Le camping Atlantide de St-Calixte

La saison touristique 2020 donne lieu à de curieux débordements causés par des mouvements de foule. Il y a eu la cohue à Rawdon fin juin, puis les fêtards en Gaspésie; en fin de semaine la municipalité de St-Calixte était envahie par les visiteurs du camping Atlantide. Pourtant le Québec est grand, il y a de la place.

Les mouvements de foule deviennent imprévisibles avec les réseaux sociaux. Avec la canicule de juin et la fin du confinement une foule s’est retrouvée aux Cascades de Rawdon; la municipalité a été soudain débordée. À Chertsey aussi il semble que le nombre de plaintes contre les touristes sauvages n’aient jamais été aussi nombreuses. Tout le monde a dû changer ses habitudes à cause du Covid et le marché touristique n’est pas adapté, c’est normal.

Le cas de Saint-Calixte est plus intéressant car le camping Atlantide est un projet touristique planifié depuis 2012 qui vient créer le chaos dans sa municipalité quand il fonctionne à pleine capacité.

Un camping familial

Le 7 août 2012 T. Gagnon et A. Turcotte annoncent un investissement de 10 millions pour la création d’un parc récréatif dans le camping familial de Saint-Calixte. Ils visent une fréquentation de 2.000 personnes par jour.

Les bâtiments respecteront le style architectural de la région, embrassant des matériaux constitués de pierre, d’acrylique et de bois rond…

Le Camping Atlantide viendrait solidifier la vocation récréotouristique de la ville. Pour les investisseurs de Terrebonne, le site s’avérait un choix tout désigné : il est situé à 35 minutes de Montréal et à distance raisonnable de Saint-Jérôme et Sainte-Adèle dans les Basses-Laurentides, ainsi que de Joliette dans le nord de Lanaudière. Outre les infrastructures du parc, les campeurs auront à leur disposition divers terrains sportifs (tennis, soccer, basketball, etc.) et même un cinéparc selon les plans mis en ligne. Éventuellement, MM. Gagnon et Turcotte souhaiteraient exploiter la forêt en montagne pour y aménager des pistes pour les marcheurs et cyclistes.

La Revue

Le développement touristique

Les investisseurs avaient vu juste et le succès a amené le développement progressif du site: une maison hantée, un château, un zoo… En 2014 il y avait déjà 104 employés dont 20 permanents. En juin 2020 les promoteurs annonçaient la construction d’un hôtel, demandant de modifier le zonage du secteur pour permettre une construction de 4 étages.

Certains citoyens commencent à trouver que c’est trop et les images de la fin de semaine viennent leur donner raison. C’est la grosse chicane politique à St-Calixte depuis quelques semaines.

Quand je passe devant le site je trouve que ça ressemble à un immense terrain vague sans aucun arbre avec de curieuses constructions supposées respecter le style architectural de la région. Je trouve curieux que ça marche si fort: la forêt est assez grande au Québec, tant qu’à monter dans les Laurentides autant voir la vraie nature, me semble.

Une petite municipalité ne peut pas absorber une telle cohue sans que ça perturbe la vie de tous ses habitants. C’est une bonne leçon à méditer. À Chertsey certains pensent que le développement du tourisme motorisé amènera la prospérité; ils ont dû renoncer à leur projet mais se préparent à le ramener. C’est vrai que le développement touristique crée de la richesse mais si il devient une nuisance pour les résidents le bilan est automatiquement négatif.

La richesse de Chertsey ce sont ses résidents et ses villégiateurs qui y habitent pour sa nature et sa tranquillité. Le camping Atlantide c’est juste à côté de Chertsey, j’espère que ce n’est pas le genre de développement dont nos élus rêvent.

1 réflexion au sujet de “Le camping Atlantide de St-Calixte”

  1. Il semble acquis que la vie des résidents de certaines municipalités ne compte pas pour beaucoup, si ce n’est pour rien, quand vient le temps de parler développement. Je conviens tout de même que ce camping emploie un certain nombre de personnes, ce qui leur permet possiblement de vivre avec un certain espoir d’un futur meilleur. Cependant, 2 voies d’accès seulement permettent d’y arriver, par la route 125 et par la route 335. Ce dernier accès fait que les résidents ont la vie dure car c’est l’accès « naturel » pour les gens de Montréal, Laval. Les habitants de St-Calixte n’auront jamais vu passer autant de roulottes.

    Dans le cas des vtt à Chertsey, la prospérité, pour qui? La question a déjà été débattue et le conseiller Robidoux, dans son explication du rejet du projet pilote, a clairement mentionné que l’argument prospérité ne tenait pas la route. Côté économique, les commerces touchés par le projet pilote profitent déjà des vtt et tirent déjà bien leur épingle du jeu, le constat est clair. Seul, un restaurant, mal situé (le Théodore), pourrait espérer quelque menu fretin de ce projet, lui qui est en survie depuis nombre d’années. Et ce n’est pas les vtt qui le rendront viable. Il faudrait peut-être que les propriétaires de ce restaurant fassent preuve d’imagination pour pouvoir espérer en assurer la pérénnité, autre que se fier sur le projet vtt et les habitudes du village. Quand au restaurant dépanneur de Grande Vallée, il profite d’une part de la population dont il est au centre, mais aussi du sentier local vtt, lequel est connecté au sentier régional. Pour avoir, je crois, investi massivement dans la réfection de ce restaurant, l’affaire doit être bonne. À moins que ce projet ne repose sur la survie du projet pilote vtt à Chertsey, auquel cas il y aurait apparence de délis d’initié car il a été rénové avant le débat sur le projet pilote.
    Le dada « développement économique » du maire Quenneville est pour moi une « petite idée » de grandeur: grossir à tout prix: pour qui, pourquoi? Tout comme le projet de parc avec un terrain de soccer (quel laid mot), justifié par la conviction de certains conseillers/conseillères que cela attirera des compétitions régionales, provinciales, sans équipe locale toutefois… L’espoir fait vivre, l’espoir fait élire…
    Quand je vais faire mes commissions au village, je vois que les commerces vont bien, que les gens aussi vont bien et que les problèmes, quand il y en a, arrivent généralement de l’extérieur. Il y a de la pauvreté certes, mais elle n’est pas unique à Chertsey, elle est incontournable car intrinsèquement liées à notre système économique excluant, qu’on le veuille ou non. Et n’oublions pas que Chertsey a été, voire serait encore (?), un havre de paix pour personnes souvent défavorisées. Professionnellement, j’y ai souvent rencontré des jeunes et moins jeunes, désillusionnés, mal adaptés, venant de Montréal ou sa banlieue.
    Pour finir, si ce projet pilote refait surface, c’est donc que ses promoteurs sentent qu’il y a une ouverture. Les tenants du Non ont-ils/elles retourné leurs vestes? Ou bien les élections à venir seront-elles à ce point déterminantes?

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