En faisant des recherches dans les archives historiques de la BAnQ on fait parfois des découvertes inattendues. C’est ainsi que j’ai découvert un magnifique livre datant de 1839 illustré de gravures anciennes de Montréal que je n’avais jamais vues: Hochelaga depicta. Il montre les bâtiments religieux et civils de la ville alors qu’elle était devenue une ville très anglophone, la métropole du Dominion du Canada.
Bien sûr il ne faut pas être naïf, l’histoire de Montréal est racontée par William Greig, un anglophone de la rue St-Paul à Montréal, qui dédie son travail à son Excellence Sir John Colborne qui grâce à son équitable et prompte administration a su mater les rébellions des canadiens en 1837 et 1838. Elle raconte l’histoire de la fondation de la ville depuis Jacques Cartier mais surtout l’histoire de la ville après la conquête anglaise.
Hochelaga depicta or the history and present state of the island and city of Montreal



William Greig raconte donc l’histoire de Montréal de son point de vue: la conquête britannique de 1763 s’est faite pour le bénéfice des habitants français et le bien de la colonie en général. Les termes de la capitulation étaient favorables à la nation conquise, pas seulement dans la cité et l’île de Montréal mais dans toutes les possessions françaises en Amérique du Nord.
Les canadiens français se sont réjouis d’avoir de nouveaux maîtres, la conquête a été une bénédiction.
If ever there was a people that had reason to rejoice in a change of masters, the French Canadians were that people. The conquest was a blessing to them. Under their former rulers or rather owners, for they were despotically governed, they suffered much and enjoyed little. Peculation and fraud in the revenue enriched the few at the expense of the many. The feudal law was oppressive and degrading; the criminal code was vague in its provisions, and capricious in administration. Under the English Government some of these evils were at once removed or mitigated; and the people in general were gratified with the change.
L’Acte de Quebec en 1774 avait été un acte de générosité sans égal dans l’histoire d’un conquérant envers un peuple conquis: Previous history affords no example of such forbearance and generosity on the part of the conquerors towards the conquered.
Le livre a été imprimé sur un papier jauni mais je crois que ces gravures gagnent à être regardées en noir et blanc, j’ai donc édité les gravures pour créer des galeries d’images illustrant Montréal en 1839. Une carte à la fin permet de localiser tous les bâtiments.
Vues de Montréal en 1839
L’architecture de Montréal en 1839
Ces gravures sont un extraordinaire témoignage des bâtiments de Montréal en 1839. Encore une fois il s’agit du Montréal anglophone; dans ce livre de 282 pages on apprend l’histoire des norvégiens venus coloniser le Vinland en détail mais on a très peu d’informations sur la vie des canadiens. Sauf un long appendix qui donne qui raconte leurs rébellions de 1837 et 1838 version anglaise, très instructif.
Les églises et chapelles
En 1839 il y avait quelques églises catholiques mais surtout beaucoup d’églises protestantes à Montréal selon William Greig.
Plan de Montréal en 1839







































