Artistes en résidence

La Belle Église de Chertsey a accueilli les artistes du Théâtre incliné qui préparent un nouveau spectacle intitulé « Lovestar ». Le 11 mai la population de Chertsey était invitée à venir participer à un laboratoire public de création dans une annonce du Communicateur.

Une activité culturelle vivante


Enfin une activité proposée par la municipalité à la Belle Église m’intéressait et je me suis inscrit. Avant d’y aller j’ai regardé le site internet du Théâtre Incliné pour voir leurs réalisations. La compagnie a été fondée en 1991 et produit des spectacles à travers le monde. Il s’agit d’un groupe de création théâtrale multimédia utilisant des marionnettes,  des jeux d’ombre et des projections. Les comédiens jouent avec ces outils pour dépasser le langage en évoquant des images poétiques qui peuvent toucher tous les spectateurs, peu importe leur langue ou leur âge.

José Babin et Alain Lavallée les fondateurs de la compagnie sont résidents de Chertsey et ils ont eu l’idée de tester leur travail dans l’espace de la belle église qu’ils ont pu occuper pendant quelques jours. Le spectacle en préparation s’inspire du roman Lovestar de l’auteur islandais Andri Snaer Magnason.

Le laboratoire public

Même si le spectacle annoncé le matin à 10h30 a été déplacé en après-midi, j’ai été surpris de constater en arrivant que le public consistait en une classe de l’école de Chertsey et seulement 2 autres citoyens de Chertsey (qui ont d’ailleurs quitté assez rapidement). L’annonce dans le Communicateur était pourtant très visible et inédite.

En fait la séance était vraiment prévue en fonction de cette visite des élèves de l’école de Chertsey. Le spectacle est sans parole, basé sur des images poétiques qui doivent être compréhensibles par tous. Les comédiens exécutaient donc des petites parties du spectacle puis les lumières s’allumaient et les enfants pouvaient s’exprimer, poser des questions, dire ce qu’ils avaient compris. Et effectivement le public répondait, les enfants en avaient long à dire et la séance aurait pu durer plus longtemps.

C’était très intéressant de voir l’interaction entre ces artistes en recherche d’inspiration et ces enfants émerveillés par le spectacle. Les projections et le jeu des marionnettes et des éclairages étaient très poétiques, à un moment un oiseau s’envolait et allait retrouver la colombe sculptée au plafond de l’église. C’est ce qu’on appelle faire revivre un lieu plein de richesse et les enfants y ont été sensibles.

Faire vivre la Belle Église

J’ai récemment publié un article critique sur l’industrie du spectacle et Jean-François Mercier à la Belle Église. Et je constate qu’il est beaucoup plus facile d’intéresser les citoyens de Chertsey à un spectacle « formaté » qu’à une réelle activité culturelle. J’imagine que ça doit être assez décourageant pour les organisateurs mais j’espère qu’ils renouvelleront cette expérience qui permet de garder son âme à notre Belle Église.

Peut-être qu’un jour on réalisera qu’on a des artistes et des créateurs à Chertsey et qu’on peut avoir notre propre vie culturelle. Mais il faut être curieux, découvrir le territoire, les gens, leur histoire. Quand dans le Communicateur le service de la Culture avait proposé de créer une société historique l’année dernière j’avais aussi été le seul à m’inscrire. Je me sens vraiment très marginal.

On dirait que les gens ne savent même plus ce que c’est que la Culture. La Culture ce n’est pas un objet de consommation qu’on achète, c’est la nourriture de l’âme, aussi vitale que l’oxygène.

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