Catégorie: Histoire
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La Gazette de Québec pendant la guerre (1776-1785)

La guerre d’indépendance de ses 13 colonies contre la Grande-Bretagne a été beaucoup plus longue que prévu et ruineuse pour les deux camps. L’arrivée de très nombreux réfugiés loyalistes au Canada a transformé l’équilibre des populations alors que les canadiens français y étaient encore largement majoritaires. Après quelques mois d’interruption pendant l’invasion du Québec par les américains, la publication de la Gazette a repris en 1776.

Après la conquête, la Gazette de Québec (1764-1765)

La Gazette de Québec avant la guerre (1766-1775)

1776

La parution de La Gazette de Québec a repris le 14 mars 1776 et le premier article publié est un récit de l’assaut contre la ville de Québec le 31 décembre raconté du point de vue américain.

malheureux assault entrepris sur Québec, entre quatre et six heures du matin le 31 décembre; infortune en vérité, parceque dans cet assault notre brave General Montgomery a été tué, ainsi que son Aide de Camp Mc Ferson, le Capitaine Cheesman, le Capitaine Hendrick des carabiniers, deux ou trois officiers subalternes, et entre 60 et 100 soldats… et environ 300 officiers et soldats ont été pris prisonniers… les esprits, les dispositions et les sentimens des Canadiens, ils ne perseverent point dans l’adversité, on ne peut faire fonds sur eux, car semblables aux Sauvages, ils prennent toujours le parti du plus fort… Le Clergé refuse l’absolution à tous ceux qui se sont montrés nos amis, et prêche la damnation à ceux qui ne voudront point prendre les armes contre nous…

14 mars 1776

Les 2 premères parutions du journal après l’assaut contre Québec ne comportent que 2 pages. Dans la deuxième page le 21 mars on trouve une traduction de l’ultimatum envoyé par les américains au général Carleton défendant Québec avant l’assaut. Une copie de cette lettre avait été expédiée dans la ville sur une flèche, comme dans les westerns.

21 mars 1776

La parution du journal s’est de nouveau arrêtée et l’édition suivante date du 8 août 1776. Le Nº 571 fait bien suite au Nº 570 du 21 mars mais l’imprimeur a ajouté au-dessus le titre La Resurrection Nº II.

Les troupes des rebelles américains avaient évacué la Province de Québec en juin après avoir échoué dans leur offensive et la vie civile a pu reprendre presque normalement.

L’imprimeur a publié un avis pour annoncer qu’il continuerait à publier La Gazette si il pouvait réunir 200 souscrivant au prix de 3 piastres d’Espagne par an d’ici à la mi-septembre ce qui donne une idée de la diffusion du journal. À cette époque les journaux étaient partagés et lus en public, le lectorat était donc plus vaste mais quand même limité à une élite. Les premiers numéros ne comportent aucune annonce commerciale ou avis légal permettant de rentabiliser leur parution.

8 août 1776

La proclamation Royale pour éteindre la Rebellion et arréter la sédition datant du 23 août 1775 a été publiée, le gouverneur faisait connaître ses ordonnances par ce média d’intérêt public qu’il soutenait donc financièrement.

8 août 1776

La proclamation se terminait par un appel à la dénonciation des traîtres: Nous commandons et ordonnons rigoureusement à tous nos officiers tant civils que militaires, et à tous autres nos fidèles et obéissans sujets, de faire leurs plus grands efforts, pour s’opposer a cette rebellion et la dissiper, et pour decouvrir et donner connoissance de toutes trahisons et perfides conspirations qu’ils sçauroient être tramées ou machinées, contre Nous, notre Couronne ou notre dignité, et qu’à cet effet ils feront parvenir a un de nos principaux Secrètaires d’Etat ou autre officier convenable, les informations requises, pleines et entieres, de toutes les personnes qui auroient été trouvées en correspondance avec ceux qui sont presentement armés et revoltés contre notre gouvernement dans aucune de nos colonies et plantations en l’Amérique Septentrionale, ou qui de toute autre manière ou en toute autre façon les aideroient ou encourageroient; afin de punir ainsi qu’ils le méritent, les auteurs, les coupables et les complices de ces projets et attentats perfides. Vive le Roi.

Adam Mabane, Thomas Dunn et Jean Claude Panet avaient été nommés commissaires pour prendre connaissance des dommages subis par les citoyens lors de l’invasion du Québec par les rebelles.

15 août 1776

À Montréal les juges nommés par le gouverneur étaient Peter Livius, William Owen et Gabriel Elzeard Tacheraux.

22 août 1776

Avec quelques avis d’objets perdus, la première publicité parue dans le journal est celle de Belmont Forten maître ès arts; dans les semaines suivantes son nom a été modifié en Belmont Fortune. Les premières pages du journal contenaient des dépêches provenant des garnisons anglaises dans les différentes colonies et de leur lutte contre les rebelles. Le reste du journal de 4 pages contenait des poèmes pour occuper l’espace disponible en attendant le retour des annonceurs payants.

22 août 1776

La bataille des Cèdres est une série de confrontations militaires liées à l’invasion du Canada, lors de la guerre d’indépendance des États-Unis. Les escarmouches sont survenues en mai 1776 à et autour des Cèdres, à l’ouest de Montréal entre des Britanniques soutenus par des Iroquois et l’Armée continentale (Wikipedia). Le récit des batailles était publié plusieurs semaines après les évènements.

29 août 1776

Les annonces régulières du journal ont repris progressivement comme la liste des bateaux arrivés à Québec pendant l’été.

5 septembre 1776
5 septembre 1776

La récolte de blé avait été très bonne et le gouverneur autorisait son exportation. Par contre celle des bêtes à cornes ou autres animaux vivants ainsi que des farines et biscuits était interdite.

12 septembre 1776

Le gouverneur Guy Carleton a aussi fait publier ses ordres pour détruire les lettres et adresses des rebelles et pour régler les échanges de prisonniers canadiens pris au fort de St-Jean contre les rebelles tombés entre les mains des Sauvages aux Cèdres et à Quinchien.

12 septembre 1776

Avis d’un citoyen de Québec pour régler les Marchés et empêcher les Revendeurs et Revendeuses, ceux et celles qui achetent avant que les denrées viennent aux Marchés, la Monopole, etc Excès qui sont parvenus à un point exorbitant dans cette ville.

12 septembre 1776

Le capitaine Foster et le général de l’armée rebelle Benedict Arnold avaient convenu d’un accord pour l’échange de leurs prisonniers. Pour éviter les suites inévitables de la conduite des sauvages dans les dernières guerres de mettre leurs prisonniers à mort pour s’en débarrasser au cas qu’ils soient attaqués par leurs ennemis… Les forces britanniques avaient fait prisonniers 2 majors, 9 capitaines, 20 subalternes et 443 soldats aux Cèdres qui ont été échangés contre des prisonniers pris au fort St-Jean en 1775 lors de l’invasion du Québec.

19 septembre 1776

Robert Willcocks est le premier commerçant à avoir publié une publicité pour ses marchandises à vendre:

19 septembre 1776

Les citoyens de Montréal ont remercié le gouverneur Carleton de les avoir libérés des usurpateurs rebelles.

26 septembre 1776

À vendre une portion de terre située au village de Terrebonne avec une maison et un édifice construit pour faire de la Potasse, une fournaise à cet effet, des chaudières, des cuves et autres ustensiles…

3 octobre 1776

Le premier avis légal publié par le sheriff E. G. Gray concerne la vente de quatre sixième de la Seigneurie de Varennes.

10 octobre 1776

John Johnston fabriquant de montres a publié un avis en anglais seulement pour retrouver ceux qui l’avaient cambriolé.

10 octobre 1776

De nombreux avis étaient publiés par des marchands annonçant qu’ils allaient quitter le pays et réclamant à leurs clients de venir régler leurs comptes: Jacob Rowe, Charles Le Marchant, James Tod, Sam Judah, etc. Lady Marie Carleton était revenue d’Angleterre avec sa famille; la flotte rebelle sur le lac Champlain forte de 15 bâtiments armés avait été défaite.

24 octobre 1776
31 octobre 1776

Les forces armées britanniques en Amérique étaient divisées en 3 corps commandés par les généraux Howe, Carleton et Clinton.

28 novembre 1776

En décembre l’imprimeur a remercié le public de son soutien et annoncé qu’il continuerait à publier la Gazette. Il souligne la rareté des nouvelles politiques; il n’avait pas le droit de publier tout ce qu’il aurait voulu et réclamait l’envoi de la correspondance de ses lecteurs pour y pallier.

12 décembre 1776

La liste des propriétaires ayant subi des pertes durant l’invasion dans le district de Québec est longue, il devaient se présenter aux dates prescrites pour faire examiner leurs causes; l’avis a été publié pendant plusieurs semaines en anglais seulement. La liste pour Montréal n’a pas été publiée dans le journal.

19 décembre 1776

Le gouverneur Guy Carleton chevalier du Bain a publié une ordonnance pour réunir le Conseil Législatif le 21 janvier et une autre pour ordonner l’entretien des chemins en hiver. Chaque propriétaire devait battre un chemin de 8 pieds sur le devant de sa terre, l’entretenir et le baliser; les voyageurs devaient toujours rouler à droite dans les chemins.

19 décembre 1776

1777

Pour commémorer la victoire sur les rebelles le 31 décembre 1775 la milice de Québec était allé en procession dans les différentes églises; il y avait ensuite eu un sermon puis un bal et un souper.

2 janvier 1777

William O’Brien avertissait le public que sa femme Mary Collins avait épousé Peter Fitzgerald à Halifax après avoir dépouillé sa demeure. Philip Crone avertissait dans la même édition de ne faire aucun crédit à sa femme Mary Old.

16 janvier 1777

Jean Baptiste Bouat a mis en vente à Varennes un domaine près de la commune, un autre domaine et un emplacement sur le chemin du Roi, un Fief nommé Beloeil et un sixième des rentes seigneuriales de Varennes.

23 janvier 1777

Les nouvelles de l’armée publiées par le journal étaient toujours bonnes: l’armée rebelle était en retraite, leurs chefs étaient mécontents ou avaient pris la fuite; le Grand Hancock et Franklin s’étaient échappés en Europe… Mais il s’agissait souvent de rumeurs plutôt que de faits vérifiés.

30 janvier 1777

Le seigneur de Berthier, Nouvelle York et Masquinongé James Cuthbert membre du Conseil Législatif avertissait ses tenanciers de leurs devoirs. Il avait activement participé à la guerre contre les américains et négligé l’administration de ses seigneuries. Il avait été fait prisonnier pendant quelques mois.

6 février 1777

Une ordonnance pour établir les Cours Civiles de Judicature a été publiée le 6 mars suivie de nombreuses autres pour régler tous les aspects de la vie des citoyens. Ces publications très détaillées se sont poursuivies jusqu’au jusqu’au 8 mai: pour fixer les dommages sur les lettres de change protestées et les taux d’intérêt – pour réglementer les marchés à Québec et Montréal – pour établir les Cours de Juridiction Criminelle – comment publier les ordonnances – pour défendre de vendre des liqueurs fortes aux Sauvages et interdire de leur acheter leurs armes et leurs habillements – pour régler les milices de la Province – pour établir le cours de la monnaie – qui concerne les boulangers – pour réparer, réformer et entretenir les chemins publics et les ponts – pour régler le prix de chariage des marchandises et du passage des bacs – pour prévenir les accidents du feu – pour empêcher qui que ce soit de quitter la Province sans passeport – pour régler la police dans les villes de Québec et Montréal – concernant la distribution des biens et effets des particuliers qui partent de la Province sans payer leurs dettes.

6 mars 1777

Le cours des pièces de monnaie d’or et d’argent a été fixé, elles étaient les seules à être légales dans la Province.

10 avril 1777

On espérait que la guerre serait facilement et rapidement gagnée. Les continuels succès des armes de sa Majesté en Amérique depuis le 31 décembre 1775, et les calamités diverses que ce peuple infatué doit inévitablement avoir souffert, termineront indubitablement bientôt cette Rébellion dénaturée.

1 mai 1777

Le gouverneur a interdit d’exporter toutes bêtes à cornes et autres animaux vivants, blé, farine ou biscuit jusqu’à la fin de l’année.

8 mai 1777

Selon les ordonnances du gouverneur les commissaires nommés ont établi des règlements de police et autres: à Montréal le pain blanc pesant 4 livres devait être vendu à 18 sols et le pain bis de 6 livres et demi à 18 sols. Les commissaires étaient James McGill, Pierre Panet, Neveu Sevestre, Pierre Fortier, John Porteous, Pierre Meziere et Pierre Guy.

22 mai 1777

À vendre les droits successifs échus à Damoiselle Magdelaine Belcour De Lafontaine, un sixième de la moitié des îles et îlets de Mingan et un cinquième dans la moitié d’un sixième du Fief nommé la Terre Ferme depuis l’île aux Oeufs jusqu’à la Brador.

29 mai 1777

Saisie à la poursuite d’Isaac Todd et James McGill procureurs de John Strettle marchand de Londres contre les biens de Thomas Walker: 3 emplacements sur la rue St-Paul, 1 sur la rue St-Denis, 1 sur la rue St-Gabriel, une maison de pierre sur la place du Marché, à Montréal. Walker était un républicain convaincu et il avait hébergé Benjamin Franklin, Samuel Chase et Charles Carroll, les trois délégués du Congrès arrivés à Montréal au début de 1776. Quand les Américains se sont retirés de la province, Walker les avait accompagnés et s’était installé à Boston.

29 mai 1777

Les publicités commerciales et les avis légaux publiés par les sheriffs étaient de plus en plus nombreux. Les dépêches venant d’Europe et des autres colonies donnaient des informations sur la politique internationale. Le Congrès essayait d’entraîner la France dans sa guerre contre la Grande-Bretagne. Les nations amérindiennes étaient pour la plupart opposées aux rebelles et mobilisaient une partie de leurs troupes. Les colons américains n’étaient pas tous en révolte, la guerre civile les divisait et les affaiblissait. Le pauvre peuple de Connecticut qui refuse de se joindre dans la rebellion souffre des petits tyrans qui ont le maniement des affaires dans cette colonie…

12 juin 1777

Le capitaine Augustin Lausier de Ste-Anne du Sud avait été fait prisonnier et il a fait publier une lettre de B. Payne de Hartford Connecticut qui avait essayé de négocier sa libération contre une caution. Pour preuve certaine et constante de la grande considération ainsi que des intentions favorables des rebelles envers les habitants du Canada.

19 juin 1777

P. Panet ayant charge de la Seigneurie de Sorel au nom de ses propriétaires avisait que ceux qui coupaient du bois dans les terres non concédées sans autorisation seraient poursuivis.

24 juillet 1777

Les taxes des différentes traverses dans le district de Montréal ont été établies par les commissaires; les traversiers devaient obtenir une license. Un autre avis fait la liste des traverses du district de Québec.

24 juillet 1777

Cette annonce d’une cargaison de bois à vendre est la première publiée dans le journal concernant le commerce du bois qui va devenir très important; elle a été publiée en anglais seulement.

21 août 1777

Proclamation du gouverneur Guy CarletonÉtant nécessaire pour le service de sa Majesté et l’avantage et la sureté de ses fidels sujets dans cette province, de constituer les droits domaniaux et seigneuriaux de sa Majesté; et pour cet effet de procéder à la confection d’un Papier Terrier des fiefs et seigneuries

4 septembre 1777

Le prix du pain fixé par les Commissaires de la paix était régulièrement publié; les boulangers devaient marquer les pains de leurs initiales. Les commissaires dans le district de Québec étaient Henri Caldwell, Gabriel Taschereau et Jenkin Williams.

4 septembre 1777

La cave de John Jones de Montréal près des casernes avait été forcée et ouverte et un nègre nommé Bruce était soupçonné du vol, la récompense pour l’amener à la prison était de 4 livres.

18 septembre 1777

Une récompense de 6 livres était offerte pour retrouver des personnes mal-intentionnées envers Alexandre Simpson. Une Panisse nommée Marie Anne au service du dit Simpson, s’est époussée de chez lui… 40 shellings de récompense.

18 septembre 1777

Un garçon nègre nommé Joe né en Afrique âgé d’environ 20 ans s’était enfui de l’imprimerie. William Brown imprimeur de la Gazette avait donc acheté un esclave venu directement d’Afrique pour travailler à son journal. Le Dictionnaire biographique du Canada a consacré un article à l’histoire de Joe et ses multiples évasions.

27 novembre 1777

Lauchlin Smith négociant de Québec a acquis de Charles Auguste Réaume la Seigneurie de La Pocatière paroisse Sainte Anne avec le domaine, deux moulins, cens et rentes, etc.

18 décembre 1777

Quantité de personnes vont à la campagne y acheter toutes les denrées (au préjudice des anciens usages de ce pays) ce qui est cause qu’il en vient fort peu en ville, et qu’il faut les payer, ainsi que la viande, des prix exorbitants…

25 décembre 1777

Pendant une grande partie de l’année 1777 le journal a rapporté les victoires de l’armée contre les rebelles puis à partir d’octobre il n’y a plus de nouvelles de la guerre. En hiver les nouvelles portées par les bateaux ne parvenaient plus à Québec. Mais Saratoga au nord d’Albany était proche et la nouvelle de la déroute du général Burgoyne a dû être rapidement connue, elle ouvrait la voie à une nouvelle invasion du Québec.

Lors des batailles de Saratoga l’armée du général britannique John Burgoyne partie du lac Champlain fut encerclée et dut se rendre le 19 octobre à Horatio Gates. Cette victoire américaine allait encourager la France à entrer en guerre aux côtés des rebelles.

1778

Alors que l’armée du général Burgoyne avait été anéantie et que la vallée du Richelieu était de nouveau vulnérable, les citoyens de Québec fêtaient leur victoire sur les rebelles du 31 décembre 1775 à la taverne Menut, talentueux cuisinier.

8 janvier 1778

Seules les nouvelles de victoires étaient publiées. Le journal annonçait qu’il y avait eu une bataille vers le 8 et le 12 novembre 1777. Les rebelles avaient été entièrement défaits, ils auraient perdu 11.000 hommes et on disait que leur général Washington aurait été tué. Nous ne prétendons pas affirmer l’authenticité des particularités de cette nouvelle… En fait Washington avait subi 2 défaites (bataille de Brandywine le 11 septembre; bataille de Germantown le 4 octobre) et il a dû passer l’hiver à Valley Forge dans des conditions catastrophiques; mais il n’était pas mort.

22 janvier 1778

À la poursuite de Joseph Fleury Deschambault et des autres héritiers de feu Joseph Fleury de la Gorgendière contre les possessions de Marie Josette Jolliet Anticosty veuve de Pierre Sort et Charlotte Jolliet Anticosty veuve de Vital Caron et autres cohéritiers de Charles Jolliet Anticosty et Jeanne Lemolin j’ai saisi: neuf vingtième dans le Fief et Seigneurie de Jolliet, neuf vingtième dans le Fief et Seigneurie de l’Isle d’Anticosty, neuf vingtième de la moitié du Fief et Seigneurie des Isles Mingan, les prétentions de Charles Jolliet d’Anticosty dans la Seigneurie de la terre ferme de Mingan. Ces seigneuries avaient été concédées à Louis Jolliet explorateur du Mississipi.

22 janvier 1778

Dans l’édition du 26 février il y a un long récit de la victoire du général Howe à Germantown contre les troupes de Washington le 4 octobre. Le 5 mars le récit de la victoire de Brandywine a aussi été publié. Mais il n’y a toujours aucun récit de la défaite de Saratoga dont l’annonce a pourtant dû parvenir à Québec beaucoup plus rapidement.

26 février 1778

Le journal a quand même rapporté l’échec d’une tentative d’assaut à Rhode-Island par un corps de de 10.000 hommes bien équippés et bien fournis, d’une bonne artillerie, d’une quantité de bons bateaux…

5 mars 1778

Le 19 mars les 2 premières pages du journal étaient consacrées à la publication d’une lettre du général Washington à sa femme interceptée; une lettre personnelle sans intérêt militaire ou politique.

19 mars 1778

À la page suivante une lettre de New-York datée du 20 juillet 1777 fait une analyse plus sérieuse de la guerre en cours. Le général Washington savait que ses troupes ne gagneraient pas une bataille rangée; il harcelait son adversaire en attendant quelque révolution dans les affaires de l’Europe, qui pourra obliger la Grande-Bretagne à rappeller ses troupes, ou donner à la France un prétexte de les assister.

19 mars 1778

Les Seigneurs de Montréal du Séminaire de St-Sulpice avaient des droits seigneuriaux sur chaque vente dans leur seigneurie dans la ville et les faubourgs de Montréal mais leurs censitaires négligeaient de les payer depuis plusieurs années.

26 mars 1778

Les avis légaux de ventes de biens à l’encan étaient publiés par les officiers de justice, ils étaient de plus en plus nombreux.

9 avril 1778

La rumeur que le général Washington avait été tué avec plusieurs mille de rebelles était répétée. Le peuple de Boston est très découragé… on croit généralement que cette malheureuse querelle est à sa fin et qu’il ne saurait y avoir une autre campagne.

23 avril 1778

Comme Marie Cotte ma femme s’est absentée de mon lit la troisième journée après nous être mariés, sans aucun sujet de provocation et sans mauvais traitement… – Adrien Potin maître tailleur d’habit.

23 avril 1778

Les articles des 2 premières pages du journal sont de plus en plus insignifiants, destinés à les meubler en l’absence de nouvelles fraîches qui ne devaient arriver qu’après le dégel du fleuve et l’arrivée des navires en provenance d’Europe, New-York et Boston. Dans les 2 autres pages les avis et les annonces légales et commerciales étaient publiés comme avant: il s’est enfui un nègre nommé Jack , 8 piastres de récompense.

21 mai 1778

Pierce Ryan faiseur de culottes et de gands de chamoi dans la rue St-Jean…

21 mai 1778

Le 3 juin 1778 Fleury Mesplet a commencé à publier la Gazette du Commerce et Littéraire pour la Ville et District de Montréal. Elle a paru jusqu’au 2 juin 1779 quand elle a été fermée par le Gouverneur Haldimand; Fleury Mesplet imprimeur et Valentin Jautard journaliste ont été emprisonnés. Ce journal en français était plus littéraire et politique ce qui n’a pas plu aux autorités. Une édition critique par Nova Doyon en a été publiée avec le texte intégral des articles mais il n’a pas été numérisé.

Une nouvelle attaque contre le Canada était redoutée depuis que l’armée du général Burgoyne avait été anéantie. Les rebelles avaient lancé une offensive mais s’étaient arrêtés après avoir repris Carillon (Fort Ticonderoga) faute de troupes. Le marquis de Fyate nommé dans cet article est le marquis de Lafayette qui était adjoint du général Conway.

4 juin 1778

La Gazette n’avait encore jamais fait mention de la défaite du général Burgoyne à Saratoga mais le 11 juin elle a publié les conventions qui avaient été conclues lors de la reddition de ses troupes car les rebelles du général Horatio Gates ne les avaient pas respectées; les prisonniers devaient être renvoyés en Angleterre mais ils ont été emprisonnés. Finalement les détails de la bataille et de la reddition ont été publiés le 18 juin.

11 juin 1778

Thomas Walker avait collaboré avec les américains pendant la prise de Québec et sa biographie mentionne que Walker les accompagna dans leur retraite et s’installa à Boston. Ses biens avaient été saisis en mai 1777 mais il semble être revenu à Montréal en 1778 (à moins que ce soit un autre Thomas Walker).

25 juin 1778

Le traité entre la France et les États-Unis a été signé le 6 février à Paris et la nouvelle a été annoncée à Québec le 2 juillet.

2 juillet 1778

Le même jour Frederic Haldimand nommé capitaine-général et gouverneur en chef dans toute la Province de Québec et Territoires en dépendans en Amérique est arrivé. Il venait remplacer Guy Carleton.

2 juillet 1778

À vendre ou à charger pour Londres, environ 8.000 douves à pipes de chêne blanc, 25.000 à barriques, 200 tonneaux de bois de charpente carré, quelques pièces de pin carré et environ 60.000 douves de chêne blanc propres pour des futailles étanches.

2 juillet 1778

Les assureurs de Londres avaient établi leurs agents à Québec Adam Lymburner et William Lindsay. À Montréal leur agent était John Lilly. Avec la guerre de nombreux bateaux étaient attaqués et des cargaisons perdues.

2 juillet 1778
9 juillet 1778

Le 23 juillet des adresses à Frederic Haldimand et Guy Carleton par les citoyens de Québec ont été publiées. Le nouveau gouverneur a proclamé 2 actes du Parlement, un contre les personnes accusées de lèse-majesté ou de piraterie, un autre pour nommer des Commissaires chargés d’apaiser la rébellion.

23 juillet 1778

La bibliothèque de feu Jean Claude Panet décédé le 28 février était à vendre; environ 600 volumes qui sont très rares en Canada. Il était venu de France comme soldat en 1740 et était devenu aussitôt procureur puis notaire royal en 1744.

23 juillet 1778

Il s’est enfui de chez Mr. Prentice, un Mulatre nommé Jacob d’environ 18 ans, 4 piastres de récompense pour sa capture.

23 juillet 1778

Jean Pierre Laterriere géreur et administrateur de l’établissement des Forges de St-Maurice avait réglé ses comptes avec Christophe Pelissier son associé qui devenait seul propriétaire.

30 juillet 1778

Il s’est enfui de chez Geo. Hipps une mulatre nommée Bell, 4 piastres de récompense. Les annonces d’esclaves en fuite sont beaucoup plus fréquentes que je ne l’aurais imaginé.

20 août 1778

Les nouvelles publiées dans la Gazette ne parlaient que des victoires contre les rebelles; ce n’est pourtant pas ce que racontent les historiens. Le 18 juin 1778, les troupes britanniques évacuèrent Philadelphie pour se concentrer sur la défense de New York, menacée par une intervention maritime française. La bataille de Monmouth (New Jersey, 28 juin 1778) fut un succès américain.

1 octobre 1778

Le premier engagement de la flotte française contre la flotte anglaise a eu lieu le 27 juillet à Ouessant au large de la Bretagne; sans être décisive la victoire française est symbolique: la Royal Navy paraissait invincible depuis la guerre de Sept Ans.

8 octobre 1778

Joe l’esclave de l’imprimeur né en Afrique s’était déjà enfui en novembre 1777, il a récidivé en 1778 et une récompense de 4 piastre pour sa capture était offerte.

24 décembre 1778

Etienne Dumeyniou marchand de Montréal avait acquis une terre sise près de la montagne plantée d’arbres fruitiers.

31 décembre 1778

1779

Une souscription a été commencée afin d’établir une Bibliothèque publique pour la Ville et District de Québec. Le projet a été approuvé par son Excellence le Gouverneur et Monseigneur l’Evêque...

7 janvier 1779

Le prix du pain était fixé par des commissaires et il n’était pas le même à Québec et à Montréal: 12 sols pour le pain banc fe 3 livres à Québec et 14 sols pour celui de 4 livres à Montréal.

14 janvier 1779

Les syndics pour la bibliothèque de Québec ont été élus, messieurs Gravé, Mabane, Baby, Fargues et Monk; une souscription a aussi été ouverte pour établir une bibliothèque à Montréal.

…il faudra attendre 1779 pour qu’un tel établissement voie le jour au Canada francophone: la Bibliothèque de Québec. Cette bibliothèque fut longuement surnommée la «bibliothèque de Haldimand», en raison du nom de celui qui l’a mise sur pied, Frederick Haldimand, alors gouverneur en chef de la province de Québec. Son objectif, comme il l’écrivait dans une correspondance, était de «créer un meilleur accord de sentiments et une plus complète union d’intérêt entre les anciens et les nouveaux sujets de la Couronne».

Les libraires
21 janvier 1779

John Greaves chirurgien à Mischi(???) était parti de Sorel en canot avec Mr. Groot et ils s’étaient noyés, ses effets devaient être vendus à l’encan au marché de Sorel.

28 janvier 1779

Pendant l’hiver les nouvelles de l’extérieur étaient rares et les premières pages du journal contiennent des articles variés comme La description du royaume de Siam ou encore La force de la conscience, histoire pathétique ou encore Réflexions sur la solitude, etc. Il n’y avait aucune nouvelle de la guerre. L’imprimeur avait acquis une nouvelle presse d’estampes.

18 février 1779

L’imprimerie située derrière l’église cathédrale de Québec vendait des fournitures de papeterie, des cartes et des livres.

18 février 1779

Les demoiselles Gamelin avaient acquis la maison du sieur Urbain la Vigne Tezier (Tessier) sur la place de la paroisse à Montréal; elles vendaient l’Isle à la Pierre située à 4 milles en bas du fort de Sorel.

25 février 1779

À vendre de la succession de Jean Le Roux Provençal: l’Isle Ronde plus 3 autres isles de la Seigneurie de Sorel, 2 emplacements au fort de Sorel, une terre à Yamaska, une autre au Pot au Beurre, une autre à Berthier.

11 mars 1779

Le général britannique Augustine Prévost vint rejoindre le général Archibald Campbell ce qui obligea le chef des milices américaines, Benjamin Lincoln de leur abandonner, avec la Géorgie, toute la Caroline du Sud (Wikipedia). Le 8 avril une longue dépêche triomphale racontant cette campagne a été publiée. Voici les rapports des prisonniers de guerre capturés ainsi que de l’artillerie, des munitions et des vaisseaux saisis.

8 avril 1779

On estime qu’environ 100.000 personnes tenues en esclavage ont ainsi trouvé asile à l’arrière des lignes britanniques. Parmi ce nombre, ceux qui ont réussi à s’enfuir définitivement furent plus nombreux que les volontaires pour combattre dans l’un ou l’autre camp. Environ un tiers des 15.000 esclaves de la Géorgie et plus de 20.000 de la Caroline du Sud se sont enfuis pendant la Guerre, en grande partie vers la Floride espagnole, 8.500 sont partis avec les Britanniques lors des évacuations de Savannah et Charleston (Wikipedia).

Tous les inspecteurs sur les plantations des absents sont requis de s’adresser immédiatement à louis Johnson ecuyer, surintendant de la police; et d’apporter avec eux un état exact du nombre de nègres, de la quantité de riz, provision et autres effets qui peuvent être sur les dites plantations.

8 avril 1779

Les charpentiers et calfats du Québec se cachaient de peur d’être enrôlés de force dans l’armée royale.

15 avril 1779

Les Commissaires de la paix établissaient les règlements de police à Québec et Montréal. Les propriétaires et locataires de maisons de Québec devaient nettoyer la moitié de la largeur de la rue devant chez eux, faire couper la glace, enlever la boue et les vidanges. Les taverniers et cabaretiers de Montréal devaient payer 2 cautions de 5 livres chaque.

22 avril 1779

Liste des personnes ayant obtenu des licenses pour vendre des liqueurs fortes dans la ville et le district de Québec.

29 avril 1779

Les listes n’étaient pas définitives, d’autres noms étaient ajoutés au fur et à mesure du paiement des droits; les licenses devaient être renouvelées chaque année.

3 juin 1779

Les habitants de St-Jean et Ste-Foy avertissaient les chasseurs de tourtes et autres gibiers qui piétinaient leurs champs de blé et de foin qu’ils seraient poursuivis.

3 juin 1779

La guerre était ruineuse pour tous mais on espérait que les États-Unis en souffriraient encore plus; les comptes précis des dettes des États Unis pour 1777 et 1778 ont été détaillés sur 2 colonnes dans un format inhabituel pour le journal.

10 juin 1779
8 juillet 1779
8 juillet 1779

Le marquis de la Fayette était passé en Amérique en 1777 sans l’autorisation du Roi de France et il a été consigné dans ses terres à son retour en France en février 1779. En fait il a été accueilli en héros et n’a été consigné que pendant 8 jours.

15 juillet 1779

Il s’est enfui de chez John Turner un esclave nommé Ismael d’environ 35 ans, 10 piastres de récompense pour sa capture.

29 juillet 1779

Adam Lymburner, William Lindsay et John Lilly avaient publié des annonces affirmant qu’ils étaient agents des assureurs de Londres, ce que les assureurs concernés ont contesté en publiant un avis contraire. Un comité des marchands de Montréal proposait de choisir chaque année 6 personnes pour évaluer les marchandises endommagées pendant le transport maritime. Le document fait la liste des principaux commerçants de Montréal et de Londres et des assureurs. James McGill, James Finlay, Peter Fortier, Alex. Ellice, Richard McNeil, John Grant, Benjamin Frobisher et William Kay ont été choisis pour la première année.

16 septembre 1779

Joe l’esclave de l’imprimerie s’était enfui pour la 3ème fois en 3 ans, il avait de la persévérance.

23 septembre 1779

La semaine suivante il y avait un beau nègre robuste et bien portant à vendre et un autre nommé Jn. Thomson qui s’était enfui du navire Susannah.

30 septembre 1779

Il n’y avait pas eu d’avis de désertion depuis plusieurs années et soudain il y a 8 déserteurs recherchés.

28 octobre 1779

La semaine suivante John Barclay apprenti de 15 ans s’était enfui et la récompense était de 5 guinées.

4 novembre 1779

Et encore un nègre nommé Nemo né en Albany de 18 ans et une négresse nommée Cash âgée de 26 ans, 10 piastres chaque.

4 novembre 1779

Anselm Rodyman, John Balsam et William Benington avaient déserté et avaient assassiné Louis Potier, sa femme, sa fille, la femme de Jean Chaillé et un soldat allemand à la Pointe du Lac; ils ont été jugés et exécutés.

25 novembre 1779

La guerre était encore présente dans le journal mais elle paraissait plus lointaine. La flotte française a contrôlé à partir de 1779 les eaux des Antilles et le comte d’Estaing put se diriger vers les côtes de la Géorgie pour reconquérir cette province en soutenant le général Lincoln. Le siège de Savannah (septembre 1779) puis une attaque infructueuse, furent entrepris par le comte d’Estaing, avec des esclaves affranchis comme André Rigaud et Alexandre Pétion, membres de la célèbre brigade des 1500 Chasseurs volontaires de Saint-Domingue, considérés en Haïti comme des héros de la Guerre d’indépendance des États-Unis, car leur assaut a permis de réduire les pertes lors de la retraite. (Wikipedia)

Les publicités commerciales étaient plus nombreuses. Jean Dupuis marchand de la Basse Ville de Québec voulait écouler son stock avant de repartir s’approvisionner au printemps. Il faisait une offre spéciale de 13 pour 12 (treize à la douzaine), sauf pour les soieries.

16 décembre 1779

Il n’avait pas plu depuis 6 mois et les moulins de Terrebonne et du Sault aux Recolets n’avaient pas d’eau pour tourner depuis 3 mois.

30 décembre 1779

1780

Alexandre Dumas des Forges Saint Maurice demandait à ses clients de commander à l’avance les pièces dont ils avaient besoin quand elles devaient être faites sur mesure, particulièrement les chaudières à potasse. Au début de 1778, Dumas acquit pour lui-même le bail des forges du Saint-Maurice et, plus tard dans l’année, il s’y installa pour en prendre la direction, succédant à Laterrière (Wikipedia).

27 janvier 1780

À vendre la Seigneurie d’Aillebout ou d’Argenteuil située au lac des deux Montagnes, s’adresser à Mr. De la Valtrie.

27 janvier 1780

On a besoin pour travailler à Niagara de 1 charon, 1 forgeron, 1 scieur, 6 hommes qui sachent conduire un harnois de boeufs ou de chevaux, 1 tonnelier; s’adresser à Samuel Street.

17 février 1780

Le commerce sur le portage de Niagara avait continué malgré les perturbations de la guerre.

17 février 1780

MM. Parmentier et Cadet le jeune ont eu l’honneur de présenter au Roi Louis XVI, à Monsieur et à Mgr. le Comte d’Artois du pain de pommes de terre.

9 mars 1780

Le gouverneur Haldimand publiait annuellement des ordonnances pour renouveler les lois et les réglements. Celle établissant les honoraires et les salaires des officiers publics ainsi que les frais de justice est exceptionnelle, elle occupe 6 grandes pages du journal. Elle tarifie les honoraires et les services du Gouverneur, du Secrétaire de la Province, du Greffier de la Province, du Greffier du Conseil dans les affaires des particuliers, de l’Arpenteur-général, du Grand-voyer, de l’Officier-naval, etc.

30 mars 1780

Son Excellence le Gouverneur Haldimand veut bien abandonner ses droits et ne prendre aucuns des Honoraires ci-dessus. Il est le seul. Chaque document administratif a été tarifé pour éviter que les officiers publics abusent de leur pouvoir à tous les niveaux de l’administration: baillis, sherifs, coroners, geoliers, crieurs, etc.

30 mars 1780

Les Commissaires de paix ont publié la liste des prix des denrées de base selon l’ordonnance du Gouverneur: le froment, l’avoine, les pois, la farine, le biscuit, le sel; il n’y avait pas d’orge, fèves, seigle et blé d’Inde à vendre et leur prix n’a pu être fixé.

11 mai 1780

Le même jour le gouverneur a publié une ordonnance pour régler la police dans les villes de Québec et Montréal qui fixe les tarifs des transports par les charretiers et autres réglements; le tarif des passages publics sur les rivières a aussi été fixé. Les listes des taverniers de Québec et Montréal ont été publiées les semaines suivantes comme chaque année.

11 mai 1780

Je n’en ai pas encore relevé mais dans le port de Québec il y avait beaucoup de bateaux à vendre tous les étés.

29 juin 1780
29 juin 1780
27 juillet 1780
10 août 1780
24 août 1780
28 septembre 1780

Le général Clinton profita du moment où Washington était réduit à l’inaction par la misère de son armée pour faire quitter New York à une partie de ses troupes et pour s’emparer de Charleston, dans la Caroline du Sud, où il fit prisonniers 5.000 Américains en mai 1780 (Wikipedia). Les nouvelles de cette campagne sont parvenues à Québec en juillet.

L’imprimerie du journal était la seule au Québec et elle imprimait les documents officiels du gouvernement, ordonnances et réglements de police.

3 août 1780

À vendre la Seigneurie Dailleboust avec toutes les isles adjacentes dont celle de Carillon fait partie; s’adresser à Mr. Dailleboust de Cuisy.

3 août 1780

Déserté de l’isle Carleton un nègre nommé Fortune âgé d’environ 25 ans, 8 piastres de récompense.

10 août 1780

Vu que les mariniers de la Marine Roiale de sa Majesté et des vaisseaux armés en cette Province ont souvent été reçus et traités à bord des vaisseaux marchands ou d’autre manière encouragés à déserter du service de sa Majesté. Les déserteurs étaient nombreux et les lois ont été renforcées pour poursuivre les délinquants.

7 septembre 1780

À vendre la moitié d’un poste de pêche sur la côte de Labrador près le détroit de Belle-Isle connu sous le nom de Rivière du Plaine; s’informer de Gregory & Woolsey.

7 septembre 1780

Vu qu’Elizabeth Ogden femme de moi Robert Bradley m’a honteusement trompé en se disant veuve et que je suis actuellement convaincu qu’Ogden son mari est vivant, je déclare notre mariage nul et de nule validité; et comme elle refuse de cohabiter avec moi…

21 septembre 1780

Les marchands se plaignaient de la pratique scandaleuse consistant à rogner, mutiler et diminuer le poids des pièces d’or. Une récompense de 100 louis était offerte pour dénoncer les coupables. De nombreux marchands de Québec ont signé l’avertissement.

23 novembre 1780

Les produits annoncés par les marchands dans leurs publicités sont très variés: des tripes de boeuf anglais marinées, du saumon salé et boucané, de la morue sèche et verte, des huitres garanties bonnes…

14 décembre 1780

Ebenezer Markham était maître du Jeu de Plote dans le faubourg St-Laurent à Montréal.

21 décembre 1780

Le vin arrivait en pipes et barriques dans le port de Québec de différents vignobles: Bordeaux, Porto, Espagne, Madeire, Sherry, Thenerif, Lisbonne, Cariavella, Vidonia. Il y avait aussi de la bière, du porter, du cidre et du fromage chez Pierre Marcoux. Les anglais préféraient les vins forts comme le sherry coupé avec de l’eau de vie, ce qui ne plaisait pas aux français habitués à des vins plus légers et naturels.

28 décembre 1780

1781

Le pont de glace entre Québec et la Pointe Levy s’était formée très tôt cette année-là. Il n’avait pas pris depuis 1774.

11 janvier 1781

À vendre une partie de la Seigneurie de Chambly par le Chevalier Niverville,

1 février 1781

Comme tous les ans en janvier le Gouverneur avait proclamé une série d’ordonnances pour prolonger les lois d’exception en temps de guerre. Il avait aussi avisé la population que les rebelles s’apprêtaient à attaquer le Québec de nouveau. Les nouveaux sujets de sa majesté, les canadiens, et les anciens sujets britanniques de Montréal et Québec ont publié chacun une adresse au Gouverneur pour le remercier de les avoir avertis de se tenir prêts et l’assurer de leur soutien, 4 adresses en tout.

15 février 1781

Les seigneurs devaient régulièrement venir au Chateau St-Louis à Québec pour rendre et porter la Foi et Homage à sa Majesté.

15 février 1781

L’apprentissage n’était pas très différent de l’esclavage à cette époque. James Poupard recherchait 2 apprentis qui s’étaient enfuis, James Forsyth et Christopher Keysner âgés de 13 ans nés en Amérique et en Allemagne et donc loin de leurs familles.

1 mars 1781

Le 29 mars une série de dépêches a été publiée en provenance de Boston, Philadelphie, Trentown, Baltimore, Detroit et Québec. Elles annonçaient de bonnes nouvelles, que les soldats de l’armée de Washington n’étaient pas payés et abandonnaient le service par exemple.

29 mars 1781

Les Commissaires de Paix établissaient le prix des denrées de base mais il n’était pas le même dans les districts de Québec et Montréal, la farine fleur valait 35 shillings à Québec et 18 shillings 4 sols à Montréal.

29 mars 1781
29 mars 1781

Les mesures d’urgence de cette période de guerre favorisaient l’anarchie et le gouverneur a rappelé à l’ordre les notaires.

12 avril 1781

À vendre une Seigneurie située aux pays des Esquimaux, nommé la Baye St-Paul, avec la rivière appelée Quitzezaquit, autrement dite la grande rivière pays des Esquimaux. Jacques Duquay dit Duplacy demeurant à Trois-Rivières en avait hérité du sieur Amadore Godefroy de St-Paul.

19 avril 1781

William Gill était marchand à Québec, N. Bayard à Montréal; ils vendaient des marchandises diverses.

19 avril 1781

Il était interdit de mettre sa voiture trop près des portes des églises suite à des plaintes. Le pont de glace de la Pointe Levy était parti le 1er mai.

3 mai 1781

À vendre une grande quantité de fourures et peltries de toutes sortes sauvées du naufrage du navire le Général Haldimand qui a échoué au-dessus du Bic. Les naufrages de bateaux dans le St-Laurent étaient fréquents.

31 mai 1781

Moulin à farine brûlé sur la rivière des Hurons bassin de Chambly à vendre par 3 criées. Le moulin prenait ses eaux par un canal creusé dans le roc et sa chaussée était formée naturellement par la pierre brute de la rivière; il avait droit de banalité sur la part du Sieur Rouville à Chambly.

7 juin 1781

Le général Cornwallis annonçait une victoire remportée le 15 mars et espérait que les rebelles allaient se rendre. Pendant l’été l’armée française était arrivée en Amérique et c’est plutôt l’armée anglaise qui allait être défaite à Yorktown en octobre. Plusieurs Canadiens français ont pris part à la bataille de Yorktown. Ainsi, par exemple, le major Clément Gosselin, Germain Dionne et plusieurs autres combattent avec La Fayette et Washington. La défaite britannique amène 40.000 loyalistes britanniques à se réfugier au Québec et en Nouvelle-Écosse, sur une population de 90.000 francophones. (Wikipedia)

21 juin 1781

À vendre la Seigneurie Du Tremblay située entre Boucherville et Longueuil, s’adresser à Madame Veuve Laverendrie à Montréal.

12 juillet 1781

François Grefard avait publié un avis pour signaler que sa femme l’avait quitté et qu’il ne paierait pas ses dettes. Celle-ci a répliqué avec un avis pathétique pour faire savoir que son vaurien de mari menait une vie de débauche fréquentant de mauvaises maisons, la maltraitant elle et ses enfants.

16 août 1781

À vendre le Fief ou la Seigneurie St-Gilles située aux environs de la rivière du Sault de la Chaudière.

23 août 1781

Le Gouverneur a fait publier les listes des notaires accrédités dans les districts de Québec et Montréal, voici ceux de Montréal.

20 septembre 1781

Il s’est enfui de chez John Mittleberger, tailleur à Montréal, un nègre nommé Nero âgé de 24 ans environ, 50 shellings de récompense.

4 octobre 1781

Il s’est enfui de chez son maître Thomas Oakes un garçon apprenti nommé Bishop Forsyth qui a été amené prisonnier avec ses parents de Wyoming par la voie de Niagara âgé de 16 à 17 ans, 4 guinées de récompense. En mars James Forsyth apprenti de 13 ans s’était aussi enfui.

8 novembre 1781

À vendre un garçon nègre de bonne mine, robuste, actif, jouissant d’une parfaite santé âgé d’environ 21 ans; il parle très bien l’anglais et le français et il a eu la petite vérole.

13 décembre 1781

Joseph Perinault marguillé en charge de la paroisse de Montréal a acquis au nom de la fabrique un emplacement sur la place d’Armes de 64 pieds de front jusqu’aux remparts.

13 décembre 1781

1782

À vendre un verger appartenant à la succession de Madame la douairière de Boucherville situé à la montagne près Montréal de 3 arpents sur 5 avec quantité de pommiers et autres arbres fruitiers; en outre 20 arpents dans la montagne en bois et taillis borné par Mr. Raimbault et messieurs du Séminaire.

21 février 1782

Benjamin Frobisher informe le public qu’il a fait des efforts pour tenir en bon ordre cet hiver le chemin du Roi au courant Ste-Marie à Montréal sans nul effet car la neige s’y ramasse en bancs…

28 février 1782

À vendre au village de Terrebonne une belle fabrique de potasse appartenant à Louis Bouc.

7 mars 1782

À vendre le verger de la Gauchetierre et plusieurs terres à Montréal, s’adresser à Madame La Côte la Douairière. Les vergers étaient nombreux sur l’île de Montréal.

2 mai 1782

Le 11 juin une édition spéciale a été publiée pour annoncer la défaite de la flotte française contre la flotte britannique dans le canal entre les îles de la Dominique et de la Guadeloupe. Le journal du 13 rapportait que la ville de Québec avait été illuminée pour fêter la victoire.

11 juin 1782

À vendre un Fief relevant du Roi à la banlieue de Trois-Rivières avec un manoir, une terre dans le Fief Labadie et une autre dans le Fief Roctoyade au sud du fleuve; s’adresser à Jean-Baptiste Perrault seigneur demeurant à la Rivière du Loup.

20 juin 1782

À vendre une Isle et Fief appelés la Grosse Isle située vis à vis l’Isle de Patience et l’Isle aux Raux relevant du domaine de l’Isle aux Oyes en aval de l’Isle d’Orléans.

20 juin 1782

John Mittleberger était tailleur et marchand de tissus, il employait un esclave qu’il recherchait en octobre 1781 et un domestique engagé nommé Chretien Miller qui avait déserté.

18 juillet 1782
18 juillet 1782

Un assortiment général de clincaillerie, coutelerie, jouaillerie et effets argentés en feuille importés des manufactures de Birmingham et Sheffield se vend en gros…

25 juillet 1782

John Hill géolier de la prison de Québec faisait et vendait du chocolat de la meilleure qualité en gros et en détail.

25 juillet 1782

George Washington et Guy Carleton s’écrivaient des lettres pour faire respecter les trêves et les échanges de prisonniers convenus. Mais les nouvelles de la guerre étaient rares et moins triomphalistes, la Grande-Bretagne était harcelée sur tous les fronts.

1 août 1782

La Grande-Bretagne n’a pas capitulé uniquement à cause de la défaite de Yorktown. La France avait tout fait pour l’obliger à disperser ses forces. Elle avait attaqué les Britanniques en Inde. Elle avait également attaqué Malte, conquis Minorque, assiégeait Gibraltar qui était sur le point de tomber. La France encerclait les Antilles britanniques, et elle faisait manœuvrer depuis des mois 60.000 hommes en Bretagne, prêts à débarquer en Grande-Bretagne quasiment vidée de troupes. Des vaisseaux français croisaient, pavillon haut, au large de Southampton, provoquant une panique à la bourse de Londres. (Wikipedia)

À vendre le Fief et Seigneurie St-Jean Deschaillons, s’adresser à Mr. de St-Ours père.

5 septembre 1782

L’Honorable Roch St-Ours de l’Echaillon seigneur de St-Jean L’Echaillon a été inhumé le 26 septembre à Montréal.

3 octobre 1782

À vendre ou à louer les belles Isles aux Oies et aux Grues à 14 lieues au-dessous de Québec dans le fleuve St-Laurent relevant du Roi; s’adresser à Monsieur de Beaujeu ou à Madame veuve de Lanaudière.

5 septembre 1782

Levy Solomons avait fait construire une nouvelle salle d’assemblée à Montréal; un bal y a été ouvert par Madame Landrief (Landriève) et l’Honorable Monsieur de Longueuil.

12 décembre 1782

À Québec le bal de fin d’année avait lieu à la maison de Menut rue St-Jean le 18 décembre.

12 décembre 1782

La nouvelle des pourparlers de paix ne parviendront au Québec qu’au printemps 1783 mais la guerre était terminée et les États-Unis avaient gagné leur indépendance. Lord North dut quitter la direction des affaires pour céder la place à un ministère whig qui demanda la paix au cabinet de Versailles. La France, qui n’était pas moins épuisée, accepta ces propositions. Les préliminaires furent arrêtés à Paris, le 30 novembre 1782, entre les plénipotentiaires des puissances belligérantes… Le traité définitif fut signé le 3 février 1783. (Wikipedia)

1783

La seigneurie de Ramezay a été saisie à la poursuite de Joseph Howard contre William Bower.

16 janvier 1783

Depuis décembre 1781 cette annonce d’un esclave à vendre était souvent publiée, signe que la vente d’un esclave n’était pas facile: le marché n’était pas bon.

23 janvier 1783

Le gouverneur a renouvelé les ordonnances comme chaque année, il en a proclamé une nouvelle pour lever une somme d’argent par loterie pour bâtir des prisons dans la ville de Montréal. La Corne St-Luc, Edward William Gray, James McGill, Peter Guy et Jacob Jordan avaient été désignés pour l’organiser.

13 février 1783

La Seigneurie Aubin de Lisle sur la rivière Méchakikanne ou Nouvelle Beauce a été partagée. Le Fief Cumberland appartenait è John Collins, le Fief Ste-Barbe à Joseph Gaspard Chaussegros de Léry et le Fief St-Charles à Charles Doyon.

20 février 1783

Les troupes continentales avaient voulu surprendre Oswego sur le lac Ontario mais le froid les a vaincu.

20 mars 1783

150 rames de 16 à 20 pieds de long avaient été ramenées sur la rive du fleuve à St-Pierre les Becquets par le père Louis Demers missionnaire.

20 mars 1783

La nouvelle de la signature de traités de paix mettant fin à la guerre a été publiée le 1er mai. La paix délivrerait le royaume d’impôts onéreux; déboucherait les vieilles et ouvrirait de nouvelles sources de commerce…

1 mai 1783

Les articles des traités de paix avec les États-Unis, la France et l’Espagne ont été publiés les semaines suivantes.

8 mai 1783

Les loyalistes sont alors venus s’installer nombreux au Québec et Charles De Lanaudière a publié une annonce, en anglais seulement, pour les attirer dans ses seigneuries de Ste-Anne et De Lanaudière sur la rivière Maskinongé en leur accordant 10 ans de remise de rentes, la mouture du grain pour leur famille gratuitement pour 4 ans et tout le bois pour bâtir leurs maisons scié gratis.

15 mai 1783

S’est enfui de chez Sarah Simpson une panisse nommée Marie Jeanneviève âgée de 36 ans parlant français et un peu anglais, 40 shellings de récompense pour la capture de cette esclave.

26 juin 1783

Jacob esclave panis de 20 ans s’est aussi enfui de chez ses maîtres Daniell & Dalton. Les esclaves panis étaient nombreux à l’époque de la Nouvelle-France et il y en avait encore au Québec.

17 juillet 1783

Caspar Schmidt soldat du régiment allemand Hesse-Hanau était recherché pour désertion. Le même jour le général du régiment von Lossberg annonçait un pardon général pour les déserteurs publié en allemand et en anglais.

17 juillet 1783

Les troupes allemandes ont quitté à bord de 25 vaisseaux pour être rapatriées; plusieurs soldats sont restés.

7 août 1783

Le même pictogramme était toujours utilisé en anglais pour signaler les esclaves noirs en fuite; ici Charles âgé de 20 ans environ. Ces esclaves en fuite sont toujours jeunes, à se demander si il y avait de vieux esclaves ou si ils mourraient tous avant 30 ans.

14 août 1783

Le journal a publié une très longue lettre du général Washington annonçant sa retraite.

4 septembre 1783

Les loyalistes se sont alors installés un peu partout dans la Province. William Vondenvelden a obtenu une commission d’arpenteur à Champlain; S. Casey était teinturier en soie et dégraisseur, un métier jusqu’alors inconnu au Québec. Il y avait des industriels, des commerçants, des gens éduqués mais aussi des paysans pauvres et malheureux parmi eux.

18 septembre 1783

Le sheriff de Montréal offrait une récompense de 5 louis pour dénoncer ceux qui avaient détruit la potence érigée proche de la ville servant à l’éxécution des criminels.

25 septembre 1783

Les loyalistes qui avaient fui les États-Unis avaient perdu leurs biens et un acte du Parlement britannique en leur faveur a été adopté. Des commissaires ont été nommés pour évaluer leurs pertes et les dédommager.

23 octobre 1783

François Baillargé élève de l’académie royale de peinture et sculpture de Paris avertissait les curés et marguilliers de ses services, les messieurs et dames qu’il pouvait faire leur portrait et qu’il enseignait le dessin et la peinture.

30 octobre 1783

À vendre une négresse âgée d’environ 18 ans arrivée dernièrement avec les loyalistes; on disposera aussi d’une jument baie.

6 novembre 1783

Les officiers démobilisés avaient droit à une demi-paye pour leur retraite.

13 novembre 1783

La souscription pour la bibliothèque publique de Québec avait permis de commander des livres français et anglais attendus sous peu.

4 décembre 1783

Jacques Perrault annonçait aussi les livres vendus à sa librairie en français et en anglais. Depuis plusieurs mois des pièces de théâtre jouées en anglais seulement étaient annoncées dans le journal. Il y avait déjà un commencement de vie culturelle.

4 décembre 1783

L’imprimeur William Brown publiait aussi des recueis des ordonnances du Gouverneur et les réglements de la police de Québec.

1784

Chaque année le journal publiait un calendrier le 1er janvier avec les fêtes catholiques et protestantes, les phases de la lune, les éclipses, etc. En-dessous la liste des officiers civils était aussi publiée avec les membres du conseil législatif et les gouverneurs de la Province.

1 janvier 1784

Les loyalistes américains ont ramené leurs esclaves au Québec dans leur fuite; les annonces de ventes sont devenues de plus en plus fréquentes. La mention que l’esclave avait eu la petite vérole semble avoir été une plus-value.

15 janvier 1784
4 mars 1784

À Trois-Rivières la maison du colonel Tonnancour a été entièrement consumée; la garnison avait empêché le feu de se propager dans la ville.

19 février 1784

Les habitants de Trois-Rivières ont fait publier un autre avis le 4 mars pour faire savoir qu’ils avaient aussi aidé à éteindre le feu, qu’il n’y avait qu’un petit nombre de soldats et que le nègre de Mr. Malcolm Fraser avait bien aidé lui aussi.

4 mars 1784

Les avis s’adressant aux loyalistes étaient publiés en anglais seulement. Ils devaient faire leurs demandes pour l’octroi de terres à La Chine, Sorel et Québec.

4 mars 1784

Il restait des soldats allemands dans la garnison de Québec, 3 d’entre eux avaient déserté. Les soldats et en particulier les déserteurs étaient la cause de nombreux crimes et désordres.

4 mars 1784

Le journal publiait de très nombreuses annonces de propriétés à vendre ou à louer, impossible de toutes les publier. Les annonces d’esclaves à vendre ou en fuite sont aussi nombreuses et je les ai systématiquement notées pour démontrer la présence évidente de l’esclavage au Québec jusqu’à la fin du siècle.

Ismael esclave âgé de 36 ans s’est enfui de chez John Turner; il se faisait passer pour un nègre libre pour s’enfuir. Il s’était déjà enfui en 1775 et il était alors supposé être âgé de 35 ans.

11 mars 1784

De plus en plus d’annonces n’étaient pas traduites. Henry Caldwell annonçait qu’il se rendrait sur ses terres à son manoir de l’Île au Noix pour donner des titres et des concessions à la Baie Missisquoi. Le grand moulin à farine seigneurial de la Pointe Levi était à louer.

18 mars 1784

Souscription en faveur des pauvres de Québec. Le journal a publié la semaine suivante un article expliquant l’objet de la souscription et ses réglements; la qualité de l’impression du journal variait à chaque édition et ce texte n’est pas lisible. Le journal a ensuite publié chaque semaine la liste des nouveaux souscripteurs. Les messieurs de la Comédie avaient offert la plus grosse somme, 73 livres.

25 mars 1784

Les messieurs de la Comédie étaient sans doute les souscripteurs du Theatre qui présentait des spectacles régulièrement depuis plusieurs mois à Québec en anglais.

8 avril 1784

La nouvelle machine airostatique que Mr. de Montgolfier a construite fut élevée à 80 pieds durant 4 minutes et 25 secondes avec Mr. de Rosiers dans la nacelle.

15 avril 1784

Depuis la Conquête de nombreuses seigneuries étaient achetées par des marchands anglais aux anciens seigneurs. Alexandre McLinnan marchand de Kamouraska avait acheté la Seigneurie de la Pointe au Père (seigneurie Lessard) de Jean Baptiste de Champlain.

15 avril 1784

À vendre une partie de la Seigneurie de Chambly, s’adresser au Chevalier de Niverville.

15 avril 1784

À vendre la moitié du Fief La Groseliere situé au bout ouest de l’Isle d’Orléans dans la paroisse St-Pierre s’adresser à Marin Gourdeau l’un des propriétaires.

6 mai 1784

Comme Mr. Christophe Sanguinet seigneur de Varennes se propose d’aller demeurer dans sa seigneurie il vend ses biens près de la ville de Montréal.

6 mai 1784

L’Honorable Joseph de Longueuil propose de vendre une ferme dans la Seigneurie de Soulange et la Seigneurie de Pointe à l’Orignac.

24 juin 1784

À vendre la moitié d’une Seigneurie dans la paroisse du Cap St-Ignace avec un manoir; s’adresser à Jean Gabriel Vincelotte Duhautmenil.

26 août 1784

À vendre une esclave noire de 15 à 16 ans en santé amenée de la province de New-York. Si elle n’était pas vendue avant le 20 mai elle serait exposée dans une vente publique.

13 mai 1784

À vendre une jeune panise forte et bien portante âgée d’environ 22 ans, a eu la petite vérole.

15 juillet 1784

À vendre une bonne négresse bien portante âgée de 23 ans qui parle bien le français et l’anglais et qui a eu la petite vérole; s’adresser à Michel Cornud négociant à Québec.

2 septembre 1784

Il s’est sauvé de chez John Saul un nègre nommé Tight âgé d’environ 28 ans en compagnie d’un nègre nommé Snow appartenant au capitaine Laforce.

9 septembre 1784

Les Forges du St-Maurice fabriquaient du fer en barre, des plaques de socs, des manivelles pour les moulins à scie, tourillons, des enclumes et chenêts de fonte, poissonières, marmites et chaudrons. On y vendait aussi des poeles coulés en plein sable. Si une plaque pête, en la rapportant aux forges, on en rendra une neuve à la place.

2 septembre 1784

Le gouverneur Frederic Haldimand a pris un congé en Angleterre et le lieutenant-gouverneur Henry Hamilton a assuré la conduite du gouvernement en son absence.

18 novembre 1784

1785

Des plaintes avaient été faites par les Sauvages résidant et possédant des terres à la Jeune Lorette contre les habitants de la paroisse.

13 janvier 1785

Samuel Holand arpenteur-général de la Province avait chargé William Vondenvelden de rédiger un traité d’arpentage pour le Québec; de nombreuses terres devaient être arpentées pour être concédées étant donné l’accroissement de la population.

27 janvier 1785

À fermer ou à vendre la Seigneurie du Bic ayant une très bonne pêche à saumons, l’isle du Bic étant affermée au gouvernement.

3 février 1785

À la poursuite de François La Jus contre les biens de François de Bailleuil l’aîné saisie d’un fief de la Seigneurie de L’Assomption.

3 février 1785

Louise Guin dite la Roche avertit que son mari Nicolas Guillet dit Tourangeau l’a abandonnée et qu’elle ne paiera pas ses dettes. En général c’étaient les maris qui publiaient ce genre d’avis contre leurs femmes.

17 février 1785

Le commerce avec les États-Unis était interdit et le lieutenant-gouverneur a renouvelé la proclamation.

10 mars 1785

À vendre une ferme située au passage près les Trois Rivières, dans un bon poste pour une traverse, à un tiers de lieue de la ville, bien adaptée pour la traite avec les sauvages, avec une autre terre plus haut sur la rivière favorable pour le transport de bois en cajeux.

10 mars 1785

Hugh Finlay directeur des postes de la Province annonçait régulièrement les malles en partance pour Londres. Le 7 avril les navires ne pouvant pas descendre le fleuve gelé la malle partait par Albany et New-York.

24 mars 1785

Une curieuse pétition a été publiée le 28 avril; les noms des signataires a été retranscit tel qu’il pouvait être compris de leur propre écriture. C’est un document inhabituel sur 2 colonnes du journal.

28 avril 1785

Un article publié la semaine suivante explique que les habitants se plaignaient de ne pas avoir été payés pour des corvées faites pour l’armée britannique.

5 mai 1785

La controverse s’est poursuivie et une autre pétition a été publiée avec une liste de noms plus claire ne comportant que des noms de canadiens français.

19 mai 1785

Le lieutenant-gouverneur Hamilton a renouvelé les ordonnances; les membres des conseils législatifs de Québec et Montréal ont été nommés.

12 mai 1785

Au moulin de St-Nicolas de la Pointe Lévy à vendre de la fine fleur pour la pâtisserie, de la fleur et de la farine entière en quarts et en sacs.

12 mai 1785

L’annonce mentionne des pièces de sciage, mâts et bois de charpente qui ont été drivés au Foulon et Geo. Scully qui a accomodé la grève pour la réception des bois de charpente, merrains et autres.

L’arrivée de milliers de loyalistes venant des États-Unis a soudainement transformé l’économie et le commerce au Québec. Richard Child avait 40.000 louis sterling à prêter.

19 mai 1785

Les loyalistes n’étaient pas tous riches, la plupart étaient des fermiers qui recherchaient des terres et le gouvernement leur proposait d’aller coloniser la Gaspésie et la Baie des Chaleurs.

19 mai 1785

Soeur St-Ambroise, demoiselle Amable Diel de son nom de jeune fille, s’était enfuie de l’école pour les jeunes fille de la Prairie de la Magdelaine dont elle avait la charge en laissant des dettes. Il y avait donc déjà une école pour les filles à cette date.

2 juin 1785

Les voyers et sous-voyers devaient diriger les travaux de construction et de réparation des chemins en répartissant les corvées: à Montréal le chemin de la Côte St-Luc et de la rue La Gauchetière par exemple.

9 juin 1785

Epoussé un nègre nommé Cuff âgé d’environ 38 ans, 6 piastres de récompense offerte par Elizabeth McNeill pour sa capture.

9 juin 1785

Les marchands canadiens de Québec ont adressé leurs remerciements au lieutenant-gouverneur pour les facilités qu’il accordait à ceux qui faisaient le commerce et la pêche au bas du fleuve. La rue des Carrières à Québec se trouvait près du traversier actuel.

16 juin 1785

Le même jour les marchands de Montréal, anciens et nouveaux sujets de sa Majesté, l’ont remercié en anglais seulement pour avoir facilité le commerce dans le pays indien, pour avoir accordé la liberté de transporter leurs marchandises sur les grands lacs en bateaux, etc.

16 juin 1785

Une troisième adresse en anglais a été publiée par les marchands de Québec pour le remercier de faciliter le commerce dans le pays indien et sur les lacs.

16 juin 1785

Réglements de police concernant le marché de Montréal qui est devenu trop petit; pour les charretiers; pour le passage des rivières; réglements généraux.

16 juin 1785

Des récompenses étaient offertes pour la capture d’esclaves et d’engagés en fuite ou pour des déserteurs. Des prisonniers s’enfuiaient aussi régulièrement de prison mais en juin ils étaient particulièrement nombreux: Louis Mondeau alias Antoine Lavallée canadien, 4 allemands et 2 anglais.

30 juin 1785

Les annonces sont de plus en plus nombreuses et variées; le journal comportait souvent un supplément de 2 pages en plus des 4 pages du format ordinnaire. Les droits de quints, lods et ventes désignent un ensemble de droits seigneuriaux et royaux prélevés lors de la vente de terres censives qui n’avaient pas été payés à la Couronne depuis 1759.

28 juillet 1785

Pour faciliter le commerce le Grand Voyer ordonnait la construction de chemins en publiant des avis pour chaque district: Nicolet, Rivière du Loup, Trois-Rivières, L’Assomption, etc.

4 août 1785

À vendre la Seigneurie de Chambly; s’adresser à Jean Baptiste Boucher de Niverville.

4 août 1785

À vendre le Fief de St-Vilmé dans la Seigneurie de la Pointe de Levy côte de Lauzon avec un moulin à scie; s’adresser au sieur Meurs.

22 septembre 1785

La vente de la Seigneurie de Mont Louis en Gaspésie a d’abord été annoncée en anglais par son propriétaire Robert Hunter de Londres; elle a été annoncée en français la semaine suivante.

22 septembre 1785

Les bateaux en partance étaient annoncés dans le journal pour trouver des passagers et du fret à transporter.

20 octobre 1785

À vendre des poels de carron simples dont les portes sont d’une nouvelle construction et très fortes… On retrouve encore des annonces de poêles à bois antiques Caron sur internet!

20 octobre 1785

En octobre des phénomènes méteorologiques inhabituels ont été signalés è Québec puis à Montréal. Le ciel s’était obscurci et la pluie était mêlée à une suie noire. Les historiens ont documenté une éruption volcanique très importante entre 1783 et 1785: l’éruption du Laki, en 1783 au sud de l’Islande, a provoqué un bouleversement climatique tel qu’il a jeté les prémices de la révolte du peuple français en 1789. Les hivers ont été très froids et les récoltes catastrophiques.

20 octobre 1785
27 octobre 1785

Henry Hope a été nommé lieutenant-gouverneur et commandant en chef de la Province de Québec en l’absence de Frederic Haldimand à la place de Henry Hamilton qui est reparti en Angleterre.

3 novembre 1785

Comme à Versailles le lieutenant-gouverneur donnait un lever au Chateau St-Louis.

3 novembre 1785

L’armée publiait des appels d’offre pour la fourniture de bois de chauffage pour ses casernes à Québec, Montréal, St-Jean, L’Isle aux Noix et Chambly.

15 décembre 1785

À vendre un beau verger contenant 8 arpents en superficie dans lequel il y a environ 400 pommiers, des cerisiers, pruniers de Damas et un carré d’asperges sur le chemin Côte des Neiges à Montréal; s’adresser à Mr. Lemoine.

15 décembre 1785

Le beurre d’Irlande était importé comme un produit de qualité supérieure et il était nommé irish rose butter en anglais.

22 septembre 1785
15 décembre 1785

L’édition du jeudi 29 décembre 1785 de la Gazette de Québec portait le numéro 1062.

La suite: De la Province de Québec au Bas Canada (1786-1793)

Carte du Québec

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