La machine à remonter le temps

Le site Internet Archive – Wayback Machine permet de remonter dans le temps pour voir les sites internet dans leur évolution. J’y ai retrouvé le premier site internet que j’ai créé dans une archive de février 2001 ce qui m’a donné l’idée de faire cette rétrospective de mon apprentissage informatique depuis 20 ans.

Le Provincialat de Nominingue

Chronique d'un webmaster

En 1999 j’ai acheté mon premier ordinateur pour plonger dans la technologie du nouveau millénaire. Propriétaire d’un gîte touristique à Nominingue j’ai réalisé qu’il nous fallait absolument un site internet pour suivre la concurrence et profiter de cette nouvelle opportunité de publicité bon marché.

Nous aurions pu payer pour un beau site tout fait mais j’ai constaté que ceux qui payaient même cher n’obtenaient pas un bon produit, c’est-à-dire un site performant sur les moteurs de recherche. Pour un commerçant c’est pourtant le but recherché, se faire connaître.

J’ai donc décidé d’étudier les techniques informatiques pour construire le site moi-même.

Ma première page d’accueil

Je ne suis pas designer et je suis daltonien, c’est évident. Mais sur internet c’est le contenu qui est important, les robots d’indexation ne s’occupent pas de la forme, ils indexent des mots.

Le Provincialat 2001

Certains fichiers images n’ont pas été archivés par le site mais ils étaient sur la page.

La page continuait avec le menu principal en bas.

En 2001 il n’y avait pas de WordPress pour construire son site automatiquement; il fallait tout coder soi-même et j’ai donc appris les codes HTML et CSS. L’important était d’être présent sur le web, j’ai débuté avec un design minimaliste et du contenu textuel abondant. Voici le site en juin 2002 avant la nouvelle saison touristique:

Le Provincialat 2002

Indexer son site

Peu à peu j’ai ajouté des pages au site pour décrire les chambres, le jardin, l’histoire de la maison, de Nominingue et des Laurentides. C’était un peu artisanal mais très efficace: les visiteurs trouvaient des informations utiles avant leur visite. Mais surtout les moteurs de recherche qui indexent des mots affichaient notre site pour tous ces mots que je choisissais soigneusement.

Nous avons vendu le gîte avec son site internet en 2003.

Le site montrealbb.ca

L’adresse du site Chroniques anachroniques est montrealbb.ca elle a été enregistrée pour le nouveau gîte touristique que nous avons ouvert à Montréal en 2004. On peut regarder l’histoire du site dans les archives depuis sa création avec 147 archivages différents du 23 janvier 2004 au 28 décembre 2021.

Les archives du web: montrealbb.ca

Sur la Route de Berthier

Encore une fois le site de 2004 est très minimaliste, il s’est amélioré avec le temps puisque j’ai pu mieux me documenter sur les techniques du web à la Grande Bibliothèque de Montréal. Les techniques évoluaient et permettaient d’être plus créatif. J’ai pu expérimenter toutes ces techniques au fur et à mesure de leur déploiement.

Voici la page d’accueil du site en 2012 quand nous avons fermé le gîte:

Sur la route de Berthier 2012

Il y avait plus d’une centaine de gîtes à Montréal en 2004, la concurrence sur internet était forte. Arriver rapidement dans la première page de résultats sur les moteurs de recherche nous a permis de construire notre clientèle rapidement.

C’est facile quand les sites de la concurrence ne respectent pas les règles pour être indexés normalement.

La stratégie est toujours la même. Respecter les règles pour que le code soit conforme aux normes. Et rédiger des pages sur l’histoire de Montréal et du quartier Centre-Sud pour que le site devienne plus pertinent que les autres.

Les autres avaient de très beaux sites avec de belles illustrations mais ils ne respectaient pas les règles de base et avaient peu de mots à indexer sur leurs pages.

Sur la route de Berthier 2012

Les chroniques de Chertsey

Nous avons fermé le gîte en 2012, il a été transformé en appartements. Le site ne nous servait plus mais j’ai conservé le nom de domaine montrealbb.ca qui avait bonne réputation auprès des moteurs de recherche.

Les techniques du web évoluent constamment, aujourd’hui presque tous les sites sont construits avec des logiciels très complexes comme WordPress. J’ai d’abord fait quelques essais pour étudier ce logiciel qui fonctionne avec le code PHP.

Le babillard de l'artisan du web

Le Babillard de l’Artisan du Web est devenu Chroniques de Chertsey en 2017 puis Chroniques anachroniques en 2020.

Il manque encore quelques images (remplacées par leur texte de description) dans ces archives:

Mon identité numérique

À partir du moment où on utilise internet on laisse des traces. J’en ai laissé pas mal et on pourrait facilement reconstruire une partie de ma vie juste avec cette machine à remonter le temps.

Les moteurs de recherche me connaissent bien, je travaille avec eux et je crois qu’ils apprécient mon travail puisque mes articles sont toujours bien indexés: j’ai bonne réputation car je la soigne depuis 20 ans.

La machine à remonter le temps

Le virage numérique du Québec

J’ai la chance d’avoir étudié les techniques du web depuis leurs balbutiements ce qui me donne une vision globale du métier, mon meilleur atout. Et je constate que les autres n’ont pas fait cet effort. Avec WordPress n’importe qui peut construire un site internet c’est vrai. Le problème c’est que dès son installation il y a des centaines de choix et de réglages à faire et que si on ne sait pas ce qu’on fait c’est juste dangereux.

Virage numérique

La municipalité de Chertsey et la société d’Histoire de Joliette ont dû refaire leur site WordPress en 2021. Des sites pas très vieux mais dont ils avaient perdu le contrôle. C’est très facile de voir que les nouveaux sites ne sont pas mieux que les anciens et que les problèmes vont vite revenir. Mais c’est normal, on ne s’improvise pas webmaster du jour au lendemain après avoir suivi une formation de quelques heures sur le logiciel WordPress.

La note de performance d’un site calculée par Google dépend de la vitesse de chargement de la page. Mon site n’a pas de grande photo spectaculaire en arrière-plan, il se charge rapidement et est noté 98/100. Les 2 autres ont de très belles et très grandes photos qui prennent beaucoup de temps à transférer et qui ramènent automatiquement la note en-dessous de la moyenne; des sites tout neufs avec une note catastrophique.

Pour sa mise en page la SHJL a choisi l’image d’arrière-plan suivante, un fichier .PNG de 1.920 px de large pesant 1.900 Ko; un fichier gigantesque juste pour faire un peu d’effet. En le convertissant en fichier .JPG il ne pèse plus que 300 Ko pour la même taille mais c’est encore énorme. Sur les sites professionnels on ne trouve pas ce genre de photo puisqu’elles sabotent automatiquement la performance du site: chaque octet est calculé.

SHJL Arrière-plan

La municipalité de Chertsey et la SHJL ont refait leur site mais personne dans ces 2 administrations n’a réfléchi que quand on refait un site il vaut mieux ne pas changer les adresses des pages existantes sinon les marque-pages et les liens qui ont été faits par d’autres personnes ne fonctionnent plus. J’ai dû corriger de nombreuses pages de mon site à cause de la négligence de ces 2 administrations.

Imaginons que le responsable du site de la BANQ soit aussi stupide: il faudrait que des centaines de chercheurs changent les références de leurs recherches dans leurs livres et documents parce qu’un innocent ne sait pas ce qu’il fait.

Image de Chertsey
Arrière-plan de Chertsey.ca, une belle photo de 690 Ko

Dans un article récent je m’amusais à faire un test simplissime. Une page web est un document structuré qui doit avoir un titre principal H1. Ça semble évident, un robot de lecture qui arrive sur la page doit pouvoir en lire le titre sans équivoque.

De tous les sites que j’ai testé le seul à respecter cette règle est celui du Journal de Montréal, une compagnie commerciale compétitive. Toutes les administrations font n’importe quoi car elles ne connaissent pas les règles, elles n’ont pas d’employés qualifiés. Radio-Canada, la municipalité de Chertsey, le musée d’art de Joliette, ils ont tous de beaux sites internet qui ne respectent pas les normes.

Virage numérique

Pour faire le virage numérique du Québec il va falloir commencer par un peu d’éducation. Savoir pitonner avec un logiciel ce n’est pas suffisant, ça prend un peu de culture générale, des notions de base pas très compliquées: une page web est un document structuré avec un titre H1.

Voici le plan de la page d’accueil de Radio-Canada. Il n’y a pas de titre principal, le robot de lecture va chercher le titre H1 de la page et lire Titre manquant. Il va ensuite essayer le titre H2 mais ce n’est pas un titre, c’est un paragraphe que le webmaster a transformé en titre H2 pour qu’il s’affiche en gros, il y a d’ailleurs des balises <p> dans ce titre ce qui est absurde: il ne peut pas y avoir de paragraphe dans un titre. Le non-voyant ne comprendra rien c’est sûr.

Radio-Canada

C’est n’importe quoi mais ça a été fait par les experts de Radio-Canada qui sont sans doute très bien payés.

Les gens veulent écrire en français sans apprendre la grammaire et personne ne comprend rien à ce qu’ils veulent signifier. En informatique aussi il faut apprendre la grammaire et la syntaxe, il faut faire des efforts, ça ne vient pas magiquement et intuitivement en pitonnant. Avant de conduire une auto il faut apprendre le code de la route…

2 réflexions au sujet de “La machine à remonter le temps”

  1. Très intéressante évolution de la technologie et de son apprentissage. Il en aura fallu du travail et de la patience pour arrivé à cette belle finition du produit qui est intituitif et convivial.
    Bravo!

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