury Mesplet a publié en 1791 La Bastille Septentrionale, récit attribué à Jonathan Sills. Les deux frères Sills et Malcolm Fraser, de Trois-Rivières, expliquent qu’ils avaient payé l’amende et avaient été emprisonnés pour refus d’obéir aux ordres d’officiers de langue française.

Le titre de cet ouvrage montre que la révolution française et la prise de la Bastille étaient encore perçues avec sympathie par les élites canadiennes. Claude Galarneau dans La révolution sous presse en a fait une analyse. Au début de 1791, la Gazette de Québec ouvre ses pages à un débat sur l’abolition de la tenure seigneuriale opposant l’abbé Thomas Bédard el Charles-Louis Tarieu de La Naudière... Charles-François Bailly de Messein (1740-1794) est nommé évêque-coadjuteur de Québec en 1789. Jusqu’en 1792, il se réjouit du virage que prend la France.

Après le décès du père Well, le père Cabot dernier jésuite au Québec a distribué les biens de la communauté aux pauvres.

14 avril 1791

En 1790 un plan des propriétés possédées par les Jésuites au Québec a été dessinée où on trouve une liste de leurs propriétés qui avaient été confisquées par le gouvernement.

Après la conquête, la propriété de ces biens passe à la Grande-Bretagne, qui les conserve de 1763 à 1800, moment où meurt le dernier jésuite canadien. En 1831, Londres les remet au Bas-Canada. En 1838, les évêques catholiques, conformément aux désirs des donateurs, commencent à réclamer, sans succès, la propriété du patrimoine des Jésuites. Le débat a continué jusqu’à 1888, le Parlement a procédé à un partage: les Jésuites de retour au Canada depuis 1842 ont reçu $160.000, l’Université Laval $140.000, divers diocèses catholiques $100.000 et l’enseignement supérieur protestant $60.000.

Ce détail de la région de Montréal montre leurs propriétés à La Prairie et de Caughnawaga; les chemins existants en 1790 ont aussi été dessinés par l’arpenteur Joseph Bouchette.

Le coadjuteur de l’évêque de Québec avait causé tout un émoi en 1790 en faisant publier une lettre ouverte demandant l’abolition de certaines fêtes religieuses pour le bien de l’industrie. Pendant des semaines des commentaires offusqués lui avaient répondu. Monseigneur Hubert a finalement acquiescé à sa demande en donnant la liste des seules fêtes obligatoires et en supprimant les nombreuses fêtes de paroisses.

28 avril 1791

Un imprimeur de Londres a publié les pétitions des anciens et nouveaux sujets habitants de la Province de Québec pour le changement de constitution en anglais et en français. On y trouve 2 longues listes de signataires groupés par paroisses.

Ces pétitionnaires demandaient une chambre d’assemblée et l’abolition de la tenure seigneuriale héritée du régime français. Ces pétitions avaient déjà été publiées en 1790 avec des listes de noms légèrement différentes.

À la chambre des Communes de Londres la division de la Province de Québec en Haut et Bas Canada a été décidée.

5 mai 1791

Des extraits du Bill modifiant l’Acte de Québec de 1774 ont alors été publiés. Il y aura dans chacune de ces Provinces un Conseil Législatif et une Chambre d’Assemblée. Le Gouverneur de chacune des Provinces nommera un nombre suffisant de gens discrets, pas moins de 7 pour le Conseil Législatif du Haut Canada et pas moins de 15 pour le Bas Canada. Il seront nommés à vie et la fonction sera héréditaire.

26 mai 1791

Le territoire devait être divisé en comtés et les représentants des comtés à l’Assemblée seraient élus par la majorité des électeurs propriétaires ou locataires produisant un revenu fixé. Mr. Lymburner agent représentant les marchands de Québec a déposé des pétitions demandant l’abolition de la tenure seigneuriale et le projet de loi a continué à être discuté.

Les terres qui seront désormais concédées seront en franc et commun soccage mais les titres anciens seront respectés.

2 juin 1791

L’acte abrogeant certaines parties d’une loi votée la quatorzième année du règne de Sa Majesté, intitulée «Acte à l’effet de pourvoir d’une façon plus efficace au gouvernement de la province de Québec dans l’Amérique du Nord» et arrêtant de nouvelles dispositions pour le gouvernement de ladite province a été sanctionné par le Parlement le 10 juin.

Acte constitutionnel du 10 juin 1791

Samuel Hopkins d’une part, Angus McDonnell, Alexandre McDonnell, James McDonnell et Christopher Carter d’autre part avaient inventé des méthodes pour améliorer la manufacture de potasse et perlasse et le gouverneur a ordonné qu’ils aient l’exclusivité de ces méthodes dans la Province. Il s’agit sans doute des premiers brevets d’invention au Canada. Leurs méthodes sont décrites en annexe.

23 juin 1791

La nouvelle constitution a été légèrement modifié après son examen. Le nombre des membres de l’Assemblée du Bas Canada a été porté de 30 à 50, la qualification d’un électeur réduite de 5 livres à 40 schelins et la durée de l’Assemblée de 7 à 4 ans.

2 juillet 1791

Alors que la Chambre des Communes de Londres commençait à débattre sur la prohibition du trafic des esclaves, Chloe âgée d’environ 30 ans s’était enfuie par une lucarne à l’aide d’une échelle.

28 juillet 1791

À vendre les Seigneuries de la Guillaudière, Ramesay, Maunoir et St-Jean ou rivière Duchêsnes.

4 août 1791
4 août 1791

Sir John Johnston, le colonel Brandt et environ 40 chefs indiens députés des nations confédérées de l’ouest sont venues demander le soutien des autorités britanniques contre les empiétements des américains. Le Colonel Joseph Brant, chef mohawk et loyaliste britannique, était un personnage clé dans les relations entre les peuples autochtones et les autorités britanniques au Canada.

18 août 1791

Le 17 août le gouverneur Guy Dorchester est parti en Angleterre et le lieutenant-gouverneur Alured Clarke a pris le commandement de la Province en son absence. En France la révolution allait se radicaliser après la tentative de fuite de la famille royale rattrapée à Varenne. Lors d’une cérémonie intitulée Aux grands hommes la Patrie reconnaissante les cendres de Voltaire ont été transférées au Panthéon. Celles de Jean Jacques Rousseau ont été transférées peu après.

15 septembre 1791

La nouvelle constitution française a été sanctionnée par le Roi Louis XVI le 14 septembre 1791, influencée par celle des États-Unis adoptée en 1787. Partout en Europe et en Amérique les législateurs voulaient moderniser la vie civile et encourager le commerce.

29 décembre 1791

L’ordre du Roi George III divisant la Province de Québec en Haut et Bas Canada a été publié par le lieutenant-gouverneur Alured Clarke. La ligne de division entre les 2 provinces partait du lac St-François passait par le lac Tomiscanning (Témiscamingue) et allait jusqu’à la Baie d’Hudson. L’acte devait entrer en vigueur le 26 décembre 1791.

24 novembre 1791

La suite de l’acte a été publié les semaines suivantes précisant les modalités des conseils et des assemblées. Paul Roc de St-Ours, François Baby, Joseph de Longueuil ont été nommés aux conseils éxécutif et législatif. Pierre Panet, J. G. Chaussegros de Lery, Picotté de Belestre, Charles de Lanaudière, R. A. de Boucherville étaient les autres canadiens français nommés.

8 décembre 1791

Le commerce des esclaves était de plus en plus critiqué. Dans le naufrage d’un navire l’équipage s’était sauvé mais la cargaison de 230 esclaves avait péri, trouvés coupables d’être nés sur la côte de Guinée et de parents noirs.

24 novembre 1791

1792

Le 5 janvier 1792 dans un supplément exceptionnel de 16 pages la Gazette a publié le texte intégral de la constitution française en français et en anglais. Le mouvement révolutionnaire français n’avait pas encore sombré dans la Terreur et la guerre civile, il était admiré par les autres nations, en particulier l’Angleterre. Le même jour le journal publiait le discours du général Washington à l’ouverture du 2ème Congrès des États-Unis et rapportait des nouvelles de la guerre contre les Sauvages que ce pays menait.

5 janvier 1792

Les lecteurs de la Gazette de Québec recevaient des nouvelles du monde, même si elles prenaient quelques mois à leur parvenir. L’acceptation de la constitution par le Roi de France avait été communiquée à toutes les cours européennes; les mécontents en France émigraient en grand nombre et s’apprêtaient à faire la guerre à la France révolutionnaire. En Inde l’Angleterre agrandissait son empire colonial.

2 février 1792

Proclamation pour telles personnes qui désirent s’établir sur les terres de la Couronne dans la Province du Bas Canada. La loi sur l’organisation des terres non concédées en Townships a été proclamée. Le lieutenant-gouverneur du Haut Canada John Graves Simcoe a proclamé une loi semblable.

9 février 1792

Le pont de glace de Québec s’est formé le 11 février, le premier depuis 1787; un patineur aventureux s’était noyé. Le prince Edward fils du Roi avait financé une salle de spectacles à Québec où il était alors en garnison. Les Jeunes Messieurs Canadiens devaient présenter le spectacle d’ouverture.

16 février 1792

Le sieur Jouve, musicien de son Altesse Royale, venait lui aussi d’arriver à Québec et il a donné un concert vocal et instrumental dans la nouvelle salle des spectacles. Il a aussi publié des annonces dans la Gazette pour s’annoncer comme professeur de musique et de harpe.

Le Club Constitutionel avait été formé pour expliquer et discuter la nouvelle constitution des 2 provinces canadiennes; Charles de Lanaudière en était vice-président. Nous regardons comme étant du devoir des Curés, des Seigneurs, Notaires, Maîtres d’école et marchands instruits, de répandre nos productions parmi le peuple, de les lire, de les expliquer, de manière qu’en jouissance d’une constitution libre il n’en ignore pas la nature et la valeur. Le Club a ensuite publié ses travaux pour montrer les qualités et les défauts de la nouvelle constitution. Ses membres auraient voulu l’abolition complète de la tenure féodale et critiquaient la division du Canada en 2 provinces.

23 février 1792

Avis aux propriétaires des érablières, comme les troubles qui règent actuellement dans les Colonies à sucre doivent rendre cet article cher à l’avenir, il est heureux que le Canada en produise un qui peut y suppléer. Il était recommandé de faire évaporer la sève mélangée à des blancs d’oeufs.

1 mars 1792

Les avis de recherche d’esclaves en fuite étaient de plus en plus rares; Jack appartenant à William Grant de Québec, 1 guinée de récompense. C’est ironique de penser que ces esclaves étaient achetés en Guinée avec des guinées.

15 mars 1792

Notification quant à la manière de demander la concession des terres de la Couronne.

29 mars 1792

Les éloges enthousiastes de la nouvelle constitution se sont multipliés. Une dépêche prédit que les troubles qu’il y avait en Europe améneraient des fugitifs de toutes les nations au Canada, une immigration massive.

19 avril 1792

Le 10 mai le lieutenant-gouverneur a publié la liste décrivant les comtés du Bas Canada devant élire des députés à l’assemblée. 21 comtés ruraux, 2 villes et 2 bourgs. Il y avait 4 députés pour Québec, 4 pour Montréal, 2 pour Trois-Rivières et 1 pour William Henry (Sorel); 2 pour représenter la plupart des comtés comme Effingham, Leinster, Warwick, 1 pour Gaspé et l’île d’Orléans, pour un total de 50 députés.

Aux officiers et soldats réformés américains loyalistes et autres ayant des certificats d’occupation pour des portions de terres non concédées de la Couronne dans le bas Canada. Le gouvernement du Bas Canada est prêt à remplir les engagements faits par leurs certificats respectifs pour des terres dans cette province.

10 mai 1792

La première campagne électorale du Québec a alors commencé. Un canadien signant Probus a fait publier un pamphlet le 12 mai affirmant que les marchands britanniques pensaient qu’ils devraient seuls être les représentants dans la Chambre d’Assemblée, qu’ils avaient formé une coalition manifestant leur grande illibéralité. Si ils étaient élus les lois fondamentales des Canadiens seraient altérées et mutilées…

Dans la Haute Vllle de Québec Geo. Allsopp, William Grant, A. Panet, L. Germain fils ont annoncé leur candidature; dans la Basse Ville John Young, Adam Lymburner, William Lindsay, Robert Lester; dans le comté de Québec L. Deschenaux, Louis de Salaberry, David Lynd, Pierre Louis Panet; dans le comté de Hampshire Mathieu Macnider. D’autres candidatures étaient annoncés dans un article, Antoine Juschereau Duchesnay pour le comté de Québec, Jean Lees et Jean Baillargé dans la Basse Ville, G. E. Taschereau et Berthelot d’Artigny pour la Haute Ville.

17 mai 1792
17 mai 1792

Charles de Lanaudière était un des seigneurs canadiens en faveur du changement de constitution: très digne conseiller de notre bon roi et membre du conseil constitutionnel, grand seigneur, pensionnaire du Roi, faiseur de chansons, etc, etc, etc. Il était malgré tout canadien et William Grant méritait plus d’être élu.

Les semaines suivantes d’autres annonces ont été publiées: à Montréal James Dunlop; comté Hampshire William Smith; comté Warwick James Cuthbert junior; comté Leinster Bonaventure Panet.

31 mai 1792

La Gazette a publié le tableau des comtés de la Province du Bas Canada avec leurs bornes respectives et les paroisses comprises.

7 juin 1792

Le 14 juin les premiers résultats des élections ont été publiés. John Lees et Dumas St-Martin dans Trois-Rivières, John Young et Robert Lester dans la Basse Ville de Québec avaient été élus.

14 juin 1792

Pour le comté de Québec A. Juchereau Duchesnay et Louis de Salaberry avaient été élus, John Lees et Jean Baillargé père dans la Basse Ville, G. E. Taschereau et Berthelot Dartigny dans la Haute Ville. John Lees avait donc été élu dans 2 comtés.

Les lois électorales avaient été fixées rapidement et de nombreuses irrégularités ont été signalées. On dit qu’il y a eu beaucoup de train là (Charlebourg) à la dernière élection; que les habitants et les gens de la Ville y vendoient leurs voix.

Les autres résultats ont été publiés dans les semaines suivantes, les communications étaient moins rapides qu’aujourd’hui.

21 juin 1792
28 juin 1792
5 juillet 1792

Les députés élus ont été convoqué en assemblée par le lieutenant-gouverneur Alured Clarke le 10 juillet dans la chapelle du Palais Épiscopal de Québec.

En août l’imprimeur de la Gazette Samuel Neilson a lancé un magazine mensuel intitulé Quebec Magazine ou Le Magasin de Québec en français de 75 pages: recueil utile et amusant de literature, histoire, politique, etc, etc. particulièrement adapté à l’usage de l’Amerique britannique. Par une société de gens de lettres.

Le premier numéro du magazine commence par une belle vue de Québec prise de la Pointe Levy.

La liste des membres élus pour représenter la Province du Bas Canada y a été publiée. John Lees élu dans 2 comtés avait choisi de représenter Trois-Rivières; le nom de François Antoine Laroque élu dans Leinster a été rayé, il était décédé le 31 octobre peu après son élection.

Des marchands ayant éprouvé beaucoup d’inconvénients en Canada par le défaut de numéraire se sont associés pour fonder la Banque du Canada: Phyn, Ellice et Inglis; Tod, Mcgill et Co; Forsyth, Richardson et Co.

9 août 1792

Le Magasin de Québec était publié mensuellement. Les sujets des articles étaient généraux, en anglais ou en français: Voyages of Amerigo Vespucci; Evénemens remarquables du tems présent; On the cure of persons bitten by snakes; etc.

Magasin de Québec septembre 1792

La rubrique Registre provincial était publiée à la fin du magazine et faisait le résumé des événements du mois.

La liste des townships du Bas Canada a été proclamée et les cantons ont été localisés pour être arpentés.

11 octobre 1792

Les aventures du chevalier d’Éon espion du Roi Louis XV avaient déjà été racontées dans la Gazette et elles avaient passionné les lecteurs, on ne savait pas si c’était un homme ou une femme. Mademoiselle d’Éon avait lu une pétition à l’Assemblée Nationale exposant que quoiqu’elle ait porté l’habit d’une femme durant quinze ans, elle n’a jamais oublié qu’elle a été soldat autrefois; que depuis la révolution elle sent renaître son ardeur militaire, et demande au lieu de sa coiffe et de sa jupe, son casque, son sabre, son cheval, et le grade dans l’armée auquel son ancienneté, ses services et ses blessures lui donnent droit…

11 octobre 1792

La Compagnie de M. Del Vechio exécutera ce soir pour la dernière fois dans cette ville une variété de tours de souplesse et d’activité les plus curieux. Le jeune Hercule exhibera un grand nombre de nouveaux tours de chute et d’attitudes sur la corde lâche, etc. Un nombre de chiens exercés feront tout ce qui leur sera commandé par la parole seulement…

25 octobre 1792

Louis de Salaberry avait aussi été élu dans 2 comtés, Dorchester et Québec. Dans cet avis il annonce à ses électeurs que n’ayant pas été naturalisé il devait renoncer à être leur député. Pourtant dans sa biographie on lit: Obligé de choisir une seule circonscription, il opta pour celle de Dorchester qu’il représenta conjointement avec Gabriel-Elzéar Taschereau. Il laissa alors le siège à pourvoir dans Québec à Michel-Amable Berthelot Dartigny.

15 novembre 1792

Le journal de la Chambre d’Assemblée commence le 17 décembre. Les Honorables Pierre Panet, Jenkin Williams et James Monk commissaires appointés sous le Grand Sceau de la Province ont fait prêter serment aux représentants élus.

Les députés réunis en Assemblée ont voté pour élire l’Orateur de la Chambre. Jean Antoine Panet a été élu.

20 décembre 1792

L’Assemblée Générale des 2 chambres de la législature du Bas Canada a été convoquée par le lieutenant-Gouverneur le 27 décembre.

27 décembre 1792

Pendant l’hiver la saison des spectacles reprenait; la Gazette donne surtout les nouvelles de Québec mais il y en avait aussi à Montréal. Le Théâtre Canadien avertissait ses souscripteurs que les comédies L’Avare et Les Précieuses ridicules de Molière seraient représentées.

27 décembre 1792

Le Moore’s pocket almanack for the year of our Lord 1792 était différent de son directoire. On y trouvait un calendrier et la liste de tous les officiers publics du Bas et du Haut Canada en 1792, gouverneurs, juges, notaires, clergé, etc.

Par exemple la liste des pilotes autorisés à guider les navires navigant sur le fleuve St-Laurent et qui devaient être enregistrés au bureau du gouverneur.

1793

Pour son premier discours l’Orateur de la Chambre d’Assemblée Jean Antoine Panet s’est adressé au lieutenant-gouverneur en français: Je supplie votre Excellence de considérer que je ne puis m’exprimer que dans la langue primitive de mon pays natal, et d’accepter la traduction en anglais de ce que j’aurai l’honneur de lui dire. Le 22 décembre l’assemblée avait nommé un comité de 9 membres pour établir des règlements.

3 janvier 1793

La langue d’usage de la chambre d’assemblée a aussitôt posé un problème. Les représentants anglophones parlaient anglais, les francophones français et les débats devaient être traduits pour être consignés dans le journal de l’assemblée. Mais la traduction pouvait être équivoque.

Samuel Neilson imprimeur de la Gazette est décédé à l’âge de 22 ans de la tuberculose. Son frère John âgé de 16 ans a hérité de l’imprimerie et a continué la publication du journal avec l’aide de son rédacteur Alexander Spark.

17 janvier 1793

La chambre a résolu que les Bills relatifs aux lois criminelles d’Angleterre et aux droits du clergé protestant seraient introduits en anglais et ceux relatifs aux lois, coutumes , usages et droits civils de la Province seraient introduits en français afin de conserver l’unité des textes.

Un comité avait été nommé pour réviser le journal des débats et le corriger mais son mandat était difficile à remplir. Il fallait en plus que chaque correction soit approuvée par la majorité de la chambre.

Plusieurs pétitions ont été déposées à la Chambre d’Assemblée pour protester contre des élections illégales: Mr. Lynd pour le comté de Québec, Mr. Grant pour la Haute Ville, Mr. Young pour la Basse Ville, Mr. O’Hara pour le comté de Gaspé et Monsr. La Valtrie pour le comté de Warwick. Ces pétitions ont été examinées en assemblée et rejetées pour la plupart.

24 janvier 1793

Proclamation pour supprimer le vice, l’impiété et le déréglement: contre le blasphème, l’impiété, l’adultère, la fornication, la polygamie, l’inceste, la profanation du dimanche, le jurement et l’ivrognerie.

24 janvier 1793

En France la guerre avait commencé en 1792 contre les monarchies voisines alliées aux nobles français émigrés qui voulaient rétablir Louis XVI sur son trône. La république avait été proclamée et le Comité de Salut Public nommé pour faire face à la crise allait dégénérer en régime de Terreur. Le procès du Roi avait commencé et la nouvelle qu’il avait été guillotiné le 21 janvier 1793 n’allait arriver à Québec qu’au printemps.

31 janvier 1793

Règle touchant la langue statuante. Il fut résolu par une majorité considérable et constitué en règle de la Chambre, que tous projets d’acte ou bills introduits dans la Chambre seront lus dans les langues françaises et anglaises… le texte authentique sera en langue française

31 janvier 1793

La prétention des canadiens de rédiger des lois en français a aussitôt été contestée par les anglophones. La prétention de faire des lois pour lier des sujets britanniques dans toute autre langue que l’anglais est illégale, sans exemple, impolitique, détruit notre union avec la mère-patrie et notre dépendance d’elle; cette prétention est en contravention directe à cette constitution sous laquelle nous siégeons.

Magasin de Québec, janvier 1793

Le Magasin de Québec a publié une réplique: il nous a peint d’ingrats, de rebelles, parce que nous voulons jouir de nos droits. Il a voulu nous prouver que nous devions continuer à être malheureux, par la raison que nous l’avons bien été depuis 30 ans.

Magasin de Québec, février 1793

Le débat sur la langue a commencé dès la première session de la Chambre d’Assemblée. Des discours avaient été faits pour l’anglais par Messieurs Richardson, Pierre-Louis Panet, Grant, McGill, Lees et Young; pour le français par Messieurs Debonne, Papineau, Bedard, Lotbinière, Taschereau et Rocheblave.

Le débat se poursuit ensuite sur la langue d’usage comme telle. Les Canadiens français préconisent l’unilinguisme français; les anglophones, l’anglais. Après débat, la chambre tranche en faveur du double usage. Le gouverneur Dorchester entérine cette motion, pourvu que les lois soient adoptées en anglais. La question sera définitivement tranchée par décret royal, en septembre 1793, l’anglais est la seule langue officielle du Parlement, le français n’ayant que valeur de traduction.

Langue d’usage

À tous les francs tenanciers et électeurs du comté de Québec, une assemblée a été convoquée à la porte de l’église de Charlebourg pour élire un chevalier ceint d’une épée pour représenter le comté à l’Assemblée à la place de Antoine Louis de Salaberry qui a choisi de représenter le comté de Dorchester.

7 février 1793

L’ivrognerie était un fléau social, et l’intempérance était condamnée par les élites et le clergé.

Magasin de Québec, février 1793

La Cour Martiale a condamné Joseph Draper à être fusillé pour mutinerie. Ses complices ont été condamnés au fouet, Guillaume Rose 500 coups, Thimothé Kennedy 700, le sergent Wington 400 et il a été retrogradé au rang de soldat. Ils avaient projeté de tuer le Prince Edward, le général et les officiers. Draper a été grâcié par le Prince Edward au moment de l’exécution de sa sentence.

Le procès de Louis XVI a eu lieu en janvier 1793 et la sentence de mort a été prononcée le 17. La confirmation de son exécution le 21 janvier est parvenue à Québec le 25 avril.

18 avril 1793

Dans le Quebec Magazine le procès et l’exécution de Louis XVI ont été longuement commentés avec tous les détails du procès et de sa mise à mort. La guillotine était une nouvelle invention très impressionnante; cette illustration est la deuxième à avoir été publiée dans le Magazine.

Magasin de Québec, avril 1793

La révolution française qui avait d’abord été acclamée en Angleterre et au Canada est soudain devenue ignoble. Le roi avait été guillotiné, le clergé était obligé de prêter un serment à la République. Dès l’été 1793, la propagande contre-révolutionnaire bat son plein. Neilson publie la Lettre de M. l’Évêque de Léon aux ecclésiastiques réfugiés en Angleterre, parue à Londres au début de l’année, qui flétrit la Révolution et couvre l’Angleterre d’éloges. Une lettre qui deviendra la bible des Canadiens qui écriront contre la Révolution.

Les travaux de la chambre d’assemblée étaient suivis par les lecteurs; ils étaient publiés chaque semaine dans la Gazette et un compte-rendu mensuel en était fait dans la Magazine.

Magasin de Québec, avril 1793

La République Française avait déclaré la guerre à la Grande Bretagne le 1er février et le lieutenant-gouverneur a proclamé d’avoir soin d’empêcher aucun malheur qui pourrait arriver de la conduite des français et faire tous ses efforts pour les harrasser et leur nuire en prenant leurs vaisseaux et ruiner leur commerce. Des commissions de corsaires seront accordées dans la manière accoutumée.

25 avril 1793

Dans une adresse au lieutenant-gouverneur, Jean Antoine Panet orateur de la chambre a assuré son Excellence que c’est avec horreur que ses membres avaient appris la mort du roi de France et la déclaration de guerre. La chambre allait procéder immédiatement à la révision des ordonnances de la milice pour défendre la Province.

2 mai 1793

Comme en 1775 le gouvernement anglais craignait que les canadiens profitent de l’occasion de la guerre pour s’allier avec l’ennemi. Les français libres distribuaient des pamphlets pour soulever leurs frères canadiens.

Dans le registre provincial de juin on lit que John Hitlinger et George Miller avaient été condamnés à être pendus pour grand larcin. Jean Contant et Louis le Huron, sauvage, ont obtenus le bénéfice du clergé et leur sentence a été suspendue. Un soldat de garde s’était tué d’un coup de fusil dans sa guérite.

25 juillet 1793

Un ouragan a frappé le Faubourg Québec à Montréal et emporté 26 bâtiments, maisons et granges; plusieurs bateaux ont été emportés ou brisés sur la grève. Il n’a heureusement péri personne.

1 août 1793

Francis Vogler du Nº1 de la rue Couillard avait importé des violons et violoncelles, des flûtes, des boîtes à musique, etc.

1 août 1793

Les journaux de la première session de la Chambre d’Assemblée du Bas Canada ont été publiés, c’était encore une nouveauté qui intéressait les lecteurs: 2 fois 400 pages de débats.

8 août 1793

Maître Saupin notaire à L’Assomption avait inventé une nouvelle méthode pour rafiner le sucre d’érable et le distiller pour en faire une liqueur forte. Il construisait aussi des bateaux qui ne nécessitaient ni étoupe ni brai pour être étanches.

22 août 1793

La fausse monnaie était un problème récurrent, des avis étaient publiés pour prévenir le public.

12 septembre 1793

Les commissaires des États-Unis partis pour traiter avec les Sauvages sont retournés sans avoir fait aucun arrangement avec eux. Les Sauvages ont, dit-on, insisté sur la cession de tout le territoire que les États-Unis possèdent à l’ouest de l’Ohio comme les seules conditions auxquelles ils pouvaient faire la paix.

12 septembre 1793

Le seul survivant de l’ordre des Récollets, le père Berrey, devait céder l’église et le couvent pour être convertis en une église protestante contre une pension à vie du gouvernement. Depuis la Conquête l’église servait de lieu de culte aux protestants et aux catholiques à tour de rôle ce qui mécontentait les 2 partis. L’église a été détruite par un incendie en 1796, la cathédrale anglicane et le palais de justice ont été construits sur son emplacement vers 1799.

19 septembre 1793

La semaine suivante un rectificatif a été publié. Le révérend Père de Berey n’est nullement le seul survivant de l’ordre des Recollets et il ne peut pas céder et faire un abandon de l’église et maison de son ordre.

26 septembre 1793

René Amable de Boucherville Grand Voyer du district de Montréal a publié une longue liste de procès-verbaux.

19 septembre 1793

Le gouverneur Guy Dorchester était en Angleterre depuis 1791, il est revenu au Canada en septembre avec sa famille. Le nouvel évêque anglican du Canada Jacob Mountain devait aussi arriver pour fonder son diocèse.

26 septembre 1793

À vendre un beau mulate robuste et bien portant âgé d’environ 23 ans… propre pour aucun ouvrage pénible.

17 octobre 1793

Enfuis de chez Robert Ritchie deux garçons apprentis, James Gilmore âgé de 13 ans et Patrick Connor âgé de 10 ans.

31 octobre 1793

En novembre 1793 Mgr. Jean François Hubert évêque de Québec a envoyé une circulaire aux curés de son diocèse alors qu’on craignait qu’une flotte française s’apprête à attaquer la Province de Québec. Il y rappelait que les canadiens étaient sujets de l’empire britannique depuis la Conquête de 1759 qui les gouvernait avec humanité, douceur et bienfaisance. Leur religion était protégée alors que la république française persécutait le clergé catholique.

John Neilson l’imprimeur de la Gazette a publié à la fin de l’année 1793 le journal des débats de la Chambre d’Assemblée, les règles et règlements de la Chambre d’assemblée, les lois du Bas Canada.

8 lois avaient été adoptées en 1793, pour interdire aux navires d’apporter de la poudre à tirer dans le port de Montréal, pour permettre l’importation de la porcelaine ou wampum, pour faciliter les gens appelés quakers, pour réglementer les chemins et les ponts, etc.

En 1793 William Vondenvelden avec l’appui du commerçant John Jones, a fondé la Nouvelle Imprimerie et ils ont publié les Statuts Provinciaux du Bas-Canada. En 1795, il a été nommé arpenteur général adjoint et imprimeur officiel des lois.

Après 1793 les historiens décrivent un affrontement de plus en plus marqué entre la population francophone du Bas-Canada et la minorité anglophone. La guerre contre la France faisait craindre que les canadiens se retournent contre leurs conquérants. Avec l’afflux des loyalistes et des immigrants anglophones la position des canadiens s’affaiblissait progressivement alors que le commerce et l’industrie étaient aux mains des marchands anglais et écossais qui contrôlaient les marchés d’import-export.

Jacob Mountain évêque anglican de Québec, Jonathan Sewell procureur général et avocat général du Bas-Canada et Herman W. Ryland, secrétaire du gouverneur, étaient particulièrement anti-canadiens, résolus à assimiler ce peuple arriéré selon leur point de vue.

La suite: La Gazette de Québec, la suite (1794-1808)

Carte du Québec

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