Après la Conquête la Nouvelle-France était devenue la Province de Québec. Contrairement au 13 colonies américaines la population ne participait pas à son administration en nommant un Parlement représentatif. Entre 1766 et 1775 la tension entre la métropole et ses colonies est devenue de plus en plus vive mais le Québec est resté fidèle à son conquérant. À la fin de l’année 1774 la révolution américaine commençait alors que l’Acte de Québec venait modifier et assouplir les règles de l’administration coloniale.
La Gazette de Québec était publiée une fois par semaine, le jeudi en général, sur 4 pages avec parfois un supplément si nécessaire. Les 2 premières pages rapportaient les nouvelles d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs; les 2 dernières pages contenaient des avis légaux et des annonces commerciales. Sa publication avait été interrompue en novembre 1765 et n’a repris que le 29 mai 1766.
Après la conquête, la Gazette de Québec (1764-1765)
1766
Pendant plusieurs années après la Conquête la monnaie de papier du Canada émise par le gouvernement français a donné lieu à de vives tensions. Le gouvernement du Roi Lois XV avait émis de la monnaie de papier pour plusieurs millions pour financer la colonie puis la guerre. Après la défaite il s’était engagé à rembourser ses dettes mais il ne l’a fait que très partiellement et après de longues procédures compliquées. Les canadiens ont perdu beaucoup d’argent, les marchands n’avaient plus de crédit. La situation économique était désastreuse et le gouverneur a fait son possible pour atténuer la crise.
1.200.000 livres de papier du Canada avaient déjà été examinés à Paris, ce papier ne valait plus grand chose. Une convention a été conclue entre la Grande-Bretagne et la France pour liquider le papier de Canada. Les lettres de change ont été dévaluées de 50%, les ordonnances, cartes et le restant des certificats de 75% en échange de contrats de rente.
Le roi actuel de Grande-Bretagne et du Canada s’appelle Charle III mais en 1766 il y avait un Charles Stuart catholique prétendant au trône de la Grande-Bretagne du même nom vivant en exil. Il était connu comme Bonnie Prince Charlie.
Des annonces pour retrouver des déserteurs, soldats et matelots, étaient régulièrement publiées; la récompense pour leur capture était de 4 piastres: Daniel Flanegan 20 ans, Roger Singleton 26 ans et Jean Reed 19 ans.
La récompense pour John Killey apprenti marin et le canot du navire qu’il avait empunté n’était que de 3 piastres. Des avis étaient aussi publiés pour retrouver des domestiques, des engagés et des esclaves en fuite.
La publication de la Gazette de Québec avait repris le 29 mai à la suite de l’arrivée des bateaux au printemps annonçant que l’Acte des Timbres avait été révoqué; cet acte impopulaire imposait une taxe aux journaux et aux actes administratifs. Cette dépêche de New-York rapporte qu’on fit sonner les cloches des églises et que les Véritables Enfans de la Liberté avaient manifesté le lendemain de l’arrivée de cette nouvelle.
Henry Taylor apoticaire à la Basse Ville de Québec avait reçu de Londres des marchandises diverses: un assortiment de drogues et d’instruments de chirurgie mais aussi des raisins, des prunes, des figues, des amandes, des anchois, des capres, des noix, des olives, etc. La liste est longue et très hétéroclite.
Le Gouverneur James Murray a été rappelé en Angleterre, les marchands britanniques de la colonie s’étaient plaints qu’il favorisait les canadiens catholiques plutôt que de favoriser les sujets britanniques de sa Majesté. Le vicaire Général Joseph-François Perrault a publié une adresse de reconnaissance au nom du clergé et du peuple catholique, d’autres adresses ont été publiées en reconnaissance de sa bienveillance envers la population canadienne.
Le gouverneur est parti le 23 juin à bord du Petit Guillaume (Little William) commandé par John Grant.
En attendant l’arrivée de son remplaçant Guy Carleton l’Honorable Paulus Aemilius Irving membre du Conseil de Québec a assuré l’interim du gouvernement de la Province.
Des acadiens s’étaient installés à Miquelon et le gouverneur de Terre-Neuve l’amiral Palliser les en a chassés. Ceux d’entre ces Acadiens qui voudront prêter les serments à sa Majesté auront la permission de se retirer avec leurs effets à St. Jean.
À vendre – La Seigneurie La Grande Riviere, à deux lieues de Gaspé, située dans la Baie des Chaleurs… Le journal publiait de nombreuses annonces de terres et de maisons à vendre ou saisies dans des poursuites judiciaires.
Avertissement du receveur-général Thomas Mills à tous les receveurs de la Province de rendre compte des sommes perçues pour les droits de quint, lots et ventes et arrérages de cens dûs au domaine de sa Majesté. L’avis concerne aussi les censitaires qui n’ont pas payé ces droits sous peine de poursuite en déguerpissement. L’administration civile de la Province s’organisait peu à peu en s’adaptant aux lois et coutumes héritées du régime français.
Hugues Palliser gouverneur de Terre-Neuve et de la côte du Labrador a réglementé la pêche commerciale qui était très convoitée. Il y avait la pêche à la morue mais aussi la pêche à la baleine qui occasionnaient des disputes entre les pêcheurs du Québec et ceux des autres colonies anglaises sans compter les français qui avaient conservé des droits sur la pêche sur les bancs de Terre-Neuve.
Le notaire royal Jean Claude Panet était arrivé au Québec en 1740 et après la Conquête le gouverneur Murray l’avait nommé greffier en chef du tribunal de dernière instance puis avait confirmé son titre de notaire sans exiger le serment du test; il a fidèlement servi le nouveau gouvernement par la suite. À vendre une terre dans la Seigneurie de Sillery avec ses dépendances et un emplacement rue de Buade dans la Haute Ville de Québec.
De nombreuses annonces de personnes désireuses de quitter la Province étaient publiées; elles cherchaient à vendre leurs biens ou recouvrer des sommes dûes avant de partir. Le nom de Jean Fontanne Delille se retrouve sur un site de généalogie des Antilles vers la même date, c’était sans doute sa destination.
À une Cour d’Assise pour ouir et terminer, et pour délivrer les prisons de cette Province: Joseph Butterfield soldat accusé d’avoir tué Raoul Jury a été brûlé à la main. Jean May pour avoir volé une paire de culottes et des bas a été fessé à la queue d’une charette. Aimé Parent fut innocenté d’avoir tué son beau-frère par accident, Jean Roux dit Provencal acquitté de parjure. Louis Bruseau pour vol a été fessé à la queue d’une charette. Jean May a été fessé par Louis Bruseau et Louis Bruseau par Jean May. Le corps des grands jurés ont déclaré que les bouchers de la place du marché de la Haute Ville de Québec étaient une nuisance publique car ils jetaient les entrailles et les tripailles dans les rues; les cochons en liberté dans les rues en étaient une autre.
Dans la biographie du gouverneur par interim Paulus Aemilius Irving on lit: George Allsopp et d’autres marchands s’étaient obstinés à considérer les postes du roi, terres réservées à la couronne, comme ouverts au commerce libre, en dépit d’un monopole accordé par Murray à un certain nombre de commerçants, et avaient élevé des bâtiments près de la ville actuelle de Chicoutimi. Le 8 août (1766), on ordonna d’enlever ces constructions. Cette annonce précise que le Domaine du Roi qui était un grand territoire nommé royaume du Saguenay avait été affermé à Thomas Dunn et John Gray.
Samuel Morin vendait à l’encan des marchandises sèches nouvellement arrivées, indiennes, chaudières de cuivre pour les sauvages, ra??ade à sauvages bien assorties, bombes à thé de cuivre rouge, moulins à café, etc. Chaque arrivage de marchandises par les bateaux était détaillé dans des annonces pour être vendu dans les magasins ou à l’encan dans le port.
Noble messire Pierre Ducalvet, juge de paix du district de Montréal annonçait qu’il partirait de la Province en octobre. S’il y a quelque personne qui aye quelque chose à lui demandée, n’ont qu’à s’adresser à lui même…
L’imprimerie du journal avait fait faire un pictogramme spécial pour annoncer les esclaves en fuite. Ici une negro girl de 24 ans environ marquée par la petite vérole et appartenant à I. Werden était recherchée; une récompense de 1 pistole était offerte pour sa capture. Ces annonces sont souvent publiées en anglais seulement et la plupart de ces esclaves appartenaient à des marchands anglais.
Monsieur Levrard a mis sa Seigneurie de St. Pierre les Bequets en vente avec un moulin à eau à farine, au moins trois cent milliers de bois de pin; il y avait une grande quantité de pins rouges propres à faire des mâts.
Les réfugiés acadiens arrivaient de Nouvelle-Angleterre et le Conseil de Québec a demandé aux seigneurs de leur accorder des concessions pour les établir sur leurs terres non concédées.
Guy Carleton nommé lieutenant- gouverneur de la Province de Québec et Brigadier-Général des Armées du Roi est arrivé à Montréal le 12 septembre en route pour se rendre à Québec.
Le 24 septembre le lieutenant-gouverneur a publié sa première Proclamation après avoir reçu les adresses des corps constitués de la ville. Tous les officiers étaient requis de continuer dans leurs différents emplois jusqu’à nouvel ordre.
Je ne pouvais pas relever toutes les terres saisies ou mises en vente, j’ai noté les transactions concernant les seigneuries en priorité. La Seigneurie de Salle a été mise en vente à l’encan à la suite d’une saisie contre son propriétaire René Cartier.
Partie de la Seigneurie de Verchères à vendre tenant au fleuve St-Laurent et à la seigneurie de Cornoyer en arrière.
À vendre le Fief de La Marangoninière dans la paroisse de St-Henri (de Bellechasse?) à 6 milles de Québec par A. P. St-André.
Un nègre nommé Brouce appartenant au lieutenant-colonel Christie s’est époussé de chez monsieur Grant à Montréal.
Les négociants et habitants de la ville de Montréal ont félicité le nouveau lieutenant-gouverneur en rédigeant une adresse de bienvenue: Dumas, Sanguinet, F. Denis Desrivières, Cheneville, Augé, Michel Augé, M. Curot, J B Perinault, Labaux, Fortier, Pillet, J Gu. Pillet, chi Catalogue, Pre. Panet, A D Hemau, Soumbruin, McArard, B Campau, Pre. Meziere avocat, P. Pillet, Chaboillez, Jobert, Pouvret, Ch. Sanguinet, Jaques Hervieux, Pothier, Magnan, Hervieux, P Hervieux, Sr. George Dupré, Jean Crillat, Guy, L’huilier Chenalie. L’imprimeur anglophone a peut-être mal compris certains de ces noms presque tous francophones.
Le révérend Monsieur Veyssière a quitté l’ordre des Récollets et s’est déclaré protestant. Il a fait les serments au roi George et souscrit à la déclaration ordinaire contre les dogmes du Papisme. Dans sa biographie on lit: Il scandalisa l’Église catholique en passant au protestantisme… L’espoir de Veyssière de devenir ministre à Québec fut contrarié, cependant, par le révérend John Brooke, aumônier de l’endroit, qui refusa de recevoir son abjuration. Brooke agissait ainsi sous les pressions du lieutenant-gouverneur Guy Carleton, qui craignait de provoquer davantage l’Église catholique. Après un séjour en Angleterre il est revenu au Québec et a été nommé ministre protestant à Trois-Rivières.
Extrait de la liste des baillis et sous-baillis dans la région de Lanaudière actuelle; ils étaient élus chaque année:
Guy Carleton a décrété une amnistie pour tous les déserteurs qui se livreraient avant la fin de l’année; ils causaient beaucoup de désordres, vols et crimes divers.
Une récompense de 5 livres était offerte pour rattraper des prisonniers qui s’étaient échappés de la prison de Québec.
De la Nouvelle York on apprenait que la ligne de séparation avec le Province de Québec avait été fixée au milieu du lac Champlain mais plusieurs seigneuries avaient été concédées par le roi de France au sud de cette ligne. De Québec que 6 personnes considérables de Montréal tant anglais que français allaient être jugée pour l’assassinat de Thomas Walker (il n’avait été que blessé) en 1764. Cette cause qui avait été une des raisons du rappel du gouverneur James Murray va encore donner lieu à plusieurs procès.
Les annonces commerciales étaient variées, fourniture de bois de chauffage pour les casernes ou vente d’une servante sous contrat.
Aussi à vendre, du tabac en gros ou au détail, des livres de compte pour l’usage des commerçants. La plupart des annonces étaient publiées dans les deux langues mais pas toutes; celles en français seulement sont plus rares.
La révolution américaine était encore loin mais elle couvait déjà. Le journal du 1er décembre reproduisait le témoignage de Benjamin Franklin au Parlement de Londres pour la révocation de l’Acte des Timbres sur plusieurs pages; il se poursuivait dans 5 autres publications, preuve de son importance.

À vendre la moitié de la Seigneurie de l’Isle d’Orleans avec 2 bons moulins à grain; s’adresser à M. Murray qui y demeure.
Jean Le Roi qui avait ouvert un café dans la Basse ville de Québec s’appelait John King en anglais, la traduction littérale faite par les imprimeurs du journal est souvent surprenante.
En 1763 le territoire réservé aux amérindiens avait été délimité mais ces limites n’étaient pas respectées et le lieutenant-gouverneur Guy Carleton a publié une proclamation pour avertir les coupables qu’ils seraient poursuivis.
Cette poursuite des frères Jean et Paul Alexandre Daillebout porte à confusion car elle mentionne la Seigneurie de Daillebout. Celle-ci est située dans Lanaudière (Ste-Mélanie) et elle ne leur appartenait plus en 1766, elle avait été vendue en 1756. Il s’agit en fait de la Seigneurie d’Argenteuil située sur la rivière Outaouais où 2 moulins à scie et une maison construits par Pierre Gosselin ont été saisis par les seigneurs.
Jean Jenison négociant propriétaire de la Seigneurie de St-François avait une quantité de terres à concéder.
1767
Le journal publiait souvent des poèmes en anglais (Poets corner) mais peu en français. Celui-ci a été publié dans les 2 langues.
Pierre La Chaume boulanger de Québec a été accusé de monopole de farine car il avait acheté de la farine en grande quantité aux agriculteurs pour la revendre aux autres boulangers. Il a publié une justification avant la fin de son procès.
Les importations venaient des autres possessions de la Grande-Bretagne qui contrôlait le commerce de ses colonies: du beurre d’Irlande à la rose, du rhum de Nouvelle-Angleterre, de l’esprit de la Jamaique, (…), du vin de Madère, de la mélasse, du savon de Castille, du chocolat, de la chandelle de blanc de baleine.
Les engagements pour la traite des fourrures étaient nombreux et bien documentés mais on néglige souvent les engagements pour la pêche commerciale à Terre-Neuve, au Labrador, à Gaspé et dans la Baie des Chaleurs.
Le service de la poste était déjà bien organisé; les maisons de poste fournissaient des chevaux et des voitures aux voyageurs: Charles Lortie à Québec pour aller vers Montréal, Louis Rainville à Laprairie pour aller vers la Pointe à la Chevelure (Crown Point au lac Champlain) et Albanie (Albany).
Quatre piastres de récompense pour rattraper Michel Henry soldat congédié devenu domestique engagé de Edouard Manwaring.
Les avis de recherche de serviteurs étaient nombreux mais ceux pour des esclaves en fuite l’étaient presque autant. Huit piastres pour retrouver un nègre mulâtre de 23 ans nommé André né en Maryland.
Les annonces d’esclaves à vendre étaient plus rares: un jeune noir en santé d’à peu près 15 ans pour s’occuper d’un gentilhomme.
John Wright était collecteur de graines pour une société en Écosse qui importait des plantes américaines inconnues en Europe.
Le journal publiait une section donnant des nouvelles de la Province de Québec. On y trouvait des faits divers, vols, meurtres, accidents, etc. Les noyades dans le fleuve étaient très fréquentes, il faut croire que peu de gens savaient nager. Dans cet article on lit qu’une course de chevaux a été tenue sur les Plaines d’Abraham; le navire le Petit Guillaume s’était échoué sur l’île d’Orléans, son épave et sa cargaison allaient être vendues à l’encan. Thomas McDonald s’était noyé et le coroner a fait enquête.
Pierre Labadie tonnelier vendait du charbon provenant des mines du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse sans doute.
Jacques Stewart donne les indications pour entreposer les cendres qu’il promet d’acheter pour faire de la potasse; il achetait aussi la cendre des fougères.
Le prix du pain était réglementé car c’était l’aliment de base. Il y avait 2 prix publiés régulièrement pour le pain blanc et le pain brun et 2 qualités de farine, la fine fleur et la fleur commune.
Les biens du gouverneur James Murray ont été mis en vente après son départ de la colonie: ses meubles de ménage, ses nègres esclaves de différents sexes, ses chevaux de chasse, de selle, ses boeufs, vaches et moutons. Sa terre de Sans bruit a été louée par Adam Mabane et Hertel de Rouville.
Les demoiselles Joseph et Geneviève Dusablé restées au Québec pour gérer leurs intérêts de famille ont mis en vente la Seigneurie Dusablé et un emplacement à Montréal.
Elle ont aussi intenté une poursuite contre François le Maître Dueme pour saisir une partie de la Seigneurie de l’isle Dupas et le fief Chicot.
James Stewart avait construit un emplacement pour fabriquer la potasse près du Cap au Diamant et il annonce comment préparer les cendres. Il projetait d’établir une autre manufacture à Montréal.
Les 13 colonies d’Amérique du Nord Britannique avaient des chambres des représentants et celle de New-York avait désobéi aux ordres venus de Grande-Bretagne en refusant de voter les crédits nécessaires pour l’entretien des troupes cantonnées.
Mr. Chartier de Lotbinière a mis ses biens en vente au plus offrant avant son départ pour Londres. La liste est longue: la Seigneurie de Beauharnais, la Seigneurie de Lotbinière, la Seigneurie d’Alainville, la Seigneurie de Hocquart, une maison à Québec, des rentes, constituts et arrérages de rentes. Il y avait aussi les Seigneuries de Vaudreuil et Rigaud (Nouvelle Beauce) à affermer, payable à Londres. Il a aussi intenté plusieurs poursuites avant de partir.
Extrait de la liste des baillis et sous-baillis élus en 1767 dans une parite de la région de Lanaudière actuelle:
Du fer en barre et des socs de charues produits des Forges du St-Maurice à vendre chez Alexandre Dumas à Québec, Dumas St-Martin à Montréal et Christophe Pelissier à Trois-Rivières.
Arrest du Conseil d’État du Roi : qui autorise le sieur de la Rochette préposé à la liquidation des papiers du Canada: à payer aux particuliers dénommés dans l’état annexé à la minute du présent arrêt les sommes pour lesquelles chacun d’eux y est compris et ce en reconnaissances garnies de trois coupons d’intérêt seulement : du 14 octobre 1767: extrait des Registres du Conseil d’État.
Les incendies faisaient des ravages dans les villes alors que la plupart des toits étaient construits en bardeaux de cèdre. Les habitants de Québec avaient acheté par souscription 2 pompes en 1765 mais il n’y avait pas encore de réglement.
James Hanna avait reçu des marchandises diverses de Londres par le brigantin Betty: Tout marchand peut trouver une quantité de différens ouvrages pour les Sauvages, toute préparée. En anglais l’annonce propose a variety of indian-work ready made.
Les pommes de Montréal étaient renommées et le cidre de Montréal était vendu à Québec.
1768
Le lieutenant-gouverneur Carleton n’avait pas encore publié beaucoup d’ordonnances, celle-ci était pour prévenir les incendies selon la recommandation qui lui avait été faite dans le journal.
Celle-ci réglementait le poids du pain. Une autre ordonnance publiée le même jour réglementait le cours des monnaies pour que toutes les transactions soient dorénavant faites en utilisant la monnaie ayant cours dans la Province et nulle autre.
Jean Roy ayant loué la ferme de Sans-Bruit ayant appartenu au général Murray prenait des vaches en pension pour l’été pour les engraisser. Il les prenait en ville à 6 heures du matin et les ramenait vers 5 ou 6 heures. Il avait aussi des enclos pour les chevaux.
Saisie de l’île Ste-Thérèse située vis à vis de la Pointe aux Trembles appartenant à Louis Hector Piot de Langloiserie décédé.
Dans la nuit du 11 au 12 avril de 88 maisons de Montréal ont brûlé, la liste des propriétaires par rue a été publiée. Cet incendie s’est produit dans la partie est de la ville, dans le quartier entre les prisons et l’hôtel de Vaudreuil (place Jacques Cartier). En 1765 un incendie avait détruit 108 maisons dans la partie ouest de la ville.
Le bois du domaine du Roi et des terres non concédées était exploité illégalement; le lieutenant-gouverneur rappelait que ce bois et particulièrement celui servant à la construction des navires appartenait à la Couronne et que les délinquants seraient poursuivis.
À vendre à Montréal les murs d’une maison incendiée rue St-Paul, les murailles d’une maison rue St-Jacques, une terre appelée Bourgogne au nord du domaine St-Gabriel jusqu’à la montagne St-Antoine.
Ordonnance pour commettre des Pilotes, et etablir certains Reglemens à suivre par les Maîtres ou Capitaines de Batimens et Vaisseaux qui monteront le fleuve S. Laurent pour venir dans la Ville et Port de Québec, ou qui le descenderont.
Vente par le notaire Pierre Panet des rentes seigneuriales de l’île Dufort située sur le fleuve St-Laurent devant Boucherville, le droit de fief de la Seigneurie du Tremblay et 3 constituts de rentes.
La révolte des amérindiens menés par Pontiac avait pris fin en 1766 par une impasse militaire. Une conférence de paix a eu lieu au printemps 1768 réunissant 1.000 guerriers accompagnés de 3.000 femmes et enfants des nations Senecas, Shawaneses, Delawares, Munsies, Mohickons et Wiondots. Ils ont obtenu justice contre ceux qui occupaient leurs terres illégalement et contre Frederick Stump et John Ironcutter qui avaient assassiné 3 femmes et 3 enfants.
Un mulattre nommé Will appartenant à Eléazar Levy s’était enfui. Il est tres connû en Canada, il parle François, Anglois et Espagnols. 4 piastres de récompense à qui le remettra chez son maître.
Les habitants de Boston avaient résolu de ne plus importer de biens de luxe d’Angleterre pour protester contre leurs prix qu’il jugeaient excessifs à cause du monopole et des taxes imposés par la métropole. La chambre des représentants du Massachusetts était accusée de pousser les autres colonies à la rébellion.
Les naufrages de navires étaient fréquents dans le golfe du St-Laurent et les naufrageurs s’emparaient des marchandises à la dérive alors que c’était strictement défendu.
Monsieur de Verchères se proposait de vendre la Seigneurie de Verchères et demandait que ceux qui détenaient des hypothèques viennent les présenter pour les arranger.
À vendre une quantité de baleines coupées à la longueur d’environ 10 à 11 pieds.
Le commerce des fourrures à Michillimackinac était languissant à cause de la concurrence des français et des espagnols venant de la Nouvelle-Orléans. Les tensions avec les amérindiens étaient encore vives, plusieurs anglais et un canadien avaient été tués et deux otages de la nation Suak avaient été pris pour trouver les coupables.
Le Sieur Deschenaux propriétaire de la Seigneurie de la Pointe aux Trembles avisait que la pêche au saumon sur la rivière Jacques Cartier lui appartenait et qu’il poursuivrait ceux qui ne respecteraient pas sa propriété.
Mr. Latham chirurgien pratiquait l’inoculation contre la petite vérole. Il avait inoculé quelques soldats et fait provision de matière contagieuse; il inoculait gratuitement les pauvres. Il était aussi accoucheur.
Fran. Mackay inspecteur général des forêts en Canada avisait que la marine de sa Majesté achetait des mâts de pin blanc.
Le lieutenant-gouverneur avisait qu’il ne signerait plus de permis de traite des fourrures en blanc. Les demandeurs devaient fournir un compte détaillé de leurs canots, des canoteurs et des marchandises de traite et déposer une caution.
George Allsopp, Joseph Howard et Edward Chinn avaient construits des postes de traite dans le Domaine du Roi au lac St-Jean en désobéissant aux ordonnances; malgré leur pétition adressée au Roi ils ont dû démolir leurs installations et cesser leur commerce.
Un nègre nommé Dick âgé d’environ 40 ans s’était échappé de chez Mr. Grant; 5 livres de récompense à qui l’arrêtera.
À vendre une jeune négresse de bon tempérament et fort adroite âgée d’environ 11 ans; elle parle français et anglais.
Guy Carleton a été nommé gouverneur en chef de la Province et Québec et il a confirmé toutes les nomminations des officiers jusqu’à nouvel ordre.
François Mackay était inspecteur des bois de sa Majesté jusqu’à la Pointe à la Chevelure et Niagara et il interdisait de couper les pins blancs et rouges, les cyprès et chênes blancs sur les terres concédées hors des limites de la Province sur le lac Champlain.
Le divorce n’était pas autorisé au Québec mais les chicanes conjugales étaient fréquentes, des maris publiaient des annonces pour que tout le monde sache qu’ils ne paieraient pas les dettes de leur femme (ou vice-versa), d’autres les recherchaient après qu’elles se soient enfui du domicile conjugal. Honoré Dubois de la Miltière avait été adopté par les Sauvages il était très populaire parmi eux; il épousa, à Montréal, le 19 septembre 1757, Gabrielle de Joncaire selon sa biographie. En 1768 il avisait les lecteurs qu’il n’entendait autoriser sa femme dans aucune affaire et qu’il ne payerait aucune dette qu’elle pourrait contracter.
1769
3.200 sauvages des nations Mohawks, Oneidas, Onondagoes, Sénecas, Cayugas, Tuscaroras, Coghnowagas, Onoghguagos, Tuteloés, Shawanese, Delawares, Mingoes de l’Ohio, Nanticokes, Conoys, Chughnuts, Schoras, et Oriscas se sont rendu chez le chevalier William Johnson au fort Stanwix. Ils ont accordé une vaste étendue de pays à sa Majesté et aux propriétaires de la Pennsylvanie contre un présent considérable en or et argent.
La frontière entre la Province de Québec et celle de New-York avait été fixée au 45ème degré de latitude nord mais des terres avaient été concédées en seigneurie au sud de cette ligne ce qui posait des problèmes de propriété car les lois n’étaient pas les mêmes. Des concessions en franc et commun soccage devaient être données à ces propriétaires en compensation.
Une loterie privée avait été organisée et le premier lot était une maison sur la rue Champlain à Québec; le second lot était un emplacement situé en face avec droit de miner jusqu’à la cime du cap et le troisième un beau cheval.
Lettres patentes du roi, sur la liquidation des papiers du Canada, données à Versailles le 12 mars 1769. Les comptes de chaque année entre 1753 et 1760 sont détaillés.
Année 1756: Les papiers repréfentés fur cet exercice, montent à la fomme de deux millions cent vingt-fept mille fix cents quatre-vingt-deux livres trois fous ; fçavoir, en monnoie de cartes, neuf cens foixante-un mille fept cents quarantefix livres quinze fous, & en Lettres de change un million cent foixante-cinq mille neuf cens trente-cinq livres huit fous, laquelle premiere fomme a été liquidée pour celle d ’un million quatre vingts mille deux cens treize livres fix fous neuf deniers: partant , la rédudion monte à la fomme d ’un million quarante-fept mille quatre cents foixante-huit livres feize lous trois deniers…
À vendre la Seigneurie nommée la Pointe à l’Orignac située au-dessus de celle de Vaudreuil appartenant à Mr. de Lotbinière; s’adresser à Mr. le baron de Longueuil, seigneur de Soulanges à qui elle appartient(?). Cette seigneurie fut la première seigneurie concédée en territoire ontarien. D’abord nommée la seigneurie de la « Point-à-L’Orignac » elle fut exploitée seulement lorsque Joseph Le Moyne de Longueuil, seigneur depuis 1778, concéda des terres à des colons au cours des années 1784 à 1790.
François Duaime de Machiche (Yamachiche) a vendu à Jean Jenison une demie-lieue de seigneurie de front sur la rivière Chambly.
Miles Prenties tavernier de Québec vendait a Negro Woman, aged 25 Years, with a Mulatto Male Child 9 month old… Likewise a Negro Man aged 23 Years. La femme avait été la propriété du général Murray.
Le chemin entre Montréal et Albany avait été amélioré par la construction de ponts; un paquet-bot entre St-Jean et Skenesborough (Whitehall aujourd’hui) traversait le lac Champlain.
Les Religieuses de l’Hopital Général, Dames er propriétaires du comté des isles et islets d’Orsainville, et de la Seigneurie de Notre Dame des Anges, sis dans la banlieue de Québec, sur la rivière St. Charles, avertissent le Public, de ne plus à l’avenir chasser ni pêcher sans leur leur permission écrite.
Marthe Parran femme de Joseph Hecker marchand pelletier s’était enfuie et avait emporté des papiers tels que des actes et des obligations.
En décembre 1768 Honoré Dubois de la Miltière avait publié une annonce pour annoncer que sa femme s’était enfuie. Gabrielle Joncaire en a publiée une autre pour se plaindre qu’elle avait été enfermée prisonnière depuis 4 mois, que la terre de Repentigny lui appartenait et que son mari n’avait pas le droit d’en disposer.
Dans cette poursuite de Pierre Ducalvet contre Antoine Baudry et Marie Catharine Janot des terres situées sur la rivière de L’Assomption sont mentionnées dont une voisine voisine de celle de madame Joncaire.
Joseph Negrie un jeune homme de 22 ans s’était enfui de chez son maître Pierre du Calvet.
Le Sieur De Longueuil, Seigneur des Isles aux Oyes, aux Grues, au Canot, Ste-Marguerite et la Grosse Isle s’était plaint au gouverneur des chasseurs venant sur ses terres sans permission.
Monsieur De la Naudière a acheté la Seigneurie du Sieur Levrard située vis à vis de Batiscan.
À louer 2 moulins à scier le bois sur la rivière L’Éole(?) qui tombe dans la rivière Richelieu. Le même jour Pierre Daudegau vendait un moulin à farine sur la rivière des Hurons près de Chambly.
Les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal vendront une portion de terre située à la rivière St. Pierre nommée Verdun de 8 arpents par 40 avec l’Isle de l’Aigle qui se joint à l’Isle Ste. Thérese.
Dans l’ouest du pays les conflits entre les colons et les autochtones étaient encore nombreux. Pontiac avait été tué par d’autres indiens aux Illinois dans un festin d’yvresse selon une autre dépêche. Ces dépêches venaient de Fort Chartres, Fort Pitt, Fort Bedford, Fort Ligonier, Fort George, Fort Vincent… Les colons qui voulaient s’installer dans les territoires indiens étaient harcelés ou tués: les blancs d’au-dessus d’Allegany en général se sont enfuis de leurs habitations.
Jean Dubé fils qui s’en allait hiberner à la Côte du Nord avertissait le public de ne faire aucun crédit à sa femme en son absence.
La petite vérole faisait de nombreuses victimes mais les autorités catholiques avaient approuvé l’inoculation et il y avait espoir d’amélioration. Les descriptions physiques des personnes recherchées, esclaves, déserteurs ou domestiques, mentionnaient presque toujours des visages marqués par la petite vérole.
Au contraire l’annonce pour rattraper la négresse Susanne âgée d’environ 27 ans mentionne son visage uni comme signe distinctif. Une récompense de 10 piastres était offerte par messieurs Dobie et Frobisher de Montréal.
La Seigneurie de Lotbinière appartenant à Charles Chartier de Lotbinière a été saisie dans une poursuite de Henri Guinand. Il y avait un domaine seigneurial avec une maison en bois, un moulin à blé et un autre à scier avec plus de 100 vassaux établis.
Mr. Chartier de Lotbinière était aussi propriétaire de la Seigneurie de Villechauve ou Beauharnois et de la Seigneurie de Vaudreuil ainsi que de l’hotel de Vaudreuil rue St-Paul à Montréal qui ont aussi été saisis.
1770
Le commerce vers Michilimakinak depuis le lac Ontario sur les grands lacs se faisait par un service de vaisseaux organisés.
La petite vérole s’était déclarée à L’Assomption chez les acadiens réfugiés, 3 sur 4 étaient atteints. Le curé Degeay qui les accueillait leur avait donné la permission de se faire inoculer par le chirurgien Mr. Latham; 120 avaient déjà été inoculés.
Le chemin du Roi pour aller et venir à Beauport et Charlebourg par le bac de la rivière St-Charles devait être modifié et monter en droiture jusqu’au chemin de l’Hopital Géméral.
À vendre car son propriétaire n’a pas d’emploi pour lui a likely negro fellow d’environ 23 ou 24 ans sachant cuisiner, servir à table et tenir une maison; il parle anglais et français.
Pierre Du Calvet avait fait couvrir sa maison en briques avec un ciment composé et vernis dessus pour la protéger des incendies trop fréquents en ville. La dépense n’excédait pas le double d’une couverture en bardeaux. Il propsait d’enseigner comment bâtir la charpente pour soutenir une telle couverture et d’assurer les maisons ainsi construites au taux de un et demi pour cent.
Vu l’absence prolongée du gouverneur en titre Guy Carleton le commandement de la Province a été confié à Hector Theophile Cramahé président du Conseil de sa Majesté; c’était un huguenot d’une famille française né à Dublin.
La Gazette de Québec rapportait réguièrement les nouvelles des colonies américaines qui contestaient les politiques de la métropole qui leur imposait des taxes sans les consulter. Le 5 mars 1770 à Boston les soldats britanniques avaient tiré sur la foule. Cinq personnes ont trouvé la mort dans le massacre et deux autres suite à leurs blessures.
La Compagnie de l’Union de la ville de Montréal semble être une compagnie d’assurances. Elle offrait une récompense de 200 piastres à ceux qui dénonceraient les incendiaires qui terrorisaient la ville. Le 28 septembre la Chambre du Conseil a aussi offert une récompense de 200 piastres d’Espagne pour l’arrestation des incendiaires.
James Stewart faiseur de potasse s’était associé à plusieurs marchands dans des fabriques: Macaulay, Aitkin & Stewart à Montréal et Terrebonne; Allsopp, Welles, Jacobs & Stewart à Québec; Price, Stewart & Price à Québec(?).
Les lecteurs de la Gazette de Québec n’étaient sans doute pas très nombreux mais ils étaient informés des écrits des philosophes en France et en Amérique. Plusieurs textes de Voltaire y ont été publiés et les troubles qui agitaient les colonies américaines étaient rapportés en détail. Cette lettre d’un monsieur de Paris à son ami à Philadelphie parle de Liberté, de Patriotes, de l’intérêt de l’humanité, de Franklin et Dickinson…
Le journal était distribué par le service des postes chez John Thomson à Montréal et Joseph Stansfield à Trois-Rivières.
1771
Les lettres arrivaient au bureau de poste de Québec le mercredi et celles qui n’avaient pas été réclamées étaient distribuées le lendemain par le coureur. Dans les bourgs, à Montréal et Trois-Rivières des maîtres de poste avaient été nommés pour assurer ce service public.
Pendant l’hiver à Montréal les habitants dansaient, fêtaient et se divertissaient. Les 2 sexes entretenaient la plus grande harmonie et la meilleure intelligence. Plus étonnant, les Noires et les Blancs se mêlaient dans les assemblées nocturnes.
Les Juges des Plaidoyers Communs faisaient la tournée des paroisses pour juger les petites causes soumises par les baillis.
Les crimes les plus graves étaient souvent commis par les soldats et les déserteurs. Ici 3 soldats ont été exécutés à la place d’Armes de Québec pour avoir assailli et volé Jacob Rowe le 18 février; la sentence a été appliquée 2 mois après le crime.
Le cheval appellé Sterling couvrira cet été à Québec. à raison de huit piastres d’Espagne par jument.
Le notaire Panet de Montréal vendait à l’encan un terrain sur la Pointe à Callière où se trouvait un hangar à canots de voyageurs et un reste de masure avec un autre emplacement ayant appartenus à Paul Jourdain La Brosse arpenteur.
Il y avait des incendiaires à Québec aussi, le Gouvernement et la Société Favorable (Amiable Society) offraient des récompenses de 100 piastres chaque pour les retrouver. Ces attentats pouvaient avoir de graves conséquences en ravageant des quartiers entiers dans la ville.
Un nègre esclave nommé Pompe (a Sailor Negro Slave named Pompey) acheté dernièrement de M. Perras négociant de Québec s’était enfui, la récompense pour le ramener était de 8 piastres.
À Williamborough sur le lac Champlain François Freeland domestique engagé de 16 ans et Irelande nègre de Guinée âgé d’environ 28 ans se sont enfuis; la récompense était de 6 piastres pour les deux ou 3 piastres chacun. Un autre avis pour retrouver une montre en similor(?) perdue annonçait une récompense de 8 piastres à qui la ramènerait, elle était plus précieuse que ces deux individus.
L’Hôtel de Vaudreuil était à vendre; il se trouvait sur la place Jacques Cartier actuelle à Montréal. Acheté en 1767 par Michel Chartier de Lotbinière il a été vendu en 1773 au collège de Montréal et incendié en 1803 selon son historique.
Les biens de Jean-Baptiste Hertel de Rouville et Françoise Le Gras ont été saisis, des seigneuries situées à Chambly.
Le 26 septembre Hector Theophilus Cramahé a fait publier sa nommination comme lieutenant-gouverneur et commandant en chef de la Province de Québec. Le gouverneur en chef Guy Carleton était parti à Londres pour faire valoir ses idées sur la gouvernance de la Province et il n’est revenu qu’après 4 ans de négociations en 1774 rapportant avec lui l’Acte de Québec.
1772
Simon Joseph Huet était propriétaire d’un fief ou seigneurie près du Cap au Diamant d’un arpent carré; ce n’est pas grand.
Les fiefs et seigneuries de St-Charles, Bonsecours et Bourgmarie et une partie de Bourchemin sur la rivière Yamaska appartenant à George Jackson ont été saisis selon la poursuite intentée par François Henry et Pierre François Thiersant.
À louer à St-Charles, dans la rivière Chambly, pour une ou plusieurs années, la maison seigneuriale… contenant dix appartemens, avec l’hangard, le jardin qui peut contenir quatre mille minots de bled, le parc de neuf arpens de terre en superficie.
Les noms des seigneuries pouvaient changer avec le temps. La Seigneurie appelée David se trouvait au bout de la seigneurie de St-François bordée par la seigneurie de la dame Petit sur la rivière David tributaire de la Yamaska. Elle a aussi été appelée Seigneurie de Deguire ou Rivière-David.

La Seigneurie et fief Hubert se trouvait loin au nord de Québec, en arrière des seigneuries Saint-Gabriel et Saint-Ignace.
Le feu avait pris au Séminaire de Québec dont un cinquième a été détruit. Il a été maîtrisé par la mobilisaion des citoyens, des soldats de la garnison et grâce aux pompes et aux messieurs de la société Amiable de prévention des incendies.
William Grant qui avait construit un moulin à vent pour moudre la farine à St-Roch poursuivait Charlotte Aubert d’Albergati pour une moitié de maison à Québec, un trente-sixième de la Seigneurie Grande Anse ou St-Roch, un tiers de la Seigneurie du Bic et un tiers de la moitié dans la Seigneurie de Beauport. La propriété des seigneuries était morcelée dans les partages d’héritages.
Le lieutenant-gouverneur a fait publier une série d’actes adoptés en Angleterre. Acte pour le transport des boeufs salés, lards, jambons, beurre d’Irlande; acte pour lever un droit sur le thé; acte pour punir les révoltes et les désertions; acte pour le libre transport du riz; acte pour le transport du blé, farine, seigle et blé d’Inde; acte sur la poudre à canon anglaise, pour les manufactures de toile anglaise, pour la liberté d’apporter des sucres, le libre transport des bêtes à cornes d’Irlande, etc.
Dans une poursuite de Jean-Baptiste Hertel de Rouville contre les biens de mademoiselle Louise de Ramezay une seigneurie sise près de Chambly située entre la Seigneurie de Chambly, la rivière Yamaska et les Seigneuries de Rouville et du colonel Christie a été saisie.
1773
Marie Louise Blanchard a été violemment agressée à la porte St-Jean et elle est décédée. Une récompense de 100 piastres était offerte pour trouver les assassins.
Le 12 août Guillaume Evans, Jean Mortimer et plusieurs autres ont subi leur procès pour cette agression mais ils ont tous été relâchés faute de preuves. Le même jour Marie Richard fille canadienne âgée d’environ 14 ans accusée d’avoir volé son maître a été condamnée à 2 mois de prison et à être fouettée ensuite.
La Gazette de Québec avait été fondée en 1764 par William Brown et Thomas Gilmore qui est décédé en février.
Après le décès de Gilmore en 1773, sa veuve, Mary Lilicoe, souhaite demeurer active dans l’association. Mais, à la suite de conflits, elle est finalement dissolue le 28 janvier 1774. Brown agit maintenant à titre de seul propriétaire de l’imprimerie.
Le 2 septembre Mary Gilmore a encore publié un long article pour s’expliquer et régler les comptes de la société en prenant le public à témoin. William Brown a répliqué par une autre longue justification dans la même édition du journal.
La traite des fourrures était encore très périlleuse, 4 canadiens avaient été massacrés sur le lac Ontario par des sauvages.
De Pittsbourg – … les nations en général semblent déterminées à s’opposer à toutes les mesures qui pourraient contribuer à cette proximité de leur territoire, enfin ils ne pourront jamais être réconciliés avec nous et nos manières, étant enseignés dès l’enfance à nous haïr.
John Aitkin et Zachary Macaulay de Québec et William McCarty de Montréal avaient fondé une société pour la fabrique de potasse au faubourg des Récollets à Montréal et ils allaient vendre la maison et emplacement avec tous les ustensiles.
Un buste du roi George III avait été érigé sur la place d’Armes à Montréal et des vers en bouts rimés publiés à cette occasion.
À vendre la Seigneurie de Repentigny appartenant à Jean-Baptiste Normand représenté par M. Petit curé avec plusieurs îles.
L’Honorable Hugh Finlay était membre du Conseil, maître des postes du Québec et inspecteur général des chemins de poste en Amérique du Nord. Il était parti de Québec accompagné de 4 abenaquis et 2 hurons pour ouvrir une nouvelle route vers la baie du Massachusett par les rivières Chaudière et Kennebec sur 426 milles.
Thomas Walker a fait saisir la Seigneurie de l’Isle Perrault et autres isles adjacentes appartenant à Jean-Baptiste Le Duc l’aîné et Françoise Defruisseaux.
Gilles Ignace Joseph Aubert sieur de la Chenaye était lieutenant d’artillerie à Pondichery en Inde et il faisait vendre ses propriétés à Québec sur la rue St-Louis, à Beauport et un tiers et le droit d’aînesse dans le Fief et Seigneurie de Saint-Roch ou Grande Anse qui appartenait à sa mère; le dit tiers représentant la dix-huitième partie du fief.
1774
À louer par bail la traverse de la Chenaye avec le terrain et les bâtiments y appartenant lesquels consistent en une bonne maison, magasin, étable, pigeonnier et autres bâtiments très utiles. De plus un beau jardin et environ douze arpents de terre sur laquelle il y a un moulin à vent toujours plein de blé.
Le Boston tea party du 16 décembre 1773 est souvent évoqué comme le commencement de la révolution américaine. Il avait été rapporté par la Gazette de Québec comme une manifestation de la populace de Boston.
Autour du lac Champlain la milice des green mountain boys qui a contribué à former l’état du Vermont (la montagne verte) résistait aux empiettements des marchands de New-York et du New-Hampshire. Une autre dépêche publiée le 24 février rapporte que la maison du gouverneur de New-York a été incendiée le 13 janvier. La discorde et le mécontentement semblent à présent régner universellement.
La société Brown et Gilmore qui éditait et imprimait la Gazette de Québec a été dissoute en janvier 1774. À la suite du décès de Thomas Gilmore, William Brown est resté seul propriétaire du journal et le numero 473 ne mentionne plus que son nom.
Le papier journal était alors fabriqué avec des guenilles nettes de toile blanche que l’imprimeur payait 40 coppres ou sols pour 25 livres, grasses et fines.
Pierre Du Calvet a acquis la Seigneurie de la rivière David de Joseph Isidore Lussier située au bout de la Seigneurie de St-François, bornée par la rivière St-François et la Seigneurie de la dame Petit avec un moulin à farine sur la rivière David.
Le roi de France Louis XV est décédé le 10 mai 1774 et son petit-fils Louis XVI lui a succédé sur le trône.
Les premiers bateaux arrivaient à Québec avec les nouvelles d’Europe chaque année au début du mois de mai quand la glace avait fondu sur le fleuve. Ils étaient nombreux à avoir attendu dans le golfe le libre passage.
Le parlement de Westminster a répliqué au Boston tea party par un acte pour punir les bostonais qui va mener à leur révolte.
Des dépêches en provenance de toutes les colonies d’Amérique du Nord ont été publiées pendant l’année 1774 montrant que la guerre civile était imminente si l’Angleterre n’adoptait pas des mesures plus sages et modérées.
À louer par bail la Seigneurie de La Chenaye avec le manoir, le domaine, les moulins, les rentes et revenus en dépendant occupée par Mr. Ambroise Magnan décédé. Pareillement à louer ou à vendre la Seigneurie de l’Islet du Portage près de Kamouraska.
Des malfaiteurs avaient encore essayé de mettre le feu dans la ville de Montréal et des récompenses de 200 piastres étaient offertes pour trouver les coupables. La peur des incendiaires revient régulièrement dans cette chronique.
La première mention du Bill de Québec discuté à la Chambre des Communes de Londres a été publiée le 1er septembre.
Le moulin de la Pointe de Lévy en face de Québec offrait la fleur la mieux conditionnée et du blé de Montréal.
En septembre un acte pour faire un arrangement plus solide pour le Gouvernement de la Province de Québec a été proclamé pour modifier le territoire de la Province vers les grands lacs et vers le Labrador.
Les annonces de ventes d’esclaves étaient souvent publiées en anglais seulement, les clients francophones devaient être rares. To be sold a likely negro lad about 18 years old.
Après 4 ans d’absence le Gouverneur en chef de la Province de Québec Guy Carleton était de retour et le Chevalier De Lanaudière lui a fait un discours de bienvenue. Des adresses du clergé, des citoyens de Québec et Montréal ont aussi été publiées.
Certaines personnes distribuant à divers François, et Sauvages tant Abénaquis que Malécites et Mikmaks, plusieurs choses sous le nom de Reliques, qu’elle dit tenir du P. de la Brosse, Missionnaire Jésuite dans les Postes du Domaine du Roi… il déclare qu’il n’a remis à qui que ce soit aucune espèce de Relique, et qu’il souhaite que les Pasteurs respectifs détrompent les abusés, et détruisent comme abusifs les prétendus Reliquaires.
Les engagés en fuite étaient nombreux et des avis pour les rattraper étaient publiés comme pour les esclaves. Bego un garçon canadien de 17 ans environ s’était enfui de chez Edouard Antill qui offrait 4 piastres de récompense pour sa capture; Ebenezar Carlyle charpentier et menuisier de 20 ans enfui de chez Henri O’Neil, 2 piastres.
À vendre la Seigneurie du Bic avec l’île du Bic appartenant à Mr. et Mme. Aubert, s’adresser à messieurs Panet notaires.
À l’occasion du retour du gouverneur Carleton des adresses et des compliments ont été publiés dans le journal.
À la fin de l’année 1774 les dépêches en provenance des colonies américaines occupaient presque toute les premières pages chaque semaine et montraient que la confrontation avec la métropole devenait inévitable.
Le gouverneur Guy Carleton était revenu de son séjour de 4 ans en Angleterre avec des instructions précises découlant des actes passés par le Parlement de Grande-Bretagne qui voyait venir la révolte de ses colonies d’Amérique du Nord. Ces nouvelles lois accordaient des adoucissements aux canadiens pour éviter qu’ils ne joignent la révolte. Toutes affaires de propriété des sujets Canadiens de sa Majesté doivent être décidées suivant les anciennes lois, coutumes et usages du Canada.
Le 8 décembre Guy Carleton a fait publier une proclamation pour annoncer les 2 actes passés par le Parlement pour régler le gouvernement de la Province de Québec et subvenir aux dépenses de l’administration de la justice et au soutien du gouvernement civil. Le document fait sept pages dont voici la première.
Au déclenchement de la Révolution américaine la population des 13 colonies était d’environ 3 millions d’habitants (2.41 selon Google).
À la question population canada 1774 l’Intelligence Artificielle de Google répond qu’il y avait 19.985 habitants mais qu’en 1760 il y en avait 70.000 en Nouvelle-France, l’IA n’est pas encore au point. En 1774 il devait plutôt y avoir un peu plus de 80.000 habitants au Québec, c’était beaucoup moins que dans les 13 colonies américaines.
Les conflits avec les nations amérindiennes étaient encore très violents au déclenchement de la révolution et la plupart des nations vont lutter avec les britanniques contre les américains. Dans une attaque contre un village des Shawaneses 44 soldats avaient été tués et 79 blessés. 20 chevelures de sauvages avaient été levées et il y aurait eu de nombreux morts parmi eux.
L’acte de Québec de 1774
Définition donnée par le site de l’Assemblée Nationale du Québec
Loi britannique adoptée en 1774. C’est la première constitution québécoise émanant du Parlement de Londres.
L’Acte de Québec établit un Conseil législatif pour légiférer dans la Province de Québec. Les frontières de la colonie sont agrandies jusqu’au bassin hydrographique des Grands Lacs, le libre exercice de la religion catholique romaine est légalisé et le serment du test est remplacé par un serment au roi permettant aux catholiques de devenir conseillers législatifs et juges.
Enfin, l’usage des lois civiles françaises dans l’appareil de justice de la colonie est légalisé.
L’Acte à l’effet de pourvoir d’une façon plus efficace au gouvernement de la province de Québec dans l’Amérique du Nord est sanctionné à Londres le 22 juin 1774 (14 Geo. III, c. 83). Cette loi révoque les dispositions de la Proclamation royale (1763) concernant la Province de Québec. Le roi et son conseil privé (la Couronne) perdent la prérogative d’organiser seuls l’administration de la colonie, sous la surveillance générale du Parlement. Désormais, les trois branches du Parlement britannique (le Roi, la Chambre des lords et les Communes) constitueront, ensemble, l’autorité suprême pour moduler l’administration interne de la province.
Les premiers articles de l’Acte de Québec concernent l’annexion à la Province de Québec, du nord-ouest du «Territoire des Indiens» créé par la Proclamation royale de 1763. Les nouvelles frontières vont du nord de la rivière Ohio jusqu’au sud du territoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson, incluant le Labrador, l’île d’Anticosti et les îles de la Madeleine. La Grande-Bretagne établit ainsi «un gouvernement civil» sur cette vaste étendue de territoire où se trouvaient encore «des sujets de France qui ont demandé d’y rester». Notons que l’indépendance des États-Unis, ratifiée par le Traité de Paris de 1783, amputera la Province de Québec des territoires situés au sud des Grands Lacs (…)
1775
À vendre la moitié de la Seigneurie d’Orléans avec les moulins à blé situés dans la paroisse de St-Jean et Ste-Famille, s’informer au lieutenant Malcolm Fraser.
À Boston 2 vaisseaux avec des renforts de troupes étaient arrivés en décembre. Un déserteur a eu la tête cassée en conformité de la sentence rendue par le conseil de guerre. Dans la ville une grande confusion régnait, 1.000 ou 1.500 personnes s’étaient assemblées pour délibérer. Un parti avait attaqué un fort de la ville et emprisonné son capitaine et la garnison. Le gouverneur Wentworth a publié une proclamation la semaine suivante pour saisir les coupables.
L’Acte de Québec réformant l’administration de la justice devait entrer en vigueur le 1er mai et le gouverneur a constitué et nommé Adam Mabane, Thomas Dunn et John Marteilhe juges avec Hertel de Rouville et Jean Claude Panet.
Le Parlement de Londres avait déclaré la province de Massachussett être en état de rébellion et les autres colonies qui avaient envoyé des députés au Congrès Américain du Continent comme fautrices. Une nombreuse flotte de vaisseaux de guerre et des transports de troupes s’apprêtait à venir bloquer les ports et saisir les bâtiments des colonies. Le compte-rendu des débats en Angleterre et dans les colonies était longuement détaillé dans chaque édition du journal.
Le gouverneur Guy Carleton a renouvelé les offices des notaires en vigueur avant l’Acte de Québec.
Quelques personnes et mal-intentionées avaient défiguré le Buste de sa Majesté à Montréal et avaient affiché un libelle diffamatoire et scandaleux; le gouverneur offrait une récompense de 200 piastres aux dénonciateurs des coupables.
Les membres de la Compagnie de l’Union ont fait une souscription montant à la somme de 3.325(?) schellings pour servir de récompense à celui qui découvrira les scélérats.
Le 19 avril un premier affrontement entre les troupes britanniques et les citoyens américains a eu lieu à Concord où était assemblé le Congrès; 73 soldats britanniques ont été tués et 49 américains. Le 25 mai la Gazette annonçait la prise de Carillon (Fort Ticonderoga) par des miliciens menés par Benedict Arnold. 90 Green Mountain Boys menés par Ethan Allen étaient allé jusqu’au fort St-Jean à 27 milles de Montréal avant d’être repoussés par un détachement parti de Montréal.
Le commerce se poursuivait quand même normalement au Québec, les marchands annonçaient les marchandises reçues par les bateaux arrivés en mai. La distillerie de Madame Anne Taylor vendait de l’essence d’épinette et de la bière d’épinette pour l’usage domestique ou celui des vaisseaux.
À vendre la Seigneurie de Vincelotte sise à 12 lieues au-dessous de Québec sur la côte du sud, s’adresser à Monsieur Duhautmeny de Vincelotte seigneur et propriétaire.
Le gouverneur Carleton a publié une proclamation pour mobiliser immédiatement les milices canadiennes.
Jean Dunn apprenti engagé d’environ 30 ans s’est enfui du service de Messieurs Walker et Compagnie dans la baie des Chaleurs, 8 piastres de récompense. John Robinson châtreur annonce qu’il coupe les chevaux, châtre les génisses, coupe les cochons et les truies. L’imprimeur affichait parfois ses pictogrammes à l’envers.
Les seigneurs et légitimes propriétaires de la Seigneurie et Islets de Mingan ont signifié à ceux qui venaient pêcher illégalement sur leurs terres de déguerpir. Ils ont signé F. J. Cugnet, William Grant, G. Taschereau, Joseph de la Fontaine.
Marie Barnsley veuve d’Abram Danford s’était enfuie de chez son nouveau mari Jean Barnsley qui avisait les marchands qu’il ne payerait aucune de ses dettes.
Dans la même édition du journal Mary Barnsley informait le public qu’elle s’était enfuie à cause des mauvais traitements que lui infligeait son mari qui l’accusait de correspondre avec 4 hommes.
Les américains essayaient de soulever la population canadienne contre l’Angleterre en prétendant n’être pas ennemis de la religion catholique. L’imprimeur rappelait que dans une lettre de 1774 les membres du Congrès affirmaient exactement le contraire et qu’il ne fallait pas leur faire confiance.
Jean Catchim matelot de la Nouvelle-angleterre âgé d’environ 40 ans s’est enfui de la chaloupe Betsy en volant 113 piastres et plus; son capitaine Normand Morrison offrait une récompense de 20 piastres.
La mobilisation se faisait dans la Province. 200 habitants britanniques de Québec s’étaient assemblés sur la place d’Armes pour former la milice avec l’Honorable William Hey à leur tête. Alexandre Picard s’était noyé en se baignant dans la Basse Ville où étaient les cageux.
1.600 amérindiens s’étaient rassemblés à Montréal pour aller se battre contre les Bostonnois; leur Grand Conseil s’était tenu sous la direction du général Carleton dans une église. William Dunbar avait enrôlé 14 personnes, les volontaires ne se bousculaient pas pour défendre la couronne Britannique.
Dans le supplément du journal publié le 3 août on trouve cette annonce pour une comédie française et une farce qui devaient être jouées avant la distribution des prix aux élèves du Séminaire. Ces élèves faisaient partie des bonnes familles de la noblesse et de la bourgeoisie canadiennes.
L’éditeur du journal avait adopté le parti britannique et rapportait maintenant les nouvelles des bostonnais en les nommant les rebelles. Les batailles rangées avaient commencé et l’armée britannique avait l’avantage sur les miliciens volontaires.
Conditions pour lesquelles on engage des soldats dans le Régiment Volontaire Royal d’Amérique: chaque soldat aura 200 arpents de terre dans telle province d’Amérique qu’il voudra… 50 arpents pour sa femme et 50 pour chaque enfant; ils seront engagés pendant les troubles présents en Amérique seulement…
Personne n’imaginait que la guerre allait durer plusieurs années et l’enthousiasme était encore fort. Une souscription avait été ouverte pour les soldats malades et blessés à Boston; le major Caldwell recevait les boeufs gras, les vaches à lait, les moutons gras et le vieux foin.
Hector Theophilus Cramahé a été nommé lieutenant-gouverneur de la Province de Québec et les membres du Conseil Législatif ont été assermentés selon les dispositions de l’Acte de Québec..
Le lieutenant Willington accompagné de 8 indiens était tombé dans une embuscade sur le lac Champlain menée par le Capitaine Baker qui avait été tué. Les sauvages coupèrent la tête du capitaine Baker et la portèrent à Montréal.
Le gouverneur en chef avait nommé Noel Voyer, Jean-Baptiste Dumon et Jean-Baptiste Le Conte Dupré officiers de la milice de Québec et sa banlieue et Joseph Godefroy de Tonnancour et Louis Cressé à Trois-Rivières. Sinon Jean Orillat de Montréal recherchait un esclave en fuite.
Le 6 septembre 1.500 rebelles ont decendu le Richelieu et attaqué le fort St-Jean. Les deux Lorimiers et les indiens les avaient repoussés et ils étaient retournés à l’île aux Noix en laissant 30 à 40 morts.
Dans les guerres civiles l’ennemi est difficile à reconnaître car il parle la même langue. Cette proclamation oblige tous les étrangers arrivant à Québec à venir s’enregistrer pour éviter que des espions s’infiltrent.
Les rebelles essayaient d’inciter les canadiens à se joindre à eux en leur adressant des circulaires. La propagande du gouvernement affirmait que les canadiens étaient parfaitement heureux sous la domination britannique pourtant certains d’entre eux vont quand même se jondre aux rebelles.
Le 25 septembre les rebelles étaient signalés à la Longue Pointe. Des miliciens anglais et français et des soldats venus de Montréal les ont vite repoussés. Parmi les prisonniers se trouvaient 16 canadiens et Ethan Allen.
Ce combat s’est déroulé tout près de Montréal et dans la documentation de cette peinture du site de la bataille on trouve ce commentaire: le 25 septembre 1775, la troupe armée d’Ethan Allen était effectivement composée d’environ 80 Canadiens français, sous le commandement d’Auguste Loiseau et de Jérémie Duggan, accompagnés de 30 Américains.
Le lieutenant-gouverneur Cramahé a proclamé que les vaisseaux ne seraient pas autorisés à quitter le port de Québec avant le 20 octobre pour participer à la défense de la ville avec leurs matelots. La date a ensuite été reportée au 4 novembre puis au 20 novembre.
La menace d’une invasion imminente se précisait et les annonces légales de saisies de terres ou de marchandises à vendre laissaient place à des proclamations et des adresses. Les autorités craignaient que les canadiens se joignent aux rebelles. Depuis que vous êtes sous la domination de la Grande-Bretagne, quelles peines vous a-t-on faites ? Vous avez joui paisiblement de vos biens, vous les avez augmentés; vous n’avez payé aucunes taxes : en un mot vous avez dû vous regarder comme le peuple le plus heureux.
Ces ordonnances n’étaient publiées qu’en français comme si elles ne concernaient pas la population anglophone. Les miliciens qui s’étaient engagés avaient laissé leurs fermes et la récolte devait être faite. Le gouverneur Carleton a donc ordonné d’organiser des corvées pour travailler dans les champs de ceux qui s’étaient engagés: faucher les foins, couper les avoines ou autres grains, serrer et engranger le tout bien conditionné; faire les guérets et labours; réparer et mettre les bâtiments en état d’hivernement.
Alors que la guerre faisait rage le journal remplissait ses colonnes avec l’histoire de Cidal Achmet en première page suivi des Moeurs des grecs anciens en deuxième page. En troisième page on trouvait des dépêches de Varsovie, Londres et Paris, quelques lignes sur une goélette et une frégate arrivées à Québec. En dernière page l’ordonnance du gouverneur a été republiée pour la troisième fois et dans la colonne de gauche un poème en anglais insipide remplissait le reste du contenu disponible.
Le 16 novembre un poème en français avait pris la place de l’ordonnance du gouverneur vis à vis du Poets Corner.
L’armée d’invasion américaine assiégeait le fort St-Jean sur le Richelieu et elle l’a emporté en novembre. Le gouverneur Carleton a alors abandonné Montréal pour se réfugier à Québec et organiser sa défense.
Proclamation contre certaines personnes rebelles qui sont entrés dans cette Province, contre ceux qui ont refusé de s’inscrire dans la milice, contre ceux qui découragent et détournent les esprits affectionnés des bons et fidèles sujets… j’ordonne de vider la ville avec leurs femme et enfants d’ici 4 jours sans emporter leurs provisions qui leur seront payées.
Les soldats et matelots en garnison à Québec devaient causer des désordres car il a été ordonné de ne plus leur vendre de liqueurs fortes sous aucun prétexte sous peine de prison.
William Gill a publié la dernière annonce dans le journal pour retrouver son esclave Lowcanes âgé de 25 ans parlant bon français et point anglais et jouant très bien du violon; 16 piastres de récompense.
L’imprimeur trouvant impossible de continuer la publication de cette Gazette a remercié ses lecteurs et annoncé qu’il reprendrait sa publication dès que possible.
Curieusement ce dernier numéro du journal se terminait par la Chanson nouvelle sur le Sacre de Louis XVI.
L’expédition de Montgomery part du fort Ticonderoga à la fin d’août et commence à la mi-septembre à assiéger le fort Saint-Jean, le principal point de défense au sud de Montréal. Après la capture du fort en novembre, Carleton abandonne Montréal pour s’enfuir à Québec et Montgomery prend le contrôle de la ville avant de poursuivre vers Québec avec une armée à l’effectif beaucoup plus réduit. Là, il rejoint Arnold, qui quitte Cambridge début septembre pour une traversée pénible à travers la nature sauvage, laissant des troupes sans approvisionnement et manquant de matériel. Ces forces se rejoignent près de Québec en décembre et attaquent la ville lors d’une tempête de neige le dernier jour de l’année. La bataille est une défaite désastreuse pour l’armée continentale : Montgomery est tué et Arnold blessé, tandis que les défenseurs de la ville subissent peu de pertes.
Invasion du Québec













































































































































































































































