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Après la conquête, la Gazette de Québec (1764-1765)

La Gazette de Québec a été fondée le 21 juin 1764 peu après la Conquête; publiée une fois par semaine on y trouve beaucoup d’informations sur la vie des habitants du Québec après une guerre longue et ruineuse qui a changé leur vie. Le gouverneur James Murray y publiait ses ordonnances en anglais et en français. Les curés de village devaient l’acheter pour lire les ordonnances après la messe pour que nul ne puisse prétendre ignorer la loi.

En 2024 le Journal de Montréal a publié un article intitulé «La Gazette de Québec»: le plus vieux journal d’Amérique du Nord est québécois et il est encore publié aujourd’hui après 260 ans d’activité.

Ce n’est pas tout à fait exact, le Publick Occurrences Both Forreign and Domestick a été fondé en 1690 à Boston. La Gazette de Québec est le deuxième journal au Canada, après la Halifax Gazette, qui a été publiée pour la première fois en 1752. La particularité de la Gazette de Québec est qu’elle toujours en activité après 260 ans. Mais ce n’est plus tout à fait le même journal; en 1869 c’est devenu le journal officiel du gouvernement.

L’éditorial du premier numero de la Gazette de Québec paru le 21 juin 1764 décrivait l’objet de sa publication.

Notre dessein est donc, de publier en Anglois et en Francois, sous le titre de La Gazette de Québec, un recueil d’affaires étrangères, et de transactions politiques, à fin qu’on puisse se former un idée des différens intérets, et des connexions réciproques, des puissances de l’Europe. Nous aurons aussi un soin particulier, de cueillir les transactions, et les occurences de la mere patrie, faisans attention à chaque evenement remarquable, à chaque débat interessant et à tout ouvrage extraordinaire…

21 juin 1764
21 juin 1764

Fondée par William Brown et Thomas Gilmore The Quebec Gazette/La Gazette de Québec était imprimée rue de Saint-Louis dans la Haute Ville de Québec et on pouvait y faire publier des annonces en français et en anglais.

La province de Québec en 1764

Le 7 octobre 1763, la Proclamation royale définit de nouvelles structures administratives pour la Province de Québec… Dans les instructions royales que reçoit James Murray, le 7 décembre 1763, on indique que la colonie sera administrée par un conseil, cumulant les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le gouvernement civil est instauré le 10 août 1764. La rédaction des ordonnances nécessaires au maintien de la paix et de l’ordre est confiée au Conseil de Québec, formé du gouverneur et de huit conseillers. Puisque les conseillers doivent prêter le serment du test, aucun catholique ne fait partie de cette administration.

Le Conseil de Québec

Le premier Conseil de Québec était formé par William Gregory, Paulus Æmilius Irving, Hector Theophilus Cramahé, Samuel Holland, Walter Murray, Adam Mabane, Thomas Dunn et un seul francophone, François Mounier huguenot français arrivé peu avant la Conquête. Dans sa biographie on lit ce commentaire sur son rôle: M. Mounier (…) est un commerçant honnête et tranquille, mais comme presque tous les Canadiens, il est peu familier avec notre langue et nos coutumes; il signera sans examen tout ce que les amis le solliciteront de signer.

À cause du délai de dix-huit mois prévu par le traité de Paris, le régime militaire n’a pris fin que le 10 août 1764. Le nouveau gouverneur en chef Jaques (James) Murray nommé par sa Majesté le Roi George III faisait partie de l’armée de Wolfe et était gouverneur du district de Québec depuis 1760. Ses titres et le territoire de son administration ont été définis dans le journal le 9 août 1764: Capitaine-Général et Gouverneur en Chef pour sa majesté de sa Province de Québec et vice-amiral.

Les bourgeois et citoyens de la Ville de Québec ont salué leur nouveau Gouverneur par une adresse, remerciant le Gouvernement de sa bonté. Aussitot la Conquête du Canada, nous avons senti combien par la Justice et le bon Ordre que Vôtre Excellence a entretenu dans son Gouvernement, le joug du Vaincu devenait léger: La Paix qui s’en est suivie, ne nous a rendu que plus heureux.

En septembre les négociants et commerçants britanniques de la ville de Montréal ont eux aussi présenté leur adresse au Gouverneur. Le ton est plus revendicateur et revanchard, les marchands anglais projetaient de remplacer les français qu’ils détestaient.

Nous espérons sous les auspices et sous la protection de votre Excellence d’étendre le commerce de la Grande Brétagne jusques aux régions les plus inconnües de ce vaste continent, et de rendre le nom de Breton respectable aux nations Sauvages, que les artifices des François ont animé contre nous, par notre probité, notre candeur et notre industrie.

L’encouragement qui a été donné au commerce et au traffic sous la sage et juste administration de votre Excellence, a élevé la Capitalle de cette Province à un état d’opulence et de liberté inconnües jusques alors, et l’a rendu l’objet de l’admiration et de la jalousie de cette ville languissante… le prompt établissement des loix civiles et de la justice, nous font croire que notre commerce revivra, et que les emprisonnements arbitraires cesseront ainsi que les exactions innumérables, des personnes dans les emplois publiques, au mépris des loix.

Le Gouverneur a dû calmer leurs ardeurs. En permettant l’usage des lois et des coutumes françaises devant les tribunaux, il se met à dos les marchands et est bientôt rappelé en avril 1766Grand propriétaire foncier, il favorise les paysans francophones plutôt que les marchands anglais nouvellement arrivés (James Murray).

Les droits de douane et les impôts

Avant l’arrivée du gouverneur Murray le Parlement de Grande-Bretagne avait voté des lois pour percevoir des impôts dans ses colonies; la guerre avait été ruineuse pour la France mais aussi pour la Grande-Bretagne. Ces lois qui devaient entrer en vigueur le 29 septembre 1764 vont mener à la révolte et la création des États-Unis. Les nouvelles venant d’Europe mettaient plusieurs mois à arriver à Québec par les bateaux.

Le Précis suivant, d’un acte passé à la dernière session du Parlement de la Grande-Bretagne, pour accorder à sa Majesté de certains droits dans les colonies et dans les habitations britanniques à l’Amérique, etc. et pour augmenter et pour assurer le commerce d’icelles avec la Grande-Bretagne, a été estimé nécessaire à être imprimé dans un papier de nouvelles pour le bien du Public en général; comme l’acte en son entier serait trop long pour une Gazette, et que ce précis en comprend les parties les plus essentielles. Les détails de ce Précis ont été expliqués dans plusieurs publications du journal.

Thomas Ainslie a été nommé collecteur des douanes et il a publié un avis que les délinquants ne payant pas les droits prévus par la loi seraient poursuivis ainsi que ceux qui les auraient tolérés ou aidés.

Le commerce des fourrures a été exempté des droits existants pour ne pas nuire au commerce en Angleterre: Vu que les droits qu’on paye à l’entrée des peaux de Castors, et le rabat qu’on accorde à la sortie d’icelles, sont de grands obstacles à la manufacture des chapeaux dans ce royaume… les droits seront abolis le 7 avril 1764.

Ordonnances établissant la reprise de la vie civile

La guerre avait fait rage pendant de trop longues années et la vie civile en avait été totalement bouleversée; la loi martiale britannique réglait la société depuis 1760. Le gouverneur Murray a alors commencé à légiférer en promulgant les actes votés au Parlement de Grande-Bretagne et en publiant des ordonnances pour rétablir le commerce, la justice, la sécurité, etc. Ses nombreuses ordonnances concernent tous les aspects de la vie en société.

Un acte pour empêcher les fraudes et les abus à l’égard de l’envoy et de la recette de lettres et de paquets exempts de droit de port.

Walter Murray receveur-général et Richard Murray étaient sans doute des parents du gouverneur, ils étaient chargés de percevoir les droits seigneuriaux en retard de cens, rentes, lots et ventes. La guerre avait bouleversé l’administration des seigneuries.

Ordonnance pour régler et établir les Cours de Justice, Juges de Paix, Séance de Quartier, Baillis, et autres Matiéres touchant la Distribution de la Justice dans cette Province.

Les juges de paix et tous les fonctionnaires devaient prêter les 4 serments du test pour pouvoir officier: serment de fidélité au Roi, serment d’abjuration à la puissance du Pape, serment rejetant les prétentions du fils catholique de Jacques II sur la couronne, serment niant la transsubstantiation. Cette obligation n’a été levée qu’en 1774.

Les seuls francophones de cette liste semblent être François Mounier, Dumas St-Martin et François Levesque, huguenots français. Les canadiens catholiques auraient dû renier leur foi pour être admissibles.

Ordonnance pour régler et établir le Cours des Monnoies dans cette Province. La situation monnétaire était préoccupante, la monnaie de papier avait remplacé la monnaie en espèces et elle ne valait plus rien puisque la France ne pouvait pas l’honorer. L’inflation était forte selon les historiens.

Tous les textes des ordonnances étaient publiés dans les 2 langues. La version anglaise de celle-ci est plus lisible, elle montre la complexité du cours des monnaies après la Conquête.

Ordonnance pour l’Assise du Pain, et pour constater l’Étalon des Poids et Mesures dans la Province de Québec. Comme beaucoup de Fraudes se commettent tous les Jours dans cette Province, à Cause que l’Etalonnement des Poids et Mesures, et l’Assise du Paine ne sont pas encore établies…

Ordonnance pour la Suppression des Maisons où on donne à boire, et où on débite des Boissons enyvrantes sans aucun Permis. Comme il y a plusieurs Personnes, dans cette Province, qui vendent au Detail du Rum, de l’Eau de Vie, du Vin, du Cidre, et autres Liqueurs fortes et enyvrantes, et qui tiennent des Cabarets cachés, et y recoivent des Soldats, Matelots, et Domestiques, ce qui tourne par leur Oisiveté et les Débauches qu’ils y font, à l’Affoiblissement des Forces de sa Majesté, et au détriment du Bien Public…

Ordonnance pour tranquiliser les Esprits du Peuple à l’Égard de la Possession de leurs biens, et pour fixer l’Age de Majorité. Comme il paroit juste et nécessaire de tranquilliser les Esprits du Peuple à l’Egard de la Possession de leurs Biens, et de lever toutes Incertitudes touchant icelle, qui pourraient tendre en quelque Maniére que ce soit à exciter ou à encourager de mauvais Procés…

Ordonnance pour empêcher qu’aucune Personne ne quitte la Province sans Passport. Comme il pourrait se faire Injustice à des Créanciers en ce que leurs Debiteurs pourroient sortir secrétement de la Province, et qu’il pourroit survenir de grands Inconveniens, en ce que des Soldats, et Mariniers de la Marine Royale pourroient s’echapper et en sortir aussi secrétement…

Ordonnance pour loger les Troupes de sa Majesté par Billets dans les Maisons particulieres de cette Province. Comme il est très nécessaire que les Officiers et Soldats des Troupes de sa Majesté qui font le Service en cette Province, soient pourvus de Quartiers convenables selon leurs differens Rangs, mais d’autant qu’il n’y a ni Casernes, Auberges, ni Cabarets en plusieurs endroits de cette Province…

Ordonnance pour l’Enregistrement des Concessions, Brevets de Ratification, Contrats de Vente, Echange, Transport et autres Actes de telle Nature qu’ils puissent être en Vertu desquels les Habitants de ce Gouvernement possedent des Biens, soit Nobles ou Roturiers, et de telle Nature qu’ils puissent être. (…) tous Octrois, Brevets et Concessions originaux, ou autres Titres originaux faits et passés par le Gouvernement François, en cette Province, antérieurement à la Signature des Articles préliminaires de la Paix, le Troisième Jour de Novembre 1762… devront être enregistrés par les autorités britanniques.

Ordonnance pour constater les Domages des Lettres de Change Protestées. (…) après le dixième jour d’Août, Mil Sept Cens Soixante et Quatre, toutes Lettres de Change tirées depuis et après le dit Jour, par des Personnes résidentes en cette Province, sur des Personnes en Europe, qui pourront être renvoyées à Protest, seront sujetes à Douze pour Cent de Domages, et au Payement de l’Intérêt de la Somme principalle fournie ici, à Raison de Six pour Cent par An, à compter du jour de la Date du Protest, jusques au Tems du Remboursement.

Ordonnance pour empêcher que les Revendeurs ou Revendeuses n’anticipent sur les Marchés en achetant en gros pour revendre en Détail, et pour prévenir les Fraudes qui pourraient se commettre par des Bouchers, etc. Comme on apporte journellement des Quantités de Provisions fraîches tant mortes que vivantes et d’autres Articles, par Terre et par Eau, de la Campagne, dans les Villes de Québec, Montréal et Trois Rivières, et que plusieurs Bouchers et autres personnes ont Coutume de les acheter en gros, et de les enlever si tôt qu’elles arrivent, pour les revendre, au Préjudice des Habitants des dites Villes.

Ordonnance pour fair mieux observer et garder le Dimanche. (…) A fin que toutes Personnes s’appliquent le Dimanche aux Devoirs de la Réligion et de la piété, tant en public qu’en particulier, qu’aucun Artisan, Marchand tenant Magazin ou Boutique, ou autres Personne quelconque, n’ouvriront désormais leurs Boutiques ou Magazins, ni ne le feront faire par leurs Domestiques…

Ordonnance pour empêcher qu’on ne vende du Rum, ou d’autres Boissons fortes aux Sauvages. Comme il est arrivé bien du Desordre par le moyen de la Vente du Rum, Eau de Vie, Vin, Biére et autres Boissons fortes qu’on débitoit aux Sauvages…

Ordonnance pour prévenir les Désordres qui pourraient arriver par des Cavaliers et des Meneurs de Charettes, Cabrouettes, Traines, Carioles ou autres Voitures quelconques dans les Villes de cette Province, et pour régler les Louages de Chevaux et Voitures pour la Commodité des Voyageurs dans la dite Province.

La guerre et la paix avec les nations amérindiennes

En mai et juin 1763, les Autochtones, offensés par les politiques du général Jeffery Amherst, attaquent plusieurs forts situés aux pourtours des Grands Lacs. Des centaines de colons sont tués ou capturés durant ces quelques semaines tandis qu’un nombre encore plus important quitte la région. Les expéditions britanniques de 1764 entraînent des négociations de paix qui ont duré deux ans. Parmi les événements marquants de la guerre de Pontiac figure la tentative d’infecter les Autochtones assiégeant le fort Pitt avec des couvertures ayant été utilisées par des malades de la variole.

Rébellion de Pontiac

La lettre du colonel Burton datée d’Oswego le 7 août 1764 fait le rapport du congrès tenu à Niagara réunissant 22 nations indiennes. Les Chenussios ont remis leurs prisonniers et ils ont cédé à perpétuité les terres qui sont à quatre miles de chaque côté des détroits qui conduisent au lac Érié soit 300.000 acres. Le texte se poursuit à la page suivante: La paix est faite par un traité solennel par écrit avec les Hurons du Détroit. Le traité de paix et d’alliance avec les Chenussios est aussi ratifié et confirmé par écrit…

Les nouvelles de la révolte indienne venaient aussi de Philadelphie puisque toutes les colonies d’Amérique du Nord dépendaient maintenant de la Grande-Bretagne. Une expédition dirigée par le colonel Bouquet devait partir en campagne. Les Sauvages ont demandé la Paix d’une manière basse selon leur coûtume. Ces Sauvages continuent cependant de roder en se cachant sur les frontières, et de massacrer toutes les personnes qu’ils trouvent hors d’état de se défendre aux moments qu’ils ne sont pas sur leur garde.

Le 22 août un parti de Sauvages avait levé 3 chevelures et fait 2 prisonniers à Stovers Town, Virginie. Ces prisonniers étaient une femme blanche, et un enfant de quatre ans qu’ils tuerent à coups d’hache et ils lui leverent la chevelure après l’avoir porté pendant deux jours. Les soldats ont rattrapé 2 sauvages dont ils tuèrent un et lui levèrent la chevelure. Les soldats avaient adopté les coutumes de leurs adversaires.

Du Fort Cumberland le 30 septembre 1764 – On a vu un grand nombre de Sauvages sur la Branche du Sud de la rivière de Potowmack (Potomac), et ils ont fait beaucoup de mauvais coups.

Le conflit perdure jusqu’en 1766 et conduit finalement à une impasse militaire. Les Autochtones ne réussissent pas à chasser les Britanniques de la région. (Rébellion de Pontiac)

Des nouvelles de France et du monde

La Gazette de Québec rapportait d’abord les nouvelles en provenance d’Europe et d’Amérique mais aussi du monde entier.

Monsieur de Vaudreuil gouverneur général de la Nouvelle-France pendant la guerre avait été enfermé à la Bastille après la capitulation; le Roi Louis XV avait ordonné une enquête sur son administration. Il a été libéré et une pension lui a été accordée; sa conduite a été jugée irréprochable.

La Gazette de Québec commentait les dépêches arrivant par les bateaux. La politique française était surveillée de près par les autorités britanniques, les mouvements des troupes et des vaisseaux de guerre en particulier.

Le chevalier d’Eon célèbre espion du roi de France était arrivé à Hambourg en provenance de Londres sous un nom d’emprunt.

Les nouvelles provenaient du monde entier, elles concernaient aussi bien le traité de paix entre la Russie et la Prusse qu’Ali Basha gouverneur de Bagdad.

À Waterford en Irlande un parti de 200 Garçons Blancs s’étaient révoltés, ils ne payeront pas à l’avenir la dîme des patates au Clergé au risque et péril de leur vie et de leur bien. Les imprimeurs de la Gazette traduisaient littéralement de l’anglais au français, les whiteboys devenaient des garçons blancs. Three major outbreaks of Whiteboyism occurred: in 1761–1764, 1770–1776, and 1784–1786. (Whiteboys) La répression qui a suivi a été sanglante. L’impérialisme anglais a nécessité la répression des révoltes des amérindiens, des irlandais, des canadiens et des autres…

La navigation et le commerce dans le port de Québec

Le journal paraissait une fois par semaine et donnait la liste des arrivées et départs des vaisseaux: frégates, bateaux, brigantins, senauds, kaches, goalettes, navires, etc. Ces bateaux apportaient les nouvelles de l’extérieur et assuraient le commerce interne et externe. Leurs mouvements étaient abondamment commentés, les avaries, les ventes de bateaux, les cargaisons au départ et à l’arrivée.

La traduction littérale de The ship Little William commander John Grant donnait Le navire le Petit Guillaume commandé par Jean Grant.

Les bateaux desservaient toutes les destinations de l’Atlantique et de la Méditerranée: Londres, la France, Barcelone, New-York, Boston, Philadelphie, Louisbourg, Cork en Irlande, Madère, etc.

The Good Sloop, Pilot Fish, le bon bateau Le Pilote au Requin de 80 tonneaux et quelques chaloupes pour la pêche à la baleine étaient à vendre à l’encan à la maison de Monsieur Leamy proche la Grève.

Le brigantin la Marguerite bâti en Virginie était à vendre. Il avait amené du vieil esprit de la Jamaique, des vins de toutes espèces, des mélasses, des sucres muscovades (le sucre muscovado est un sucre de canne complet, non raffiné), du sucre en pain, du chocolat, du shrub(?), du pimento (ou des têtes de cloux), etc.

La vente des biens de ceux qui sont partis

Après la conquête la plupart des habitants sont restés mais les militaires ont dû quitter. De nombreux seigneurs sont aussi partis et ont mis en vente leurs biens. La maison et les bâtiments appartenant à la compagnie des Indes de France situés à Montréal dans la haute ville ont été mis en vente mais la monnaie en espèces étant rare la monnaie de papier était acceptée. Que pour faciliter les achêteurs on prendra des billets d’ordonnance sur le pied du cours pour parfaire leur payment, papiers qu’il se soumettre de rémettre sur meme pied jusques à son départ pour France, autant que l’acheteur le desirera.

Plusieurs seigneuries ont été mises en vente après la conquête, cette annonce publiée uniquement en anglais concerne la seigneurie de Thiersant contenant 3 fiefs avec St-Charles Bonsecours et Bourgmarie située entre celles de La Vallière et Bourchemin sur la rivière Yamaska.

Biens de Campagne à vendreLe fief Monplaisir, appartenant cy devant à feu monsieur Begon, Intendant en Canada… situé au lieu dit la Canardierre, paroisse de Québec, relevant de la seigneurie, Notre Dames des Anges, appartenante aux R. P. Jesuites…

À vendre La Terre Fief et Seigneurie de Saurel et sept belles isles devant la dite Seigneurie, à savoir, l’isle de St-Ignace, l’isle Ronde, l’isle de Grace, l’isle au Corbeau, l’isle Madame, l’isle aux Ours, et l’isle aux Cochons.

La seigneurie de Pointe Levy appartenant à Monsieur Charest comprenait le domaine de la pointe de Levy avec un moulin à farine et une boulangerie, un moulin à vent au bord de l’eau; le domaine St-Nicolas avec un petit moulin à farine; le domaine de St-Henry sur la rivière Etrais Chemins (Etchemin) avec un moulin à farine et un moulin à scie; il restait les trois quarts des terres de la seigneurie à concéder.

À vendre – La Baronnie de Longueuil vis à vis de Montréal peuplée de 300 habitants et rapportant 7.659 livres, avec un domaine, trois moulins et l’isle Ste. Heleine. Aussi la seigneurie de Beloeil avec 250 habitants et rapportant 4.565 livres.

To be sold – La terre et seigneurie de St-Pierre Lebeque (les Becquets) avec un nouveau moulin à eau et plus de 60 habitants.

Le Chateau Saint Louis où siégeait le gouverneur avait été en partie détruit et un appel d’offres a été publié pour sa reconstruction.

La monnaie de papier du Canada

La France avait perdu la guerre et quitté le Canada en laissant de lourdes dettes impayées. Les troupes avaient été nourries et logées en payant avec des billets d’ordonnance mais il n’y avait plus personne pour les honorer. Le dossier du réglement de ces dettes a pris du temps et la réputation de la France en a souffert.

Le roi Louis XV s’était engagé à régler ses dettes lors de la signature du traité de paix: Arrêté en conseil d’État qui ordonne la liquidation des différentes dettes au Canada (Papiers du Canada)

15 décembre 1764

Le Sieur Huet fils, dans la cote de la basse ville, continue de prendre des papiers du Canada registrée ou non, à 15 pour Cent

La cour de France était déterminée à faire entrer et à payer les Billets d’Ordonnance du Canada sur le pied de 25 pour Cent. La somme de ces billets s’élevait à 400.000 livres Sterling et le gouvernement français avait du mal à payer le quart de ce montant. Ils s’imaginent apparemment que cela contentera les Anglois qui sont les possesseurs de la majeure partie de ces Ordonnances.

Monsieur Landrieves, Commissaire au service de sa Majesté Très Chrétienne (Louis XV), qui etoit resté au Canada, pour remplir les objets du service conformement à l’article 20 de la capitulation de cette colonie (…) est muni de piéces justificatives sur les faits dont le Prevaricateurs l’ont accusé dans l’affaire qui fut traittée à Paris touchant les malversations commises au Canada.

Comme le payement entier des Billets du Canada est particulierement stipulé par le dernier traité de paix, les efforts que fait la cour de France pour frustrer les sujets de sa Majesté, en diminuant la valeur de ce Papier, sont une infraction actuele du dit traité de paix; et au cas que cet injure ne soit pas redressé, notre conduite envers les pescheurs à Terre Neuve leur fera voir qu’on la regarde comme telle.

Des sommes considérables en papier François, qu’on distingue par le nom de Billets du Canada, sont arrivés ici depuis quelques jours de l’Amérique Septentrionalle, où une grande quantité de ce papier a été acheté, selon ce qu’on nous apprend, par des facteurs François pour de l’argent comptant, à un escompte très peu supérieur à ce que cette cour a modestement offert depuis peu, pour contenter des sujets Britanniques, ce que la détresse de ceux entre les mains de qui ce papier s’est trouvé a obligé d’en accepter. Les détenteurs de ces billets du Canada les échangeaient contre 15 à 25% de leur valeur plutôt que de tout perdre.

Le commerce des fourrures et autres

Le commerce des fourrures a repris de plus belle après la conquête même si la révolte des amérindiens l’a perturbé. C’était devenu le monopole de l’Angleterre mais des contrebandiers français trafiquaient avec les pêcheurs à Terre-Neuve et dans le golfe du St-Laurent.

Cette annonce fait la liste des fourrures recherchées: loutre, pécan, ours, loup cervier (lynx), chat (raton laveur), renard gris, loup, vison, martre et rat musqué.

Dans la faillite de la société Levy & Lyon on trouve aussi le castor bien sûr et les peaux de chevreuil passées.

La Gazette de Québec contient de nombreuses publicités et annonces diverses, en voici quelques exemples. Le magasin général de Guillaume Holland offrait des marchandises diverses selon les arrivages des bateaux au port de Québec.

Jacques Hanna montrier et horlogeur de Dublin demeurant chez mons. Jean McCord, auprès du Pallais fait et raccomode toutes sortes de montres et d’horloges, bijouterie, etc. avec beaucoup de soin et d’expédition… Il achête de l’or et de l’argent en bullion (lingot) au plus haut prix.

Le sieur Dauquin , Apoticaire, demeurant à Montreal, vend toutes sortes de remedes tant chimiques que galléniques, nouvellement arrivé d’Europe… Il vend aussi des lancettes, étuies de chirurgie garnies, des bougies, des petites serringues, des aiguilles, etc. Il a pareillement des bouteilles d’eau de senteur, de la Reine d’Hongrie, de Montpellier, de Mel Regiae, etc.

Désertée du Service de son Maitre, Dimanche dernier, Une servante engagée par contract, Allemande de nation, nommée Catherine Elisabeth Reuse(?), agée d’environ vingt ans, d’un teint basané… 20 à 40 shillings de récompense.

Comme l’ecurie appartenante à monsieur Sills, sur le chemin de la porte de St. Jean à St. Foy, a étée enfoncée dans la nuit entre le 16 et le 17 courant, et qu’on a volé de la dite écurie un veau d’environ quinze jours, un mouton et deux oyes… 4 piastres de récompense.

Thomas Walker juge de paix avait des ennemis, un groupe de personnes armées l’avaient attaqué et blessé alors qu’il soupait avec sa famille. Cette annonce pour une récompense de 200 livres pour dénoncer les coupables a été publiée pendant plusieurs semaines.

L’attentat contre Walker mérite d’être commenté car il allait avoir de nombreuses répercussions; c’est une des causes du rappel du gouverneur Murray en 1766. Dans sa biographie on lit:

Walker profita de sa nomination comme juge de paix pour donner libre cours à son animosité contre les militaires et se querella bientôt avec eux au sujet du cantonnement des troupes britanniques… Les relations entre les marchands et l’armée devinrent tellement tendues que Murray demanda à Walker et à trois autres juges de venir à Québec le 13 décembre 1764 pour expliquer leurs faits et gestes. Or, au cours de la nuit du 6, des hommes masqués s’introduisirent chez Walker, le rouèrent de coups et lui coupèrent une oreille.

Les marchands montréalais et leurs alliés de Londres avaient critiqué la façon dont Murray s’acquittait de ses fonctions de gouverneur; l’affaire Walker allait renforcer leur opposition.

…Lorsque l’armée américaine envahit la colonie en septembre 1775, Walker, considéré, bien entendu, comme un ennemi et comme un traître, fut arrêté à L’Assomption où il possédait une ferme et une installation de potasse et où il s’était occupé de recruter des Canadiens pour combattre les Britanniques. Le 11 novembre, lorsque Carleton battit en retraite de Montréal vers Québec, Walker fut placé sur un vaisseau en partance pour Québec. Or, les Américains capturèrent le navire et Walker fut libéré. Il revint à Montréal et y hébergea Benjamin Franklin, Samuel Chase et Charles Carroll, les trois délégués du Congrès arrivés dans cette ville au début de 1776.

Thomas Walker

La Bibliothèque Hebdomadaire et Circulante du Sieur Germain L’Anglois, dans la place du Marché, à l’Haute Ville de Québec consiste en plusieurs centaines de volumes bien choisis, tant en Anglois qu’en François, écrits par les meilleurs Auteurs, sur des sujets intéressans et amusans. Il y avait assez de lecteurs en 1764 à Québec pour rentabiliser une bibliothèque publique.

J’ai essayé sans succès de résoudre l’énigme proposée par le journal à ses lecteurs; le journal en publiait de temps en temps qui sont toutes aussi mystérieuses.

Le 28 décembre un bal a été organisé; il y a aussi eu une loterie et des divertissements pour clore l’année 1764.

La Gazette de Québec en 1765

J’ai réuni les articles parus en 1764 par thèmes, je vais continuer cette revue de presse en respectant l’ordre chronologique de parution des articles.

Comme aujourd’hui, les nouvelles extraordinaires étaient appréciées des lecteurs. Dans la publication du 3 janvier 1765 on trouve l’histoire d’un habitant de Boston heureux. Dans la même nuit sa femme a accouché de deux enfants, sa négresse d’un enfant, sa vache a eu deux veaux, sa jument un poulin, sa truie, sa chienne et sa chatte ont eu chacun un nombre de petits et une de ses poules a eu une couvée des poulets.

De Philadelphie, le 22 de Novembre (les nouvelles prenaient des mois à arriver à Québec) un Monsieur de Mobille apportait une lettre racontant que les français aidaient leurs alliés espagnols à occuper la Nouvelle Orléans, cédée en 1762.

De la Nouvelle-York, le 15 de novembre: l’armée commandée par le colonel Bouquet a envahi le territoire indien et les Sauvages ont négocié la paix en implorant de la manière la plus lâche de les prendre en compassion.

quatre nègres français, esclaves appartenans à des personnes dans la ville, s’en furent à bord du bateau le Brandford, capitaine Jones, destiné pour Bristol, lesquels étoient armées de longs couteaux, et tenterent de le couper hors du port, à fin d’en prendre possession, mais ils furent bientôt subjugés et arrêtés par les matelots, et ils sont présentement en prison.

La nation de Sauvages Maricittes (malécites) de la rivière St-Jean et du Témiscouata se sont plaints que les habitants canadiens empiètaient sur leur territoire pour faire la chasse au castor; le gouverneur a confirmé leur territoire protégé où il étoit de tous temps défendu aux François de faire la chasse du castor, comme cette chasse a toujours été reservée aux Sauvages de la nation dont il a l’honneur de représenter les griefs….

Pour le maintien de la paix dans les paroisses le gouverneur a nommé des baillis et sous-baillis canadiens dans différentes paroisses qui devaient se présenter devant des juges de paix pour prêter serment. Mais le Gouverneur ne pouvait pas trouver de candidats protestants pour remplir ces fonctions dans les campagnes et il a dû s’adapter à la réalité.

Dans les faits cependant, les gouverneurs font appel à des Canadiens de 1764 à 1775 pour remplir certains postes de confiance dans l’administration, sans exiger d’eux le serment du test. Il en est ainsi, entre autres, pour les grands voyers, les greffiers des tribunaux, les huissiers, les baillis élus, les membres du Grand Jury et les aides de camps du gouverneur.

Serment du test

Proclamation. Que le commerce avec les différentes nations ou tribus des sauvages avec les quels il a connexion, et qui vivent sous sa protection, sera libre et ouvert à tous en général, Pourvu que chaque personne qui sera disposée à faire pareille traite avec les dits sauvages, prenne une license… Cette proclamation royale du 7 0ctobre 1763 réglementait la traite des fourrures qui était ouverte à tous à condition d’obtenir une license gratuite.

L’armée du colonel Bouquet continuait la lutte contre les nations indiennes révoltées; elle avait soumis les Mingoes, les Delawares et les Shawanese qui avaient livré de nombreux prisonniers; ils avaient aussi livré leurs propres enfants nés de femmes blanches.

Malgré le traité de paix qu’elles avaient conclu les tensions étaient encore vives entre la France et l’Angleterre. La pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve était un sujet de friction. Les français devaient emporter tout leurs attirails et appareaux de pêche hors de l’île à la fin de la saison sous peine de destruction.

À vendre Terre et Seigneurie de Neuville, dite vulgairement La Pointe aux Trembles rapportant 3.753 livres de revenu avec un moulin à farine, une pinière, une pêche au saumon; la maison seigneuriale a été détruite.

Le gouverneur a ordonné le 18 février que les curés des paroisses se fassent envoyer La Gazette de Québec chaque semaine pour pouvoir lire ses ordonnances à la fin de la messe du dimanche pour que personne ne puisse prétendre ignorer la loi.

Mr. Divertissant premier maître de musique et surintendant des plaisirs des canadiennes avait sa demeure rue des Divertissements.

Le Pais du Canada
A beaucoup fait de Fracas;
Les jeunes Filles, helas !
Sont bien dans l'embaras;
Et d'où vient donc, cela !
C'est qu'elles ont criées, holas !
Au bon Pere Barnabas,
Avec un ton trop bas.

On trouve plusieurs versions de la chanson La béquille du père Barnabas sur internet, la plus ancienne date de 1737: il y avait plus de cinquante ans que l’on chantait parmi le peuple la chanson de la Béquille du Père Barnaba, faite à l’occasion d’un capucin qui avait été chez des filles et y avait laissé sa béquille, lorsqu’elle se répandit parmi les gens du monde et devint à la mode.

Madame de Lery de Repantigny avait fait borner (arpenter) 100 terres dans sa seigneurie de Lachenay pour être concédées.

Le cours des monnoies de cuivres a augmenté à l’Amérique Septentrionale, depuis quelques mois à proportion qu’on a fait rentrer la monnoie de papier. Il y a à présent des ordres de la Nouvelle York et de Philadelphie, d’y envoyer quelques tonneaux de farthings, à fin de fournir de la monnoie pour le commerce de détail, on pense que ceci causera bien tôt une nouvelle fonte à la Tour.

Proclamation pour faire sçavoir les Termes et Conditions auxquels toutes Personnes pourront obtenir des Concessions de Terres en cette Province. Qu’on accordera Cent Acres de Terre à chaque Chef de Famille, soit Homme ou Femme, pour lui ou pour elle, et Cinquante Acres pour chaque Homme, Femme, ou Enfant blancs ou noirs, desquels sa famille consistera dans le Tems précis que la dite Concession se fera… Il restait beaucoup de terres inoccupées en dehors des seigneuries, ces terres appartenant à la Couronne vont plus tard être divisées en cantons (townships).

Le Gouverneur et le Conseil ont reçu une requête de Isaac Warden, Richard Murray, Pierre Robert Livingston, Corneil C. Wynecop, Samson Simson, Jean Lambe et Joseph Allicoche pour leur accorder l’Isle sux Lièvres, L’Isle Rouge et L’Isle Blanche, les Pots à l’Eau de Vie situées dans la rivière St-Laurent.

Ordonnance pour protéger les biens et effets des personnes absentes de la Province ou résidentes ailleurs.

Ces dépêches de Londres datées du mois de novembre 1764 ont été publiées le 21 mars 1765:

Si l’importation de bois de construction de nos colonies de l’Amérique Septentrionale, en bâtiments construits d’une manière convenable pour ce commerce, ne serait point une épargne d’un demi million par an, qu’on envoye à présent en Norvege, en Dannemarc et en Suede. Le commerce du bois pour la construction des navires n’a pris son plein essor qu’après 1800 lors des guerres contre Napoléon mais il a certainement commencé tout de suite après la Conquête.

On dit présentement, qu’à fin de prevenir les impositions et la dépense inutile, qu’on n’encouragera pas désormais à Londres aucun chef Sauvage ou Negre de l’Amérique ou de l’Afrique, exceptés ceux qui auront des certificats en bonne forme de leurs nations, et appuies du gouverneur Britannique, spécifians les raisons de leurs expéditions, et tout capitaine, soit au service du Roi, ou à celui des marchands, qui en amenera, sans être munis de ces pièces, sera obligé au payement des frais.

À vendre le fief et seigneurie de la Petite Isle aux Oyes, Isle aux Grües, Isle au Canot et l’Isle de Patience situées dans le fleuve St-Laurent du côté du sud, à la distance d’une lieue et demie de la grande terre, au dessous de l’Isle d’Orleans. Il y avait aussi l’isle et les islets Ste-Marguerite, s’adresser à M. De la Naudière.

De nombreuses annonces de maisons à vendre à Québec et à Montréal et des offres de service étaient aussi publiées. Par exemple Madame veuve Fornel vendait des emplacements à Québec, un à la Canoterie donnant sur la grève sur lequel il y a encore des murs et l’autre sur la rue Saint-Louis dans la Haute Ville; aussi la seigneurie de Bourlois non établie située derrière la seigneurie de Neuville.

À vendre – Une maison proche la Digue au Palais, appartenant à Madame de Montessore et aux héritiers Poméreau… Point de situation plus belle pour la vue que celle de cette maison, ni plus commode pour la fabrication des farines, ou pour ceux qui voudraient faire le commerce de bois.

De nombreux édifices avaient été endommagés ou détruits pendant le siège de Québec. Que le grand edifice qui joint la batterie de la Reine au pied du Cap au Diamant, à Québec, est bien retabli et ajusté pour servir de Magazin et de Grenier à Bled, où on recevra du Bled, du Sel, de l’Huile ou autres marchandises par Tonneau, en payant un prix raisonable pour le Magazinage, par mois ou autrement.

Ordonnance pour nommer des jurés à la Cour de Justice de Québec où seront jugées toutes les causes pour éviter des dépenses de déplacement inutiles (si j’ai bien compris).

Prix et Taux de Charriage du Bois, Barils, Barriques et autres Marchandises, dans les villes de Québec, Montréal et Trois-Rivières, et dans les Faux-Bourgs d’icelles à partir du 25 mars 1765.

Nous apprenons par les papiers de Londres, du 3 de Decembre, Que Monsieur Brion (Mgr Briand), Grand Vicaire de l’Église Romaine dans la Province de Québec, est arrivé à Londres, pour des affaires d’importance.

Mgr. Pontbriand évêque de la Nouvelle-France est décèdé le 8 juin 1760 et le chapitre de Québec a choisi Jean-Olivier Briand comme grand vicaire pour administrer le district de Québec le 2 juillet. Le 11 septembre 1764 une fois la paix établie le chapitre l’a encore choisi comme évêque mais il lui a fallu demander la permission à Londres puis aller se faire consacrer en France.

Le 27 mars 1765 Moyse Hazen s’est vu accorder l’octroi de 2.000 acres de terre sur la rivière Masique(?) dans le Lac Champlain joignant à la seigneurie qui a appartenu dernièrement au sieur le Vasseur.

Samuel Gridley & Compagnie avaient besoin d’un bateau pour faire la pêche de la baleine dans le golfe et dans la rivière St-Laurent.

À vendre, par Philip Payn dans le Faubourg de St. Louis, Des Graines nouvelles de toute espéce pour la semence des Jardins Potagers, et toutes sortes de Graines de Fleurs. On les garantira bonnes.

La petite vérole faisait des ravages particulièrement parmi les anciens habitants (les canadiens); elle avait aussi fait des ravages chez les autochtones d’Amérique. Le vaccin contre la variole a été appliqué pour la première fois en 1796 par Edward Jenner mais cet article qui a été longuement développé pendant plusieurs semaines dans le journal montre que des expériences empiriques avaient déjè été faites pour guérir la petite vérole par inoculation.

Le meilleur préservatif contre les ravages de ce fléau a été la pratique salutaire de donner cette maladie par insertion. On sçait qu’en Angleterre cette pratique a produit des améliorissemens dans la maniére de traiter cette maladie lorsqu’elle est communiquée par la contagion, et qu’il paroit, suivant les registres des Messieurs de la faculté, que de la manière qu’on traite cette maladie aujourd’hui, il n’en meurt pas le tiers du nombre qu’elle emportait autrefois quand on la traitoit suivant l’ancienne pratique.

J. Brooke aumônier de Québec affirmait que cette pratique avait même été approuvée par Rome.

Toutes personnes en général, et chaque personne en particulier, qui ont quelques demandes sur la Seigneurie de Sale (La Salle), située entre les Seigneuries de la Prairie, de Beauharnois et de Chateau Guay, actuellement en la possession de René Cartier, sont averties d’envoyer leurs demandes…

Le 17 mars les irlandais de Québec avaient célébré leur saint patron St. Patrick; le Revd. Doctor Brooke chapelain de la garnison avait fait le prêche. Ils s’étaient ensuite réunis à la Sun-Tavern où many Loyal and Patriotic Toasts were drank… with becoming Cheerfulness, perfect Harmony, and Decorum.

Le Sieur Pierre Chartier, et sa Troupe Comédienne, se propose de donner au Public, Lundi prochain, le 15 de ce mois, une Piece de COMEDIE, intitulée Le FESTIN de PIERRE, suivie de plusieurs Tours d’Equilibre. A la Basse Ville, à l’Enseigne de Québec, chez le Sieur Jean Roi, où ces Messieurs trouveront toutes sortes de Refraichissemens.

Comme aujourd’hui les procès criminels étaient commentés dans le journal. Jaques Douglas a été condamné à être pendu, Pierre Shubard à être fouetté secrétement, Thomas Macney acquité, Richard Grace acquité, Charles Ewin acquité. Le seul nom francophone de cette liste est celui de Jean Marie Du Charme accusé d’avoir donné de l’aide et de l’alliance aux Sauvages alors en guerre avec nous. En 1763, sous le régime anglais, Jean-Marie Ducharme trafique clandestinement des munitions contrevenant l’interdiction britannique. Il finit par se faire prendre et est emprisonné à Montréal.

Vu qu’on a fait courir plusieurs bruits, tendans à flétrir le caractére de Williams Conyngham (…) Coroner du District de la dite Ville, touchans sa conduite dans la dite charge, à une Enquête tenue par devant lui à l’égard du corps d’un Négre qui fut trouvé mort sur la gréve de l’anse de Wolfe Les affrontements entre le gouverneur et les marchands prenaient de nombreuses formes; ici un de ses officiers de justice était accusé de ne pas avoir bien fait son travail mais l’accusation a été réfutée. Ce noir trouvé mort sur la grève était sans doute un esclave en fuite.

Cette pétition signée par des notables canadiens semble désavouer d’autres canadiens pour avoir remercié les Grands Jurés au nom des Principaux Habitants de la ville de Québec sans avoir reçu aucun mandat. M. La Naudiere a signé en premier, les autre signataires étaient des seigneurs ou des bourgeois.

Ordonnance pour empêcher les Pêcheurs ou autres Personnes de jetter l’Abbatis ou les Entrailles de Poisson à la Mer, dans les Endroits où on fait la Pesche, etc. en cette Province… cette Pratique pourroit non seulement devenir ruineuse à plusieurs pauvres Familles employées à la dite Pesche, mais aussi très nuisible au commerce de cette Province en général, si on n’y apportoit pas un Reméde raisonable. L’importance du commerce des fourrures est bien connue, l’importance de la pêche commerciale au Québec à cette époque l’est beaucoup moins; les nombreux articles et ordonnances la réglementant en témoignent.

De Rhodez la bête sauvage qui a depuis si long tems ravagé le Gévaudan a paru en Rouergue, en Aubrac, à St-Gennes, à Ambrac, à Bonneval, à St-Côme et à Espalion. Elle a dévoré une bergère âgée de dixhuit ans, et célèbre pour sa beauté, dans le bois de St-Côme… Notre Evêque a fait sortir un mandat ordonnant de faire des prières publiques à cette occasion, et l’Hostie était exposé dimanche…

Il y a plusieurs histoires de bêtes sauvages terrorisant les campagnes qui ont été rapportées mais l’histoire de la Bête du Gévaudan est la plus célèbre et le journal a rapporté les péripéties de sa chasse dans plusieurs articles. On trouve aussi des histoires de gens difformes ou celle d’une femme de 90 ans mariée à un jeune de 19 ans qui avait acouché d’un enfant 10 mois plus tard. Les vérités alternatives étaient plus difficiles à vérifier à cette époque.

Reglemens pour les Marchés – Que les provisions de toutes sortes sçavoir, le Boeuf, le Lard, le Veau, le Mouton, l’Agneau, les Volailles, les Oeufs, le Beurre, le Fromage, la Farine en Poches, et le Poisson, seront apportées et vendues dans les places de Marché publiques à Québec, et non ailleurs, sous peine de Vingt Chelins d’amende… Qu’il sera permis au Controlleur des poids et mesures d’ériger des appentis, étals, établis de boutique, ou halles, pour la commodité des bouchers et autres…

Au printemps 1765 des avis de recherche des déserteurs ont commencé à être publiés; une récompense de 20 chelins était offerte pour leur capture.

Proclamation aux maîtres de navires de faire un rapport de leurs navires en apportant deux manifestes de leurs cargaisons si tôt leur arrivée et avant de partir du port de Québec. Le territoire à surveiller était vaste et la contrebande était certainement très courante.

On écrit d’Halifax, qu’on y a amené deux contrebandiers François, qui ont été saisis dans le fleuve de St. Laurent, par un des navires du Roi qui y croisent; leurs cargaisons consistoient en munitions et armes à feu, en clincailleries, et en dix barriques de pélétéries de grand prix, qu’on pense qu’ils ont reçu en troc des Sauvages de Labrador.

Les réglements de compte entre la France et l’Angleterre n’étaient pas terminés, le paiement de la monnaie de papier du Canada et l’entretien des prisonniers français étaient les principaux litiges.

Le 18 mai 1765, le feu prit à la toiture de la maison de John Livingston à Montréal. Alimenté par le vent, l’incendie se transforma en conflagration générale; l’Hôpital général, 108 maisons et une grande partie de la ville ont été détruit.

Tous ceux qui ont présenté des requêtes pour démander des concessions de terres à Gaspé, à la Baie des Chaleurs, aux Sept Isles, et autres lieus circonvoisins, sont avertis par ce présent, Que Son Excellence le Gouverneur et le Conseil de sa Majesté, s’assembleront Vendredi le 31 de ce mois… à fin de faire une détermination touchant les dites requêtes.

Le Grand-Voyer Joseph Cugner informait que les clôtures de grève pour le Grand Chemin du Roi devaient être rétablies selon qu’il en a toujours été d’usage.

À Vendre A l’Enseigne du Général Wolfe, par Robert Welch – Toutes sortes de Patisseries, de la gelée et des flans de chaque espéce, etc. etc. Il accomode des Diners ou des Soupers de commande, chez lui ou ailleurs. On y trouvera des mets froids de toutes sortes depuis dix heures jusques à deux heures.

On doit bien tôt faire monnoier plusieurs mil livres Sterling en piéces d’Argent de trois Sols, pour la commodité des colonies de l’Amérique, pour suppléer à la rareté de la monnoye de cuivre, de laquelle on s’est plaint depuis bien du tems.

Ordonnance touchant des Soldats et des Mariniers, et pour prévenir la Désertion, et pour empêcher qu’ils ne soient emprisonnés pour des Dettes, ou sous Prétexte de Dettes, et pour libérer les Soldats qui sont actuellement en Prison pour des Dettes.

Avis au Public – La maison du Gouvernement, dans la rue St. Louis, à la Haute Ville, appartenant à la veuve Arnoux, est à vendre.

Une grande partie des pêcheurs François de St. Vallerie, du Havre, et des autres ports du bout de l’Est de la manche, qui sont destinés pour faire la pesche cette année à Terre-Neuve, sont déjè partis… Les vaisseaux de garde destinés pour l’inspection de la pesche à Terre-neuve, doivent partir vers le 15 du courant; et nous apprenons qu’ils auront doubles équipages, à fin de les mettre en état de fournir des équipages aux différentes chaloupes armées qui doivent croiser cet été sur les côtes de l’Amérique Septentrionale.

Les charges de baillis et sous-baillis étaient renouvelées chaque année dans les paroisse par élection, le 24 juin en 1765.

De Londres – On dit que l’Isle St. Jean, près de Terre-neuve, par une visite faite dernièrement, a paru si importante pour la pesche, et si digne d’être cultivée et bien établie, tant pour le climat que pour la bonté du terrein, les habitans François n’y ayant pas moins élevé que dix mil bêtes à corne la guerre dernière. Il y a un plan actuellement en considération pour la réduire en un gouvernement séparé.

Des lettres de Québec portent qu’on y prépare un nombre de bateaux pour faire la pesche à la baleine dans les lacs du Canada cet été, particuliérement dans le lac Ontario, où l’on dit qu’on trouve une espèce de Gibar en abondance, quelques uns desquels font de 70 pieds de long. Le gibard est le rorqual à museau pointu, la plus petite des baleines à fanon qu’on trouve encore dans le St-Laurent.

Pondiac (Pontiac) a fait soulever plusieurs nations de sauvages, qui doivent s’assembler ici au premier du mois prochain, pour faire tous les efforts qu’ils pourront contre les Anglois… six Anglois, un François, un Sauvage Huron et un Delaware, sont arrivés depuis peu à l’Illinois du Fort Pitt, qu’ils ont été arrêtés par ordre de Pondiac, et qu’ils ont été amenés prisonniers à Owellanon, où ils ont été brûlés, à l’exception de deux que Pondiac amene avec lui pour les donner aux Manes.

Avertissments – On vient de faire entrer de Londres, Deux Pompes pour éteindre le feu, avec quarante pieds de Tuyau de cuir, et quatorze pieds d’idem pour attirer l’eau, avec tous les autres matériaux, faits par l’ouvrier le plus notté en Angleterre, pour les ouvrages de cette espéce… Aussi à vendre bon marché par Peter Meek à l’enseigne du Scotch Arms une bonne table de billard anglais.

Les habitants canadiens devaient avoir un permis pour avoir des fusils et des abus avaient eu lieu pour l’octroi de ces permis dans le district de Montréal. Le permis était gratuit et le Sr. Edouard Chinn devait rembourser les droits qu’il avait perçus illégalement.

L’Acte pour l’imposition du droit sur le papier timbré commencera à avoir lieu le premier de novembre prochain.

Le Stamp Act (Acte du Timbre, abréviation de Duties in American Colonies Act 1765), adopté en 1765, est la quatrième loi sur le droit de timbre votée par le Parlement britannique, il instituait que dans les Treize colonies américaines, tous les documents, permis, contrats commerciaux, journaux, testaments, livres et cartes à jouer devaient être munis d’un timbre fiscal. Cette loi fut votée afin de couvrir les coûts de la présence militaire nécessaire à la protection des colonies. Peu appliquée et finalement abrogée le 18 mars 1766, elle marque une étape vers la Révolution américaine.

Stamp Act

Cet acte a aussi été appliqué dans la Province de Québec et pas seulement dans les Treize colonies américaines et il a eu des conséquences. On va voir que la publication de la Gazette de Québec a cessé pendant 7 mois à cause de cet acte et qu’elle n’a repris qu’après son abrogation.

Les désertions de soldats anglais étaient fréquentes, les esclaves en fuite moins. John McCord était un marchand de Québec et son esclave Drummond s’était enfui, il offrait 4 dollars de récompense à qui le raménerait.

Le gouverneur en chef James Murray avait acheté la seigneurie de la Côte de Lauzon dite Pointe de Levy de M. Charest. Il convoquait ses censitaires la première semaine de juillet pour procéder à l’aveu et dénombrement des concessions et pour leur octroyer un titre nouvel pour 3 livres et 6 livres pour ceux qui n’avaient pas de titre de concession valide.

Certains avis officiels étaient d’abord publiés en anglais. Par exemple la liste des frais à payer aux officiers publics pour leurs services qui comprend 2 grandes pages: le gouverneur, le secrétaire, le registre, le clerk of the council, le sheriff, le clerk of the supreme court, le clerk of the court of sessions, les jurés, l’attorney general, le door-keeper of the council, les notaires publics, les coroners, les naval officers. La version française a été publiée quelques semaines plus tard.

Le Mémoire et la Requete des Négocians et Marchands de la ville de Londres, faisans le Commerce du Canada, tant en leur faveur qu’en celle des autres a été adressée aux très Honorables Seigneurs du Commerce et des Plantations. Les marchands anglais de Montréal se plaignaient des agissements du gouverneur qui les empêchait d’agir à leur guise alors qu’ils étaient en pays conquis et ils réclamaient son rappel dans un long texte.

Le Collège des Jésuites et la caserne du 15ème régiment près de la porte du Palais devaient être convertis en casernes pour loger des officiers et des soldats et le secrétariat du Gouverneur demandait des offres de service. Le Palais de l’Intendance devait aussi être réparé pour contenir 8.000 quarts de provisions.

Il plait à Son Excellence le Gouverneur et au Conseil d’ordonner qu’un nombre suffisant d’Arpenteurs soit constitué pour cette Province, qui n’exigeront d’autres ou de plus fortes honoraire que celles qu’on payoit du tems du Gouvernement François…

Seigneurie à vendre Lachenay rapportant 2.751 livres avec un moulin à vent, un moulin à scie sur la rivière Mascouche, 198 terres concédées; s’adresser au chevalier de Léry à Québec ou à madame Legardeur de Repentigny à Montréal.

Le compte-rendu des droits de douane payés à Québec pour l’importation de liqueurs et vins fait 2 grandes pages publiées seulement en anglais.

De la Nouvelle-York, le 6 de juin – Les Six Nations, avec les Delawares de Susquehanna, que le Chevallier Guillaume Johnson attendoit depuis long tems, sont arrivés à Johnson-Hall… Les derniers ont laissé leur deux Chefs en hôtage, jusqu’à ce qu’ils ayent amené quelques prisonniers et des Negres qui sont parmi eux…

La mention de noirs vivant chez les indiens montre que des esclaves en fuite devaient essayer de se réfugier chez eux. C’est un sujet peu documenté dans les livres d’histoire du Québec, il l’est peut-être plus aux États-Unis.

Ceci est pour informer les personnes qui demeurent dans les campagnes, et qui sont capables de distinguer les graines qui produisent les différentes espéces d’arbres qui viennent du Canada, et qui connoissent les différentes herbes desquelles on s’y sert dans la Médecine, ou desquelles les Sauvages se servent dans leurs guérisons, ainsi que les plantes desquelles les Sauvages se servent pour peindre, ou pour la teinture d’habillemens, plumages, etc. pourront s’informer d’une personne qui les encouragera à ramasser de ces graines, herbes et plantes, en s’adressant à Jean Wright, Jardinier de son Excellence.

La liste des nouveaux baillis et sous-baillis élus a été publiée; voici ceux de la région Lanaudière où j’habite. Les noms des paroisses sont curieusement orthographiés: Lisle du Pacs (Ïle du Pas), La Valterie (Lavaltrie), Riviere La somption (L’Assomption), Paroisse derpentigny (Repentigny), La Chenay (Lachenaie), Lamas Couche de la Chenay (Mascouche).

Cette annonce de la Société de Moore & Finlay qui expirera le trente a été publiée pendant plusieurs semaines. La longue liste des produits à vendre décrit les marchandises vendues dans un magasin général en 1765.

À vendre la Seigneurie ou Fief de la Moinaudière, située dans le Lac Champlain avec les isles, islets et batures adjacentes.

À vendre la Seigneurie de la Petite Rivière du Chêne paroisse St-Jean de Lechaillon (Deschaillons) avec une trentaine d’habitants.

Extrait d’une lettre de Fort Pitt, le 24 de juillet – Je pense qu’il n’y a plus lieu de douter du sort du Lieutenant Fraser… Pondiac, un Sauvage Ottawa, l’ayant appris, assembla tous les sauvages qui étaient sous son influence, et vint aux Illinois, où il ordonna au commandant François, de lui remettre les Anglois, vu qu’il avait préparé une grande Chaudière, dans laquelle il avait dessein de les faire bouillir…

Spectacle Nouvel et Divertissement Public

Les villageoises Canadiennes, Nouvelles Sujettes de sa Majesté Britannique d’un certain canton de la Province de Québec, donneront une Fête, et feront représenter en l’honneur de leur Seigneur, le Lundi dix-huit Novembre prochain, une pièce nouvelle intitulée Les Fêtes Villageoises Comedie, en un Acte, qui sera suivie d’un Balet de Bergers et de Bergeres, et précédée d’un compliment au Seigneur leur Patron et Protecteur; entre la Comedie et le Balet il y aura une Cantate et un Duo, qui seront chantés par le Sieur Colin et la Demoiselle Nina, fameux musiciens du Canada; cette dernière chantera seule un morceau choisi de l’Opera des amours de Venus; ensuite il y aura trois danses(?) de caractere, le Sieur Dominique dansera l‘Harliquinade, le Sieur Silva(?), la Matelote Hollandaise et le Sieur Grivois, la Chinoise, tous trois grands danseurs qui ont été applaudis dans cette partie de l’Amériqe Septentrionale. L’orquestre et la Symphonie seront composés de toutes sortes d’instruments très harmonieux jusqu’à une Cornemuse; le tout sera terminé par un grand Bal dans le meilleur ordre que faire se pourra… Les paroles de la Comedie sont composées par le Sieur Lanoux, célèbre Poete du Canada, et la musique de la Cantate et du Duo par le Sieur Zeliot(?) grand musicien...

Par son Excellence Hugues Pallisser, Gouverneur, et Commandant en Chef, de l’Isles de Terre Neuve, etc. etc. Regles, Ordres et Reglements qui doivent être observés sur la Côte de Bradore, et dans les Isles d’Anticosty, et Madalines. Pour conserver le bon ordre et la paix avec les Sauvages la pêche sur la côte du Labrador a été réglementée.

La Gazette de Québec n’a pas été publiée le 6 novembre 1765 et la BANQ a numérisé cet avis à la date du 13 novembre qui annonce qu’elle a cessé d’être publiée.

Ordonnance pour régler et etablir le Mesurage du Bois de Chauffage qu’on exposera en vente en cette Province.

Dans les archives de la BANQ on trouve cette autre proclamation datée du 25 avril 1766; ces 2 documents semblent avoir été manuscrits et pas imprimés.

Puis le 29 mai 1766 la publication du journal a recommencé normalement à chaque semaine. Dans un éditorial les imprimeurs ont expliqué que l’interruption de la publication avait été causée par l’imposition d’un impôt onéreux sur les timbres qui avait été levé par un nouveau parlement plus modéré.

La Gazette de Québec avant la guerre (1766-1775)

La Gazette de Québec pendant la guerre (1776-1785)

De la Province de Québec au Bas Canada (1786-1793)

Carte du Québec

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