L’entretien d’un pont

Le pont Grégoire sur la rivière Jean-Venne (chemin Michel) a été endommagé par l’hiver, un mur de pierre s’est effondré. Des ouvriers de Transports Québec sont venus un matin, je pensais qu’ils venaient le réparer. Non eux venaient réparer leur portion du parapet endommagée par les déneigeuses, ils changeaient les poteaux 4, 5 et 6. Pour les poteaux 1, 2 et 3 c’est à la municipalité de les entretenir.

Le pont Grégoire endommagé
Le pont Grégoire endommagé

Au printemps j’ai remarqué que le pont Grégoire sur la rivière Jean-Venne avait été endommagé par la crue de printemps: un mur de pierre protégeant un pilier et retenant la route s’est effondré. Je l’ai signalé à la municipalité car il vaudrait mieux le réparer avant que ça ne devienne dangereux.

Un pont en garde partagée

Les ouvriers de Transports Québec viennent chaque printemps pour l’entretien du pont, en les voyant arriver cette semaine j’ai donc été voir si ils allaient aussi réparer le mur.

Et bien non, eux ne s’occupent que de l’entretien de la partie centrale du parapet métallique. Du poteau 1 au 3 c’est à la municipalité, le reste au centre du pont c’est à Québec. Pour le mur de pierre effondré comme on est à la limite des territoires ça va prendre un expert pour déterminer qui doit s’en occuper. Ils ont précisé que normalement c’est à la municipalité de nettoyer le sable à la fin de l’hiver sur le tablier du pont (elle reçoit des subventions pour ça) mais ils l’ont quand même fait bénévolement.

J’ai d’abord trouvé leur réponse très comique, digne d’un roman de Kafka. Et puis à bien y penser je me dis que ce sont mes taxes qui sont gérées comme ça, en garde partagée!

Les travaux

4 hommes, 2 camions et 1 camionnette, ils sont arrivés vers 10h. Ils ont nettoyé le pont, coupé des branches puis changé 3 poteaux en bois et 1 portion du parapet métallique. Vers 15h30 ils ont repartis sans avoir terminé. Ils sont tous revenus le lendemain vers 10h pour finir le travail et repartir au bout d’une petite heure.

Maintenant le centre du pont est sécuritaire. Le chef des Travaux Publics de Chertsey est venu faire son tour, j’imagine qu’il a inspecté la portion municipale du pont: si il y a des travaux à faire une nouvelle équipe de Chertsey va devoir se déplacer avec tous ses outils et ses camions.

J’ai hâte de voir qui va réparer le mur et quand?

Gérer en bon père de famille

Il semble assez évident que pour une simple question d’efficacité la gestion du pont par un seul pallier de gouvernement ferait économiser de l’énergie et de l’argent. Je suppose que les ouvriers de Transports Québec doivent voyager d’assez loin (Joliette?) pour arriver sur leur chantier à 10h.

Il y a sûrement des raisons historiques pour expliquer cette situation et ça doit être tout un casse-tête administratif de la changer mais ce n’est certainement pas comme ça qu’un bon père de famille gérerait son patrimoine.

Le pont Grégoire, rivière Jean-Venne
Le pont Grégoire, autrefois (BANQ)
Le pont Grégoire aujourd'hui
Le pont Grégoire aujourd’hui

La réparation du mur

1 semaine plus tard une équipe de Transports Québec est venue réparer le mur. Ça n’a pas été long, ils ont garroché des roches avec une pépine pour les entasser. Il y avait un mur soigneusement empilé verticalement pour ne pas dépasser sur le courant et protéger le pilier, on a maintenant un amas de roches qui rétrécit le courant et qui risque de s’ébouler assez vite. Et elles vont finir par aboutir en-bas de la chute dans mon moulin.

Commission de toponymie du Québec

Voici l’explication du nom du pont selon la Commission de toponymie du Québec:

Ce pont est construit au-dessus de la rivière Jean-Venne, sur le parcours du chemin Michel. Son nom évoque le souvenir de Joseph Grégoire, époux de Rose-Anne Morin, lequel possédait un moulin près du pont depuis 1890. Il fut reconstruit par la Municipalité en 1903.
Source :
Fournier, Marcel. Histoire de Chertsey des origines à l’an 2000

2 thoughts on “L’entretien d’un pont”

  1. L’incarnation de la bêtise de nos administrations publiques. Merci de nous avoir partagé cette tranche de vie à la fois triste et drôle !

  2. Merci pour cette rafraîchissante description d’une situation plutôt tragique. Ton article démontre bien la bêtise de nos institutions publiques qui travaillent en silos au lieu de «créer des ponts»… Nos gouvernements gèrent malheureuseent les fonds publics comme s’ils n’avaient pas… de fond!

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